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Défaite du ministère Young.
Le parlement; prorogé le 18 avril 1856, se réunit le 5 février suivant.
Pendant la vacance l’on avait four:
bi ses armes de. part et’ d'autre.
Aussi longtemps que: les gouvernements : constitutionnels . existe- | rontf, il:y, aura dés :batailles entre la droite et la gauche. ; entre le pouvoir et: ceux quile désirent, ; entre le, ministère:.et. l'opposition.
L'homme:ayant toujours et partout les mêmes instincts, les mêmes
ambitions, les mêmes Propets, les mêmes espérances.
L'honorable M. Howe, dès 1854, avait accepté la position de: président du bureau des chemins de fer.
S'étant fait élire, plus tard, dans le comté de Sidney, ilcontinuait d’être en quelque ‘sorte, le Jeader du gouvernément. Or, son ‘attaque malheureuse du 27 décembre 1856 avait attiré sur la tête du ministère toutes les foudres de l’opposition. L’atmosphère politique était lourd et couvert de nuages sombres. L'orage éclatait. Le lieutenant: souverneur, Sir Gaspard Le Marchand, ouvrait, le 5 février, la %e session du 21e ‘parlement de la Nouvelle-Ecosse. Le discours äu trône contenait peu de projets nouveaux. L'on y parlait de voies ferrées et de relations commerciales, de prospérités et d’espérances futures. Le député d'Annapolis, l'honorable J:W. Johnston, propose immédiatement un vote de non-confiance : M. Marshal le se-
nistre péche de pr disco mant et en Le d encor:
bouill:
conde. L’honorable Premier accepte bravement le défi et sé déclare prêt au : combat. Honneur au courage malheureux.
L'honorable A. W. MéLelén: ministre actuel de la marine et des pêcheries du Canada, s'était chargé de proposer l'adrésse en réponse au discours du trône. Il le fit en affirmant la prospérité de la province et en se moquant de l'opposition !
Le député de Colchéster n'avait encore que trente trois ans.
Le lendemain, le représentant d'Annapolis commença l'attaque.
Il fit un discours sobre, digne, modéré, dans léquel il exposa brièvement et clairement tous les griefs du pays contre le ministète. L'honorable M. Young y répondit avec
| calme et dignité.
La bataille finale était étigagée :
maïs les gros escadrons étaient restés inactifs ; les bouléts rouges n'ayant pas encore lattaqué leurs carrés solides. ‘Gare la bombe ! le bouillant Docteur, le jeune /#ader
de l'opposition, comme l'honorable M. Young se plaisait à l'appeler, entre en lice. Tout coup porte; il fut éloquent, satirique, impitoyahkle.
Passant..en revue toutes les fautes du,ministère, ses absences de principes, ses-oscillations continuelles, ses incertitudes et.ses faiblesses, il lui reprochait, avec cette vigueur impétueuse et,ce genre d'argumentation, quelque peu p'oyacante, qui lui sont particulië
erreurs. Puis, passant sur le terrain brûlant. des. discordes religieuses, des querelles sectionnelles, il posa sur une, base large et, généreuse, les grands principes de tolérance que l’on',se doit entre, citoyens, d’un.même, pays; pour les opinions, les vues,. la, foi.et la religion d’un chacun. C'était élever le
débat à une grande hauteur. C'était |
jeter les bases d’une platéforme assez
large pour y,placer tout le monde,
parfaitement à l'aise.
Le fanatisme et l'intolérance |
ières, tous sesactes, | toutes ses. injustices, toutes ses |
avaler la mo liation l’harm East ti libé les qu tructic député le pay:
ineffics ne ser de cho ruineu mina S la décl pes qu dns S£ égale pc roles é(
‘Je “ ce ‘ Jatio ‘{ quere ‘vidu “(les & ‘‘ ne pl
avaient allumé le feu dans le pays ; la modération et l'esprit de conciliation devaient ramener la paix et l'harmonie. Après avoir cité le ‘ Eastern Chronicle,” organe du parti libéral, qui préchait l'union sur les questions matérielles de construction de chemin de fer, etc, le député de Cumberland fit voir que le pays était fatigué de ses luttes inefficaces, stériles, passionnées, qui ne servaient qu'à perpétuer unétat de choses intolérable, désastreux et ruineux pour la nation. Puisiltermina son éloquent réquisitoire par la déclaration suivante des principes qui l'ont toujours guidé depuis, dans sa conduite politique : Zustice égale pour tous. Il finit par ces pa:
roles équitables et rassurantes :
‘Je ne désire pas m'immiscer dans “ ce qu’une grande partie de la popu- ‘lation du pays regarde comme une “ querelle personnelle entre un indi- ‘ vidu (M. Howe) et ses anciens amis “ (les catholiques). Cependant. nous ‘ne pouvons ignorer le fait qu'il
‘ s’est récemment soulevé une ques- “tion excitanté dans les discussions ‘“ acerbes de Id ét au sujet du ‘: prinéïpe de la liberté civile et reli- ‘: gieuse. ‘Sur.le seuil même de cètte ‘lutte, je: n’épronve aucune hésita- ‘tion à affirmer. hardiment que, ‘ comme libéral et Baptiste dissident, ‘je maintiendrai toujours, le prin- ‘* cipe cardinal dé la liberté civile et ‘* religieuse : Justice & tous, et à cha- ‘cun sans égard à sa secte où à sa ‘Eeroyance: Et si j'eusse été dans ‘* cette chambre quand la: lutte s’en- ‘ gagea contre l’ascendant illégitime ‘* de l'Eglise d'Angleterre, l’on m'au- ‘: rait trouvé luttant côte à côte avec ‘ceux qui voulaient maintenir les ‘* prérogatives et les droits des autres ‘ dénomnitations, à l'exercice d’une ‘aussi grande somme d'influence et ‘* de considération que cette Eglise.
