‹ Biographie liégeoise (volume 2)Chapitre 12 sur 12 · VI- PARTIE · texte numérisé non relu

VI- PARTIE

Description histmique du royaume d'or de Guinée, accompagnée de la topographie des lieux , des villes, des maisons, des ports et des fleuves, et'd*un précis suc* cint des diverses superstitions des habiians de cette con-trée, de leur éducation ^ commerce, langage et mœurs.' Francfort, 1604.

XXYI estampes gravées par les frères de Brj, accompagnent le texte de la narration.

VIP PARTIE.

Voyage de Georges Spilherg ^ parti de la Zélande, en 1601 , avec trois vaisseaux pour les Indes Orientales jusqu en 1604. Voyage de Gaspard Balby , joaillier vénitien, depuis 1619 jusquen \bSS, parti d'Akp pour Babylone , et ensuite pour le royaume de Pegu, etc., avec le récit de tout ce qui leur est arrivé de remar* quable, et la description des rois, des lieux, des peuples, et de leurs rites, par Arthus de Dantzig. Francfort, 1606.

XXII feuilles d*estampes gravées par Jean Théodore et Jean Israël de Brj , avec leurs explications particulières au bas des pages, accompagnent le texte de la narration des deux voyages qui précèdent.

VIII» PARTIE

Cinq navigations aux Indes Orientales : la 1'* entreprise par Jacques Neccius, de 1600 à 1603; la 2"" par Hermann de Brée, de 1602 à 1604; la 3^ par Corneille Nicolas durant quatre années; la k"* par Corneille de Vena durant deux années; et la b* par Etienne de Hagen, durant trois années, avec la description des lieux ^ des rois, des peuples, de leurs divers rites, des victoires remportées par les Portugais et du siège d'Ara-

boine et de Tidor, par Gothard Arthus de Dantzig, Francfort, 1607.

XX.ni estampes gravées par les frères de Brj , suivent le texte de la narration : elles représentent les cérémonies, mœwrs et habillemens des habitant de Temate, Patane, Candy etnutres lieudc.

IX* PARTIE

Récit d^une etepédition aux Indes Orientale , entitéprise par Us Hollandais et les Zélandais, sous le commandement de Pierre Guillaume Verhuff, avec une flotte composée de neuf vaisseaux et de quatre petits navires j durant les années 1607, 1608 et 1609, par Gothard Arthus de Dantzig. Francfort, 1612.

Dans quelques exemplaires , le frontispice est orné d'un dessin à! architecture accompagné de plusieurs objets ai histoire naturelle, très-bien exécutés. Au bas de ce dessin, on aperçoit une m£r, sur laquelle on voit plusieurs Indiens qui vont à la pêche.

Dans les autres exemplaires , c'est un dessin d'archîtecture tout difiérent et moins agréable. Il est aisé de le distinguer du précédent , en ce qu'on y lit à la tête , le mot architectura , qui le désigne partiduUèrement.

XII estampes gravées par Jean Théodore de Bry , suivies de leurs explications particulières , accompagnent le texte de la narration.

Cette IX"" partie doit être suivie d'un supplément dont voici le titre :

Continuation du premier voyage entrepris pa/r Us Hollandais et les Zélandais, dans les Indes Orientales, sous le commandement de l Amiral Pierre Guillaume Verhuff' y depuis l'an 1607 jusqu'en 1612, avec une flotte composée de neuf vaisseaux et de- quatre petits navires; par Gothard Arthus de Dantzig* Franc* fort, 1613.

Le fronlispioe est ovnè d'une vigitettfe gravée en laille-deuce , feprésenlant une petite mappe^tncnde.

Cinq pUênches de gravures en lailleHlouee dues au burin cie Jean Théodore de Bry, appartiennent à oe supplément.

Le texte est snivi d'un recueil de dialogues intitulé : Cùlloqma latiruMnalaica^

X* PARTIE

IkêcripUon du nouveau détroit situé au Nord, con^ èdidmt d'Amérique en Chine et au Japon , semblable à celui récemment découvert par Henri Hudson, navi" gateur cMgUm; avec une courte digression des iles et awtres lieux de cette contrée, extraite du voyage de Jean Hugues Lintscot. Rapport du capitaine Pierre Ferdinand de Cuir au roi d! Espagne, sur les Terres Australes, nouvellement découvertes. Description de la SUiérie ,de la Sa/moiédie et de la Tingoésie, en Tartarie, centrées situées à Ventrée du détroit de Weigats, nouvellement découvertes et occupées par les Moscovites ; par Gotha/rd Arthus de Dantzig. Francfort, 1613.

Le texte de la narration est aceompâgné de III estampés gravées par Jean Théodore de Bry , et de trois cartes géographiques nécessaires à Fintelligence de cette X* partie.

XI* PARTIE

Relation historique des deux voyages d^Antéric Vespuce aux Indes Orientales, en 1501 , entrepris parles ordres d^ Emmanuel , roi de Portugal. Relation du naufrage d'un Anglais à Cambaià, avec la description de plusieurs contrées et villes jusqu alors inconnues. Description du Spitzberg . Oppenheim , 1619.

% estampes gratées par Jean Théodore de Bry , dWfs libraire à Oppenhéim , appartiennent à cette partie.

La Vin estampe est ordinairement la répétition de celle dont on s'est servi déjà plusieurs fois pour représenter dans tous les endroits ^e ce recueil la cérémonie funèbre des f&mmes qui finissent leur vie dans le même bûcher où l'on a mis le corps de leur mari défunt; mais dans les bons exemplaires , cette planche ne doit pas être la même , et Ton j trouve la cérémonie différemment représentée. La victime y est conduite sur une espèce de char de triomphe porté sur les épaules de quatre habitans du pajs , et accompagnée de différentes personnes de Tun et de l'autre sexe. Ce char est précédé de plusieurs joueurs d'instrumens qui ouvrent la marche et conduisent la veuve jusqu'à lendroit où elle doit être brûlée. On aperçoit ensuite la consommation de ce sacrifice dans un des côtés de l'estampe , qui fait voir la victime volontaire attachée à un poteau et environnée de flammes. Cette estampe est fort rare et mérite qu'on y fasse attention.

XII* PARTIE

Description chorographique et topographique des royaumes, des provinces, des Ues, des châteaux, des volcans , des mmit-agnes et des fleuves qui font partie des Indes Orientales , principalement de la Chersonèse d*or^ de la Chine, du Japon, du golfe Persique et de celui du Gange, de l Océan indien et du littoral de r Afrique, avec les mœurs et les rites des habitans de ces diverses contrées et la nature du sol. Récit de quel' ques voyages et expéditions maritimes entreprises par les Anglais et les Hollandais dans toutes les parties de r Orient et de l'Austrasie, mais plus particulièrement . dans celles où ils se sont livré des combats. Voyage autour du monde par l'amiral hollandais Jacques JE remite , depuis 1613 jusqu'en 1616. Description de plusieurs contrées et (les septentrionales jusquahrs

peu connue», entr'uutreg, d'une partie de la Scythie, de la Moscovie , de la Samogétie , de t Islande, du Groenland et de plusieurs autres dont nous avons une plus parfaite connaissance aujourd'hui. Francfort, 1628.

Le texie est accompagné de différentes figures gravées en taille-douce , dont quelques-unes sont des répétitions de plusieurs autres qui ont été déjà employées précédemment tant dans les Grands Voyages que dans les Petits. On en remarque même quelques-unes qui ne sont que des copies dont les sujets sont même représentés d'une autre manière , c est-à-dire , en contre épreuve, ce qu'il est aisé d'apercevoir.

Le texte de cette partie doit être précédé de deux cartes géographiques gravées en taille-douce : la !'• est la description chorographique de ÏInde Orientale avec un dessin de t empire du grand Mogol; la 2** est une description chorographique de V empire de la Chine.

Cette dernière partie , qui est due aux soins de Guillaume Fizzer , Anglais , libraire à Francfort , et l'un des gendres de Jean Théodore de Bry , est la plus rare de toutes celles qui servent à former la Collection des Petits Voyages^ n'ayant été imprimée qu'une seule fois; c'est pourquoi il n'est pas étonnant qu'elle manque dans beaucoup d'exemplaires de ce précieux RecueiL

VKY{Jean Théodore dé^,nè à Liège en 1561 , mort à Francfort en 1623 , était fils du précédent. Quoique ses productions soient moins connues que celles de son père , il fut cependant un graveur habile ; et s'il faut en croire Heinecken , il surpassa son frère Jean Israël , et même son père. Il eut deux filles , qu'il donna en mariage , l'une à Mathieu Mérian , célèbre graveur et libraire , et l'autre à un Anglais nommé Guillaume Fizzer , libraire à Francfort.

Jean Théodore a dessiné et gravé des flenrs poor le Florilegium novum. Francfort , 1612-18 , 3 vol. in-folio réimprimés en 1641 , chez Mathieu Mérian , sous le titre de : Flortlegii renovati et aucti ; et pour YAnthologia magna, 1626 , ou 1592 , in-fol. : ces figures ont été plus utiles aux brodeurs et aux fabricans de papiers peints qu'aux botanistes^

On a aussi de Jean Théodore et de Jeaù Israël , frères : Verœ icônes variarum g&ntium cbtb mci^œ cum hrevi descriptùme. Francfort, 1599.

Il a gravé les figures des ouvrages suitans :

1"* Theatmmtanatomicum de Gaspard Bauhin. 1621 .

2"* Bibliotheea chahographica illu^trium tirtuie atque eruditione in tàiâ Europd clarifsimorufn vittH twm , theologorum , furisconêultorum , medicorufi^ , hùtoricorum , geographorum , politicorum, phHofih* photum , poëtaruiny musioorum , aliorumque* Auctore Jano Jotcobo BoMsardo V, 9culptorB Jcm, Théodore de Bry ckalcogr. Francfort, 1650 , iB-4*. Cet ouvrage a été publié par Jean Amraon*

3** Tractatus posthumus Jam Jaoobi Btnssatfh vestmiim de Divinatione et magioù PrcBsOgUs, quiprwm Veritas ac vanitas solide eœponitur per cfe#ariptionem. Dêorum fatidicorum qui olint responsa dederunt , eorumdemque prophetùonmi , sacerdotlwi , sibyllarum , et divinorum , qui przscis tempùf%bus célèbres oraculis exstiterunt ; adjunctis sim/àl om.niufn effigiebus ab ipso authore è gemmis > mairmoribus , tabulisque antiquis ad vivum deUneati» ; jàm modo eleganter œre incisis per Johannem Theodortêm de Bry civem oppenheimensevn in eujus icono^bibliopolio prostat. Opus theohgieis, historùns , poêtis « poliiici», philosophids ,.antiquariis , tàmjucmujhém qvàm utile ^ vm/m>o vero necessarium, : cum indice. Oppenheimii tjpis Hieroûjmi Galleri , in-foL , sans date« On doit non-seulement à Jean Théodore de Brj toutes les

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gravures de ce bel et important ouvrage , mais encore sa publication.

Cet artiste liégeois a rendu son nom célèbre par sa coopération à la -Collection des Grands et Petits Voyages.

HERIAN {Mathieu), célèbre graveur, fils de Walter Hérian , magistrat à Bâle , naquit dans cette ville , en 1593. Dîetrich Meyer , graveur à Zurich , fut son maître. Après quatre ans de séjour chez lui , il fut appelé à Nancy , pour y graver à leau-forte les Obsèques du duc Henri II , d'après Cl. de La Ruelle, n alla ensuite à Paris , et s'y lia d'amitié avec Jacques Callot. Les deux artistes se communiquèrent leurs projets, leurs ouvrages, et pour ainsi dire, leurs U9ens. Quelques années après , Hérian revint dans sa patrie ; il voyagea en Allemagne , trarvailta à Stuttgard , et ensuite à Francfort , où il s'associa aux travaux de Jean Théodore de Bry, dont il épousa la fille. De retour à Bâle , il donna une grande quantité de paysages des plus riantes contrées de TAllemagne , gravés à l'eau-forte , ainsi que des parties de chasse d'après Tempesta , qu'il a surpassé dans la grai^uré. Enfiîi , cédant aux sollicitations de son beaupère , il s-établit définitirement à Francfort. C'est de là qu'il publia divers recueils et collections ornés d'estampes :

I** Joannis Jonston historÙB naturalis de piscibus et cetis libri V , cum eeneis figuris Meriani. Itent, P^eoifsanguinibus aqtuiticis libri IV. Francfort, 1549, in-folio , avec 67 planches.

^ Ëjusdem. ffistoriœ naturalis de avibus libri YL Fitocfprt, 1660, avec 62 planches.

3* Ejusdem. Historiée naturalis de quadrupedibus libri VIIL Francfort, 1652, in-foL , avec 80 planches.

^ Ejusdem. De insecûis libri IIL De serpentibus

et draeonibus libri IL Francfort , 1653 , in-*folio , avec 40 planches.

5" Ejusdem. Dendographia , sive htstoria naturalis de arhorihus et fructibus tàm nos tri , quàm peregrini orbis libri X. Francfort, 1662, in-folio, avec 137 planches.

6° Petr. Laurembergii apparatus plantarius. 7** Zeikr. Topographia , 27 vol. in-folio. 8" Les quatre premiers volumes du Theatrum ew" ropceum.

9° Gottfried. Archontologia cosmica. 1636. 10** Itinerarium Italiœ. 1643.

11° Florilegium plantarum. 1641.

12** Les qtuztre monarchies de Gottfried. 13* La Sainte Ecriture.

14** La Danse des Morts ^ copiée sur celle de Bâle, et augmentée par lui, ainsi que nombre d'autres ouvrages moins étendus.

Mathieu Mérian mourut aux eaux de Schwbalch, en 165 t. Cet artiste a surpassé tous les graveurs à Teau-forte qui I ont précédé, par la quantité , la variété et la beauté de ses ouvrages , parmi lesquels , sans doute, il faut distinguer ce qui appartient à lui-même, de ce qui a été composé par d autres sous son nom.

II a laissé deux enfans z Mathieu Mérian^ qui s'est distingué dans la peinture du portrait; et Marie Sibylle Mérian , qui peignit avec perfection la miniar ture , les fleurs et les insectes , et vint se fixer à Maestricht , durant plusieurs années, au commencement du 18** siècle.

1599. LAMPSON ( Dominique ) , littérateur , poète latin , peintre , naquit à Bruges, en 1532. Il s'attacha d'abord au service du cardinal Polus qu'il suivit en Angleterre. Après la mort de ce prélat, il vint se fixer à Liège , en 1 558 , où il obtint un canonicat

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de la collégiale de St.*Denis. Il fut successivement secrétaire intime dé trois évèques de Liège, Robert de Berg , Gérard de Groësbeck et Ernest de Bavière , dont il se fit aimer et estimer ^ tout en s acquittant de ses fonctions avec beaucoup d'intégrité. Un penchant naturel le portait vers la peinture ; et peutêtre y eût-il excellé sans les occupations importantes que lui prescrivaient les devoirs de sa charge. Ami de Lambert Lombard , il prit des leçons de ce grand maître , à Técole duquel il profita beaucoup , ainsi qu'il l'avoue lui-même. Lampson mourut à Liège dans la 67* année de son âge , et fut enterré dans l'église collégiale de St.-Denis. Il avait beaucoup contribué à détacher Juste Lipse de l'Université de Lejde , et à le ramener à la foi catholique (voj. leur correspondance à ce sujet dans Burmann , Sylloge epist. 1 , 128-140). Juste Lipse , qui lui avait voué la plus tendre amitié , l'appelle un bel esprit , et Fun des or" nemens de la Flandre, Il a publié :

1" Ode ad Emestum Bavarum.

2* In tabulant cebetis carmen.

3" Lamberti Lambardi apud Eburonés pictoris cekberrimi vita. Bruges , Hub. Goltzius, 1565 , in-8*; lirre extrêmement rare.

4* Elogia in efflgies pictorum celêbrium Germaniœ Inferioris , carmdne. Anvers , 1572 , in-4*.

S"* Psalmi septem pœnitentiales lyricis versibus redditi,

6* Dominid LampsonU ac Nicolaî Lampsohii fra^ irum , selecta poëmata. Liège , 1626, in-iS*.

7*" Typus vitœ humanœ, que l'on trouve à lai suite du recueil des Poëmata et effigies triant fratrum Belgarum. (Voy. Grudius).

Son frère , Nicolas LAMPSON , protonotaire apostolique , chanoine et doyen de St.-Denis à Liège , Ciultivait aussi la poésie latine ; et quelques-unes de

'ses prodiicfionp oqt é;té. réuaie^ à celles de son frère , ^ Lîégp,. 1626i. n termina sa carrière dans cette ville, en 1635 , daw un âge avancé.

Deux pièces as9eï ^tendues de Dominique Lampion se trou?ent recueillie^ dans les Ddidœ poétaarum bei^ ^arum , tpni^ 11 1*

16Q0. LAËNSBSRGH {Mathieu), chanoine do S^.- Barthélémy è Liège , vers Fan 1600 » passe pour le premier auteur du fameui( Almanaoh de Liégfi ; c'est du moins une tradition conservée dians la famille de rimprimeuif Bourguignon , héritier et descendant des Streels , les plusi ancieus impriuieurs de cet almt^naçb.

Il est possible qu il. y ait eu dans cette çoUégiale ua chanoine de ce nom , qui , par le moyent des. niiatl;^mar tiques et de Ts^stronomie , ait prétendu 9 dans, un teuips «ù lasl^rologie judiciaire était en vogue , régler le cours des astres et prédire les évènemens ; ce qui « après sa mort, aura engagÂL le libraire à» pMJUUer un alraanaicl^ sous son nom et avçc ses prédictions.

On conserve , à Liège , un ari^cien pprtrait parfartemçjp^t hieu 4esfULn^', qu'on croit être celui de l'inventeur du fapnieux alrpaïUaçh^ Il est a^ais dan^ un fauteuil pvèa d'une table , la main gauche appuyée sur une sphère, tenaj;it de la dicoite u,^ tèl^cope, ayant à ses p^dsdifférens instrumeus de mathématiques , el^* Au bas du por^i;a^t on. Ut : p. T. Y. ]^mrihol<ym€ei canoniçu» et philosophiœ professor. Si l'on pouvait déchiffrer les. lettres initiales , p^^t-ét^e aurait-on le nom du véritable auteur de l'almapa^h ;.çar le upfn.de> iU^à/Atéu Lo^msfMtf^k ne. ^^ trouve ppiM dans la liste des chaupiues de cet^tç. époque.

Le plus ancien exemplaiine que If on. comiajsse de ce célèbre almanach , est de 1636 ; i) est identique pour la fpruie avec ceux qui paijajissent encore chaque année , à Liège % chez Mr« Collardîn ; mais; on n'est

pas assuré que ce soit le premier. Il a pour titre : Alhta^ nach pour fan biêsisoûtil de N. S. 1636, et supputé par M^ Mathieu Laefisbergh.

On y troiite les douze signes célestes gôuvemani le corps htsmain. On y voit quel est le temps le plus fa- Torable pour eouper les cheteux , pour prendre une médecine , etc. , etc. Les médecins , fâchés de voir le pronostiqueur liégeois aller sur leurs brisées , ont &it dter ce morceau assez curieux ^ dont on aperçoit encore quelques traces dans YAlmànach des Bergers , qu'on a joint depuis à celui de Liège. C!ela est suivi de pronosticatiofts , de la prédiction générale sur les variations du temps , sur les évèhetnens. C'est ce que Gresset à dépeint dans sa Chartreuse , où il compare son domicile au

.... Sublime Siège ,

D'où , flanqué de trente-deux vents ,

L'auteur de l'Aimanach de Liège j

Lorgne HiisCoire àtt beau temps ,

Et fabrique , avec privilège ,

Ses astronomiques romans.

Uauteur des anecdotes sur Madame (la comtesse (lu Barry) , raconte que cette dame , ayant été obligée 4e quitter la' cour lors de la maladie de Louis XV , se rappela Talmanach de Liège qui lavait si fort intriguée , et dont elle avait fait supprimer , autant qu elle avait pu , tous les exemplaires , parce qu'il Mntenuit dans ses prédictions du mois d'avril cette phrase : c Une dwme des plus favorisées jouera son ^dernier rdle.^ Elle répétait souvent : Je voudrais Bien ^voir ce vilam mois d avril passé. » Elle jouait effecti- ^eitient son dernier rôle; car Louis XV mourut le mois soi van t. C'est à quelques prédictions de ce genre, où le pronostiqueur fut bien séi^vi par le hasard , quîe Mathieu Laensbergh a dû sa= célébrité et sa vogue , fournie cela est arrivé à Nostradamus.

Ces livres à bas prix ont répandu chez le peuple le goût de la lecture. Napoléon disait : qtte ses Liégeois (les almanachs de Mathieu Lacnsbergh), quon farcis^, sait de traits héroïques, lui amenaient tous les an» dix mille soldats.

On a donné pour Van 1818 un double almanach ^ avec les véritables prophéties de M. Laensbergh , mathématicien f Liéye , {Paris) ^ in- 16, imprimé avec de jolies gravures poljtypées , de beaux caractères , et surtout rédigé avec plus de bon sens que ceux des années précédentes.

M. de La Lande , prétend dans son Dictionnaire des mathématiques, tome II , p. 334, que la renommée de Philippe Laensbei^h , médecin , mathématicien et ministre protestant à Anvers , né en Zélande, et mort à Middelbourg vers 1632 , a fait donner son nom à Yalm^nach dont l'Europe, dit cet auteur, est inondée chaque année. En effet ,. c'est peu de temps après la mort de ce savant astronome , que parut le premier almanach qui porte le nom de Lacnsbergh.

Depuis un temps immémorial , on confectionne , chez les Tiger , libraires à Paris , au coin de la rue de la Huchette , au pilier littéraire , le Double alma-^ naeh liégeois ainsi que Talmanach de Paris et celui de Rouen.

1600. REMOUCHAMPS(i(faWm dé), naquit en 1522, au village de ce nom, sur la rivière d'Amblève dans l'ancien pays de Stavelot. Après avoir achevé ses humanités , il entra dans Tordre de St.-Benoit , à 1 abbaye de Florennes , bourg de la principauté de Liège. Il exerça vingt-cinq ans la charge de procureur dans . son monastère et en fut élu abbé , en 1574 , après la mort de Jean d'Emethon. A peine revêtu de cette dignité , il mit tous ses soins , malgré les malheurs du temps , à faire rebâtir l'église de son abbaye ,

presque ruiuée de fond en comble par les armées françaises , en 1554. Il n'avait pas encore achevé entièrement cet édifice , objet de sa plus tendre sollicitude , qu'il mourut le 27 décembre 1600 , épuisé de travaux et de vieillesse. Comme tous ses prédécesseurs , il fut enterré vis-à*vis de Tautet Notre-Dame sous une tombe de pierre bleue.

Martin de Remoucbamps était versé dans les langues grecque et latine, les saintes écritures , le droit civil et canonique , la géométrie et l'histoire. Jacques Marchant , professeur de théologie à labbaye de Florennes, lui attribue :

V Epistolœ ad diverêos. Quelques-unes de ces lettres étaient adressées à Jean Molanus, ainsi qu'on le voit dans les Natales S. S. Belgii de cet auteur , édition de 1595, p. 182.

2* Antecessorwm suorvm luculenta historia , ou catalogue historique des abbés de Florennes.

3"* JEvi sut chronica; cest une histoire de ce qui s'est passé de son temps.

Ces divers écrits sont restés manuscrits..

1601. VâULX (Baudouin de), jurisconsulte, né à Liège vers 1530 , était fils de Baudouin et petit-fils de Lambert de Vaulx , et avait pour aïeul maternel , Simon de Pont qui avait épousé Catherine de Vivegnis, fille de CoUard ou Nicolas de Vivegnis. Il acheva ses études dans une université étrangère , d où , après avoir obtenu le doctorat en droit civil et canonique , il revint dans sa ville natale et j acquit une grande réputation. Gérard de Groësbeck, nouvellement élu évêque, Vappela à son conseil privé ; en 1565 , il fut reçu conseiller de l'état noble ; et en 1575, le même état le nomma membre du conseil ordinaire.

Ayant été élu bourgmestre de Liège , il prononça le 22 mars 1576, un discours éloquent pour engager

le peuple de la cité à entrer en arraageqieot avec l'évoque ; secondé par Guillçiume de Ws^roux » spa collègue , il l'emporta s^ir lavis d\i jqrîsoonsuUe Régnier Fisen , qui voulait que le différend , au spjet des clefs de la cité , fût porté et soumis à )a décision de la chambre impériale , tribunal suprême de tç^ps les états de l'empire.

Baudouin de Vaulx fu^t dans la suite conseiller du prince Ernest de Bavière , électeuir de Cologiie , et de Jean de Schonberg, électeur de Trêves. Il vécfit célibataire et moi^rut, dans un âge avancé, à LâégQ r le 5 février 1601 ; il fut enterré auprès dc; ses apç^tres, dans Téglise paroissiale d^ St.-Martin-en-IIe»

Yalère André vante son éloquepçe et spQ s^otf : il ajoute qu'il ayait la mémoire si heur^qsç , qu'il trouvait sous sa main toutes les lois civiles et lea cha-

pitres du droi^ canon , pour en faire usa^ dans toutes les occasions qui se présentaieqt. Baudouin de Vaujk se fit bec^ucoup d'honi;iqur dans les diverses légations qui lui furent confiées , et lui accjuireQt un grand crédit parmi ses concitoyens. Il a^ laissé :

V Responsa de jure ^ en plusieurs volumes.

2® Eospositio jtfrù.

ât"* Scholia in leges per capita^ eaDplicatff^.

1603 WEERDT {Sébald de), originaire du comté de Hornes , navigateur hpUaud^is , fit partie de l'expédition commandée d'abp^d par Jacques de Mabu , et ensuite par Simon de Cordea, qui partit de Tembouehure de la Meuse, le 27 juin 1598^ De Weerdt montait le yacht le Joyeux Messager , de 150 tonneaux et de cent vingt hommes d'équipage^ Au mois de septembre , quand la flotte aitaqua l'Ile de Saat- Yago , dans rarchipel du Cap-Vert , il fut ei^voj^é à terre avec un détachement, s'établit dai^s.un fort, et contraignit les ennemis à faire des proppsitions de

paix. Le 25 , à la mort de Tamiral , il devint capitaine de Ici Foi^ vaisseau de 220 tonneaux. Ayant été envoyé en députation près d'un roi nègre , au cap de Lope- Gonzisilver , il échappa » grâce à isa présence d'esprit , à une attaque des indigènes.

Arrivée dans le détroit de Magellan » la flotte y fut retenue longtemps par les vents contraires. Le 10 septembre ,1 599 » la Foi et la Fidélité furent siéparèes du reste de Teacadre , et malgré tous leurs efforts ne purent la rejoindre. La durée et l'incommodité du froid , de Thumidité et de la faim » rebutèrent tellement une partie des matelots , qu'ils feignirent d'être malades pour ne rien faire. De Weerdt parvint par sa fermeté à faire rentrer tout le monde dans le devoir, et déclara en même temps qu'il n'attendait que le retour d'un temps favorable pour continuer sa route vers les Indes Orientales. Le 2 décembre, il appareilla \ mais les tempêtes l'empêchèrent de sortir du détroit. Bîentât son second vajaseau disparut; cepen^ dant il ne perdait pas l'espoir de gagner le grand Océan. Le 16 , il renc(H2tra Olivier de Noort et scm escadre. Il voulut faire route avec lui , le gros temps y mit obstacle. Ejnfin , après avoir perdu la plupart de ses eiôbarcations , et se voyant sur le point de man^quer absohiraent de vivirea, de Weerdt retourna le 17 janvier 1600 vers lentrée du détroit qu'il atteignit le 21. Le 24, on découyrit trois petites île» qui furent nommées îles de Sébald de Weerdt , et par abréviation , les Sébaldines* Le 13 juillet , ce navi** gateur rentra dans la Meuse , ayant perdu soixante*neuf Wmçiies de son équipage , et en ramenant seulement trente^neuf.

En 1602, il fut nommé vice-amiral de la flatte de quinze vaisseaux que les deux compagnies réunies expédièrent aus Indes Orientales , sous le coBunaii-* dément de Wybmndt Van Warwyck. Au mois db

ràars suivant , il partit avec trois vaisseaui , devant aller à Cejlan , puis à Achem , dans Tile de Sumatra. Il mouilla d'abord dans la baie d'Anton gil , sur la côte de Madagascar ; le 28 novembre , il attérît à Ceyian , où il apprit que son compatriote Spilbergen , qui lavait précédé , avait été bien accueilli* De Weerdt ne fut pas moins favorablement reçu par le roi de Candj , qu'il alla voir dans sa capitale , et qui lai demanda du secours contre les Portugais , leurs ennemis communs ; il répondit qu'il n'était venu que pour trafiquer, et que d'ailleurs Tétat de ses vaisseaux, après un long vojage , ne lui permettait guères d'entreprendre une telle expédition ; que, cependant, il consentirait à satisfaire le roi moyennant une récompense raisonnable. Dans des entrevues subséquentes, ce prince le combla de marques d'attention et de présens. G)mme celui-ci en revenait toujours à la campagne contre les Portugais, de Weerdt lui déclara qu'il irait chercher du renfort à Achem , et se hâterait de revenir. Le roi lui fit cadeau de 20 quintaux de canelle et de 16 quintaux de poivre , et chargea ses ofiiciers de reconduire de Weerdt à Matécalo. Deux de ses vaisseau! avaient déjà mis à la voile ; il alla les rejoindre , et mouilla le 5 février 1603 sur la rade d' Achem ; il j trouva également Spilbergen qui le reconnut pour vice-amiral, et bientôt trois autres vaisseaux vinrent le joindre. Le roi d'Achem lui donna aussi toutes sortes de témoignages de bienveillance, et le pria de l'aider à chasser les Portugais de ses états; mais il ajouta que , comme la saison du poivre était passée , il ne prétendait pas retenir les vaisseaux hollandais , et qu'il invitait seulement le vice-amiral à revenir dans quelques mois. Le 31 mars, de Weerdt prit congé du roi , en lui annonçant qu'il allait à Cejlan , et le priant d'envoyer sur sa flotte des ambassadeurs au roi de cette île , ils partirent avec lui le 3 avril.

