‹ Biographie des quarante de l'Académie Française [microform]Chapitre 6 sur 32 · HENRI -CARDAN -JEAN -BAPTISTE DE FBESNE · texte numérisé non relu

HENRI -CARDAN -JEAN -BAPTISTE DE FBESNE

comte d' ).

0 pouvoir d'un grand nom l dans l'antre académique , t^ est le premier savant , par ordre alphabétique.

(Les biographes.)

Avant la révolution , conseillei -d'État , avocat-général au Parlement de Paris, prévôt maître des cérémonies, et, depuis .783, grand' oflicier commandeur de l'ordre du Saint-Es- Pnt. Elu en 89 député de la noblesse du baillage de Meaux à l'assemblée des États , ii fut un des premiers de son ordre qui se réunirent

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aux communes ; mais l'année suivante il donna sa démission, et fut remplacé par Dubuat à l'Assemblée constituante. Deux ans après , au moment où une partie de la législature s'appliquait à la réforme de la vieille monarchie , et combinait même ouvertement les moyens d'établir un gouvernement républicain , il fut accusépar Chabot, devant l'Assemblée législative, de tenir chez lui des conciliabules secrets, et de favoriser les menées du parti royaliste ; il eut le bonheur d'échapper à cette dénonciation et de se soustraire aux troubles politiques qui marquèrent cette époque.

Après le i8 brumaire, les consuls l'appelèrent aux fonctions de président du tribunal d'appel de Paris , et ce fut en cette qualité qu'il vint offrir à Bonaparte les hommages et les félicitations de son corps , sur les glorieux événemens de la campagne d'Italie; le magistrat fit une assez longue amplification à ce sujet , et il paraît même que son encens ne déplut pas au vainqueur de Marengo ; car l'orateur passa bientôt de la magistrature aux hautes fonctions de la diplomatie, et fut nommé par le consul mmistre plénipotentiaire en Danemarck, pour soutenir, en ce royaume, les droits et la ma-

AGCjfESSEAU. 3

jesté de la république. Sa mission terminée , il reçut une preuve de la bienveillance impériale, et fut créé commandant de la Légion-d'Honneur, comte de l'Empire et membre du Sénat conservateur. A l'époque de l'invasion de la France, il eut part aux faveurs de Louis XVlII qui l'éleva jusqu'à la pairie; et la noble chambre le nomma membre de la commission chargée du règlement et du comité des pétitions. Pendant l'occupation de l'ex -empereur , l'ex-plénipotentiaire rentra dans l'obscurité de la vie privée dont il ne fut tiré que par le second retour des Bourbons , époque où il reparut à la Chambre des Pairs , et reprit le titre et les fonctions de commandeur de l'ordre du Saint- Esprit.

Malgré cette longue carrière politique et les titres honorifiques dont il fut gratifié sous quatre divers gouvernemens, le comte d'Aguesseau fut à peine connu , même à cette époque si favorable aux illustrations. Nous avons oublié d'énumérer dans ses titres celui d'académicien, qui lui fut conféré en 1789 , et dont il reçut la confirmation par l'ordonnance du Roi du 21 mars 18 16. Nous ne doutons pas qu'il ne soit digne de cette éminente dignité par ses

Il,

^ AGUESSEAU

travaux littéraires , comme il a mérité les autres faveurs par ses services politiques. Cependant les biographes sont obligés de convenir ici de leur ignorance et de l'inutilité de leurs recherches à ce sujet. Ils déclarent qu'il leur a été impossible de découvrir la moindre petite preuve du mérite académique de leur héros. N'importe, la galerie que nous allons parcourir s'ouvre d'une manière assez brillante ; peut-être seraitil assez utile de se munir, par précaution, d'un petit traité héraldique par d'Hosier ou Cherin , afin de blasonner exactement les titres littéraires de nos personnages? Enfin, si M. le comte d'Aguesseau n'est pas le plus illustre des quarante, personne ne pourra contester qu'il n'en soit le plus ancien , et que l'arrière-petit-fils du célèbre chancelier , quoique dépourvu de tout bagage académique , mais escorté et soutenu par des dignités publiques et des aïeux recommandables, ne soit digne d'être le doyen d'une société dont M. Mathieu de Montmorenci est le plus nouvel adepte.

