‹ Biographie de Sir Charles Tupper [microforme]Chapitre 7 sur 26 · XXE · texte numérisé non relu

XXE

Situation des partis politiques dans les Possessions Britanniques de l’Amérique du Nord, en 1864.

Bien que le ministère Cartier- McDonald eut doté le pays de plusieurs mesures importantes, telles que la décentralisation judiciaire, la codification des lois civiles, le rachat des droits seigneuriaux, l’assimilation des lois commerciales et criminelles, etc. il dut se retirer, en 1862, pour faire place au ministère libéral McDonal-Sicotte. Le choix de ia capitale, les faveurs accordées au Grand-Tronc et son projet de bill de milice l’ayant dépopularisé.

Le nouveau parti, qui depuis longtemps prêchaïit la double représentation, ne put, arrivé au pouvoir, faire prévaloir ce principe! Les négociations au sujet du chemin de fer Intercolonial entre les délégués des Provinces Maritimes et la Métropole, entraîinèrent ia résigna:

tion de l’hon. À. À. Dorion: il ne

croyait pas le pays capable de supporter les frais d’une pareille entre-

vi prise. Cette retraite affaiblit considérablement le ministère. L'affaire Ayhvard, Vabandon du principe de

er- la double majorité au sujet des

Lu- écoles séparées, la diminution des

les octrois à l’agriculture et aux hôpi-

re, taux, firent perdre confiance ar.

le & public. Un vote adverse de la

as M chambre forca le gouvernement à

s et modifier son personnel: ce qui fut

en fait le 16 mai 1863. Des élections

ère ayant eu lien, les partis revinrent

oix M numériquement les mêmes. La ées motion Sicotte, alléœuant que le de ministère avait été formé en violation du principe de la double majorité, mettant ainsi le Bas-Canada en péril, porta un.coup fatal au cabinet, qui ne fut sauvé que par trois voix de majorité ! Celui-ci dut bientôt abandonrer sä position pour faire place, en 1864, au ministère Taché“Macdonald et à sa coalition future avec George Brown !

Le gouvernement responsable ne

fonctionnait guère mieux dans les petites provinces. Au Nouveau- Brunswick, l’on se disputait les dépouilles, avec avidité. Mais l’esprit public, porté vers le mouyement commercial, désirait ardemment se relier aux contrées de l'Ouest, au moyen d’une grande voie ferrée. Dès 1845, le gouvernement anglais, sous la pression des Colonies, avait envoyé le Major Robinson étudier la mesure. Ce dernier fit üun rapport en faveur de la route du Nord : l’entreprise devait coûter cinq millions. Le Colonial Office refusa de garantir cet emprunt et l'agitation recommença plus intense que jamais dans tout le Nouveau-Brunswick. Le pays se divisa en deux: ce fut l’époque de la “guerre des routes ”.. Les comtés du Nord appuyant le tracé Robinson, ceux du Sud favorisant une ligne longeant la Rivière St- Jean et se dirigeant du côté du Canada, en passant par le territoire des Etats-Unis. H.

Howe s'opposa

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| fortement à ce projet ; son éloquen- | ce ramena Lord Gray qui conseiila

à Lord Elsin, alors gouverneur cénéral du Canada, de réunir les

| délégués de toutes les Provinces à Toronto, üans ie but d’en venir à

une entente, au sujet du chemin de fer Intercolonial. Le -Nouveau- Brunswick refusa de prendre part à cette conférence. Celle d’Halifax n'eut pas plus de succès. La Nouvelle-Ecosse n’inaugura pleinement

le gouvernement responsable qu’en

1855. Mais là, comme ailleurs, il s'y faisait des luttes mesquines de petits intérêts. L’on se querellait

au sujet de petites dépenses, de

salaires de juges, de nominations aux emplois politiques ! On en était encore à l’âge d'enfance parlementaire. Wilmot, Peter Mitchell, J, W. Ritchie, Sir Léonard Tilly combattaient au premier rang. Les partis, présqu'égaux en nombre, ne pouvant effectuer aucune mesure importante, se contentaient d’escarmouches, en attendant une occasion :

dese jeter dans un mouvement, que les circonstances préparaient, pour sortir de leur impasse. Une ère nouvelle allait bientôt se lever.

Un horizon plus large allait s’ouvrir en peu de temps, pour: les provinces Britanniques de l’ Amérique du Nord. Dans l'Isle du Prince Edouard les choses n’allaient guère mieux. La tenure des terres en était la cause; le système y était absolument faux: Il se rapprochaiït de celui de l’ Irlande. Des efforts furent faits pour acquérir les grandes successions de Warrell et Selkirk.

Une commission composée du MM.

Howe, Gray et Ritchie fut nommée par toutes les parties intéressées.

Leur rapport, quoique très-bien élaboré, ne fut point sanctionné par les autorités impériales bien qu’il eût été approuvé parla Législature de l'Ile: ce qui ouvrit la porte à une grande agitation. C’est. sous Sir Dominique Daly, successeur du gouverneur Bannerman et père de Mr Daly, membre distingué de la

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Chambre des Communes du Canada, que Charlottetown fut incorporée, que l’école normale fut ouverte et que le recensement fut fait, en 1855. La population totale de l'Ile n'était encore que de soixante-onze mille habitants. Les partis étant égaux en chambre, l’on dut recourir au seul remède constitutionnel en

| pareil cas : un appel au peuple,

L'administration Palmer-Gray en fut le résultat. Mais comme les catholiques en étaient exclus, le malaise continua jusqu’à ce que le projet d'une Confédération de toutes les Provinces vint faire taire toutes les ambitions sectionnelles et tous les petits intérêts. La grandeur du projet éblouissait : son ampleur absorbaït tout. L'on fit trève à toute autre préoccupation pour ne s'occuper que de cette grande idée déjà passablement ébauchée au sein de la Législature de la Nou-

1 velle- Ecosse.

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