Le 25 I de Weerdt , avec ses six vaisseaux » laissa tomber l'ancre daas la rade de Matécalo. Le 30 , il descendit à terre avec cent trente hommes bien armés , et alla saluer le vice-roi. En attendant , les Hollandais qui manquaient de vivres se rendirent à terre , et tuèrent des bœufs. Le vice*roi, courroucé, se plaignit de cette conduite ; on lui représenta que la nécessité avait forcé de prendre ce parti , puisqu'il n'envoyait pas les provisions qu'il avait promises ; grâce à la prudence de de Weerdt , ce différend s'arrangea. Enfin , le 13 mai , une lettre d'un Hollandais au service du roi , apprit que ce prince occupé de guerre contre ses ennemis de l'intérieur , n'avait pu répondre plutôt et qu'il invitait les Hollandais à conduire leurs vaisseaux devant Punta de Galle , dont il voulait former le siège. G^pendant ceux-ci s'étaient emparés de plu-» sieurs navires portugais ; le roi qui en fut instruit , témoigna beaucoup de joie, et se mit en route pour aller conférer avec de Weerdt : il lui écrivit pour l'en informer , et le prier en même temps de ne point relâcher les prisonniers portugais , mais de les faire mourir ou de les lui livrer. On leur avait donné quartier en les prenant ; on leur rendit la liberté. Le P' juin , le vice-amiral et les autres commandans descendirent à terre avec deux cents hommes, et allèrent au devant du roi , avec lequel ils revinrent à Matécalo. Ce prince , après avoir conféré avec de Weerdt , demanda que tous les Hollandais retournassent à bord , et que le lendemain ils revinssent en cortège ; il ne retint auprès de lui que l'amiral et les principaux officiers. Â peine les premiers étaient-ils partis que de Weerdt et ses compagnons furent égorgés par les gens de la suite du roi. Les hommes de sa troupe furent également massacrés , de même que ceux qui allaient s'embarquer ; un très-petit nombre parvint à s'échapper. Le lendemain, ceux qui étaient restés à bord

Tirent paraître sur la côte Tambassadeur du roi d'Aehem , suivi de peu de inonde ; il remit une lettre de son maitre , écrite en portugais , par laquelle ce prince annonçait que de Weerdt ajant voulu le contraindre à venir à son bord, sans doute pont lassâssiner, il avait dû le prévenir* Il finissait par déclarer que peu lui importait qu'on restât en paiit avec lui ou qu'on lui fit la guerre*

D'après les renseignemens que les Hollandais recueillirent , il parut qu'effectivement de Weefdt avait insisté pour que le roi se rendit à son boftl le jour même ; mais on apprit que le courroux du monarque était venu de ce que de Weerdt avait refusé de lui livrer les prisonniers portugais. Un petit tiombre d'infortunés qui avaient échappé à cette boucherie revint à bord. Le commandement de la Hotte fut donné à JaequM Ptêtersen. Le roi de Matècatô se disculpa de n'avoif participé en rien au massaere » et tie cessa de donner des marques d'attachement aux Hol* landais; ceux-ci, qui déjà songeaient à faitte partk trois de leur vaisseaux, reçurent le 16 une lettre du roi de Camdj qui tâchait de s'excuser , réclamait leur amitié , leur promettait ufte cargaison , et sollicitait leur secours contre les Portugais; enfin, il déslrbit qu'on lui envoyât quelqu'un pour confiSrer tfveo' lui. On pensa qu'on ne devait pias négliger dette OCCSSéâm de renouer les premières Kaisons. Le 25 juillet , l'en-' vojé revint avec une lettre du roi de Cândj , qui rejetait sur un mal enketrdu fa funeste aventure de Matécalo , protestait qu'à îavewr , il ne se confierait qu'aux Hollandais, et annofi^it une cargaison die cannelle et de poivrcé Le vice-amiral jugea que toutes tes promesses n'avaient pour but que d'arrêter la flbtte ^ur la côte , afin de tenir les Portugais ein ali^rmesr. Ainsi, malgré les discours de» mnbassadèurs du roi de Cahdy , qui demandèrent qu'on dépêchât de nouveaux envoyés

à Iiaur souTerdin, et qui donnèrent une CMsHuîné quan^ lii^ decantielle »le vîce-amiralixiit àU Toilele 31 juillet^ après avqiF eonfinoé aux agena du rqi ce qu'oa lui mandait dans deux lettre» ëcritea en portugais et en flamand , que s'il avait l'intention d agir de Jsonne foi et de livrer la cargaison de deux vaisseaux , il la fil tenir prête , afin qu'ils pussent la prendre quand ils viendraient ; mais que s'il agissait avec autant de mauvaise foi que par le passé , on ne manquerait pas de moyens de s'en venger. .

La relation du voyage de de Weerdt au détroit de M^içellan , savait été écrite en hollandais par Bernard }ansen ; elle fut extraite et traduite en latin par un anonyn[ie et insérée dans ta neuvième partie des Grands Yùncwes de Théodore de Bry , à la suite de loùvrage de Joseph Acosta, sur le Nouveau Monde. Les dessins qui raccompagnent sont. faits d'imagination. C'est sur cette version que fut faite la traduction allemande de Gothard Arthus, i;nsérée dans Tédition allemande de de Bry. Une traduction française est insérée dans le Reciteil des Voyages de la compagnie des Indes Orien^ tfliss., tom. !(*% de l'édition de BoUandie;. tom. II, de celle de Rouen.

\4i second voyage de, de Weeirdt se trouive. dans la ht^itième partie, des Petits Voyages.;, il a pour auteur Q^rip^ili) de Brée, et foime la seconde partie. Ou l& tro^ç dans le Reciml des. Voyagea de la compagnie d^ Indesi Ofientales, tome II, éditioik de HoUande; tome IV, édition de Rouen; il est compris dans le niorceau ijotitulé : Voyage de quinze vaisseauœ kollan^ dais cofmnmhdés par l'amiral Van WoârwyokM,

ies: H4;>llandai$ ont toujours regardé* de Weerdt COfi^^pae un; de l^urs plus illustres navigateurs ; il tient ^ place dans l'ouvrage que M. Moll: kur a consacré ^n 1825^ Aucun marin de son temps n'a aussi hien connu que lui le détroit de Magellan , et n'en a donné

de meilleurs détails. Les îles Sébahkg sont trois tlots situés au nord-ouest des îles Falkand ou Halouines. Le nom de de Weerdt a été souvent altéré : de Brosses récrit Wert, et Camus d'après de Bry, Weer , orthographe bien plus fautive puisqu'elle change la prononciation du mot.

WEERDT (Gérard dé) , fit partie de la seconde et do la troisième expéditions envoyées, en 1595 et 1596 » pour découvrir le passage au nord-est, sous le commandement de Barentsz et de Heemskerk. 11 écrivit la relation de ces deux voyages d'après ce qu'il avait vu lui-même, et celle du premier d'après le récit des personnes qui s'y étaient trouvées et qui s'étaient engagées dans les expéditions suivantes. Il parait qu'il occupait un emploi considérable , car son nom figure toujours le second après ceux des chefs. Il avait dressé des cartes des pays où l'on passa Thiver, et des parages voisins; et ce fut en les considérant et en causant avec lui que Barentsz expira. Elles ont été copiées en partie dans le Recueil de de Bry.

1604. GHÉRINCX [Philippe cfe), né à St.-Trond, ville du pays de Liège , étudia la médecine à l'Université de Louvain , où il obtint le grade de licencié ; il reçut le doctorat dans une autre Université. Ses talens et ses connaissances layant fait connaître à Ernest de Bavière, évêque de Liège et archevêque de Cologne, ce prince l'appela à sa cour et Thonora de la qualité de son premier médecin et de son conseiller domestique. Il conserva cet emploi jusqu'à sa mort arrivée à Liège, le 11 novembre 1604. On ignore s'il laissa des enfans de son mariage avec Ide Haghen qui lui survécut et se remaria avec Thomas de Rye. On a de Ghérincx le petit ouvrage suivant : Description des fontaines a,cides de Spa et de la fontaine de fer de Turtgre. Liège , Guill. Morbérius, 1583,in-12.

KY£ ( Thomas de), naquit à Malines vers 1560. Il étudia la médecine et s y rendit assez habile pour mé*riler de succéder, en 1604, à Philippe de Ghérinci, en qualité de premier médecin d'Ernest de Bavière. 11 paraît qu'il n'a occupé cet emploi que peu de temps. Ce médecin épousa la veuve de Ghérincx , et en eut une fille qui se maria avec Henri de Heers.

Thomas de Rye a publié : Philippi Gheringi... fon^ tium acidorum pagi Spa , et ferrati Tungrtnsis occu" ratadescriptio, ègallicâ latinâ à Thomâ Ryeiio; cujus etiàm accesseruni in descriptionem , et super naturâ et usu eorumdem fontium , observationes. Liège, Henri Hovius, lô92,in-12.

1605. WACHTENDONCK(ilrwoW de), d'abord chanoine de l'église collégiale de St.-Barthélemy à Liège , et ensuite de St.-Martin. H avait acquis de vastes connaissances dans les antiquités, et s'était spécialement occupé de ce qui concernait la numismatique et l'histoire de Liège. Les plus grands savans de son siècle , correspondaient avec lui, et aimaient à le consulter sur les difficultés qu'ils rencontraient dans l'étude approfondie des sciences. De ce nombre , étaient le célèbre Juste Lipse et le cardinal Baronius ; le premier qui s'était particulièrement lié avec lui lors du séjour qu'il fit à Liège , le cite avec le plus grand éloge dans les deux premiers dialogues de son Poliorceticôn , sivede fnachinis, tormentis , etc. ; le second, dans le premier volume de ses Annales; on trouve aussi trois lettres de Wachtendonck dans le 3* volume de la Correspond dance de ce cardinal.

Guichardin , dans sa Description des Pays-Bas, Chapeauville dans ses Gesta pontificum leodiensium , etc , en font mention comme d'un savant distingué ; Pontus Heuterus , dans le 6'' livre de son traité De rébus bûrgundicis, le cite comme l'un de ceux qui l'ont aidé

dans ses recheTchcs ; les géographes Ortelius el Viviane dans leurs Itmêrarium per nonnullas Galliœ BelgictB partes (à la suite de l'édition des Œuvres de Diveeu^ donnée par Paquet), en rapportant les noms de quelques savans liégeois , font un brillant éloge d'Arnold de WachteQdonek, et louent ses vastes connaissances et ses belles qualités.

Wachtendonck a laissé plusieurs manusetits cités avantageusement par Chapeauville et par Bouille; ee sont des collections de documens historiques, des récit» d'évènemens remarquables arrivés sous le règne de Louis de Bourbon et dans les temps postérieurs. Aubert le Mire qui a consulté les manuscrits de cet auteur, avoue y avoir puisé d'utiles renseignemens pour sa collection de diplômes belges^

L'un de ses manuscrits, gros recueil in^foL dont M* Ch. Moulan , avocat à Liège , possède l'origiBal , contient une grande (fuantité de diplômes sur tes fibertés du clergé et du peâpte, des chartes inédites' fort curieuses, des lettres autographes de Tempereur Gharies-Quint et de Marguerite d'Autriche à Févéque" et au chapitre de Liège, et d'autres pièces précieuses pour l'étude de l'histoire nationale.

Arnold de Wachtendonck mourut l'an 1605, le jbur de Sie.-Anne. 11 existait à Tancienne cathédrafe de St.-Lambert, un mausolée en marbre noir érigé^ en l'646 ^ en l'honneur d'Arnold de Wacblendonck , chanoine et dojen de Téglise de Liège et archidiacre du Brabant , qui fut chargé de différentes légations en France, et mourut à Liège, le 19 septem^bre 163S, à Vâge de 69 ans ; mais il ne faut pas le confondre avec le précédent.

WACHTENDGNCR (Hermann de), qui vivait à la même époque, et peut-être frère d'Arnold, a laissé plusieurs manuscrits sur l'histoire de Liège.

. Le baron de Crassier possédait dans sa précieuse bibliothèque un exemplaire de Chapeauyille avec un grand nombre d additions et d'annotations , faites par Hermatin de Wachtendonck.

M. de Gerlache , dans ses Révolutions de Liège , sous Louis de Bourbon, cite un supplément à la vie de Bourbon, par Wachtendonck.

n a aussi laissé : Appendices varias ad kisiàriam Leodien^em tx diversis vodidbus mss. espcerpkeet nitidissimè à nobili D. Hermantw de Wachtendonck pro^ pria manu conscriptœ, in guibus, multa reperiuntur quœ in uuthoribus dictœ kistoriœ desiderantur^ in-fol. Wachtendonck termina cet ouvrage en 1608. Ce manuscrit, qui est passé dans les mains du baron de Crassier (voir le catalogue de sa bibliothèque, n"* 3448), se trouve aujourd'hui à la bibliothèque des ducs de Bourgogne , à Bruxelles.

La première partie de cet intéressant et curieux re«cueil , présente une description assez détaillée du pajs et du diocèse de Liège, d après Guichardin dans sa Description des Pays-Bas, Ortelius et Viviane dans leur Itinerarium, Guillelmus Neubrigensis , Hermann Schedel, Barland, Piccolimini, et Pontus Heuterus. Tout 7 est entremêlé de remarques du compilateur.

On y trouve ensuite des notes tirées d'un ancien manuscrit (appartenant à Hermann) et de plusieurs.autres livres et chroniques, le tout servant à compléter ce qui nmnque dans Jean de Wamant plus connu sous le nom de Joannes Presbyter. Ce sont des extraits de Raymond, de Jean de Brustem, d'Anselme, de Gilles d'Orval, de Grammy e, de Meyer, du Manuscrit de St.- Jacques , de la Chronique des Chartreuw, de Jean d'Outremeuse, de JSbcsem, du Livre des chartf^es de SU-Lambert , de la Chronique de St.-Laurent , des ^nanuscrits de Radulfe de la Rive, des papiers d'^lrwld de Wachtendonck et de ceux d! Arnold de Hocht

son ami , de Jïemaioourt, de Langiui, Ae Plaeenéius, de Frmssari^ de PhUippede Commutes, de Mon^ trelei, d* Olivier de la Marohe, d'une Chronique ano* nyme dont l'auteur vivait vers la fin du 15* siècle (prêtée à Uerinann par le ehanoîne Chabot), et enfin d'une {o\x\q d'autre» écrivêms.

Ces divers extraits sont aocoilipagnés des textes, traités, trèae», cûmpromis , se^rtences aifidtraies , lettres de mambottrnie ei d'autres pièces /bWouriettAe#.

Cette iniinehse compilation présente ainsi Thistoire de Liège depuis les premiers évéqu^s jusqu'à CorAeille de Berg. Elle fournit surtout des détails trèS'-circons» taneiés sur les lemp^ si orageux de Louis de iBoùrboa et de Jean de Hbrnes. La oonspiratioa de .la^faunile d'AntHin jest exposée avec des détails jusqu à présent inconnus aux hiistortens liégeois.

Dans la bibliothèque du baron dedrassier (n"" 3477), on voit un exemplaire manuscrit de la Chronique en rimçs de Jean dX)utremease .sur lequel Uermann avait mis des noies de sa main et désigné par une croia, les endroits fabuleux pour les passer lègècèment*

* 1605. THOORIN (Georges), naqloit à Liège, vers Van 1540 ; il j passa une partie de ses jx>urset y mourut Il fut docteur en tbéalbgie, chanoine et grand . écolâtre^de St.f-Laiçbert; cest tout ce 2qu!on sait de sa vie.

Thôuvin estauteur dune oraison funèbre , eo £ran<çais «'d'Anne >d'A4alriôlie ,^l[o de Ferdinand P% femiae d'Albert, duc «de .Bavière, et mère d'£rnest, électeur de Col^nc et évèque de Liège ; il prononça cette' oraison en présence «de ce dernier, dans l'église cathé-* drale de Liège , le 2iS novembre 1590; Il la fit imprimer l'année suivante, et l'accompagna d'une dédicace à Ernest de Bavière , dans laquelle il promet , si ce prince veut bien applaudir à son ouvra^ge , d'en entreprendre d'autres plus considérables. Thourin n'a choisi aucun

texte pour son oraison; et ne s'est astreint à aucune 4)iT3sion. £Ue est remplie <le hors d'œtiyres et hérissée de passages d'auteurs grecs et latins ; elle a enfin les défauts dbs discours oratoires de ce temps écrits dans mie langue qni était loin d'être formée alors. Pour donner une idée de ïéloquence française dans le pays de Liège, au 16* siècle, nous en transcrirons quelques morceaux. L'auteur commence ainsi son discours^;

c Je monte ce malin en cette chaire, tapissée de »noir, non pour y. flatter les oreilles de Votre Altesse, »ou {x>ur &ire accroire ce qui ne doit être cru à ces xseigâeurs très^illustlres, très^rérérends et très-magniifiques (les chanoines de St.*Laiiibért) , d'autant que je tféaraîs grand ^tort, et ^u nom que porte cejtte chaire, >et à mon état' et profession. Car je ne suis pas ici ^commeau temple qui -f ut jadis bâti des éperons des «navires Antiates, au Marché de Rome, devant la pour »de Hostilius ; je ne suis au palais, ou aux parquets >d'Aréopage, ou es places publiques d^ Athènes, Gatrinthe, Ephèsé, et autres telles villes du temps passé, •où Von pouvait, et où Ton sôulait haranguer à plais^ , >ains je suis en Téglise de Dieu , et en chaire de vérité. « Cet exorde qui nous parait ridicule aujourd'hui, a probablement été applaudi au siècle de Thourin. Pour entrer dans son sujet, il feint que toute l'Ailelûagne s'écrie :

t Ha! que Madame Anne la Douairière de Bavière •était une dame rertueuse, sage , accorte , honnête, «pudique , dévote , diaritable et grande aumônière. «Tout le clergé Ta prêchée telle , toute la noblesse l'a «chérie pour telle, tous ses sujets l'ont honorée pour «teHe , tous les malades et pauvres nécessiteux Tayapt «publiée telle , la regrettent et la bénissent main- «tenant. *

Cest là le morceau le plus supportable de l'oraison de Thourin. Il donne ensuite de grands détails sur

rantiquité et l'illastralion des maisons d'Autriche et de Bavière , et revient alors à sa bonne princesse tri^ pag9ée :

«Elle a vécu, dit-il, avec son feu mari Albert, » trente et quatre ans, ne plus, ne moins que Sara »vequit avec Abraham, Rebecca arec Esaû, et Anne, •fille de Phanuel , avec son mari. >

Anne d'Autriche était sobre ; sa parure et ses habil* lemens étaient modestes ; elle se revêtait d'une langtte côtte qui la couvrait toute entière , ainsi qu'on nous représente les anciennes reines d'Israël. « Elle voilait , > comme s'énonce Thourin, sa tète grarement sans «tordre folâtrement, friser et griller sa chevelure > •«. Elle se rappelait les menaces que faisait le prophète Isaïe contre les dames vadnes de son temps. L'orateur rend ainsi ces menaces d'une manière assez pittoresque :

« Pour autant que les filles de Sion se sont élevées , et ont cheminé le col étendu , et les yeux aSétés , et ont marché se guindant, branlant et rompant leurs pas., le Seigneur échevelera la tète dès filles de Sion, eA découvrira leurs parties honteuses. En ce jour , le seigneur «ôtera l'ornement des escarpins, et les coiffres et lunettes^ et les flaconnets , et les boëtes à senteurs , et les brasselets , et les atours , et les templettes , et les jarretières, et les carquans, et les affiquets, et les oreillets, et les anneaux, et les miroirs, et les toilettes, et les diadèmes, et les couvre-chefs, etc »

Thourin fait ici sans doute l'énumération des modes qui avaient alors le plus de vogue.

Pendant son veuvage, Anne d'Autriche ne sortit que très-rarement de son palais , et vécut solitairement eh sa chambrette, ne s occupant que de la prière. Se voyant sur le point de mourir, notre orateur lui fait tenir ce discours à ses petits-fils , les ducs de Bavière , qui étaient venus recevoir ses derniers adieux :

« Mes petits mignons , j ai bien désiré vous voir

Bavant ma mort, pour vous laisser un bon avertiisse-

•ment y digne de moi, qui suis votre grand'dame et

• mère, digne de votre seigneur et père, mon fils très-

•clier, que j'aime bien tendrement, écoutez-le bien,

» puisqu'il vous doit servir de mon dernier adieu. Vous

»êtes , mes petits mignons , extraits de la maison d'Âu-

»triche de mon côté ; quelle maison ! vous êtes du sang

«de Bavière ! servez à ces deux maisons de lustre, met-

>tant devant vos jeui la vertu de vos devanciers pour

«la suivre et imiter. »

Thourin finit son oraison funèbre , en nous apprenant qu'il fut député par le chapitre cathédral , pour aller consoler le prince Ernest de Bavière, qui était alors dans son château de Stavelot, de la perte de sa mère. Il a joint à son ouvrage l'épitaphe en vers français d'Anne d'Autriche, et un sonnet à Ernest de Bavière , morceaux de poésie très-médiocres sans doute , mais qui montrent du moins que Thourin savait allier le commerce des muses aux devoirs de son état.

On ne lira plus aujourd'hui cette oraison funèbre d'Anne d'Autriche , qui , pour son temps, était cependant remarquable, et a trouvé des admirateurs, témoins ces beaux vers latins, adressés à Ernest, de Dominique Lampson, chanoine de la collégiale de St.-Denis, à Liège :

Ecce

Pieridum Thourinus amor, coluiuenque sacrarum, Flos illibatus vatam , suadœque medulla , Cdjus mellifluâ Leodinâ ecclesia voce ^therei pandente sacra, et prsecepta magistri £ cathedra resonans tanto tua gaudet alunmo; Austriacam Bavaram oon fictis laudibus annaiu Extollens orbi quse te dédit inclyta mater, Antè sata ipsa pio pia Gaesari Ferdiiiando : Sic verbis pietatem ejus, sic pinxit amoreiii

In saperos, hàminesqile, pndicitiamqao ; itiàninqae In niiseros , inopesque, piâ cunfi mente, benignas Seinper et afflictia largas succarrere rebna, etc.

Georges Thouria est aussi auteur d'un discours latin sur le séminaire qui avait été érigé, à Liège par le prince Ernest de Bavière , et de deux livres écritâ dans la même languç, Tun renfermant les statuts et les lois de ce séminaire, et l'autre les motifs pour lesquels il avait été construit.

Il a traduit en français l'ouvrage suivant : Varia de trium regum Japonicorum legatis qui nuper Bomam profecti, Gregorio XIII, pont. max. obedientidm pu^ blicè prœstiterunt Louvain, Masius, 1585. C'est une relation historique concernant les envoyés des trois rois du Japon, qui, arrivés à Rome, se soumirent publiquement à l'obédience du pape Grégoire XIII. La traduction de I Hburin fut imprimée chez Morbérrius. Liège, 1585, in.4\

1608. JAUPEN {Henri), religieux augustin, né à Hasselty ville du comté de Looz, vers 1541. Âjant pris vraisemblablement le titre de bachelier en théologie k l'Université de Louvain , il parvint dans la suite aux premières charges de sa province;: 11: fut longtemps prieur des. couvens de Liège ,. de Hasselt et de Malines; il l'était encore de ce dernier, en 1579, lorsque la contagion apportée de Maestricht , après la prise de cette ville par le duc de Parme, ayant emporté douze Augustins, qui composaient le couvent de Hàsselt, il y envoya successivement quelques religieux pour le rétablir ; mais la peste continuant toujours, en emporta une partie , les autres prirent la fuite , et la maison ne fut repeuplée qu'en 1580, par des Augustins chassés de Malines , lors de la prise de cette ville , le 9 avril de cette année , parle colonel anglaise, Jean de Norich ^ qui la livra pendant un mois entier au pillage.

Le P. Jaupen , au milieu de ces déBordres , fut emmené à Bruxelles, jeté dans uti cachot et traité avec uoe telle barbarie » qu'il en fut réduit , au rapport de Mantelius, à boire son urine pour étancher sa soif. Délivre au bout d'un mois par l'adresse de quelques catholiques , il se retira à Uasselt avec quelques-uns ^e ses confrères de Malines qu'il y attira ; et deveûu prieur de ce couvent , il s'appliqua soigneusement à le rétablir»

11 ne travailla pas avec moins de 2èle à combattre les erreurs de Jean Bacoc (voir Ernest de Bavière) , curé de cette ville, qui séduisait leshabitans par ses prédications hérétiques, feignant cependant d'être orthodoxe. Le P. Jaupcn réfutait après-midi dans son église, ce que le curé avait prêché le matin dans la sienne , et ses travaux eurent l'approbation de l'évêque Ernest de Bavière , qui délivra enfin Hasselt de ce mauvais pasteur en 1589.

Revenant un jour de la visite du couvent de Wesel, ce religieux fut arrêté par les Calvinistes , qui le retinrent prisonnier durant 24 jours et ne le relâchèrent qu'après s'être fait compter 2,000 florins pour sa rançon. Il avait été élu provincial aux chapitres de son ordre, tenus à Louvain , le 16 juin 1589, et à Bruxelles, le 10 avril 1598. Ayant rempli chaque fois avec honneur les devoirs de cette charge; on voulut encore la lui confier de nouveau, en 1607, mais il la refusa, et mourut peu de temps après, le 26 juin de l'année suivante.

11 a laissé des sermons (conçûmes)^ apparemment en latin , qu'il avait retravaillés durant son séjour à Malines. Sweertius espérait, en 1627, qu'ils seraient publiés ; mais ils sont restés inédits.

Le P. Jaupen était bon prédicateur , homme indus* trieux, ferme et plein de ressources dans les situations les plus embarrassantes, modeste d'ailleurs, et très-»

attaché aux devoirs de sa proression. Il fit beaucoup de bien à son ordre qui lut fut redevable de Férection du couvent de Bruxelles et de quelques collèges d'humanité.

Il y a lieu de croire qu'il était neveu du P. Thomas Jaupen » augustin , qui, ayant été chargé en 1505 , du soin de rétablissement de son ordre à Liège , j jeta peu après les fondemens de l'église y ainsi que du cou* vent situé sur le quai d'Avroy, qu'il gouverna en qualité de prieur , depuis 1507 jusqu'en 1533*

"^ 1609. BALLET (Gilles) ^ fils de Jean et d une sœur de Jacques Damery y né à Liège. 11 alla se fixer assez jeune , à Rome. Gilles avait de l'invention et possédait à fond les principes de l'art de peindre. On voyait à Liège autrefois plusieurs beaux dessins de sa façon » mais la plupart ont malheureusement péri, lors du bombardement de cette ville, par les Français en 1691. Il dessina , à Rome , la plandie de son tableau de la Translation par les Anges de la maison de la Sainte Vierge, à Lorette. Cest un nommé Fariat qui la gravée ; elle valut à Gilles cent ducatons romains. On lit au bas de cette belle estampe : JEgidius Hallet invenit et delineavit; Bened. Fariat sculpsit Romœ.

Il paraît que Gilles Hallet termina ses jours dans cette grande ville ; mais en mourant, il avait les yeux fixés sur sa patrie, puisqu'il laissa/par son testament, ses biens pour l'entretien d'un Hôpital , situé dans la paroisse de Ste.-Foi, aux portes de la ville de Liège, en faveur des pauvres de cette paroisse où il était né.

1609. GREMBERG (Guillaume de) y philosophe, jurisconsulte, habile négociateur, était delà famille des barons de Berg. Il fit d'excellentes études, visita les plus célèbres Universités de l'Europe, et reçut le bonnet de docteur à Rome. Le pape Grégoire XIII lui accorda son estime et l'admit au rang de ses prélats dômes-

tiques. C'est lui qu'il chargea d'aller porter à Févéqne Gérard de Groësbeck, le chapeau de cardinal. Ce prélat , charmé du mérite de Gremberg , et plus encore sans doute de sa mission , le nomma chanoine de la cathédrale et son conseiller intime. Ernest de Bavière l'honora aussi de sa confiance et le chargea d'une mission auprès du duc de Parme, lorsqu'en 1585, ce prince assiégeait la ville d'Anvers ; à son retour , il fut élu doyen de l'église de Liège.

Gremberg succéda à L^aevinus Torrentius dans l'évèché d'Anvers, et parvint dans. la suite au siège archiépiscopal de Cambrai. Ce prélat estimé de son vivant, mourut le 25 avril 1609 » emportant les regrets du peuple, dont il avait su partout gagner la conéance et l'amour. Il laissa par son testament divers legs pieux assez considérables aux églises de Liège , d'Anvers et de Cambrai.

1609. VOES ou VOSSIUS {Gérard), théologien et littérateur , naquit vers le milieu de l'autre siècle , à Hasselt ou à Borchloon , au comté de Looz. 11 embrassa l'état ecclésiastique , devint protonotaire apostolique et doyen de la collégiale de Tongres. 11 était docteur en théologie , et d'ailleurs fort versé dans la littérature grecque et latine. Pendant un séjour qu'il fit à Rome, il obtint l'estime des cardinaux Sirlet et Carafie , et du pape Grégoire XllI , desquels néanmoins il ne reçut aucun bienfait , à ce que dit son panégyriste Vittorio Rossi. Mais ils lui avaient facilité l'accès des bibliothèques d'Italie, oiiil recueillit des copies et des extraits de plusieurs ouvrages des pères de l'église. 11 mourut à Liège, le 25 mars 1609 , et non en 1625, comme le suppose Moréri. L'épitaphe inscrite sur sa tombe par son frère , et que l'on voyait dans Téglise du séminaire de cette ville , fixe expressément la date de son décès et ne lui donne que le prénom de Gérard : c'est par

erreur que Dupin j joint celui de Jean ; ce qui a induit à le confondre quelquefois avec Gérard^Jean Vossius. Il a publié :

1"* Rethoricœ artù methodui per fuœêtioHes. Lou* vain , 1571 , in-8'.

2^ Commentaire 9ur h Songe de Soipion. Rome , 1575, in-S*.

3^ Divers morceaux qui appài^tieniient à la littérature ecclésiastique, savoir , quelques cK^cour^ de saint Ghfjsostôme f en grec , avec une 'âêrsian latine. Rome, 1580, 3 vol. in.4».

4'' De charitate , sermon de Théodoret qu'il a donné dans les deux langues, avec des notes et des variantes. Rome , 1 585 , in-fol.

5'' Gesta ao monumenta Gregorvi papas IX, cum schùliis. Rome, 1586, in*fol. Yalère André prétend qu'il parut la même année à Rome, un traité de phy^ sique du dominicain Silvestre de Ferrare , accompagné d'une préface de Gérard Vossius.

