RÔLE ET FÉROCITÉ DES ORANGISTES
On a entendu des députés dire : Qu'est-ce que les orangistesont eu à faire avec cela ? Que les orangistes aient donc le courage de leurs convictions. Puisqu'ils veulent voter contre nous, au moins qu'ils votent à masque découvert et qu'on les voie. Les orangistes ont passé résolutions sur résolutions pour demander la tête de Riel. Si les orangistes veulent nous gouverner, il est bon qu'on le sache. Voici les résolutions que six loges orangistes ont passées demandant la tête de Riel. On va voir si les orangistes qui disent aujourd'hui qu'ils n'ont rien eu à faire avec cela ne s'en sont pas mêlés.
Je prends le résumé suivant d'un excellent discours fait à Ottawa par un député conservateur :
" lï Orange Sentinel du 6 août 1885, quelques jours aprèsl'exécution et avant que la question de la folie de Riel ne fût réglée autrement que par ce qui ressortait du procès, disait les paroles suivantes :
•• Nous soutenons qu'il est du devoir du gouvernement de ne 41 pas prendre en considération cette recommandation à la clé-
mence, mais au contraire, dans l'intérêt de la Puissance toute entière, de laisser la loi suivre son cours."
La Sentinel continue à argumenter en faveur de l'exécution <le Riel, parce que :
"Il a commis un meurtre des plus détestables et des plus "" atroces sur la personne d'un loyal sujet protestant." (Le nommé Scott.)
" S'il l'avait commis sur la personne d'un papiste, la chose aurait été pour le mieux, mais il l'a commis sur la personne d'un sujet protestant.
" Le sang de ses nombreuses victimes crie vengeance."
Le 10 du mois de septembre, la Sentinel dit :
" Riel a subi son procès et a été convaincu d'une manière im- " partiale et la sentence de la cour doit être exécutée."
Un correspondant qui signe un Deputy Master of Loyal Orange Loge No 1041, Chatham," disait le 29 octobre 1885:
" Comme représentant du corps orangiste, je désire rappeler à "" Sir John Macdonald, qui fait aussi partie de la même société, " qu'une grande responsabilité lui incombe, en ce qui concerne le <l sort de Riel. Si Sir John venait à s'interposer pour obtenir le ■" pardon d'un homme convaincu pour la seconde fois de rébellion et du meurtre de Scott, il ferait de la justice une pure moquerie, etc."
Le 29 octobre, le rédacteur du même journal disait :
" En s'efforçant d amener le gouvernement à comprendre la " nécessité de pendre Riel, lorsqu éclata la première insurrection % " sous sa direction personnelle, un homme, dont le seul crime était " sa loyauté à la couronne britannique, a été égorgé sans l'ombre " d'une raison. Le sang de Thomas Scott crie encore justice."
Le 6 novembre 1885, le frère Morton, dans une assemblée de la Loyal Orange Lodge, No 821 a dit:
"Et cet archi-rebelle restera-t-il libre, tandis que tant de <; loyaux orangistes ont arrosé le sol de leur sang pour soutenir " l'autorité de la Reine ? Jamais. (Vifs applaudissements.) Et " le plus tôt le gouvernement de Sir John Macdonald comprendra " les véritables sentiments des orangistes sur cette question sera
ti
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le mieux. J'ai été heureux de voir dans les discours du County Master Somers, du District Master Wilson et des frères Graham " et Low, la détermination qu'ils ont exprimée, que si le gouverx< nement permet à Rome de s'ingérer dans cette affaire et de " procurer un sursis à cet archi-traître, le parti conservateur ne "" doit plus compter sur leurs services, bien qu'ils aient travaillé " et voté pour lui depuis de longues années."
Le 10 septembre, à une réunion régulière de la Loyid Orange Lodge, Xo 884, tenue à Hamilton, la résolution suivante a été unanimement adoptée, sans une seule voix dissidente :
" A l'assemblée régulière de la L. O. L. No 884, Merriton, tenue dans ses salles, le 2 septembre, la résolution suivante a été 'adoptée à l'unanimité :
" Il est résolu que nous, membres de la loge ci-dessus mentionnée, croyons que Riel, l'archi-traître des Territoires du Nord- Ouest, avant été accusé et convaincu du crime de haute trahison et condamné, la sentence doit être mise à exécution et Riel exécuté, et en autant qu'il sera en notre pouvoir de le faire comme électeurs, nous nous opposerons constitutionnellement à tout gouvernement qui commuera la dite sentence ou interviendra -pour V empêcher d'être mise à exécution.
