FONDS DES ÉCOLES COMMUNES
J'espère que nous réglerons bientôt, et d'une manière finale, les comptes pendants entre notre province et celle d'Ontario au sujet du fonds des écoles communes. Sans le mauvais état de santé qui m'a forcé à m'absenter du pays durant quelques mois, ce règlement serait probablement terminé, comme nous avons terminé celui que nous avions à faire avec la ville de Montréal et qui nous a donné $125,000. Mais ce n'est que partie différée, et avant quelques mois la province sera en possession de ce qui lui revient de ce chef.
Nous avons déjà reçu $100,000 en à compte ; mais la législature d'Ontario a, durant sa dernière session, adopté une loi pour favoriser un règlement final, et nous sommes déjà en correspondance, les deux gouvernements, en vue d'une entente définitive, quant au choix d'arbitres qui devront décider, en dernier ressort, cette question importante et pendante depuis au delà de trente ans.
l'hon. m. mercier 547
frontière de québec
Nous nous proposons de nous occuper spécialement de cette question et la conférence interprovinciale s'est prononcée en faveur de la province de Québec, à cet égard. Toutes les explorations faites jusqu'à ce jour établissent clairement que le territoire situé au nord de la province de Québec renferme de grandesétendues susceptibles de colonisation et des sources de richesses variées. Les bois, les mines et les pêcheries pourraient fournir à l'industrie le champ d'une exploitation considérable, principe^ lement dans la région comprise entre le lac Mistassini, la baie. James et le lac Abbitibi.
Toute cette contrée a été explorée ou visitée pour la première fois par le P. Albanel, de la compagnie de Jésus, un des membres de cet ordre illustre qui a tant contribué à répandre les lumières de l'Evangile et les bienfaits de la civilisation dans toutes les parties du monde l>arbare. Le P. Albanel s'est rendu en 1672 àla baie d'Hudson, en passant par le lac Saint Jean et le lac Mistassini et voici ce qu'il écrivait à ses supérieurs, des rives de cette? «rninde mer intérieure :
" Ceux-là se sont trompez, qui ont crû que le climat estoit inhabitable, soit à raison des grands froids, des glaces et «les neiges,, soit par le défaut des bois propre à se bâtir eb à se chauffer. Ils n'ont pas vu ces vastes et épaisses forests, ces belles plaines et ces grandes prairies qui bordent les rivières en divers endroits,, couvertes de toute sorte d'herbage propre à nourrir le bétail ; je puis assurer qu'au quinziesme de juin, il y avait des roses sauvages et aussi odoriférantes qu'à Québec, la saison mesme m'y paroissoit plus avancée, l'air fort doux et agréable. Il n'y avoit point «le nuit, quand j'y estois, le crépuscule n'estoit point encore Hny au couchant, quand l'aube du jour paroissoit au levant du Soleil."
Cette contrée, révélée au monde par un des illustres tils cie Loyola, appartient à notre province. L'exactitude des renseignements fournis par le P. Albanel a été corroborée par plusieursexplorateurs anglais, entre autres Ellis et Robson, etplùsrécetn-. ment par le Dr Bell, un des inemSres L\s plus distingués de ta.
commission géologique du Canada. Comme le P. Albanel, le Dr Bell affirme que cette région renferme de grandes régions susceptibles de culture avantageuse, d'immenses forêts susceptibles •d'exploitation, divers minéraux de valeur, notamment des mines •de fer spath ique d'une richesse inépuisable.
Ce territoire nous appartient : la décision obtenue devant le Conseil Privé en 1884, p»r mon honorable ami, le premier minisître d'Ontario, quant à la frontière nord de sa province, règle Aussi, du moins en principe, la question pour la province de Québec. Nous nous proposons de profiter de cette décision pour ajouter à notre province une étendue plus grande que sa superficie actuelle, c'est-à-dire, environ 300,000 milles carrés. J'ai déjà soumis la question à la législature de Québec en 1885, et il a été nommé un comité chargé de l'étudier : nous allons profiter de l'ouvrage de ce comité et de la décision du Conseil Privé pour • régler la question d'une manière finale et conforme aux droits comme aux intérêts de la province. La province de Québec est propriétaire de ce vaste territoire et elle va le réclamer.