II. BIOGRAPHIE
EMILE 1)K GUARDIN. Que n'a-l-on pas dit sur et. Emile <lr Girardin, et quel homme en France esl plus connu que lui? Spéculateur audacieux, il a tout tenté, et il a presque toujours réussi. Il est un grand homme pour les uns, il n'est qu'un brouillon pour les autres. Depuis vingl ans qu'il a mis le pied sur le domaine de la politique, il en a à peu près parcouru tous les recoins; M. de Girardin a traversé tous les partis, el cependant on peut dire qu'il n'a jamais cirque de son propre parti. Dans un autre temps, ce serait un signe de Faiblesse; dans ce temps-ci, peut-être un indice de force.
.M. de Girardin, né pauvre et isolé, a conquis plusieurs millions à la force du poignet; il a fait
et défait plusieurs fois sa fortune. On dit qu'il est né en Suisse vers 1802 ou 1803. Il commença à travailler chez un banquier. Ce fut dans les loisirs que lui laissaient ses occupations bureaucratiques qu'il écrivit un livre intitulé Emile, et où il raconte l'histoire de sa naissance et de ses jeunes années. Il abandonna bientôt sa position modeste pour se livrer à des spéculations. Il fonda la Mode et le Voleur. Le premier de ces recueils était placé sous la protection de madame la duchesse de Berri. En 1828, il épousa mademoiselle Delphine Gay, déjà célèbre, et qui devint plus célèbre encore comme femme d'esprit et comme éciivain de talent sous le nom de madame Emile de Girardin. En 1851 , M. de Girardin fonde le Journal des Connaissances utiles, qui atteignit le chiffre fabuleux de cent mille souscripteurs. A partir de ce moment, il se mêle très activement aux affaires commerciales; c'est le temps des mines de Sainl-Bérain, de l'institut agricole de Coëtho, du Physionotype et du Panthéon littéraire, publication pour laquelle il reçut deux cent mille francs du ministère de l'instruction publique , dont le titulaire était M. Guizot. En 183o, il fonde la Presse, et, à la suite d'une vive polémique avec tous les organes de l'opposition, se bat en duel avec Carrel qu'il tue d'un coup de pistolet. L'année suivante, il est nommé député par le collège électoral de Bourganeuf. A cette époque, M. de
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Glrardin est gouvernemental si minisléria) ; cependant il môle déjà & son minislériaiieme quelquei vagues aperçus des doolrinei incision il défend vigoureusement If. Mole contre la coalition parlementaire, et attaque très vivement lt ministère du 1er mars. Au début du iiO octobre, il protège le cabinet, et parait surtout bien disposé pour et Gaizot. M, us après trois ans de ministérialisme, il lait une volte-face et tourne son artillerie contre son allié de la veille; alors il devient un adversaire implacable de M. Guizot, il le liai- Oèle dans son journal, a la tribune, et ne lui laisse plus ni repos ni trêve; à deux ou trois reprises, il annonce que le cbef du cabinet conduit la monarcbie à un abime; quelques jours avant le 24 février, il envoie sa démission de député, et le lendemain de la révolution il est le premier a
Clier confiance. Candidat aux élections d'avril, il
est repoussé par le suffrage universel. Arrive
la dictature du général Cavaignac. La Presse est comprise dans la suspension des onze journaux, et II. de Girardin est arrêté et retenu pendant neuf jours au secret. Il sert enfin de prison, et commence contre le chef du pouvoir exécutif une guerre qui ne se terminera que le 10 décembre. C'est M. de Girardin qui, le premier, pose la candidature de M. Louis -Napoléon Bonaparte à la présidence, et c'est lui également qui, un mois après le triomphe de son candidat, le combat avec
le plus d'acharnement. — Pourquoi ce revirement de fron!? Le nouveau président de la république n'a pas voulu adopter le programme politique qui lui a été soumis par M. de Girardin, lequel se jette définitivement dans les bras du socialisme. Après avoir promené sa candidature à l'Assemblée nationale et à l'Assemblée législative dans un assez grand nombre de déparlements, il est enfin élu par le département du Bas-Rhin.
