‹ Biographie des quarante de l'Académie Française [microform]Chapitre 14 sur 32 · DESTUTT-DE-TRACY · texte numérisé non relu

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désapprouvé les mesures prises pour empêcher le départ des tantes du Roi. Il répondit à ces reproches, que son amour pour la justice lui avait tracé les règles de sa conduite. Il n'en est pas moins vrai , pourtant , que des raisons d'anciennes relations amicales furent ^ dans l'afFaire de M. de Bouille, les motifs qui le mirent en opposition avec ses opinions politiques.

Cependant, lors du départ de Louis XVI pour Varennes, M. de Tracy avait dénoncé à l'Assemblée les manœuvres qu'on avait pratiquées dans son régiment qu'on avait inutilement tâché de séduire et d'entraîner hors de France. Il jura alors, sans hésiter, d'être à jamais fidèle à sa patrie et à ses nouvelles institutions.

Après la session de l'Assemblée nationale, il fut employé sous les ordres du général Lafayette , en qualité de maréchal de camp. Lorsque, après le lo août 1792, ce général , victime d'une conduite incertaine et de sa politique indécise, fut forcé de fuir la haine de ses ennemis et les accusations multipliées contre lui , M. de Tracy suivit son général et passa dans le camp autrichien. Arrêté à Luxem-^

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bourg, il partagea la captivité de ce célèbre personnage , détenu à Olmutz par ordre de l'empereur d'Autriche, et ne fut rendu à la liberté qu'en 1797.

En l'an VIII ( 1799 ) 7 il f«t nommé membre du Sénat conservateur , fit partie du Comité d'instruction publique et resta enseveli dans ce corps muet jusqu'au i". avril i8l4, où 41 rompit tout-à-coup son silence politique pour voter la création du gouvernement provisoire qui prépara le trône aux Bourbons. Oh a prétendu que Napoléon n'aimait pas M. de Tracy , parce qu'il le classait dans la minorité du sénat, appelée par l'Empereur la faction des idéologues. Rien ne prouve pourtant que M. de Tracy ait jamais opposé autre chose que le silence qui lui était commun avec bien d'autres , aux impérieuses volontés du chef du puvernement. Il fut, en i8o4, créé com- ; mandeur de la Légion-d'Honneur.

Le silence de M. de Tracy et son vote du 1". avril furent récompensés le 4 ]^^^^ i8i4 7 par la nomination a la pairie. Bonaparte étant remonté sur le trône , M. de Tracy resta prudemment dans le silence et la nullité ; et comme il n'occupa aucune place pendant les cent

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jours , il continua à faire partie de la Chambre des Pairs après la deuxième restauration , ou pourtant il ne siégea pas lors du mémorable procès du maréchal Ney.

Lorsqu'au 21 mars 18 16 une ordonnance royale refondit et reconstitua l'Institut , M. de Tracy , qui en faisait à juste titre partie depuis 1808, fut compris dans la docte quarantaine, et resta en possession du fauteuil , où la mort de Cabanis l'avait fait asseoir. Ses ouvrages dont la réputation est européenne, le ren^ dent, ainsi que nous l'avons dit au commencement de cet article , un des plus illustres membres de l'Académie.

M. de Tracy a publié des observations sur le système actuel de rinstruction publique en 1801 ; des élémens d'idéologie en cinq parties, imprimées à diverses époques 5 divers mémoires répandus parmi ceux de l'Institut , et un essai sur le génie et les ouvrages de Mo7i~ tesquieu.

On lui a aussi attribué un mémoire sur cette question : Quel est le mojen de fonder la morale chez un peuple ?

En 1804, il publia une a«a/jjeraMOH«eerfe la morale de tous les cultes. Déjà il avait fait

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paraître un abrégé de l'origine des cultes , de Dupuis , ouvrage beaucoup plus clair et beaucoup plus méthodique que celui de l'auteur. Son système , dépouillé de l'immense et rebutant échafaudage d'érudition élevé à si grands frais , y paraît à nu et dans toute la simplicité d'une hypothèse réduite aux termes les plus précis.

M. de Tracy a aussi attaché honorablement son nom à celui de son illustre prédécesseur Cabanis , en ajoutant à la seconde édition des douze mémoires sur le rapport du physique et du moral de f homme , un extrait raisonné servant de table analytique à cet important ouvrage ; et l'on peut dire de cet extrait , comme Chénier l'a dit de l'ouvrage de Cabanis , dans le rapport sur l'état et les progrès de la littérature en France, que « plus il sera lu , plus on sentira combien de sortes de connaissances , combien de genres de mérites il fallait réunir pour appliquer avec autant de succès l'analyse de l'entendement à la physiologie transcendante et l'art d'écrire à tous deux. »

M. de Tracy passe aujourd'hui les jours paisibles de sa vieillesse dans l'étude et le bonheur de la famille ; ami de la science , sous

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