FERNANDO DE CEVALLOS Y LEON
Brevet de Commandeur Grand Oflicier de l'Ordre d'Isabelle la Catholique en faveur de Don NaRCIssE BELLEAU
(Écrit sur le dossier)
Comme Ministre maitre des Cérémonies et Contrôleur de l'Ordre, j'ai fait Inscription,
(Signé) Frs. Mizax y Caro.
| — 27 — de À cette gracieuseté du Monarque d’Espagne, Sir Narcisse répondit par la les lettre suivante au Ministre des Affaires es étrangères, don Bonifacio de Blos, avec la prière de la faire parvenir jusqu’au pied les du trône.
rez ee EXCELLENCE, a J'ai l'honneur d’accuser réception, par e
l'entremise de Don J. M. de Satrustequi, consul général d’Espagne en Canada, à de Québec, de votre lettre du 3 décembre 1871, m'informant qu’il a plu à Sa Majesté le Roi d'Espagne de me conférer la dignité de Commandeur Grand Officier de l'Ordre
ci Royal d'Isabelle la Catholique, comme marque d’aporéciation de ce que j'ai fait pour arrêter le projet des flibustiers contre l'Ile de Cuba, au mois d'août 1871, en les ON. : , . , 4 limites de la province de Québec.
Don Je suis heureux de cette marque inattendue d'honneur ; aussi ma reconnaissance et ma gratitude sont profondes.
Les obligations internationales entre deux peuples dont les intérêts sont multiples, ont été la mesure des démarches dans cette
circonstance, et mon devoir rempli, j'ose offrir à Votre Auguste Souverain mes remerciements les plus sincères, en acceptant l'élévation à laquelle il lui plaît de me faire parvenir.
Je suis avec la plus haute considération, De Votre Excellence, le très humble serviteur (Signéi N.F. BELLEAU, lieutenant-gouverneur de la Province de Québec.
A Son Excellence, Senor Don BoxtFracto DE BLos, Ministre des Affaires Etrangères,
Madrid, (Espagne).
Québec, 15 janvier 1S72.
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SOMMAIRE.—La modestie de Sir Narcisse au milieu de cette longue série de dignités officielles. —Son amour pour les traditions du pays-—Ses fêtes pleines de splendeurs oftertes officiellement.—Son attachement aux amis politiques et consuls étrangers.—Les lettres au sujet du départ de Québec des consuls d'Espagne et de France, et les réponses qu'elles provoquent,
L'amour-propre de Sir Narcisse doit être satisfait de la position que les évènements politiques lui ont faite. Cette longue série de dignités officielles n’ont pas changé ses façons d'agir, non plus que ses idées, et il a raison, car la modestie ne cadre pas avec la vanité orgueilleuse.
Puisse-t-il jouir encore longtemps des honneurs dont il a été l’objet.
Ajoutons que Sir Narcisse n'oublie pas les traditions de son pays. Il se rappelle les antiques fêtes des gouverneurs français, au château Saint-Louis, où l'élite de la vieille cité de Champlain se plaisait à assister avec tant d’empressement, lesquelles fêtes officielles jetaient un
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grand éclat sur le règne des gouverneurs qui les provoquaient.
En changeant de drapeau, la société franco-canadienne n'avait point changé ni de sentiments, ni de langage, et Sir Narcisse,qui le savait parfaitement bien, ne tarda pas à commémorer cetteancienne coutume de réjouissance, en y conviant l'élite de la société des diverses origines, et dont la splendeur et le succès furent très éclatantes, suivant les rapports des journaux du temps.
Sir Narcisse s’attachait facilement aux hommes de bien, politiques ou autres, riches ou pauvres, et son esprit observateur savait distinguer les caractères vrais ou faux.
A peine quelques mois s'étaient-ils écoulés depuis la réception du document espagnol qui le nommait Grand Officier Commandeur de l'Ordre Royal, le Consul d'Espagne, à Québec, auquel était très attaché Sir Narcisse, se trouva dans l’obligation de laisser le consulat, par cause de maladie, ce qui affligea profondément
le lieutenant-gouverneur de Québec. A cette occasion, Sir Narcisse lui exprima sa douleur par cette lettre sympathique, que le cœur seul a pu dicter.
Québec, 16 mai 1872.
MonsIEUR.
J'apprends avec un bien vif regret que vous êtes forcé d'aller demander à d’autres climats le rétablissement de votre santé.
Vous ne sauriez croire combien cette circonstance m'afilige. Votre courtoisie et votre extrême bienveillance ont fait de vous un ami précieux. Je puis vous assurer de plus que cette absence causera un véritable deuil pour toute la population qui a eu l'avantage de vous posséder au milieu d’elle, et qui a su apprécier les belles qualités qui vous distinguent et les nombreux services que vous avez rendus à l’'Espagne,depuis que vous représentez si dignement les intérèts de ce pays dans la province de Québec en particulier. Je me joins à celle-ci pour faire des vœux ardents pour votre prompt retour parmi nous : Car nous ne Fouvons
nous faire à l’idée que vous ne nous serez pas bientôt rendu.
J'ai l’'houneur d'être, Monsieur, Votre très obéissant serviteur, (Signé) N. |, BELLEAU.
Son Excellence
don J. M. SATRUSTEQUI, Consul Général d'Espagne.
Après la lecture de cette lettre, M. le Consul écrivit cette admirable et touchante répouse :
Québec, 17 mai 1872.