‹ Biographie de Charles Thibault, EcrChapitre 11 sur 18 · CU UNE MU · texte numérisé non relu

CU UNE MU

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à l’aide de l'Eglise que le droit romain-nous est transmis. (C'est lui qui adoueit la caractère des conquérants sanguinaires pour en faire des rois pacifiques.

La croix, c’est-à-dire l’ensemble des doctrines catholiques, a chängé la face du monde. L'Eglise a conservé la science. C’est elle qui avait fait aux moines une obligation de copier et de nous transmettre Sénèque et Cicéron ; Augustin d'Hippône nous avait conservé Platon et Boëce nous a donné Aristote.

L'éducation adoucit les mœurs ; les arts naissent à la vie ; la musique, la peinture et la poésie se transforment. Et, sur la harpe des Bardes Gaulois et des Scaldes Grermaniques la religion ajoute une corde divine pour chanter l’âme, la paix, le ciel et Dieu, tout en chantant la vie, la guerre, le peuple et la patrie.

Trente ans après la dk Charlemagne son immenm: em vire s'écroule sous les coups redoublés des Normands. Les Hongrois massacrent l'Allemagne et l'Italie. Ils ” courent la laver dans un déluge de sang et ils y reçoivent le baptême

de la foi; car Dieu voulait s’en servir, comme de rampart, contre la corruption de Byzance qui cherchait à déborder en Occident.

Ce droit enfin si amoureusement promulgué par la croix, si merveilleusement servi par l'épée, avait modifié le caractère de la nation Franque à tel point qu'elle était devenue la plus civilisée de l’Europe, lors de la découverte de l'Amérique.

Au nom de son droit et par la croix, au nom de la justice et par son épée, la France avait fait d’admirables choses. Un mot sublime les qualifie :

“ Gesta Dei per Francos. ” Et c'est là le plus beau témoignage que l’histoire ait jamais rendu à un peuple, puis que pour l’enregistrer dans ses annales, à côté des grands faits des hommes, elle a du inventer une formule unique, une expression que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Gesta Dei per Francos. Le génie chrétien seul a pu buriner ce trait céleste.

Ce mot peut-être la honte d’une certaine France actuelle, il est la gloire de celle d'autrefois, espérons qu'il sera aussi celui de la France de l'avenir, O France chérie, pourquoi te

04: — laisses-tu- aujourd'hui périr quand près du Dieu de St Louis et de Ste Geneviève la rédemption est toujours surabondante ?

Ce que la croix, qui avait tant effrayé le farouche sauvage des bords du St-Laurent, n'aurait pu faire seule, en ce pays, l'épée l’accomplira.

De fait, dans la nouvelle France, si Je laboureur fut apôtre, Le soldat fut prêtre :—sa vie fut une immolation continue, un sacrifice constant.

Les nombreuses peuplades qui se disputaient la possession de nos vastes territoires, étaient plongées dans les ténèbres les plus profondes, adonnées aux plus abominables cruautés, courbées sous le joug le plus dégradant. Le missionnaire mourait de leurs mains sanguinaires ; la croix ne faisait encore aucune salutaire impression sur leur âme cruelle. Pour dompter leur tyrannie, il fallut une puissance; et cette puissance fut celle de l'épée, car si la croix est le signe de l'amour, l'épée est celui de la crainte.

La croix et l'épée ; voilà la double alliance qui aconverti l'Amérique ; voilà le double étendard qui a sauvé le Canada.

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