‹ Biographie de Alfred de MussetChapitre 7 sur 14 · lîiOliUAl'llIK · texte numérisé non relu

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lu iV've m'apparait, ijui passe et qui s'envole; — î.es heureux sont les fous : les poètes le sont.

J'entoure de mes bras une forme légère; J'écoute à mon chevet murmurer une voix; l'n bel ange aux yeux noirs sourit à ma misère; Je regarde le ciel, Ninon, et je vous vois.

0 mon unique amour, cette douleur chérie, i\e me l'arrachez pas, quand j'en devrais mourir ! Je me tais devant vous; — quel mal fait ma folie ? Ne me plaignez jamais, et laissez-moi soulfrir.

Une ibis écrits, ces vers ne pouvaient manquer de parvenir t(M ou tard à celle qui les avait inspirés. Si l'auteur eiit essayé de les remettre de la main à la main, comme les premières stances à Ninon, peutêtre aurait-on refusé de les prendre; mais la poste aux lettres semble inventée pour trancher les difficultés de cp genre. Ce fut elle qui porta les secondes stances à leur adresse. Alfred attendit, non sans inquiétude. Il reçut par la même voie une large enveloppe. La dame ne savait guère bien dessinei-; mais cette enveloppe contenait un dessin à la })lume, représentant une grande pendule de salon, que l'amoui(;n\ n'eut pas de ])eine à reconnaître, et les aiguilles de cette pendule mar(j liaient trois heures.

Le soir de ce jour-là, notre poète était dans une joie qui débordait, nuilgré ses efforts pour paraître grave et maître de lui. Il ne se possédait j)lus. Les secondes stances à Ninon avaient eu le même succès

que les premières. La dame aimait les ix^aiiv vers, el la poésie lui ai-i-aciiait. l'aveu (jue l'anioui- n'avait pas pu obtenir. Cette l'emme était une personne très intelligente. Au lieu d'absorber les loisirs de son ami, elle l'excitait au travail, en lui disant qu'elle voulait considérer comme autant de preuves d'amour les ouvrages qu'il produirait à l'avenir ; — car ils croyaient tous deux à un long avenir. — J'augurais bien de ces dispositions tant que durerait leur bon accord.

Cet accord dura quinze jours. Le hasard en avait disposé d'avance. La rupture n'arriva pas, cette lois, par la faute de l'amoureux: — sa première leçon lui avait profité ; — mais, tandis qu'il se gardait de la jalousie et des soupçons injustes, un autre jaloux avait tout deviné. La Ninon des stances était destinée à porter un jour un autre nom, dans un récit en prose. Sa situation était celle d'Emmeline, comme je l'ai déjà dit ailleurs.

Ce qui ruinera toujours les amours de ce genre, c'est ce moment de combats intérieurs d'où une femme honnête et loyale croit toujours de bonne foi qu'elle sortira victorieuse. Pourquoi mentirait-elle, puisque sa conscience ne lui reproche rien? Dissimuler ce qui se passe en elle, ne serait-ce pas s'avouer coupable? Elle ne veut pas succomber, elle ne succombera pas. — Et puis, un beau jour, l'amour est le plus fort ; la prudence arrive, mais trop tard. —

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En quelques heures, l'avenir entrevu, le bonheur, les projets, tout fut bristi, anéanti. Peut-être Alfred n'aurait-il pas pu se résigner à une seconde rupture, s'il n'avait eu en face de lui qu'un jaloux; mais, en apprenant qu'il faisait un malheureux et qu'il allait rendre une catastrophe inévitable, il né résista plus, et s'inclina devant la volonté de son amie, avec autant de respect que de désespoir.

Ainsi finirent les amours à'Emmcline. Gomme dans la fiction qui porte ce titre, l'intrigue se dénoua tristement aux sons joyeux d'une valse, entre deux figures du Cotillon, par l'entremise d'une amie touchée de pitié, mais inébranlable comme le destin. Alfred avait fait la même promesse que son personnage de Gilbert: « Pour vous, tout au monde! » Les conditions imposées étaient celles d'une séparation complète. Il voulait partir; il prenait ses mesures et annonçait son prochain départ à ses amis; mais le courage lui manquait. Il demandait un jour de grâce, et encore un jour. Tout à coup, on lui fit savoir qu'il pouvait rester.

Pendant ces tiraillements douloureux, Alfred était soutenu par la grandeur même de son sacrifice. Ne devait-il pas s'estimer heureux de pouvoir rendre le repos à son amie aux dépens du sien? Il voulait aussi donner l'exemple d'une souffrance noblement acceptée. Mais bientôt, les pourparlers étant finis et son malheur consommé, lorsqu'il se retrouva aux

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prises avec la sulilude et rabandon, il se demanda quelle raison de vivre lui restait encore. Je le voyais rêver à tout ce qu'il avait perdu, et se couij)laire dans son chagrin; il s'y plongea le plus j)rotbndénient qu'il put, car il prêterait la douleur ;i l'eiiiuii. J(i lui représentais qu'il s'exposait à rendre son mal incurable, et il me répondait : « Il l'est ».

