I. HISTOIRE
Wnivers, qui s'appelait, il y a quelques années, l'Univers religieux, a été fondé, en 1853, par M. l'abbé Migne. Celui-ci fut ensuite remplacé, comme directeur, par SI. Bailly, fondateur des conférences de saint Vincent de Paul.
L'Univers a toujours poursuivi, avec une opiniâtreté que rien ne fatigue, le même but, la liberté de l'Église. Ce qu'il veut, ce qu'il réclame, ce pour quoi il combat chaque jour, c'est que l'Église ne soit unie à l'État que par les liens strictement nécessaires et demeure indépendante dans la sphère de son enseignement, de sa discipline et de son gouvernement tout entier.
M. de Montalembert, auquel on attribue, dans le public, une collaboration de conseils à l'Uni-
l'imnkhs. i;.;
n'a exercé une influence dominante à ce journal qu'à une certaine époque, qui D6 fut pas de longue durée. Ce fut en 1840, bous le ministère
de M. Tliieis.
L'inictis est l'ai Iversaire déclaré de l'université.
IF. BIOGRAPHIE
LOUIS YKUIJ.OT rédacteur en chet. Ne à Itaynes (Loiret) en 1 s 1 r, .
M. Louis Veuillot est le fils d'un ouvrier tonnelier. Il ne fut envoyé dans aucun collège et je émis même qu'il n'a jamais mis les pieds dans une école primaire. Ce fut son père qui lui enseigna la lecture et l'écriture. Le reste M. Veuillot l'apprit tout seul : il fut son propre précepteur. A dixhuit ans nous le trouvons rédigeant Y Echo de Rouen, feuille ministérielle, et se faisant déjà remarquer par l'allure vive de sa polémique. Dans l'espace de quinze mois il a deux duels, et au second la balle du pistolet de son adversaire se loge dans la doublure de sa redingote. De Rouen il part pour Périgueux, où il va rédiger le journal ministériel. Là encore il a une ou deux allaites d'honneur. C'est à Périgueux qu'il lait la connaissance du général Bugeaud, dont il est toujours resté l'ami. Au moment où l'administration du f> septembre 1836 fonda la Charte de 1830, elle fit venir a Paris M. Veuillot, qui devint un des plus ictifs collaborateurs de ce journal, auquel travail-
174 l'univers.
laient MM. Malitoume, lloqueplan, et Léon Masson, aujourd'hui préfet do la Somme. Quand la Charte disparut, M. Louis Veuillot prit la rédaction en chef du journal la Paix conjointement avec M. Toussencl. Il ne resta guère que six mois à ce journal. Un des amis de M. Veuillot, M. Olivier Fulgence, lui proposa un voyage en Italie. M. Veuillot accepta et partit pour Rome où il assista aux solennités de la semaine sainte. Le spectacle des pompes du catholicisme agit fortement sur M. Veuillot. A partir de ce moment il changea complètement de manière de vivre et il revint en France converti et catholique pratiquant. Il public alors les Pèlerinages de Suisse, qui vont ouvrir une série de livres où dominera la pensée religieuse. A cette époque, M. Louis Veuillot fut nommé chef de bureau au ministère de l'intérieur. Il n'occupa cette place que dix-huit mois, et il la quitta pour entrer comme rédacteur à V Univers. A l'heure qu'il est, M. Veuillot est rédacteur en chef de cette feuille ; je n'ai point à m'occuper ici de ses opinions et de sa manière de voir; je ne veux pas sortir de mon cadre purement biographique ; mais ce que je puis affirmer en toute sincérité, c'est que M. Veuillot ne s'est pas fait catholique pratiquant, comme on l'en a accusé, par nécessité de vivre. Il a, au contraire, abandonné une place de 5,000 Irancs, pour une position de rédacteur dont les émoluments à celle époque