‹ Biographie de Mme Anna de La Grange [microforme]Chapitre 15 sur 20 · ON. D · texte numérisé non relu

ON. D

Les journaux uaiiens mettent spontanement son nom à la hauteur de ceux de Fadolini, Frizolim et Grisi,

C’est, je crois, à la stite de cette soirée que Mery qui se trouvait à Turin, lui adressa les vers bien connus :

Vous serez grande un jour, mon présage est certain. De votre vie encore vous n'êtes qu'au matin Déjà votre voix nous excite..

La palme d'ftalie au soleil vous atiend, Ft Rossini, joyeux, sur son trône éclatant, Dira : Malibran ressuscite !

Les sociétés aristocratiques, si fières en Italie, lappellent à leurs fêtes. ŒElle obtient cé qu'aucune prima donna, hormis madame Sontag, n’a obtenu,—d'être traitée sur un pied d'égalité avec les grandes dames.

Turin entier est amoureux -de Mlle de Ta Grange. Ta juré de ne pas la laisser partir 3 il lui prépare un triomphe pompeux, lorsque toui à GOup. on apprend qu elle s’est enfuie.

La voici à Bologne où Rossini la reçoit à bras ouverts. Le roi des maëstri reconnaissant une fille de sa race est heureux de l’asseoir à @té de lui sur son trône lyrique. Pendant dix-. huit mois, it lui donne des leçons, lui qui est si

avare de son temps. Sous sa direction, elle chante le Slabat Mater et Sémiramide. Ta supériorité de sa diction dans le premier de ces morceaux Jüi rapporte le titre de maîtresse de chant au Conservatoire.

Anna habitait la même villa que Rossini. Un jour après avoir pris sa leçon, elle s’amusa à répéter les variations de Rhodes, en staccato. Se croyant seule, elle s’abandonnait au feu de son âme. Mais Rossini l'écoutait. A peine avait-elle fini qu'il s’écria :

—Bravo ! brarissimo !

Ensuite, s’approchant de Mile de Ta Grange et lui serrant les mains, il lui dit avec chaleur :

—Ma chère, vous n’avez plus besoin de le- Cons. C’est à vous d’en donner aux autres!

Auna craint qu’il ne plaisante. Elle rougit, demande pardon. |

— Non, non! réplique-t-il. Chantez ainsi ‘ sur la scène, comme si personne ne vous entendait. It si l’on siffle ; ma foi, vous direz que c’est un imbécile, Rossini qui vous a conseillé.

Mile de La Grange obéit, le soir même. On l’applaudit avec frénésie.

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Depuis lors, le maëstro cessa ses leçons à la jeune prima donna. Mais l’intérêt qu’il lui portait ne se ralentit pas. A son école elle apprit les rôles les plus difficiles du répertoire opératique. Pour sa voix il fit dés points d’orgues, arrangea des-airs, comme ceux qui émaillent le Barbier de Séville, Séruiramide, Othello.

Enfin il lui témoigna une tendresse égale à celle qu’il manifestait pour Mile Alboni. |

Mile de La Grange qui almait-Rossini d’une affection vraiment filiale, aurait voulu passer près de lui le reste de ses jours. Mais l’art commandait. Les larmes aux yeux, elle se sépara de son noble maître.

Elle vint à Rome. Dans la vile éternelle, elle joua comme prima donna d? gran cartelo.

Est-il nécéssaire de rappeler ses succès? On la nomma membre honoraire de PAcadémie de Ste. Cécile. La même année, elle signa un engagement pour le nouveau théâtre d’Ascoti.

Les directeurs de ce théâtre firent sculpter en marbre blanc sa statue et la placèrent sous le péristyle, où elle se trouve encore et demeurera aussi longtemps que la niche qui l’enchâsse.

C’est qu’en Italie l’ouverture d’un théâtre n’est pas chose légère comme partout ailleurs.

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On y procède sérieusement, Dans ce pays,linauguration d’un théâtre se fait toujours par artistes émérites, des célébrités du premier vrdre. Pour éterniser la mémoire de ces artistes, on inscrit, en lettres d ., leurs noms sur les murs de la salle. Et si parmi ces sommités il en est une dont les talents dépassent encore en hauteur ceux de toutes les autres, on lui élève un monument, une statue ainsi qu’il fut fait pour mademoiselle Anna de La Grange!

: Magnifique hymènée que celui de la j jeunesse avec le génie!

‘Oh! que ne donnerait-on pour être Raphaël

à dix-sept ans, Rossini à vingt, Malibran, ou ” Anna de La Grange au printemps parfumé de leur carrière, d’amour et de poésie !

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