‹ Biographie, discours, conférences, etc. de L'Hon. Honoré MercierChapitre 79 sur 145 · CONTRAT DE BEAUPORT · texte numérisé non relu

CONTRAT DE BEAUPORT

Le 1er mai dernier, expirait le contrat fait dix ans auparavant, entre le gouvernement et les propriétaires de l'Asile de Beauport, pour l'entretien des aliénés. Le prix fixé dans ce contrat était de $143, pour chacun des premiers 650 aliénés, et 8132 pour chaque aliéné au-dessus de 650, le minimun des patients devant être de 650. En 1875, alors que tout était bien plus cher, les sœurs de la Providence firent un contrat avec le gouvernement, s engageant à entretenir les aliénés à raison de $100 par tête, et sans fixer de minimum ; et aujourd'hui, les sœurs de l'Asile de St-Ferdinand d'Halifax, dans le comté de Mégantic, reçoivent nos aliénés à raison de $80 par tête.

Durant la dernière session, j'ai prétendu que les propriétaires de l'Asile do Beauport ne devaient pas recevoir plus que les sœurs de la Providence, c'est-à-dire $100 par aliéné. Dans sa sagesse, M. Mousseau en a décidé autrement, et il s'est fait autoriser par sa majorité docile, à faire un nouveau contrat pour dix ou vingt ans, à raison de $133 par tête. On dit que depuis, le contrat a été passé et que le minimum a été porté à 850. C'est tout simplement une infamie. Si les sœurs peuvent entretenir nos aliénés pour $100, les messieurs de Beauport ne doivent pas charger plus cher. Tandis que M. Mousseau est obligé d'enlever aux sœurs de charité 10 pour 100 sur les allocations destinées aux pauvres, il fait un présent de $33,000 par année aux propriétaires de l'Asile de Beauport, et cela pendant dix ou vingt ans. Il y a, à Beauport, me dit-on, de mille à douze cents patients et, en donnant trente-trois piastres par tête de plus que les sœurs de la Providence demandent, M. Mousseau a gaspillé, sans raison aucune, au moins trente-trois mille piastres par année, ou $330,000 rendant dix ans. C'est encore là une des belles transactions de M. Mousseau, qu'il ne manquera pas de vous expliquer à sa façon, mais que vous ne manquerez pas, j'en suis sûr, de condamner à la votre.

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