BUISR DR MONT LUC
d'Espagne, » et se rendit à Milan âgé de 17 ans (1). Il entra alors, en qualité d'archer , dans la compagnie de M. de Lescun, qui devint peu après maréchal de France, et que l'on connaît sous le nom de maréchal de Foix. De grands seigneurs ne dédaignaient pas alors de servir dans les compagnies.
Après avoir assisté au combat de la Bicoque (1522), et s'être vaillamment distingué pendant toute la campagne jusqu'à l'évacuation du Milanais , il accepta , dans le but d'avancer plus rapidement, une enseigne dans la compagnie de gens de pied du capitaine La Clotte qai fut envoyée à Bayonne. Son courage le fit remarquer, et, en 4523 , M. de Lautrec lui donna la compagnie de son capitaine : il n'avait alors que vingt ans. « Bientôt les hostilités avec les Espagnols cessèrent, les compagnies d'infanterie furent dissoutes, et Montluc rentra comme homme d'armes dans la compagnie du maréchal de Foix. Il ne put même être du petit nombre de ceux qui l'accompagnèrent en Italie ; et il fut obligé d'aller y faire la guerre comme volontaire (2). » A. la bataille de Pavie (1525), « il reçut plusieurs blessures en combattant comme un lion (3), » mais le succès ne répondit pas à son attente et il fut fait prisonnier. Plus heureux que son Roi, il fut reconnu n'avoir pas moyen de payer rançon, et reçut l'ordre de « vuider le camp et
(1) Commentaires, dans le Panthéon littéraire, page 6. Gomme on était alors en 1641, cela le ferait naître en 1504.
(2) Buchon, Notice sur Montluc, en tète des Commentaires, édition du Panthéon littéraire.
(3) Les vies de plusieurs hommes illustres et grands capitaines de France, Paris, 1726, in-12, t. I, p. 275.
se retirer en France (1). * Il revint rejoindre sa compagnie en Languedoc, vivant, tout le long de la route, de t raves et tronsons de choux (2). »
En 1527 il leva une compagnie d'infanterie pour M. de Lautrec: cette compagnie contenait environ moitié arquebusiers, proportion très forte pour l'époque. 11 se rendit avec sa compagnie en Italie , se distingua au siège de Capistrano et reçut en récompense, grâce à l'intercession de Pierre de Navarre dont il s'était attiré l'amitié, « la tour de laNunciade, la première baronnie deNaples (3). » Mais bientôt, abandonnés par Doria et découragés par la mort de Lautrec, les débris de l'armée française levèrent le siège de Naples. Après la capitulation d'Averse, bien peu échappèrent. Montluc fut du nombre; il rentra en France, trouva son père « assez en nécessité pour n'avoir pas grands moyens de l'ayder (4) » et lut trois ans avant de pouvoir guérir ses blessures. « Après estre guery, il fallut, dit-il , faire tout ainsi que le premier jour que je sortis hors de page, et, comme personne incogneue, chercher ma fortune aux grands périls de ma vie, endurant beaucoup de nécessités^). »
(1 et 2) Commentaires , page 13. Lorsque je n'indiquerai pas autrement les Commentaires, il s'agira de l'édition du Panthéon littéraire qui est la plus répandue. Montluc rapporte aussi, page 13, qu'il entendit, immédiatement après la bataille, le capitaine Suw,un des bons guerriers au service de l'empereur, énumérer les fautes commises par les Français pendant l'action.
(3) Commentaires, page 16. Suivant la Biographie universelle, cette baronie de la Tour de l'Annonciade valait 1,200 ducats de revenu. (4 et 5) Commentaires, p. Si, i« colonne.