‹ Biographie, discours, conférences, etc. de L'Hon. Honoré MercierChapitre 111 sur 145 · NOUVEAUX SUBSIDES DE CHEMINS DE FER · texte numérisé non relu

NOUVEAUX SUBSIDES DE CHEMINS DE FER

La politique inaugurée par nos prédécesseurs en 1882 et en 1886, relativement aux chemins de fer, étant incomplète et injuste, devait être abandonnée ou complétée. Nous avons cru qu'elle avait engagé trop d'intérêts et créé trop de droits acquis pour pouvoir être abandonnée sans danger pour la province et •sans ruiner certaines compagnies. Nous avons donc décidé de «compléter cette politique, et vu les ressources additionnelles mises m notre disposition, de faire disparaître les lacunes qu'elle avait laissées et de remédier aux injustices qu'elle avait commises. •Nous nous efforcerons de faire droit à toutes les justes réclamations, sans trop obérer le trésor public, et surtout, sans demander <le nouveaux sacrifices aux contribuables. Nous espérons que notre politique à cet é^ard, rencontrera l'approbation de tous les Sommes bien pensants et contribuera considérablement à assurer Je véritable progrès du pays.

l'hok. m. mercier 549

biens des jésuites

Le règlement final de la question des biens des Jésuites a été souvent demandé par les autorités religieuses ; durant les dernières vingt années, nos prédécesseurs, qui avaient dans plusieurs occasions promis de faire ce règlement, ne l'exécutèrent jamais, pour des raisons faciles à comprendre. Nous croyons que le temps est venu où il faut en finir avec cette éternelle question et nous avons décidé de l'aborder et de lui donner une solution pratique, propre à faire desparaître des causes sérieuses de malaise général.

Nous ne nous faisons pas illusion sur le nombre et l'importance des difficultés que la solution de cette question présente ; mais nous croyons que l'opinion publique demande qu'on fasse disparaître, au moyen d'un arrangement équitable avec les parties intéressées, les causes permanentes de trouble que l'état de choses actuel a produit.

Il n'y a encore rien de décidé quant au mode de règlement, sinon que le principe de la restitution est abandonné par qui de droit, et remplacé par celui d'une compensation raisonnable à être déterminée plus tard. En attendant, nous allons procéder à la vente du terrain de l'ancien collège des Jésuites, à Québec, qui, •comme on le sait, se trouve depuis des années dans un état à faire honte àtune ville civilisée. L'hon. M. Chapleau, nous assure-t-on, avait offert en 1880 de payer $100,000 aux autorités religieuses pour ce terrain, mais l'offre n'a pas été acceptée, pour des raisons •qui seront connues plus tard.

Nous sommes heureux de pouvoir annoncer qu'il n'y a plus •d'objection à la vente de ce terrain et que nous allons la faire prochainement. Le produit sera considéré comme un dépôt spécial entre les mains du gouvernement, qui en percevra les intérêts jusqu'au règlement final. Il va s'en dire que ce règlement ne pourra être fait sans accorder à la minorité protestante de la province une compensation légitime, proportionnée à sa part de sacrifices à cet égard.

Page 1