Alfred de Musset professait hautement pour M. de Lamartine autant de sympathie que d'admiration. Un soir du mois de février 1836, à la suite d'un accès de mélancolie, je le trouvai relisant les Méditations. Cette poésie, dont il venait d'éprouver les vertus cahnantes, lui avait inspiré l'envie d'adresser, par reconnaissance, quelques vers à l'auteur du Lac. Il me récita tout le début de l'épitre à Lamartine, jusqu'à ce vers où il dit que lord Byron, dans les derniers temps de sa vie.

Sur terre, autour de lui, cherchait pour qui mourir.

Mais il hésitait à continuer, craignant que la prétention d'intéresser Lamartine par le récit de ses souffrances ne parut trop ambitieuse. Pour le décider à mettre de côté ces scrupules de modestie, je lui donnai hardiment l'assurance que de tels vers feraient autant d'honneur à M. de Lamartine qu'à l'auteur, et que l'Europe entière s'intéresserait à la douleur qui les avait dictés. Aussitôt nous procédâmes ensemble aux apprêts accoutumés des jours

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d'inspiration : le grand éclairage et le petit souper. La muse ne demandait qu'à descendre. Le lendemain, l'cpître était fort avancée, et le i" mars i836 elle parut dans la Revue des Deux-Mondes. Quelque temps après, Alfred reçut un billet de M. de Lamartine qui l'engageait à venir. Il y courut, et, pendant trois ou quatre mois, des relations suivies s'établirent entre les deux poètes. En revenant de ces visites, Alfred nous racontait, le soir, en famille, ses conversations du matin. Je me rappelle, entre autres détails, qu'il rapporta de la première de ces entrevues la promesse d'une réponse à ses vers ; M. de Lamartine lui avait demandé le temps de se reconnaître, en disant, avec une bonne grâce charmante, qu'il aurait fort à faire pour que la réponse fût digne de l'épître *.

En attendant le jour où il pourrait se glorifier de cette réponse, Alfred commença par être heureux et fier de la promesse. On sait qu'il aimait à fureter chez les marchands de tableaux et d'estampes ; il trouva dans une boutirfue une copie au pastel de la Poésie

* La (.lix-neuvième livraison des Entretiens littéraires de M. de Lamartine nous a appris, en 1857, pourquoi celte réponse n'a jamais paru; mais j'avoue que je n'ai pas bien compris l'explication. Avec ipiel étonnement n'y ai-je pas vu que M. de Lamartine avait perdu lolalement le souvenir de ses bons rapports avec Alfred de Musset, et qu'en le retrouvant à l'Institut, en 1S5:2, il avait cru lui parler pour la première fois ! On lit encore dans ce dix-neuvième entretien, |\\u^ M. de Lamartine conçut d'abord une faible oitinion des facultés lyriques de ce jeune bomme, sur la lecture du Rhin allemand:

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clc Carlo Dolci, donl les traits oflVaiont rccllenicnt beaucoup (1(3 ressemblance av(^c ceux de l'aiilcur des Méditations. Il s'empressa d'acheter ce dessin, et de lui donner nne place parmi les cadres (pii ornaient son cabinet de travail. Ses amis se souviennent encore du prix qu'il attachait à ce portrait id(Val et de la joie d'enlant qu'il (éprouvait à le regarder. Plus tard, lorsque tout Paris courait aux représentations du C«price, madame Allan eut la fantaisie de poss(îder ce pastel. Alfred n'osa pas le refuser à l'actrice qui faisait le succès de la pièce; mais il regretta toujours de s'en être sépart';, et, jusque dans les derniers niois de sa vie, il rcqiétait souvent : « Ouel besoin avait madame Allan de m'enlever mon Lamartine ? »

Les lecteurs de la Revue remarquèrent le soin particulier que l'auteur avait mis dans l'exi'îcution de son épitre. Il avait voulu qu'elle fût irrc^prochable. On connaît maintenant les circonstances dans lesquelles est née cette fleur de poésie, et l'on ne se li'ompera plus sur les sentiments qui l'ont fait éclore. Pour

mais qu'il revint de ses préventions longtemps .^.près, lorsque un j)àtre lui eut remis, dans le parc de Saint-Point, le iiuniéro de la Revue des Deux-Mondes contenant les vers à lui adressés. Or, le Rhin allemand n'a été écrit qu'en juin IHil, et VÉpitre à Lamartine est du I''' mars IcS.'ÎG; il faut donc nécessairement, ou que la mémoire de M. de Lamartine l'ait encore bien mal servi, lors(iu'il a voulu se rappeler les véritables raisons de son silence, ou que le pâtre chargé de lui porter la livraison de la Revue des Deux-Mondes ait mis plus de cinc} ans à le chercher dans le jtarc de Saint-l'oint.

