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Aussi, ttait-il ation à
L'infatigable adversaire de l’ho-
| norable Premier, ne s'étant pas
contenté d'opposer le projet de la Confédération devant le parlement et dans les orandes assemblées populaires de la Nouvelle-Ecosse, où sa parole vive, son débit chaleureux, sa manière heureuse laissaient toujours les plus vivaces impressions, il avait fait pénétrer ses vues au-delà de l'Océan. Combattant à outrance le projet d'union, il avait réussi à jeter des doutes sur l'opportunité de la mesure dans un bon nombre d’esprits. De grands journaux favorisant l'agitateur, celui-ci gagnait du terrain. Sa bro-
| chure contre le projet de confédé-
ration lui assurait de nombreux suffrages. Mais il avait compté sans lactiv ité et les ressources de son ancien concurrent. En effet, malgré les travaux du gouvernement, le Dr Tupper se hâta de passer en Angleterre, où il est obligé de se livrer à un travail ardu pour y refaire l'opinion publique, entrai-
née en partie par M. Howe, et surtout pour convaincre les autorités de l’avantage de la grande mesure en perspective. Sir John Mac.
donald, Sir George Cartier, .1M. |
Brown et Galt s'y étaient aussi rendus en 1865, pour y jeter les bases de la nouvelle Confédération et s'occuper du chemin de fer Jztercolonial, de la cession du Territoire du Nord-Ouest et de la défense du pays, etc.
Peu après leur retour, le 20 juillet, la mort enlevait au Canada en
ia personne de Sir Pascal E. Taché, |
l’un de ses plus honnêtes noliti.
ques. Le juge Morin le suivait de près, Sir Louis H. LaFontaine les avait précédés d’une annnée dans la tombe.
Sir Narcisse Belleau remplaca Sir Pascal E. Taché comme pre:
mier-ministre, M. Brown ne voulant pas servir sous ses collègues, Sir John et Sir George. Ce fut sous le règne de Sir Narcisse que les chambres s’assemblaient, le 8
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août, pour ia deuxième fois, en 1865, afin de recevoir le rapport des délégués et voter les subsides.
Le voyage de ces hommes d'Etat en Angleterre et les men’ces d’invasion du Canada par les Féniens, qui s'étant concentrés au nombre de quinze cents, sous le commendement du colonel O’Neil, sur les frontières de New-York, venaient de tenter une descente sur le Haut- Canada, avaient dessillé les yeux du Colontial office ! les circonstances favorisèrent le Dr Tupper. Celui-ci
juge vite d’une situation : Il em-
brasse tout d’un coup d'œil. Le meilleur moyen de ruiner M. Howe dans l’esprit calme et réfléchi des Anglais, était de le mettre en contradiction avec lui-même ; de démontrer sa versatilité et ses inconséquences. C’est ce qu’entreprit l'honorable délégué de la N. E.
Dans ce but, en octobre 1866, il:
écrivit sa fameuse lettre au Comte de Carnarvon. C’est un des plus sérieux plaidoyers en faveur de la
mesure qu'il se soit encore fait.
L'argumentation en est serrée, le style sobre et clair, fa pensée visoureuse. M. Howe y est totale.
ment démoli, sans pitié, comme sans haine. Cet écrit célèbre place son auteur dans une nouvelle lumière ; il s'y revèle écrivain solide, polémiste habile et historien instruit. Cette lettre est non seulement un résumé historique du projet de Confédération, mais elle en décrit toùs les avantages.
