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nes ! Les Carthaginois égorgeaient leurs propres enfants ! Et ces abominations se pratiquaient au Mexique et parmi les sauvages de l'Amérique, lorsque les Européens y pénétrèrent et avant que l'aurore de l’église ne les éclairât, avant que l'épée ne ies protégeât, avant-que la croix ne les eût délivrés de la tyrannie de Satan.
L’épée française a affermi l’état, protégé l’église, défendu la croix et ennobli l’ordre social en Canada. Et ce, par le moyen de la guerre constante que nos pères durent faire, sans trève ni relache, sans tranquillité ni repos. Cette guerre que le Cosmopolitisme universel voudrait voir à jamais disparaître du monde, y est pourtant un.fait constant, perpétuel et normal depuis son origine.
La guerre ! C’est la justice de Dieu qui passe. Ce sont les iniquités des hommes qui en ont appelé les atrocités sur leurs têtes, comme l'acier attire la foudre. La guerre est universelle. Et si l’on maudit l'assassin, l’on honore le guerrier, parcequ'il est l’exécuteur des hautesœuvres de son pays, parcequ'il en est le vengeur, le protecteur, la sauvegarde et le rampart.
Si la mer devenait inerte et immobile, si ses flots cessaient de monter ou ses vagues de redescendre, ce serait Ja ruine des hommes : ce calme engendrerait la mort. Les eaux de Siloé devaient être agitées par
l’'Ange pour guérir le premier malade
qui s’y plongerait, les eaux des mers ont besoin d'être remuées jusque dans leurs mystérieuses profondeurs pour en empêcher la corruption. La guerre est aux nätions ce que la tempête à l'Océan ; elle les purifie, elle les assainit, elle les relève, elle les ennoblit.
Voilà la puissance du sang versé pour la justice ; voilà l'efficacité de l'épée. Voilà sa mission en ce monde; mission Sacro-Sainte qu’elle à admirablement accomplie dans la nouvelle France.
L’'épée est synonime de courage, de force, de bravoure et de vertu. C’est elle qui protége la patrie, qui la défend contre ses envahisseurs, qui en recule les limites, qui en fait respecter les droits : c’est le patriotisme en action.
Ah! depuis longtemps, vous sentiez ce mot de patriotisme sur mes
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lèvres, vous compreniez qu'il ne cherchait qu’une issue pour s’échapper de mon cœur. C’est qu’en effet tout vibre aujourd'hui, tout sourit— tout s’élance,—tout vole, la terre vers le ciel, —les cieux vers la terre :—nos âmes, les unes vers les autres.—C'est l'heure solennelle ; —c'est la grande journée canadienne française du 19e siècle en Amérique ;—c'est la fête des souvenirs s’harmonisant avec celle des espérances.
Car, qu'est-ce que le patriotisme ?
sinon la forme unique de notre, amour pour notre terre natale ? si ce n’est le culte public rendu à nos foyers ? un éclatant hommage donné à la Patrie ? |
Or, la Patrie ne représente pas seulement le territoire qui la compose, les beautés qui l’embellissent, les richesses qu'elle renferme, les magnifiques horizons qui l’encadrent, les fleuves limpides qui l’arrosent, les prairies qui l’er: aument, les forêts grandioses qui la parent comme d’un vêtement d’éternelle jeunesse, les métaux précieux qui l’enréchissent, les montagnes sublimes qui l'abritent, les constellations qui l’éclairent.
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La Patrie est tout cela, mais est encore plus que cela.
La Patrie! C’est le souvenir de tout ce que nous avons aimé, c'est le lien de la famille, c’est la mémoire dû cœur; ce sont nos réminiscences de jeunesse, nos espérances d'enfant ; c’est le vieux curé de la Paroisse ; c’est le clocher de notre église ; —C’est l'autel de Marie, ornée par nos tendres soins des lys de la vallée ;— C'est 18 vert gazon du cimetière ; —C'est la terre où reposent les nôtres ;--C’est l’'humble toit de notre demeure ; C’est un vieux chène qui ornaiït le jardin ; c’est un-ruisseau où s’abreuvaient nos troupeaux ; —C'est l'air embaumé de la terre natale.
La Patrie ! c'est encore tout ce que nous avons caressé d’espérances et
‘de chimères ; ce que nous avons éprouvé de joies et de peines, d’allégresses et d'épreuves.——C'est le rêve
de toutes nos illusions et de toutes
nos amours, les lieux chéris de notre “enfance, les sourires amis, Les caresses de nos sœurs, les plaisirs purs de notre vie.
Ily a des harmonies si suaves que les anges seuls pourraient les
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rendre, il y à des mots si tendres que la femme seule devrait les prononcer, à cause de l'exquise délicatesse de ses sentiments, de l’excessive sensibilité de son cœur et de l’impressionabilité de son âme : aussi me permettrez-vous de me servir des belles paroles de Melle Delphine Guay pour vous résumer, en un mot, toute la tendresse qui se concentre dans l’idée de patriotisme : —c'est elle qui va nous donner une lécon magnifique.
Ah ! je vous apprendrai l’amour de la Patrie! Le plus saint des amours. La patrie est le lieu Où l’on aima sa mère, où l’on connut son Dieu; Où naissent les enfants dans la chaste demeure, : Où sont tous les tomheaux des êtres que l’on [pleure.
En vain l’on nous condamne à n’y plus revenir, Notre pieux instinct l’habite en souvenir:
Nous l’aimons, malgré tout, même injuste et [cruelle Et pour ce noble amour il n’est point d’infidèle : La haïr dans l'exil, c’est l’impossible effort ; Proscrit, nous revenons lui demander Ja mort, Et nous mourons joyeux si l’ingrats contrée Daigne garder nos os dans sa terre sacree.
La patrie ?--Ce sont encore nos sacrifices, nos martyrs, nos luttes, nos institutions, nos annales généalogiques, notre histoire, nos combats, nos lois, notre langue et notre reli-
gion ; liens puissants qui font, qu'’a-
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près tant de difiicultés et de périls, nous conservions encoré, suÿ Ce COntinent, cette union, cette cohésion, cette homogénéité qui nous assurent de brillantes destinées dans toutes les parties de l'Amérique du Nord.
Car, l’avénir, MM. est aux races qui adorent et qui prient. Et, dans la grande liquidation que le ciel demande, tôt ou tard, et périodiquement aux nations vour verrez même aux Etats-Unis, de terribles effondrements, d’effroyables banquereutes.
La banqueroute de la foi appelle la faillite des mœurs, et la faillite des mœurs bouleverse les assises qui étayaient les institutions et les peuples. | Voilà ce que l’inexorable histoire proclame depuis l’Eden à l’Arrarat, de l’Arrarat au Calvaire, du Calvaire jusqu’à nous.
Aussi, pour la patrie, soyons prêts à tous les sacrifices. Sur les autels élevés à l'endroit même où Cartier monta sur notre royale montagne non loin du lieu où l’on va élever le temple de la St-Jean-Baptiste, le panthéon de notre gloire, à la concorde à l’entente, à la fraternité française
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en Amérique, jurons que nous oublions à jamais nos haïnes, que nous défendrons toujours les droits de la vérité, que nous serons toujours fidèles au drapeau catholique et national. Donnons ici, en ce siècle de divisions profondes, un spectacle unique : celui d’un peuple vraiment chrétien, d’un peuple solidement uni, d’une nation de frères.
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