‹ Biographie de Sir Charles Tupper, C. C. M. G., C. BChapitre 6 sur 11 · XX :s I · texte numérisé non relu

XX :s I

1867 à I880. — Développement du Canada sous le nouveau régime. — La Constitution. — Bytown.

D. F. McCartIiy écrivait naguère dans la langue des dieux :

'• The Fast sldiies cloar and pleusant,

'• Therc is .a*lorv in tlie Présent.

'' And the Future, like a crescent,

'• Liglits the deepeniug sky of time ;

*' Aud tliat sky wilî yet ,u'row brighter

" if the Worl:er and the Writer,

'' And the Sperfre and the Mitre.

'• Join in sacred bonds ^^uhlime !

'• Witli two glories shining o'er tlioni

" TTp tlie eoming years /hey'll clinib

" Karth's g-i;c'at cvcnijiii; at it8 ]>rime. '

Savoir : que le passé se montrait agréable, le présent glorieux et Vave?iir brillant ; et que le ciel s'illuminerait encore davantage, si l'union de toutes les classes se consolidait. Oui, il nous faut rharmonie, l'entente, la bonne volonté. La Confédération a modifié la situation politique des habitants

des anciennes provinces. Trop jeune encore pour être appréciée par l'histoire, la nouvelle constitution ne pourra être jugée que dans l'avenir. Cependant, tous l'avouent, le Canada a fait d'immenses progrès depuis une quinzaine d'années. Nos sommes réellement sortis de l'état d'enfance. Les grandes luttes constitutionnelles étant finies lorsque la Confédération fut établie, le peuple, satisfait, se mit sérieusement à l'œuvre ; la nouvelle constitution ouvrait un horizon immense à ses industries, à son activité, à son commerce.

Les uns ont vu dans l'acte de la Confédération le salut des Canadiens : les autres, moins enthousiastes, l'ont accepté comme un acheminement vers l'indépendance : plusieurs ont cru y trouver une alliance plus durable avec l'Angleterre.

Mr B. A. T. De Montigny, auteur de V Histoire du Droit Canadien, aujourd'hui, Eecorder de la cité de

Montréal, liomme de talent, qui a embelli notre littérature canadienne de fort belles pages, et qui écrivit un " Catéchisme politique " très utile et renfermant les informations les plus précieuses, dit, en parlant de la 30-81 Vie , ch. 3, ou Acte de l'Amérique Britannique du Nord, 1867 :

" Par cet acte pouvaient se réunir l'île de Terreneuve, égale en étendue au royaume du Portugal, et qui commande l'embouchure du fleuve St-Laurent, dont le cours traverse notre continent dans une grande partie de sa largeur ; la Nouvelle-Ecosse aussi grande que la G-rèce ; le Nouveoai-Brunswick, égal en étendue au Danemark et la Suisse réunis ; le Bas- Canada, pays aussi considérable que la Franco ; le Haut-Canada, mesurant 20,000 milles carrés de plus que la Grrande- Bretagne et l'Irlande réunies ; les immenses territoires du Nord- Ouest dépassant en étendue l'empire de Russie, et la Colombie

Britannique aussi grande que l'Autriche.

" Le monde a été témoin d'un des plus beaux spectacles auxquels il ne lui a jamais été donné d'assister: Celui de voir différentes nations, d'extraction, de mœurs et de religion différentes, averties par leurs législateurs, que les rouages du gouvernement s'arrêtent, se soumettre volontairement au remède indiqué, sans qu'il en coûtât une seule goutte de sang à l'humanité.

Hommage à l'esprit public des provinces qui ont prouvé au monde qu'elles sont dignes de constituer une Puissance."

Pour en revenir à l'idée exprimée par McCarthy, nous nous demanderons : quel est le passé ■?

sinon cette espace écoulée depuis la création jusqu'à nos jours. Et le présent ? Cet instant fugitif qui n'existe jamais et qui semble exister toujours. Et le futur ? Cet espace incommensurable qui s'étend, de ce moment, aux cycles sans fin de l'éternité.

Pour nous, laissant de côté les ternies abstraits, nous appellerons le passé, le temps écoulé jusqu'à l'ayènement de la Confédération et le présent, l'époque commencée le 1er juillet 1867 ; le futur ou l'avenir cache encore, sous ses voiles mystérieux, ce que la Providence nous réserve de joies ou de chagrins, de succès ou de revers, d'espérances et de déceptions.

Le Canada a marché à pas de géant dans la voie du progrès ; ses entreprises, ses découvertes, ses succès commerciaux, le placent à la tête de la plupart des pays des deux mondes.

Le 29 mars 1867, la reine Victoria, appuyée sur une carte du Canada, mit le sceau de la royauté sur le petit bourg de By. L'origine de ce village avait été rien moins que noble ; elle rappelait une fraude inique exécutée, par un chevalier d'industrie, contre un ancien ingénieur canadien de Québec, M. Baillargé. N'importe, la faveur royale

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venait ennoblir Ottawa et l'élever au rang de capitale d'une Puissance qui semble avoir une grande et glorieuse destinée, si ses habitants sont fidèles à leurs voies, à leur but, à l'appel de la Providence.