Telle est en résumé la vie de M. de Girardin qui, pour beaucoup, est encore une inexplicable énigme. Les oscillations de M. de Girardin ne sont pas, il faut lui rendre cette justice, motivées par une ambition vulgaire. M. de Girardin poursuit par toutes les voies et par tous les moyens l'application de son système. 11 croit tenir la vé rite dans sa main et celle vérité, il veut la faire luire aux regards de tous; malheureusement l'époque est sceptique et M. de Girardin est peutêtre condamné à marcher encore longtemps dans les divers défilés de la politique.
Comme homme privé, voici à peu près M. de Girardin lel qu'il nous apparaît : son aspect est peu aimable et cependant il est accessible à toute heure, même cà cinq heures du matin; hiver comme été, il est levé à quatre heures. M. Véron, qui se lève tard, disait à ce sujet : à quoi peut songer un homme qui se lève si tôt si ce n'est à faire du mal aux autres? M. de Girardin est égoïste et cepen-
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d.uit il rend volontiers il est toujours
prêt à Bacrifier ses amis p| cependant il est rare qu'il rompe avec un de ses collaborateurs. Inexplicable nature! au fond, M. de Girardin n'a qu'une ambition, il veut ôlre ministre; à chaque mouvement, à chaque oscillation qui se fait dans la politique, il étend la main pour saisir un portefeuille impalpable. Il disait un jour di v ml ci Vingt-quatre heures de pouvoir valent i (|uc vingt-quatre ans de journalisme. » Hélas! je crains bien que M. de Girardin ne soit jamais ministre. Il est absolu dans ses idées et dans le gouvernement des majorités le pouvoir n'appartient qu'à ceux qui ont les idées de tout le monde.
Minuit DE LA euÉRONNBfcRK, neveu de
M. il'- La Guéronnière qui servait à l'armée dite de la Foi, en qualité d'aide-dc-camp de M. Henri de Larochejaquelein, le père du représentant actuel du Morbihan. Ce fut ce La Guéronnière qui reçut
dans ses bras Larocbejaquelein blessé a mort. M. Arthur de La Guéronnière, rédacteur de la Presse, est âgé de trente-deux ans; il lit, il y a une douzaine d'années, ses débuts littéraires dans un journal légitimiste de Limoges, F Avenir national, fondé et rédigé par son frère, puis il partit pour Clermont où il fonda un journal destiné à défendre le principe de la souveraineté nationale. Son programme politique était un mélange des
idées de M. de Lamartine et de M. de Chateaubriand. Il voulait ramener le parti légitimiste à ce principe de la souveraineté du peuple en rappelant à la noblesse que le mot gentil-homme veut dire homme de la nation, aentis homo. En Février 1848, M. Arthur de La Guéronnière fut nommé commissairede la république dans la Corrèze. Mais il n'accepta pas cette fonction et accourut à Paris auprès de M. de Lamartine, ministre des affaires étrangères , qui le nomma chef de son cabinet. Lorsque M. de Lamartine quitta le ministère des affaires étrangères, M. de La Guéronnière fonda le journal le Bien public, qui lui coûta beaucoup d'argent. Après six mois d'existence, le Bien public disparut et M. de La Guéronnière prit la rédaction en chef d'un nouveau journal quotidien l'Ère nouvelle, qui paraissait sous le patronage du père dominicain Lacordaire.//£Ye nouvelle ne tarda pas à aller rejoindre le Bien public dans la fosse commune des journaux mort-nés. Cependant, au Bien public comme à l'Ère nouvelle, M. de La Guéronnière avait fait preuve d'un remarquable talent, et M. de Girardin s'empressa d'ouvrir les colonnes de la Presse au jeune journaliste qui devint bientôt l'un des écrivains les plus distingués de cette feuille. On a accusé à tort M. Arthur de La Guéronnière d'avoir collaboré, il y a dix ans, à un organe légitimiste intitulé l'Europe monarchique. Ce n'était pas lui mais son frère qui écrivait dan?