6"* \jd^ œuvres complètes de saint Ephrem, avec in^ terprétation et remarques, 3 vol. in-foL Rome, 1589, 03 et 08. La bibliothèque de Ste.-GenevièVe à Paris en possède un exemplaire. Cologne et Anvers, 1603 et 1610 , in-S"". Il est le pnemier éditeur des œuyr^ de ce saint

T De considératiane libri V. Rome, 1504, iia-4*. Cologne, 1605 , in-8°. On y trouve les oômihentaires qu'il a faits sur ces cinq livres^ qu'il a dédiés au pape Clément VIL

Gérard Vossius avait , selon toute apparence , quitté rUalie, entre 1506 et 1604, car il publia cette année, à Mayence , les Ecrits de saint Grégoire Thaumaturge, avec sa vie , des notes et quelques mélanges. Mayence , 1604 , in-4".

Il avait préparé , ainsi que le dit son épitaphe , une édition des cswùres de saint Léon , pape ; mais il n'eut

pas le temps d'achever ee travail , non plus que celui qu'il avait entrepris sur les àôtes et les httres du pape Hilarias*

Vossiiis mérite d'être compté parmi ceux qui ont mis en lumière les monumens de la littérature ecclé*siastiquè.

1610. SAMÉRItJS {Henri), né vers 1540, au village de Samrèz près de Marche en Famène, se fit lésuite à Cologne, en 1561. Son habilité dans le maniement des affaires lui acquit lestime de ses supérieurs qui lui confièrent la direction de quelques collèges , et celle des jésuites employés dans les armées. Il fut pendant quelques années le confesseur secret de Marie Stuart , reine d'Ecosse , qui , pendant sa détention , avait souhaité un religieux de la compagnie de Jésus, pour prendre ses avis. Le P. Samérius s'introduisit auprès de cette infortunée princesse « déguisé en médecin; mais quelques soupçons s'étant élevés sur sa prétendue profession , il fut forcé de se retirer.

Les Anglais s'étant rendus maîtres de Stewich , en 1592, le P. Samérius fut emmené prisonnier, et accusé de crimes énormes devant le comte Maurice de Nassau : on laccusa même d'avoir attenté à la vie de la reine Elisabeth; mais le comte ayant reconnu son innocence, le traita avec douceur , lui fit rendre ses effets, et le renvoya en liberté. Il mourut à Luxembourg , le 5 janvier 1610, dans la 70° année de son âge.

Samérius était très-versé dans Vhistoire sacrée « et surtout dans la chronologie , qu'il a traitée avec beau« coup d'exactitude dans l'ouvrage intitulé : Chronologia mera û^b orbe eendito wsque etd Christum natum. Anvers, Hier. YerduÉ^n^ l608, in-fol., p. 67.

* 1610. PALUDANtS [Henri), naquit dans le pays de Liège vers 1570. Son véritable nom, hidXlDesmarets/ Van den Poel, Vàn den Broeck, ou Y an den Broich.

Après avoir achevé son cours d'humailités , il résolut d embrasser la vie religieuse et prit Tbabit de Récollet à Liège ; il fit sa profession entre les mains du P. Mathias Sjlviusy alors gardien du couvent di& cette ville, où il prêcha pendant 12 ans. En 1610 , le P. Paludanus était lecteur en théologie au couvent de BrûU, dans l'archevêché de Cologne, oii ses supérieurs lavaient envoyé depuis quelque temps. Il a publié :

V M. P. F. Didad de la Vega, xyrdînis S.Francùci, S. TheoL lectoris, conctone^et exercitiapia sfup&r evati" gelia dominicalia totius annû Tomus primus , ab adn ventu Domini usque ad festum Penfecostes. Opits novunt... ab Henrico Patudano.^, in latmum conversum^ Cologne, 1610, in-8^ Ce 1" tome est dédié au prince Ferdinand de Bavière • coadjuteur de l'archevêché de Cologne et de Tévêche de Liège. — Tomus secundtM, à festo Pentecostes usqve ad adventum Domini. Cologne , 1610, in-12. 1! est dédié au P. Jean de Nejen, commissaire-général des Récollets pour les provinces belgiques.

2"* R. P. F. Didaci de la Vega , Toletani , ordihis S. Francisci de observantid, S. Theolog. lectoris, paradisus gloriœ sanctorum, eorumque triumphits» Conciones et exercitia pia super festa totius anni. Opus novum , multiplici eruditione refertum, in quo de exvmiis sanctorum, meritis lucuhnter agitur , ab Henrico PaludanOj minorité observantino leodiensi , in laUnum conversum. Cologne , 1610, in-S"*. Quelques exemplaires portent la date de 1612. Dédié au P. Mathias Sjlvius.

* 1610. FOUR {Pierre de) dit de Salzéa, peintre liégeois. Il fut l'élève de Lambert Lombard, sous lequel il fit d'abord des progrès assez rapides dans l'art de peindre. De tous les disciples de ce grand maître , Jean Ramaye et Pierre de Four sont ceux qui ont le mieux imité sa manière. «

Né d'une famille distinguée, cette Girconstance ne contribua pas peu, après la mort de son maître ^ à lui donner de la TOgue. De Four eut donc le bonheur , jeune encore , d'être employé à la composition de plu^ sieurs grands ouvrages ; il put exposer aux jeux du public quantité de tableaux , dont les figures sont à peu près de grandeur naturelle : enfin , il acquit bientôt une réputation qui surpassa en quelque manière celle de Lombard ; quoique son tableau , accompagné de volets , qui est sur le grand autel de Téglise de Saint- Jacques, à Liège, ne puisse être comparé aux morceaux de cet illustre peintre.

Un des chefs-d'œuvre de de Four , est le Tombeau de tévéque Gérard de Groësbeck , portant au bas l'année 1580 , avec des vers latins de Dominique Lampson, Ce tablemi était dans l'ancienne église cathédrale. Il était orné de volets ; l'un offrait le portrait de ce car^ dinal, soutenu par son patron St. Gérard, et l'autre, un hom^me avec des en fans. Ces volets sont beaux, mais notre artiste ne s'est pas modelé ici sur Lombard. £n général , les figures du principal sujet de cette peinture sont jtieMsnte^ et leurs attitudes grossières; le coloris tn est obscur.

n j avait encore un autre tableau de de Four dans cette même église, représentant /« C. au jardin de Gethsemani a/vec ses disciples endormis. Le coloris de cette pièce est plus clair que celui de ses autres tableaux ; elle est aussi ornée de volets ; sur l'un est peint Jean de Harff^ chanoine de la cathédrale de Liège et abbé d'Amay; et sur l'autre, Jean de WiUihem^ aussi chanoine de cette église et archidiacre d'Ârdenne. Les portraits de ces deux ecclésiastiques iont fort bien , ils sont dans une attitude naturelle , ce qui atteste le talent de l'artiste. Ce tableau est de lan 1578.

On en voit encore un autre de de Four, avec des

volets Qomme les préoédelss» éans Fégliie de St.-Bartfaé-' l^mjt h Liège 4 .repré^ntant êémji MichpL Ce moreeaiÉ^ a été très^spimé; Û çat bien peliit v et le dessia en est exact; \\ h\JÀX àà}htrà9*e»fumé yftn lafin da H^'^siècle, taadis quç le tableau du même artiste , de l'autel de St,-EtienDe , d^n^ la même égUse » qui a été £ut peu de tQmps après» p^r^i^sait encore :alors trè^-fbeau. Ce dernier tableaq est une déposition de la croix , dont Je fond est eoeiore plus clair que celui des autres tableaux de ftof re peintre., Cette dépoiUùmXxfiiii beaucoup du goût de Lombard : les fignrès y sont peintes en portraits : on j voit le nom de Vauteur .et l'imnôe 1610.

Cet artiste a jpiiLi die son temps d'une assez grande renommée; op n^ peut, en effet, lui refuser du génie^ ce que proAivent les ;difierèns sujets qu'il a traita et le nombre considérable d ouvrages qu'il a laissés à Liège. Mais comme le coloris de plusieurs de ses tahbaux ne s'est p|is soutenu, o.u ne doit pas être surpris s'il est presque publié aujourd'hui*

Quoique Pierfede Four eut beaucoup, travaillé pour leis églises , il ne s'enrichit pas ; et il parait même qu'il Avait peu d'économie et peu d'ordre dans ses aflEsiifles , puisque la tradition nous apprend qu'il a habitée, sur la fin de sQS jpurs, comme gard^nmison, l'hêpital de St. Jacques de Xiége , su;r le quaid'Avroy , où probablenienit il est mprt.

jC'est sans doute ce qui a /dotoné lieu de dire que ]Lambert Xoipbard était mort de misère dansnn hôpital, parce qu<Ai l'aura confondu ayec Pierre de four, qui (Cst celui de ses élèves ^ en j «compreilant Jjean Ra- B^aye , dpnt Iqs fléaux approchent le plus de sa ma*nière de peindi:e.

161 1. CLARIUS (Jmn) ou CLAEREN naquit à Toih grès, en 1547. 11 vint fort jeune à Lpuvain, oii, après avoir fini ses humanités , il létudia la philosophie au

eollé^ fÙÊ Porc^ et efoA le vingtième rahgià la promo tion générale des arts, en 1569. Quelque temps après , il xègenta les belles^Iettres clans le même collège , et obtint , au moyen des privilèges de la faculté des arts , 120 caiioafûoatde l'église collégiale de St.*Dem8, à Liège, et un autre de Si.-Pierre, à Lille, en 1585.

En 1571 , on lui confia ht direction de la maison de Standoncky d'où il passa au>c611ége de Ste.^Anne k{^ï{ gouverna jusqu'en 1591 , époque où il fut fait président du Grand'Collége.

Le prince Ernçst de Bavière., éVêq^e de Liège , ayant érigé à Louvatn uiji sèjj^iinaire poiur les jeunes gens de son diocèse, en offrit la présidence» çn 1605 , à Clarius qui l'accepta si^r les iastances de Juste Lipse.

Comme il n'était encore que simple bachelier en théologie, en 1576, il prit lie bonnet de docteur, et neuf ans aprè^ ayant .été jaopimè professeur royal, il expliqua, en cette qualité, le MaUre des sentences jusqu'en 1596, où l'on substitua à cet auteur la Somme de SL Thomas. Clarius fit des leçons sur ce dernier durant quinze années.

Après la mort du docteur Stapleton, le cardinal André d'Autriche, alors gouverneur des Pays-Pas, avait pourvu Clarius de la prévôté d'Hilverenbeeck : il était de la régence de la faculté de théologie , et fut élu devx fois recteur de l'Université.

Clarius mourut au Séminaire de Liège, à Louvain , le 22 août 1611 , à l'âge de 63 ans , laissant deua: bourses pour des étudians dé cette maison. Sun corps repose dans le chœur de St. -Pierre, où il était chanoine de pirèmier rung.

Il était versé dans la littérature et la théologie , ii excellait surtout dans l'art de gouverner la jêuivesse. On a de lui :

V Ode in GmUelmum à Nassau, régis cathoUci va-' saUum perduelkm, et eoclesiœ ChrisH hosiem. lions,

2581, iiiHl2; Cest un poème eu vers iambiques di-* mètres.

2*" Satyra in Gmlielntvni à Nassau. Auciare •/. C» Proverbe 12. Concilia impiorum fraudulenta.lbS^i in*12i, sans aom de ville, ni d'imprimeur. 11 y rappelle la pièce précédente , lorsqu'il apostrophe ainsi le prince d'Orange^ qui voulait empêcher Ernest de Bavière de parvenir à la principauté de Liège :

Aiit qnam salutem Legia Aactore te speraverit?

Earane, quam provinaiis Dolet propinquis reddUam?

Vt impotent! andaciâ Sacra et prophana poteras.

Et te tyrannam libéra Gens serapiternum perferat?

Sed îsta pridem crimina Fixere telo vindice Jambi mioaces , qaeis taara Rabiem cit«ti pressimos*

Clarius a mis une épigramme au commencement des Natales sanctorum Belgii de Jean Molanus, et a soigné réditîon du Traité de Jean de Len§ , son collègue : De fide, spe et charitate.

11 a laissé manuscrits :

1* Commentaria in 3^^ partent Summœ D. Thomœ, de ecclesiœ sàcramentis»

2" Commentarius Joan, Clarii in Evangelium secundûm Joannem, in-4*.

" 1612 GUILLON {Gilles), théologien et mathématicien liégeois. Il f ût d abord chanoine de l'église collégiale de St.-Martin , et ensuite curé de la paroisse de Sainte- Marguerite près de Liège. Nous ignorons les motifs qui lui firent abandonner cette cure pour aller à Rome, où il séjourna plusieurs années. Il mit ce temps à profit

l^uTse perfectionner dans les sciences. Il vécut familièrement dans cette ville avec Christophe Clavius dont on a un traité sur F Algèbre, que Guillion a traduit en français avec lapprobation de ce savant.

De retour de Rome , il se fiia dans la ville de Oransée en Bourgogne , où il obtint une prébende et ledécanat du chapitre collégial de cet endroit^ assailli enfin de différentes maladies , il y termina sa carrière à la fleur de Tâge. Le comte de Gransée et ses enfans auxquels il avait donné des leçons de mathématiques le regrettèrent singulièrement.

Gilles Guillion dédia à François et à Maximilien de Bille, fils de Charles de Bille, seigneur de Vierset et haut-avoué de Huy , son Arithmétique avec les jetons et hcroye. Il se plaint, dans cette dédicace, de la fortune qui lui a fait, dit-il , earpérimenter les durs jUauât de sa fi^mur. Cette inconstante déesse ne lui fut pas toujours cruelle , et ce fut dans un de ces momens où elle le laissa tranquille , qu'il rédigea sa Nouvelle Méthode de compter , méthode qui peut servir à ceux qui savent lire et à ceux qui ne le savent pas : c'est pour ces derniers principalement qu'il donne les principes de l'arithmétique avec les jetons et la croye. Cette dédicace est suivie de quelques pièces très-médiocres de poésie en latin et en français. On trouve à la fin de ce livre , une approbation d'un chanoine de la cathédrale de liége , nommé Charles Oley , qui pense que l'ouvrage de Gilles Guillion ne sera pas seulement utile à ceux qui voudront apprendre larithmétique , mais qu'on pourra aussi l'opposer aux piperies des hérétiques ^ et qu'il contribuera à découvrir la gra/nde imbécillité, ^^^*^fTpUude et impiété de ces nouveaux sectateurs. En ^ffet, l'auteur termine chaque chapitre de son traité par. des réflexions et des argumens dirigés contre les Luthériens et les Calvinistes.

Foppens qui nous représente Gilles Guillion comme

un profond théologien et un grand malhémaUcien , aussi persuadé que les réflexions et les argumeas cet auteur sont très-solides et très-propres à coufondi les ennemis de la religion. On a de lui :

1** \J Arithmétique avec les jetons et la croye. Liège , Léonard Slreel , 1604 , in-8\

2*" De ïinvoeation et de l'intercession des saints. Liège, 1605, in-4°; après lequel traité se trouve une Vie de St. Lambert ^ par le même auteur. Il composa ce Traité à l'occasion du miracle suivant , dont il fil imprimer la relation.

En 1605, un garçon âgé de dix ans, de la paroisse de Ste.-Marguerite , devenu impotent par suite d'un crachement de sang qui durait^ depuis six mois , fit tant d'instances auprès de ses parens, qu'ils lui permirent d'aller visiter la chapelle de St.-Léonard, située à Textrémitë de Tun des faubourgs de la ville de Liège; il y alla avec ses béquilles et assisté de sa sœur. Comme il était en prières, ses forces labandonnant tout à coup, il tomba le visage contre terre sans pouvoir se relever, que par le secours des assistatts* Revenu à lui, il redoubla ses prières à Dieu par l'intercession du Saint, qui obtint sa guérison si entière , qu'il retourna chez lui sans aucune assistance, et à la vue de tout le monde.

Quelques jours après , on ordonna une procession, en actions de grâces, depuis la paroisse Ste.-Marguerite jusqu'à la chapelle St.-Léonard; durant toute la cérémonie , ce jeune homme marchait, vêtu d'une robe blanche , portant un cierge à la main , et faisant le jdiemin à nu-pieds.

3"" Un Abrégé de t arithmétique avec les jetons et la croye.

^L* Optique et ses démonstrations mathématiques.

5'' Astronomie vulgaire avec les cycles solaires et lunaires.

6^ La théorie et la pratique de conHruire et fortifier ^hs villes et châteaux.

1612. BAVIÈRE (Ernest de), évêque de Liège, abbé de Stavelot et archevêque de Cologne , savant naturaliste. Il était fils d'Albert , duc de Bavière et dAnne d'Autriche , fille de l'empereur Ferdinand.

Après la mort du cardinal de Groêsbeck, quatre concurrens se présentèrent pour lui succéder : le duc de Parme alors gouverneur des Pays-Bas , l'archiduc Mathias , le prince Ernest et le duc d'AIençon , frère de Henri III , roi de France. Les envoyés de ce dernier qui se trouvaient à Liège pour y recommander leur maître , alléguaient en sa faveur, que par son affection four le pays, et par la puissance de sa maison , il af-fermirait solidement la liberté que la nation avait si fort à cœur, et maintiendrait la neutralité au milieu des agitations des princes voisins.

Le 29 janvier 1581 , le chapitre, malgré les intrigues de la France , de la Hollande et de l'Espagne , ayant élu à l'unanimité le prince Ernest , il fut proclamé, suivant la coutume, du haut de la tribune, en langue latine, française et allemande. Le peuple applaudit d'autant plus à ce choix, qu'outre sa haute naissance et les alliances de sa maison , certaines grâces répandues en sa personne , lui conciliaient les esprits et captivaient les cœurs; regardant ces avantages comme les signes certains d'un excellent naturel et les pré** sages d'un gouvernement doux et paisible.

Peu de jours après son élection , il partit pour F Allemagne afin de mettre ordre à ses afiaires domestiques. Etant passé par Stavelot , les religieux des deux monastères le choisirent pour abbé, en remplacement de Groësbeck.

Le jour de Pâques (1581), un ouragan affreux accompagné de pluie et de grêle, enleva les toits de

plusieurs églises h Liège ; la grande vitre de l'église collégiale de Sle .-Croix représentant le» Sibylles , fut fracassée ; plusieurs maisons furent emportées, les arbres déracinés, et il périt un assez grand nombre de personnes écrasées sous les ruines.

Après une assez longue absence, Ernest annonça son retour aux états et arriva à Visé , d'où il partit pour Liège le 15 juin. Jamais évêque ne fit son entrée solonnellé dans cette viHe, avec plus de pompe.

A son arrivée au pont de Grejr sur le chemin de Coronmeuse, où trois compagnies de dix hommes bordaient le quai , les deux bourgmestres de la cite , accompagnés du conseil de ville, des commissaires et du grand greffier , après avoir mis pied à terre , le complimentèrent, l'un en français y et Vautre en allemand, et lui firent prêter le serment accoutumé.

Ernest s*avança ensuite vers la ville, marchant au milieu des deux bourgmestres , et recevant avec bienveillance^ toutes les demandes en grâce que les criminels en foule, venaient lui présenter suivant l'usage.

Gomme on approchait du couvent de St.-Léonard , les bourgmestres lui présentèrent les clefs de la cité qu'il leur rendit gracieusement , ne doutant pas , dit-il, quils continueraient à les garder fidèlement; ajoutant que pour lui, il voulait vivre et mourir avec ses sujets.

A l'approche du cortège , la porte St.-Léonard fut fermée par un des membres de la compagnie des arbalétriers. Malgré les cris répétés : Ouvrez donc la porte au prince , on n'en fit rien; les bourgmestres dépéchèrent alors l'un des valets de ville , qui la fit ouvrir, après en avoir réitéré Tordre par trois fois.

Lorsqu'Ernest eut passé la porte St.-Léonard, l'enseigne de la compagnie des arbalétriers qui marchait à la tête des empereurs (c'est ainsi qu'on appelait ceux qui avaient tiré l'oiseau , trois années consécutives), lui présenta le drapeau qu'il toucha , promettant de con-

à cette compagnie ses droits, privilèges et lifartés. Il s'avança ensuite dans la ville , aux applaudis* semens et acclamations du peuple , au milieu des trentedeux métiers en armes , rangés en haie sous leursdrapeaux » depuis la porte St.-Léonard jusqu'à l'église St. -Lambert.

Une troupe de hallebardiers à cheval ouvrait la marche : les gouverneurs des villes et forteresses du pays, revêtus de manteaux de soie doublés de bleu ^ garnis de franges d'argent et enrichis de colliers de la Toison-d'Or, dont le prince leur avait fait présent , précédaient la noblesse liégeoise; venaient ensuite Philippe de Croï, prince de Chimai, avec un cortège de 150 chevaux; le prince d'Arembçrg suivi de 166 chevaux; Guillaume de Bavière, duc de Juliers, avec une suite de 350 cavaliers, 64 valets de pied, et de tous ses gouverneurs de places et conseillers de cour ; le duc Ferdinand de Bavière , avec un cortège de 200 chevaux et 100 valets de pied; et Qiarles de Croï, duc d'Arschot , suivi d'environ 100 chevaux et d'un grand nombre ide valets de pied. Enfin on voyait Vévêque Ernest de Bavière suivi de 852 cavaliers et de 37 valets de pied ; il marchait entre les deux bourgmestres de la cité, André d'Ans et Georges Goswin.

Lorsque le prince fut arrivé devant Téglise de Saint- Georges, il y trouva un arc de triomphe haut de 105 pieds avec trois portiques, orné de quantité de machines et de devises à sa gloire^ et entouré de jeunes filles d'une beauté choisie magnifiquement parées. On vit aussitôt descendre aux pieds d'Ernest , la figure d'un pin, emblème des armes de la ville , et une jeune personne d'une beauté rare , habillée en déesse , qui , au son d'un mélodieux concert d'instrumens , déclama , au nom de la cité et du pays, des vers en son honneur , et lai offrit ensuite, dans une riche corbeille , des bijoux et des vases d'argent pour une valeur d'environ 4^000 florins Brabant.

Un château artificiel construit du côté de la Meuse , faisait voir cette rivière tout en feu , au moyen de Tartillerie. ^

Sur la place du 6rrand Marché , on avait élevé quatre théâtres séparés l'un de l'autre par des pyramides de 60 pieds de hauteur. Le P', qui représentait l'état ecclésiastique, laissait voir quatre jeunes hommes en habits de filles figurant l'église , la foi , l'espérance et la charité , qui , après avoir complimenté Ernest , lui offrirent une petite figure d'or, qui était celle de la foi. Au 2*, où l'on voyait l'état-noble , sous divers emblèmes, ' on lui présenta une épée garnie en or. Au 3' , qui représentait le tiers-état ou le peuple , on lui fît don d'un cœur d'or. Sur le 4' , on voyait un homme du commun , accusé du crime de lèze-majesté, en posture de suppliant aux pieds d'un juge, tenant en ses mains l'inscription suivante gravée en lettres d'or : Audiatur altéra pars, ou il faut entendre t autre partie; paroles familières à ce prince.

11 fut ensuite complimenté dans la salle des échevrns, au lieu dit le Détroit, situé entre la maison de ville et l'église cathédrale , et prêta le serment suivant la formule qu on lui présenta.

Comme il se disposait à descendre de cheval au bas des degrés de St.-Larabert , le chantre de cette église faisant semblant de l'assister , mit la main sur la setle , en signe qu'elle lui appartenait aussi bien que le cheval. On le revêtit ensuite d'une soutane et d'un rochet, puis s'étant avancé jusqu'au lieu où les chanoines l'attendaiept , vêtus en robes de soie (présent que chaque nouvel évêque était dans l'usage de leur faire à son inauguration), le grand prévôt le complimenta au nom du chapitre et le conduisit à l'église cathédrale , à l'entrée de laquelle il lui fit toucher la corde d'une cloche , en qualité de marguillier d'Atken, office d'un rapport considérable aux évêques, sans aucune charge

»ur eux. Après s'être mis à genoux devant le maitre-

itel, on lui fit lecture d'une capitulation qu'il jura ^observer ; alors on le conduisit comme en triomphe palais épiscopal.

Le premier acte de son administration fut d'établir , de concert avec le magistrat et le conseil de la cité , ime police sévère à l'égard des étrangers , des vagabonds et des voleurs.

Sous son règne , les Jésuites alors regardés comme les plus fermes soutiens du catholicisme contre les idées nouvelles , trouvèrent appui et protection de sa part. Ikse répandirent, par ses soins, dans tout le diocèse où ils établirent des collèges. Il leur donna dès 1581 , le couvent des frères de St.-Jérôme à Liège ,. auquel ils unirent un peu plus tard l'île de Notger ,. par un pont construit d'une manière remarquable pour le temps.

Eu 1582 , Ërard de la Sauvenière , surnommé Pita" baie, ayant assassiné' à Binant un chanoine ainsi que son neveu , sa nièce et sa servante , pilla la mstison et s'enfuit. Les échevins de cette ville, sur quelques soupçons , firent saisir et condamner à mort l'un des parensdu défunt, par un jugement précipité. Quelque temps après, le meurtrier étant revenu à Dinant, fut appréhendé pour d'autres faits, et ajant été appliqué à la question , avoua qu'il était l'auteur du meurtre de ce chanoine : il fut donc tenaillé dans les carrefours et mis sur la roue; mais le tribunal des échevins de cette ville fut depuis lors privé du droit de juger à mort.

En 1585 , Ernest fut élu évêque de Munster , en remplacement de Guillaume, comte de Meurs, et fils du duc de Juliers, qui avait abdiqué pour se marier. Peu de temps auparavant , le chapitre de Cologne l'avait choisi pour succéder à Truchses , qui en était archevêque^ mais qui, pour épouser la belle Agnès de Mansfeld , avait embrassé la religion protestante , sans

vouloir pour cela abandonner son siège. Cette oauveOs élection fut une cause de guerre entre ces deux prélats^ dont le pajs de Liège eut beaucoup à souffrir.

Gebhard Trùchsès, neveu du cardinal d'Aùg;»bourg^ descendait d'une noble et ancienne faniilleide Souabe. Ayant embrassé Tétat ecclésiastique ^ il fut nommé dojen du chapitre de Strasbourg; et en 1577 \ il-ful élu archevêque de G)Iogne ^ sur la démisstoa.' de Salentint comte dlsenbourg, qui ^ resté le aet^I mâle de sa famille, abdiqua pouk" se marier* £n 1579-, lempereur le désigna Tun de ses commissaires, à la diète convoquée à Cologne, pour aviser aux moyens 'de pacifier les troubles des Pays-Bas. Grebhard proposa d'appeler sur cette assemblée les bénédictions du ciel » par une procession à laquelle furent invités les religieux et religieuses du roisinage. Il y vit la belle Agnès de Mansfeld , chanoinesse de Guérichen ^ et conçut pour elle une passion si violente et si subite <{u on la regarda tommé un effet de la magie* Les* frères d'Agnès 1 ayant menacé de le tuer s'il ne réparait pas lé scandale qu'il avait donné , Gehbard épousa secrètement sa maîtresse au mois de janvier 1582.

Voulant conserver avec sa femme Télectorat de Cologne , il fit profession de la réforme y qu'il tenta d'introduire dans son diocèse ; mais le chapitre et les magistrats de Cologne se réunirent pour s'opposer à son dessein , et Gebhard ne croyant plus devoir garder aucun ménagement , conduisit son épouse à Rosenthal, où il fit bénir leur mariage par un ministre Luthérien.

L empereur et le pape ayant épuisé tous les moyens de douceur pour le ramener ^ il fut excommunié par le Saint-Siège ; et le chapitre de Cologne élut à sa place Ernest de Bavière , évéque de Liège. Gehbard , alors , leva des troupes pour se maintenir dans la possession de son archevêché , mais il fut chassé de Bonn , et obligé de se réfugier en Hollande avec sa femme.

en 1584. Il y prit du service et fit la campagne de 1586, sous les ordres du comte de Leicester.

Ayant fait demander à . la reine Elisabeth , la per* mission de passer en Angleterre , il ne put Tobtenir ; cependant cette princesse donna Tordre à son ambassadeur, à La Haye de lui compter deux mille écus, La belle Agnès se flattant de réussira changer la résplutioti de la reine , par le moyen du comte d'^sex y se rendit alors à Londres ; mais Elisabeth, instruite que son ja* Tori ayait offert à Agnès un appartement dans sa maison:^ la fit rembarquer sur-le-champ ^ après lui avoir fait donner mille écus pour les frais de son voyage.

Gebbard parvint à rentrer dans Bonn en 1587; il en fat chassé de nouveau Tannée suivante , et il perdit en 1589, Rhinberg, la seule yille qui lui resta dans Félectorat de Cologne. Il se vit réduit à mendier ^ eti Allemagne ^ des secours qu'il ne put obtenir , et il y mourut misérable, en t601. Michel dlsselt a donné l'histoire des guerres de Gebbard et d'Ernest de Bavière, en faveur duquel beaucoup de Liégeois prirent les armes.

Werner, comte de Salm en Ardenne , colonel de cavalerie sous Charles IX et Henri III , rois de France , se distingua dans cette guerre , où il prit parti pour Ernest, qui, pour le récompenser de ses services ,.lui conféra l'investiture du château et seigneurie de Bedbure ; mais Adolphe, comte deLimbourg, le fit prisonnier et renferma au château de Kaiserwerth. Hermann Adolphe, Tun des fils de Werner^ chanoine de Cologne et doyen de Strasbourg ^ gouverneur de la Basse-Alsace, était si zélé pour la, foi catholique t^ qu'ayant été fait prisonnier par les Suédois, il leur dit , qu'il mmait mieux étrfi coupé par tronçorbB , en guise des saumons qu'il portait dans ses armes , plutôt que de renoncer à la foi quil devait à Dieu , et de munquer de fidélité à César^

Comme on avait transporté hors du pajs une grande quantité de grains pour les troupes du duc de Parme , lorsqu'il assiégeait Anvers , il devint si rare , que le muid d'épeautre se vendit jusqu'à vingt-six florins Brabant , la mesure de froment huit , et celle de seigle sept. Pour remédier à ces maux ^ on fit venir des grains de l'Allemagne , et Ernest en défendit la sortie. Uannée suivante 1587^ la famine fut si grande dans les Pajs- Bas , qu'on abandonna la culture des terres, le commerce fut ruiné , les villages et même les bourgs devinrent déserts, un grand nombre de, personnes moururent de faim , et l'on vit beaucoup d'individus en habits de soie , qui allaient mendier leur pain.

Après deux années d'absence, durant lesquelles il s'était occupé à régler les affaires de Télectorat de Cologne , Ernest revint à Liège , et assembla les états. Il leur remontra la nécessité d'arrêter les appeb à la chambre impériale.