" Signé au nom de la loge,
" Wm. Smith, W. M.
" T. W. Wilson, Sec."
Voilà un ordre pur et simple. La sentence passée contre Louis Riel, juste ou injuste, qu'il soit sain d'esprit ou insensé, doit être exécutée, autrement tous les orangistes de la loge voteront contre le gouvernement. Sans aucun doute cette résolution a été envoyée au frère Sir John Macdonald, qui ajoute à ses autres dignitées celle de " Chevalier de la Pourpre Royale " (Knight of the RoyoU Scartet.) Il fallait obéir à cet ordre ; on y a obéi, et Riel a été pendu en ol)éissance à cet ordre. Un membre de L. O. L. No 963, écrit à la Sentinel en septembre 1885, et déclare :
" Que si Riel n'est pas exécuté, les candidats conservateurs perdront presque tous leurs supports dans la péninsule."
A une assemblée régulière de la L. O. L. No 1457, Nelson Manitoba, il a été résolu :
" Que nous refuserons de supporter tout gouvernement qui ne verra pas à ce que la justice soit rigoureusement appliquée à tous ceux qui ont été engagés dans la rébellion."
La L. O. L. No 1505 a adopté, le 22 septembre, la résolution suivante :
" Que cette L. O. Lodge insiste fortement auprès du gouvernenement sur l'importance de mettre ces décisions à exécution sans délai." etc.
A une assemblée tenue le 22 septembre 1885, dans la salle de la loge de la ville de Dunmore (L. O. L. No 1499,) la résolution suivante a été passée :
" Que nous, comme membres de la L. O. L. No 1499, voyons avec défiance l'aotion du gouvernement, par l'entremise du gouverneur-général, en accordant un sursis à cet archi -traître, Louis David Riel, et que c'est effectivement une tentative faite dans le but de tromper les fins de la justice. Nous refusons, en conséquence, de supporter tout gouvernement qui interviendrait ainsi et permettrait à ceux qui sont impliqués dans la rébellion du Nord-Ouest d échapper à la pénalité d'une juste sentence."
La résolution suivante a été passée par la L. O. L. No 300 :
" Que nous, comme orangistes, voyons avec un sentiment de crainte et de regret la situation présente de la question Riel,. qui bien que condamné à être pendu le 10 du mois dernier, vit encore.
" Nous recommandons fortement qu'on ne permette aucun subterfuge et qu'aucun délai ne soit accordé qui permettrait à ce chef rebelle, justement condamné, d'échapper au châtiment Nous désirons aussi formellement que nos frères, par tout le Canada, s'unissent pour empêcher qu'aucun outrage ne soit fait dans cette question à notre Reine et à notre pays, que nous, comme orangistes, nous nous sommes unis pour chérir et protéger."
A une assemblée régulière de la L. O. L. No 80, Peterborough, tenue le 3 novembre 1885, la résolution suivante a été* passée :
" Que la L. O. L. No 80, voit avec regret les obstacles suscités*
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dans le but d'empêcher la juste peine d'être appliquée sur lechafaud au rebelle Riel pour ses nombreux crimes, et que cette loge est d'opinion qu'aucun autre sursis ne devrait lui être accordé, mais qu'il devrait souffrir la dernière pénalité de la loi et être pendu pour l'accomplissement de la sentence portée contre lui, et quinte copie de la présente résolution soit transmise au Très H on. Sir John A. Macdonald.
W. Jamiesox, Secrétaire."
A une assemblée de la L. O. L. No 425, tenue le 5 novembre 1885, il a été résolu :
" Que nous, comme loyaux sujets de Sa Gracieuse Majesté la Reine, croyons qu'il est de notre devoir de nous efforcer de faire comprendre à nos représentants au parlement la nécessité d'une administration de la justice honnête, virile et dénuée de crainte, au sujet de l'exécution de Louis Riel, justement jugé, deux fois condamné et ayant subi sa sentence comme archi-rebelle et comme meurtrier."
