DISCOURS DE M. ROUX
MAIRE DE CVSSET
Monsieur le Ministre.
Mesdames.
Messieurs,
Notre antique Cité a revêtu son aspect des grandes solennités.
Celle d’aujourd’hui est particulièrement grandie par la présence de M. le Ministre de l’Instruction Publique.
C’est qu’elle va recevoir le superbe monument, qu’un comité composé d’amis et d’admirateurs, a bien voulu élever, sur cette place publique, à la mémoire d’un enfant de Cusset — M. le Professeur Victor Cornil.
Au nom du Conseil Municipal, au nom de tous mes concitoyens, je remercie chaleureusement ce comité du don gracieux qu’il nous fait ; je l’assure que ce bronze qu’il confie à notre garde sera, en tout temps, l’objet de nos soins attentifs et de notre vigilante sollicitude.
Je serais, certes, mal venu, Messieurs, moi, humble profane, de chercher à vous dire ce que fût le grand savant que nous glorifions aujourd’hui. La vie de travail scientifique qui vaut au plus illustre enfant de Cusset la recon-
naissance et la gratitude de tous, aura certainement tout à l’heure d’éminents panégyristes.
Il ne m’appartient pas d’empiéter sur leur domaine.
J’en ai du reste un autre qui me semble bien à moi et que j’ai le devoir, quoique on puisse en penser, de parcourir tout entier.
Je n’y manquerai pas.
Et, tout d’abord, j’ai voulu savoir, Messieurs, quelle était l’ancienneté à Cusset, de la famille de M. le Professeur Victor Cornil.
L’étude de nos registres de l’Etat-Civil parait nous donner la généalogie suivante :
Vers le milieu du xvme siècle, Pierre Cornil descendit du Vernet et vint s’installer, après son mariage, chez sa femme Marie Getenay. Il était, je ne dirai pas minotier — ce terme n’existait pas alors — mais meunier dans un des moulins de ia ville. Pierre Cornil eut à Cusset, le ier mars 1776, un fils — Antoine Cornil — qui fut percepteur des contributions directes.
Antoine Cornil eût lui - même un fils , le père de M. Victor Cornil — le Docteur Félix Cornil — dont tout le monde ici vénère encore le souvenir, tant il fut toujours bon pour le pauvre et bienveillant pour tous. M. Félix Cornil était né dans cette ville le 9 Brumaire An XI.
Aussitôt après avoir passé sa thèse de doctorat en médecine, il vint s’installer à Cusset, où il mourut le 28 décembre 1879, entouré de l’estime et des regrets de tous ses concitoyens.
C’est de lui et de Reine-Rose Boirot que naquit, près de cette place, le 17 juin 1837, André-Victor Cornil.
M. le Professeur Cornil vient donc du peuple, de ce peuple émancipé et qui s’élève chaque jour par le travail et l’intelligence. Un de ses grands-oncles maternels fut membre des Assemblées de la Révolution.
Son père et son grand-père, sous la monarchie de Juillet, appartenaient, ici, à la bourgeoisie voltairienne et d’opposition libérale.
Politique et Science se donnent la main disait M. Victor Cornil, lui-même, dans un discours prononcé à Paris, le 8 mars 1904. Il est, en effet, difficile de diviser en deux parties bien distinctes une vie si bien remplie que fut celle de notre illustre compatriote ; de parler seulement de l’une de ces parties, sans effleurer quelque peu l’autre. Le comité de ce monument qui l’a tenté, n’a pu y réussir qu’à demi ; il a bien été obligé d’inscrire sur les faces de ce piédestal des dates qui, dans la vie de M. Victor Cornil, ne sont pas toutes des dates scientifiques : 1870 — 1876 — 1885.
Et pourquoi n’évoquerions-nous pas, ici, en ce jour de glorification, ces grandes dates de sa vie publique ?
Est-ce parce qu’il a dû subir, comme tant d’autres, dans sa carrière politique, le vent contraire de la popularité ?
Mais qui donc de nous n’en est pas là déjà ou n’en sera pas là bientôt ?
