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Nos Missioîinaires. — Asile ouvert au?:
étrangers. — Manufactures et Colonisation.— La barbarie détruite dans V Ouest.
Il est admis que nos progrès ont été extraordinaires dans l'Ouest, et à qui les devons-nous ? en grande partie, du moins, sinon à nos missionnaires. Pourquoi le farouche indien nous est-il si soumis ? pourquoi ne lève-t-il jamais pljis sa hache de guerre contre nous ?
Quelle est donc la bienfaisante influence qui s'est répandue autour de lui ? Pénétrez au fond des
déserts de TOuest, au pied des Cordillières à la tête des grands kcs, à remboncliure des fleuves les plus lointains, sur les rives les plus inhospitalières et vous y trouverez nos missionnaires catholiques. Oui, ce fiont aux Provencher, aux Laflèchi. aux Taché, aux Blanchet, aux KlAt, aux Fareaud, aux Grandin, aux EE. PP. Lacombe, Thibault, Eronillet, et à leurs héroïques compagnons,que nous devons l'état de paix qui règne dans les immenses régions sauvages, qui s'étendent de la Èaie d'Hudson à l'océan Arctique, des frontières des Etats-Unis au fleuve McKenzie.
Non seulement nos apôtres catholiques ont tracé les voies à la civilisation, à travers les sentiers les plus reculés, sous les latitudes les plus rigoureuses, au milieu des nations les plus cruelles, mais ils y furent suivis par des armées de femmes admirables qui voulurent aussi aller y consommer leur vie, offrir le plus pur des holocaustes en
faveur de p?»nYres âmes,enviroiiiiées de ténèbres. Oui, honneur et gloire à nos sœurs de charité, qui sont allées répandre des consolations sur ceux qui n'en connaissaient i^as même le nom, qui sont allées sécher des larmes, penser des cicatrices, nourrir des affamés, vêtir la nudité, éclairer les âmes. Yoilà à quels apôtres le Nord-Ouest doit aujourd'hui sa paix, sa prospérité e: ses espérances d'avenir.
Faits que tous reconnaissent; car, l'esprit de justice commence à s'inhltrer dans toutes les intelligences ; Il y a ici espace pour toutes les libertés : il n'y a plus de place pour l'intolérance. L'étranger qui ignore ces faits regarde, avec étonnement, le développement de notre grand Ouest : il est surpris des progrès qui s'y sont accomplis, dans le court espace de dix années ! Lors de son acquisition, nous connaissions à peine, que par les récits des voyageurs et la légende, ces immenses contrées, à travers des-
quelles coulent la Itivière-Rouge, la Pembina, rAssiniboine et les Sackatchewan. A peine voyions nous alors la possibilité de constiuire un chemin de fer, devant relier les deux grands océans qui bornent, des deux côtés, le continent Nord Américain. — Ce qui n'était cjiie rêve il y a dix ans est devenu réalité aujourd'hui ! Déjà, l'écho de la locomotive, après avoir retenti sur les grandes plaines, à l'ouest de Winnipeg, va se repercuter sur les pieds de roc des montagnes rocheuses ! Bientôt, escaladant les abîmes, la voie ferrée descendra le versant occidental de ces montagnes pour aller se souder à celle de la Colombie Britannique !
donnant ainsi, à notre commerce, des ports sûrs et faciles pour nos communications avec les Indes, la Chine et le Japon.
Quelques soient les combats politiques qui aient été livrés, quelques soient les gouvernements qui se sont succédés, quelques soient les
partis qui aient gouverné, quelle qu'ait été l'intensité des crises commerciales qui sont venues fondre sur nous, toujours le Canada a marché de l'avant, a étendu ses raminifications commerciales dans les autres pays, a continué son ascention, parfois liérisée de difficultés insurmontables, vers les hauteurs de ses destinées.
Avec nos idées larges et généreuses, nous avons banni du milieu de nous ces craintes d'envahissement de la part des nations étrangères, et nous avons ouvert un asile à tous les infortunés et à tous les malheureux du vieux monde.
Le mélange des races est un grand avantage pour un jeune pays.
L'émigrant, en général, qui laisse sa patrie pour améliorer son sort et assurer une existence plus heureuse à sa famille, est ce qu'il y a de mieux en son pays, puisqu'il sait sortir de sa sphère pour monter plus haut, pour conquérir une plus grande somme de biens. Ainsi,
d'ordinaire, les étrangers qui nous arrivent, nous font-ils honneur et nous apportent-ils des coQnaissance.s nouvelles, des idées pratiques, des ressources précieuses pour une jeune nation, comme la nôtre.
Quand l'Angleterre elle-même appesantit, depuis sept siècles, sa main de fer sur cet infortuné peuple Irlandais, qu'elle détruit sans pitié, ^ ar le fer, la faim et le feu, nous lui accordons la plus large comme la plus généreuse hospitalité ; bien plus, nous le nourissons à notre foyer, nous le traitons comme un frère. Des sommets de ses montagnes l'écossais nous arrive ; nous allons au-devant de lui ; car nous reconnaissons, à sa ténacité persévérante, à son énergie indomptable, à ses connaissances pratiques l'un de nos maîtres en agriculture, Tart le plus utile dont le ciel ait fait présent à Thomme.