Elle eut un grand retentissement en Angleterre ; es journaux |:
commentèrent très favorablement ; son auteur acquit dès lors un nouveau degré de confiance qui lui aida à conduire à bonne fin la grande entreprise à laquelle, avec tant d’ardeur, il travaillait depuis si longtemps, de concert avec les hommes d'Etat Canadiens. Le Dr Tupper finissait son écrasante réplique à M. Howe, en exprimant l'espoir :
“ Que. cette peints réclamée
ait. A “ par les meilleurs intérêts des pro- >, le “ vinces et de la mère-patrie serait Vi- “ sanctionnée par les ministres de ale- “ Sa Majesté et ratifiée par le Parle- 1me “ment Impérial, et qu'une Amélace “rique Britannique puisse, sous elle Æ «l'égide de la Grande-Bretagne, rain “ s’avancer rapidement, à cause de ISto- À ‘: ses grandes ressources et de l’énernon “ gie indomptable de ses habitants, que “vers la position quelle a droit nals “ d'occuper parmi les nations de la ges. “terre.” nent M. Howe, dans le but de parvela nir à fanatiser les lecteurs de sa ent ; brochure contre la Confédération, nou- jetait à la face des Canadiens les L Jui plus lâches injures, en les repréà la sentant comme arriérés, divisés, avec déloyaux, factieux et insoumis aux puis lois ! L'auteur de ls lettre au comte les de Carnarvon fait bonne justice de e Dr ces mensongères accusations : les ré D Canadiens y sont habilement défenant dus. ‘‘ Que certains partis au
; # Canada, dit le Dr Tupper, aient mec “combattu jusqu'au bout pour y
‘ obtenir des privilèges qui leur :“ furent franchement concédé: de- ‘ puis, cela est admis. Mais l’accu- ‘“ sation de déloyauté est repoussée ‘par toute l’histoire canadienne.
‘ (française.) Dès 1776, quand les ‘ Etats révoités de la Nouvelle “ Angeterre envoyaient Franklin, “ Chase et Carroll pour détourner ‘# les Canadiens de leur ailégeance, “ l'histoire affirme l'attachement “ des Canadiens à la Couronne “ anglaise. Ces efforts diplomati- ‘ques sont suivis d’armées hos- ‘‘ tiles conduites par les Généraux à “les plus habiles, Arnauld et Æ ::
* Montgomery. Les Canadiens,aidés “ y “ de quelques soldats Anglais seu- “à ‘‘lemeut, les mettent en déroute, à «}.
“ ieur font lever le siège de Québec « À “ et reprennent Montréal ! En 1812, ] ‘1818 et 1814, ce fut encore l’in- ( “ domptable énergie des Canadiens
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qui sauva l'empire en Amérique. déi ‘ tandis que l’Angleterre était rete- À “ nue en Europe par de nombreu- de
“ ses guerres, comme Sa Grâce le
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“ Duc de Wellinston l’a si honora- “ blement proclar: 5.
“ Un coup d’«:i sur ce qu'ont “ fait les Canadiens, mettra Votre Excellence à même de mieux “ apprécier ie mépris de M Howe “ à leur adresse. Îls ont accompli “ de grandes réformes parlernen- “taires, ont doté leur pays d’un “système très parfait d'institu- “tions municipales : Leur éduca- “tion est très avancée ; les réserves “du Clergé ont été réglées et la “tenure Seigneuriale abolie, tandis “ que par la “cdification de leurs ‘lois 1ls ont at int un dégré de “ perfectionnement dont tout pays “aurait droit d'être fier. Leur population s’est élevée de 1,842,265 en 1841 à 2,506,056 en 1861 ” !
L'espace oblige de s'arrêter ici.
C'est d'autant plus regrettable qu'il est plus rare de trouver des défenseurs aussi compétents pour repousser les attaques sans cesse drigées contre noms, en Europe surtoui. Le Dr Tupper a acquis,
par cette judicieuse et savante défense,un nouveau titre au respect et à la reconnaissance des Canadiens.
Les succès du Dr Tupper avaient été complets en Angleterre. Forcé de revenir dans son pays pour conduire les travaux de la session de 1867, l'hon. Premier ne perdit pas un seul instant. Dès l'ouverture des Chambres, le projet de la Confédération y était de nouveau discuté. Le débat fut très long, souvent éloquent, parfois acerbe, mais toujours habile. Le chef du Cabinet, en preposant cette mesure, developpa ses vues d’une manière très lucide et refuta victorieusement toutes les objections à ce projet. I] concluait son beau discours par une péroraison entrainante et quasi prophétique.
