PORTRAIT
Mme Anna de La Grarge, Comtesse de Stankowick.
Ma tèche, comme arecdotier est terminée.
Dans cette esquisse biographique j'aurais dû, peut-être, parler du cachet musical qui particularise Mme de la Grange. Si je me suis abstenu de le faire, qu’on n’aille pas croire que
c’est parce que les talents,-—j’aurais raison de dire le génie; —de mon héroïne manquent d’originalité. Tant s’en faut. Mme de La Grange possède des qualités primesautièress Comme cantatrice, j’ose affirmer qu’elle a la puissance d’intonation d’Alboni, et la facilité de vocalisation de Jenny Lind ; comme musicienne jela comparerai à Malibran elle-même ; et, ‘comme prima dona, elle est, pour moi, la résurrection de madame Pasta, la Norma ravissante, PAnna Bolèna inimitable, la Lucrézia Borgla sans rivale ! mais je ne m'évertuerai pas à fouiller dans l’écrin de cette millionuaire de
ës à .]
mélodie, afin d’en tirer tous les brillants. C’est son devoir à elle, et elle s’en acquitte avec trop de grâce enchanteresse pour que l’on consente à les accepter d’une autre part que de la sienne. D'ailleurs, le beau se conçoit, il ne se décrit point. Je regarde Mme de La Grange comme J’incarhation de l’idée opératique ; et ne saurais exprimer plus fidèlement mon opinion à son endroit.
Quand on étudie la physionomie de Mme de La Grange, on se dit : Cette femme est née pour faire de grandes choses. Elle a trente-et-un ans, par conséquent, elle porte sur son visage tout ce qu’elle est ou doit être. Ses traits n’ont pas la correction classique , ils ont mieux que cela: de la fermeté et de l’élégance dans les détails ; de la noblesse dans l’ensemble, N’eut-elle pas une taille élevée , un buste d’une opulence an-
- tique, une démarche fière, Mme de La Grange
commanuderait encore l’attention de l’observa-
teur par la fascination de son regard. Ce regard est doux et bienveillant, mais en même temps, sérieux et dominateur. Il vous prend au dépourvu, et va remuer les pensées au fond de votre âme. Cependast, il y a, dans les yeux de Mme de La Grange, comme un reflet de mé-
léncolié, où plutôt, de rôverie quién tempère l’éclat. Ab! ils vous parlent d’art, ces yeux-là. J'aimé à les voir briller sous leurs arcs de cils tracés au pinceau ; j'aime aussi la soyeuse et abondante chevelure brune qui couronné le front de là femme ; son nez légèrement aquilin me plaît: Il annonce l'esprit, la bonté, et, par sa courbe, la netteté des résolutions. Quant à la bouche de Mme de La Grange, elle cit autre chose. Fières et pincées, les deux lèvres de cette bouche n’indiquent-elles pas un faible pour l'ironie ?
Je crois, veuillez me pardonner, qu’elles ont
fait autant de blessures que les deux prunelles qui leur servent d’avant-courrières.
Je crois encore que Mme de la Grange ést aussi spirituelle que belle ; aussi piquante qu’affable.
Et je crois, enfin, qué sa voix, prodigüe
de miel pour le public, n’est pas avare de sel pour lés amis.
Faut-il juger des dainés sur ia-mine ?
Montréal, 11 août 1856,
*- 2 nes ”
: ee > ; : 5 à : st N GA F ? ? : = o no E :
/ S Di L - ; e ; 8 . L hs 3 5 2: : = Tr z # ; > : = et , - ‘ s # È 1 2 - = 2 3 ° : » ; ; PRE EME TT [4 d R s 5 : È «ÈA Cd v é - : LE E “2 PERRET, DE rer 7 Se 2. te g ' # 2% É à REP éd 7E r A | a re :
: : Li # - % < 4 :