‹ Biographie de Sir Charles Tupper [microforme]Chapitre 6 sur 26 · EE · texte numérisé non relu

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chambre s’ajourna, le 21 mars 1859, après une session de sept semaines, passées en discussions irritan-

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de réconcilier les partis, de ramener l'entente et de faire de nouveau

à régner la paix ! L'heure des élec-

tions générales était mal choisie, à

| cause de la surexcitation popu-

laire.. La majorité, séduite par les déciamations fanatiques de M.

Howe, allait renverser l’adminis-

tration Johnson pour la remplacer g par une autre, prise dans le camp

de ses adversaires. Le gouvernement responsable, avec la position respective des partis dans toutes les provinces du Nord de l’Améri-

Que Britannique,devenait un leurre,

une impossibilité. Un remède y

sera appliqué un peu plus tard.

L Retour des Libéraux (1860-61). Visite

du Prince de Galles.

L'hon. M. Hcwe avait soulevé à

Edessein la population. Les élec-

tions du printemps de 1859 ramenèrent les deux partis, également divisés en chambre. Les Réformistes, prétendant avoir la majorité, anxieux de laisser les froides régions de l’Opposition, sollicitèrent le Gouverneur, dans un mémnire adressé à cet effet, às vouloir bien assembler la chambre au plus tôt.

En juillet de la même année, le Dr Tupper notifia les pétitionnaires au nom du Gouverneur, que celuici ne pouvait accepter d'autre avis que celui de ses aviseurs responsa:

bles. Le Gouverneur restait ainsi dans les strictes limites de la constitutionnalité. Il se maintint dans les bornes assignées aux représentants constitutionnels que l’Anglieterre envoie dans ses colonies.

L'agitation était extrême dans tout le pays : la conduite du comte de } Muilgrave fut diversement appréciée. Mais une connaissance plus approfondie des devoirs d'un représentant de la Reine aurait convaincu tout homme impartial, que

le Gouverneur n'avait fait que son devoir. L'opposition était impatiente : le ministère espérait encore.

L'on se réunit en janvier 1860.

Avant même de vaquer à la nomination d’un Orateur, l’hon. premier ministre déclara que plusieurs députés, élus en fraude de la loi, n'avaient pas le droit de siéger en parlement. Il dénonça nommément tous ces députés ainsi élus, bien que tenant des charges sous le gouvernement, lesquels les rendaient inhabiles à siéger et invalidaient par là même leur électicn.

L'on ne tint pas compte de ce protêt et ces représentants, inféodés à M. Young, encouragés et soutenus par M. Howe, persistèrent à prendre leurs sièges ! Ce fut encore une autre source de trouble pour la province. Le cas n'étant pas :

prévu par les Ntatuts, il fallu admettre ces députés, quitte à les faire disqualifier plus tard.

La gauche, forte de ces adhésions, élut M. Stewart Campbell, son

candidat, à la présidence de la

chambre à une majorité de trois

voix contre M. Wäde, candidat du œouvernement. Ils’en suivit une

lutte constitutionnelle dans la- | quelle, de part et d'autre, l’on montra une grande habileté; le Dr 1 Tupper fut infatigable. Le minis- | tère demanda que l’on fit une enquête sur la légalité de six élections que l’on prétendait invalides, mais il fut encore défait par une majorité de deux voix. Le Gouverneur, avisé de dissoudre le parlement, refusa de se rendre à l'avis de ses ministres ! Ceux-ci avaient auparavant dressé un mémoire qui fut envoyé en Angleterre, et dans lequel ils exposaient leurs vues au sujet de ces élections faites en fraude de la loi. La réponse du Procureur-Général d'Angleterre fut que la chambre seule avait le droit de connaître de ces illégalités et que le remède résidait dans son sein. La fraude électorale était pourtant palpable !

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Avait-on besoin de longues enquêtes ou de procédures judiciaires pour expulser de la chambre ceux qui y Siégeaient illégalement ? [ls étaient des officiers salariés du gouvernement ; leur résignation n'avait pas été même envoyée !