Est-ce que notre politique, qui a succédé à celle des amis de Gambetta, n’est pas, à son tour, aussi discutée que nous discutions la leur ?
Est-ce que l’idéal social ne s’éloigne pas toujours à mesure qu’on tente de s’en rapprocher ?
Est-ce que ceux qui veulent nous remplacer pour tenter de l’atteindre n’auront pas, eux aussi, leurs contradicteurs ?
Est-ce que nous sommes éternels ? Et qui de nous est sûr de son lendemain ?
M. Victor Cornil a subi la loi commune ; il a eu hier le sort qui nous attend probablement demain. 11 n’en a pas moins été, dans ce département de l’Ailier, le grand chef du parti républicain. Et à ce titre seul, s’il n’en avait d’autres, il aurait droit au salut respectueux de tous les libéraux, de tous les républicains.
Et quoi, parce qu’un jour nous avons cru devoir combattre une politique qui ne répondait plus assez à nos aspirations personnelles, nous ne pourrions pas aujourd’hui acclamer la mémoire de l’homme qui, au 14 octobre 1877, sut grouper autour de lui toutes les forces de la démocratie pour résister au retour prémédité d’un passé qui nous avait valu le démembrement de la Patrie ?
Et quoi, nous ne pourrions pas rappeler avec fierté que c’est ici, à Cusset, qu’est née, en 1869, la première opposition sérieuse que l’Empire rencontra dans le Bourbonnais ?
Nous ne pourrions pas rappeler que Victor Cornil, jeune agrégé de la Faculté de Médecine de Paris, osa, à 32 ans, se mesurer, dans la seconde circonscription de l’Ailier, avec le colosse impérial ?
Nous ne pourrions pas rappeler que, Préfet de l’Ailier, au lendemain du 4 septembre 1870, il républicanisait en un mois les Municipalités de son département, puis abandonnait cette fonction pour garder son mandat de conseiller général ?
Nous ne pourrions pas rappeler que, pendant vingt-cinq ans, il présida ce Conseil Général où il avait été élu, comme républicain, aux élections qui précédèrent la guerre ?
Nous ne pourrions pas rappeler qu’il fut à notre tète aux élections législatives de 1876 et aux élections sénatoriales de 1885, pour mener le bon combat en faveur de la liberté, et qu’il vainquit les anciens partis monarchistes ?
Et pourquoi ne serions-nous pas fiers de lui, nous qui, à ces époques déjà lointaines, le soutenions de nos voix, de toutes nos voix, dont pas une ne lui lit défaut tant que la République fut en danger ?
Oui, je le proclame bien haut, si Victor Cornil fut un grand savant, il fut aussi, à son heure, un grand citoyen.
11 fut dans l’Ailier, au plébiscite, l’àme de la résistance à l’oppression ; il lut le clairon qui sonna la première
charge pour entraîner les forces républicaines à 1 assaut de la forteresse impériale ; enfin, il fut, dans la suite, le vainqueur sans haine contre les vaincus, comme il lut plus tard le vaincu sans haine contre ses vainqueurs.
Et je n’en veux pour preuve que son opinion personnelle ; que ses propres paroles.
Voici, en effet, Messieurs, ce qu'il disait encore, le
8 mars 1904 :
« J’ai toujours eu pour idéal et pour seule foi, le progrès « sous toutes ses formes : scientifique, politique et social.
« En dehors, aujourd’hui des Assemblées parlemen- « taires, j’en suis sorti sans trop de regrets, comme sans « esprit de retour, avec la conviction réconfortante d’y « avoir fait mon possible pour soutenir des lois utiles.
«Je n’en reste pas moins convaincu et plus désireux « de la marche en avant de l’Humanité. Je suis heureux « de penser que beaucoup de jeunes hommes ne sont pas « moins ardents que je l’étais à leur âge »
Entrez, M. Victor Cornil, dans l’immortalité !
Point ne serait besoin de ce monument pour que dans cette cité, berceau de votre enfance, on vénère votre mémoire comme on vénère celle de votre père.