‘ Je demande, disait-1l, aux Mes- “ sieurs de l'opposition de peser “ soigneusement les opinions expri- ‘“ mées par les hommes d'Etat amé- ‘ ricains et ce que ceux-ci ont dit à
vante
: “ propes du projet de notre Confé-
spect Æ “ dération ; et qu'ils se demandent Jana- R “s'ils sont justifiables de suivre : à ‘une politique antagoniste à l’étaalent “ blissement d’institutions,qui,non Forcé À « seulement, devront nous rendre Con- À ‘prospères, mais qui nous placeon de À “ront dans une position propre à | pas “exciter l'envie de l’une des plus rture “ œrandes nations du monde.” Con- Grâce à l’adhésion de M. Wm dis: À Miller, homme habile et alors l’un SOU- D des chefs du parti catholique de la mas Nouvelle-Ecosse, le projet d'Union net, fut voté par une grande majorité, deve- À dans la Chambre. La lutte ainsi > très finie dans le Parlement de la Proment vince, allait se transporter sur un et. Il À nouveau terrain et obliger le Dr rune D Tupper à continuer ses grandes et 1 Pro” victoricusés batailles sur un plus
vaste th"âtre. Avant de se séparer, Mes- la législa'ure de la N. E. vota sa peser constitution actuelle.
Xpriamédit à
Historique de la Confédération.
Ce projet, qui fut définitivement mis à exécution le ler juillet 1867, n'était pas nouveau. Placées comme les. Colonies Anglaises de l’Amé.
rique du Nord le sont, à côté d’une puissante République, il était bien naturel pour elles de chercher le moyen deréunir toutes leurs forces pour le moment du danger. Une circonstance imprévue pouvait entraîner les américains à mettre leur doctrine Monroë à exécution. Alors rien n'eut été plus, facile qu'un coup de main sur les provinces divisées et n'ayant, pendant l'hiver surtout, que des moyens decommunication très difficiles entre elles.
Du reste,en Amérique, où l’on aime tant la liberté, l'état des colonies
devenait intolérable. Le négoce y
était restreint par toutes sortes d’entraves, mises par l'Angleterre, dont l'intérêt était de nous laisser dans sa dépendance manufacturière et
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ment 1867, mme Amé.
d’une bien er le forces Une it ene leur A lors qu'un inces hiver muelles.
aime onies pce y d’endont dans e et
commerciale, et par les tarifs difié-
rentiels établis par les provinces :
elles-mêmes, à chacune de leurs frontières respectives. C'était une cause d’embarras et de faiblesse.
Pour obvier à tous ces inconvénients, compris par les hommes d'Etat, l’on avait songé, depuis longtemps, à un changement de constitution. Dès 1688, François Nicholson, alors gouverneur de la Nouvelle-Angleterre,avocassaitune confédération de toutes les provinces de l'Amérique Britannique du Nord, en vue d’une défense commune.
Le juge en chef Sewell, en 1814, adressait au Duc de Kent une lettre, dans laquelle il proposait une union fédérale de nos provinces. En 1839, Lord Durham, dans son fameux rapport où il dit que les ‘* Canadiens doivent étre submergés,” reprenait, en sous ordre, l’idée du juge Sewell, avec certaines modifications. Une uxion législative lui aurait d'autant plus souri
qu’elle mettait les Canadiens dans un plus grand danger. Comme si ce que Dieu garde n'était pas bien gardé ! Déjà, en 1849, à Toronto, la Ligue britannique américaine avait aussi discuté cette mesure. Dans le législature de la Nouvelle-Ecosse même, en 1854, M. Johnston avait proposé un projet . d'Union des Provinces Maritimes, en l’appuyant d’un discours éloquent, bien nourri et propre à préparer l'opinion publique à ce grand changement. Les hommes d'Etat Canadiens n'étaient pas encore favorables à ce projet, et ils ne se rangèrent à l’idée de la Confédération que quand ils furent convaincus de l'impossibilité de sortir de l'impasse où le dead-lock de 1862-63 et 64 avait jeté les Canadas-Unis. Des écrivains sérieux aVoient bien aussi jeté, ça et là, quelques idées d’un changement devenu nécessaire, dans la forme de notre gouvernement. L'Union de 1841 avait fait son temps. Les
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ultra loyaux craignaient cependant un changement qui aurait pu desserrer davantage les liens qui nous retenaient à la mère-patrie et nous conduire vers l'indépendance ! Vers 1855 ou 1856, M. P. $S. Hamilton, commissaire des mines à la Nouvelle-Ecosse, avait écrit deux brochures remarquables en faveur de l'Union, et en 1860 il avait adressé, sur ce sujet, une lettre importante à Sa Grâce le Duc de Newcastle.
