DE BLA1SB DE MONTLUC
Montluc n'était pas inconnu comme il veut bien le dire : sa réputation de bravoure était grande. Aussi lorsque François I er , par une ordonnance datée de 1534, eut créé les légions (1), le sénéchal de Toulouse, seigneur de Faudouas, chef (capitaine) de la quatrième légion, ou légion du Languedoc, le choisit pour son lieutenant.
Montluc et sa troupe arrivèrent bientôt à Marseille , et furent placés sous les ordres de MM. de Barbezieux et de Montpezat, lieutenants du roi, qui vint peu après de sa personne à Avignon (1536). Avec 120 hommes Montluc détruit les moulins d'Àuriole, mais, à son grand désappointement, Barbezieux s'attribue la gloire de ce fait d'armes, auquel il s'était opposé, et ne le présente pas au roi. Il allait se rendre en Piémont sous M. de Boutières, lorsque, à la nouvelle du siège de Thérouanne par les Impériaux, il accourt en poste de Marseille à la cour, et reçoit du grand maître, ainsi que le capitaine Guerre , une compagnie d'infanterie. Une fois le siège levé, il dresse sur commission , deux compagnies, marche en Piémont, prend Mieulanet assiège Barcelon nette, où il reçoit un coup d'arquebusade dans le bras gauche. On conclut alors une trêve pour dix ans. Montluc se retire dans sa maison , où les jours de paix lui semblent des années, c Pendant cette trefve, dit-il, j'essayai, mais en vain, d'être courtisan; je fus toute ma vie mal propre pour ce mestier ; je suis trop
(l) Consultez sur l'institution de ces légions, le P. Daniel, Histoire de ta milice française, t. I, p. 257.
franc et trop libre; aussi y trouvai-je fort peu d'acquest(l). 9
En 1542, Montluc assiste au siège de Perpignan, que commandait le Dauphin, et que le Roi donna bientôt Tordre de lever pour éviter la saison des pluies. Suivant Montluc, l'ingénieur italien Hieronimo Marin . qui dirigeait les travaux du siège, commença ses tranchées beaucoup trop loin ; si Ton eût suivi ses conseils, et choisi le point d'attaque qu'il indiquait, on serait, dit-il, venu à bout de la ville.
En 4544, Montluc prit une part active à la bataille de Cérisoles.
L'Empire et l'Angleterre s'étaient ligués contre la France: suivant leur habitude, ils s'étaient partagé ce royaume et devaient marcher droit sur Paris , en passant entre les places fortes. Nos finances étaient épuisées : le conseil du roi voulait temporiser, mais le duc d'Enghein, qui assiégeait Carignan, envoya Montluc à Paris pour demander permission de livrer bataille. Le député était bien choisi. François I er le fit assister à son Conseil dont tous les membres étaient pour l'inaction. Montluc combattit leurs raisons aussi vaillamment que l'ennemi, et, joignant la pantomime aux paroles : « Puis doncques, Sire, dit-il, que je suis si heureux que de parler devant un roy soldat, qui voulez-vous qui tue neuf ou dix mil hommes , ou mil ou douze cens chevaux, tous résolus de mourir ou de vaincre? telles gens que cela ne se deffont pas ainsi : ce ne sont pas des apprentis. Nous avons souvent sans advantage attaqué
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