‘Je considère qu'il est du devoir de ‘‘tout bon citoyen de combattre ‘contre tout ascendant indu d’un ‘’ homme ou d’une classe d'hommes, “soient protestants, soient catholi- ‘‘ques. L'administration qui entre- ‘ tient d’autres vues où agit contrai- ‘‘ rement présupose que ses partisans
Ecos:
ge ignorent absolument le principe % 1GRéa Rental de br égale bel ‘E sous.”? : )
C'était un programime élair, défini,, rassurant ; une promésse à la minorité qu elle serait traitée avec justice ; un défi au fanatisme de s’'avancer plus loin. L'opposition promettait d’enterrer la hache de guerre ; de ramener la paix troublée par les ‘émeutes : d’apaiser l’excitation causée par la lettre dé M'Howe ; .
enfin de replacer le char de l'Etat, déraillé dépuis ‘lon témps, ‘sur la véritable voie de en ta de l'entente, du progrès moral et matériel des peuples de Ja Nouvelle- Ecosse.
Ce discours rallia déé sympathies de la majorité de Ja Chambre : il rorta le calme au’‘déhors. ‘Le peuple, dont Vinstinet est généralement sûr, voulait l'ordre, l’harmonie et Ja conciliation. L'hon.
Wim À Henry, juge” ‘dë la Cour Suprême, à Ottawa, alors solliciteur-général, vint à la rescousse du
premier-ministre, Il fut cauteleux et prudent ;.c’est le plus sûr moyen d'arriver. Le bagage des principes étant , tonjours, gênant, surtout quand..changent. les administrations. . Ce. fut M, Marshall. qui lui répondit: .,Le renvoi du’service de M, William:Condon offrit à ce dernier une bonne occasion d’accuser le gouvernement de partialité. Il finit par ces. paroles écrasantes pour les ministres : ‘ Veulent-ils nous faire croire à leur tolérance et à leur honnêteté quand ils renvoient un catholique, et qu'ils gardent à leur service un: protestant coupable de lamême: offense, que celle reprochée à M. Condon. Bien plus, quand ils, honorent l’un et qu'ils privent. l'autre des moyens de gagner, son pain ? ”
L'on attendait la réplique de M.
Howe svec janxiété: le moment était grave; ; la circonstance solennelle : Je ministère paraissait avoir le dessous, C'étaitle 9 For le troisième jour -du : grand. débat.
L'ho soufi péni pale laqu lettr:
vent éner aban oratt l’on teur min!
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L'hon. M Howe, malade, pâle, souffrant, se lève : sa position était pénible. Il était la cause principale! de la situation fausse dans laquelle sé troutaïent ses amis. Sa lettre provoquänte avait semé les vents : les tempêtes éclataient. Son énergie ne semblait pas l'avoir abandonné, mais aux, précautions oratoires dont il entoura sa défense, l'on sentait que le puissant orateur comprenait que la vie ‘du ministère ne dépendait plus que:
du prestige dé sa personne, du charme de son langage et de l’autorité de sa parole. Il fnt stoïque comme ces athlètes antiques condamnés d'avance : sv discours fut une iongue et brillante plaidoirie.
Demeurant sur la défensive, il tâcha de ‘regagner en admiration ce qu’il avait perdu en sympathie.
16 Fai'vu, :M lOrateur, s’écria-il, « bién'desjours sombres en ce pays, maïisq'y ai aussi compté grand nom- ‘“ bre. de jours ensoleillés ; des heures ‘où je.me trouvais avec beaucoup
‘ moins de sympathies et d'amis que & j'en ai en ce moment. Si les nuages ‘‘ baissent. ‘si la tempête éclate, je : ferai face à ces revers de la fortune, ‘avec cette même énergie, cette ‘ mème fermeté et cette même déter- ‘: mination avec lesquelles. j'ai subi ‘ chaque vicissitude de ma carrière ‘ politique. |
“ Trente ans durant j'ai été fidèle ‘à mes amis et à mes principes: Mais ‘une ‘heure peut aärrivér où l'on € m’abandonnæera, alors si une nou- ‘-welle administration se formie, la 6 1 ! ) “situation de M. Hoxwe, sera à sa ‘ disposition, ILreprendra; sa place ‘ indépendante én chambre, dira tou- “ours ce qu'il croit être la vérité ; ‘‘fera ce qu'il croita toujours être juste. Les combisaisons qui se for- ‘nent ne m’effraiént point, confiant ‘ comme je le suis que le cœur et {lJ’âme de la Nouvekle-Ecosse seront
‘toujours avec moi.”