Lord Mulgrave ne crut pas devoir intervenir. L’hon. Secrétaire-Provincial exposa le sujet avec une orande lucidité dans une série de questions proposées aux autorités en Angleterre. Tout fut inutile :

Le remède était inapplicable ; la majorité de la chambre ne le voulant pas. Dans ces circonstances, force fut au ministère de résigner.

L'opposition, composée d'hommes de grands talents, reprit le pouvoir. L'hon. M. Young fut appelé de nouveau à former la nouvelle administration. L’hon. Joseph Howe, échangeant son siége avec son adversaire, le remplaça comme Secrétaire-Provincial. L'honcrable Adams J. Archibald prit le portefeuille de la justice, M. Jonathan

McCulley devint Solliciteur-Général. A M.John À. Anderson échut la position de Receveur-Grénéral, et M. William Annand assuma la charge de Kecrétaire - I'inancier, équivalant à celle de Trésorier de nos jours. MM. Benjamin Weir et John Locke firent aussi partie du Conseil Exécutif. Les rôles seuls étaient changés : la situation restait la même. Le ministère, étant à peine né viable, se borna à quelques mesures d’un intérêt général.

l'attention publique fut bientôt détournée de la politique : l’arrivée du Prince de Galles et les fêtes splendides qui lui furent faites dans les Provinces Maritimes, absorbèrent toutes les idées populaires.

Le 16 juillet de cette même année s’éteignait, à l’âge de quatrevingt-cinq ans, Sir Brenton Halliburton, juge en chef, qui avait longtemps fait partie de l’ancien Conseil de la Nouvelle-Ecosse. Ce fut un grand deuil ; Sir Brenton étant très-populaire dans le pays.

Les fêtes à l’occasion de la visite du Prince de Galles se renouvelèrent dans tout le Canada. À Montréal, le Pont Victoria fut inauguré et l’auguste Prince assista à la pose de la première pierre des édifices parlementaires, à Ottawa.

Le Canada fut favorisé, pendant cette anhée, de la visite de plusieurs grands personnages ; tels que le Prince de Joinville, fils de l’ex-roi Louis-Philippe, et l’auteur de la ‘ France aux Colonies, ” le sympathique M. Rameau.

La législature canadienne siégeait à Québec. George Brown y faisait souvent échec aux conserVateurs. La situation respective des partis politiques était presque la même dans toutes les provinces de l'Amérique Britannique. Un remède allait bientôt devenir nécessaire. Le Dr Tupper sera l’un des premiers à chercher à l'appliquer.

Le 81 janvier 1861 retrouvait les ° Partis presque également par-

tagés. Le ministère, trop faible pour rien entreprendre de mouvrau, s'était contenté de continuer les travaux commencés et de suivre les vues politiques de ses devanciers ! L'Orateur, M. Steward Campbell, ayant donné sa résignetion, M. À. C. McDonald luisuccéda. La débâcle commençait. La nomination du premier-ministre, M. W. Young, à la charge de juge en chef, précipita le dénouement.

Sa succession échoua à l’hon.Joseph Howe. En annonçant cette nou- . velle à la chambre, celui-ci versa une larme de souvenir. Il siégeait depuis 1840 et grand nombre de ses anciens amis étalent déjà partis : Uniake, Archibald, Herbert, Huntington, etc. n'étaient plus.

Et Moore venait lui rappeler que tout était évanoui: tout excepté lui-même. ‘4 T feel like one who trends alone Some banquet hall deserted :

Whose lights are fled, whose garland’s dead, . And all but he departed."