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( FRANÇOIS -GUILLAUME- JEAN-STANlSLAS) ,

Né à Melun en 1755.

yir bonus , dicetidi peritus.

Il débuta dans les lettres par des pièces fugitives, et par une petite comédie intitulée ^/^a^/mandre ( 1783 ), en vers de dix syllabes. Le succès des Etourdis fixa sa réputation; on applaudit avec transport une comédie pleine de verve et qui semblait révéler à la France l'apparition d'un talent comique fort original. Malheureusement M. Andrieux, dans sa carrière dramatique, n'a jamais surpassé ses Etourdis, ^n 1790 il composa avec Guillard, le Quinault de l'époque, un grand opéra intitulé Louis IX y dont Lemoine fit la musique. Il fut représenté

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JS ANDRIEUX.

le i5 juin 1790, et obtint un beau succès, qu'un seul vers faillit compromettre. Au moment où deux Bédouins se préparaient à tuer Louis IX, l'un d'eux disait : Toi, commence; et l'autre répondait : Commence, toi. Dominé par son goût pour la poésie, M. Andrieux publia ensuite une Epitre au Pape^ qui fut vivement attaquée par Fabre d'Églantine. En 17945 il donna un petit opéra intitulé V Enfance de Rousseau, et des stances patriotiques sur Barra et Viala , ces enfans républicains qui étaient des hommes , comme l'a dit Chenier. En l'an 6 (1798), il fut appelé à la carrière législative par la portion de l'assemblée électorale du département de la Seine, séant à l'Institut. Devenu tribun après la révolution du 18 brumaire , il fit diverses propositions dans l'intérêt public ; le zb février 1800 , il fit un rapport sur le projet de loi présenté par le consulat, et tendant à former la liste des émigrés ; après l'adoption du projet, il fut désigné pour aller présenter ce vœu au Corps législatif. Il fut élu secrétaire du tribunat le 21 juillet 1800, et porté à la présidence deux mois après. Le caractère d'opposition indépendante que montra M. Andrieux dans les débats législatifs, indisposa contre lui

le consul Bonaparte qui le fit éliminer du tribunat, lui et plusieurs de ses collègues qui partageaient ses opinions.

M. Andrieux n'a plus joué , depuis cette époque, aucun rôle politique. Ses goûts dominans l'ont rendu aux lettres , qu'il honore par ses talens et son caractère ; et on peut dire, en voyant M. Andrieux et en l'entendant parler , que la chaire de professeur est plutôt faite pour lui que la tribune aux harangues , et que ses habitudes sont celles d'un homme de lettres et non d'un homme d'État. Il a professé longtemps la littérature au Collège de France et à l'École Polytechnique ; c'est dans le premier de ces cours que toute la jeunesse studieuse de Paris voit M. Andrieux et l'entend quelquefois : pendant plusieurs années , les leçons publiques de M. Andrieux ont eu la faveur de la mode ; k trois heures la vaste salle était déjà comble ; la foule escaladait les marches de la chaire , les plus zélés auditeurs se couchaient sous la chaire même , et s'entassaient sur l'estrade derrière son fauteuil. M. Andrieux entrait au coup de trois heures ; on se levait par respect , on se précipitait au-devant de lui, on le portait comme en triomphe

à sa chaire ; là le vénérable professeur, la tête couverte d'un bonnet de soie et enveloppé de sa houppelande, commençait son cours avec un son de voix si faible qu'on désespérait toujours de le voir arriver à la fin. Plus des trois quarts des auditeurs sortaient du cours sans avoir pu recueillir une seule phrase du professeur. Les habitués de l'estrade , favorisés par leur position , répétaient en sortant dans la cour les passages les plus saillans de la leçon , et augmentaient les regrets de la foule, qui ne manquait pas cependant de revenir avec un empressement égal le jour suivant.

