DÉCEPTION
Je ne cacherai pas, monsieur, la pénible impression qu'a produite chez moi le débat actuel. Je croyais que l'assemblée législative de la province de Québec représentait avant tout une population française et catholique ; je croyais que les auteurs de la Confédération, ceux qui ont* fait pour nous ce pacte fédéral, avaient eu au moins la prudence de nous réserver dans le Canada qu'il s'agissait de créer, un asile où pourraient se réunir quelquefois, sans danger et sans menace, les amis de notre nationalité, un asile sacré au sein duquel nous pourrions, à l'ombre protectrice de la nouvelle constitution, parler français et exprimer des sentiments français.
Oui ! on nous le disait en 1865 : " Ls^ province de Québec res- 44 tera française et placée au centre de la confédération, dont elle 44 sera le cœur, elle pourra défendre les français disséminés d'une 44 extrémité à l'autre du pays, et si jamais un des siens est per- 14 sécuté dans le coin le plus reculé de ce grand pays, elle pourra <4 faire entendre sa voix puissante et écraser l'oppresseur."
l'hon. m. mercier 235