Dans son système de maintenir, à tout prix, la reli* gion catholique dans ses états, ce prince publia un mandement en tô88, portant en substance, c qu'il > veut que tous les habitans du pays de Liège fassent 1 profession ouverte de la foi et religion catholique ,

I apostolique et romaine , et qu'il ne soit permis à per- » sonne d en professer ou enseigner aucune autre , ni » vendre des livres ou images capables de flétrir ou » d'offenser la foi, la religion ou la piété chrétienile. >

II j assigne un terme dans lequel tous ceux qui ne voudront pas se conformer à cet édit , en professant la religion catholique , apostolique et romaine , seront tenus de vendre leurs biens et de sortir du pays, sou» peine de deux cents florins d'or , applicables au profit de l'officier et pour les besoins publics.

Au mois de juillet de la même année , les religionnaires de Stavelot et de Malmédy ayant appris que le prince avait uni ^ par autorité apostolique, le personnat

de Xhineffe au collège des Jésuites , ils les attaquèrent en justice , et prouvèrent que depuis un temps immémorial, ce personnat était uni au prieuré du monastère ; mais Févêque ne leur en confirma pas moins la donation.

Vers le même temps, Jean Backs, curé de Hasselt, qui niait Yexistence du purgatoire , blâmait les prières pour les morts, et enseignait que fe prêtre ne remet point les péchés mais déclare seulement quils sont remis , laquelle rémission peut s'obtenir en écoutant la parole de Dieu , et qu'il vaut m,ieux assister au prône qu'à la messe paroissiale , fut retiré de sa cure. Ajant interjeté appel , on le transféra dans le couvent des Croisiers, à Liège , et il fut condamné par sentence préjudicielle à abjurer leâ points de sa doctrine ; ce qu'il fît , dans le palais épiscopal , entre les mains de Théodoric de Linden , vicaire-général , en présence du grand prévit de l'église de Liège , du chancelier du prince et d'une foule de personnes des plus distinguées;

Ernest de Bavière , dans la journée d'état du mois de juin 1589, fit les plus vives instances pour que Ton avisât aux moyens de diminuer les charges publiques, de réparer les châteaux de Dinant et de Stockem, d'accélérer la réformation des tribunaux ( principale-^ ment celui des XXII), et d'arrêter les homicides qui se commettaient alors fort librement.

Un grand nombre d'églises du diocèse manquant de pasteurs, par suite de l'impuissance où se trouvaient les pères de famille de donner quelqu'éducation à leurs enfans, dans ces temps malheureux où le pays, malgré sa neutralité , était sans cesse la, proie de l'étranger , et agité par les partisans de la réforme, Ernest de Bavière, cédant aux sollicitations de Ghapeauville , mais plus encore pour se conformer au Concile de Trente , se détermina , dans le désir de satisfaire aux besoins spirituels du diocèse, à établir à St.-Trond un séminaire

pour les humanités , et un autre à Liège pour Id philosophie et la théologie. Comme ce dernier ne tirait d abord toutes ses ressources que du trésor du clergé, alors presqu épuisé par suite des déyastations continuelles et sans cesse renaissantes de la part des troupes étrangères» Tévêque lui accorda ea 1592, 9vec 1 agrément du Souverain Pontife , les biens de l'hôpital de St.-Mathieu. Il pourvut aussi à un nouveau Hituel pour le diocèse , les curés se plaignant d'en manquer et de trouver très-incomplet celui de Georges d'Autriche.

Depuis longtemps, le roi d'Espagne, Philippe II, promettant toujours de donner aux états l'équivalent pour les villes et forteresses de Charlemont , de Philippeville et Marienbourg , élevées sur le territoire de la principauté de Liège , et d'en finir aussi pour les terres d'Agimont , de Muno et de St.-Hubert en Ardenne , que les Liégeois revendiquaient comme leur appartenant depuis un temps immémorial ; pressé, enfin , par les instances réitérées de l'évêque , il envoya des ambassadeurs à Liège : on tint à ce sujet des conférences à Maestricht , mais l'afiEsiire de l'équivalent en resta là.

Lors de la pacification de la ville d'Aix-la-Chapelle, en 1598, Ernest mit tous ses soins à y rétablir la religion catholique, qui y était très-chancelante depuis la domination des réformés. De concert avec le magistrat de cette ville , lune de plus importantes du diocèse , il y établit des écoles chrétiennes , un couvent de Capucins et un collège pour les Jésuites.

La même année , les Capucins furent admis à Liège, où Jean de Curtius et quelques autres bourgeois leur firent bâtir un couvent : ils se répandirent lûentôt après dans tout le pays , entr'autres à Huy, Dinant , Ha9selt,St.-Trond et Maseyk^ où on leur éleva des maisons.

Les soldats étrangers continuant à désoler les provinces Rhénanes, on leva des troupes pour s'opposer à leurs brigandages ; les états du cercle de Westphalie

exigèrent de ceux de Liège leur quotepart dans les frais de ces nouvelles milices; mais ils s^y refusèrent, alléguant pour motif, que hs Liégeois ne devaient être compris ni pour hommes, ni pour argent, dans la ligue de ces provinces ^ attendu que lorsqu'ils demandèrent À ces mêmes états (conformément au pacte qui les liait entre eux) , de leur prêter aide et assistance contre ces soldats, brigands qui , avant d aller chez eux, ravageaient alors leur pays , il leur avait été répondu que chaque renard devait garder sa queue.

En 1601, quelques personnes aisées et charitables de la ville de Liège, toucliées de voir beaucoup de leurs concitoyens mourir faute d'avoir les secours nécessaires dans les maladies , se réunirent en société et résolurent de rassembler les malades dans une seule maison où ils trouveraient tous les secours qu'exigeait leur état. Martin Didens, doyen de l'église St.-Pierre, y contribua de sa fortune : Ernest de Bavière céda à cette société les beaux édifices qu'il avait achetés dans le quartier d'Outre-Meuse , pour travailler à découvrir les secrets de la nature; ce qui fit donner à cette maison le nom d'Hôpital de Bavière. Peu de temps après, on y construisit un logement pour les Hospita-* lier s du tiers-ordre de St. François , qui furent chargés du soin des malades.

Cette même société donna bientôt lieu à deux autres, sous le titre de Confréries de la charité , dont le but de Tune fut de pourvoir au soulagement des familles honnêtes tombées dans la misère, qui bien souvent aimaient mieux mourir que de se faire inscrire au catalogue des pauvres; et celui de l'autre , de prendre soin des prisonniers.

En 1602, on abandonna le règlement de Jean de Hinsberg qu'on suivait depuis 1424 pour \ élection mon gistrale , et le prince Ernest en publia un nouveau plus libéral.

Un Anglais, se disant lenvoyè du roi d'Angleterre, étant venu à Liège , avec une suite , au commencement de Tannée 1605, remit, quelques jours après son arrivée , ses lettres de créance à l'évêque Ernest de Bavière , et lui annonça que le roi son maître et le roi d'Espagne , qui avaient compris les princes de l'empire et les électeurs dans le traité de paix qu'ils venaient de conclure, désiraient aussi traiter d'une alliance avec ces mêmes princes , particulièrement avec lui; que les états- généraux voulaient entretenir paix et bonne amitié avec le pays; et que bientôt il serait suivi d'une ambassade solennelle. L'évêque et le chapitre lui firent des présens qu'il emporta en Allemagne , où il fut faire le même personnage et avec le même succès auprès du nonce du pape et du magistrat de Cologne : de là il alla trouver l'électeur de Majence auquel il débita les mêmes nouvelles ; mais arrivé en Saxe , ce fourbe fut découvert , et l'électeur, sans autre forme de procès, le fit accrocher à une potence.

Voulant remédier aux abus, aux désordres et aux dépenses excessives qui s'étaient introduits dans les monastères d'hommes et de filles aux jours de profe^» ^ion religieuse dans les diocèses de Cologne et de Liège, Ernest de Bavière fit un règlement à ce sujet, qui dé- "* fendait aux religieux et religieuses de tester avant leur mort, et de laisser aux abbés ou abbesses, et autres supérieurs, certaine somme d'argent pour rendre leurs obsèques plus solennelles , ou pour donner une pitance extraordinaire aux confrères ou consœurs au jour de leurs anniversaires. Cet abus allait si loin, qu'on négligeait de rendre les derniers devoirs aux morts qui n'avaient pas eu le mojen, durant leur vie, damasser. Il interdit les convives étrangers, tant aux jours de vesture et de profession ; et il régla la dépense à un demi florin d'Allemagne par tête, non-seulement en vue d'exterminer le vice de propriété et de rétablir

par là r^sprît d'égalité , mais aussi de soulager un grand nombre de familles qui se trouvaient obérées par ces frais excessifs. Il fixa à douze le nombre des conviés, qui devaient être proches ou amis, ne voulant point quon puisse les exclure sans motif plausible; il défendit aussi tout accès dans les maisons religieuses , aux séculiers, les deuxième et troisième jours, après la profession^ et toutes dépenses extraordinaires. Il interdit enfin , en tout temps , les instrumens de musique et les danses^ et voulut aussi que Ion n'accordât de confesseurs ewtraordinaires aux religieuses , seulement deux ou trois fois par an.

Au rapport des historiens ecclésiastiques , la licence et les mœurs du clergé étaient , à cette époque , si dissolues dans le pays et les contrées voisines, que le Souverain Pontife en écrivit à l'évêque pour l'exhorter à y porter les remèdes nécessaires.

Ernest de Bavière , jugeant que le plus puissant moyen de détruire l'hérésie dans son diocèse , était de lui opposer des ministres vertueux et instruits , résolut d'ériger un collège à Louvain où la jeunesse liégeoise pourrait venir se perfectionner dans les sciences. II chargea Chapeau ville et Martin Didens , en 1605, d'acheter un local dans cette ville, propre à lexécution de son dessein, et choisit Jean Clari4is de Tongres, docteur et professeur de théologie à l'Université de Louvain , pour rétablissement de ce collège.

Il accorda aux pauvres Clarisses la permission de s'établir à Liège dans le quartier de l'Ile. L'année suivante (1609), Henri de Berlo leur fit bâtir une église.

Ce prince, qui avait obtenu par l'intermédiaire du pape Clément VIII, la protection de Henri IV, roi de France, pour le pays de Liège pressuré alors par l'Allemagne et les Pays-Bas, lui avait envoyé en 1598, un buffet magnifique et artistement ouvré, en le priant de comprendre les Liégeois dans le traité de paix qu'il

èlail sur le point de conclure arec FEspagne. Ce mo? narque deyenu tout puissant en Europe , ayant envoyé demander en 1610, aux bourgmestres et conseil de la cité, le passage pour ses troupes, on lui répondit qu'il trouverait ouvertes toutes les avenues du pays et de la cité; ce qui causa tant de déplaisir à larchiduc Albert , gouverneur des Pays-Bas, qu il envoya des troupes ravager le plat pays.

Ernest , ayant égard aux réclamations des curés ruraux sur la multiplicité des fêtes du diocèse, qui étaient mal observées et fort onéreuses au menu peuple, retrancha du calendrier le quatrième jour des fêtes de Pâques, Pentecôte et Noël^ celles de SS. Léonard et Gilles, de la chaire et des liens de St.-Pierre, de Ste.'Catherine, et le jour de St.-Servais , qui fut remis au lundi de la Pentecôte.

Sous son règne , il arriva plusieurs évènemens remar* quables , entr autres , la prise de Maestricht , ville alors si florissante que le duc de Parme , après s'en être emparé , fit détruire diof mille métiers de drapiers : il y eut à Liège, en 1606, une éclipse de soleil qui dura si longtemps, que les gens de la campagne et les ouvriers croyant que le jour était converti en nuit, se sauvèrent chez eux en tremblant; les bestiaux demeurèrent aux champs comme immobiles, sans qu'il fût possible de les ramener dans leurs étables : la même année , aux fêtes de Pâques, il s'éleva à Liège , une tempête accompagnée d'ouragans si furieux , que de mémoire d'homme, il ne s'était rien vu d'aussi effrayant, les toits des maisons furent emportés , les arbres déracinés , des hommes enlevés en l'air retombèrent les uns froissés , les autres renversés ; la grande vitre de l'église cathédrale , située à l'occident et d'un travail exquis, fut toute fracassée, et une tour voisine fut abattue en partie ; deux ans après, rhiver fut si rigoureux, que les chariots traversaient la Meuse; les champs, les vignes et les cyprès

farenl gelés jusqu'à la racine : le calendrier grégorien fut publié à Liège, en 1589 , et mis en usage l'année suivante ; enfin on vit paraître en France , le premier journal sous le titre de Mercure de France.

Ernest de Bavière mourut le 7 février 1612 , au château d'Arnsburg en Wèstphalie, en prononçant ces mots : Jésus ^ fifs de David, ayez pitié de moi. Son corps fut porté avec pompe, à Cologne.

Cet évêque , qui possédait les évêchés de Cologne , Liège, Tresinghen, Hildesheim , Munster, et labbaje de Stavelot , gouverna la principauté de Liège durant l'espace de 31 ans, au milieu des temps les plus difficiles. Obligé de partager ses soins entre ses divers diocèses souvent menacés , les Liégeois se plaignaient d'autant plus vivement de ses longues absences , que ce prince , d'une humeur libérale et magnique , allait dépenser chez l'étranger, les donatifs que les états du pays lui accordaient généreusement et très-fréquemment, pour le mettre en état d'assister d'une manière convenable aux diètes de l'empire.

Ernest de Bavière était un homme instruit, éloquent , très-versé dans la politique et l'art de la guerre , et passionné pour les femmes et la chimie. Son intolérance envers les réformés , et ses édits atroces contre les soi-disant sorciers dont le pays se remplissait de plus en plus , sont une tache ineffaçable pour son règne , et une preuve que ce qui plaît aux princes est toujours bon , mais que le mal à leurs yeux pour les autres, n'existe que dans ce qui est contraire à leur ambition , à leurs desseins ou à leur politique ; car Ernest , qui croyait à peine en Dieu et bien moins encore au catholicisme, malgré son zèle apparent pour la Religion , punissait de mort cruelle des personnes' dont l'ignorance ou la superstition était tout le crime.

Sous son règne , on exploita en grand la calo/mine^ surtout aux sources de la Vesdre , de Linden et de la

Geule, à Altemberck, on vit prospérer quelque tempâ^ des fonderies et des batteries de enivre ; iQais ell«6 fq*rent bientôt abandonnées par les fabricans (rérformé^) , que la persécution et l'intolérance obligèrent à s'expatrier et à se retirer à .Borcbeid , et à $tolberg au pnjs 4e Juliers.

Ernest fit exploiter la couperose au village de Sasserôte près du château de Franchi mont ; cet établissement acquit une grande importance et dura plus d'un siècle. On doit aussi à sa sagacité la découverte de plusieurs mines de soufre et d'alun, en Ardenne.

* 1612. RAM AYE {Jean) ou délie RAMEGE, peintre liégeois , fut l'élève de Lambert Lombard , qui lui ^n^ seigna Jes principes du dessin. De tous les élèves de co :grand maître , c'est lui et Pierre de Four qui <HijL le mieux imité sa manière. Ramave travaillait déjà h Liège avec réputation dès l'an 1 573 ; il était , e^ 1 585 , gouverneur du métier des orfèvres de cette ville, auxquels les peintres, suivant l'usage , étaient associés.

L^ plus grande partie des tableaux de Jean Raaiaye sent Y comme ceux de Lombard, peints sur de^/^n-» neatiûP blanchis à la colle. Son de$sin n'est pas aussi correct, mais il disposait bien ses personnages et il avait de l'invention.

t)na de ses premières et en même temps de ses raei}lei»es pièces , était dans l'église coUé^le de Saint- Pieri;^, à M^ge; on ppuvait juger p^r cette pièç0i]u'il s'était étudié surtojut è saisir le ton et le faire de Lombard.. L'anteur des Délices du pays de Liège a fniU uo élpge exagéré de ses douzeapôtres , en rond^ qui étaient attachés au-dessus des colonnes de l'église eollégialb de St.-Paul, changée aujourd'hui en église cathédrale du diocèse : Rama je les peignit vers 1603. Un auteur, qui vivait dans le \1^ siècle, dont H. de Villenfagn^ possédait le manuscrit, dit qu'ils sont assez grossiers et

peMon^^ nrais que cependant ils peuvent encore sati»-' faire les curieux qui, s'ils sont êans passion, pourraient y distinguer des beautés.

Les tableaux de cet artiste sont devenus rares à Liège, parce qu'ils cmt été enlevés par des étrangers de différentes nations , où la renommée avait porté son nom» I

Ce peintre épousa Marie de Ljmbourg dont it eut des en fans. La mort le surprit sur les frdntièreà de France 9 lorequ'il revenait de Paris où il avait été appelé pour travailler dons quelques hâteis^ et probaMeitientà îeinbellissementde la galerie du palais du Luxembourg y aujourd'hui la chambre des pairs ^ puisque l'auteur du manuscrit cité par M. de Ville» fa gne, dit que le'célèbre Paul Rubens fut aon successeur dans cet emploi.

Il est donc très-possible, selon M. de Villenfagne, que Rubens ait touché à quelques-uns des tableaux que Jean Ramaye n'eut pas le temps d'achever , tout en nous gardant bien de dire comme l'auteuf dff&'Dé^ lices du pays de Liège ^ et avec son ton emphatique ordinaire , que Fon jugea qu'il ny avait que le fmneux Rubens qui pût mettre la dernière tkain auis éfêerêtgês

que RamÂMye avait commencés.

1613. <jrLEN {Jean- Baptiste de), religicftift de l'ordre de St.«-Augustin , théologien , moraliste , érudit et orien* taliste , né à Liège vers 1552. Après avoir fait ses kumanîtés en cette ville chez les CUrcsde la vie commune, il partit pour Rome^ à l'âge de vingt ans, et j trouva «n religieux augustin de son pays, nommé Jean de Liège, qui lui persuada d'entrer dans ison ordrts. Il j fut reçu en 1572, par le général Thadée de Pérouse. Peu de temps après , on l'envoya à Liège pour cause de santé ; à ppine guéri , il alla étudier la théologie à rUniversité de Paris* En 1586 , il fut reçu docteur en Sorbonne, et chargé ensuite d'enseigner la théologie

xhez les Grands- Augustins de cette ville , où iVe^i pour *Aisciple Jean du Puy ou Puteanus , c^iimi pâtr ses ''commentaires sur St. -Thomas.

Vers 1588, il partit pour Rome, à la suite du du€ de Noyers^ alors ambassadeur de France auprès du Saint-i^ége, qui le prit pour son théologien. De re>tour en France , il fut l'un des conseillers de la Ligue^ durant -le siège de Par» par Henri III et le roi <le Navanre^ depuis Henri IV,

En 1590,41 vint à Tournai, et de concert avec Téyèque, Jean de Vendevîlle , il parvînt à renvoyer en France les Augustins de cette ville^ qui y vivaient dans le plus affreux relâchement , et leur substitua des reli*gieux du même ordre de la province de Cologne, dont il fut élu provincial , au <ïhapitre tenu k Liége^ lé 16 avril 1592. Le P. de Glen remplit assez longtemps les fondions de pégent «d'études, et celles de prieur dam cette dernière ville^ qu'il quitta en 1595^ pour Te*tourner à Paris où il demeura jusqu'en 1598.

A peine de retour à Liège , il fut renvoyé à Paris , en 1598, en qualité de visi^ur-^général pour rétablir la régularité dans les couvons de son ordre. Elu de nou^ veau bientôt après , prieur à Liège , il fit un long séjour dans cette ville , et s'appliqua à y mettre la réforme SUT un bon pied. Il en vint à bout , mais plutât par sa vie exemplaire , que par l'autorité dont il était muni à cet effi^

Le chapitre tenu à Tournai, eu 1604, lui oonfti pour la seconde fois la charge de provincial , qu'il exerçait encore , à ce qu'il paraîtrait , lorsqu'allant de Haestricht à Aixrla-Chapelle , il fut attaqué par des maravd&ars htyuenots ^ qui le traînèrent dans un bois, le fouillèrent inutilement^ et le laissèrent ensuite, le prenant à son habit et au langage que la peur lui dictait sans doute en cette occasion , pour un homme de rien.

Vers la fin de ses jours, de Glen fit un troisième 'voyage à Rome , et assista comme définitenr de sa pro- Tiace au chapitre général tenu en cette ville. On pré« tend que durant son séjour à Rome , le pape lui offrit un évéché qu'il s excusa d'accepter.

De retour à Liège , comme il était sur le point de mourir, il fut assisté à ses derniers momens par le P. Georges Maigret, docteur de Louvain , qui le voyant saisi de frayeur à la vue de l'éternité , l'exhorta à montrer du courage dans un combat , auquel il avait animé tant de personnes. Ah! mon révérend père , s'écria alors le P. de Glen , cest maintenant que je sens téiirange différence quil y a entre ht spéculation et la pratique. IJn peu après ces mots , il expira tranquillement , le 5 février 1613, emportant les regrets de tous ceux qui l'avaient connu. On a de lui :

1"* Du devoir des filles^ en deux livres : le premier regarde le mariage , et le second, la virginité. Liège , Jean de Glen , 1597 , in-4\

2** Histoire pontificale , ou plustôst démonstration de la vraye église^ fondée par J. C. et ses apostres, contenante sommairement les faicts les plus signalez adve^ nus en icelle, et les plus preignantes marques de la vraye église Devant laquelle va tadresse (l'introduction), qui monstre T institution, auctorité, noms de t église, et plusieurs poinds fort utiles à ce mesme suhjet. Par Jean- Baptiste de Ghn^doct. en théologie, et prieur des Augustins lez^Liége. Avec les pourtraicts naturels des papes, taillez par Jean de Glen, Liégeois. Liège, Arnoult de Coerswarem , 1600 , in-4" pp. 889 ; id. avec des augmentations. Liège , 1648, in-4'*.

Ce livre est dédié à Tèlecteur Ernest de Bavière, évèque de Liège , et aux bourgmestres de la cité. Il se compose , V d'une préface de trois pages ; 2** de l'adresse, qui en contient 181 , où l'on trouve des remarques utiles et intéressantes ; 3° d une seconde pré^

fao%; et 4"* de Vhiètoire pontificale» Cet ouvralge ^ qui manque souvent de critique , est une corapilalion des écrits des csirdinaux Baronius^et BéUarminf où il mêle V-ori^oe des céréomnies ecclésiastiques (tirée du- traiié de Duranti) , celle des ordres religieux ^ des schismes, deshérésies,.etc.y enfin les vies abrégées des saints et des docteurs les plus illustres. Le style en est médtoecei e4 l'auteur s j montre fort zélé pour les intérêts- du Saipt-jSîége.

3f GEoonomie. âhrestienne , contenant leé règ^^de bien vivre , tant powr tes gen» mariez quà mimer ^ pour nourrir et estever les en/ans , fih et filles , en la vraye piété, les serviteurs aussi et servantes^ En^ huict livres^ Liège, Léonard Streel , IGOS^. M. traduite en allemand, Cologne , 1641 , iu*12. C'est ua volume in-S* de près de 1 200 pages.

. Le P. de Qea a partagé son Œconomie chrestienne en huit livres qui sont divisés en plusieurs chapitres. On trouvera dans l'analjse de ce ^ro»^' (extraite des BecAerehes sur P histoire de Liège, dé M. de Villenfagne), quelques expressions de Fauteur qui paraîtront peu décentes aujourd'hui, et quelqifô^ passages que notre délicatesse actuelle rejetterait ; mais il faut observer , qu'ils ne sont rapportés ici que pour caractériser son talent,. son génie, et montrer en même temps ^ quel était l'esprit des écrivains les plus pieux du XVI* siècle.

Le but du P. de Glen , dans son QEconomie^ chreS' tienne, est de désilkr lés yeux à beaucoup de personnes de son temps, qui croyaient que les moinêis et les nlir gieuiff étaient seuls obligés de pratiquer la perfection évangélique.

. Le 1*'' livre traite du mariage et de^ choses qui y ont rapport. L'auteur y expose d'abord tout ce que les auteurs , tant anciens que modernes , ont dit pour et contre le mariage. Il y rapporte la réponse suivante de Socrate , à des jeunes gens qui le consultaieut sur l'en-

TÎe cfu'ils avaient de se marier : t Lés poissons qui ne 1 sont pas encore entrés dans la nasse , se pressent run y et Vautre pour y entrer , et y vont à la foulle, mais » n'y sont pas sitôt entrés qu ils ne s'en repentent et » tâchent d'en sortir : partant , mes enfans, donnez-vous » bien de garde qu'il ne vous en advienne tout de Binêinè : vous avez si grande hâte de vous marier, » craignez* que n'en ayez du regrez , plustôt que ne > l'aurez faite >

U cite ensuite ces vers de Philippe Desportes , lesquels ne détermineront guères non plus la jeunesse à supporter le joug de l'hyménée :

De toutes les foreurs dont nous somnies pressés , De tout ce que les deux ardemment courroussés , Peuvent darder sur nous , de tonnerre et d*orage, D'angoîsseuses langueurs , de meurtre ensanglantés , De soucis , de travaux , de faim , de pauvretés , Rien n'approche en rigueur la loi du mariage.

L'aateur renvoie ensuite tou^ ces enragés et furieux déclamateurs contre le plus saint des tiens à la forêt antyoirienne, où ils trouveront abondance de F hellébore pour purger leur cerveau.

YoUà une faible esquisse du chapitre premier : les suivans démontrent la nécessité et la dignité du mariage. Tous les animauûf, épris d'un amour mutuel, se cherchent J un et l'autre. Chez les hommes, cette passion est bien plus véhémente encore : < L'homme , dit dé Glen, «cherche la femme, et la fepime est portée d'un désir t violent après ses amours. » Les animaux néprouvent ce besoin que pendant un certain temps : ils se lassent, mais rhomm>e est insatiable»

De Glen cite ensuite ce passage de St.-Basile, qu'il traduit ainsi : < La femme ayant été extraite de l'homme, «est cause qu'il y a amour d'un côté et d'autre ; car le »mari aime sa femme et tend à elle , la poursuit comme

» chose sienne ; et d'ailleurs la feinme » espoinçonnée »d'un amoureux désir, appète la conjonction avee sThomme ^ afin de se réunir avec son tout, duquel >elle a été séparée; en laquelle union et conjonction >git sa perfection , son bien et son heur. Au moyen de »quoi» tout ainsi quun tout est plus parfait quand il »est réintégré avec toutes ses pièces; et d'autre part, •les pièces au préalable séparées de leur tout, sont » perfectionnées par cette réunion : ainsi Thoaime et »la femme s'incorporant par maritale amour, leur oonédition en devient meilleure. >

Jean-Baptiste de Glen cite encore sur cette matière plusieurs auteurs tant sacrés que profanes ; il reconnaît avec eux la nécessité du mariage , et comme eux il appelle la femme un mal nécessaire , malum necessa" rium. Il condamne la coutume de plusieurs peuples qui admettent la pluralité des femmes; mais il avoue que c'est le principal point qui empêche plusieurs princes idolâtres d embrasser la religion catholique. Il raconte, à ce sujets que Faxiba Quahacondonu^ ^ le plus puissant de tous les princes du Japon , étant allé à Goa visiter les pères Jésuites, leur parla ainsi : t Je

> veux bien que vous sachiez , mes pères , que votre » religion me plait fort ; je n'y trouve qu'une difficulté, » c'est qu'elle défend d'avoir plusieurs femmes ; ôtez ce » point-là , et je me range de votre côté.»

Quoique le P. de Glen s'étonne de ce que les femmes n'aient point cherché à faire admettre une loi qui leur permît aussi de prendre plusieurs maris , il rapporte néanmoins le trait caustique suivant, tiré des NuUi AUiques d'Âulugelle. cDans les premiers temps de la » république romaine, les patriciens avaient la coutume

> de mener avec eux leurs fils au sénat, pour les initier » de bonne heure dans la politique. Le jeune Papirius >y était un jour qu'on agitait une affaire de grande B importance. Sa mère l'ayant pressé instamment et à

• différentes reprides de la lui réTéler, Piapirius aussi > prudent que discret» lui répondit enfin qu'on avaii » délibéré s'il serait plus utile à la république de donner » deux femmes à un mari , que de donner deux maris » à une femme. Alarmée d'une pareille délibération » » la mère du jeune homme s empressa , sans perdre de » temps, de communiquer cette nouvelle aux dames » romaines. Le lendemain , celles-ci se rendirent toutes »au sénat, en grand appareil et la tristesse peinte sur

• le visage ; elles remontrèrent aux sénateurs f{u'il » était plus raisonnable qu'elles eussent deux maris et

• même davantage » parce qu'elles pourraient (selon l'ex-

• pression de l'auteur) , les contenter tous. > De Glen , dans cette citation , n'a pas suivi exactement le texte d'Aulugelle ; car cet auteur dit que les dames romaines, en se jetant aux pieds des sénateurs, s'écrièrent : plutôt , plutôt mille fois être unies à deux hommes ^ que de voir un homme partaffer son lit entre deux femm/esî

Dans le chapitre IS*" du premier livre, il ne veut point qu'on se laisse influencer par la beauté dans le choix d^ne épouse. Une de ses principales raisons, c'est que Ion tient que peu souvent on trouve beauté avec la chasteté; et surtout parce que ce qui est con-voité de plusieurs, m/iUaisément se garde.

Il examine dans le chapitre 16"^ quelles sont les personnes qui sont propres pour se marier. Selon le Juge^ ment des sages, il est prudent, dit-il, d'épouser une

pucelle ; car il assure d'après Hésiode, que la jeune

vierge aime plus tendrement celui qui a cueilli le pre^ mier fruit de sa pudeur. Mais comment s'en assurer? Notre savant religieux avoue qi^e cela est très-délicat. Doit-'On les visiter, ou faire jurer quelles sont entières et que l'hymen n est pas ouvert?...

Du temps de l'auteur , les nouveaux mariés devaient se précautionner contre les maléfices; il attribue ce malheur à l* hérésie qui s'est fourrée en ces régions et a

prévalu eonire ta piété chréHenne. Ces! ce qull a yu anriyerà un seigneur allemand , qui, après aroir longtemps Vécu arec une courtisane, se maria aveb une jeune dame. Désespérée d'avoir été délaissée pefr son amant, cette filte alla invoquer l'art d'une vieille magicienne qui fè(>fia pendant iroù ans t aiguillette àTépôux infortuné.