Le temps ne me permet pas de lire toutes las résolutions, même toutes celles qui sont en ma possession. Non seulement j'accusece gouvernement d'avoir été influencé par le corps des Orangistes Loyaux, mais encore, et cela à la honte éternelle de cette société, à peine l'âme de Louis Riel eut elle paru devant soit Créateur, qu'ils se réjouissaient déjà de l'outrage qui avait eu lieu sur l'échafaud de Régina.
A une assemblée régulière de la L. O. L. No 1528, tenue à Moosomin, quatre jours après l'exécution, la résolution suivante fut passée :
" Que nous, membres de la L. O. L. No 1528, félicitons par la présente le gouvernement d'avoir mis à exécution la sentence de mort passée contre l'archi-rebelle et traître Louis Riel, et que le sang de notre frère Scott assassiné est enfin vengé, après quinze ans ; et que nous nous engageons à soutenir le gouvernement qui a prouvé que justice serait faite à toutes les classes, quelle que sjit leur croyance, et de plus, si aucun trouble s'élevait grâce à l'intervention des catholiques français ou romains dans l'administration de nos lois ou droits, nous supporterons le gouverne-
ment et notre constitution et nos lois, même jusqu'à répandre notre sang pour la défense de ces dernières."
Non satisfaits d'avoir exécuté Riel, ils se sont assemblés en un conclave solennel et ont passé une résolution, félicitant le gouvernement sur la tragédie qui venait d'avoir lieu.
A une assemblée régulière de la L. O. L. No 1222, la résolution suivante fut passée :
" Que nous, membres de la Boyne L. O. L. No 1222, ici assemblés, désirons exprimer notre satisfaction de ce qu'on ait permis à la loi de suivre son cours dans le cas de Louis Riel, le chef de la dernière rébellion au Nord-Ouest, qui lundi, le 16 novembre, a subi la peine due à ses nombreux crimes, et qui était responsable de la perte de nombreuses vies d'une grande valeur, parmi lesquelles étaient deux des membres de notre noble ordre."
Un manifeste a été lancé par le Royal Black Chapter of Western Ontario, et dans ce manifeste apparaît le langage suivant :
" Nous croyons qu'à aucune époque de notre histoire comme Grand Black Chapter nos principes de loyauté, d'amour et de dévouement n'ont été plus confirmés que dans le moment présent, alors que des artifices comportant haute trahison sont mis en jeu d'une manière si blessante et alors que le Romanixme s incline d'une manière aussi énergique dans nos institutions civiles, et alors qu'un rebelle de ces derniers temps, un traître indigne de notre pays est élevé comme un saint et un martyr, béatifié par une grande partie de la presse libérale, par le Globe luimême, essayant de renverser le monde sur l'axe de l'agitation infecte de Riel.
" Jamais il n'a été plus nécessaire pour nous d'être sur nos gardes, qu'aujourd'hui, à cause de la politique agressive de nos vigilants ennemis, et cela surtout lorsque non seulement les hommes sont en danger, mais même nos institutions. Mais nous sommes persuadés que celui qui règne dans les cieux rira, le Seigneur les tournera en dérision."
Monsieur le Président, je vais plus loin; j'accuse le gouvernement et le premier ministre de ce gouvernement, le jour de l'exécution à peu d'heures d'intervalle de cet événement (la pendaison de
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Riel) d'avoir reçu plus d'un télégramme de maîtres de loges orangistes, déclarant: "Bien fait ! bon et fidèle serviteur, noiw voterov* ton* pour vous et pour toujours ! " Vont-ils nier cela ? Le premier ministre ou le ministre des travaux publics le nierontils t Mais ce n'est pas tout. Non seulement les loges orangistes et les Orangistes ont demandé à grands cris le sang de Riel et se sont tous réjouis de sa mort tragique, mais ils ont menacé ceux qui croient qu'un aliéné a été exécuté par ce gouvernement. Voyons ce qu'ils ont dit :
" Qu'il soit proclamé que les droits et les libertés des Bretons dans une colonie anglaise dépendent de la vie d'une race étrangère.
" C'est-à-dire des Français !
" Mais les Canadiens-anglais ne souffriront pas plus longtemps cette servitude odieilse et le jour n'est peut-être pas éloigné où l'appel aux armes résonnera de nouveau à travers la Puissance.'*
Non satisfaits de s'interposer en faveur de l'exécution et de s'être réjouis de la mort tragique de Louis Riel, ils menacent ceux qui honnêtement croient que le gouvernement a mal fait d'exécuter un homme aliéné.
