I. IIISTONŒ
L'origine do ce journal se perd dans la nuit des Il exislaïUutrelois, vers les premiers JOCndfl la restauration, une publication intiUllée les Anhêêu politiques, dont Villenave fut le fondateur. G» journal, grand comme la main, donnait les m m voiles politiques et littéraires, les heures du r. un lier et du lever du soleil et de la lune et quantité de prédictions météorologiques, ainsi que des conseils pour la cuisine bourgeoise.
M. Villenave, seul propriétaire des Annales, les mit M actions, et elles devinrent le Courrier Français. M. Koratry, qui fut depuis pair de France, et qui est aujourd'hui représentant du peuple, accepta le titre de rédacteur en chef, et dès lors les ciseaux de Villenave restèrent oisifs, comme les coursiers d'Hippolyte.
Il existait également en 1820 un journal intitulé la Renommée, que rédigeaient Benjamin Constant, Jony, Lebrun, Pages ;de l'Anége). On songea à fondre les deux journaux. Après de longs pourparlers, dans lesquels le Courrier était représenté par M. Valentin de Lapelouze, un dos principaux
actionnaires, il fut convenu que la Renommée passerait tout entière dans le Courrier.
Tels furent les deux affluents du Courrier, les Annales politiques et la Renommée.
Au commencement il y eut quelque désordre dans la rédaction et l'administration du journal. Tout le monde régnait, mais personne ne gouvernait. On vivait au jour le jour, selon l'inspiration et les besoins du moment, sous la direction d'un comité composé des rédacteurs et des propriétaires, lesquels parvenaient rarement à s'entendre. M. Valentin de Lapelouze démontra au comité qu'un journal, même d'opposition, ne pouvait vivre qu'à l'état monarchique, et il proposa Châtelain pour rédacteur en chef. Châtelain fut accepté. Après cette première défaite le comité se suicida tout a fait en contiant à M. Valentin de Lapelouze la gérance du journal, par acte de société passé en \ 821 , et rédigé par Casimir Périer et M. Vernes, aujourd'hui sous-gouverneur de la Banque. De ce moment datent les beaux jours du Courrier. On sait quelle influence il exerça sur l'opinion publique jusqu'à la fin de la restauration et pendant les premières années qui suivirent 1830- Depuis son organisation définitive jusqu'en 1842, époque où il fut acheté par M. Boulé, c'est-à-dire pendant une période d'une vingtaine d'années, ce journal compta successivement parmi ses rédacteurs Benjamin Constant, Casimir Périer, Gohier, ancien membre
il COI UBB 1 OÂRÇÀIB. 181
du directoire exécutif, Lebrun, Alphonse Habbe, Chfttelain, Corraenin, Félix Hudin, Mignet, l'abbé de Pradi, Adolphe Blanqui, Mahul, Bory deSaint- Viocent, Alexis de lussien, Tardieu, Chambolle, Arnold Scheffer et Léon Faucher. L'abbé dePradt ne participait pas directement à la rédaction, mais il fournissait au journal des notes précieuses qui; ses relations avec les chancelleries le mettaient a même de recueillir.
Un soir que M. Valentin de Lapclouze était a dîner chez M. Laffitle, on lui présenta If. Thiers et son ami Mignet, tout fraîchement arrivés de l'ro- : « Prenez un de ces deux jeunes gens, lui dit M. Laffltte, nous mettrons l'autre au Constitutionnel. » M. Valentin de Lapelouze se décida pour M. Mignet, qui payait plus de mine que M. Thiers. Bntre les deux, le directeur du Courrier ne pouvait avoir la main malheureuse.
La critique dramatique était faite par Moreau, le vaudevilliste, mort du choléra en 1832. Les théâtres fuient alors partagés entre M. Avenel et H. Edouard Monnais, aujourd'hui commissaire national près l'Opéra.
Cette longue prospérité du Courrier Français fut en partie l'ouvrage de M. Valentin de Lapelouze, homme de mœurs élégantes, d'une courtoisie parfaite et d'une aménité de manières qui n'est plus de notre temps.
On connaît le mot de Châtelain mourant : « J'ai
fait pendant vingt ans le même article. » Cette boutade d'un homme d'esprit ne doit pas nous empêcher de reconnaître l'importance des services rendus par le Courrier à la cause libérale. Enfants ingrats, nous faisons un peu comme les fils de Noé, qui riaient de leur père. Pour apprécier la part que prit le Courrier à la lutte contre les Bourbons, il faut se rappeler que ce journal subit en neuf ans vingt-cinq procès politiques, dont trois procès de tendance. Il paya dans le même espace de temps 80,000 francs d'amendes. Ruiné du coup, il allait cesser de paraître, si M. de Lapelouze n'eût vendu une précieuse collection de médailles d'or qui rendirent quelques milliers de francs à la caisse. Vers 1858, M. Léon Faucher prit la rédaction en chef du Courrier.
En 1 842, M. Boulé, imprimeur, acheta ce journal, puis il revendit le Courrier en 1845 à M. le baron de Nivière.
M. de Nivière appela au poste de rédacteur en chef M. Xavier Durrieu , auquel se joignirent Mil. Paulin Limayrac, Molinari et Ducuing. La littérature était représentée par M. Hippolyle Babou et le chevalier Desroches. Le premier, talent plein de puissance et d'originalité, apportait dans le feuilleton des théâtres les excellentes traditions littéraires de la Revue de Paris dont il avait été l'un des bons écrivains. Quant au chevalier Desiocb.es, chargé d'un courrier de Paris hebdoma-
l.i COI IBTII i f «3
daire, on sait quel causeur étincelant se cachait suiis ce pseudonyme. C'était Auguste ftfreux. Aujouid'hui le Courtier Fronçait nVst plus que l'ombre de os qu'il lui autrefois, il est même difficile de démêler son opinion. On sait parfaitement <v qu'il n«'st pis, unis ou ignore es qu'il peut être, u n'est pas républicain. Mais estril légitimiste <mi régentislel tient-il pour Prosdborff un pour GlaremonlT Mystère, src me, abîme!