En 1857, le gouvernement de la Nouvelle - Ecosse déléguait MM.
Johnston et Archibald, en Angleterre, pour s'entendre avec les autorités au sujet d’une Union coloniale.
L'année suivante, à la requête de
Sir À. T. Galt, MM. Cartier, Ross et Gralt furent envoyés en Angleterre pour y discuter le projet d’une Fédération coloniale. Le Dr Tupper avait donné, durant l'automne de 1860, devant l’Institut des Artisans de St-Jean, N. B. une lecture importante sur la même question.
Mr Howe lui-même, à la fin de la
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session de 1861, avait aussi fait passer une résolution pour la même fin ;: Le Duc de Newcastle s’en déclara satisfait. Jusque là, à quelques exceptions près, l’on s'était tenu dans le domaine de la théorie ; mais cette idée avait déjà fait un chemin si considérable, que les Canadiens crurent devoir se renure à la conférence de Charlottetown, en septembre 1864.
Un écrivain, célèbre par sa science profonde, sa grande sûreté de doctrine, son patriotisme éclairé, son style vif et brillant, son génie inventif, a fait plus que tous les autres ensemble pour faire éclore l’idée de notre confédération, et surtout pour la rendre claire, facile et comprehensible. Dès 1857, dix ans auparavant la mise à effet de son projet, dans une série d'articles
remarquables et par le fonds et par
la forme, publiés dans le Courrier du Canada, dont il était alors le rédacteur en chef, le Dr J. C. Taché, député ministre actuel de l'Agri-
ait | culture et des Statistiques, avait me | jeté les assises de notre confédéraen | tion ! Ces articles furent réédités el- | en volume en 1858, sous le titre jait | “ Dés Provinces de l'Amérique du 16: | Nord et d'une Union Fédérale. ” un | Cette œuvre,comme tout ce qu'écrit Ca-- M. Taché, mérite d'être lue et relue.
e à La constitution qui nous régit vi. actuellement, s’y trouve toute entière et dans tous ses détails ! :
Sa C’est mieux qu'une inspiration, reté c’est une prophétie. Les Pères de iré Æ uotre confédération ont dû être nie pénétrés bien profondément de les l'idée du livre de M. Taché pour lore en avoir saisi si blen toutes les Let parties, qui ont servi de base à cile l’'Acte de l'Amérique britannique dix du nord. Alors M. Cauchon était le de plus redoutable adversaire de l’idée cles du Dr Taché. Rédacteur du Journal par de Québec à cette époque, ils’opposa rier fortement au projet, si savammeni , le élaboré, par l'écrivain du Courrier.
hé, D L'on sait que M. Cauchon parlait
pour ses amis du temps. Plus tard,
quand l'inévitable arriva, on retrouva M. Cauchon brülant ce qu'il avait autrefois adoré, et écrivant une magnifique brochure pour démolir ses anciens articles ! Avant tout M. Cauchon aimait à manger les truffes partout où il les trouvait. Pour lui, la confédération devait en être remplie..., jusqu'au Manitoba ! Afin de démontrer que le changement de notre constitution était presque devenu une nécessité ue moyens, il suffit de mettre devant les yeux du lecteur le peu de durée de chaque administration sous l’Union : Un minis-
tère s’usait en un an ! L'Union, qui
n’a duré que vingtsix ‘ans, a vu couler les dix-huit administrations suivantes |! savoir :
13 fév. 1841— DRaPER-OGDEX ;
16 sept. 42—BaLnwiN-LAFONTAINE :
12 déc. 43—DnaApPEr-VIGER ;
18 Juin 460—DRAPER-PAPINEAL ;
29 mai 47-—SHERWOOD-PAPINEAL ; 8 déc. 47—SHERWOOD ;
11 mars 48-—LaArONTAINE-BALDWIX :
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