Ce discours était digne de, n’importe quelle tribune. L'on en avait rarement entendu de plus éloquent.
Cette péroraison ‘était grande, noble. C'était le gémissement d’un
cœur blessé qui se replie sur luimême, c'était le cri-d’une âme qui comptant sur sa force, espère encore en l’avemir. | |
Hélas ! trop souvent la politique n’est qu'un misérable jeu de bascule. I/éloquence seule ne suffit pas poür en. maintenir l'équilibre.
La tolérance, la justice, l'honorabilité, ladresse, sont ses plus solides étais. Enlevez l’un de ses appuis, tout s'écroule. Le ministère Young allait bientôt n'être plus qu’une chose du passé. La lutte parlementaire duraït depuis douze jours. Le 17,le vote est enfin pris. Le cabinet Young est renversé par une majorité de six voix, 22 à 28, six libéraux votant avec l’opposition. |
Les grands hommes en font :surgir d’autres comme les orateurs éloquents appellent d’autres tribuns. Quand tout est calme dans un Etat, les hommes supérieurs y sont ou rares ou méconnus. Il faut des luttes pour les faire sortir de
leur retraite et les faire apprécier.
Les jeunes pays: qui naissent à la liberté, aux progrès, aux arts, à la tribune, à à une vie nouvelle, comptent généralement plus d'ommes célèbres que ceux où ik:n/y a ni combats, ni efforts, ni obstacles :-—- La persécution: triple: la valeur et Pactivité d’un'peuple ::} ane Aer appelle ‘l'é em pu —— créa
Tupper. : ? 39. #9 bifc | an” © pds hé
Le Ministère. Jobnston.—L'Honora-
ble Secrétaire Provincial...
L'Hon.: M. Johnston fut appelé à former une administration nouvelle : celle-ci fut.annoncée à la Chambre :le :24:, éxriecordle rs se composait- des Hons : «tu E
J.. W. JOHNSTON, Procuretir chape
CHa$. TuPPER, Secrétaire Provincial ; |
JOHN JAMES MARSAUL, »Sécrétai iré Finan:
cier ; À SNIIONSINT fre ; M
STAYLAY BROWN, Receveur Gén ral ;
MantTin J. WiLkiNs, Solliciteur Général ; et de:
MM. Micnaez Tosin, Jon McKinwon, JOHN CAMPBELL,CHARLESJ,. CAMPBELL.
“Les ministres se firent tous réélire, à de grandes majorités, dans leurs comtés respectifs. Mais la chambre, presqu'également divisée, ne devait pas permettre à la même administration .de se maintenir longtemps, car il y avait des hommes également, puissants, égale.
mént ‘abiles des deux côtés. Ce fut le temps des grandes luttes dans la chambre de là Nouvelle-Ecosse ; ce fut l'époque des grands combats politiques. Johnston, Young, Tupper, Howe, Wilkins et Annand étaient les héros dé ces: brillants tournois de là science êt de l’hahileté‘politiques, servis par le désir légitime d'arriver, etpar une grande
éloquence.
” La nouvelle opposition ne laissa point de répit au nouveau ministère, M. Howe surtout en voulait à Sir Charles. Ce fut contre celui-ci
u’ii dirigea toutes ses batteries.
Cependant le cabinet ne resta pas inactif. Dans un jeune pays tout est à créer : l’on se mit à l’œuvre.
Les routes publiques étaient insuflisantes ou mal entretenues ; l’on modifia: les statuts à leur égard.
L'on vota des sommes considérables vour parachever les voies ferrées ; l’on révisa les lois ; des octrois furent accordés à des bateaux passeurs ; de grands travaux publics furent accomplis. L'agriculture fut encouragée. Un canifeste anonyme, publié dans les journaux du temps, et réclamant ‘‘ des droits égaux pour lous, et la prépondérance indue pour personne; créa une vive sensation. L2 presse. fut aussi le sujet de longues et acrimonievses disputes dans lesquelles se distinguait entr'autres J. ©, Wade, l’exdéputé de Digby, alors dans toute la vigueur de l’âge et la force du talent. Le sujet le plus important que l'on eut à régler fut, sans contredit, la question des mines. Une
grande et préjudiciable anomalie régnait alors dans la pri .:nce. Les minéraux. de toutes natures, les charbons de diverses qualités existaient partout, mais l’on n’y pouvait toucher ! En 1826, George IV, en veriu du droit du plus fort, sans doute, avait accordé au duc d'York, son frère, toutes les mines non encore cxpIMIEOR ni concédées dans le pays !! C'était une cause de trouble continuel : c'était un monopole injuste, re qui plaçait les plus précieuses ressources de le Nouvelle Ecosse, entre les mains d'une puissante Compagnie étrangère. Uette mesure avait déjà soulevé bien des déb afS ; Pmte de récriminations avaient été faites inutilement. L’asseciation générale des mineurs n'ayant pas que d'oreille que de. sentiment, .
ministère se décida de porter nas grand coup et d’en finir avec cette compagnie, En 1849, en vertu du bili de la listé civiie, la province avait été investie de tous les droits
de mine, sujets cependant aux priviléges existants. Les créanciers du Duke d’York réclamèrent neuf deniers par tonne de droit régalien depuis 1844 à 1845, savoir £55,418 sterling en vertu de leur privilége ; mais plusieurs des associés étant morts, les héritiers ne pouvant plus s'entendre durept porter leurs différents devant les tribunaux.