Personne ici ne vous a oublié.
Nous savons tous quels rayons de gloire vous avez projetées sur votre ville natale et combien nous devons être fiers de vous !
Vous avez, dans les sciences, occupé une des premières places ; vous avez, dans la politique, pendant près d’un quart de siècle, rempli le devoir que votre conscience vous dictait.
Vous êtes un Grand Français !
Au nom de la Ville de Cusset, je m’incline devant votre statue et je salue respectueusement votre mémoire.
DISCOURS DE M. S. ARLOING
DIRECTEUR DE L’ECOLE NATIONALE VÉTÉRINAIRE, PROFESSEUR A LA FACULTÉ MIXTE DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE LYON
Monsieur le Ministre.
Mesdames,
Messieurs,
L’animation dont vous êtes les témoins dans cette ancienne et calme cité, les arcs et les mâts dressés sur votre passage, les drapeaux flottant à la façade des habitations, le bruit des fanfares, cet appareil de fête et de réjouissance, vous démontrent que la joie transporte aujourd’hui les habitants de Cusset ; que dis-je, ceux de la région tout entière.
Ils accourent pour s’associer à l’hommage rendu a leur illustre compatriote et, aussi, pour remercier le Comité et tous ceux qui leur permettent de contempler, désormais fixées dans le bronze, la physionomie et la belle attitude de Victor Cornil, du professeur et du grand citoyen qu’ils ont aimé et admiré.
L’empressement qu’ils apportent exprime très nettement leur gratitude; il était donc superflu de leur désigner un
interprète. Cependant, on a voulu donner à un enfant de Cusset la mission honorable et délicate de parler à cette cérémonie et de dire, au nom de ses concitoyens, combien le Comité, la Municipalité et les Anciens Elèves du Collège, en réunissant leurs initiatives et leurs concours, ont su pénétrer le sentiment intime et unanime de nos populations.
Je n’ai pas accepté cette mission sans hésiter, car on pouvait me reprocher une longue infidélité à la terre natale. Pourtant, j’ai cédé aux affectueuses sollicitations de mes amis, encouragé par cette pensée que, malgré mes absences, je restais inébranlablement attaché à notre sol par le meilleur de moi-même : par le cœur et par mes souvenirs les plus tendres.
André-Victor Cornil est né le 17 juin 1837 dans cette ville où son père exerçait la médecine.
De quelques années plus âgé que moi, Cornil était déjà un grand jeune homme, alors que j’étais encore un enfant.
J’ignorerais donc quelle fut sa prime jeunesse, si je n’avais entendu un jour ses confidences, et si nous ne possédions, sur cette période, l’appréciation d’un condisciple.
Par lui, j’ai su qu’il entra vers l’âge de dix ans dans notre vieux Collège, alors reconstitué depuis peu, sous les auspices d’un Maire dont le nom est attaché à une œuvre locale hautement humanitaire.
Sa santé délicate l’obligea à rester longtemps dans cet établissement sous l’œil vigilant de sa famille. Il le quitta pour aller suivre la classe de rhétorique au Lycée de Clermont-Ferrand et terminer ses études classiques au Collège Sainte-Barbe, à Paris.
Par son camarade, j’ai appris qu’il était un condisciple charmant et doux, merveilleusement doué, dont l’intelligence toujours en éveil promettait ce qu’elle a tenu.
Enfant et adolescent, Victor Cornil appelait donc déjà
les sympathies par ses brillantes aptitudes, par la douceur et l’aménité de son caractère. Comme toutes les natures généreuses et bonnes, il voua à la Maison où il avait trouvé de jeunes amitiés, des soins attentifs et à ses premiers éducateurs une reconnaissance qui ne s’est éteinte qu’avec lui. Dans les réunions de l’Association Amicale des Anciens Elèves du Collège, dont il était l’un des présidents d’honneur, il aimait à rappeler ses etudes d antan, le nom de ses maîtres, celui de ses contemporains, les moindres détails de l’organisasion intérieure de l’établissement. Il mettait a son récit un tel accent de sincérité que 1 auditoire était frappé de l’empreinte profonde qu il avait reçue du contact de ses professeurs et de ses condisciples.
