Art. cité, p. 340 5.; cf. Cessi, arl. cité, p
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blent pas justifiés et Pfeiffer lui-même, qui conteste les allusions à Apollonios seul, ne refuse pas de le compter parmi les ennemis que vise Callimaque. Quant aux Telchines, si leur nom à un sens géographique, c’est à Rhodes qu'il faut placer leur séjour d’après les traditions les plus répandues, Mais l’allusion à leur résidence n’est pas certaine : ces géniesau mauvais regard,qui passaient pour βάσκανοι et φθονεροί, peuvent désigner vaguement ces mêmes ennemis que le poète appelle φθόνος et βασκανίηξ.
Lecombat des Pygmées contre les grues n’est pasconnu dans tous ses détails; le papyrus est d’ailleurs mutilé à cet endroit, mais le sens apparaît assez clairement. Ce qui est certain d’après l’Iliade®, c’est que les grues viennent des pays froids attaquer les Pygmées, qu’on place généralement dans les pays chauds, en Libye, et surtouten Egypte, dans la région du Nik. Rostagni voit, dans les Pygmées d'Egypte, une allusion à Callimaque et à ses partisans; les grues seraient Apollonios et ses amis, chassés « d'Egypte vers les Thraces », nouvelle allusion à l’exil d’Apollonios à Rhodes. C’est vraisemblable, mais non certain : le passage peut aussi avoir un sens plus large et rappeler les victoires de Callimaque sur ses ennemis en général.
Callimaque insiste avec ironie sur son âge et semble opposer sa maturité à la jeunesse de ses adversaires. Ce détail peut se rapporter à Apollonios, qui était jeune, d’après un de 868 biographes, à la première lecture des Argonautiques.
La mention de Tiphys, pilote d’Argo, serait une allusion au
1.PRELLER, Griechische Mythologie, 4564, t. I, 2, p. 605 ss. ; ROSCHER, Lexikon, V, col. 236 ss.; CHR. BLINKENBERG, Rhodische Urvôlker (Hermes, L, 1915, 271-303). | 2. H. à Apollon, 105; épigr. 21, 4; papyrus, 17. 3. V. 13-15. RosTAGNI propose : νόστο]ν ἐπὶ Θρήϊκας ἀπ᾿ Αἰγύπτοιο [πχρεῖϊλε] [ἱσχὺς] Πυγμαίων ἡδὲ μάχη [γ)]εράν[οις].
PFEIFFER : χλαγγὸϊν ἐπὶ Θρήϊκας ἀπ᾿ Αἰγύπτοιο ροάων] [αἵματι] Πυγμαίων ἡδομένη [γ]έραν[ος [Ἔρχεται ]. 4, III, 3 ss.
5. HÉCATÉE, fg. 328 a-b (JaAcoBy, I, p. 43); HÉRODOTE, II, 22 s.; Aris- ΤΟΤΕ, Hist. Anim., XIII, 12, 76.
Apollonios
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poème d’Apollonios, mais le passage est trop mutilé pour qu’on puisse en tirer argument.
A ces preuves de Rostagni il faut joindre, croyons-nous, le second vers du papyrus, où Callimaque prétend que les Telchines, ses ennemis,« n’ont pas été amis de la Muse » : cela pourrait être encore une allusion à l’échec des Argonauti-
ques. Le papyrus nous conduit ainsi à la même conclusion que l’épilogue de l'hymne à Apollon : rien ne prouve qu’Apollonios soit viséseul, maisrienne prouve qu'il nesoit pas attaqué en même temps que d’autres ennemis de Callimaque. On peut donc admettre ces allusions à Apollonios : elles résultent de preuves dont aucune, à vrai dire, n’est décisive, mais dont l’ensemble justifie une forte présomption.
La date du fragment est difficile à déterminer. A première vue, ily ἃ contradiction entre les allusions aux œuvres du poète et à son âge!. Ses ennemis lui reprochent, dit-il, de n’avoir pas écrit un long poème continu, mais un petit rouleau de vers, comme un enfant. Hunt, Rostagni et Cessi en concluent qu’il n’a pas encore publié l’Hécalé et que ce fragment est le prologue des Aîtia. On ne doit donc pas prendre au mot le poète lorsqu'il parle de sa vieillesse? : il oppose, en l’exagérant, sa maturité à la jeunesse de ses adversaires, mais il n’a pas alors plus de quarante à quarante cinq ans; le fragment remonte donc à 275-270 environ, c’est-à-dire à la querelle des Aitia selon Cessi, des Argonautiques selon Rostagni.
Mais si le fragment date de la vieillesse de Callimaque, les critiques de ses adversaires signifient que même ses plus longs poèmes, les Aitia et l’Hécalé, sont d’une inspiration courte et d’une composition trop morcelée. La riposte de Callimaque est alors très postérieure à ses deux œuvres maîtresses et à la querelle avec Apollonios; il faut y voir, avec Maas, Pfeiffer, Vogliano et Cahen, une élégie séparée ou une
préface rétrospective jointe aux Aitia ou à quelque édition de ses œuvres par le poète vieilli mais toujours combatif. Dans les deux cas, comme dans la clausule de l'hymne à Apollon, Apollonios peut-être compris parmi les adversaires de Callimaque sans être visé seul. Mais quelles que soient la nature et la date du fragment, il ne contredit pas les renseignements que fournissent, sur la querélle de Callimaque et d’Apollonios, les autres documents que nous avons étudiés. Ce conflit est un des derniers épisodes des luttes littéraires que
le poète de Cyrène eut à soutenir depuis la publication des Aitia.