DE BLA1SR DE MONTLUC
vous qui commandez aux armées , car si une fois elle a ouvert la porte, il est malaisé de l'en chasser.
Je ne seray jamais d'advis de donner commandement à deux : il vaut mieux un moindre capitaine seul que deux bons ensemble.
Vous, messieurs, qui avez le moyen et qui voulez pousser vos enfans, croyez que c'est une bonne chose de leur faire apprendre , s'il est possible , les langues étrangères : cela sert fort, soit pour passer, soit pour se sauver, soit pour négotier et pour leur gaigner le cœur.
Que ceux qui craignent tant le danger, qu'ils demeurent au lict.
Et conseilleray tousjours à un mien amy de prendre charge plus tost loing que près du lieu de sa demeure, car enfin nul n'est prophète en son pays.
Ne remettez jamais à demain ce que vous pourrez faire aujourd'huy.
En matière de conseils j'ay tousjours eu ceste coutume de faire opiner tout le monde, et m'en suis bien trouvé.