Ce langage simple et naïf, ces clioses même qa'on ne souflPrirait plus aujourd'hui, ne blessaient point alors les oreilles des personnes cbastes et pieuses, puisque nous voyons le docte Giapeauville » l'un des plus profonds théologiens de son siècle , et vieaire-général du diocèse de Liège, faire un grand éloge dans son approbation, de YQEeonomie chrestienne.

Dans le 2* chapitre de cet ouvrage, l'auteur traite des vertus et des obligations réciproques entre les mofriés. Nous en citerons seulement quelques passages. Parmi les remèdes qu'il donne contre la jalousie , U rapporte le trait suivant : « tlne dame, dit-il, voyant son mari •transporté de l'amour d'une autre, et la poursuivre »avec grand péril de sa vie , lui tint tels propos : Hélas! »mon mari , vous ne pouvez vous tirer de cette amour •illicite, j'en ai pitié; aussi, n'est-ce pas de quoi je •vous veux présentement requérir. De ce seulement je tvous requiers, que ne vous mettiez en si grand hatsard : faites venir vos amours chez nous, je lui bail- '»lerai son quartier en notre maison, bien pourvu et » garni suffisamment de toute^ utensiles. Ce qui fut «fait, et un an tout entier ces paillards jouirent de •leurs amours en pari et aise. La femme vertueuse et •douée d'une beauté plus grande que la garce, dissi-

• mula tout en grande patience, et priant Dieu , faisoit •de bonnes œuvres pour la conversion de ces pauvres •pécheurs. Au bout de l'an, le mari conçut une telle •haine contre sa garce, qu'il la chassa et transporta ^ toute son amour à sa femme qu'il respecta et honora

• grandement toute sa vie. •

PcflnsoDne ne oofttestera lautorité et la supériorité du

mdiri suit sa femme , quoiqife daos le fait , le conlraire

se Toie souvent. Cest pourquoi notre religieux a cru

devoir établir solidement ce point de la morale évan*

geliqne dans un des chapitres de son ouvrage : < Quand

»la femme, dit*il, commande en' la maison ^ tout ?a

>c en dessus dessous; c'est un désotdfe , quand la poule

»chaiEte devant le coq; Tbomme alors marche sttr la

»tète>. Tous nù» discords et tumolte en arrivent au mé-

»iiage, et au mari honte et vitupère, t

Mille fois heureux celui qui peut rencontrer une femme semblable à celle de Villuslre Budé ! ce savant parcourait un jfour les rues de Paris avec homs Vivres, personnage également célèbre, lorsqu'une dame d'une grande beauté vint les aborder et leur fi$ honneur et révérence. Quelle est, demanda Vives, cette aimable demoiselle tanteomrtoiêeetgracmfêe? ^iGe&i ma femme, ^répondit Budé , laqueèfe entre beaucoup d autres perftfectioi^dont elle est aorné , sait si bien condescendre >et s'attempérer à mes humeurs et affections, quelle «aime tout ce que j aime, et parce quelle me roit »aimer les livres., elle en est autant jalouse et curieuse »pour les garder', espouster et entretenir c6mme moi- Bméme»»

Si Jean-Baptisie de Glen rend justice à Tépouse de Bodé, il semble cependant qu'il se soit plu à ramasser plusieurs anecdotes contre le beau seie. Dans le chapitre où se trouve le passage préeédefrt , il nous donne un secret admirable conére le bwbii et criailhris» des femfnus. Une dame q«ii avait ce défaut, lequel lui attirait parfois des corréiitions peu douces de la part de son mari , alla se plaindre chez sa voisine et la consulter sur la conduite qu'elle devait tenir en cette occurrence. Cette bonne voisine ,. raconte de Glen , connaissant la ^condition de cette femme langarde , laquelle offensait par ses cris et babil outrageux spn mari, lui dit : «Ma

> bonne ainîe el voisiae, j'ai unç certoine eau fort mé- »dicinale et souireraioe à votre mal; c'est quand votre -M mari criera et tempestera , vous teniez de cette eau en > votre bouche , jusques à tant que sa colère soit passée. » Cette pauvre lui requit de lui eu bailler un peu^ elle »lui montra son puits. L'autre pratiqua ce renïède ; son »mari devint aussi doux qu'un agneau. Cela fait, elle Bvint chez sa voisine et la remercia de bien grande » affection. Cette femme prudente lors lui descouvrit » le secret , que ce n'étoit pas l'eau qui avoit cette vertu, »mais bien le silence et la tadtumité. »

Dans un autre chapitre du même livre ,. il donne encore une recette contre la mauvaise humeur des femmes; il partage cette recette en trois doses, en conseillant de ne se servir de la troisième qu'avec beaucoup de prudence. « Au temps du sage roi Salomon , un mari malheureux alla se jeter à ses pieds, et le pria instamment de lui indiquer un moyen pour modérer les criailleries de sa femme avec laquelle il désirait vivre en paix. Ce grand roi lui fit cette réponse laconique : Les herbes , les paroles et les pierres ont beaucoup de vertus, et il le renvoya. De retour chez lui, ce pauvre mari arrangea artistement un bouquet magnifique , formé des fleurs les plus belles, et le présenta à sa chère épouse , en répandant sur elle des herbes odoriférentes. Ces herbes et ces fleurs dont l'odeur agréable embaumait l'air , ne produisirent aucun effet salutaire ; elle fut plus acariâtre que jamais. Il crut que les paroles seraient plus eflBk^ces. Le bonhomme lui parla donc avec douceur, il employa les expressions les plus affectueuses , et lui tiat les propos les plus passionnés. Mais ce fut encore en vain; elle ne riposta que par des ris moqueurs et outrageans. Que fit alors le mari rebuté? il eut recours au troisième conseil de Salomon. Il se mit subitement en colère, ses regards devinrent effrayans, et fra[h

»pant la terre des pieds, il lança plusieurs pierres

• sur sa femme qui ne dut son salut qu'à une fuite pré*

• cipitée. Elle ouvrit enfin les yeux, la peur abaissa sa » fierté , son caractère insolent changea entièrement , »et elle fut depuis^ bonne et douce envers son mari. » Cest de là., selon notre auteur, que bien des personnes concluent qu'il n'y a pas.de meilleurs moyens pour corriger les femmes^ que d'user de voies de fait. Mais il montre en même temps , en rapportant sur ce sujet le» sentimens -de Marc Aurèle , de Caton , de St. Chrysostôœe et de plusieurs autres grands hommes , coni'^ bien ce moyen est dangereux. C'est ce qu'il eût pu se dispenser du reste d'appuyer sur des autorités aussi graves.

Le P. de Glen s'occupe dans le 3* livre de cet ouvrage , de Tfiscye et fruit eu mariage , et de la nourri* Itire des enfans. Les premiers chapitres de ce livre roulent sur une matière assez scabreuse , et on peut s'étonner qu'un religieux ait voulu l'approfondir : ils renferment des passages très-curieux. Rien n y est ou«blié. On y voit, entre autres choses, comment les femmes enceintes doivent se comporter. Du temps de l'auteur, les Dames des Pays-Bas avaient une mode ridicule ; elles plaçoîent des petits chiens dans leur sein, les btjLi* soient et les caressoient à chaque instant : mod e qu'il blâme avec raison; «car, dit-il^ l'imagination de la » femme , quand elle est encore en œuvre du mariage , »ou après quelle a conçu, est fort disposée à recevoir • toutes impressions et les transmettre à son enfant. »

Le 4"^ livre traite de instruction et de V éducation des garçons. J. R. de Glen y donne d excellens préceptes ; il n'omet rien, il parcourt tous les états, en s'étayànt, ainsi qu'il a coutume , de quantité de passages d'écrivains, tant anciens que modernes, tant profanes que sacrés.

Il passe ensuite à Véducation des filles ; c'esi ce qui

rail Vobjrt du 5* IWve. Il s'eiprime encore ici en gé« néral avec beaucoup de candeur et de naïveté : ce qui rend la lecture de ce livre très-piquante. Dans un des chapitres de ce livre sur lexcellence de la virginité , il remarque qu'il y a beaucoup déjeunes filles ; c inais je » ne sais, dit-il, s'il y a beaucoup de pucelles ; plusieurs » filles portent ee nom , titre et guise de pucelles qui » ont perdu ou terni leur belle fleur de lys : mais bien » leur en prend qu'on n'en sait rien. >

Le P. de Glen expose dans un autre chapitre les désordreê que cause l'inconduite du sexe. Il nous' apprend d'abord que les anciens pour conserver TAonneur des filles , leur faisaient porter une large ceinture de laine nouée avec tant d'art qu'il était très-dijBScile de la détacher. On la nommait cœstus , d'où vient le mot inceste. Elles n'abandonnaient cette ceinture que lorsqu'elles se mariaient. «Au jour de noces, à l'entrée 9 du lit f le mari , à l'obscurité et à tâtons , déliait la » ceinture sans mot dire. > Il ajoute à tout ceci , d'après Polydore Virale , « que tout ainsi quq la fille avait ap^ » porté à son mari sa. ceinture entière et sa pudidlé > impollue , ainsi l'époux «'obligeait à lui tenir for et » loyauté. > Malgré leurs sermons ^ les anciens respectaient peu les liens de l'hyménée ; mais ils cherchaient tous cependant à trouver la chasteté dans Ist femme qu'ils choisissaient. Cest, selon Ju vénal, la principale dot -quelle doit appofrter à son mari.

Une chose quia été jiouveot funeste aux jeunes filles,

c'est qu'elles désirent aidem ment dé se môntuer et

«d'être vues; au reste, elles ont de tous temps pratiqué

ce- manège, témoin, ce vers d'Ovide, dans .son Art

(Tawter , cité par J. B. de Glen :

Spectatom veniant, Vèniunl dpectentur ut ipsœ.

Que prescrit ici le bon P. de Glen? D croit qu'on ne saurait trop surveiller les jeunes filles et qpi'il est très-

prudant cle les engagera garder la maison* Mais quelles que soient les piécautions qu'on mettra en usage , it avoue «que les plus chastes et pudiques, et les mieux 1 ancrées à ia vertu, ne sont pas exemptes de ces es** «guillons et désirs; car c'est un instinct nécessaire, non

> volontaire, venant dei la corruption de notre nature. iLa femme désire Thomme, y tourna son affection » amoureuse, comme vers son origine » et dont elle a vpris son être, et d oii dépend sa perfection* Car taut » ainsi que la pièce séparée de son tout, désire d'être 1 réunie à celui-ci, ainsi, dit St. Basile, la femme dé* isire naturellement se rejoindre à Vhoiiaime duquel elle ta été extraite.»

C'est la réponse que fit une courtisane à un pieux religieux qui lavait reprise assez aigrement de ce quelle avait fixé ses regards sur lui, en l'avertissant de haisser les yeux et de regarder la terre, t Pourquoi >ferois-je cela, répondit*elle , c'est à vous autres de «

> regarder la terre , puisque de la terre avez été formés ; t quant est de mûi, je ne suis pas formée de la terre, » mais de l'homme , et partant vois-je volcH^tiers l'homme »qui est le principe duquel j'ai pris mon être et mon «extraction. > •

Si un penchant naturel attache les femmes aux hommes, ces derniers ont pour elles aussi un penchant qui nest pas moins fort : ils sont même, dit notre au-* teur en citant un ancien père de l'église , plus bouil* lan9 ofyrès elles, que celles-ci après les hommes. C'est ee qu'il prouve par la fable suivante de St. Jean de Damascène , dont il a embelli son ouvrage , fable qm mp* pelle le conte du bon La Fontaine , intitulé Les oies de frère Philippe.

Un roi fatiguait depuis longtemps le ciel de ses vœux , pour avoir un fils qui pût un jour le remplacer sur le trône, lorsqu 'enfin la reine accoucha d'un garçon. Ivre de joie , mais désirant conserver ce fils si désiré , il

Gofisulla les astrotog<ies de sa cour , qui Tavertirent que cet enfant perdrait la vue , s'il voyait le soleil ou le feu avant Tâge de douze ans. Pour prévenir ce malheur , il le fit renfermer avec des nourrices et des femmes dans une caverne obscure , taillée dans un rocher : on attendit que sa douzième année fût passée avant de l'en faire sortir. Rendu à la lumière, tout était nouveau pour lui et excitait singulièrement son admiration. Son père l'augmenta encore , en ordonnant à ses gens de lui montrer ce qu'il avait de plus précieux dans son palais. On rangea d'un côté des hommes richement vêtus et des femmes élégamment mises ; de l'autre , on distinguait des tas d'or et d'argent , des pierreries, des perles , des habillemens ornés de diamans , des chevaux magnifiquement harnachés, etc, etc.

Le royal enfant examina le tout avec attention; mais ses yeux se fixèrent particulièrement sur les femmes; il demanda enfin quel était le nom de ces jolies créatures. Un des officiers du monarque lui répondit en riant r ce sont des diables qui séduisent les hommes. Un penchant irrésistible l'entraînait vers elles plutôt que vers toute autre chose. Lorsqu'on lui eut fait voir ce que le trésor de la couronne renfermait de plus beau , on le conduisit près de son père , qui le questionna sur ce qui avait le plus frappé ses regards : les diables, reprit-il aussitôt, qui séduisent les hom^mss ; depuis que je jouis de la vue, je n'ai rien vu de si parfait, et je les affectionne uniquement.

Jean-Baptiste de Glen termine cette fable par cet hémistiche d'un vers de Virgile ,

Unique videndo

Femina ,

qu'il paraphrase de cette manière : la vue de la fille est brûlante. S'appuyant toujours sur les anciens, il conseille donc encore une fois aux jeunes filles de se

montrer peu , et même de se tenir cachées dans leurs maisons. Il condamné celles qui Tont trottant dans fe* rues, pour s'informer de ce qùisepas^e ; et il veut même que les jeunes filles , quoique resserrées dans leurs foyers , aient encore besoin d'une bonne yarde ': il Veut enfin qu'on éloigne d'elles 7e* r? A àn^ow^ et les livres d* amours ; qu'elles évitent les occasions de danser, et qu'elles se privent de la comédie. Les filles, selon Louis Vives , sont dune complexîon tendre et dèbille; elles ont moins de force que les hommes \ et cependant on leur pardonne difficilement les fautes oit elles tombent.

Malgré sar sévérité; le: P. de Glen ne prétend pas les réduire à vivre continuellement dans le célibat ; il donne même des préceptes qui peuvent diriger ies jeunes personnes dans le choix d'un époux , et qui tendent à les préparer et à les disposer au mariage, fTest aux pères et aux mères à en fixer le temps. L'amour est une passion , ou si Ton veut , un feu quon ne peut ni cacher, ni éteindre.

Maïs si nous tenons , dit-il , la bride si courte à là jeune fille, comment pourrait-elle se marier ? devral-clle se résoudre à prendre pour époux un homme qu'elle n'aura jamais vu ? ce serait , comme dit le proverbe , faire un marché borgne et acheter un chat en poche. Dans tout il faut observer un juste milieu ; on peut là-^dessus s'en rapporter à J. B. de Glen ; il a prévu cette objection.

Il existait, de son temps, un usage que pratiquaient lès jeunes demoiselles des Pap-Bas, et qu'il n'approuve pas. Elles voyaient familièrement leurs amans, souvent même pendant plusieurs années ; ceux-ci , de nuit et jinàr , avovent Centrée libre , caressoient leurs belles , jofwient et dansoient avec elles.

Notre bon religieux avoue néanmoins que c'est un excellent môjen de se connaître réciproquement , et

(|ui<p.eu4 çppdqirç ^a temple 4e Yixytntoée. H^is, conabi^ri n*e^t-U p^fis pér^l6u^;..ç]t,qqe de dangers ces dcmotsQlJçs w'sfY^ipf^t-ell^eai pas ^ craindre ? car notrç siuteur vp-ut qu*Hf^e; fi.Ue bien née ait , lorsqu'elle^ marie, toute UnTOceace du premier âge ; et qu'elle puisse en&n dire, comme cette jpqoel^acédémpme^^i/ie, tant louée par Plutarqu^e , à laquelle on deipandait quelle était (a dot qu ellq apportait à son fulijr époux» la pudicitè de mon paj^s , répondit-elle.

J. B. de Glen s'pççupe dans le 6* livre de son our yrage de tinstfnçtipn et nçt^rfitifre des nalet^^ serviteur^ et germantes. On y trouve comme dan^ les précédens , une grande érudition, et on f peut recueillir , sur cette ]rnatière , de bons préceptes.

Le 7* livre q$t ifît^ulé : pfi tctcquUdtiv^ et dittribufive^ c'est-à-dire , f^oipimen^ et pair qpçls ipnyens pn peut acquérir des biens i ^t qujel usage il en faut faire, I) j a en^qre dans ce livre d'e^eUeptes. choses , et par-ci par-là des morceaux assez curieux. ■

Dans un chapitre où il est qu^tiôn du. commerce , il toqne contre les personnes qui se p^roaçttent dans cette profession dj^3 gains illicites , tel que ce marchand de Lyon dont parle Grégoire de Tours dans un de sçs ouvràge^^ Il s'était eqxlçhi eo peu dp temps, eq yendâqt des vins qu'il mêlait avec de Veau. Un jour qu'il voyageait pQur les araires de son <;op»merçe ^ il ren* çoqtra v»n |lç«sVe qi^'i^ fi^it qbljgé de t/ravei-ser* Vers le milieu de ce neuve , il mit / pour plus' de sûreté ^ la main à y^e gibecière , rpmpliç ^p pî^cp^ d'or, ;qui raççpmpaçpï^it tpujpurs ; elle était çpuvpjliiî dVo^ peWi garnie de poils. Ùo ipilap ppCTÇpi^ çetf^ peaji , croit que ç es|; un ^jraç^l, fp|i4 dkssj]^^ rqp^çn^i^pt, jet Tefti^y^ dans les airs, bieij pyQi^uadé. d'avP^F ^?^ V'PpJboppc curée. Qu'elle fut sa surprise dç pç trpuyfST qv'l^A cuir sec et sans chair? Iqdigné , il jette la gibecière dans le fleuve. Le marchand qui avait trompé tant de monde,

fut lui-mèim bien trompé. Il aie donsut beaucoup de

peines pour recouvrer son or , mai» suus pouv:oîr j

parvenir. Il prit enfin son mal en patience, en s'écrient:

Cei argent vient de teau,€aneùhni-m0U9.9ily retourne»

Dans le 12* chapitre , il traite des gen$ dej%Mttce.

De.aon temps, iXwLjwfBi^f^ûemétiers plus profittiblM

que (seux de jurisconsulte , de- juge , de cosiaeiUer y

d'avocat ^ de notaire, etc. Il oompare lea avocats h Xi"

dole du dieu Memnon , qui ne donnait de réponse à

ceux qui le consultaient, que lorsque k soleil dardait

ses rayons sur sa bouche. Quand les juges sont avares,

la oonaoiUie de Vor , dont l'éclat ressemble au soleil ,

fait pencher la balance. Hélas ! nous ne rexpérimèn'*

tons que trop en jce siècle , dit ici notre auteur , en

ajoutant que , selon Caton : «les petits voleurs portent

>la corde au cou et vivent dans Les ceps, mais que lea

f grands portent des chaînes et des carcans d or , et sont

>vétua de pourpre.» •

Lc;8* et dernier livre de cet ouvrage a pour objet , de la cofiservation et vie des geims .mariés. Quoique ce litre paraisse consacré aux personnes engagées dans ks liens du mariage , cependant on est étonné de voir que Fauteur s'éloigne à tout moment de son sujet. C!est une remarque qui peut en général a appliquât aux livres précédéns. Au reste , J.^ B. de Glen étale en«core ici son éfuditioa aeboutùmée ; il égaie aussi sa aaatière par des contes et des petits faits historiques ^ souvjent plaisans et toujiours instructifs.

4"" Histoire orientale des grans progrès de ïéglise eékboUqve , apostolique et ramait^ y en. ta réduction des anciens ckresiiens , dits de SL^Tkomaà , de plueieurs iiutres schisniatiquÊS éthéréiiques à fmiion dfila vraye église : oowversion encore des Mahoméiains , Mores e^ Payons , par Jes bùns devoirs du It^^ et illùs"''^ S^'don Alèœis de Menesès , de tordre des ermites de Sl^ Augustin, ûrchevesque de Gpa , et primat en tout l'Orient;

nompo^^ée en langue portugaise pat le R, A F. Antoine G(wea , et puis mise ^n^ espagnol par le f)énirable P. F. François Munèi , et tournée en franpois par F. Jean-' Baptiste de Ghn , docteur en. théologie, tous religieux du mésm^ ordre. Bruxelles , Adtger Velpius , 1609 , in-8*, p. 748. C'est une ampte relatidn où se trouve décrit tout' ce que Aïexfe de Menesses , archevêque de Gôa , revêtu de la qualité de. primat de tout l'Orient , sous le porrtificatde Clément YIII , a fait, pour inéunir à Téglise , les Chaldéens ou NeMortens (établis à Goa , à Cochim, à Angamalà , et autres enilroîts conquis par les Portugais) , dépendant du patriarche Nestoriea de Babyloiie.

Govéa composa cette relation sur les mémoires de Menesses , des Augustins et des autres missionnaires qui lavaient suivi aux Indes^ et se servit entr autres , d'un recueil assez étendu compilé par Melchior Blas, écolâtre de Goa , qui avait acconipagné Menesses; Ily a joint un <rai^ du jésuite Rbz, èvèque d'Angamala çt un mémoire écrit delà main même de Menesses.

Cette histoire renferme un grand nombre de particularités sur la croyance de ces chrétiens , dits de SU- Thomas, dont le retour au catholicisme ne fut pas de longue durée ; Richard Simon , sous le nom de S' de Moni, enadonhédanssoniErt>^o^recri/»9tiè d^ la créance et des coutumes des nations du Levant , un ahrégé assez bien : circonstancié , dans lequel il avoué qu'il y avait chez ces chrétiens de St.-Thomas où du Malabar , des abus quil était besoin de corriger ; mais il prétend qu'on s y prit mal , et que si l'archevêque et les missionnaires avaient été {]ilus instruits de lanciénoe théologie , ils n auraient > pas tant multiplié les erreurs qu'ils ont mises sur le compte de ces chrétiens.

5'' La Messe des . anciens chrestiens , dits de St.- Thomas^ en tévesché d'Angamalès Indes Orientales, repurgée des erreurs et blasphèmes du nestoriasme

(nestorianisme) par lillusV^'' et révérend»'^' S* don Alèwi^

de Menes^ès, • traduite de verbo ad verbum

du syriaque ou surien en langue latine. Y prémise une remonstrance catliqlique aux peuples du Pays- Bas, des fruits et utilité de la préàédente histoire , et de là messe subséquente. Par Fi. Jean Baptiste de Glen. . . , Bruxelles, Rutger Velpius , 1609 , in-8" , p. 123.

De Glcn a donné des preuves de sa grande érujdttion dans ce livre. On regrette qfue dans la préface qui suit k remonstrance , il y ait avancé une fausseté iinpor-' tante , en disant que les Nestoriens avaient mis dans leur liturgie des erreurs qui oppugnoient directement la vérité du S. Sacrement , et qu'avant le changement qu j fit Menessès , la forme de leur consécration faisoit entendre quau S. Sacrement de Vmitel estoit le corps et le sang de nostre Sauveur seulement par figure , lorsque les nionumens les plus authentiques démontrent que les chrétiens du Malabar avaient sur leucharistie, les mêmes sentimens que les- autre» Nestoriens et tous les chrétiens de l'Orient..

La Messe des chrétiens de St^- Thomas forme la seconde partie de Yhistoire précédente , et ne doit pas en être séparée.

6^ Europa , sivê de primariarum Europœ provinciarufn ritibus, cœremoniis et vestibus» C'est une description des usages et des babillemens des principales iiationa.de l'Europe que le P. de Gleri fit pour accompagner lès gravures de son frère.

7° Asiat.cwn omnibus suis provinciis , etc. Il avait, encore écrit : Commentarius in Pentateuchum , et Cbm- ^'fi^ntaHùs in qwituor libres regum ; mais il ne vouUit jamais les publier.

GLEN (Jean de)^ imprimeur et graveur, né à Liège vers le milieu de l'autre siècle. On le confond souvent svec le précédent, L B« de GUen, qui était son frère.

Il s'adonna aux beaux*arts , particulièrement à la gravure en bois, et«xerça la profession d'imprimeur dans sa ville natale. Il voyagea beaucoup dans le désir de s'instruire t et sans doute aussi , pour se perfectionner dans son art. Sa vie , qui doit offrir des parlioulerrités intéressantes , ne nous est point connue. Be Glen vivait encore en 163t , et mourut à Liège , dah» un âge fcirE avancé. C'est lui <jui a gravé ton» les porêfnits {itks" médiocres) des souverâiiis> pontifes qni se" trotxvisnt dam l'ouvrage de. son frère, déjà cité : Hiêtoire pontifia caie^ etc«, imprimée chez lui à Liège, en 1600. Qknn aussi de Jeari de Glen :

1** Des habits, mosurs, cérémonies et façons de faire anciennes et modernes, eie. Liège 1601, in*^"y avec 103 figures de son invention , grafvée^ en bois.

: M. de Villenfague soupçt>nnc que son frère, Jean Baptiste de Glen y religieut AuguBtin , très-v«rsé dans les antiquités eeclésiastiqueSj a revu et probeiblement orné tes descriptions: q^e ee traité contient , de quaa^ tité de citations; « car il faut avouée, dit4l< que ces »-deseriptionè sont plutôt l'ouvrage d'un théologien 'et »'d'fin savant, que d'un homme qui: revient, eoname » s'exprime de Glen , de ses longues et péf^lemes péri' ^-ffrinatùms^ pendant lesquelles il n-estguères possible »^'il ait pn mettre à contrîbtttion tant d*auteuvs sa-* > cités et profanesi; « C'est dahd cciitre^ imprimé par Jetfn de Glen luii-ménne, que cet sâr^te à d«mné des preuves de son talent pour la gravttiiô e» b^fis.'Quelqiies bibliographes français le placent patmi le» litres rares et recherchés des amateurs. :

Dans sa* dédicace aux seigneurs Mathias d^Ans et Jacques Libert , bourgmestres de Liège , Jedn de Ofen s'exprime ainsi : Me trouvant sous votre sauve -garde et protection, je viens mettre en vem et èuder les prefiii de mes longs voyages , lesquels Je dédie et consacré à vùs^ seigneur^. Après h: dédicace , ott lit ce cfuatmin de Jean Polile à l'auteur :

li'Itaqiiots Fat priée d'avoir véi* par le monde, Maints habits et Façons, maintes villes et i^Gdtirâ;' Mais de Glen nous fait teoi)r t0bt cela seins erreurs^ £t sans courir les maux de la terre et de Tonde.

Sa passion pour lèd beaux-atls et ses vdu^a^es , âurKj^tlt cekii de Kome, le mirerit H même d'êtèndi^ séd 6ëé^ a»d»8inces; Sed descriptions d'Aâ/^^^^ et dé ni{èur)s, etc. , semblèiit ètte le résultat de ses vojagéé : dn tnoihs b'ésl ce qu'annoncent les figures qui f^pi^éSëâtéiit lés hàbïl^ lemens des diverses nations chez là phis grâridé partie desquelles il avait été. Il fautatoUer, Cependant, qu'il ii*y a rien de commun entre ptttsie^uirs de ces estampes et les eipUcations qui les aecdliipâgiïeifit. En voici tinf elèiïfple :

Oii voit à la page 1 22 le pùrèraif dtune jeune IM" geùùfe dont la parure est très-ttidd^^te ; daitg lexplication^ qui est de deux pages, et où Ion cite pour le ittoins une douzaine decrivaids^ Jéàri de Glen s'emporte GùnithYamour, la di^se et le i^m, et contre les filles et les femmes dont la conduite n'est pas régulière, n'y dit pas iin mot swr les modes ^t lès parures de ce tetnps, et finit par blâmer sa pahHé-, pour ta Ueence dèi filles dont aucunes sont afrlèntéé et hfullàntes après tesjèùœ, les bals et dûnses, etc.

Bien n'est plus rldieùle$ et quelquefois pïus rîsible, qu6 la profonde érudition de Jèàtif de Glën. QUa'nt aux estampes j elles méritefil lafteitflidti dés cotiriàiia-o' sèijl^; etf géiléral, elles sont d'un deÉ^ii corredt , et ïié manquent pifs d'^^jt7ri0^^j()9i.

2* Le^ mërfmHês db, la ville dé Rom^. Liège , Ï631 ,* in-8**. C'est une description, divisée en deiix parties, des plus beaiix œlonâftïèns de cette grande cité. Il n'y a que h préface qt^i soit de Jean de Glen. Cet ouvrage e^ ufte traduction qu'ila faite de celui-ci : Tractato nuovo délie cose tfiatavigUùÉë deltahna città diltûfnà, cfrnato de a/tçlté figure f Hël quaU si Sscorre éi SOÙ e

più Chiese. Comporta da F. Pietro^Martire Fefini da Cremona, delt Ordine de 9ervi : e de tutte le Aniichità figurate d*e$sa città, già da Prospéra ParUio auhien* tate, et hora in questa ultima impressione con diligenza corrette, è con bellissimo ordine disposte, et ampUate sino al pontifical di N. Ss Urbano VIIL In Roma, Andréa fei, 1625, in-8", p. 437. Les estampes gravées en bois , sant de l'artiste liégeois : les cojuaaiéseurs n'en font pas un grand cas.

Cette traduction est dédiée par son auteur à Arnold 4e Wacjbtendonck , grand dojen de TéglUe de Liège. La dédicace et l'avertissement qui la suit , offrent quelques particularités remarquables. Jean de Glen se plaint ,des piqueures et morsures des zoiUs ; il dit qu'il a été longtemps en butte des secousses de la fhrtune et des coups des ennemis conjurez de son bonheur et honneur. Cest sans doute pour être à l'abri dé ceà malheurs i et en même. temps pour témoigner au grand dojen , sa reconnaissance pour les bienfaits qu'il en a reçus» qu'il qu'il lui dédie les Merveilles de la ville de Rotiie.

Il compare le baron de Wachtendonck à $t.:Lam« bert , et s'y compare lui-même par ces paroles :: Ce, ^adnt irespandit son sang pour une cause presque de pateUU nature que la mienne. Que veut»il dire par ces mots ? Jean de Glen aurait-il été sur le point de perdre la vie pour avoir , comme St. Lambert , reproché à quelques princes des mœurs trop licencieuses ? En rapprochant ce passage avec un autre de l'aTertissementaux lecteurs » on voit qu'il s'est trouvé dans une circonstance très-critique , sans qu'on puisse deviner cependant ce qu'il veut dire.

