NOS SURPLUS
Nous avons donc employé le produit de l'emprunt au paiement des dettes ou des obligations contractées par nos prédécesseurs ;
l'hon. m. mercier ' 57$
nous avons même employé à cette fin une partie des surplus que nous avons réalisés depuis 1887. Je n'ai pas besoin de vous dire que ces surplus font mal au cœur de nos amis de l'opposition, qui se donnent un mal incalculable pour embrouiller le choses et nier un fait aussi patent.
La question est pourtant bien claire. Du premier février 1887 au 31 décembre 1888, nous avons payé à compte du capital, $4,381,- 401.49, et nous n'avons reçu à compte du capital, durant ces vingttrois mois, que $3,925,339.10. Nous avons donc payé $456,062.39,. de plus que nous n'avons reçu. Où avons-nous pris cet argent ? Tout simplement dans l'excès des recettes ordinaires sur les dépenses ordinaires. Pas un homme sensé, ayant la moindre notion des affaires de la comptabilité, ne saurait contester un fait aussi clair. Si méchants qu'on nous dise, nous ne sommes pas sorciers, nous ne vendons pas la poule noire, et comme il n'y avait pas d'autres ressources pour solder ces $456,062.39 d'excédent de paiements à compte du capital il faut bien admettre que nous avons pris cette somme sur l'excès des recettes réalisées dans les opérations ordinaires.
Ce n'est pas tout. Le 31 décembre 1888, nous avions en caisse, en sus des argents destinés aux compagnies de chemins de fer,, une somme de $262,018.38. En ajoutant cette somme aux $456\- 062,39 que je viens de mentionner, on arrive forcément à la conclusion que, durant ces vingt-trois mois, nous avons réalisé dans les opérations ordinaires des excès de recettes s'élevant en totalité à $718,080.77.
Comme vous pouvez le voir, la situation n'est pas précisément désespérée, et si ces messieurs de l'opposition font tant de tapage à propos de la situation de nos finances, c'est tout simplement pour jeter de la poudre aux yeux du public et l'empêcher de voir clairement un état de chose aussi glorieux pour nous qu'il est écrasant pour eux. Au lieu des déficits qu'accusaient tous leurs budgets, les nôtres accusent des surplus qui nous permettent de payer leurs dettes et de mettre encore de l'argent de côté.