Le Mail, l'organe de l'honorable premier, a dit le 4 novembre 1 885 :
" Qu'on nous permettre de leur assurer (aux Canadiens-français,) que plutôt que de se soumettre à un tel joug, Ontario briserait la Confédération en ses parties originelles, préférant que le rêve d'un Canada uni s'évanouisse pour toujours."
Ceci est un avertissement à vous donné, Canadiens -français, de prendre garde à vous. Si vous votez contre le gouvernement, si vous votez de manière à les renverser de leur place et pouvoir, pour avoir pendu un homme que honnêtement vous croyez aliéné, nous briserons la Confédération en ses parties originelles.
Le Mu il ajoutait plus loin :
" Comme Bretons, nous croyons qu'on devra se battre de nouveau pour la conquête et le Bas-Canada peut le croire, il n'y aura pas cette fois un traité de 1768. Les vainqueurs ne capituleront pas la prochaine fois. Mais le peuple Canadien-français perdrait tout. Le naufage de leur fortune et de leur bonheur serait rapide, complet et irrémédiable."
Faites attention, prenez garde, Canadiens-français ! La loi anglaise, aux yeux du Mail et des orangistes d'Ontario, ne vous protège pas si vous votez contre le gouvernement. Si vous votez avec eux tout est parfait, niais votez contre le gouvernement qui a pendu un homme que vous croyez aliéné et l'on se battra de nouveau pour la conquête de Québec, et il n'y aura pas cette fois de traité comme il y en a eu un en 1768. Cette fois les vainqueurs ne céderont pas à ceux qui furent les vaincus. N'y a-t-il jamais eu rien, dans aucun pays, dans aucun parti, dans aucune organisation, de plus scandaleux, de plus outrageant ? Ayant soif d'une soif insatiable, du sang de la victime, se délectant avec une joie féroce sur le cadavre de la victime qui a perdu la vie sur l'échafaud de Régina et ensuite menaçant une province libre de la vengeance des conservateurs d'Ontario, parce qtf ils ont cru convenable de s'opposer à un gouvernement qu'ils ont cru honnêtement avoir fait exécuter un homme qui n'aurait pas dû être exécuté.
41 J'avais déjà vu que des sociétés se réunissaient pour demander miséricorde et pardon, mais j'ignorais qu'il y en eût d'assez sanguinaires pour se réunir et demander du sang!"
Je ne sais pas si l'honorable Procureur-général trouve que les orangistes avaient juridiction pour intervenir. Lorsque les orangistes jugeaient à propos de blâmer le gouvernement d'avance, s'il n'exécutait pas Riel, nous, nous hésiterions de le blâmer, lorsqu'il la exécuté ! Il est évident que Riel n'aurait pas été exécuté sans les orangistes. Pourquoi se faire illusion là-dessus ? Est-il un homme dans cette Chambre qui ne soit pas convaincu dans son âme et conscience (pie, s'il n'y avait pas eu d'orangistes au Canada, Riel n'aurait pas été pendu ?
Est-ce qu'on n'a pas autant droit de blâmer que les orangistes ? Est-il juste que les orangistes mènent le Canada ? Est-il juste que la province de Québec cède à cette influence néfaste ? On vient nous demander à nous, les citoyens libres de la province de ne pas nous prononcer lorsque les orangistes demandent du sang, de ne pas nous prononcer lorsque le sang d'un des nôtres a été versé uniquement pour assouvir la haine des orangistes !
Il me semble que ce point est parfaitement clair et que ceux
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«qui songent à voter contre nous, sur cette question devraient réfléchir. Ce sont de braves gens, de bons citoyens, mais en définitive, pourquoi cette alliance entre ceux qui demandent la mort . de Riel et ceux qui n'osent pas la blâmer ? Quelle affinité existet-il donc entre ceux qui avait soif du sang et ceux qui n'osent pas aujourd'hui regretter que le sang ait été versé ! Oui, monsieur, disons-le hautement, c'est parce que le chef du gouvernement à Ottawa est un orangiste, que Riel a été sacrifié. Et on sait très bien — c'est connu — que quand on a fait entrer M. Thomas White dans le cabinet, quelques jours avant la mort de Riel, le sort de ce dernier était décidé. (Ecoutez ! Ecoutez !) Moi-même, je lai dit à mes amis dans le temps, je l'ai dit aux conservateurs: Prenez garde ! Si John A. Macdonald prend M. White dans son gouvernement, c'est parce qu'il est décidé à sacrifier Riel.