comprendre les regrets et la douleur du poète, ne fallait-il pas savoir qu'il s'agissait d'un amour que sa dignité ne lui commandait pas d'arracher de son cœur? Le récit contenu dans les vers à Lamartine est celui d'une soirée d'agitation pendant laquelle les clameurs grossières du carnaval résonnaient dans Paris. Ceux qui s'étaient mépris sur le sujet de la Nuit de décembre ont commis la môme erreur ;i propos de la Lettre à Lamartine. Alfred de Musset en a souri plus d'une fois, et, quand ses amis lui demandaient des explications, il leur répondait : « Pensez-en ce que vous voudrez. »

Cette réserve était juste et sage ; mais à présent tout a bien changé : un tiers de siècle s'est écoulé. La Lettre à Lamartine est devenue autre chose qu'une pièce de vers d'un jeune poète de grande espérance, insérée dans une Revue pour l'embellissement du dernier numéro. Celui qui a poussé ce cri de douleur a été enlevé par une mort prématurée, et, comme le cri retentit encore, la conscience publique s'en émeut; elle réclame impérieusement des éclaircissements. On les lui doit.

Il y a des nuances à observer dans les reproches d'un amant à une maîtresse cruelle. Par exemple, qu'on relise tout le passage de la Lettre à Lamartine qui commence ainsi :

0 mon uni(|ue amour ! que vous avais-je fait? Vous m'aviez jm quitter, vous qui juriez la veille (Jue vous étiez ma vie, et que Dieu le savait !

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C'était d'un ton bii'ii dilTéront que le poète avait parlé dans la Nuit de mai. Ces vers l'ont suite à ceux de la Nuit de décembre. Ils s'adressent à la même personne; jamais elle n'a du en rougir. Le temps des méprises est passé. Rendons à chacun ce qui lui appartient. Je renoncerais à écrire la vie de mon frère s'il m'était interdit de jeter un peu de lumière sur les plus belles pages de ces poésies où je retrouve à chaque mot les plus purs battements de son cœur.

Celle qui avait inspiré l'épitre h Lamartine n'eut pas besoin d'éclaircissements pour s'y reconnaître. Peu de temps après la publication, l'auteur trouva dans sa chambre, en rentrant chez lui, le soir, deux vases en porcelaine de Sèvres, accompagnés d'une lettre qui contenait le passage suivant : « Si vous saviez en quel état m'a mise la lecture de ces vers, vous regretteriez d'y avoir dit que votre cœur est pris d'un caprice de femme. C'est bien d'un amour vrai et non d'un caprice que nous avons souffert tous deux. Ne me faites jamais l'injure d'en douter. Apprenez que, dans ce moment même, si je ne pensais qu'à moi, je serais encore prête à essuyer les larmes qui obscurcissent ma vue, atout quitter et à me perdre pour vous. Un mot de votre bouche suffirait. Je ne crains plus de vous le dire à présent. C'est parce que vous m'aimez que vous me laisserez pleurer. »

Ces lignes eurent le pouvoir d'opérer un grand changement dans l'esprit de l'amant sacrifié. Sous la

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rigueur apparente des procédés, il rcconnaissail une pitié sincère; son chagrin était partagé. Celte idée le soulageait. Vingt lois il répéta ; « Je n'aurais ([u'un mot à dire pour lui faire tout quitter; mais je ne prononcerai jamais ce mot qui la pei'drait. »

Le sort devait à Alfred de Musset une compensation à tant de sacrifices. S'il existe un être au monde ;i({ui l'amitié d'une femme puisse èti'e utile, c'est assurément un poète ou un amant malheureux. Il réunissait ces deux conditions lorsqu'il devint l'ami et le filleid d'une personne de beaucoup d'esprit (ju'il connaissait depuis quelque temps. Cette jeune maîti'esse de maison exerçait un ascendant marqué sur tout son entourage. Elle avait, d'ailleurs, un des salons les plus agréables de Paris. On y faisait de la musique une fois par semaine, et, ce jour-là, il y venait beaucoup de monde pour entendre le prince Belgiojoso, Géraldy, la comtesse de Sparre, etc. ; les autres jours, on causait en petit comité.

Un soir, on s'amusait à se donner les uns aux autres des sobriquets fantastiques. La maîtresse de la maison ayant été désignée pour trouver un nom à Alfred de Musset, l'appela le prince Phosphore de cœur volant. Celle qui l'avait ainsi baptisé lui permit de se dire son filleul et de la nommer sa marraine.

