‹ Biographie de Charles Thibault, EcrChapitre 4 sur 18 · LU · texte numérisé non relu

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correcte dans ses chaleureuses improvisations, je hausseraïi les épaules ‘et demanderai à mon puriste si O’Connell ou Berryer consultaient leur grammaire ou leur cœur avant de remuer leurs auditoires.

Il est rare que Florateur soit écrivain : il pense trop vite et ne sait pas généralement revenir sur sa pensée. S'il l’est, 1 porte toujours le signe de sa noble vocation et ce signe devient un stigmate. Sans avoir triomphé tout-à-fait de la diffculté que cette critique suppose, M.

Charles Thibault peut légitimement prétendre à un rang distingué parmi nos écrivains canadiens.

L'originalité de son esprit perce sous sa sa phrase hardie, capricieuse, stridente ; on la retrouve aussi dans les volte-face rapides qu'il exécute en pleine action et üui souvent cachent un jeu habile de procédés.

Avec certains écrivains, vous savez d'avance ce qu'ils vont mettre dans le plan qu'ils se sont tracé, vrais trotte-menu de la littérature, ils fournissent une course longue mais monotone et ennuyeuse. Avec Charles Thibault, vous allez d’une surprise

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à une autre, un peu par monts et par vaux, au gré de sa vive imagination, mais vous n'éprouvez jamais de ces

ennuis continus qui tournent vite au

sommeil. L'art peut parfois en souffrir ; le plaisir n’en est jamais diminué.

Il n’a point le vocabulaire de Chauveau, il n’a point non plus le coloris de l’abbé Casgrain ; il ne songea jamais à rivaliser avec M.

Routhier pour le pouvoir descriptif; mais plus que le premier il a de la chaleur et il l'emporte sur les deux «autres par les pensées profondes qu’il jette parfois à pleines mains dans ses écrits.

J'ai dit ses écrits, je ne saurais les appeler d’un autre nom. Ilen a de tous les genres : des lettres, des eærrespondances, des biographies, des critiques, des discours, des études.

Les nommer serait trop long ; les analiser serait hors de place. Citons seulement entre toutes ses productions :

19 Son discours sur les Origines et destinées canadiennes, fait à Québec, lors de la grande convention du 24 juin 1880 et qui valut alors à l’auteur

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