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“ confédération d’un côté, et la “ représentation basée sur la popu- “lation de l’autre. ” Il n’y avait donc résistance réelle nulle part.
Les délégués élaborèrent le projet de constitution qui nous régit actuellement, depuis le premier juillet 1867. L'on sait quels débats magnifiques précédèrent son adoption au sein du parlement canadien.
Ces événements sont du domaine de l’histoire contemporaine ; la génération actuelle s’en souvient encore. L'œuvre de la Confédération est encore trop récente pour être appréciée avec toute l'impartialité historiquequ'elle exige. Le temps est un grand maître ; il corrige, émonde, ajoute ou retranche. Cette grande mesure nous achemine vers une autre, que nos descendants appelleront ‘“ indéjen dance. ” Il faut ‘se résigner à admettre les conclusions des principes que l’on a posés. Dans ce siècle d’agitation et de bouleversements sociaux, qui peut répondre
du lendemain ? Le vieux monde, placé sur un volcan, peut sauter d’une heure à Fautre ! La dynamite attire la mêche fumante ! Voilà la dernière raison de la violence brutale contre l’inefficacité du droit qui se suicide, Malheur aux peuples à cause de leurs crimes !
En réponse au toast, porté le 15 octobre, par le président, au banquet offert par la chambre de commercé de Québec à leurs hôtes, les délégués des Provinces maritimes,” le chef de cette délégation, le Dr Tupper, fit une longue et intéressante réponse. Remerciant le Canada d’avoir offert une réception si cc:diale et si enthousiaste aux délérués des provinces sœurs, et d’avoir rendu leur voyage s1 asréable, l’orateur s’excusa de l'incapacité dans laquelle il se trouvait, de pouvoir rendre justice, devant un auditoire aussi distingué, à la question la plus importante qui füt encore soumise à ce pays depuis le jour où, sur ces mêmes Plaines
d'Abraham, d’immortels combats décidaïent des destinés de l’Amérique Britannique. Le sujet était grandiose mais il avait déjà été si savamment exposé par les hommes les plus distingués du pays, qu'il devenait bien difficile de rien dire de neuf ni d'intéressant. Il s’agit de modifier radicalement notre système de gouvernement. L’importance de Ia question est telle qu'il devient nécessaire que tous prennent part à une telle mesure, encore peu connue dans les Provinces Maritimes. Ces provinces apporteront cependant leur contingent de forces, de prospérités et de ressources particulières.
“ Il est vrai, disait l'honorable “ Dr Tupper, que vous avez un ‘“ pays magnifique embrassant un ‘ immense territoire, riche en res- ‘“ sources inépuisables avec une “ population de 3,000,000, mais “ comme l'observait le savant M.
“ Cartier, quelque grand que soit
“votre pays, quellesque larges que
bats ‘“ soient vos ressources, quelque mé- “ nombreuse que soit votre poputait | “ tion, les Provinces Maritimes ont, é si ‘“ comme vous, quelque chose d’esmes “ sentiel à la formation d’une qu'il ‘ grande nation. Nous apportedire “ rions à la confédération un terri- ’agit “ toire de 50,000 à 60,000 milles otre ‘ carrés et une population de 800,jim- ‘ 000 âmes, qui devra attirer l’attelle “ tention des manufacturiers du tous “ Canada. Nous vous apporterons sure, “un revenu additionnel de $8.- Pro- 000,000 et un commerce annuel inces “ d'exportation et d'importation de ntin- 885,000,000. La voie de votre et de “ St-Laurent est magnifique, mais “ fermée, durant les cinq loñgs
rable “ mois d'hiver, vous êtes dans in Z un ‘“ nécessité de passer sur un territ un “ toire étranger pour atteindre des res- “ ports de mer, que Halifax et Stune “ Jean, au moyen de l'Intercolomais “ nial qui devra être construit, vous t M. “ donneront en toutes saisons. Je soit “ vous demanderai de contempler
sque Æ ‘ les richesses inépuisables de l'o-
“ céan qui environne les Provinces “ Maritimes, nos pêcheries si riches “et si variées. De plus, nos res- “sources minérales ne sauraient “ être-excellées par aucune autre “de ce côté-ci de l'Atlantique.
