‹ Biographie de Sir Charles Tupper [microforme]Chapitre 14 sur 26 · FN · texte numérisé non relu

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28 oct. o1-—Hincks-Monn ; I sept. 94—McNas-Monix; 27 Jav. 92—MCNaB-FACHÉ ; 24 mai 96—Tac.-Macponazp [J. A.

20 nov. 57—MacD. [J. A.}-CarnTIER

2 août 98—Browx-Donrion ;

6 août 58--CarTien-MacD. [J. A.

24 mai 62—MacD. [J. S. -SICOTTE 16 mai 63—MacD. [J. $.}-Donrion 29 mars 64—Tac.-M. LG DONALD [J. A.] :

7 août : 65—Berzgau-MacD. [J. A.};

ts.

Cet état de choses modifiant les vues de nos hommes publics, ils s'occupèrent à chercher un moyen de tirer le Canada de sa fausse position. L'heure dela Confédération approchait. MM. Macdorald, Cartier, Langevin, Howland, McDougall et Galt allèrent rejoindre MM. Tupper, Tilley, Archibalä et. Mitchell à Londres; Lord Monck s’y rendit aussi. C'était en 1866. Sir John fut choisi comme président de la délégation. Le projet de notre confédération, tel que voté par les chambres des diverses provimces, à peu d’excep-

tions près, y fut définitivement arrêté et sanctionné par le gouvernement impérial. Une tentative fut faite auprès des délégués pour leur faire accepter une union législative, au lieu d’une confédération. L'on essaya même de corrompre les chefs canadiens au moyen de grands diners. Tout futinutile; Sir George Cartier se déclara prêt à boucler ses malles et à revenir au Canada sion n’acceptait pas ses vues. Il était homme à faire ce qu'il disait. Force fut donc au parti de l’union législative de baisser pavillon. En conséquence, le 29 mars 1867, cette mesure reçue la sanction royale.

La garantie impériale pour l’Intercolonial nous était aussi donnée, dans le même temps. Enfin le 22 mai, une proclamation fut publiée mettant fin à la constitution de 1841 et fixant le ler juillet pour l'inauguration de la confédération des quatre provinces d’Ontario, de Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse.

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Telle est, en peu de mots, l'historique de la Confédération canadienne. Quoique très imparfaite, l’on nous saura gré de l’avoir consignée ici. Elle est, du reste, si intimement liée au Dr Tupper, que sa biographie eût été incomplète sans ce chapitre.

Election de 1867. Le Dr Tupper échappe seul au massacre des confédérés dans la Nouvelle-Écosse.

La grande idée était enfin adoptée. Il fallait mettre cette nouvelle machine en opération.

Des élections générales eurent lieu ; elles furent chaleureusement contestées dans toutes les provinces confédérées, mais particulièrement dans la Nouvelle-Ecosse, où, de tous les candidats confédérés, un seu} échappa au désastre ; ce fut le Dr Tupper. A la suite d’un orage dévasteur, dont la violence ‘a pres-

que tout emporté sur son passage, L ‘ l'on voit quelque fois, resté debout, l’a

un arbre isolé au milieu des débris Æ :2:

amoncelés autour de lui. Latem- Æ °n pête politique venait de servir avec ii une violence extraordinaire dans #5 ‘° la Nouvelle-Ecosse ; les épavescon- Æ de:

servatrices gisaient de toutes parts. ad La grande voix de l'électorat venait JUS de parler ; le peuple était dans une Æ me grande surexcitation, entretenue | lut par le puissant tribun, dont tous °n les efforts étaient concentrés en Æ Pré faveur du rappel de l'acte de confé- cor dération : La lutte électorale s'était 1 2ec faite exclusivement sur ce terrain. de

Sir Charles Tupper s'était multiplié pour tenir tête à cette formidable opposition, si habilement conduite par l'Hou. Joseph Fowe ! La lutte fut grandiose, acharnée, mémorable.

Le Îr Tupper est un jouteur 1!

remar quable : c'est surtout en pré- ST sence des masses qu'il est fort, À convainquant, habile. C’est alors Æ qu’il déploie, avec une admirable

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facilité, toutes les ressources de

l'art. Sous une apparence un peu indifférente, 1l cache un cœur chaud et une âme sympathique.

D'un aspect quelque peu froid, il se transforme devant les multitudes ; il s'échauffe, il enserre son adversaire, l’empoigne et le recule

jusque dans ses de:iers retranche.

ments. Que de péripéties dans les lattes de Austings, telles que faites en Canada! Il faut être toujours prêt, sur toutes les questions. Les connaissances de l’histoire, de la céographie, de l'économie politique, de la statistique. des principes qui divisent les partis, du comtraerce, de la finance etc, sont nécessaires à ceux qui se livrent aux iuttes de la politique. L'étude du cœur humain ne doit pas, non pius, être négligée ; c'est souvent la source où l'orateur va puiser ses plus erands Succès. Le Dr Tupper ne négligeait rien pour faire triompher sa cause. Bien que sérieux, il savait rire ! Le rire fait partie de

la science ; si peu d'hommes savent rire. Le rire, qui est un trait du génie, est trop haut pour les âmes vulgaires ; ses sommets sont trop élevés pour la plupart des hommes, même reputés instruits. Mais le peuple, qui a l'instinct du vrai et du sublime, comprend le rire : Un mot, un trait, un geste, une pensée suffisent. Les adversaires pardonnent tout... excepté lerire. Pour ne pas vous faire d’envieux restez bonasse, plat et sans originalité, comme le commun des parleurs.