Quoiqu'il en soit, il y invoque St. Antoine de Pa>doue, afin qu'il daigne fléchir le cœur de ceux qui ont enlevé ses Mémoires avec plusieurs autres pièces qui lui étaient aussi chères que sa propre vie.

Lavertisseipent nous apprend encore que Jean de

Glen avait proipis depuis longtemps an public une Description dfe F Asie , avec toutes ses parties, ouvrage de son frère. Peut-être' cette description qu'il aura ornée de figures , a-t-elle été pri%é àYecses Mëmoi7^s? Il a aijssi gravé les plancheis de YEuropa , sivè pri^ mariarum Europœ provindarum ritibus, càremoniis, et vestibus , dont on est redevable à. J. B. de Glen. Ce traité est relaté à larticle de ce dernier.

* 1613. OGER DES VIVIERS, helléniste et mathématicien , né à Villers-Saint-Siméon , village de la Hesbaye , à une lieue de Liège , près de . la route de Tongres. Il embrassa l'état ecclésiastique , fut ordonné prêtre, et devînt chanoine et sileritiaire du chapitre dé St.-Jean rEvangéliste en Ile , à Liège. Il vivait encore en I6l3. Valère André dit qu'il était très-versé dans les langues grecque et latine, et très-habile dans les mathématiques. On n'a de lui, que : De constitua tione figurœ cœlestis ^ tehtporê inaugurationis Ferdinandi , piindpis Leodiensis , die XXVII januarii anno C3D. IDC. xm. Liège, Léonard Streel , 1613 ^ in-4**.

Paquot pense que l'auteur n'employa la position des astres au moment de l'entrée de Ferdinand de Bavière, à Liège, que pour servir d'ornement à son panégyrique, et qu'il aurait bien fait d'en prendre ailleurs les matériaux; mais les préjugés favorables â Vastrologiejudiciaire duraient encore ^ et la bulle de Six,te V, contre cette vaine science, n'avait pu les dissiper.

1614.'L0YAERTS {Samuel), moraliste , naquit le 31 août 1546, à Attenhoven, Tillàgedu pays de Liège, situé prèàde Landen, à 3 lieues de St.-Trond. Il lit son cours de philosophie à Louvain , au collège du Château, Tan 1565, et deux ans après , il eut la septième place au concours général. Après cela , il prit l'habit. ecclésiastique, demeura au Grand-Collège, où il a fondé une bourse, et étudia en théologie, sous

Michel de Baj, Corneille de Keyrierie, Angifslifk Hunnœus et d'autres professeurs. Oti le rappela au bout de quelque temps au ëollége du Château ^ pour y ehseigner les humanités.

En 1578, Loyaerts fut nommé curé de St.-^Miéliel à Louvain. Le 20 inlâi 1586 , il prit le boritiel dé docteur en théôldgle aved Jacqtfes de Bày, neveu de Michel, et un Anglais , nommé Robert P^u^ifiSbh; Ife«tx àAi^ a^ës , il fut fait professeur ordinaire en théologie^ et chanoine de St.-Pierre du second rang , à la place du docteur Embert Everaerdts , devenu pUban , ou curé de la même église. ÏI entra dans la régence de la faculté de théologie, en 1596. Quatre ans après , on lui offrit un canonicat de Tongres qu'il refusa. L'Université dé Louvain le nomma, un pi^u après,, ckanoine de Saint- Servais de Maastricht; mais le pape Clément VITI jugea cette prébende incompatible avec sa cure. Dès lors, il se borna à sa profession , et au soin de sa paroisse, qu'il gouverna l'espace de 36 ans. Il mourut le 13 septembre 1614, dans la 69* année de son âare.

On voit encore dans l'église St.-BÏichel son tombeau avec son effigie et son épitaphe , qui est conçue en ces termes :

Hie situs est D, Samuel Loyaerts ^ patriâ jétfénkomus ^ S, theèlogiœ D, et professer , ecclesiœ hujus pastor. Peceasit de éœeuh anti, saL hum» çid, iôc. xiiii m. sept, die xiii. j^Êlguiius Materne , ejnsdem êceleèilB' sûh'pàit6r\ et ecclesiœ £, P^irgiHis Traject can&niàus j ai$fj{fiùlUù bimè Merenti P. d-

Lés armes dé Lojaerts étaieht gravées sur la^ piéi*re tumulaiile; mais on lès a effiieéès à d^sein. C'étaient celles qu'il avait prises , suivant Vusage à la cérémonie de son doctorat. On dit qu elles représentaient ttû Jambon, surmonté d'un moutardier. On lit éncoi^audessotts : samen wèl, devise qui fait alltfsion au nom de Samuel ; et qui signifie : lusse benè cùnt>eHiun€ y eu êùnùl benè.

Ce curé est autetit des ouvrages suivans , qui ne sont pas fort recherchés aiijotrrd nui :

1°" Lé chemin tk» Vertus , ou explication Morale du cantique des cantiqueè , divisée tn huit petite livres. En flainand , Arivera , 1699 , in-8' gdth.

2** Enôdati&nes evafi^etiàrum dôffiinicis et festis

diebus \ àccurentiiiin ; i^uibus et' fiddei doctrina

êsepUcaturj et âhtisfianotum morufh însfitutio tràditnr.. Lonvaîn, Gerardtis Bivius, 160»-î&2(>, in42, six tomes en 7 valûmes. P^r» 1621 , xnA^.

1615. STREIGNART (Andr^ où StRENGNART , natif de Liège , pràfèsdu couverit dés Cartties de cette ^lle, doBt il fut plilsiéûrs années prieur, après avoir eiiséigné longtemps la théologie. Il fut choisi par Gérafrd de Groësbeek , évêque de Liège , pour succéder dans le sulfriigandt, à Grégoire Sylvius , et le pape Grégoire XIII lui assigna , le 28 juin 1578, Févêché titulaire de Tagaité, dont sbti prédécesseur aTaît été revêtu. Il vif expirer dans ses bras son bienfaiteur, Grérard de Groësbeek; et fut successivement stdfragant des évéquesde Liège , Ernest et Ferdinand de Bavière.

Lorsque la ville de Maestricht , après un siège des plus mémorables , eut été prise par lés Espagnols , soxrs l'es ordres du duc de Parme , le 29 jttin 1579 , l'église de St.-Servais a^ant été profanée par les Huguenots , révéque de Liège , Gérard de Groësbeek , y eniroyà Streignart, pour consacrer de nouveau cette église. Dn fit à cet effet dedx fois solenrielleràent , parla ville , la procession du St: SacrèUïeHf , pôilr réparer les profanations conrniîsespar les sectkires.

En 1895, et lès aiïfiéés suivantes , Ernest der Bavière, en sa qiiàlité d*Abbé-Pririce de Sfavelot , chargea Streignart conjointement avec Chapearuville, alors grand-^ vîcàife du diocèSé?,èît quelque^ autres, d'exaitjiher Valfeire' dti moine Jean DelVàux ^ soti^-prieuï* dé cette

abbaye , accusé de magie , de maléfices et d'autres crimes , et de faire des enquêtes juridiques à ce sujet.

Après un Ions et mûr examen, ce malheureux moine convaincu et déclaré coupable de tous les faits dont on l'accusait et qu'il avouait lui-même , fut dégradé le 2 avril 1598, par le sufifragant^ et livré au bras séculier. Il fut condamné à être pendu, quoique la peine ordinaire , dans ce temps-là , fut d'être brûlé vif ; mais les juges laïcs lui firent grâce de ce supplice horrible, à raison des cinq années de prison qu'il avait subi.

Malgré tous les détails circonstanciés dans lesquels le docte Chapeau ville est entré, pour prouver que Jean Delvaux était réellement coupable de m^gie^ peu de gens y ajoutèrent foi. L'esprit du temps était encore alors de croire à la sorcellerie; et c'eut été se rendre suspect, que d'en contester la réalité. Antoine Delrio donne pour indice de magie , le refus même den recon^ naître la réalité. S'il est aujourd'hui à la mode de nier tout simplement ce qu'on ne comprend pas, il est au moins hors de doute que sur l'article de la magie, nos ancêtres ont été , dans certains cas, beaucoup trop crédules.

L'année suivante , S.treignart se rendit à Aix-la-Chapelle, où il administra plusieurs jours de suite le sacrement de confirmation^ dont les habitans de cette ville avaient été privés depuis longtemps. Un édit de Tempereur , en date du 30 juin 1598, dont la mise à exécution fut confiée en tr autres à l'évêque de Liège , ayant mis un terme aux désordres occasionnés par les proscriptions du sanguinaire duc d'Albe, Ernest de Bavière , profita de cette circonstance pour envoyer à Aix-la-Chapelle son suffragant Streignart et son grand vicaire Chapeau ville, sur le rapport desquels, ne trouvant d'autre moyen pour rétablir et affermir dans cette ville le catholicisme alors défaillant , il obtint d'y in-

trodnire les PP. Jésuites pour y enseigner les scietices. On leur conslrufcft un collège, et le suffragant y vint, en 1608, consacrer leur église, en l'honneur de larchange St. Michel.

On doit à Streignart rétablissement à Liège des Pauvres Claris9es\ des Jéstdtes anglais et des Capucins. Plusieurs riches particuliers de la cité , entr autres Jean Gurtius , seigneur d'Oùpey , firent consti'uirer à leurs frais pour ces derniers , un couvent et une église dôrit Streignart fit la dédidace en 1608, qui fut un jour de fête pour le peuple de Liège et le sufiragant qui aJBTectionnait singulièrement ces religieux. L année suivante , il fit la même cérémonie pour 1 église des Capucins de Huy, oii ils -avaient été établis en l'608, par Christianii chanoine et chantre de Tëglise collé* giale de St,*Martin en Ile , à Liège.

Stlreignart mourut le 17 mars 1615. Son corps fut enterré dans le chœur de l'église dès Carmes en Ile , devant le maitre-autel.

Il a publié plusieurs écrits. Le P. Hartzheim dans sa Bibliçtheoa Goloniensis ^ eic. Cologne, 1747, in-foP. , donne les titres de quelques-unes des productions de cet auteur ; quoique sous un nom étranger et inconnu à tous les bibliographes {Antoine de Brabaco) qu'il dit natif de Boppard.

1617. CHAPEAUVïLLE {Jean), théologien et historien ecclésiastique, reçut le jour à Liège, le 5 janvier 1551 , de pairens distingués. Son père s'appelait Guillaume Chapeauville , et sa mère Marguerite de Méers. Après avoir achevé, à Liège, ses humanités, îl alla à Cologne étudier la philosophie. Désirant, pari goût, erttrèr dans l'état ecclésiastique, il obtint de son père , qui le destinait au barreau , la permission d'étudier la théologie à l'Université de Louvain , où il fut reçu docteur.

Eu 1578i le cardinal Gérard de Groëabeck , évéi[{aa de L<iége ; le mit au nombre de^ eiaminieit^urs synodaux, et lui donna Tannée suivante , la cure de St.-Hiçhel et un canonicat de Téglise St.-Pierre. JPçndaot les dix annéies qiy'il fut curé ^ il mit to}i3 se^ luiins à instruire le peuple ,. et çnseigna avec beaucoup de distiactioii la théologie , daps plusieurs monastères de la ville cto Liège , où il attirait un grfin4 concours d anditeoi^s avides de lentendre.

Purant toqt Iç temp^ que la peste ^jOEligoa l^iége et ses environs , en 158][ , il 3e dévoua aveo la plua parfaite cbarité au service des malades » eiiseveliss^t Ijjî-mêQEie la auit« ceuiL qui mouraient de la cpntagiaQ, et qui , dans leur pauvreté ., ne trouvaient pef«(Mwe pour leur rei^drç ce dernier devoir.

En 1582 , le prlncp Ernest de Bav;^èr0^ sacoesseur de Gérard de Groëisbeck , jqomma Qbape^uviilç inr qumteur de la foi; et cinq ans après , le pape Siiite V« pour le récompenser de son zèle et de son attachen^ent. pour la foi catholique \ liil donna u,a canonicat de féglise cathédrale de jLiége# et ly établit grand-^p^ni* twcier.

En 1598^ le prince ]Erne^t .de Bavière le .eboisit pour son grand-vicaire et le noinma archidiacre dqf Famène. Lannée suivante , les chanoines de St.^Pierioef ses anciens confrères, Télurent prévôt de leur chapitre, à Ip place de Gilles Oranus ^ ipf^( 1<^ 7 mai 1599«

G est en partie à ses soins , qu'est due TéreçtiQn da séminaire épiscopal de Liège ^ sous le règne d^rne$t de Bavière , établissement auquel il porta toute s^ vi^ ifipe si tendre sollicitude , qu'il j venait fréquemment prêcher et instruire les élèves , malgré sas nomb^uae» occupations. Polite a ainsi chanté le zèle de ce vertueux ministre de l'évangile :

Salve c1ar«i domus studiis sacrale juventîB !

Salve iterùm veneranda domus , tuque inclyta pubes ,

Qnsixn pnssians Chapeavillus amâU I^m çfmdtdut ille , fiivinas rcserabit opes : et sensa Ton^nti^ ' Strennqvi3 iiicuuibens plena ^d #ubsellia paiidet.

Ce fut ChapeauvïUe qui fut chargé du pF0cè3 du malheureux Delvaux , moine de Stavelot , accusé de sorcellerie et <Jui fut pendu pour ce prétendu crimei Durant tout le temps que dura ce procès, Chapeauville employa lp\\s ^es soins à s!âssurer de la Térité , et s'il se ipontra trpp crédule , il prouva jusqu'à l'évidence t sa bonhommie et sa bonne foi.

]En 1613# lorsque le prince Ferdinand de Bavière succéda à son oncle , dans l'évêché de Liège , Chapeauville lui demanda de se démettre de la dignité de gr^ndvicdire , alléguant pour motif son ^rand âge; mais ce prélat , considérant les services qu'il pouvait encore rendre au diocèse , le pria de les lui continuer.

Jf mourut le 5 mai 1617, accablé par l'âge et les travaux continuels auxquels il s'était livré pendant quarante ans, dçs suites d'un ulcère à l'estomac, qui, durant les deux derniers mois , ne lui permettait ni de boire , ni de manger. |1 endura ses maux avec une résignation vraiment chrétienne et une douceur angèlique.Il expita tranquillement, en invoquant encore Jésus et Marie, et fut enterré dans la chapellp dédiée à la Vierge , dans l'église de Ste.-Gertrude,

Chapeau ville était un honime modeste , grave , charitable* et très-laborieux. Il était regardé comme l'un des meillei^rs théologiens ^eson siècle.

" Yoici le catalogue de ses ouvrages :

\^ Tractatus de casibus reservatis. Liège,. 1596 et 1603 j in-S**, il composa ce livre pour l'usage de V^glise de Liège , lorsqu'il eut été fait grand-pénitencier,

2" Èlucidatio scholastica catechismi romani. Liège, 1600 et 1603, in-8\

3** Summo, catechismi rcymani ; cum epistol^, do

îcedio qfmd oatecfUstu obrepere soleî , ejfisque rëmedio. Liège, 1625, in-S^

.4" Vita etmiranuIaS. Perpetm episcopi Trajectensis. Liège, 1601 , in-S". Cette vie est en latin et en fmnçais.

5® Tractaius de necessitate et modo administrancU gacramenta tempore pestis, Mayence , 1612, in-8". Cologne, 1625, in-8°. Louvain, 1637, in- 12. Salisb., 1680,in.l2.\

6^ Déprima et verd origine festivitatis S.S. corporis et sanguinis Domini. Cet ouvrage a été inséré dans le tome 11 du livre suivant.

7** Historia sacra , profana , nec non. poUttca , tribus tomis coinpr^hensa ; in qud non solùm reperiuntnr gééta pontificum Tungrensium, Trajectensium et Leo^. diensium; verûm eliàm pontifictim Romanorum , atque im^peratorum et regum Francice^ usque ad Lttdovicum XIII. Galliœ ac Natarrœ régenu Ad^uncta est historia gubernatorum, qui tempore tumultuum Betgii, usque ad ser, principes Albertum et Isubellam , iofam illam, regionem rexêre. Nùnc primùm studio . et in-dustrid D. Joannis Chapeavilîi édita , ac annotation nibus illuslrata. Accessit P. jEgidii BucherU è soc. Jesu chronologia, Augustae Eburonum , 1612, 1616, in-4", 3 vol. Cet ouvrage a été imprimé pour la plus grande partie du vivant même de Chapeauville; après sa mort , on ajouta à la tête du premier volume , dans les exemplaires qui étaient encore entre les mains des libraires , un abrégé de sa vie ^ avec son portrait, et Ton changea la date de la première feuille , où 1 on mit 1618 , au lieu de 1612. Chapeauville employa les dernières années de sa vie à ramasser les pièces qu'il a fait entrer dans ce recueil , et à composer les remarques qui. les accompagnent* Tl n'est peut-être pas inutile de donner ici le détail, des divers fragmens ou ouvrages , qui forment cette collection d'historiens liégeois. On y trouve :

l"" Harigeri abbaUs LobiensU ge9ia pontificum Tun* grensium , Trcyectensium , et Leodiensium , à beato Materna primo Leodiensium espiscopo , usque cul bea^ tum Remaclum episcopum vigesimum. septimum ; cum additionibus jEgidii à Leodio , Aureœ Valli religiosi. Tom. 1 , pag. 1. St. Reinacle est mort en 66^ , et Hariger vivait en 980.

2° Anselmi canonici Leodiensis gesta pontificum, Trajectensinm^ et Leodiensium , à beato Theodardo , imm.ediato S. Rema^li successore^ usque ad Wasonem quinquagesimum secundum, episcopum Leodiensem , eum additionibus j^gidii à Leodio. Tom. 1 , pag. 99. Cet auteur vivait en 1048.

3* Appendix quatuor autorum prœcipuorum , qui gesta S. Lamberti m/irtyris , vigesimi noni episcopi , Leodiensis seorsvm scripserunt Godeschalci diaooni et canonici Leodiensis ; JVicolai canonici Leodiensis ; Reneri ad S, Laurentium propè Leodium inonachi,qui omnes antè quingentos annos floruerunt. Tora. 1 , p. 319.

4" Disputatio historica de primis Tungrorum seu Leodiensium, episcopis. Item chronologia posteriorum. Studio et operâ ^gidii Bucherii^ è soc. Jesu. Tom. 1 , pag. 435.

5° jEgidii à Leodio hiftoria episooporum Tungren^ Hum et Leodiensium. Tom. 2 , pag. 1. Gilles de Liège vivait en 1240.

6® Joannis Hocsemii^ canonici Leodiensis gesta pon-tificum Leodiensium, ab Henrico Gueldrensi ad Àdul* phum à Marckd. Tom. 2 , pag. 273. Hocsem q,ui est mort en 1348 , a compris dans son histoire tout ce qui s'est passé entre les années 1246 et 1344.

7° Radulphi de Rivo Decani Tungrensis gesta eorumdem, ab anno tertio Ingelberti à Marcha , usque ad Joannem à Bavariâ. Tom. 3, pag. 1. Cet auteur est mort en 1403 , et son histoire s'étend depui» Van 1348 jusqu'en 1390.

8* Suffriduê Pétri gê9ta pontiflcum Leodiennum , à Joanne de Bavcmâ, u^ue ad Erardum à Marckd. Totn. 3 , pae. 69. Cette histoire s'éteud depuis Tan 1 390 jusqu'en 1506.

9** Jùannis ChapeaviÛi gesta pontificum Léùdien" êwm , ab Erardo à Marckâ, usque ad Ferdinandum Bavarum. Cette histoire va jusqu'en 1613.

1619. JAMAK (Henri) y artiste distingué, fut maître de musique de Téglise cathédrale de Liège » près de 40 années. On voyait dans cette église un oionument érigé à sa gloire, où on lisait rinscription

suivante :

Anno 1636.

MEMORTiE.

y. H* HeHrHsi Jamat , dèm viani , ad sium, Matemum eanonici, et iO circiter annos Phonûêci primarii, qui oh admibata vocis RABiTATEH, principtbus gratus et Belgio clarue, 19 d. octobris 1619 , cœlo receptus c«l.

1619. SOMMALIUS {HmH) ou de SOMMAL , pieux et savant jésuite , né à Dinant, ville de la principauté de Liège, vers Tan 1534. Ayant fait de bonnes études et atteint Tâge de dii-sept ans, il partit pour Rome, où St. Ignace de Loyola le reçut dans sa compagnie en 1551. Le j-cune Sommâtlius plut au saint fondateur par sa candeur naturelle et par sa conduite sérieuse et réglée. Sorti de noviciat , il fut envoyé au collège de LdrHstte pour y émèrgner la langue grecque. En 1556, il reçut ordre de se rendre à Cologne et d'y achever ses études. Depuis il fut chargé de travailler de concert aveé les PP; Trempais Côêterus et Jean JÏAefm^ (auxqcielsla régence de Cologne avait confié la direction du collège oes Trois Couronnes), à soutenir la foi catholique très-affaiblie alors dans cette ville, pour passer ensuite en Allemagne.

Sommalius prit le degré de bachelier à Cologne ,

e» 1557 , et devint l'année suivante professeur de physique et de métaphysique , fonction à laquelle it joignit encore celle de catéchiser et de prêcher dans les basses classes. Le bien qu'il fit par ses prédications et la renommée du collège où il enseignait , firent souhaiter à ses compatriotes de le posséder chez eux.

Le P: Sommalius revint donc à Dinant , en 1563 , aceoinpagné du V. Léonard de Vilhrs, ou Villanus, et y jeta les fondemens du collège de cette ville , qui est le premier que les Jésuites aient eu dans le diocèse de Liège. Il en fut neitimé recteur en 1564 , mais cet emploi ne lempêcha pas d aller prêcher la parole de Dieu dans les villes voisines.

Quelques années après on le nomma recteur du collège de Douai, fondé en 1570 par Jiaan Lentailkur, abbé d'Anchin. Il remplit successivement la même charge d^ns d'autres villes , et marcha constamment sur les traces du fondateur de sa société, dont il avait parfaitement saisi l'esprit.

Daiïs un voyage qu'il fit vers Van 1572, étant logé dans un monastère, il fut surpris par le comte de Lumraey si connu par ses cruautés contre les catholiques. Ce comte , qui avait apostasie la foi de ses pères, étant entré dans là chambre, o^ le P. Sommalius était couché , le fit tirer du lit , jeter par terre et dépouiller de tous ses vêtemens. Un soldat tira ensuite un grand couteau de cuisine , et s'apprêtait à mutiler ce chaste religîeui d'une manière qui révolte également la pudeur et Thumanité , lorsque dans cette cîrcontance Critique, Sommalius jetant i^ur le comte, qui était présent , un regard ferme et sévère , cdui-ci intimidé, le laissa s'échapper des -mains de ses gens , sans avoir souffert d'autre peine , que la crainte et la honte de la nudité : celle-ci lui demeura longtemps sur le cœur; ce saint religieux ayant une horreur extrêitie de tout ce qui peut blesser la pureté.

Somraalius consumé de vieillesse , après avoir tia«« vaille au salut des amas dans différentes villes de 1«| principauté de Liège et des Pays-Bas, termina sa car^j riëre à Valenciennes, le 30 mars 161 9, dans la SS"" année de son âge et la 50* depuis qu'il s'était lié à la Sociéii de Jésus par la profession des quatre vœux.

Il se fit une loi, durant sa vie, de n'assister jamais aux récréations <\\iq la règle de son ordre permettait , qu'après avoir préparé quelque sujet pour rendre la conversation édifiante ; et garda si scrupuleusement la pauvreté religieuse, que dans sa vieillesse même , il ne souffrit jamais qu'on lui rendît aucun service particulier, ni qu'on lui accordât quelque chose de plus qu'à ses autres confrères. Aussi, à sa mort ^ on ne trouva dans sa chambre qu'un chapelet et tin reliquaire de« peu de valeur pour la matière et pour la façon.

Sa vertu et ses talens lui firent beaucoup d'amis , au nombre desquels on comptait le célèbre François Sweertius. Il n'étudia que pour se rendre utile à l'église , et s'appliqua principalement à la recherche des ouvrages de piété pour en donner de bonnes éditions. Voici celles qui ont paru par ses soins :

V Thomœ de Kempis , de imitatùme Christi, libri quatuor , ad autograpfmm emendati opéra ac studio Henrici Sommalii , etc. Anvers, Joan. Moretus , 1599, in-16, 1601 et 1607,in-24. Cologne, Conrad Bulgenius , 1610 , in-16. Douai , Balthasar Bellère , 1614, in-32. Sommalius dédia cette édition à Léonard Betten, abbé de St.-Trond.

2" Venerabilis viri Thomœ à Kempis Opéra

omnia, ad autographa ejusdem emendata Anvers ,

Martin Nurtius 1600, 3 vol. in-S*" , dédiés aussi à Léonard Betten, abbé de St.-Trond.

3** Alberti Magni , Ratisponensis episcopi, ordinis Prœdicaiorum , paradisus animœ , sivè de virtutibus libellus, editio nova, nûncprimûm ad varia mss» erem'

phtria eniendata , in qud etiàni Patruum Mententiœ eae ipsiê auctoribus in loncfuni producuntur. Ad càlcem aclfeaêus est divi Anselmi , Cantuariensis archiepiscopi, trtzctcttus perelecfans de XIV aniniœ accorporis dotibus, 9ivè beatitucUnibus , etc. Anvers , Jean Moret , 1602, in- 16 ; belle édition.

4k** B. Anselmi, de exccilentiâ B. Mariœ Virginie. Item. Ejuêdem, similitudinum liber etepiêtàlœ.QxAùgne^ Jeao Huntem ; et Douai , Jean Bellère , 1605, in- 16» Anvers , Jean Moret, in-16.

5* Di^i Aurelii Augustini , Hipponensiê episcopt, libri XIII. Confessionum , ad tria manuscripta exem^ plctria emendati , etc. Douai , Balthasar Bellère, 1608, in-16. Cologne , Corneille d'Egmoudt , 164ft, i«-d2; 6** Divi Aurelii AuguHini, Hipp. episcopi ,. médita^ tiones , êoliloquia , et manuale. Meditatibnes Anselmi; trufn tractatu de humani generis redempéiôîie , Divi Bemardi. Idiotœ , viri docti, de amore divino. Omnia €td fnss. eocemplcma emendata , etc. Douai , Balthasar Bellère, 1608, in-16. Cologne , Corneille dTgmondt, in-24. Cette édition est d'une grande beauté. Le P. Sommai tus dédia ce recueil à Philippe Câverel , abbé de S. Wast d'Arras.

7"" Fasciculus divini amoris atque devotionis. Douai, Balthasar Bellère , 1608, in-16; il est extrait des divers ouvrages des SS. Pères.

8" In regulam divi Benedicti , Joannis Trithemii , abbatis Spanheimensis , ^usdem ordinis, commentarius, etc. Valenciennes , Jean Vervliet , J608 , in-12. Douai, Balthasar Bellère , 1608 , in-12.

1616. FARNÈSE {Henri), né à Liège et mort à Pavie. Il était très-^versé dans le droit et les langues anciennes. Etant allé en Italie pour se perfectionner dans les sciences ; il fut nommé professeur royal d'éloquence à rUniversité de Pavie , où l'on pense qu'il termina sa carrière. On a de lui :

V De imitatione Ciceronis , seu db toribendârum epùtolarum ratione. Anvers, ^1571 , in-8\

2° De verborumsplendore et delectu appendices duœ. YeDise , 1590. Il les composa sur le dietioQDaire de Calepin.

S*" De stmulacro reipublicœ^ sivè de ima^iriibus po^ lùicœet œcohomicœvirtutis, Jib.IV* Pavie , 1595 , in^°.

4" Diphterà Jovis , êivè de anfîqud prihcipis tn^U^ tutione, libri IIL Milan , 1607 , in-4*.

Il a aussi publié deux autres ouvrages : ixn Abrégé de t histoire du inonde, et un Traité de la connaissance de sop-méme et des prodiges,

Erjcius Puteanus , qui était son ami particulier, a consacré dans ses écrits un éloge à la mémoire de oe savant.

1620. NAViEUS ( Michel) NAVEA ou NAVEAU , reçut le jour au village de Warnant , en Hésbaye , à deux lieues de Huj, vers Tan 1539, Il comptait parmi ^es parens Erasme de Chokier de Sur ht , ^hevaïiler , bourgmestre de Liège en 1622, eï Jnan Chctrl^de HemricouH, seigneur de Huldemberghe près de Bruxelles. Après avoir étudié la philosophie au: collège du Porc à Louvain , il embrassa Têtat ecclésiastique , et fut ensuite chargé d'enseigner la philosophie dans ce même collège. Il fut chanoine et officiai d'Arras s6us Févèquè François Richatdot» et passa avant la mort de ce prélat au diocèse de Toùrnaj ^ oii il fut successivement chanoine , juge synodal , examinateur des curés et enfin vicaire-général. Michel Natoèus mou* rut le 20 novembre 1620, et fut enterré dans l'église cathédrale de Tourna j. Il était très-chai^itàble «ni^ers les pauvres et d une vie très-édifiante. Il fonda f>ar son testament plusieurs bourses au collège de Sjkmdonck^ à Lpuvaia, et au Séminaire du roi, à Douai. On atie lui:

Chromcon apparitionum et gestorum S. UiehmUs

isTYjhangeli , à mundo condito oc dêinceps per varias arbis partes : in seas libres distinctum ; cum summa-riis {ad finem nperis) librorum , Bi çafdtum , et tahuld Terum memorabilium. Douai, Balthasar Bellère, 1632, îo-8**. Cet ouvragé, en grande partie extrait du docteur (Colvenerius et de Pahialéon , est rempli de piëtè et d'érudition , maiâ sans goût , ni crititpie.

Navaeus attribue à cet archange toutes les apparitions

angéliques dont TËcriture Sainte pafle sans désigner

le non) d'aucun esprit bienheurq;Ux. Les explications

allégoriques , les conjectures d'un commentateur ou

d'un prédicateur , ancien ou moderne , lui suffisent

pour prouver un fait ou du moins pour le donner

comme' prenable ; enfin , les contes des mauvaises lé-

^ndes y et les traditions populaires sont pour lui y

monnaie de bon aloi. En parlant 4u char de Dieu,

il le compo^ de quatre anges, St. Michel, St. Gabriel,

Si. Raphaël et St. Nuriel ou Uriel. Il rapporte comme

très^éritable Thistoire du dragon que St. Michel tua

eti Irlande; et n'oublie pas le bouclier et Tépée que le

vainqueur j laissa , et qu'on conservait encore au Mont«

St.-Michel en Normandie. Son 6* livre contient un

éloge du St.-Archange , en asset mauvais vers , suivi

de quelque» autres pièces également en vers.