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co journal. M. Arthur de La Guéronnière est aujourd'hui rédacteur en chef de la Pt
PKItODKAU). M. Henri Fonfrèdc, à l'époque où il dirigeait le Mémorial Bordtkrf» qu'il devait abandonner bientôt pour \e Courrier de l>i Gironde, disait eu parlant de M. Pérodeaud, son jeune collaborateur: « Voilà un garçon qui ira loin. » Cette prédiction d'Henri Fonfrède avait beaucoup intrigué les amis de M. Pérodeaudqui n'avaient jamais vu en lui qu'un talent très ordinaire; aussi plusieurs étaient-ils convaincus que le grand journaliste gascon avait découvert sur le crâne du débutant politique la protubérance du voyageur. Cependant , si j'excepte le voyage de Bordeaux à Paris, M. Pérodeaud ne s'est jamais signalé par ses excursions lointaines. Il arriva en 1830, aveé Henri Pnnfrede qui venait prendre en main la direction du Journal </c Parti pour soutenir l'édifice assez peu solide du G septembre. M. l'érodeaud lut plus tard rédacteur en chef du Moniteur Parisien, sous le ministère du 15 avril dont M. Mole était le chef. M. Mole le lit nommer secrétaire du conseil d'administration du chemin de fer d'Orléans. Après la chute du lo avril, M. Péri uleaud devint un des actionnaires et des rédacteurs de la Presse. A l'heure qu'il est, il écrit peu et se contente de toucher ses dividendes. C'est un homme bien poi tant qui n'a pas été 1res loin quoi
qu'en ait dit Henri Fonfrède, mais qui a bien su organiser ses petites affaires.
EUGÈNE PELLETAN. Né à Royan en 181 4.
Eugène Pelletan, fils d'un ministre protestant, vint à Paris en 1853, pour suivre ses cours de droit. C'est toujours sous prétexte de droit ou de médecine que les jeunes gens quittent leur province. A peine débarqué, Eugène Pelletan s'informe où est situé le Collège de France et la Sorbonne, et ne quitte plus les cours de Jouffroy, de Laromiguière, de Michelet et de Lerminier. Ses parents lui écrivent pour lui demanderoù il en est de ses inscriptions, il répond qu'il en est à la tri— plicité phénoménale. Il se lie avec les disciples de Saint-Simon, fait des vers, court l'Allemagne, voyage en Italie le sac sur le dos, et rentre en France pour faire sa visite aux phalanstériens qui le reçoivent à bras ouverts. Jusque-là Pelletan n'a pas encore marqué; ce n'est qu'un talent inédit. Il fait la connaissance de George Sand qui lui ouvre les portes de la Revue indépendante. Premier début, premier succès. De là il va à la Revue des Deux-Mondes, mais la figure de M. Buloz l'effraye et il passe à la France littéraire. Déjà on commence à savoir le nom du jeune écrivain. Il devient l'ami de M. de Lamartine, qui le fait, entrer à la Presse. Il y insère d'abord quelques romans peu remarqués. A cette époque Pelletan n'avait
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i ocore trouvé sa voie, il la cherchait avec courage. Sun style se ressentait de l'enflure des premières années. Bientôt il publie ses remarquables critiques signées : Un inc<mnut el ■ moment sa réputation est solideraerrt établie.
il abandonne la Preste pour quelques mois el entrepr nd de fonder un journal quoti lien le Dix neuvième siècle. Ce qui manquait à celte feuille ce n'était pas le talent, mais l'argent, il rentre à la Presse où il reste jusqu'à la révolution de Février. II. de Lamartine lui olïre un commissariat dans les déparlements de l'Ouest, il le refuse et vient prendre place à côté de M. de Lu Guéronnière au Bien public. Porté candidat aux élections générales île J8i8 dans le département de la Charente Inférieure, il obtint une respectable minorité de trente mille suffrages. A l'heure qu'il est, Eugène I'elletan est rentré à la Presse, où il a repris le sceptre de la critique. Je lui reprocherai un peu trop de vivacité dans sa polémique; quelque modération ne nuirait pas à un talent aussi remarquable.