Vous êtes à l'abri de l’envie, cette maladie honteuse des cœurs, bas, mais vous n'avez fait aucun bien à la cause que vous vouliez servir.

Le Dr Tupper agissait différemment : Le feu jaillisseait de sa parole ; il remuait les fibres du cœur ; l'auditoire ne savait plus être indifférent. - On embrassait les idées de l'orateur avec enthousiasme, ou on les repoussait avec colère : Personne ne restait indécis. Voilà comment doit se faire la lutte de hustings ;

vent it du imes {rop mes, 1s le al et : Un ensée rdon- Pour restez alité, leurs.

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bas, en à brvir.

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L'on parle pour la cause que l’on défend et non pour servir ses intérêts personnels.

Un théâtre plus vaste allait s’ouvrir devant le Dr Tupper ; la confédération élargissait les horisons de la politique. Les hommes de talents semblent à l’étroit dans les limites restreintes des petites provinces : leur patriotisme y semble mal à l’aise : Il est bien naturel qu'ils cherchent à agrandir leur pays. De nouvelles destinées s’ouvraient devant nous. Unerévolution pacifique, préparée au milieu des festins et des fleurs, allait rendre aux Canadiens ces territoires enchanteurs de la vieille Acadie que l’injustice des armes, ou mieux, !

làäche abandon de la France, leur avait fait perdre. Les intérêts des Provinces se confondaient : une ère nouvelle se levait pour nous.

Les uns acceptèrent, avec défiance, ce nouvel état de choses, comme devant mettre en danger les int6rèts des minorités : les autres, au

contraire, y virent la consolidation de toutes nos institutions et le gage de notre prospérité à venir.

En seize ans, une œuvre comme celle-là, ne se juge pas ; maïs les progrès accomplis, ont été si consi-

dérables, qu’il dépassent même

les espérances des auteurs de Ja confédération et de ses partisans les plus avancés.

Notre commerce total, qui n'était, en 1868, que de. $131,027,532.00, était monté au chiffre énorme de $214,786,130.00 en 1882 ! L'on constate la même progression dans toutes les branches d'industrie. Les sciences ont aussi pris leur essor.

Il y a partout activité, travail, progrès, développement et espérance.

XVENX

1867. Ministère Macdonald. Tupper

en Angleterre. Titres et décoralions anglaises.

Sir John A. Macdonald, appelé

par Lord Monk, alors gouverneur.

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à former la première administration sous la confédération. s'était entouré des hommes les plus capables, et spécialement de ceux qui avaient pris une part active pour arriver au nouvel état de choses. Nir George Cartier, Sir Hector L. Langevin, l’hon. sénateur Chapais, Sir A. T,.

Galt, Sir Léonard Tilley, les Hons.

Peter Mitchell, Howland, W. Mc- Dougall, Sir Edward Kenney, Sir John Rose et |’ Hon A. G. Archibald firent partie du cabinet. Le Dr Tupper, par un motif honorable, refusa d'entrer dans le cabinet, à cause de la position particulière que sa province venait de lui faire, en envoyant aux communes du Canada, une députation exclusivement composée d’adversaires de la confédération. Le député de Cumberland, afin de rendre justice à la minorité catholique, s'était effacé en faveur de Sir Edward Kennv, réprésentant alors cette minorité, en parlement. En effet, le Dr Tupper était le seul unioniste élu ! Pen-

dant les débats de .la première session, M. Howe, essayant de tourner en ridicule la position isolée du chef confédéré de la Nouvelle- Ecosse, dans la chambre des communes, le Dr Tupper fit une très heureuse réplique à ses cuisantes remarques ; et, il prédit au vieux tribun, qu'à la première occasion favorable, le peuple, revent à luimême, après müre délibération, se rangerait sous la bannière confédérée et que dans un avenir très prochain, une majorité des délégués de la Nouvelle-Ecosse, se verrait dans cette chambre, rangé autour de lui ; ce qui arriva en effet, peu d'années après. En 1878, le Dr Tupper revint triomphant de lé.

preuve électorale, appuyé d’une grande majorité des représentants de sa province. Et chose plus invraisemblable encore, c'est que M. Howe lui-même, le 30 janvier 1869, acceptait la position de Président de conseil privé, dans l’administration MacDonald ! Tant il

ses- est vrai, qu’en politique, les adverrner saires d'hier sont les alliés de

du demain. Du reste. les circonstances elle- modifient les opinions des hommes ; om- À il n’y a que les idiots et les fous qui très aient des idées absolument fixes.

ntes Cependant, M. Howe ne s'était pas Toibe rangé tout de suite, sous l’étendard sion confédéré. Froissé et humilié de lui- ce que d’autres avait réussi à me- , se ner à bonne fin une mesure qu'il édé- avait avocassé lui-même, et qu'il pro- n'avait pas poursuivie à cause de rUÉS sa versatilité de caractère, M. Howe

ait avait continué, après 1867, son agitour tation, en faveur du rappel de peu l'acte fédératif, pour sa province.