Malheureusement le gcuvernement anglais, sans égard aux prérogatives de l’Assemblée Lécislative de la Nouvelle-Ecosse, en juin 1845, confirma de nouveaux pouvoirs encore plus exhorhitants que les RIAsee à l'association minière ! C'était abuser de son pouvoir et compromettre les intérêts les plus précieux de la colonie Celle-ci perdit £%4#000 sterling par ce nouvel acte. Il fallait en finir avec cet état anormal de choses ; la province perdant aussi les plus clairs de ses revenus. Le ministère propose donc d’énvoyer une délégation en Angleterre, avec
plein défin effet:
elle 1 mens l’hon:
John:
mem!
partir 1857, putés afin d questi
plein pouvoir de régler cette affaire définitivement. La motion à cet effet souleva un long débat ; mais elle fut enfin adoptée à une immense majorité. En conséquence, l'honorable Pocureur - Général Johnston et M. À. E Archibald, membre distingué de l'opposition, partirent pour l'Angleterre, en juin 1857, comme commissaires et députés par l'assemblée législative afin de régler définitivement cette question vitale pour la: province.
Puissamment secondés par M. Samuel Cunard, les commissaires réussirent, en Angleterre; à la régler à l'avantage de leur province et à reprendre les. droits à l'exploitation: des richesses territoriales que l'acte de George IV leur avait enlevées: Le 22: février 1858, par un vote le 80 contre 18, la chambre ratifia la conduite de ses délégués à Londres. Ainsi fut réglée, à l'avantage de la colonie, par le ministère Johnston, l’une des plus importantes questions qui
avait si longtemps auparavant agité le parlement et les populations. Ce fut le 5 août de cette même année que les communications télégraphiques furent:ouvertés entre l’Europeet notre continent.
Dans le discours du trône, fait le 24 février, 1858, Sir : Gaspard. Le Marchand annonçait son départ: il était promu au poste degouverneur de l’île de Malte. Le comte Mulorave le remplaça.. L'adresse en réponse au discours du trône ne fut votée qu'à une très faible majorité !
Avec-une chambre ainsi composée, il était bien difficile, pour un ministère, de ‘faire adopter de grandes mesures. La position du parlement des Canadas-Unis était la même.
Greorge Brown et ses amis y régnèrent quarante-huit heure ! Les administrations se succédaient les unes aux autres Sans poux oir rien aCComplir. De là naquit l’idée de la Conftdération. L'on sait comment elle se développa plus tard. Cette.année s'écoula en luttes acrimonieuses,
pass vent taire de s:
de }” adve How trou:
prép:
ques mine mine faces du aussi et to de F] plus l’acte de 1e par
au S4 de dé tes dé résoi cause
passionnées, éloquentes, mais souvent stériles. : L’honorable secrétaire provincial paya constamment de sa personne. Les interpellations de l’opposition; les attaques de ses adversaises, les! sarcasmes de M.
Howe, les réparties de M. Young, trouvaient toujours le Dr Tupper préparé pour de vigoureuses répliques. La session se passait enrécriminations. Cependant, le sujet des mines y fut discuté sous toutes ses faces, au grand déplaisir des mânes du duc d’York. L'on s’occupa aussi de nouveaux chemins de fer, et tout particulièrement du projet de l’'Intercolonial. L'on proposa de plus une mesure pour amender l’acte concernant le conseil électif de la province: La session finit par l’une des questions les plus irritantes qui puissent se produire au sein d’un pariement, composé de députés appartenant à différentes dénominations religieuses, “ Les résoiutions Young ” en furent la cause. ŒElles blâmaient le gouver-
nement au sujet de destitutions et de nominations nouvelles. L'on y mêla la religion ! Le débat fut acrimonieux jusqu’à la haine ! L’honorable M. Howe s’y déshonora par ses violences de langage. Il y dénonça amèrement la lettre des évêques catholiques, réunis en concile provincial, au sujet de léducation ! C'était ouvrir une plaïe déjà cicatrisée, rallumer un incendie presque éteint. Jos Howe, malgré son brillknt esprit, ne posséda jamais un jugement très sain.
Sa bouillante nature lui fit bien des foismanquer le but proposé. Trop souvent ses passions l’'emportaient sur sa raison. L’honorable secrétaire provincial, plus maître de luimême, le terrassait chaque fois qu’il y avait une prise d'armes. Si lutter contre un: homme puissant est un indice de courage, le vaincre est la preuve de sa supériorité.