M. Andrieux a donné, indépendamment des ouvrages dont nous avons déjà parlé, les deux Sentinelles , comédie (1791); Hehétius , comédie en un acte et en vers ( 1802 ) ; la Suite du Menteur {iSo3)', le Trésor, comédie en cinq actes et en vers (1804), qui fut à peu près sifflée , mais qui fut mentionnée honorablement dans les prix décennaux ; Molière avec ses amis , comédie en un acte et en vers (i8o4); Cours de grammaire et Belles- Lettres (1807) y le Vieux fat, comédie en cinq actes (18 10), et la Comédienne (18 16), pièce' bien écrit^e , mais froide , qui obtint quelque

succès, et qu'on ne joue plus. M. Andrieux a publié encore une foule de pièces de circonstance, et de poésies légères , qui ont eu chacune dans leur temps un grand succès ; elles sont en général pleines de grâce , de philosophie et de sensibilité. Le Meunier de Sans^Souci ^ conte charmant qui renferme une morale si vraie et si juste , est dans la mémoire de tout le monde *.

M. Andrieux est un de ces hommes, si rares aujourd'hui, qui n'ont jamais dévié de leurs principes, que l'or et le pouvoir ont toujours trouvés inaccessibles , et qui n'ont fait aux circonstances que ces légères concessions que la prudence commande , et qui ne déshonorent pas. Depuis long-temps sa voix ne s'était fait entendre dans une séance publique de l'Académie. Il ne pouvait mieux choisir, pour rompre ce silence, que le jour où l'Académie sembla donner quelques signes de convales-

* On lui attribue une satire philosophique intitulée : Saint-Rock et Saint-Thomas , qu'il publia a l'occasion du refus que fit le curé de Saint-Roch de donner la sépulture h Mademoiselle Chaumeroy, danseuse de TOpéra. Cette bluette se dislingue par une grande facilité de versification, assaisonnée d'un grain de libertinage.

cence , en appelant dans son sein M. Casimir Delà vigne. M. Andrieux y lut un discours en vers^ sur un sujet bien ingrat : la perfectibilité humaine. On applaudit, sous les voûtes de l'Institut, quelques vers généreux et philosophiques , qui jaillirent de cette pièce comme les dernières étincelles de ce foyer sacré qu'avaient allumé dans cette société , en des temps plus heureux , Fréret , d'Alembert , Voltaire , Parny et les encyclopédistes aca- (démiciens.

Aux dernières élections académiques, M. Andrieux a donné sa faible voix à M. Viennet seul candidat libéral , dont la candidature aurait passé incognito sans le secours de M. Andrieux,

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AUGER

( SlMON-LOUIS ),

Né à Paris le 29 Décembre 1772.

Sur Pégase et Molière un jour il s'est jeté. Et galope avec eux vers l'immortalité.

M. Auger est un homme d'un esprit fort ordinaire , un peu collet-monté , qui a pourtant du tact , du goût , de l'instruction , tout ce qu'il faut enfin pour briller en un salon , parmi des dames, des militaires , des banquiers , des députés du côté droit et des manufacturiers : si l'on demande ensuite par quel procédé magique, M. Auger s'est élevé au fauteuil des immortels , je répondrai avec tout le monde, et avec M. Auger luimême : Je l'ignore. Quoi qu'il en soit, M. Auger est académicien , il siège aux côtés de Messeigneurs de Paris et d'Hermopolis , et il a sur ses deux confrères l'avantage de révéler périodiquement au public son existence académique,

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en se faisant déclarer président inamovible ; c'est le Ravez de l'Académie. M. Villemain estil présent ? c'est M. Auger qui harangue le récipiendaire; M. Villemain est-il absent? c'est encore M. Auger qui harangue. Un prêtre se présente-t-il ? M. Auger commente ses sermons; un auteur dramatique? M. Auger commente ses oeuvres profanes; on ne peut faire un pas dans l'histoire littéraire du moment , sans rencontrer M. Auger. Pour éviter ce nom, il faut se réfugier dans les bibhothèques des gens de goût qui hsent Molière sans commentaires. Revenons un instant en arrière dans la vie de M. Auger.

