‹ Biographie de Charles Thibault, EcrChapitre 18 sur 18 · EE · texte numérisé non relu

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Etats-Unis, échelonnés dans tous les Etats, depuis la rivière Ste-Croix, dans le Maine, sur l'Atlantique, au Golfe de Juan de Fuca, près de l'ile de Vancouver, dans le Pacifique.

Quelles ruines ! quels désastres économiques pour le Canada ! Supposez 100,000 bras qui travaillent, évalués à une piastre par jour, prix moyen, nous perdons ainsi près de $80 000 000 annuellement. Somme énorme qui devrait se dépenser ici et qui sert à enrichir nos voisins.

Je suis heureux de représenter, en cette circonstance, quatre groupes importants de Canadiens émigrés, dont deux sont livrés exclusivement à l’agriculture. Je les ai fait connaître aujourd'hui même au congrès natlonal. Ce sont nos amis du Mandawaska (Maine) du Kansas, d'Ogdensburgh, de Spencer, Mass. Je ne reviendrai pas sur ce sujet ; qu’il me soit seulement permis au point de vue patriotique de m'écrier : Frères expatriés, pourquoi donc nous avez-vous laissés ? ne songez-vous plus à nous ?

Ah ! pourquoi donc quittant le pays de vos pères

Aller semer vos jours aux rives étrangères ?

Leur ciel est il plus pur, leur avenir plus beau ?

Au contraire, nos frères, par leur nombreuses délégations à notre belle fête ne viennent-ils pas vousdire ?

Loin de son lieu natal, le Canadien qui s’exile

Traine son existence à lui-même inutile ;

Son cœur est sans amour, sa vie est sans plai- | [sirs,

Jamais pour consoler sa morne révérie

Il n’a devant les veux le ciel de la patrie,

Et le sol sous cés pas n’a pas de souvenirs,

Voilà pourquoi il aime à revenir au milieu de vous ; c’est la fête St- Jean-Baptiste qui en est. l’occasion.

Et, cette fête, si belle, si canadienne, si patriotique, il la chôme dans tous les Etats-Unis ; c’est son signe de ralliement, c’est son espérance d'avenir ; c’est par là, par la pensée, et par le cœur qu’il tient toujours au Canada. Et qui sait ? les séparations terrestres ne sont pas éternelles ! un quart d'heure peut changer la face du monde ! Une heure solennelle approche peut-être 2.........,........ de

Dieu qui donne à qui il lui plaît les territoires, qui élève ou abaisse les

nations, qui protège ou ruine les

peuples, qui tire le bien du mal, connaît seul ce que l'avenir réserve, dans tout le vaste bassin, formé par

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les Laurentides, les Alleghanies et les Montagnes Rocheuses, à la nation canadienne. Tandis que les familles américaines natives décroissent à vue d'œil, nous nous multiplions à l'infini. Or, le nombre, c’est le pouvoir, surtout dans une république démocratique.

L’américain 2 aussi abandonné la culture de ses terres ; il s’est livré au commerce ; sa vie est inStable, l’agio le ruine. Quand Washington travaillait sa belle ferme de Mont Vernon, il savait manier l'épée ; quand Jackson, Calhoun, Clay, Toomb et Lee, cultivaient leurs fermes, ils savaient aussi faire face à l'ennemi.

La nation américaine devra périr ; étiolée, sans force, sans mœurs, elle vogue, au milieu de ses fêtes et de ses plaisirs, vers une décadence certaine, vers une catastrophe terrible, désastreuse, inévitable.

Au contraire, les Canadiens sont encore pleins de vitalité aux Etats- Unis, comme au Canada. Nous nous doublons en vingt-huit ans ! Nos pères en 1653 n'étaient que 8,000, et 60,000 en 1763. Nous sommes aujourd’hui dans la confédération un

Million et quart :

eUXZ millions. :

SXONS qui, lors de la cession étaient 3,600,000 en Amérique, SaVoir 60 Contre un fran ais, n°y sont aujourhui que 45,000,000 en Y compre-

u Nord, savoir seulement | Contre un

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