Sir Charles possédait des avantages que son adversaire n’avait pas. Il était plus calme, aussi bien ren-
qui vot
seigné par sa perdai se fit-1 Le pe pardo sincère même ( Sionr sur $a
Honi
lèvres, messes tenir !
Ce 8 yeux q1 der,vou qui pre nine y Ils ont gagné c table h remmel gère, il présenc fausses
seigné, plus diplomate. Il gagnait par sa libéralité ce que M. Howe perdait par son intolérance. Aussi se fit-1l des alliés dévoués et fidèles.
Le peuple aime la franchise. Il lui pardonne beaucoup. Tn homme sincère et vrai est toujours respecté, même quand l’on difière d'avec lui :
Si on ne peut l'aimer, l'on compte sur sa parole,
Honte à ces hableurs politiques
qui vous rencontrent le sourire aux :
lèvres, pleins d'égards et de promesses qu'ils savent ne pouvoir tenir ! |
Ce sont des trompeurs. Leurs
yeux qui osent à peine vous regar-
der,vous mentent comme leur main qui presse la vôtre. Ils ne peuvent ni ne veulent rien faire pour vous.
Is ont cru vous duper ; ils n’ont gagné que votre mépris. Un véritable homme politique agit diffé remment. Il ne promet pas à la légère, il ne vous flatte pas en votre présence, il ne vous donne pas de fausses espérances. Mais il vous rend
justice chaque fois que l’occasion s'en présente. Aïnsi 1l gagne votre confiance ; 1l commande votre admiration. Vous le considérez d'abord ; vous l’aimez ensuite:
Le voilà sur le chemin de la popularité, car il a suivi la voie de la justice. C’est ainsi que le député de Cumberland gagna les faveurs populaires. Sa conduite lui assura de nombreux amis. ‘Le 20 mars, seulement trois jours avant l’ajournement de Ja Chambre (1858), Phon. Dr Tuppéer eut l’occasion de faire, un grand discours sur “ les résolutions Young.” Défendant les actes de l'administration, il porta le fer et le feu sur le terrain de l'opposition avec une grande vivacité et une inflexible logique. Il démolit bien vite tout l’'échafaudage mal etayé de ses adversaires. Il leur | porta d'audacieux défis que ceux-ci n'osèrent pas relever. À chaque accusation personnelle, il opposait une réplique vigoureuse, une répartie habile, accompagnées de preuves
écrasantes. Il ne voulait pas rester débiteur de la gauche pendant la vacance qui devait suivre : elle en eut pour son compte. Son discours est un modèle de défense, dé savoir, d’éloquence. M. Howe y fit une réplique acerbe, caustique et habile, En 1858, la lutte fat parfois magnifique. L’Hon. Joseph Howe n’ayant alors qué 54 ans, et dans toute la plénitude de ses facultés, animé d’une grande animosité contre le député de Cumberland, l’auteur principal de sa chute, ilne lui ménageait guère ses coups : celuici soutint fort avantageusement l'épreuve ; tous les genres de combats lui étant familiers. S'il préfère la bataille ouverte, l'attaque de front et à visière baïssée, il saït se tirer à merveille des émbücnes tendues sous ses pas : lesguérillas ne le surprennent jamais ; ses adversaires le trouvent toujours la face tournée vers eux. Son front rougirait d'une faiblesse ; son cœur s’indignerait d'une lâcheté. Inaccessible à la
: nn
crainte, il ne connut jamais la peur.
Il frappe: en parlant, il parle en frappant. rate pole
Loin, de reculer, il avance...
beaucoup trop loin, soutiennent ses adversaires ; où il veut aller...
répliquent, ses amis., De fait, si le député de Cumberland est impétueux, si sa parole jaillit claire, mordante, agressive,avec une volu.
bilité presque sans égale, si ses affirmations sont si hardies qv. elles passent parfois bour.être téméraires, il n’en est pas moins vrai qu'il a souvent porté le défi à ses adversaires de négativer ses dires et que ceux-ci ne l'ont pas très souvent osé. . Sir Charles a les qualités du tribun. Sa voix est sonore, sa parole est entrainante, son style est correct, sa phrase incisive, son geste expressif, son maintien fer.
Il attire l'attention : il ne charme pas, il persuade : 1l n’entraîne pas, il convainct. Loin de ménager, il flagelle, il soutient le courage des siens ; il démolit ses adversaires.
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Plus plus
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et des
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ceux ou su 0ppos avec :
consta une t cbligé se 80 tel qu la No
carriè] La vait :
cial n tive.
rôle, i l’Angl valoir,
Plus ceux-ci s’acharnent contre lui, plus ceux-là l’aämirent. Autant ceux-ci paraissent avoir confiance en lui, autant ceux-là le redoutent.
