‹ Biographie, discours, conférences, etc. de L'Hon. Honoré MercierChapitre 69 sur 145 · SERVICE CIVIL · texte numérisé non relu

SERVICE CIVIL

Dans son discours-programme prononcé le 19 août 1882, à Sainte-Geneviève, le premier ministre disait :

" Notre plus grand danger nous viendrait d'une mauvaise administration financière. Ce danger, il faut l'éviter à tout prix

Autrement, sous une administration extravagante, qui nous conduirait à la taxe directe, le peuple pourrait en venir à ne plus envisager avec autant d'horreur la pensée d'être englouti dans la Confédération, et de perdre son autonomie nationale."

Voilà de belles paroles, prononcées devant les électeurs. Quels sont les faits accomplis en Chambre, durant la dernière session ? C'est la question à laquelle je veux répondre.

M. Chapleau, qui pourtant n'était pas économe, avait dépensé durant l'année 1881-82, pour le service civil, tant pour les traitements que pour les dépenses contingentes, $179,234.

Combien M. Mousseau s'est-il fait autoriser à dépenser pour le même objet, à la dernière session, pendant l'année 1883-84 ? La somme la plus élevée qui apparaisse dans nos comptes publics : celle de $216,905, ou $37,671 de plus que sous le régime de M. Chapleau.

C'était pas la peine assurément De changer de gouvernement.

M. Mousseau admet ces chiffres ; mais il prétend que cette ^augmentation n'est qu'apparente ; et que si le service civil nous «coûte plus cher cette année, les autres branches du service public sont diminuées, et qu'en somme, comme résultat final de ses opéxations financières, Tannée 1883-84 coûtera moins cher que Tannée 1881-82.

Si c'était vrai, nous n'aurions qu'à le féliciter et lui dire qu'il -est un bon administrateur. Mais, si cela n'est pas vrai, il a voulu tout simplement pallier une faute par un mensonge. Pour régler -ce point, nous n'avons qu'à prendre les comptes publics et comparer les dépenses de chaque année depuis 1880-81, inclusivement, avec les estimés de 1883-84, préparés par M. Mousseau.

Mais pour être exact ayons le soin de retrancher les dépenses de l'exploitation du chemin de fer, qui n'existent plus aujourd'hui, ^insi que les dépenses extraordinaires qui ne sont pas d'un caractère permanent, comme celles de construction, et autres. Cette comparaison se trouve dans le tableau suivant :

Tableau des dépenses publiques, non compris les chemins de

fer et les travaux publics d'un caractère extraordinaire :

(Déduction faite de $81,577.96 pour le nouvel hôtel du gouverne- -de $6,605.79 pour TEcole normale J. C, de $9,972.66 pour déménagement des ministères, de $18,500 pour Palais de l'Exposition à Montréal, en tout $116,636.41.)

(Déduction faite de $10,000 pour le palais de l'Exposition, de

$25,125.62 pour le nouvel hôtel du gouvernement, de $15,926,80

pour déménagement des ministères, de $10,000 aux incendiés de

Québec, de $10,000 prêtées aux trappistes, en tout $71,052.46.)

(Estimations votées).

(Déduction faite de $150,000 pour Palais de Justice de Québec, de $175,100 pour l'hôtel du gouvernement, de $6,000 pour le Palais de Justice de Kamouraska, de $12,Ï00 pour acquisition du Musée de géologie, en tout $343,800).

(Estimations votées).

l'hon. m mercier 479

(Déduction faite de $150,000 pour le nouvel hôtel du gouvernement, et de $150,000 pour le Palais de Justice de Québec, en tout $300,000.

Le résumé de ce tableau donne le résultat suivant :

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