ALPHONSE PEYRAT,néàToulouse. M.Peyrat débuta à Paris au journal la Tribune dont M. Armand Ifarrast était le rédacteur en chef. La ZWbune morte sous les amendes successives, la dcrnière était de 22,000 francs, M. Pqyrat entra au National où il ne resta pas longtemps; puis,
M. Peyrat alla rédiger à Toulouse un journal ministériel ; au bout de quelques mois il revint à Paris et entra à la Presse qui soutenait la politique du gouvernement de Juillet. Ce fut vers cette époque que M. Peyrat entreprit une publication mensuelle : Les Personnalités. Cela eut le sort des plus belles choses de ce monde, cela ne vécut que quelques jours. Depuis février 1848, M. Peyrat a toujours travaillé au journal de M. de Girardin.
PALLIX LIMAYRAC, de Montauban comme Renaud. M. Limayrac débuta en 1853 à VEssor, revue philosophique et littéraire paraissant quelquefois. Celte revue avait été fondée par des étudiants qui prélevaient sur la pension paternelle quelques pièces de cinq francs pour payer le marchand de papier et l'imprimeur. C'était le beau temps de la furie romantique et des vers brisés ; M. Limayrac faisait des vers brisés. Après une année de lutte désespérée, Y Essor s'arrêta. Les essoristes, ne pouvant se passer d'organe, fondèrent la Revue de France, dont M. Limayrac fut élu au scrutin secret rédacteur en chef.
La Revue de France était destinée, disait le prospectus, à faire une terrible concurrence à la Revue des Deux-Mondes et à la Revue de Paris. La Revue de France parut très régulièrement dans un entresol de la rue Guénégaud... pendant trois mois. Pour
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se consoler do la lin prétftaltffée dé ôët brgano discret, M. Limayrac âë lit recèVôif membre de la éàélêid polMgénisiqué. Celte sooiétéélilt en général composée d'étudiante tté première et de dixième, année. Kilo tenait ses séanivs une foH par semaine dans une salle <|ue prétait, moyennant une 1/èS
mince rétribution, le propriétaire crAin cabinet tle
lecture de la rue de t'Odéon. La palingénéaii
cette société consistait, pourchaque membre, à lire et à écouter des vers d'un ruinanlisnie ôdhevl lé. Malheureusement la société palingénésiqUB ne dura guère plus longtemps que la Revue de France. Découragé, M. Limayrac quitta Paris, et alla cacher sa douleur à Moniauban, celle ville chevaleiesque. Vers isio, U lit sa réapparition sur la scène littéraire et publia quelques articles qui ne manquaient pas d'une certaine distinction dans la Jlccue des l)?uj-.\fundes, laquelle, heureusement pour M. Limayrac, ne s'était pas trop ressentie do la concurrence de la Revue de France et de V Essor. M. Limayrac travailla aussi au Courrier français sous la direction de M. Xavier Durrieu, l'homme; le plhs charmant et le plus enrhumé de France. I h 1.S4S, M. Limayrac se présenta aux élections; mais la Constituante n'eut pas l'avantage de le posséder. Depuis un an, il est a la Fre.s*e. M. l'anlin Limayrac est peut-être le plus petit de nos journalistes, sous le rapport de la Lille, bien entendu.
110 LA l'BESSE.
NEFFTZER, Alsacien comme M. Alexandre
"Weill dont nous parlerons plus tard, a commencé à écrire dans un journal de Strasbourg. Taille moyenne, figure ronde, teint pùle, voilà pour le moral. M. Nefftzer est à la fois le chérant lu chournal et le segrédaire te la rélazion. En somme, ce n'est pas un homme sans mérite. Il connaît bien l'Allemagne et écrit d'assez bons articles de poli- 11 pic extérieure. Il a, de plus, la conliance de M. Emile de Girardin qui, toutes les fois qu'on lui parle de son journal, ne manque jamais de dire : o Gela regarde Nefflzer J'en parlerai à Nelltzer.Ce diable de Nefflzer nous a jetés dans une ligne de Jutte à outrance. xM.de Girardin est bien capable de paraphraser un jour le mot d'Alexandre et de dire entre la poire et le fromage : « Si je n'étais Emile, je voudrais être Nefftzer.» M. Nefftzer vient d'être condamné à un an de prison pour le fameux message de la Presse.