M. Auger débuta en 1793 dans la carrière littéraire , en sollicitant un emploi dans l'administration des vivres et fourrages , emploi qu'il obtint , et qui le conduisit ensuite dans les bureaux du ministère de Tintérieur , où il resta jusqu^en 1812. A cette époque, M. Auger se sentit entraîner par une force irrésistible vers la littérature ; pour s'y consacrer exclusivement, il renonça à la bureaucratie administrative, et s'enferma dans son cabinet pour y méditer ses futures créations; il médita longtemps et ne créa rien. Les troubles politiques,

AUGER

les restaurations et les réactions de i8i4 et de 181 5 trouvèrent M. Auger impassible ; dès que les Bourbons furent consolidés , M. Auger reprit son premier métier de solliciteur , et fut assez heureux pour obtenir une place de censeur royal , qu'il remplit avec une honorable distinction. Au mois de février 1816, M. Auger reçut une pension du Roi, et fut nommé membre de l'Académie française , le 1 1 avril suivant.

Maître du docte fauteuil , M. Auger conçut le dessein d'en être digne ; ses anciens titres littéraires se réduisaient à quelques petits vaudevilles siffles , et quelques petites comédies grivpises ; il voulut en produire de plus grands et de plus glorieux ; et , persuadé que le plus sûr moyen d'envoyer son nom h la postérité, est de le placer à côté du nom d'un grand homme , il se proclama le héros de la notice et du commentaire , et farcit de notes et de commentaires nos chefs-d'œuvre dramatiques. Cette rage de commenter lui valut un jour une leçon bien dure , quoique donnée sans mauvaise intention. Il se trouvait en soirée à côté d'un grand seigneur russe, ignorant comme un Russe grand seigneur , mais doué d'un certain bon goût naturel ; M. Auger , qui a un faible pour les

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Russes , comme tant d'autres Français , accablait son voisin de politesses et d'érudition, ne laissait échapper aucune occasion de lui offrir ses services , et mit le comble Ix ses prévenances en promettant au Russe de lui envoyer ses ouvrages le lendemain. M. Auger tint parole ; il n'envoya au grand seigneur russe ni sa comédie sifflée de la Foire de Sentis^ ni son vaudeville hué à' Arlequin odalisque , mais il expédia, par son valet-de-pied, les OEuvres de Molière y avec des notices par M. Auger. Quelques jours après , il reçut du noble tartare la lettre suivante :

« Monsieur Molière ,

» Je vous remercie de l'envoi de vos OEu- » vres ; je suis honteux d'avouer que je ne les » connaissais pas ; elles sont admirables : il n'y )) a jamais eu dans l'univers de comédies qui » aient égalé les vôtres ; quel comique ! quelle » franche gaîté ! quelle connaissance du cœur » humain ! quelle profondeur dans \es carac- » tères! je ne cesse de lire et de relire vos » Femmes savantes , votre Tartufe , votre » École des Femmes, et vos ballets même,

AUGER. l5

» quoique je ne les aie jamais vu danser à l'O- » péra. Maintenant , permettez-moi de vous » faire une petite observation , avec tout le » respect que je dois à votre beau talent : » Pourquoi avez-vous permis à un M. Auger » d'expliquer avec ses notes des passages clairs » comme le jour , et de relever des beautés » que tout le monde apercevrait bien sans » lui. Ces notes m'offusquent la vue quand je » lis vos vers ; elles me gênent et me forcent , » pour ainsi dire , à chaque page , d'abandonner » une de vos beautés pour lire une platitude , )) ce qui nuit à l'effet de l'ensemble. S'il était )) permis de vous donner un conseil , je vous » engagerais à supprimer dans votre seconde » édition ces notes parasites qui arrêtent h » chaque instant le lecteur , et glacent son en- » thousiasme.