Sir John a dit qu'il était orangiste et il a raconté, en ma présence, pourquoi il était entré dans Tordre. Il a dit que «'était parce qu'il croyait que ces gens- là était maltraités dans le Canada. Il s'est vanté d'être orangiste et il a été un orangiste très élevé en grade. M. McKenzie Bowell, un autre ministre, a-t-il nié qu'il fût orangiste quand il est entré dans le gouvernement de la Puissance du Canada ?
M. Picard — Est-ce que l'honorable membre ne ferait pas mieux de s'attaquer à MM. Cartwright, McKenzie ? (Ordre, ordre !)
L'honorable M. Mercier — Est-ce que ces gens-là sont des orangistes ? Ils ont mal voté sur cette question et je les en blâme, mais ils n'ont pas demandé la tête de Riel. Au contraire, quand ils étaient ministres, ils lui ont fait grâce.
Voyons ! Est-ce que la province de Québec peut ne pas être blessée de ces choses-là ?
On me permettra, je l'espère de citer quelques écrits ou quelques paroles de ceux qui me combattent aujourd'hui et qui auparavant demandaient pardon pour Riel.
Mais avant et à propos de cette question des orangistes, je ne voudrais pas blesser personne, mais j'ai bien le droit de demander à ceux qui vont dire dans les journaux que je perds quelques-uns de mes partisans sur cette question : Comment se fait-il • qu'ils n'en perdront pas eux autres ? Nous sommes sous le rap-
port de la langue et de la religion dans la même position, et alors; comment se fait-il que la politique de ces messieurs satisfasse lesorangistes et que la mienne ne satisfait point les orangistes ?
L'honorable M. Taillon — Comment se fait-il que l'honorable député ait dit à tous ces gens-là qu'ils étaient les alliés politiques naturels des libéraux dans la province de Québec ?
L'honorable M. Mercier — Non, j ait dit au contraire que ce sont les alliés naturels des conservateurs. J'ai toujours compris queles orangistes étaient généralement avec les conservateurs. Il y en a quelquefois qui ont pu voter avec nous sur des matières, locales, mais c'était quand ils y étaient forcés par la mauvaise administration du gouvernement. (Applaudissements à gauche,, murmures à droites,). Vous m'excuserez bien, mais c'est ce que j'ai compris et ce que je comprends encore. Il y a une chose bien certaine, c'est que dans les comtés de Drummond et Arthabaska, il y a des orangistes et ils ont tous voté pour le candidat de l'honorable Procureur-général !
M. Picard — Il ont tous voté pour Girouard.
L'honorable M. Mercier — L'honorable député de Richmond et Wolfe ignore cela avec tant d'autres choses ; mais je vais lui apprendre que les orangistes sont surtout à South Durham.. et là, où M. Watts prenait toujours une majorité, nous avons été battus par près de 100 voix.
L'hon. M. Taillon — C'est la paroisse de Préfontaine.
L'hon. M. Mercier — Le jour où M. Préfontaine a été connu comme ayant refusé de signer les résolutions du Champ de Marsr les orangistes ont dit : " Vous êtes notre homme."
L'hon. M. Taillon — Et qimnd il les a signées ensuite ?
L'hon. M. Mercier — Quand il les a signées, il a dit en votre présence qu'il le faisait pour sauver son élection — cela a été dit en votre présence et en la mienne — laissant comprendre aux orangistes qu'il signait cela comme un truc d'élection. Et ils l'ont cru sans doute, puisqu'ils ont voté pour lui.
M. Picard — Je m'étonne que l'honorable député
(Ordre, ordre, interruptions — l'Orateur demande l'ordre.)
L'hon. M. Mercier — Je demanderai à cette Chambre un peu depatience. Je regrette bien de l'ennuyer et de la fatiguer. [Pas-
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lu tout, continuez, continuez] mais j'ai cru que c'était mon devoir de soumettre ces faits et ces documents, et si cela fatigue mon illustre ami de Richmond et Wolfe, je le prierai daller se reposer un peu. On l'avertira quand il s'agira de voter. (Rires. >
J'ai été quelque peu surpris d'entendre l'horibrable Procureur général employer l'argument du . . .