Servi par une mémoire très fidèle et des études sérieuses, le Dr Tupper ne s’en laissait jamais imposer par ceux qui l'attaquaient à la tribune ou sur les tréteaux, Il corrige ses opposants avec certitude ; il énonce avec autorité ; il rappelle les circonstances, les faits, les dates avec une telle exactitude que l’on est chligé de se rendre. L’on sait qu'il se souvient. Voilà le Dr Tupper,
tel que l’histoire parlementaire de la Nouvelle-Ecosse nous le dépeint
dans les premières années 9 sa
carrière politique.
La vacance parlementaire arrivait : l'honorable secrétaire provincial ne devait pas la passer inactive. L’oisiveté n'étant pas dans son rôle, il s’embarquait bientôt pour l'Angleterre, chargé d’y faire prévaloir, auprès du gouvernement de
la mère-patrie, les graves intérêts de sa province.
Les questions de l’union des trois provinces maritimes et du chemin de fer Intercolonial furent ébauchées, à cette époque, par la délégation de la chambre et les officiers de la couronne, en Angleterre. L'on préparait déjà le terrain ; il était évident que l’ancien système ne donnait plus de résultats satisfaisants.
L'honorable Dr Tupper produisit une très bonne impression aw bureau colonial ; il s’y montra homme d’affaires et diplomate habile. Il conquit bientôt l'admiration, puis la confiance des autorités ; ce qui contribua au succès de sa mission. Le comte de Carnavon surtout le prit en grand estime. Ils restèrent toujours amis depuis ; ce qui fut d'un grand avantage au Dr Tupper dans la suite.
No:
grand ouvra discot prise.
neuf !
eu lie:
Gouv:
Union ritime favora blée :
Interci voie fe Truro la Cap l'asile vernen bras pe jeune !
créer, Aussité M. Rus
La Session de 1859
Nous sommes au 8 février. En grande tenue, le comte de Mulgrave ouvrait la session annuelle. Le discours du Trône était une surprise. Il y avait de l’imprévu ! du neuf! Des communications avaient eu lieu entre le Colonial Office et le Gouverneur-Général au sujet d’une Union Fédérale des Provinces Maritimes. La Reine avait aussi reçu favorablement l'adresse de l’assem-
| blée au sujet du chemin de fer
Intercolomial. Soixante milles de voie ferrée avaient été parachevés ; Truro et Windsor étaient reliées à la Capitale. L'on avait parachevé
l'asile pour les aliénés. Le gou-
vernement né s'était pas croisé les bras pendant la vacance : Dans un jeune pays il y a tant de choses à créer, à parfaire ou à consolider.
Aussitôt après les remarques de M. Ruggles, en réponse au discours
du Trône, l’hon. M. Wilkins, Solliciteur-Grénéral, donnait sa démission. Bien que restant fidèle à son parti, il ne voulait pas sanctionner la nomination de M. Dickey, au Conseil Législatif, ni l'envoi d’une délégation en Angleterre sans l'avis préalable de la chambre. (C'était faire acte d'indépendance, mais c'était exposer le gouvernement, surtout au commencement d’une session. : Il fut remplacé par l’hon.
W. A. Henry. Le chef de l’opposition, l’hon. M. Young, proposa, séance tenante,une motion de nonconfiance. Au cours de ses remar.
ques, il flagella surtout le nouveau Soliiciteur-Général, ‘“ corame ayant violé toutes les règles de la moralité politique, en abandonnant son parti.” Ainsi la bataille s’engageait chaudement. Le Régime parle-
mentaire n'étant encore qu'à ses débuts, les discussions étaient beaucoup plus virulentes qu’elles ne le sont de nos jours. La presse se montrait très provoquante aussi.
L'hor ques acqui reuse tant 1 vit, e) sur ll se mo forme velle
| velles
Provi:
positic face a:
Howe et Anc gner,
de l’hi que et que, 14 bon na supérie n'aura
Sa gra
pour n député redout
or
L'hon. Dr Tapper, objet des attaques continuelles de ses adversaires, acquit dès lors cette manière viyoureuse de réplique qui le caractérise, tant il est vrai que le milieu où il vit, exerce unc irrésistible influence sur l’homme. Son tempéramment se modifie, son caractère se transforme, sa nature change. La nouvelle session allait fournir de nou-
à velles occasions à l’hon. Secrétaire
Provincial de se mesurer avec l’opposition, de se rencontrer face à face avec ses adversaires. Young, Howe, Archibald, Hanand, Weir et Anderson n'étaient pas à dédaigner. À cette époque tourmentée de l’histoire, âge d'enfance politique et de transformation économique, la Nouvelle-Ecosse comptait bon nombre d'hommes de talents supérieurs. L’hon. M. Johnson n'aurait déparé aucun parlement ;
| sa grande éloquence était faite
pour n'importe quelle tribune. Le député de Cumberland étant le plus redouté des or: teurs, c'est sur lui
que s’acharnait l'opposition. Il lui rendait ses coups durs et forts. La session de 1859 vit la répétition de là précédente.
L'on ; dépensa son temps en discours interminables, souvent en pure perte. C’était beau, ce n'était guère profitable. Ceperdant ce fut l’une des plus brillantes époques de la tribune Néo-Etossaise. C'était un peuple qui prenait un nouvel éssor, qui naissait à la liberté.