On voit au commencement de cet ouvrage , le portrait de Navaeus « avec ce distique au-dessous :

Eccè sui a prima Patroni mente Michaêl

Yoto , operâque cliens /Navaeiis , multisque Patronus.

La dédicace est de Mathias Navseus qui suit :

NAViEUS (Mathia^)^ neveu du précédent, naquit en Heabaje , et fut élevé par les soins de son oncle. Il fut licencié en théologie , curé de St.*Pierre âuDouai, et ensuite chanpine de Tégli^e de Tournay e4( cénjseur des livres ; sa régularité et son savoir lui conicîlièrent

lesUme de tous. Il mourut vers 1660. Valère André le qualifie ainsi : solidi sokrtisque vir judicii atqtte ingenio^ mais Paquot le juge tout autrement. 11 a publié :

1*^ Encomium S, Josephi, VirginU Deiparœ sponsi. Douai , 1627, in*12. Augmenté sous ee titre ; Sponsus Virginis decoratus coronâ XXXI genimarum splendoribus coruêcante. ibid. 1636 , environ.

2* Orationes très de signt crucù , et orationis effi^ cadâ, et D. Thomœ.Àquinaiis landibus. Douais 1630 , in-**.

3"* Catechesis , sivà de sacramentorum institutione , confesêione saeramentali , extremâ-unctione , et ma" Pirimonia, conçûmes XVI. Douai , 1633 , in-12.

4*" In festa sanctorum Prœlibatio theolegica , etc* Douai , 1635 , in*12.

5" Annotationeê in Summœ theologicœ et Scripturœ sacrœ plerasqtie difficultates : item sermones duo de iSiS, Piato et Eleutherio, Tomdcensium patronis.

6* Triroctava sermonum de venerabili saeramento et sacrificio. Vers 1641. Id. 2". Prière auctior , editio; mbjunctis de B. B. sponsis Virgine et Joseph , ad sacrœ scripturœ titulos, poëmattbus XVL Tournay, 1645, in^l2,

NAViEUS (Joseph) , prêtre et chanoine de St.-Paul à Liège , naquit au village de Viesme , à cinq lieues de cette ville , en 1651 , et fit ses' premières études avec distinction : il n'eut pas moins de succès en philosophie et en théologie. Il professa pendant quelque temps la poésie dans le collège de la TWmïe^à Louvain. Ayant pris le degré de licencié en théologie dans l'Université de cette ville , il fut appelé à Liège pour j enseigner la philosophie au Séminaire. Quelques-unes des thèses qu'il y fit soutenir sous sa présidence ont été imprimées. II eut des démêlés assez vifs avec les

Jésuites au sujet du séminairedont cesP. P. cherchaient h avoir la direction.

Eu 1699, Nàvseus prit la défense de Denys, professeur de théologie à Liège , accusé d enseigner des propositions qui n'étaient point orthodoxes ; Denys était alors à Rome. Ses liaisons intimes avec Ârnauld , Quesnel , Opstraêt , etc. , disent assez qu'il partageait leurs sentimens.

Il contribua aux réglemens de l'hôpital des Incu'rableê de Liège , et à \ établissement des filles repenties.

Navœus étant devenu infirme , se démit de son emploi de professeur, et fut nommé à un canonicat de l'église collégiale de St.-Paul.Il conserva ce bénéfice tant qu'il put en remplir les devoirs , mais ses infir* mités se multipliant, il le résigna. Il mourut à Liège, le 10 avril 1703 , n'ayant que 54 ans. On a de lui :

1** Mémoires contenant les raisons pour lesquelles il est très4mportant de ne pas retirer le séminaire de Liège des mains des théologiens séculiers , et de nen pas donner la conduite aux P. P. Jésuites. Ce mémoire écrit en latin, fut traduit en français par le P. Quesnel, et imprimé in-4** et in-l2; il n'eut point l'eflFet que l'auteur en attendait. Les Jésuites prirent possession du séminaire , ce qui donna lieu à un autre écrit de Navaeus, intitulé :

Deu^ lettres d!un ecclésiastique de Liège, contenant le récit de l'intrusion violente du P. Sabran, jésuite anglais , dans la présidence du séminaire de Liège ; en latin , 1699. Ces lettres furent aussi traduites en français , in-4** et in-12.

2** Epistola apologetica ad auctores et suscriptores resolutionis sacrœ {ut ipse quidem existimari volunt) , facultatis Lovaniensis ad quœstiones quasdam dogma^ Hcas datœ die 12 septembris 1699, e^ Lovanii editœ per quosdam sacrœ theologiœ studiosos , ex S. L. pro professore suo absente. C'est la défense de Denys citée

ei-déssus , et mise sous le nom des étudiatis en théologie de Louvain.

3* Sacrœ facultatis theohgiœ Coloniensis sapi^ntis^ 9imufn jvcUcinfn pro doctrinâ per illustrù D. Henrici Denys S* T. licentiati LovanienHs , in geminario Leodiensi professoris , nec non in ecclesid LeodienH canonici theologi ad>nersÙ8 ineptiaê , caviUationes , aberrationes et imposturas doctoris Franoi^ci Martin, in libello , cui titulus : Reputatpio JusTiFiCATioms , etc. , vindioatum per christianum ah Irendml , theologum, Marianopoli , 1661, in-4°. Cette pièee fut généralement attribuée à Nayœus, qui du moins y eut beaucoup de part.

• 4° Le fondement de la conduite à la vie et à la piété chrétienne ^ selon les principes que la fin nous en donne dans l'écriture sainte et la doctrine de Téglise ; livre pîeuK et estimé , que Navaeus composa pendant la retraite à laquelle ses infirmités le condamnaient.

*1620. "SlOVXX (Barbe Porquini, dame) ^ née à Liège, était fille de Bernardit^o de Porchini , gentilhomme italien , qui fonda en 1566 , THôpital de St.- Dizier , près la porte de St^Léonard à Liège , et de 3fargueriie Rustique. Barbe épousa Jean , seigneur de Rolly , près de Philippeville, et lui laissa des enfans. Elle avait une sœur nommée Marguerite qui fut mariée à Gérard de Tollet, seigneur d'Orange, de Gutshoven, de Beaufraipont, etc., qui fut bourgmestre de Liège en 1598 et en 1602.

Barbe avait , disent les historiens , les mœurs d^un ange.. Sa vertu et son amour pour les lettres lui donnèrent de la célébrité. Elle mourut vers Tan 1620, ou 1622. La Biographie des Femm.es célèbres lui a donné une notice , ainsi qu'à Marie de Succa dont il est parlé ailleurs. Madame Rolly a publié :

V Le jardinet de Famé, ouvrage écrit en latin*

2" De tinfluence des femmes sur le caractère des

hxnttme9. Cesl nn traité remarquable et fort intéressant , suivant le rapport de Yalère André qui en fait l'éloge.

Nous ignorons ses autres écrits.

*COUNOTTE (Gertrude) , veuve de Voës de la Vin ^nette , échevin <le Liège , fondatrice de \ Hôpital d0$ Orphelins , près de l'église St.-Severin à Liège.

1621. MOHY (Remacle), savant philologue, naquit vers 1555 , près de la Roche en Ardenne , au village de Rondchamp , dans le pays de Liège. Il cultiva avec assez de succès les belles-lettres et embrassa Tétat ecclésiastique. Vers l'an 1604, il succéda à Bernard Stassoul dans la cure de Jodogne , petite ville du Brabant wallon , où il tint une école de Janave latine. Sa mémoire y est encore en vénération, llmourut dans cette ville le 13 juillet 1621 , à l'âge de 67 ans. On a de lui :

1* Epistolarum suasoriarum Ubellus y m'12. / 2** L'encensoir d*or , contenant les prières et pleurs de Remacle Mohy. Liège , 1608 , in-12.

3** Vsus scholaris , in quo nomenclatura vocahvrlorum quarumdam, dialogi, et epistolœ aliquot puériles é Liège ,1609, in-4\

4° Le cabinet historial, contenant plusieurs exemples de vertu et de vice \ de prodiges , etc. , par Remacle JUèhî/ du Rondchajfip. Imprimé à Liège en 1610 , âchez Cbrswàrem (, et à Hiicome an c&mié de Moha, 2v6l. ân-4°* Cet ouvrage^ aujourd'hui rare et recherché par tes amateurs, est curieux pour Tliistoîce et prouve tin grand fond d erudition.de la part de l'auteur.

5'' Les grands januiis dû paradis et de Venfer » de sàeêsire Rem. Mohy , avec aulnes odmQmtions pieuses ^ i;iége , Jean ÏOumay , 1630 , in-16. Les premières pages de ce petit livre contiennent des vers fran^is sur l'éternité ; à là 11" mi trouve une ode latine avec ce titre : Frater RemachbS Jlhhyms , Ardennas , smMrà annos 6 et 60. Seneœ, niœrens, moriensque hanc uden

pùsteris dedicabai: elle est suivie de quelques prières en vers français, de sept psaumeê pénitentiaux de la façon de Fauteur contre les sept péchés capitaux , de vêpres du même , qui traitent de la Passion y etc.

MOHY (Henri) ou ERYCIDS MOHYIUS, compatriote et peut-être neveu du précédent , naquit vers la fin du XVP siècle. Il s appliqua à la médecine et acquit de la réputation dans cet art , qu'il pratiqua depuis 1620 jusques vers le milieu du siècle. Il a écrit les ouvrages suivans :

1** Pulvù sympatheticus , q%u> vutnera sanantur absque niedicamenti ad partent affectant applicatione et super Jftitione, Galentcorwn Aristatelicorumque crtbro ventilatus. 1634 , in-4° , sans nom de ville , ni d'imprimeur. On le trouve inséré dans le Theatrunt synt^ patheticum. Nuremberg » Jean André et Wolffgang junior, 1660, in-12, et 1662, in.4°.

2** Tertianœ crisiSf quâ dontinorunt Pétri Barbce, prot(hmedici , praxis curandœ Tertianœ , et Vopisci JFortunati Plempii , professoris Lovaniensis printarii, animadversio discuiitur , ac kgitima demûnt Tertianœ curatio eœponitur. Louvain , 1642, in-4°. Les traités de Pierre Barba et de V. F. Plembius sui: la fièvre tierce , parurent la même année que celui de lUohy.

1622. TROUVÉ [Richard), dit de Ste. Anne, né à Ham-sur- Heure, village de l'Entre-Sambre-et-Meuse dans l'ancienne principauté de Liège , prit Thabit de St. François au couvent de Nivelles. Il se rendit quelque temps après à Rome, pour j vivre suivant la réforme qu j sollicitaient auprès du St. Siège le P. Ja^iJtes de Terminis et le F. C&me de Braine-'le'-Cofnte. Le P. Archange de Messine, général de Tordre, le nomma peu après contpagnon du P. Commissaire des Indes , et le destina (n'étant encore que laïc) avec quarante autres religieux pour aller prêcher l'évangile au Japon.

. Après un séjour de quatre années aux îles Philip* piaes, il aborda au Japon, en 1613; mais ayant été banni de cet empire, avec tous les religieux des différens ordres qui y étaient en mission, il revint la même année aux Philippines,

Il aborda de nouveau au Japon, en 1615, pour y aider les missionnaires qui travaillaient en secret à la propagation de la foi; mais ayant été découvert en 1621 , il fut traîné à Nangasaqui et jeté dans une prison longue de 24 pieds, large de 16 et sans toit , où il trouva 32 autres chrétiens « la plupart religieux, avec lesquels il fut nourri pendant plus d'un an avec un peu de riz et 'd^'eau.

Malgré tous les mauvais traitemens quil endurait, persévérant avec constance à vivre et mourir dans la religion catholique que le gouverneur Gomroco voulait les forcer à abandonner, il fut condamné à mort. Par suite de cette sentence , il fut brûlé à petit feu le 10 septembre 1622, avec trois Franciscains, cinq Jacobins , deux Jésuites et douze séculiers du pays. Le gouverneur fit décapiter le même jour trente et un chrétiens japonais. Ses lettres se trouvent dans la brochure qui suit :

Publication des lettres du B. F. Richard de Ste. Anne, prof es du couvent des Recollée ts à Nivelles, respirantes son martyre. Avec T histoire de 104 martyrs de divers ordres religieux, et de plusieurs nouveaux chrestiens aux Japons. Le tout de mot à mot hors des originaux audit couvent , sans déguiser le langage : afin qu'il paroisse que ce ne sont les plus sçavantes, moins les curieux du langage, qui ont le courage au martyre» Imprimée au couvent des Récollects à Namur , in- 12 , sans date, p. 47 , dont 22 pour les lettres du F. Richard, et 25 pour la Relation envoyée par le P. F, Diego de St. François, commissaire des religieux Piédéchaux , assistants au Japon; contenant le martyre de cent et

quatre martyrs, qui furent martyrisé» en tan 1622 , par commandement de F empereur Xonfftmgatna, ira* daite de l'espagnol en français.

Les lettres du F* Richard sont datées : la l'"* d'Es* pagne, le 16 avril 1607; la 2" dp Japon, le 2 mai 1614; la 3' de Nangasaqui, le 1" septembre 1622. Elles sont toutes trois dignes d'un confesseur de J. C. La dernière se trouve traduite en latin dans un petit livre de 115 pages, in-24, intitulé : Orttés et profectus provincicB noêtrœ Flandrim FF. Minorum JiècolL; in ^upple-mentum révérend. P. F. FranoiseiGonzagœ, quondâm, ministri gmerali? iotiusordinisnostri* 1649, p. 84-93.

1 622. OMALIUS {Jean Fabre cT) , j urisconsulte , né à Omale, bourg du pays de Liège. Il est auteur d^un recueil d'arrêts, dç plusieurs traités des devoirs d'un proconsul, d*qn trésorier, d'un capitaine des gardes, d'un préteur, d'un bailli; il en a laissé aussi sur le rfivorce, la répudiation, lescen*, les impôts, les étangs^ les viviers, les fleuves, les forets , la chasse, avec les défenses qui concernent ces différentes matières; on lui doit encore plusieurs volumes d!avis et un traité sur les saisines,

1623. TOUR D'AUVERGNE {Henii de la) , vicomte de Turenne , le plus valeureux et le plus redoutable dea guerriers attachés à la confession de Genève, maréchal de France, duc de Bouillon, prince souverain de Sedan , Jamets et Raucoùrt, naquit à Joze en Auvergnel, le 28 septembre 1555.

«L'an 1591 , il épousa, le 15 octobre, Charlotte de •là Marck; de fut le roi Henri IV qui fit cette alliance. lU se rendit même à Sedan pour assister an mariage. »Ce prince s'ëtant retiré après avoir vu coucher la •mariée, et le vicomte l'ayant <;onduit à son apparte^ •ment, lui dit : Sire, votre majesté m! a fait aufour^ 9(£hui beaucoup d'honneur, je veux lui en témoigner

9 ma reconnaissance: je la prie de fn excuser , et de i^nétr^ pas inquiète si je ne couche pas sous le même i^toiî pdur veiller à la sûreté de sa personne ; j'y ai mis »bon ordre. Le roi lui demanda de quoi il s'agissait. liSire, lui répondit-il, vous le saurez demain matin; nja n'ai pas le temps de vous le dire. 11 part aussitôt »avec un corps de troupes qu'il avait préparé, se «rend maître de la ville de Stenai, et vient en apporter »la nouvelle au roi à son lever. Ventre saint-gris! lui »dit ce prinoe , je ferais souvent de semblables ma^ mrie^esy et je serois bientôt maitre de m^on royaume^ si %les nouveauœ mariés ms faisoient de pareÛs présens lide noces. > (Art de vérifier les dates).

En 1592, Henri IV lui donna le bâton de maréchal de Franœ. En 1595, il défit, le 14 octobre, près de Beaumont<-en-Argonne (Ardennes) , le duc de Lorraine, et reçut dans le combat deux coups d'épée, dont il fut légèrement blessé. Il prit ensuite Dun^ur-^Meuse ^ se trouva au siège deLacm, et se rendit maître dTvois et de plusieurs autres places.

Impliqué, en 1602, dans la conspiration du mare-* chai de Biron, le roi lui ordonna de venir se justifier; mais au lieu d'obéir, il prit la fuite et passa; dans le Palatinat , où il se fixa jusqu'à ce qu'il eut fait sa paix avec Henri IV. Poury parvenir , il supplia le monarque de lui accorder une conférence avec un de ses ministres. Cette demande ayant été accueillie , lentrevue eut lieu au village de Torcy, dans la nuit du 1" avril 1616, entre Villeroy et le duc de Bouillon en personne qui promit de livrer Sedan , à condition d'être rétabli dans les bonnes grâces du roi. II y fut arrêta que cette ville recevrait garnison française pour quatre ans, sauf les modifiications que la bonté du roi pourrait apporter à cette convention.

Henri IV qui ne pouvait s'empêcher d'aimer le maréchal de Bouillon, malgré ses écarts, n'eut pas de

peine à lui par(donner; il lui remît même sa principauté de Sedan au bout d'un mois; mais depuis lors il fut toujours soîgneui de le tenir en bride. Après la mort du monarque, Henri de la Tour d'Auvergne fut , en 1615, ambassadeur extraordinaire en Angleterre, pour faire part à cette cour du mariage de Louis XIII , contracté le 25 octobre ayec Anne d'Autriche. 11 ne tarda pas à commander larmée des princes mécontens avec une grande autorité , et s'empara d'Eperna j et de Méri-sur-Seine. Le roi accorda la paix aux mécontens par un éditdu 4 mai 1616. En 1621 , l'assemblée de la Rochelle ayant divisé les provinces de France en huit départemens, ordonna à tous les Calvinistes de prendre les armes, et nomma le duc de Bouillon leur généralissime ; tourmenté de la goutte, et sentant enfin le besoin du. repos, il refusa cette commission, et mourut à Sedan, deux ans après, le 25 mars 1623.

Charlotte de la Marck , son épouse , lui avait labsé par son testament , les terres souveraines de Bouillon, Sedan, Raucourt, et autres, qu'elle avait au pays de droit écrit , laissant toutes celles qu'elle possédait en France , à Charles Robert de la Marck , comte de Mau» lévrier , son oncle paternel.

Cette donation soufirit de grandes difficultés, tant de la part de ce comte que de celle du. duc Henri de Bourbon , son oncle maternel. Le premier prétendait comme le plus proche du sang, devoir succéder à tous les biens de sa nièce ; le second revendiquait la succession de Charlotte en vertu de la substitution faite à son profit par le duc Guillaume Robert de la Marck. Mais Henri de la Tour d'Auvergne ayant transigé avec eux, la donation eut son effet , en vertu de deux transactions du 24 octobre 1594 et du 25 août 1601 , et il laissa tous ses biens à son fils , Frédéric Maurice de la Tour d'Auvergne, qui lui succéda dans ses principautés.

Henri était grand guerrier , habile politique , bon

négocia teul*, mais anhbiticui et turbùleat. Il manqua sourent de prudônee ; isa vaste ambitioii lui fit corn* mettre bien des fautes | tantôt il Voulait former de la France une république , à la tète de laquelle il mettait le prince Frédéric , électeur palatin , son neveu ; tantôt il voulait démembrer la monarchie ^ et en faire plu** sieurs républiques ; enfin , il roulait mille autres prov jets dans sa tête , qui tendaient tous à satisfaire ses désirs immodérés de gloire et d'élévation*

Sous son règne , la ville de Sedan changea entière^ ment de face. Il inspira à ses sujçts le goût des arts et des lettres. L'académie de celte ville, établie en 1601 ^ et encouragée par ses bienfaits, devint une école célèbre , oii venait s^instruire la noblesse prolestante Aé France et d'Allemagne. Il y attira des savans étrangers pour la rendre florissante , et il ne leur demanda pas quelle était leur patrie , ne cûnsidëranl que llieureuse influence qu'ils devaient exercer sur le pays. La fondation d'une bibliothèque publique ^ la ville fortifiée et embellie, des privilèges accordés au commercé de la Kbrairie^ des draps et de Xorf&orerie; tels furent les actes du gouvertiement de ce prince protestant , dont le pays de Liège ne laissa pas de ressentir, l'heureuse influence. Une telle conduite est remarquable , dan^ un temps où tous les princes catholiques, sans autre idée pour le bien-être des peuples , que de s'opposer aux nouvelles opinions religieuses et aux principes dé-< mocratiqueS) et d'en poursuivre è outrance les parti-* sans , n'avaient pas honte pour lés atteindre , de inetti*e parfois, en avant , l'accusation de magie ou de sorcel^ hrie. Ce prince à laissé :

Méxhoires du duô de Bomllon , contenant, ve qmsesi passé de son temps, depuis le commencement du règne de Charles IX {en 1 500) , jtisquau siège de Mons^ur en Auvergne {en 1586). Paul Lefranc a publié w& mémoires. Paris, Guîgnardi 1666, ia-'12; ils ont été

réimprimés dat» lé tome XLVII des Mémoires relaiifg à Ihdéioim de /^mnc^. Marsollier a écrit sa t^te; Paris^, l^misvl7t0,iti4*.Aihstërdaih(Paris)t726,3T4>l.in-12. Il eut'de son second liiaridigë avec /^Â^Ms//^ cfeAa#«ixtf, fille puînée de Guittâiime , prifacë d'Orange \ Fréderic- Maurioe de la Totir d'Anverghe ; & grand Tureriie ; £o«<e^/ inorte en 1606; Mfxrie^tdienne; EUsab^h; Henriette; Catherine et Charlotte , restée célibataire, et qui a été trèSNConsidérée sous le noim de mademoiselle de Bouiihn^

\.1623. MARCELlS{/ea7i), né à Leéuw-Sl.-Léonard , petite, ville. du. Brahaht près. de St.-Trond, entra assez jeune chez M. cle Hjlle, seigneur de Loverval, éta(>U à Liège. Il se fit recevoir bourgeois de cettç ville eit V mourut dans sa 54'' année. II resté de lui un traii^ de piété qui a pour titré :

Panis suavissimi saporis,.ei àlimenti saTuberrimi ^ è régis prophetœ psalmorum massa purissimâ fori^atus; eorum susténtationi et càrrobo7'atiom, qui justiticé. semitas îngréssi, beatitucfinem quœrunt œternanu Accésserunt quotîdîanum eooercitium , et ad Judices monita, efu^dem-masscP' Lié^^fhéouard Streel, 1623, in-16, p.335. Henri. Semei/ers , de Tongrès, neveu et héritier de Ma redis, qui a mis la dernière maiii à ce traité, mourut la mèrae année que son oncle.

MÂR€ëLIS {Pierre), né à Tongres en 1625 ; fit son cours de philosophie à Loovain , au collège duChdtecsuiet étudia ensuite la théologie dans TUnivernté de cette ville. Après avoir été prieur des i>a)cances, bache)ier<formé en théologie et président du collège dit le Patrimoine de J.^C, il fut nommé curé de St.-Mîciiel de Louvaiii, en 1650. Marcelis gouverna près de 20 ans sa paroisse avec beaucoup de zèle, et montra une charité vraiment pastôr&Ie , auraht la peste de l'an 1668*

Eh 1671 , il entra â l'abbaye de Tongerloo et y prit

riiabit de lordre dev Prémditlrés ; raah à peine y étaitil depuis quelques mois , que frappé de la perte de sa mère {Apallonie Verken); morte au grand béguihage de LouTain , ne se jugeant pas assez robuste pour achever son noyiciàt, fl vint reprendre sa cure, qu'il remit la même année à son neveu Jferman Damen,

Il prit le bonnet' de docteur en théologie en 1688, après avoir été six ans professeur d'éloquence , et à ce titre , chanoine du second rang à St.-Pierre. Philippe II le fit pas^r au premier rang, en 1694, en lui confiant le canonicat auquel était attaché lemploi de censeur des livres.W obtint une autre chanoiniejp\x\% lucrative à Tongres, au moyen des privilèges de l'Université, et mourut à Loùvain, à Tâge de 82 ans, le d août 1707. Son corps repose devant le maitre-autel de la chapelle dé Noirê'Dame dès Fièores, autrement dite Vlemtncx*- Oappel, dont la belle structure est en partie due à ses^ soins.

Marcelis se reiidit utile à la paroisse de St. -Michel et aux autres de la ville de Louvain. 11 y ranima la prédieation , le catéchisme , la fréquentation des sacrenfiens et Fassistance aux offices divins, toutes choses qui y languiraient avant lui. 11 contribua beaucoup à relever le culte que le peuple rend, depuis quelques àièclês, à la vénérable Marguerite de Louvain. Il se donna mille peines pour incorporer au collège du Patrimoine de J.^C. qui était assez niai pourvu, les bourses fondées par un gentilhomme de Louvain, nommé Louis dé Borggraëf, enterré à St.-Michel, en 1558; mais il ne put erl venir à bout. Ayant été élu recteur de l'Université en 1687 , il s'employa encore plus activement, à ramener plusieurs de ses collègues à la soumission due aux décrets de l'église par rapport au livre de Jansenius, \ Augustinits ; son zèle lui attira beaucoup de désagtéihens de la part des opposans. On ne connaît de lui que :

Quœsidô theologica, q%ad ngilhim, quœ ejus materia etobliffatio; libelliM ser^n. qpiscopo eiprincipi Leoddenn ( Joanni Ludovico ab Elderen ) diccUuê ; indèque très conclusioneg , Eodmn D. ac M. N. prœêidù judicio de* 9umptaê, ponebat pro Vesperiis Aulœ suœ doctorale Petr. Marceli» Tongrensis Lovanii in achotU theologo* rum 8 octobris 1688. Cet opuscule se retrouve dans le supplément du Traité historique et dogmatiqus du secret inviolable de la confession, que Lenglet du Fresnoy publia eu. 1708, à 1 occasion des troubles arrivés dans les diocèses d'Ârras et de Tournaj, où Ion accusa quelques prêtres de révéler les confessions^

1624. STEW ART (/>i«r*v) ouSTÏVART , né à Liège , en 1547, fit ses études à Ingolstadt, où il obtint une chaire de théologie, et fut fait curé, emploi qu'il remplit très-longtemps avec beaucoup detèle«De retour dans sa ville natale , il fut élu chanoine de Liège , et nommé ensuite viçaire-génèrdl du diocèse , dont il exerça les fonctions jusqu'à sa mort arrivée le 27 avril 1624, à l'âge de 77 ans. Il fut enterré dans Tèglise de Ste.-Walburge , autrefois couvent de religieuses et paroisse en même temps, dont il est le fondateur; on lui doit aussi l'église paroissiale en G loin, sous l'invocation de Notre Dame des lumières, qu'il fit bâtir en 1620. On a de lui :

1* Tômus singularis insignium auctorum tàm grœ* corum quàm latinorum, quos ex variis bibliothecis in lucem prodire jussit Petrus St&wartius. Ingolstadt, 1616 ,in-4^Ce recueil de dix-sept auteurs grecs et latins forme le 7^ tome des Antiquités de Canisius.

2"* Wolfgang, Hasenrietan comwfintarius de viiâ et rébus gestis S. Walpurgœ studio P. StewartU. Ingolstadt, 1616, in.4^

3** D. Mauritius Thebeœ legionis dux et signifer. Ingolsladt, 1617, in-4\

4" Manuelis Calecœ , viri doctùsvmi , contra Grœ^ comm errores libri quatuor, olim latine versi ab Ant" brosio Gamuldensi : mine ex bibliothecâ Bavariâ m Ittcem prolàti , et notis illustrati à Petro Stêwartio. Ingolsladt, 1608, in-4^

5** Apologia Pétri Stewartn Leodii pro societdte Jesu contra historiam ordinis jesuitici à Polycarpo Leysero edita/m. Cologne, 1594, in-4'*. Ingolsladt, 1595, in-4*.

6" Gùmmentarius inpriorem epistolam D. Pauliad CoWnfAio^. Ingolsladt, 1600,in-4\

7* Commentarius in utramque D, Pauli ad Thessor* lonicenses. Ingolsladt, 1609, in-4".

8* Commentarius in epistolam D. Ja^cobi. ïngols-» ladt, 1610.

9^ Commentarius in priorem D. Pauli ad Timo^ theum epistolam, Ingolsladt, 1611,in-4% .

1625. suce A ( Marie de), fille d^un jurisconsulte de ce nom, née à Liège en 1600, se distingua par son érudition, ses connaissances en mathématiques et en musique , et mourut à Tâge de vingt-cinq ans. Elle a publié quelques ouvrages. Les biographes ne nous ont point laissé d'autres détails sur celle intéressante fille.

1625. BOURGOGNE (Herman de), comte de Falaix , mort dans un âge peu avancé; il possédait diverses langues et cultivait les sciences. Remacle Mohj de Rondchamp dont il fut lami et le collaborateur , vante ses poésies latines et françaises, et son. érudition. Il a publié :

Davidici monomachi libri II, Davidisadulteri liber J^ Absalonis fratricidœ liber /. Miscellanea. Liège , Ouwerx, 1624, in-4\

BOURGOGNE (François de), fils de Baudouin baron de Falaix (baronie située sur la Méhaigne en Hesbaye , érigée en comté par larchiduc Albert en 1614). I|

s'acquit beaucoup de réputation par son habileté dans le maniement des affaires , et fut souvent eoiplojé en qualité d'ambassadeur auprès des 8ouyerai|i& i dibnt il se fit aimer par sa bonne conduite et parla beauté de son génie. Il a laissé :

V Itinerarium Phitippi IL Principlf Sùpaniarum $n Belgium , en 1555.

2"* Poêmata va^ria :janibi senarU » aurea carmina Pythagorœ , etc. Valère André dit avoir vu ces pièces manuscrites sur vélin chpz Luc .de la Tprre , jurisconsulte à Lille. »

1625. WIROTTE {Georges) , né vers le milieu de l'autre siècle dans le pays ou au moins dans le diocèse de Liège , s'établit à Cologne , où il tint une école de langue française et ctafithmétique. Il se fit recevoir bourgeois de celte ville, et y exerça aussi la fonction de hochement. Par son testament en date de l'an 1626, il laissa un capital.de mille thalers , pour entretenir de jeunes étudians , qu'on jugerait capables d'être un jour utiles à V^^^^^ et à l'état. Il est auteur d'une

{)etite grammaire française écrite en allemand , dont a 5* édition a été publiée par la veuve de Pierre de Metternich. Cologne , 1675 : Grammatica Gallica , ocier grûndlicher tpegtjpeiser zur FrantzQzischèr sprnch^ compl^ctens fundamepta universalia tjuondam Georgii Wiroti ; dein revisa per eundeili auréo calamo donatum ipagistrum linguistam , translatorem , arithmetioum » et civem coloniensein.