Car, le ciel a beaucoup plus à faire dans les afîaires politiques de ce monde, dans la prospérité ou dans la décadence des empires, dans l'élévation ou l'abaissement d'une nation, que l'on semble parfois le croire. Tout pouvoir vient d'en Haut, et aux nations fidèles sont dues la paix, la gloire, la prospérité et le bonheur. Voilà ce que les canadiens ne devraient jamais oublier. La prévarication individuelle se pardonne autant de fois, qu'il y a repentir ; la faute d'un peuple ne s'eff'ace jamais ! Pourquoi ? Sinon, parceque l'individu pourra être puni dans l'éternité.

tandis que la nation ne saurait l'être, comme telle, que dans le temps. Hypothèse qui explique nombre de catastrophes nationales

pour celui qui étudie les causes et leurs effets, la justice divine et ses châtiments.

En 1867, les ressources cachées de notre pays étaient, sans doute, aussi considérables qu'elles le sont aujourd'hui, mais elles étaient alors fort peu développées. Au moment où le drapeau de la Confédération flotta sur la tour Centrale de la Tielle ''Barrack'HilI,'' nous le vîmes ondulant au-dessus de terres immenses, prodigieusement riches, en forêts, en mines, en produits de toutes sortes, arrosées par de nombreuses rivières, embellies par nombre de sites les plus grandioses et les plus pittoresques, par des lacs les plus magnifiqui\s, baignées à l'Est par les ondes de l'Atlantique et se mirant à l'Ouest dans les eaux du Pacifique.

Depuis lors quels progrès cette Puissance n'a-t-elle pas faits ! L'énumération en serait trop longue ; il faut nécessairement se borner à un énoncé «général ; des volumes

Buffiraient, à peine, pour contenir les statistiques relatives à ces vastes étendues de terres développées ; aux richesses minérales découvert(;*s ; aux zones forestières défricliées ; à' cette immense chaine de voies feïrées reliant les deux Océans, sur un parcours de plus de 4000 milles, à travers ce pays ; aux institutions d'éducation établies et'développées ; aux lois amendées, re visées et codifiées ; à nos canaux ouverts, améliorés et agrandis ; à notre commerce établi avec la plupart des nations, etc. Yoilà les grands changements qui démontrent, avec quelle rapidité, nous marchons, depuis 186Y. Voilà ce que peut ftiire l'union d'un peuple, qui dévoue tontes /^es énergies et qui concentre toutes ses forces vitales vers un but commun.

Notre constitution, calquée sur celle d'Angleterre, est Tune des plus belles et des plus favorables de l'univers. L'Angleterre l'avait prise, toute entière, dans un couvent de

Moines catholiques. C'est T autorité dans toute sa majesté, mais tempérée par l'élection populaire.

Le Souverain, ou plutôt le Gouverneur, règne mais ne gouverne pas ; le peuple a le contrôle exclusif de ses affaires ; les ministres lui sont responsables de leur conduite, de leurs actes, de leur administration.

C'est le vrai gouvernement démocratique, à l'abri des écarts, à cause du frin supérieur qui arrête, à un moment donné, les exubérances ou les passions désordonnées des masses, surexcitées par la démagogie et entraînées vers la peiite des révolutions.

Dans ce système admirable tout est parfaitement agencé, de manière à ce qu'aucun droit ne soit lésé, à ce qu'aucune injustice ne soit perpétrée.

Au-dessus des Communes est le Sénat ; là, les échos des passions populaires n'arrivent point ; les Sénateurs étant nommés, par le Gouverneur en Conseil, ne doivent

c^ue la justice aux x^euples ; ils ne iont pas soumis aux caprices de i'élection. Notre constitution asaire à chacune des provinces con- Mérées leur gouvernement particulier, dont le pouvoir législatif s'étend à tout ce qui touche aux matières d'un intérêt purement locil : les lois qui intéressent toute la Puissance sont du ressort du gourernement fédéral. Ainsi, les pouvoirs des divers gouvernements étant parfaitement délimités, leurs attributions respectives exactement compîises, il ne saurait exister de dangereux froissements, qui puissent mettre en danger l'existence d'aucun de ces gouvernements.

Voilà l'une des raisons qui explif[uent la cause de nos progrès. Le peuple est content ; sa sécurité est parfaite ; son existence, sa liberté, ses biens lui sont assurés : Il jouit de la plus grande liberté de tester.

Aucune entrave n' est mise à sa foi ou à la pratique de sa religion ; le fanatisme, se trouve parfois ici.

comme ailleurs, mais encore a-t-iî

honte de lui-même, et est-il obligé

de prêcher les idées de tolérance

et de liberté, extérieurement d.i

moins.

Voici la situation du Canada,

tels que les mœurs, les habitudes.

les croyances, l'industrie et l'esmt

d'entreprises de ses habitants lont

fait.

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