Ses études classiques achevées, le jeune Cornil embrassa la médecine en suivant la voie des étudiants laborieux et distingués. Il fut externe et interne des hôpitaux de Paris, puis chef de clinique à la Faculté.
On apprenait qu’au cours de son internat, il allait acquérir à Berlin, près d’un maître dont la réputation était universelle, le Professeur Wirchow, des notions d un ordre très élevé dans le domaine de l’anatomie pathologique.
Il importa ces notions chez nous et s’efforça de les répandre en créant, avec son ami Ranvier, depuis professeur au Collège de France, un enseignement libre en dehors de
la Faculté.
C’est à dater de ce moment que nous entrâmes en relations grâce à des études anatomiques communes. La connaissance se fit dans une propriété de famille située sur le territoire d’une localité voisine où nous partagions nos loisirs entre un sport anodin, la pêche, et une distraction plus sérieuse, l’examen de préparations microscopiques faites à l’aide de procédés de colorations nouveaux qui nous charmait tous les deux par [des révélations [plus ou moins inattendues.
Ici, on suivait avec intérêt, l’évolution scientifique de Cornil. La situation qu’il s’était acquise dans le milieu médical parisien était rapportée et commentée par les étudiants de la région. Elle était pour les habitants de Cusset un sujet de légitime fierté.
Celle - ci s’accrut, encore, lorsque notre compatriote obtint, à la suite des concours de 1869 et 1870, le titre d’agrégé d’abord, puis celui de médecin des Hôpitaux et. enfin, lorsque le vote de ses futurs collègues lui confia la chaire d’anatomie pathologique de la Faculté de Médecine de Paris.
On apprit ensuite qu’il occupait ce poste envié avec une grande distinction ; qu’attentif à tous les progrès et à toutes les innovations, il groupait autour de lui une phalange de nationaux et d’étrangers avides de ses leçons et de ses méthodes ; que le professeur, en un mot, faisait honneur à la Faculté et à la France.
Alors, ce ne fut plus seulement de la fierté, mais de l’orgueil que ressentit notre petit pays. Chacun de nous se croyait grandi parla valeur et les mérites de son concitoyen.
Mais, voici qu’après nous avoir inspiré de la fierté, de l’orgueil même, il nous conquit par sa bonté, son dévouement, son désintéressement.
En effet, la réputation de clinicien dont il jouissait, ainsi que la bonté traditionnelle de sa maison attiraient, dans son cabinet, au moment des vacances, une foule de malades. Son inépuisable obligeance était à la disposition de tous, et tous repartaient avec une prescription savante et, de plus, réconfortés par l’accueil bienveillant qu’ils avaient reçu, par ce sourire aimable, encourageant dont parlait tout à l’heure le Secrétaire du Comité.
Bref, on l’admirait et on l’aimait.
Aussi, lorsqu’il fit appel au suffrage universel, il en reçut toutes les satisfactions qu’il pouvait souhaiter.
Son entrée dans la politique causa quelque surprise chez ceux qui ne connaissaient pas le passé de sa famille. Elle parut, au contraire, toute naturelle à ceux qui n’en ignoraient pas le libéralisme.
Pendant sa vie publique qui fut longue, Corn il n’oublia jamais que la science l’avait signalé à l’attention de ses compatriotes. Jamais il n’abandonna son laboratoire. C’est même souvent jusque-là que ses électeurs allaient lui demander des services qu’il s’empressait de leur rendre dans la mesure de la justice et de son pouvoir.
Faisant marcher de pair toutes ses obligations, grâce a un labeur parfaitement ordonné, le député ou le sénateur participa largement à l’élaboration de plusieurs grandes lois où ses connaissances spéciales l’appelaient au premier rang. Le statuaire a donc été bien inspiré, en indiquant au revers de ce monument, par une sobre allégorie, que le professeur et le savant se dévouèrent aussi à la chose publique.
