AUGMENTATION
Comparativement à 1878-79, les dépenses ont été augmentées par le gouvernement Chapleau, en
1880-81, de $200,223.54 1881-82, de 266,158.93 1882-83, de 295,927.23
et par M. Mousseau en
1883-34, de 486,925.33
N. B. — En 1878-79, le chiffre des dépenses afférentes à cette année a été augmenté de plus de $100,000 pour au tant payé d arrérages sur le fonds d'amortissement pour les années précédentes, en sorte que pour avoir exactement le chiffre des dépenses de cette année-là, il faut retrancher ces $100,000 et pour faire une comparaison équitable, les ajouter au chiffre représentant l'augmentation de dépenses, pour chacune des autres années.
Vous voyez que ces chiffres sont loin de prouver la thèse de M. Mousseau et de correspondre à ses déclarations solennelles de Sainte-Geneviève, puisque ses estimés des dépenses ordinaires, pour 1883-84 se trouvent à dépasser les dépenses faites par M. Chapleau en 1881-82 de $220,766, et ses estimés de 1882-83, de $190,998 après avoir déduit, bien entendu, tout ce qui est demandé pour travaux publics d'un caractère permanent Et si vous voulez aller plus loin et faire la même comparaison avec les dépenses faites sous le gouvernement Joly en 1878-79, c'est-àdire $2,579,442, vous arriverez à une augmentation réelle, contre M. Mousseau, de $486,925.
M. Mousseau peut se vanter après cela, s'il en a le courage. Il
réussira peut-être à attraper quelques nigauds, mais les électeurs de Jacques-Cartier, en général, sont trop intelligents pour se laisser prendre d'une façon aussi grossière.
Je veux être bien compris, car ce point est excessivement important Comparons le gouvernement de la province à un conseil municipal.
Vous trouvez votre inaire extravagant, parce qu'il a dépensé, sans compter les travaux publics, mais seulement pour les salaires des employés et les autres dépenses ordinaires d'administration, une somme de $3000, sur laquelle il y a $1,500 pour les salaires. Vous renouvelez le conseil ; avec l'entente formelle qu'il faut que les dépenses diminuent ; la première chose que font vos conseillers nouveaux, e'est de porter les salaires à $2000, ou $500 de plus. Vous vous révoltez contre cette violation des promesses et vous la reprochez amèrement aux nouveaux conseillers. Ils admettent l'augmentation de $500 ; mais, comme M. Mousseau, ils prétendent qu'elle n'est qu'apparente, vu que pour régulariser la comptabilité, ils ont mis parmi les dépenses appelées " salaires " des montants qui étaient portés ailleurs. Quelle sera votre réponse ? Vous direz, n'est-ce pas, " c'est bien correct, arrangez vos comptes comme vous voudrez, pourvu que vous ne dépensiez pas plus que vos prédécesseurs. Montrez-nous le total de vos dépenses et nous allons voir ce qui en est."
Après examen des livres, vous trouvez que vos nouveaux conseillers dépensent non-seulement ces $500 de salaires, de plus que leurs prédécesseurs, mais qu'ils ont augmenté de $1,000 les dépenses totales. Evidemment, vous direz que vous avez été blagués.
N'est-ce pas exactement en petit ce que M. Mousseau a fait en grand ? Je vous laisse le soin de répondre à cette question. Pour moi, ça ne souffre pas la moindre difficulté.