» Agréez , Monsieur ,

)) Alexis off.

» Paris, le 1824. »

M. Auger, dit-on, ne répondit pas. Exilé des bibliothèques, du théâtre, de la barre , de la tribune et des salons , l'esprit littéraire de M. Auger s'est tout-à-fait enseveli

Il f

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'^ AUGER

SOUS le dôme des quatre nations ; c'est du fauteuil de l'Académie que M. Auger , pape de la littérature, lance sur les hérétiques romantiques, ses bulles d'excommunication, qu'il admoneste les jeunes récipiendaires dont on conteste l'orthodoxie, qu'il proclame ses statuts en faveur de la religion classique hors de laquelle il n'y a point de salut et de jetons.

MalheureusementpourM. Auger, lesfoudres de l'Institut sont aussi peu redoutées aujourd'hui que les foudres du Vatican; le siècle marche, des idées nouvelles se forment, de nouveaux besoins se manifestent partout : le siècle marche, et la httérature avec lui, laissant dans leurs ornières l'Académie, ses pédans et M Auger; de telle sorte , que le jour n'est pas eloigué, où cette société se trouvant placée tout-a-co«p hors de la httérature, elle se suicidera et que les gens d'esprit qui s'y trouvent par hasard, feront autant d'efforts pour en

sortir, qu'ils en firent pour y entre'r; car la *aveur publique abandonnera tout-i-fait les hommes qu'on aura vu travailler, plutôt dans 1 ntention de plaire .'. M. Auger et à ses trenteneuf collègues, qu'à k France qui Jit, qui paie

AUGER. \n

et qui applaudit. Déjà nous avons entendu un fameux libraire, qui connaît fort bien son métier, et qui sait au juste le taux d'une réputation , dire au sujet de certaine réception : « Le » voilà académicien ^ allons, je ne le tirerai » plus qu'à cinq cents exemplaires. » L'auteur de cette plaisanterie n'en a peut-être pas deviné tout ce que l'avenir lui donnera de force et de justesse ; mais revenons encore à M. Auger , et terminons cet article biographique en rapportant ce qui se passa de remarquable à la mémorable séance oii M. Auger harangua M. Casimir Delavi«ne.

On s'accorde généralement à penser que tous les discours académiques ne sont que de froides plaisanteries débitées d'un ton sérieux; l'orateur, lancé dans les hyperboles d'usage , ne parle jamais par conviction ; personne n'est dupe de cette espèce de charlatanisme de fondation, et quand on entend ces mots : L académicien que nous pleurons ; la perte irréparable que nous avo?is faite ; mon zèle suppléera au défaut de mes talens ; chacun déjà sait à quoi s'en tenir là-dessus, l'orateur, les collègues et le public 5 dans cette séance dont nous parlons, M. Auger fit du défunt,

AUGER

M. Ferrand , un Montesquieu et un Sophocle , c'était au mieux ; mais voici où il abusa de la licence des orateurs académiciens ; nous allons citer.

(( Monsieur (dit-il à ce jeune récipiendaire), » une circonstance glorieuse a marqué votre » élection , c'est la presque unanimité de ces » suffrages qui se sont réunis en votre faveur » du premier coup et sans la plus légère hési- » tation ; il faut sans doute l'attribuer princi- )) paiement au nombre et à Féclat de vos suc- » ces , mais il est juste aussi d'y voir un fait » honorable pour l'Académie elle-même ; rien » n'est plus propre à démontrer que ces tristes )) dissentimens qui divisent la société, n'exercent )) point leur fâcheuse influence sur nos votes ;

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