Victor Cornil appartenait à un groupe de médecins privilégiés chez qui le savant cache un lettré et un artiste.
Une des grandes joies de son esprit était de contempler de belles estampes, de beaux livres. La plus grande, sans doute, était de créer le beau. Aussi n’est-il pas un joli coin du bord de nos ruisseaux ou un coin pittoresque de nos vieilles rues qui n’ait été fixé par son habile pinceau d’aquarelliste.
Quant à sa valeur littéraire, elle s’est affirmée dans sa superbe étude sur Un Patriote Savoisien pendant la Révolution Française où il dépeint de manière saisissante la vie de Charles-Joseph Caffe, cet ardent et audacieux allobroge qui lança le premier cri de la Savoie vers la liberté.
C’était autant de charmes ajoutés à ses éminentes et solides qualités.
Et, par surcroît, nous étions vivement touchés de l’atta-
chement qu’il vouait à notre terre bourbonnaise. Même après la disparition d’un père et d’une mère adorés, même après son renoncement à la vie publique, il venait, chaque année, respirer l’air natal, serrer des mains amies, chercher un réel délassement à ses travaux.
Nous nous sentions étroitement unis à lui par un même amour, celui du clocher, dont les liens, on l’a répété souvent, sont aussi doux que solides.
Si j’ai réussi à exprimer toute ma pensée, à traduire les sentiments qui envahirent peu à peu le cœur de mes concitoyens, vous comprendrez ces manifestations qui en sont comme l’explosion, la satisfaction vive que témoigne la population en votre présence, la gratitude qui éclate de tous côtés pour l’œuvre du Comité, le geste du Conseil Municipal et le beau monument que cette population doit au talent de M. Verlet.
La mission dont je suis chargé, Mesdames et Messieurs, ne serait pas entièrement remplie ni accomplie au gré de la conscience publique, si en cette journée glorieuse pour la famille Cornil, dont je salue profondément les représentants, je n’envoyais un souvenir ému au père qui fut vénéré parmi nous.
Le docteur Félix Cornil était un médecin tel qu’on se plaît à le rêver : d’une tenue et d’une dignité exemplaires, d’un désintéressement sans égal.
Ah ! on le saluait bien bas, lorsqu’on le rencontrait dans nos rues étroites, allant à sa tâche quotidienne, c’est-àdire visiter indistinctement les privilégiés et les pauvres.
Au surplus, non seulement l’atmosphère de bonté qui l’entourait, mais toute sa personne imposait le respect.
Si Victor Cornil a fait, seul, sa gloire scientifique, mes contemporains ne me démentiront pas, si j’avance que les chaleureuses sympathies et les dévouements qu’il a trouvés certains jours dans la région étaient en partie un hommage
rendu à son père, au docteur Félix Cornil. Une place de la Ville reçut d’une Municipalité reconnaissante le nom de ce serviteur des humbles. Celle-ci est consacrée par la Municipalité actuelle à la mémoire de son fils.
Cent mètres à peine les séparent. Ce rapprochement frappera, n’en doutons pas, l’attention de nos enfants. Il leur apprendra, de manière inoubliable, qu une grande famille de Cusset sût mériter la reconnaissance publique et leur suggérera, nous devons l’espérer, le désir d’être à leur
tour des citoyens utiles et bons.
Quoiqu’il advienne, la statue que nous inaugurons, sur le lieu où nous sommes réunis, inspirera à tous de consolantes espérances sur la marche de l’humanité.
Là, se dressait jadis une forteresse aux murailles menaçantes, derrière laquelle s’est abrité quelquefois, aux jours sombres de notre histoire, un monarque défiant et cruel ; elle est remplacée, aujourd’hui, dans le rayonnement de l’air et de la lumière par un monument qui ne leur rappellera plus la méfiance des hommes, mais leur parlera des sentiments les plus nobles que ressent la société moderne pour ceux qui se consacrent a la fraternité et a la liberté, au soulagement des infortunes et a la lutte contre 1 œui re de mort.
DISCOURS DE M. WIDAL