Ibid., p
VILLE NATALE D'APOLLONIOS 17
Il est exact que l’ibis était consacré à Theuth ou Thoth. Cependant, le principal sanctuaire de ce dieu ne se trouvait pas à Naucratis, mais à Hermoupolis, en Moyenne Egypte! : le rapport qui existe entre l’oiseau et le dieu n’est donc pas un argument en faveur de Naucratis. On pourrait même avec plus de vraisemblance voir dans le mot ibis une allusion à Alexandrie. En effet, un passage de Strabon? nous apprend que les ibis nettoyaient cette ville et pullulaient à tous les carrefours. D’autre part l’ibis, très répandu en Egypte, était un oiseau sacré pour ses habitants$. Appliqué à Apollonios, ce mot peut donc avoir le sens large de poète égyptien, ou le sens étroit de poète d'Alexandrie, par opposition au poète de Cyrène Callimaque. L’argument de Merkel n’a donc pas grande valeur.
Les partisans d'Alexandrie sont plus nombreux. Weichert cite les plus anciens et lui-même réfute les arguments en faveur de Naucratis dans une longue discussion sur laquelle nous reviendrons. Bernhardy® approuve ses conclusions, ainsi que Busch‘. Knaack soutient, d’après les biographes anonymes, Strabon et Suidas, qu'Apollonios, surnommé de Rhodes, naquit à Alexandrie. « En présence de ces indications précises, déclare-t-il, l'information isolée que Naucratis aurait été sa ville natale ne mérite aucune créance ». Mais il ajoute que « sa poésie Ναυχράτεως κτίσις permet de conclure à des relations avec cette ville’ ». Gercke, Christ, de Wilamowitz-Mællendorff, Kærte et Perrotta, partageant
1. MAsPÉRO, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, t. 1, p. 145 ss.