L’éloqyuence du Dr Tupper résume bien l’un des côtés de cette époque:
elle est téméraire, hardie, affirma-
tive, quelquefois violente, mais toujours sûre de son but, toujours certaine d'elle-même. Elle a imprimé un cachet spécial sur les débats de 1855 à 1864. La lutte y fut plus vive, plus vivante. Johnson et Young, Tupper et Howe en firent les frais principaux. Malheureusement, les questions d’appointement ou de destitution d’employés, absorbant trop l'attention, faisaient trop perdre de temps à la
Het des
avait cl
cham peupl fraien scruta et tale déput tère, ] questi Provi:
tercolk aupar:
même Tobin Secrét:
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Rien :
tion. F de l’an avec ci ment, e
ciens p
L'op] fixes, sa se born.
posait
chambre, passionnaient trop le peuple, les grands intérêts en souffraient. Le chef de l'opposition scrutait tout avec énergie, science et talent. Il blâma sévèrement la députation envoyée par le ministère, pour agiter, en Angleterre, la question d’une confédération des Provinces, ainsi que celle de l’Intercolonial. On aurait dü discuter auparavant ces projets au sein même de l’assemblée. L’hon. M.
Tobin lui répondit ainsi que l’hon.
Necrétaire-Provincial. (Celui-ci fit une défense vigoureuse des vues
Met des actes de l’administration.
Rien n'échappa à son investigation. Passant en revue les mesures de l’ancien cabinet, il les compara avec celles du nouveau gouvernement, et fit voir comment la gauche avait changé ses vues sur ses anciens projets favoris.
L'opposition était sans principes fixes, sans programme arrêté. Elle se bornait à critiquer ; elle ne proposait rien de pratique. Le Dr
Tupper ne se contentait pas de rester dans les généralités, 1l précisait les cas, les circonstances, les faits, les dates et les tergiversations de la gauche avec une grande vigueur. (Celle-ci, incapable de
répondre, rugissait impuissante. Le |
scalpel de l’inflexible docteur s’enfonçait dans ses chairs vives. Repoussant avec Indignation l’attaque faite par l'hon. M. Young contre le ministère, à l’occasion de l’appui que les membres catholiques lui donnaient, il disait : “ Monsieur
# l'Orateur, aucune secte chrétienne |
‘ de cette chambre ne saurait être ‘* proscrite avec succès, et ceux qui
‘essaient de susciter une guerre |
“ de préjugés religieux et d’incrus- “ ter le nom odieux de Proscription “ sur leurs bannières, failliront mi- ‘* sérablement. Si le protestantisme ‘“ des chefs de l'opposition n'était ‘* pas de formation si éphémère et “ si récente, ne commençant que “ depuis leur renvoi du pourvoir, ‘ils connaîtraient un peu plus,
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“qu'ils ne le semblent, le génie “ du protestantisme, dont le prin- “cipe fondamental est la plus “complète comme la plus large “tolérance. Le nouveau protes- “ tantisme de MM. Young et Howe |‘ se rapproche plus de celui de la “Suède que de celui de l’Angle- “terre. Tout dernièrement encore “l'alliance protestante d’Angle- “terre reprechait emphatiquement “au roi de Suède l’expatriation de ‘ses sujets à cause de leur foi “ catholique, en lui rappelant que “le protestantisme reposait tout “entier sur le principe de la plus
L'orande liberté de conscience :
‘celle que tous les protestants “ réclament pour eux-mêmes.” Puis citant la proclamation de la reine Victoria à ses sujets de l'Inde, l'hon. Dr Tupper démontra quelle vue l’on entretenait dans la Mère- Patrie à propos des croyances diverses : “ C’est notre désir formel.
“ disait la Reine, que nos sujets de ‘toutes races et de toutes religions
+ soient admis librement et impar- ‘ tialement aux charges de l’Etat, “ selon leur capacité et leur inté- ‘ œrité à les remplir.”
‘ Ici même, continue l’hon. Se- “ crétaire-Provincial, sous le sceau “ de Îa royauté. nous avons les ‘ fondations, solidement assises, de ‘ Ja liberté civile et religieuse, et “ ceux qui s'efforcent de les déra- “ ciner et de les détruire sont trai- ‘“ tres à la loyauté et aux principes ‘* britanniques. L'on a osé affirmer ‘ en cette chambre que les catho- “ Jiques n’appuyaient le gouverne- “ment que pour en obtenir des ‘* situations et des charges. Je “ sens en justice que je dois à la “ vérité de déclarer que ceci est “ absolument contraire aux faits et “ qu'il n’y a jamais eu de partisans “ moins avides de positions offi- ‘‘ cielles que nos amis les catholi- “ ques.”
Voilà le Dr Tupper se montrant touiours le même, Sans préjugés, sans faiblesse, défendant la vérité
avec séqu l’'hor cieu:
pass.
fanai To sa Ca infirr 'epot miers de Ïe faveu derni tyran toujo religi consé parti solide libert protes sont f catho sont leur a sécute
avec énergie, sans craindre les conséquences, sans partialité. Voilà l’homme que des ennemis, peu soucieux de l’honneur ont voulu faire passer pour un fanatique. Un fanatique, l’hon. Dr Tupper !