Dr Dans ce dessein, il avait même tralé. versé l’océan et était allé soulever une un fort parti, en Angleterre, en ants faveur de ses prétentions. Le goulus vernement canadien, sachant l’inque fluence légitime dont le Dr Tupper vier jouissait auprès du cabinet de St, Pré- James, le chargeait d’aller défenl’ad. dre Ja confédération, contre les

attaques de M. Howe ; —Les deux

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vieux adversaires se retrouvaient

en présence à Londres. Sir Charles fit une visite amicale à M. Howe.

Ces deux hommes, toujours en opposition l’un à l’autre, s’attiraient mutuellement, s'aimaient peut-être, sans s’en expliquer la cause ; 1l y a

entre certaines natures des analogies mystérieuses, des sympathies secrètes ; Le talent provoque l’admir ation : de l'admiration à l’amité, latransition est naturelle. D’ ailleurs, M. Howe rendait souvent justice à ses adversaires. Après sa défaite, en 1855,il répondait à un ami d'Halifax qui lui demandait quel était ce Docteur Tupper qui venait de le vaincre dans Cumberland ? ‘“ Qu'il le connaîtrait assez vite et que ce Dr Tupper serait bientôt le chef du parti conservateur de la Nouvelle- Ecosse.” Howe, cette fois, voyait juste. La mission du Dr Tupper eut encore, en cette circonstance un plein succès. M. Howe dut revenir découragé et presque converti à l’idée de confédération ! ce fut la

fin de l'agitation anti-confédérée.

Depuis lors, il n’y eut plus d’opposition sérieuse au nouvel état politique, inauguré en 1867.

Une circonstance particulière fournit au Dr Tupper l’occasion de manifester ses sentiments de loyauté et de justice envers les Canadiens.

Pour récompenser les grands miérites de Sir John et de Sir Creorge Etienne Cartier, le gouvernement leur avait octroyé des titres et des décorations. Malheureusement l’on avait offert à Sir Greorge vn titre moins élevé qu'à son ami et collègue Sir John ! Ce qui avait blessé profondement le chef des Canadiens français. Nous l'empire de cette numiliation, avec cette franchise qui le caractérisait, Nir Greorge écrivit au cabinet de St-James une

lettre vive, concise, franche et

digne, pour motiver son refus d’accepter le titre de C. B. dont on voulait dédaigneusement le gratier. L'Angleterre, bien que fidèlement servie par les canadiens-

français, c'est souvent montrée partiale à leur égard. Le temps, qui est un maître unique, lui enseignera un peu plus de justice ; du moins espérons le. Sir John et Sir George étaient non-seulement les chefs d’un grand parti, des hommes de génie supérieur, mais encore les plus fidèles sujets de l'Angleterre.

Côte à côte, vingt ans durant, ils avaient livré des combats gigantesques en faveur du maintien des institutions Britanniques en Canada, pendant laquelle période un nombreux parti se prononçait en faveur de l'annexion avec la répurblique voisine, surtout en 1848.

L'on était tellement habitué à voir ensemble ces deux hommes célèbres qu’on les avait babtisé du nom de ‘“ Frères Siamois.” Dans ces circonstances, le Dr Tupper étant alors à Londres et jouissant d’unc grande considération auprès du comte de Carnarvon, suggéra à ce dernier, un moyen de réparer linjure que l’on avait faite aux

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| envers la minorité.

Canadiens dans la personne de leur chef aimé : C'était de lui décerner le titre de Baronet, supérieur même à celui de C. C. B. accepté par son collègue.

L'on accorde ce titre qu'avec une grande prudence, car le premier enfant mâle du baronet hérite de son titre ; or, ilconvient pour cela, de posséder une certaine fortune et de tenir un certain rang dans la société. Ainsi, comme les grandes fortunes sont rares, en ce pays, il y atrès peu de baronets. Dans le cas de Sir George, il n’y avait pas

d’obstacle, car il n'avait pas de fils

pour lui succéder. C'est ce que Sir Charles avait fait valoir auprès de son ami, le comte de Carnarvon ; En conséquence, Sir George fut crée Baronet.

Ainsi, le Dr Tupper continuait ses traditions d'amitié et de justice Il acquit, par là, un nouveau titre à la reconnaissance de tous les Canadiens ; il est

si rare de les voir recevoir leur

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