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L'opposition ne s'en laissant point imposer par le ton velouté du chef de la droïte, donna aucun répit au gouvernement. Le député de Cumberland se jeta de nouveau dans la mêlée. Dénonçant l’existence du ministère comme illégale, vu qu'il s'était formé au moyen d’une majorité élue en fraude de la loi, il fit l’histoire de l’administration et de sa manière de gouverner le pays. Il fut sévère, vigoureux, ardent, mais d'une logique tellement implacable que l’on dut menacer de faire évacuer les galeries à cause des applaudissements bruyants et des signes d’approbation aux remarques de l’orateur. M. Howe n'ayant pas de bonnes raisons à opposer, fit ure réplique des plus spirituelles et des plus sarcastiqués. C'était insuffisant ; le ministère déclinait ; le terrain était évidemment miné sous ses pas. La session se passa en escarmouches : La droite fuyant touiours ; la gauche la poursuivant

sans cesse. L’Adresse fut pourtant votée par une majorité de cinq voix, après neuf jours de débats mémorables. Les hons. Johnston et Tupper firent, à cette occasion, des discours qui resteront célèbres. Jamais peut-être l’ex-Secrétaire- Provincial n'avait été plus éloquent, mieux renseigné et plis prêt à répondre à toutes les objections, à appuyer ses affirmations de preuves plus écrasantes, à mieux invalider les .assertions de ses opposants. Ce fut un feu roulant, un pétillement continuel de feu grégeois, des éclats de tonnerre !

Les importations totales de l’année n'étaient que de $8,055,489 et les revenus fort peu considérables, mais le talent ne se mesurait pas à l’importance du pays. Les diseussions, quoique passionnées et in-

fructueuses de cette époque, élici- .

tent le fait qu'elles étaient faites |

par des hommes habitués, bien renseignés, covaincus et animés du désir de promouvoir les intérêts

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nalssants de la patrie. L'or pouvait se tromper sur les moyens employés ; le but était bon. Le Dr Tupper qui, le premier, avait monté à l'assaut au commencement de la session, se retrouva la dernier sur la brèche, à 4h. p. m., le 15 avril, quand Lord Muigrave vint proroger la chambre. L'on

avait inauguré le système équitable et rationel de faire voter les fonds effectués aux divers travaux, en perspective. Des communications avaient été établies entre le Cap-Breton et la Nouvelle-licosse le système de la milice était développé, et à l'occasion de la mort de la duchesse de Kent, mère de Sa Majesté Victoria, la chambre avait exprimé sa sympathie à la Reine

et renouvelé ses sentiments de

loyauté et d'attachement à Ja couronne britannique.

Le ministère fit de louables ef forts pour promouvoir les intérêts du pays à l’exhibit:on internationale de Londres, en 1862 : ses tra-

vaux furent couronnés de succès.

L'associaiion des producteurs de fruits. formée en ce temps-là, contribua grandement à activer cette utile industrie. Ce fut aussi en cetts même année que mourut Hugh W. Blackader, l’un des plus anciens journalistes du pays. Il avait aidé, de tout son pouvoir, le mouvement en faveur du gouvernement constitutionnel. C'était un homme instruit, un esprit simple.

Inspirateur de M. Howe, il acquit une grande autorité dans son parti.

En l’année 1863 des élections générales eurent lieu. Après une des luttes les plus acharnées, le parti unioniste revint victorieux: Il reprit les rênes du pouvoir. Le cabinet fut ainst farmé :

L'hon. J. W. JoHnsToN, Procureur Général ; :

L'hon: CnarLes Turper, Secrétaire.

Provincial ; à

L'hou. W. A. Hexny, Solliciceur-Géncreel, : |

L'hon. James McNas, Receveur-Géncral ; |

L'hon. Isaac Le ViscouTE, Secrétaire- Financier ; :

L'hon Jaues McDoxaun, juge en chef actuel de la Nouvelle-Ecosse, Commissaire des Chemins de fer

MM. John McKinnon, Alexander McFarlane et S. L. Shannon firent aussi partie du conseil.

Aux élections, il avait été question de l’Union des provinces. Le Dr Tupper, depuis longtemps favorable à cette union, agita cette mesure. La lutte fut vive. Une fois de plus, l'énergie, l'activité, le talent et les connaissances du député de Cumberland se manifestèrent. Ne se contentant pas de lutter exclusivement dans son propre comté, il était présent sur tous les points faibles. Parcourant tout le pays, il fut infatigable, La victoire couronna ses efforts. Ses amis purent ainsi reprendre le pouvoir.

Bientôt s’agitera plus vivace que

jamais la grande question de ja

confédération.

: \ DRE AT ee poesie

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