Toute sa vie politique et toute sa carrière publique sont là pour infirmer cette inculpation, pour repousser cette flétrissure. Ses premiers discours, dans la chambre de la Nouvelle-Ecosse, furent en faveur de la liberté de tous, ses dernières paroles furent contre la tyrannie des consciences. Il porte toujours le respect des opinions religieuses très loin. Il n’était que conséquent quand on le croyait partial. Nous verrons bientôt ses solides discours au sujet de Ja liberté de l'Enseignement. Si les protestants de la Nouvelle-Ecosse sont fiers de l’hon. Dr Tupper, les catholiques reconnaissants, n’en sont pas moins glorieux. Il fut leur ami quand on voulait les persecuter ; il les protégea par nature,
les conseiïlla et leur rendit justice par honnêteté. Homme aux vues larges, il ne sera complètement apprécié, comme tous les hommes de talents supérieurs, du reste, que quand il ne sera plus au fort de la mêlée. L'impartialité commence là où la critique n’a plus de prise.
Or, l’impartialité est l’aurore précurseur du jour de la justice.
Le discours de M. Howe, en réponse à celui du Dr Tupper, surpassa en violence et en fanatisme tout ce qui avait encore été dit dans la chambre. Ce fut une diatribe furieuse et sanglante contre les catholiques. Le grand orateur, feignant un profond ressentiment, blämant le souvernement d’avoir fait fermer les bureaux publics et de s’être servi du drapeau pour les funérailles de Mor Walsh, ne rouœit pas de susciter les discordes religieuses, de descendre bas, de jeter les plus odieuses insultes à ses anciens alliés. La rage perdait l'hon. Joseph Howe ; ou plutôt, sa
ruse ne €1 ment désir parti était contr électi cette mont peupl maux naires facile:
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M. 1} Il disa
ruse ruinait le gouvernement. Il ne croyait pas lui-même aux sentiments qu'il exprimait ; son seul désir était de battre en brèche le parti ministériel ; son unique but était de surexciter les protestants contre le gouvernement, dans les élections qui devaient avoir lieu cette année-là. Les événements montrèrent qu’il visait juste ! Le peuple est ainsi fait : Il se crée des maux réels pour en guérir d’imaginaires. Une population s’excite facilement, maïs ne lui fait pas entendre raison qui veut. M Howe poussait à une guerre de religion !
La Nouvelle-Ecosse n’échappera à ce malheur que par l’habileté, le travail et les efforts du Dr Tupper et de ses amis. L'adresse fut votée par une majorité de cinq voix, après quinze jours des plus acerbes débats possibles ; les discussions religieuses étarit toujours plus envenimées que les autres.
M. Howe connaissait le terrain.
[l disait aux ministres des diverses
sectes religieuses : ‘‘ Voyez, les prêtres catholiques nous gouvernent ! Un étranger meurt, (Mer Walsh}, le gouverneur va lui baiser les pieds et les missionnaires puritains, les premiers martyrs de leur dévouement à notre cause, dorment oubliés dans leur tombeau ! Levez-vous, aidez-nous à reconquérir la position que nous avons perdue ! ” Il n’en fallait pas plus pour rallumer le feu des déchirements intérieurs. Il y avait ici manque de sincérité. Le fanatisme u'étant que le produit de l'ignorance, M. Howe se moquait de ses dupes et ne croyait pas un mot des accusations qu'il lançait en l'air. Il poussait à la tyrannie des consciences ! l’erreur et la »ersécution sont si intimement liées.
Il savait que, du moins jusqu'à ce que la lumière se fif sur ses accusations, sur ce terrain, il y règne-
rait en maître absolu. Dès qu'un,
homme exerce un tel pouvoir et qu'aucune harrière n'arrête sa vo-
lont.
tom} déme.
tatio:
suffit avec avec exigé autre dessu l’into Josep cipes | ruine:
amer Brisé, athlèt obligé de ses char son soleil après tion :
le fans Il est Jouer :
lonté, il est impossible qu’il ne tombe pas dans quelque acte de démence. Howe a terni sa réputation, en cette occasion. Il ne suffit pas à un chef de commander avec talent, il faut encore le faire avec la sagesse et la modération exigées pour les sentiments des autres. Le piédestal élevé audessus des ruines fumantes de l'intolérance, s’écroulera bientôt.
Joseph Howe avait posé des principes de mort, ct semé des causes de ruines ; il n’a récolté que lés fruits amers de ses perfides semences.
Brisé, anéanti, humilié, le vieil athlète, fatigué de ses luttes, sera obligé de reconnaître le triomphe de ses adversaires, de s’attacher au char de ses vainqueurs, de renier son passé, d’adorer le nouveau soleil et de se rallier au Dr Tupper, après l'avènement de la confédération : Saturne détruisit ses enfants :
le fanatisme se suicide lui-même.
Il est toujours si dangereux de jouer avec le feu ! Esprit-versatile