De cette gracieuse intimité et du crédit (jue la marraine prit sur l'espi'it de son filleul, il l'ésulta d'une part des avis judicieux, des cncouragemenls, des cou-

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solalions, dos stiiimlanls conlre la })arcssc, de l'autre un désir constant de mériter l'approbation d'une lectrice qui, par amitié, s'efforçait d'être exigeante. Pendant bien des années, Alfred de Musset se lit undevoii' de rendre compte h sa marraine de toutes ses impressions. Il ne lui passait pas une idée divertissante dans la tète, un sentiment fugitif dans le cdMir sans que la marraine en fut informée. On peut voir, par l'introduction de Sllvia, qu'il écrivit ce conte en réponse à une lettre qui lui reprochait de laisser reposer sa muse trop longtemps. Je dirai plus loin comment il répondit à un autre reproche plus grave par un sonnet, aussi adressé à sa marraine, et qui ne pouvait être publié que dans cette histoire de sa vie.

Les secousses morales que nous venons de raconter n'avaient ni émoussé le cœur du poète ni engourdi ses facultés. On s'en aperçut à l'activité de son esprit. L'exposition de peinture venait de s'ouvrir. Le directeur de la Revue proposait à Alfred de Musset de rendre compte du Salon de i^'M). Ce travail, en l'obligeant à faire un examen approfondi des ouvrages exposés, lui procurait fort à propos une agréable distraction. Les épreuves de son article sur le Salon arrivaient de l'imprimerie, lorsque, en mettant la tôte à la fenêtre, Alfred vit en face de lui, de l'autre côté de la cour, une grisette fort jolie, appuyée comme lui sur le bord d'une fenêtre de la maison. La grisette se mil à sourire, — probablement de la bonne mine du

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voisin. — (iClui-ci, un peu étonné, répondit à ce sourire p.ir un petit salut, et retourna ensuite à ses épreuves. Peu de jours après, la ^risette reparut h la fenêtre, se chaulïant aux rayons du soleil d'avril. Alfred la regarda; elle lui sourit comme la première fois, et il répondit encore par un léger salut. Ce manège se répéta; les visites de la jeune fille dans notre maison devinrent quotidiennes, et par conséquent les sourires et les inclinations de tête de plus en plus fréquents. Des regards on passa aux signes; on s'envoya des baisers; on se rencontra, comme par hasard, dans la rue, et finalement on tomba d'accord, sans avoir pris le temps de réfléchir; car il existait encore alors de ces grisettes qui suivaient avec franchise et abandon tous les mouvements de leur cœur.

Alfred, craignant un peu de s'embarquer dans une liaison, se fit inviter par son ami Tattet h venir passer quelques jours à la campagne. M. Tattet le père avait, dans la vallée de Montmorency, une fort belle propriété qu'on appelait Bury. Son fils, non content de cela, louait, en cachette, une petite maison située une lieue plus loin. On menait joyeuse vie dans les deux endroits, bien que le monde n'y fût pas le même. Alfred Tattet avait des chevaux; il aimait la bonne chère; dans les plaisirs de toute sorte, son esprit inventif et dépensier recherchait les excentricités. Il trouva le compagnon qu'il lui fallait pour courir la forêt au milieu de la nuit et souper sur l'herbe à la

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lueur des turclies. Le poète s'amusa de ce régime bizarre qui le ilesheurait.

Louise, — c'était le nom de la i^risette, — pleurait pendant ce temps-là. Elle écrivit quelques lettres de reproches non dépourvues d'éloquence. Alfred, que la soull'rance avait rendu accessible à la pitié, se laissa toucher. 11 revint à Paris chercher sa maîtresse et l'emmena dans la petite maison de Tattet, à Margency. C'est là que la jeune fille, enivrée par l'air dos bois et la liberté, donnant carrière à sa gaieté inaltérable, posa, sans le savoir, pour les deux figures éminemment parisiennes de Bernerette et de Mimi-Pinson. La fidélité d'une grisette n'était pas plus à toute épreuve en ce temps-là qu'aujourd'hui. Après les deux ou trois ruptures et raccommodements d'usage, la liaison finit par se dénouer tout à fait.

A son retour de Bury, lorsqu'il rentra dans son cabinet de travail, Alfred en examina les objets avec intérêt, comme s'il eut retrouvé de vieux amis. Sa mobilité naturelle lui l'endait agréables tous les cou- Irastes. Un jour, je le regardais se i)romener de long en large, tantôt fredonnant la cavaline de Pacini que le piano de Liszt et la voix de Rubini venaient de mettre à la mode, tantôt murmurant tout bas des mots qui se groupaient en hémistiches. Il s'arrêta enfin devant sa table de travail, et prit une grande feuille de papier sur laquelle il écrivit ce qui suit :

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LA MÎIT DE Jl!l.\

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