L'anglais s'embarque sur ses nombreux vaisseaux qui font, de cet insulaire, le plus actif commerçant
du monde. Il jette Tancre dans n'importe quel port de la Puissance ; son drapeau marchand est salué comme celui d'un véritable ami. Il vient nous enseigner l'échange ; il vient encourager nos industries ; il vient jeter ici ses nombreux capitaux. Partout il se fera comprendre ; les canadiens, au besoin, parleraient toutes les langues, x)Our faciliter leurs relations avec toutes les nations.
Nous n'avons pas non plus négligé les sphères plus relevées de la science. Nos écoles, nos académies, nos lycées, nos cou vents, nos collèges .sont à la hauteur de ceux de n'importe quel pays. Et à la dernière grande exposition de Philadelphie, notre système d'éducation ne recevait-il pas la palme sur ses compétiteur ? Les disciples du Vénérable de la Salle, seuls, enseignent gratuitement à pas moins de 8000 élèves ; et leur manière est partout préconisée comme la plus avantageuse, la meilleure et la moins coûteuse.
Le Canada possède des artistes, des
savants, des musiciens, des spécialistes dans toutes les branches des ^connaissances humnint^s. S"îs littérateurs, ses poètes, îses uiateurs, ses tribuns, ses légistes, ses politiques, ses journalistes, ses historiens ne le cèdent à ceux d'aucun autre pa^^s.
La terre produisant plus que les besoins nécessaires à la consommation de ses hibitants, il devint urgent de conv'e^tir ses produits agricoles en objets nxauufacturés. — De là la création de nos manufactures. La matière première abonde : les mines de charbon de la Nouvelle-Ecosse vt du Cap Breton sont inépuisables, l'or et le fer se trouvent aussi en maints endroits, ainsi que les phosphates.
Le Nouveau-Bruns wick, Québec, Ontario et la Colombie fournissent le gros bois de charpente ; nous sommes partant en mesure de nous suffire à nous-mêmes pour nombre, d'objets, que nous importions auparavant de l'Etranger.
En moins de cinq ans, vingt manufactures de coton se sont
élevées, dans nos grands centres de population ! — et y font vivre un nombre considérable d'ouvriers.
D'immenses travaux publics s'exécutent de toutes parts ; la navigation s'améliore, la colonisation, grâce, à l'énergie du Eév. Père Labelle, curé de St. Jérôme surtout, s'avance dans les forêts les plus profondes du Nord. Le Lac St. Jean, dans la Province de Québec, ainsi que la vallée de l'Ottava, se peuplent de nombreux habitants ; Partout l'on remarque une grande activité et une généreuse émulation.
Jetez un regard sur ce qu'était la ville de Winnipeg, il y a quinze ans, et comparez la avec la nouvelle cité. Ses sauvages habitants ont pris la route du disert ; la fatalité semble les attirer vers le soleil couchant. Leurs carquois sont brisés, leurs ilèches émoussées, leurs wigwams sont en poussière.
Les rives de la Eivière Rouge ne résonnent plus de leurs chants de mort ; leurs dances guerrières n'offraient plus les visages pâles.
La civilisation a chassé la race rouge, comme l'ouragan poursuit le nuage.
Le lîison a suivi les traces efïa-.
cées de ses anciens maîtres. La dernière tente sauvage, qui s'est dressée dans les solitudes du Manitoba, a vu les derniers vestiges des pas du bufile, fuyant vers l'ouest ! L'on dirait que sa destinée pst liée à celle du farouche chasseur qui l'a si longtemps et si impitoyablement poursuivi. De magnifiques demeures ont remplacé la hutte antique ; la charrue déchire le sein d'une terre que l'antilope seule avait auparavant parcourue.
La vapeur a tout modifié, tout transformé, tout amélioré. La prairie perd ses fleurs naturelles mais se couvre de moissons luxuriantes. Un nouvel Eden semble transporter en Amérique ! Une trompette retentissante s'est fait entendre ! et à sa voix, le peuple canadien a marché vers ses destinées qui sont la grandeur, la magnificence, l'ordre, la prospérité
et la paix. C'est qin' Dieu a besoin de ce peuple, puisque les vieilles nations de l'Europe lui manquent.
Aussi lui faut-il, à tout prix, répondre à cet appel du ciel.
Et avec un jeune barde canadien, M. J. B. Caouette, en terminant qu'il nous soit x)ermis de dire à ceux qui tiennent, entre leurs mains, les clefs d'or de nos destinées :
*■ 0 défenseurs de nos droits politi'ius?, •'■ Fiers rejetons d'un peuple valeureux. '* Vous qui dictez des lois patriotiques, •■ Soyez bénis ici-bas comme aux cieuil
" Votre travail reste «ans recompensa :
'' Le monde, hélas ! est com]iosc d'ingrrtt*...
'•■ Mais la patrie un bon jour récompense
'■• Les nobles cœurs qui lui prêtant leurs bras.
"•' Faites la guerre au sombre fanatisme — '• Ce ver hideux qui ronge tant de cœurs : " Luttez aussi contre le népotisme *■• Qui donne au kîche un titre et des honneurs î
'■' De ses deroirs instruisez la jeunesse " Que Dieu destine aux luttes à venir, " Afin qu'elle ait pour flambeau la sagesse. ♦' Etf>our seul rêve, un honnête arenir.
" De Tos aïeux pratiquer la, devise :
.. >f Vivre en héros et mourir en chrétieu. ''
" Unissez-roui, et que votre âme vi.'ïe
'• A rendre heureux le peuple Canadien.-. "
Décembre 188-3.