“ Vous y trouverez les plus abon- “dants lits de charbon ét nos “mines de fer égalent les ‘plus “belles de la Suède. Nos gise- . ments d’or sont déjà très-rému- “ nératifs bien aœu’ils ‘soient encore “ peu‘travaiilés. La confédération, “en nous reliant tous er ‘mble, “ouvrira une ère de p..rès à “votre commerce. Nos tarifs séront ‘“ uniformisés. Mais ce qu'il y aura “ de miéux encore c'est que nous ‘aurons plus de liberté et plus de “ sûreté. ”
Puis après avoir démontré quel coup fatal porterait à l'Angleterre la perte de ces colonies d'Amérique, et quel sentiment existait à ce sujet dans la mère-patrie, l’orateur fit voir que l'union pouvait seule nous sauver contre les dangers d’un
coup de main ou d’une invasion étrangère, et que nous devions agir sous ce rapport, en coopération effective avec le gouvernement Anglais. Car nous y étions encore plus intéressés. L’Hon. Secrétaire- Provincial de la Nouvelle-Ecosse exprima sa satisfaction, en terminant, de voir réunis, en cette mémorable circonstance, les chefs de tous les partis qui se disputaient le pouvoir dans les diverses sections du pays et termina so habile discours, en réitérant l'espoir que le peuple se joindrait, d’un commun accord, pour jeter les bases de la grande œuvre que la délégation avait en vue. MM. Tilley, Gray, Taché et'Gralt s’exprimèrent aussi dans le mème sens. L'on pardonnera ici l'analyse et les longues citations de ce discours. Car il fut comme le cannevas et le thème de toutes les luttes et de toutes les discutions- qui s’en suivirent dans les Provinces maritimes durant les trois années suivantes, précédant
immédiatement la passation de l’Acte de l'Amérique britannique
du Nsra.
1905-1866. Xetour de la législature à l’ancien projet d'union entre les Provinces Maritimes.
Le Dr Tupper, devenu premier ministre de sa province depuis que Johnston avait été promu à la charge de juge de la Cour Suprême et d'Equité, en 1864, ne resta pas inactif. De retour à ia Nouvelle Ecosse, il y commença une puis-
sante agitation en faveur de |
Confédération. L'Assemblée législative, réunie en session dès le 9 février 1865, était saisie de la question, dans le discours du trône même. Une grände assemblée publique avait eu lieu à Halifax, après le retour des délégués de Québec ; MM. Tupper, McCully et Archibald y avaient exposé leurs vues sur la confédération. MM.
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W. Stairs, À. G. Jones, W. Annand, W. Miller, P. Power y tinrent aussi une Ccontre-assemblée. De part et d'autre, le combat allait devenir très-vif. Lord Monck s'était hâté de communiquer à l'office colonial lies résolutions de la conférence de Québec. M. Carädwell répondit que l'Angleterre y était favorable. En février 1865, le parlement canadien votait la confédé ration à une majorité de cinquantehuit voix—91 contre 33—après la plus célèbre lutte oratoire dont nos légisiateurs avaient jamais encore été témoins. Mais le Nouveau- Brunswick, venant de passer par une élection, avait envoyé en parlement une majorité adverse au projet ; force fut donc à la Nouvelle-Ecosse de modifier encore ses vues et d'en reyenir à l’antien projet d’une union entre les provinceés maritimes seulement. En conséquence, le 10 avril, l'Hon.
Sec. Provincial proposait une motion à cet effet. Il l’appuya
d’un de ses plus solides discours.
Passant en revue toutes les phases qu'avait subies l’idée de cette union et celle plus large de la confédéra.
tion de toutes les provinces, le Dr Tupper démontra, avec une grande vigueur de logique, l'avantage d'une telle mesure ; il exposa clairement les principes qui devaient en être la base, les avantages que le peuple en retirerait, le fonctionnement de ses rouages, les dangers de la position actuelle, à cause des circonstances particulières où se trouvaient placés les Etats-Unis.
Mais vû le changement opéré dans le Nouveau-Brunswick, il fallait se borner simplement à l’union des trois Provinces Maritimes.
Ce discours, marqué au coin de la: science, du patriotisme et de l'éloquence, est l’ün des plus habiles que son auteur ait jamais prononcés.' Ce sera toujours l’une des plus belles pages de l’histoire parlementaire de la Nouvelle-Ecosse.
C’est un monument digne de figu-
rer dans les annales de la confédé-