‹ Biographie, discours, conférences, etc. de L'Hon. Honoré MercierChapitre 81 sur 145 · DE NOUVELLES DETTES · texte numérisé non relu

DE NOUVELLES DETTES

M. Mousseau a voulu terminer la session dernière par la tentative la plus hardie qui ait jamais été faite en Chambre: créer une nouvelle dette de $3,600,000.

En. 18&2, M. Chapleau avait fait voter aux compagnies de chemin de fer un octroi de (1,000,000 d'acres de terre. C'est en toutes

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lettres dans les statuts. Or il paraîtrait que les compagnies de •chemins de fer aiment mieux l'argent que les terres, et M. Mousseau, qui a le cœur aussi tendre que la tête, ne put résister à la demande qui lui fut faite. Trois ou quatre jours avant la fin de la dernière session, il fit distribuer un projet de résolutions transformant en argent ce subside en terres, à raison (Je soixante centins l'acre. C'était du coup endetter la province de $3,600,000 et la forcer à trouver cette jolie somme pour les compagnies de chemins de fer.

Il y eut parmi les membres de l'assemblée législative un tel sentiment d'indignation à la vue de cette tentative audacieuse et et stupide, que M. Mousseau dut rengainer son projet, qu'il avait pourtant bien l'intention de faire adopter. Ce fait n'a pas besoin de commentaires : un premier ministre qui aurait compris la situation financière de la province, qui n'avait qu'à regarder dans les livres pour voir qu'elle devait près de vingt millions, qu'elle amoncelait chaque année déficit sur déficit, ne pouvait songer à augmenter ses embarras financiers, en l'écrasant d'une nouvelle dette de $3,600,000. Mais il était écrit que M. Mousseau ne manquerait jamais la chance de faire une sottise et de nous prouver combien nous avions été maladroits, l'an dernier, vous et moi, en le laissant élire dans le comté de Jacques-Cartier.

CONCLUSION

J'ai fini de porter mes accusations. Vous voyez qu'elles sont claires et précises, qu'elles sont très graves et qu'elles sont toutes appuyées sur des documents authentiques. M. Mousseau va essayer à se défendre ; il ne réussira pas. Je le défie de la manière la plus solennelle possible de se laver de toutes ces accusations.

Durant la session dernière, quand je l'accusais, il gardait le silence, et quand je le provoquais de se lever et de répondre, se tournant du côté de ses partisans serviles et qui recevaient cette injure sans protester, il me dit : " Je répondrai par le vote."

Eh ! bien, le temps est arrivé de répondre par les votes, mais il ne s'agit plus des votes de députés esclaves d'un gouvernement,

mais bien des votes des électeurs libres et indépendants qui sont ici pour nous entendre et nous juger. Moi aussi, M. Mousseau, je vais vous répondre par le vote, et ce sera le votre libre et éclairé des électeurs du comté de Jacques-Cartier. Le jour de ta rétribution est arrivé ; votre gouvernement est jugé et condamné ; vous avez trahi vos électeurs et ils vont vous chasser ignominieusement de leur comté.

Vous avez trahi la confiance du pays, et le pays entier, représenté ici, aujourd'hui, par des hommes distingués, venus de toutes parts, vous déclare indigne d'occuper d'avantage le poste de premier ministre. Descendez des hauteurs où le hasard vous, a placé et rentrez dans la foule, d'où vous n'auriez dû jamais sortir, dans votre propre intérêt et dans l'intérêt de cette province de Québec, que vous conduisez si rapidement à la ruine. (La foule éclate en applaudissements frénétiques et pousse trois hourrahs enthousiastes pour l'hon. Mercier, qui est entouré par un grand nombre d'amis et chaleureusement félicité).

l'hon. h. mercier 50*

Prononcé à V hôtel Windsor, 10 avril 1888.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Je félicite bien sincèrement les membres du Club National de- Montréal du grand succès de ce septième banquet annuel, succès, qui prouve leur esprit d'entreprise, leur talent d'organisation et la popularité croissante de leur institution, au milieu de nous.

Je vous remercie, M. le président, des paroles que vous avez, bien voulu m'adresser, paroles trop élogieuses et que je ne méritecertaineinent pas. Je n'accepte ces éloges, croyez-le-bien, que pour mes collègues dans le ministère et la législature et pour tous ces jeunes gens dévoués et intelligents que Ton retrouve par milliers dans votre institution et dans les autres du même genre, répandues dans la province, dont les efforts généreux ont tant fait pour le succès de notre cause, surtout dans les deux dernières élections de Missisquoi et de l'Assomption qui se sont terminées par deux victoires si éclatantes. J'accepte aussi ces éloges pour tous les hommes de cœur qui nous ont aidés dans lea luttes des dernières années et dont le patriotisme éclairé nous dirige et nous encourage dans les difficultés du moment.

Je remercie en mon nom personnel et au nom du parti, les membres du parlement et particulièrement les hommes politiques des autres provinces, qui nous honorent de leur présence ce soir^ Nous saluons avec respect tous ces hommes distingués et souhaitons une bienvenue cordiale à ces nobles défenseurs de nos droits politiques.

Permettez que je m'incline surtout devant la figure vénérable de l'illustre chef d'Ontario, dont les connaissances, l'habileté,, l'expérience et l'intégrité font la force et la gloire de la province sœur.

Nous regrettons tous l'absence de M. Blake, que la maladie a temporairement éloigné de notre pays et nous faisons des vœux pour qu'il nous revienne bientôt plus fort que jamais, reprendre ses travaux, continuer ses succès, et, de concert avec notre brillant chef, M. Laurier, nous assure, à Ottawa, le triomphe définitif des véritables intérêts du peuple canadien.

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