ANATOLE LERAY a fait ses études au séminaire, et a reçu les ordres. M. Leray était, il y a quelques années, secrétaire du célèbre père Ventura. Depuis, il a jeté la soutane aux orties, et le pn'-tre défroqué s'est fait journaliste. Du reste la Presse, comme on va le voir par les biographies qui suivent, est peut-être, de tous les journaux de Paris celui qui compte le plus d'anciens prêtres e! de séminaristes dans sa rédaction. Ceci me rap-
LA PKESSE. J (7
pelle que j'ai oublié de mentionner qno M. Alphonse Peyrat a. lui-même, porté la soutane, seulement il n'a jamais reçu les ordres, pas menu les ordres mineurs.
CALLERY ;i fait ses études au séminaire et a été ordonné prêtre. M. Calléry entra ensuite aux M ions étrangères, et fui envoyé en Chine pour convertir les infidèles à la croyance catholique. M. Callery partit pour la Chine; mais comme il n'avait pas précisément la foi qui enlève les montagnes, il se contenta d'enlever le cœur d'une jeune personne et il l'épousa. 11 resta en Chine un certain nombre d'années, et rendit, comme interprète, des services au gouvernement fiançais et au gouvernement espagnol. M Callery a été décoré pu M. Guizot, et il a reçu également de l'Espagne la croix d'Isabelle. Il y a peu de temps qu'il eat attaché ii la rédaction de la Presse.
MOIGXO. Une grosse face rebondie, une parole vibrante, beaucoup d'aplomb et une bonne humeur éternelle, tels sont les traits dislinctils do M. Moigno, qui a également l'avantage d'être un prêtre in partibus. M. Moigno s'occupe , dans la Presse, des comptes rendus de l'Académie des sciences dont il s'acquitte avec un certain talent et avec beaucoup d'esprit. Si l'on lie m'avait pas
assuré que M. Moigno était prêtre, je l'aurais pris pour un offuier de cavalerie en demi-solde.
DfJMONT, ingénieur, un jeune homme de mérite et d'une grande modestie, qui traite les questions ex professo. M. Dumont est depuis un an tout au plus dans le journalisme.
BOXXAL, est l'écrivain qui adressa tant de lettres élogieuses à M. de Girardin. «Vous êtes, monsieur, le plus grand homme de ce temps-ci; permettez-moi de vous apprendre, monsieur, que vous êtes le plus grand homme d'État, le plus grand financier, le plus grand inventeur qui ait jamais existé. » Tel est le résumé des articles de M. Bonnal sur le rédacteur en chef de la Presse. M. de Girardin publiait les lettres de M. Bonnal par politesse, mais je suis certain qu'au fond il était fort embarrassé de cette publication.
THÉOPHILE GAUTIER. Tout le monde le connaît, je n'ai donc que quelques mots à en dire. M. Théophile Gautier a débuté il y a quinze ans dans un recueil à peu près inconnu qui s'appelait la France littéraire, recueil où il publia ses Grotesques, petit chef-d'œuvre enterré. Il fit ensuite paraître les Jeunes France, qui obtinrent un vrai succès; puis Albertus, volume de vers qui en obtint beaucoup moins. Il serait trop long de suivre
î.r. sii.cle. 1 f<)
M. tiautier pas à pas dans sa carrière littéraire. Ba 1886, il entre avec Gérard de Nerval et Ourliac au feuilleton de la Charte de is:;<», puis de là il va à la /Vr.s.se,ut collabore en même lampe au Figon, dirigé par AJphon e Karr. il venait de faire par raitie le plus audacieux et le plus littéraire de ses livrée, liadi moi*M* de Jfotiptn ; plus tard d publie
la ( muait,' Jr lu mort , puis Furtttttio , puis le Hêt Cmimdi, pins d'autres ouvragée dont les titres m'échappent eu ce moment, m. Théophile Gautier l aussi publié ses voyages en Espagne sous lo titre de Tra hs Montes, et son voyage en Italie d'où il est revenu il y a quelques jours à peine. Depuis doute ans il tient le feuilleton dramatique à la Presse, ce qui ne l'empêche pas de publier encore de remarquables travaux littéraires dans la Revue des Dêux-Mondes. M. Théophile Gautier a trente sept ans.