1625. CHOKIER-SURLET {Erasme de), né à Liège, le 25 février 1569 , d'une famille noble , qui a pris ce nom d'un château qui est à deux lieues de cette ville sur la Meuse , acquit la réputation d'iin habile jurisconsulte , et se distingua par sa probité , son attachement à la religion de ses pères , et son afi&bilitè ^ui lui 4v9ii concilié l'amdur et l'estitiie de ses oonci*

tomK». Il HK^rut iei 19 février t6â5.»IV«ii9f amitrde lui : • •, .

V De jurisdictmne erdiimni éûmnfiti^ ordinario eûpemptione. Cologne f 1620 / 2 vqI. in-4'!^ Le second volume ne parut qu'après sa, worl: par les ëioifits de son père; ce traité a été augmenté d'^untroi-i sième volume par Jeail Pbrre.Yejrhoat, wffrag^l^t de Trêves. Cologne , 1684. «1

2" Traotatuë de àdvocaiiù feudahbw, :Ck>logi)e^ 1624, in-4\

3° jl}e privUegiù nie. êemotu^j, Cet Î9uvr«^ a a pa» été publié*

, CHOKIBEl^SURLET <7mn <fc) , frère du préoédeht^ naquit à Liège le 14 janvier 1571. Il étudia le droit à l'Univecsilé de Louvain , et en nvême temps l'histoire et les antiquités sous Juste Lipse ; il prit ses degrés à Orléans , et se rendit ensuite à Rome , où il fut bien accueilli par le pape Paul Y. De retour à Liège i il eut un canonicat de la collégial^ de St^-'Paul ,.. puis un autre de Tèglise cathédrale; il fut ensuite abbé de St.-Hudelin à Yisé, vicaire-général du diocèse, vers Tan 1632 » et conseiller de Ferdinand de Bavière ^ évjêque de Liège. Il se fit estime^ par La douceur de ses mœurs et. sa charité envers les pauvres. Il mourut en 1660, et fut inhiimé dalçKs le chœur de son église ,. où ses parens lui élevèrent un mausolée magnifique.

Valère André lui attribue Tédition d un ouvrage Basez rare aujourd'hui et recherché > q^i » pour titre .• Onosandri êtrû4ègieùs stivè de tmperatoris insHtutione^ eum twiis Jominis à -Ckokier patrieit Leod, J. U. doc^ ioria. Rome, 1611 , in-4'*. Crevenna en. possédait un exemplaire dans sa. riche et précieuse bibliothèque*.

Ge savant homime s'appliqua paf tÛMidièrement . à la jurisprudence : il était très-versé dans les antiquités grecques ^ romaines et l'histoire des andens peuples.

Il attiiatt«Tec passion les belles lettres et enooiirageait avec ardeur oeux de ses compatriotes qui sy adorw naîent. Ce goût pour la littérature n'empêcha pas Jean de Chokier d^étudier à fond les Saintes Ecritures et les Pères. Pascal, dans ses Lettres provinciale», le place parmi les auteurs, i»nm^ de» Jéâuiies^ qui ont enseigné une morale relâchée. On a de lui r

X"" De tranquillitate animi. Liège ^ 1607. Cet ou* yrage qui est de Sénèque , a été enrichi de notes instructives par Jean de Chokier. Il le dédia au nonce apostolique Atilius Aitiatheos , auquel il était bien aise de témoigner sa reconnaissance. Dans son avis au lecteur , Chokier fait des vœux pour le retour de la paix et de la tranquillité dans le pap de Uége ; il nous apprend que Juste Lipse avait été son précepteur, et aVoue qu'il a profité des veilles des savans sur Sénèque , et surtout de celles de Juste Lipse.

2* Thésaurus politicorum apharism&rum in quo prmctpum censiîiariùî^um , aulicortnn institutie pro^ prié continetur , eîc^ i cUvisus in libros sex^ Auct. Jean, à Chohier^etù^Adjunguntur yusdetn notœ,seu disser^ taUones in Onosandri etrategicum ad disciplinant mi^ litarem spectantes, Rome 1610. Mayence, Jean Theob. Schonwettem, 1613) in«4°. Ce livre renferme dexcel^ tens préceptes' pour former un bon prince ; el celui d'Onosander, philosophe platonicien, ajant aussi pour but de former un bon prince relativement à la disci* pline militaire , Jean de Chokier a cru bien faire de le joindre au sien ^ il a donc fait imprimer le texte grec d^Onosander avec la traduction latine de Nicolas Rigault , en j ajoutant des notes et des dissertations pleines d'érudition. Dans son propre ouvrage , il j donne une haute idée de ses connaissances et met à contribution tous les auteurs de l'antiquité et ceux des temps plus modernes. C'est à Rome qu'il rédigea cet împqrtdQt travail , dont il avait recueilli les matériaux

araiit de se rendre dans cette capitale du monde ehré* tien : le pape Paul V en accepta la dédicace.

3*^ Thésaurus aphorisvn. politic. , seweommentarii in JiMti Lipgii poliiica. Rome, 1610. Mayenee, 1613; avec des additions. Liège, 1 642, in-foL André Heidman traduisit cet ouvrage en allemand , mais il se permit d'en retrancher plusiefnrs passages et dj en substituer d'autves de sa façon. ^Chokter s'en plaignit dans un écrit ïnïïiulè: Speeimànccmchris Meidmanm. Liège , 1625, inS\

4"* TVactatns de seneotute. Liège , 1647 , in«4^

5"* Tractatus de legato. Cologne , 1624 , in^\

6"* Ih permuki^tiombuê beneficiorum. Liège, 1632 , in-8*. Rome 1700, in-fol.

7* Scholia in preces primarias imperatoris. 1621 , in.4\

S^ De re nummarid prisd œvi , collata ad èesti^ mationem monetœ prœsentis. Liège, 1649, m-8^

9" Commentarii in glossemata Alphonsi Soto super régulas oancellariœ romanœ. Liège , 1621 , in-4° ; avec de^ additions , Liège 1658 , in">4'*.

10^ Thésaurus casuum reserpatorum.

IV Vindidœ Ubettatis eccksiasticœ. Liège, Tour^ nay , 1630 , in-4*. Il veut dans ce livre donner aux officiaux , par des raisonnemens captieux , un ressort sans bornes et sans distinction. Non content de la concurrence qu'il leur attribue avec les échevins de Liège , il ne tient pas à lui qu'il ne les érige en juges des causes féodales, et il prend Erasme de Chokier, son frère, pour garant que le tribunal des XXII était s%jget et censurahle de celui de l'officialitè. C'est dans le traité de juriddctione ordinarii in exemptos , etc. , qu'Erasme , qui d'ailleurs était un homme instruit, avance cette proposition ridicule.

12^ Fams historiarum centuriœ duœ-. Liège, 1650, in*- fol. Il dédia ce livre à Maximilien Henri de Bavière,

éyécjye de^Liégie. Le itâre est aoçolppogné diu pofftmit de lautevr qui avait alors 69 aûa, .

Ce recueil historique , .d'utie vaste éruditiou , est le résultat de cii^quante ans de lecture et d appIicatioiK Il est divisé en deux centuries , ou. parties, daâs lesquelles règne. beaucoup dé variétés. La pi^cniôre ren* ferme un détail circonstancié des inoeufs de diverses nations; elle offre des réflexioiis^pvfuaotes sur quantité d'objets qui excitent là curiosité. La n^onde traite des rites sacrés; elle n'est pas moins intéressante, et elle embrassé une mt^ltitifede d'articles qlii «ont également curieux. Ce livre., lors de sa publication, a dû être lu avec avidité , el le serait sans doute encotie , s'il était réimprimé.

. L'abbé d'Ârtigni a inséré daps ses Jf/^oere« de lUtérature et de critique ^ tom. 3, p. 369, quelques pièces sûr Catherine Carpj , fille singulière qui s'était acquise , au 17* siècle ,^ une esi^èce de réputation par une prétendue abstinence. Qn cite dans ces pièces^ le J^aâÊ^hdsforiaruni'AéiédiUÛ^ Chokier, dont on estropie le nom : on rappelle ÇhàlHerdé.Surlot.ijG n'est pas la seule fois qu'il est arrivé en France, de défigurer les noms des écrivains liégeois : toutes les biographies en fournissent des exemples. -

13*^ Discours' apologétiqtte contre le livre de Samuel Desniarais^ ministre réformé à MtwstrichL 1635«

Cet auteur , souvent confondu avec l'un de. ses neveux, '/eanj^m««f, qui n'a pas écrit, a laissé aulssi quelques ouvrages de. controvetse.

CHOKIER {Gilles de), frère des. précédens, chanoine de Liège et archidiacre de Fam^é , donna lieu en partie à' la publication d'une pietite \ farochujre care aujourd'hui, que fit.impdmeT le chapitre de Liège en 1649 , intitulée : Protes£ationes perHiustris capituli cfithechalis Leodiênsis , oian subjunctà Mis arborent

dengnationù diver^tatis nobilis prosapiœ (h Surht à familid de Chokier , ppur moptrer Ja différence qui existait entre la J^oble famille de Surlet et celle de Chokier.

A cette époque , deux factions désignées sous les noms barbares de Grignoux et de Chiroux, désolaient la ville de Liège t les premiers partisans zélés des libertés de la cité , et les autres dévoués aux intérêts de Févêque Ferdinand de Bavière. Dâiis ôes jours de trouble et de désolation , les membres du chapitre cathédral se retirèrent à Huy , avec leur évêque ; mais sept ou huit chanoines de la cathédrale y p^artisans des Grignoux , aq nombre desquels se trouvait le Grand Doyen , Gilles de Bocholt, et plusieurs membres des différentes judica tuf es du pays, restèrent à Liège, malgré les ordres réitérés de Ferdinand de Bavière. Ces chanoines , en Tabsence de Jean Tabollet , nom-^ mèfent pour officiai , Gilles dé Chokier , et prirent sa défense. Sa famille fit circuler la même année , en 1649, un imprimé iti-4" de 20 pages , sous ce titre : Briefoe démonstration de T identité de la noble et ftn' denne famille de Surlet et de Chokier,

CHOKIER (Jean Frédéric de) , oncle des précédens , docteur en théologie , chancelier de Liège , et- préfet du collège de Wàlcour , était un homme très-instruit. 11 ayait composé un grand nombre d'ouvrages , dont le seul imprimé est un recueil de prières : lEnchyridiuni prœcationum. Liège, T636, in-12. Il mourut en 1635, lorsqu'il était occupé , à une édition du Bréviaire de Liège , imprimé Tannée suivante à Liège , in-16.

SÛRLET-CHOKIER (Jean Emesi baron de), S[% d'&a$me de Chokier , chanoine de Liège , archidiacre d'Ardepne, abbé de Visé et grand- vicaire du diocèse sous le règne de Maximilien Hemvi dp Bavière , nxort vens Van 1683. Sa piété et sa munificence lui acquirent

1 estime et la reconnaissance de ses concitoyens. C'est à lui qa'cM) est redevable , à Liège , de la Maison des Incurables et de celle des Filles Repenties. On voyait son épitaphe dansle vieux chowirde Téglise cathédrale.

SURLET-CHOKIER (J?m*mé de), frère du précédent y chanoine de Liège y fondateur du CQuyeot et de l'église des Minimes en cette ville.

SIJRLET-ÇHOKIER (Gilks François cfe>, frère du précédent, cbanoinc de l'église de Liège et archidiacre d'Ardenne , fondateur du cloître et de Fèglise des Capucins, au faubourg Ste .-Marguerite , à Liège.

SCRLET-CHOKIER (Jacques Ignace de), frère des précédons; il les surpassa en libéralités et en fondations

?' ieuses« Il fit bâtir à Liège l'hôpital général de St.* oseph , et fut le bienfaiteur des en fans Orphelins , et de la maison de Ste.-Barbe qu'il fit bâtir à ses frais , et entretenir par seslibéralités.Sa charité pour les pauvres de la cité le firent singulièrement regretter après sa mort. Il se maria , et ne laissa pour toute postérité qu'une fille Catherine Agnès baronne de Surlet, qui épousa Erasme Charles Antoine , comte de Liedekerke.

1627. LYMBOROK. (Albert van), théologien , poète , jurisconsulte et l'un des plus beaux, esprits de son temps, naquit à Liège en 1561. Après avoir achevé ses premières études ,. il embrassa l'état ecclésiastique et s'appliqua principalement à la jurisprudence qu'il étudia dans l'Université d'Ingolstadt , oii il reçut le bonnet de docteur en droit civil et canonique. De retour dans sa patrie , il obtint , vers l'an 1595 , un canonicat de la collégiale de St.-^Paul dont il fut nommé chantre, A la mort de Thomas Farnàse, neveu du pape Paul III, il fut élu en 1602, pour le remplacer en qualité de doyen de cette église, l^vétu de cette dignité , il engagea le pape Clément VIII , à faire

au chapitre de cette collégiale ^ une partie 'deâ biens qui aYaient appartenu aux Frères de St.- Jérôme » ou tolères de la vie commune. Peu de temps après , sans doute aussi à sa sollicitatioa, ces biens furent augmentés par un nommé Antoine. Nuelens.Yan Ljmborck donna tous ses soins à faire honorer davantage le culte du St.-Sacrement , et fonda à cet effet un salut dans son église. Cette dévotion , si commune aujourd'hui , est moderne, et ne date que de deux siècles. On ne souffrait pas auparavant que le St.-Sacrement demeurât exposé en évidence sur lautel , ni ailleurs. Il serait à souhaiter dans Uen des endroits, que les fondations de saluts fussent changées , ou au moins accompagnées de catéchismes ou de sermons.

Outre sa charge de dojen , il. exerça celle de protonotaire apostolique. Il fit neuf fois le vojage de IVome (chose assez rare pour ce temps-là) , pour j aller visiter le tombeau des apôtres St. Pierre et St. Paul.

Yan Lymborck était un homme d'une taille fort avantageuse , ami des Muses et de la poésie ; il avait une grande habileté dans la conduite des affaires. Il a publié :

Fundatio collegii S. Pauli Leodiensù , cum dèca^ fèorum illiUg compendiosâ successione. Augustes ËtRi-^ rooum , Joannes Ouwerx , 1622 , in^4** , p. 23 , en vers hexamètres. Cet opuscule commence ainsi :

Romulidum dùm sceptra tenet, quijiomine primus Otho , saxonico prœcelsus sanguine , Cœsar : Bîssextus , Pétri residens in sede , Joannes Claudebat nuta , et claasuin reserabat Olympnm : Csesaris Othonis germanas , sanguine saxo , Metropolis BrunOs moderamen habebat Agrippâe : Illustri comitis Baldricus origine natus. Montensis^ princeps^ simùl ense pedoqne Insignis y sacra Leodinos lege regebat : Tùm Bonaae ad Rhenum fulgebat Ëraclius • '

L' église collégiale dé St-Pâal , éujotird-Hni la oathé* drale , fut fondée en 968 par Ëraclius , évèque dé Liège i lequel auparavant avait fondé celle de St.* Martin , où il fiit enterré. On doit an même pfélât l'érection des paroisses de Ste.^Madeleihe , de !^.-Séf- Terinet de Ste.-Margoerîte, ainsi qae les commeneemens de labbayè de St.«Laui^ent. L'église de St.-Paul fut bâtie ail milieu de Tt/e de Liège , dans lendroit où était nne chapelle dédiée à St.-Geiltxte , pape et mar^ tjre. Ëraclius j établit vihgl chsinoines ; Notger, son successeur, j en ajouta dix / après le sac du château de Chèvreraohti ou se trouTaient deux chapitrés , l'un dédié h St^Capraïae et l'autre à' Notre-Dame ; il réunit le premier à N. D. d'Aix4a«-Chapelle, et le second à St.-Pfeittl de Liège. Quelques auteurs rapportent qu'une comtesse de Hougarde , nommée Alpaïde, augmenta considérablement les biens de cette collé<» giale y dont les premiers chadïoînés firent les fonctions de cultes à la campagne , pendant près d'un siècle. Ilest à reinarquèr qu'on n'a jamais enterré personne 4Jans cette église.:

1628. MONTGAILLARD t^rni^i/ de Percin de). fameux ligueur,. connu sous le nom de PeHt^Feuillant^ était né en 1563^ , ^û château de Mon tgaillard en Gascogne , d'une noble et aiiciemie famille. Ayant achevé ses études d'une manière brillante , il entra en 1579, dans l'ordre de^ /^et/»7/anf, nouvellement fondé, et s appliqua au ministère de. la prédication avec un tel succès. ^ que le roi Hçnri III témoigna le désir de lentendre. II. parut dans led principales chaires de Paris, et y soutint sa tèputation. Son extérieur mortifié dôûnaït du poids' à ses paroles , et ce qu'on racontait de 1 austérité de sa vie , contribuait à attirer la foule à ses sermoqs. .

D. Bernard embrassa le parti de la Ligue , et se

signala dttps lé nombre iïes pt<6dic£ileurs fanatiques qui soulevèrent lés Partsieds contre l'autorité légitime. Quelques jours aprèd le meurtre du duc de Guide , il inséra dans son sermon une apostrophé à ce prince , puis se retournant vers madsimé de Nemours , placée au bas de la chaire , il s'écria : « 0 saint et glorieiut » martyr de Dieu , béni est le ventre qui ta porté | • et les mamelles qui t'ont alaité ! 9

On le vit dit'K)n courir dans les rues , une hache dWmes à'ia main, daiis un accoutrement ridicule, décrit ^eut-»être a^ec exagération , par les spirituels auteun delà Satire M'énippée. Mais il est plus douteux encore que D.^ Bernai'd soit entré dans un complot contre la vie de Henri IV. Cayet est le seul écrivain qui lui ait fait ce réproche ; et son témoignage est loin d'être suffisant , danè une abcusatibn aussi grave; il parait ; au contraire , que D. Bernard se repentit sineèrenient dWaii: prêté à la Ligue l'appui de son ndm et de ses talènà.

Après la réduction de Piaris, il s'était réfugié à Rome , où' U pape Clément YIII l'accueillit et le fit passer dans Tordre de Citeaûx , en lui ordonnant de se retirèa* en flandre ; ce religieux se rendit à Anvers , où il prêcha jpendant six ans avec beaucoup de fruit. L'archiduc Albert l'appela depuis à la eour de Bruxelles , le nomihà son prédicateur , et lui o£&it successivement deux évè(^és : D. Bernard leà refusa par humilité; il n'accepta les abbayes de Nivelhs et d'Orval , alors diocèse de Liège , que pour y introduire la réfimnb la plus austère.

Il jouit quelques années du succès de ses pieux efforts , et mourut d'une hydropistc, dans son abbaye d'OrvâlleS juin 1628, Sa douceur, la patience avec laquelle il eoutmt les calomnies dont oh cherchait à noircir sa vie sont au-dessus de tous les éloges.

D. Bernard brûla tous ses écrits dans sa dernière

maladie ; mais il reâle de lui : VOraUiw funèbre A t archiduc Albert. BruMUes , 1622 ( et la Réponge à une lettre que lui avait écrite Henri de Valois » en laquelle il lui remontre chrétiennement et charikbbhment ses fatdes^ et l'exhorte à la pénitence^ lôfiO » in^"*» Cette réponse est des plus yiolentes ; il j menace le roi de l'abandon de Dieu, de ses sujets, et des peines de l'enfer. André Valladier a publié le panégyrique de D. Ber^ nard , sous ce titre : Les saintes montagnes et collines d'Orval et de Clairvaua; ^ vive représentation de là vie exemplaire et du religieux trépans de, eXc. Luxem^ bourg , 1629 , in-4° , son portrait a été gravé par Bolswort , 10-4'* > et par Corn. Galle, in-8".

1628. STRECHËIS ou STRECHEUS {Etienne) , mi^ ^naire de la ville de Liège. Après y avoir achevé ses humanités , il alla étudier la philosophie et la théologie.à Louvain, où il fit sa licence. Deietour dans sa patrie , il fut pourvu de la cure de Sl»*-Micbel , et ensuite d'un oanonicat de la collégiale de St.*Pierre. Il fut chargé en 1610 d'enseigner la théologie au séminaire épiscopaL .

Le prince-évêque de Liège, Ferdinand de Bavière , layaot choisi , du vivant même d'André Slrèignart , pour exercer les fonctions de son auffragant , sous le titre A'évéqw de Dionys^ie, il reçut la consécration épiscopale le premier dimanche de carême de l'an 1615 , à Cologne , des mains du nonce apostolique résidant en cette ville»

L'historien Fisen nous apprend que oé prélat coqsacrait à la prière et à la 4fnéditation , tous les instans que lui :laissaient.seis!occupationfi. Pour y- vaquer plus librement , il se retirait à Embour , depuis qu'il était devenu prévôt de St.-Jean TEvangéliste , dignité qu'il posséda avec une prébende de la cathédrale , mais dont il employa les revenus à soulager les pauvres et

à dater des filles pei| aisées. Il moufut le 6 murs 1028, âgé de 48 ans» à la suite d'une fièvre maligne. Il fut inbumè dans l'église des Ursulines , h Liège , rue Uors-Clhâteau. Cette église dont il ^tait le fondateur, est aujourd'hui convertie en temple de la religion réformée.

1628, ÇURTIUS [Jem (U).nhk Liège, l'un de^

hoipjpes le3 ylm riçhçs de §QP tempç, ïl passa au *eryiçQ du roi d'Espagiie > et acquit d'immenges ricbçsscfs en sa qualité de ç(mmissair&-yméfal de Philippe IL Il fit Mtîr à tiégç lat in^gnifique inaisQU qui pprl^it SQi^ ^om^ I^ belle ms(i$ori de F(iti^sou3 ChèvreiBont^ les châteaux d'Qupçye çt ^e Grcmd Aaz^ leç moulin^ dits de Curtitis située en Graivioulle , et û seigqeufiQ de Vivegnis. Jçan de Curtius mourut k Lççaues en Espagne ; il fut enterré avec son épouse dans l'église des Capucins de Liège dout il est. le foudateuF* Sa famille devint Vune des plus puissantes du pays Ad jLiége.Nous lisoqs ce pai^açedans. lo^t^ettre» hnloriqi^s de Madame du Noyer , tom. 3 , p. 10 , qui confirmi? cette as^sertion : tCette famille, dit-roUe , a été si ppu- > lente , que quand on voulait autrefois exajgéTçi: 1^ » richesse de quelqu^uu > on dirait 9 riche comm^ ui} » Çurcieuiv cfe Lié^e » , Jl paraît que c'est le nom sou? lequelvQQ désignait vulgairement la famille des d^ Corte , dont le baron d© Walef , poète distingué , Knort QU 1734, était le dernier rejetou*

CURTICS {ffenri de) , petît-fils du précédent , fut bourgmestre de la ville dç Liègç , et mourut en 1074,

1629. CRUESEN (Nicolas) , né d Maestrioht vers

l'an 1570 ; il était oncle d^ André Cruesen , qui fut archevêque de Malines. Il fit ses humanités à Maestricht, entra ensuite chez les Augustin^ de la même ville , et y fit sa profession. Sçs supérieurs, après lui avoir donné

là charge de sôus-prieur à Cologne , puis celle de préfet des basses-classes à Anvers , renvoyèrent en Italie ; il sy arrêta quelque temps , et n en revint qu'après avoir reçu le bonnet de docteur dans l'Universîté de Paviez

En 1602 , il fut nomraë visiteur apostolique des chanoines réguliers de l'ordre de Prémontré dans la province de Flandre. Dii ans après , il présida par ordre du pape au chapitre des chanoines réguliers de Tongres. La même année , en 1612 , il passa en Allemagne , muni de la même autorité , et il exécuta plusieurs commissions chez les électeurs catholiques , et divers autres princes de l'empire. Il assista même à la diète de Francfort , et visita , toujours au nom du St.-Siége , quantité de monastères de l'ordre de Prémontré , auxquels il rendit cet honorable témoignage \jfy ai bien plus trouvé à imitet quà corriger.

LeP.Cruesen fut successivement prieur des couvens de Bruxelles , d'Anvers et de Maestrichl. Il fit élever en 1616 , le principal des bâtimens qui composaient le collège, du couvent de Bruxelles.

Le P. Nicolas di San-Angelo, général des Augustins, l'envoya de nouveau en Allemagne, en 1619, revêtu du titre de son vicaire-général , pour réformer les couvens de Bavière. L'année suivante , il assista au chapitre général qui se tint à Kome , en qualité de définiteur de la province de Cologne.

En 1623 , de retour en Allemagne, il fut nommé commissaire ou visiteur-général des maisons de son ordre en Bohême , en Autriche , en Carinthie et en Styrie ; il s'acquitta de ce laborieux emploi à la satisfaction de son général , et gagna les bonnes grâces de Tempereur Ferdinand II ^ qui l'honora des titres de son historiographe et de son conseiller ecclésiastique. Il (ut élu erl 1624 , provincial de Bohême.

Usé de travaux , il mourut après neuf jours de

maladie , le 10 novembre de rannéè 1629. Ce Père avait une éloquence naturelle, une taille avantageuse, un air majestueux et un grand talent pour lé manie<> ment des affaires. On a de lui :

1" Monasticon Augustinianufn , in quo omnium or^ dinum, sub régula S. Augustini milïtanti prœcipuè iamen eremitarum , canonicorum regularium PrcP' monstratensium, Dominicanorum,, servorumB.Mariœ, Hieronymianorum , Ambrosianorum>, Crucigerorum , Guillelmitarum , Trinitariorumy Brigittinorunt, alio" rumque ferè L. , origines atquê incrementa tribus partibus ea^plicantur.Monachiiy 3oau. Hertfroy, 1623, in-fol. 9 p. 362 , sans les préliminaires et les tables ; avep quelques figures en taille-douce. Cet ouvrage , dédié par Nicolas Cruesen à l'empereur Ferdinand II, est divisé en trois parties. Dans la première , lauteur se propose de montrer que St. Augustin a été moine , même avant son baptême, et qu'il a eu des compagnons moines avant de quitter l'Italie : qu'il a établi près de Tagaste et à Hippone , deux monastères d'ermites : que St. Hilaire , St. Profuturus , Paul Orose , les deux Leporius , Paulin , etc. , ont été de ces ermites : que St. Augustin a été encore moine pendant son épiscopat : qu'il est probable que ce fut alors qu'il institua , ou plutôt qu'il rétablit les chanoines réguliers , sans pouvoir l'affirmer cependant : que ce «aint ne fut * pourtaiit pas de leur ordre ; que s'il en pratiqua les statuts, ce fut volontairement , mais qu'il garda toujours l'habit d'ermite.

La 2* partie traite de la propagation des ermites de St.-Augustin , après la mort de ce saint , et de l'origine des communautés qui ont adopté sa règle. Il soutient, chapitre 13", que les Universités de Paris et de Pavie ont été instituées par des ermdtes Augustins vers Tan 700 et que St, François d'Assise a été de leur ordre, et qu'il a vécu sous l'obédience du B. Jean," le-Bon , etc.

La 3* partie ^est une chronique àes Augustins depuis la r^uaipTl d^s différenties epugrèga^ions iians lesquelles ils sëtaiept parMg^i ce^t*ili<^4ire, depuis laa 1254 jusqu'en 1623.

2'' ConsUtuiiones ordims Eremitart^m S. P. Augus^ Uni, cum notis. Monachii, 162Q.

n avait aussi ébaiiohfè un ouvrage sur XhUtoire âlA^trichs^ que la mort 1 empêcha d*açhever«

* 1630. pUMONT DE ROCHEFORT {Antoine) , bourgeois de Liège, est l'auteur d'une chronique de la noble cité de Liège, commençant à la destruction de Troie jusqu'en 1630 , iq-fol. manuscrit ; voir le supplén^ent du catalogue de la bibliothèque des ducs de Bourgogne.

1631. BEECK.MAN (Guiflmume) ^ seigneur de Vieaxr Sart, personnage d'un^ haute projeté et d'an gran4 savoir, fimi sincère des libertés de sa patrie. Ayant acquis lestiine (st H epr^ftaqçe d^Emest de Bavière ; il fut chargé , duraqt Les dernières années du règne de ce prince f de diffi&rfsntes missipi|s en AUe|T|agne, près des états-^néraux et à la cour de ^enri lY , et ioaUs§ lui acquirent des droits à la reconnaissance nalionale» Elu bourgmestre de Liège dès 1608, i) {qf depuis appelé cinq fpis à remplir ces importantes fonctions^

L'un des pr<emierS| Beeckman devina les proj.ets libertiçides de F,erdinand de Qavièfe noiiivellement élu évèque de Liège , et dès lors il s'éleva , entre pes deux hommies , u^e lutte qui ne devait fioiir qu^ par la n|0F| de l'un ou de l'autre.

Ferdinand pe ta«da guère à démasquer ses vpes ambitieuses et despotiques. L'iinpâ^ sur les fj^nètreSi ma.is surtput ^abolition inconstitutionnelle du régler ment élf^ctoral de 1603, qui contait direpte^ieat l'éleo tion magistrale aux XXÎII métiers, furept las triste^ pEéQurspurs des npmhreux orages qui sîgpalèrent le règQ€: faible et tjraqnique de ce prince. Le mécppten*

tement devint gènét^l et une puissante opposiliou s'organisa. Êeeckmati derint le chef du parti populaire» él résista âvee une noble éhergie à toutes les teritatives de dorruption , aîilsi qu'aut menaces des conseillers de Ferdinafid; <^ltë ôonduite te tendit l'idole du peuple^ L'é^éque voulut justifiei* les mesures qu'il veinait de prendre. Datis un long manifeste dirigé èofitre les bolirgâÊiestrés et adressé à la chttmbre htlpêriale de Spire 9 il se plaignit amëremenl de la résistance du conseil et de ses nombreux empièténfféns sur rautorité du prince. Des murmures violens éclatèrent de toutes parts à la publîcatioii de cette pièee célèbre , qui re-panil plus tard sous le nom des cifèqfédnte^huii artMes. Malgré les rescrits obtenus de Vempereur Melthias et les recès de la chambre impériale , les bourgitiestres lie tîni'eiil âuouti compte de ces ordres qui froissaient st évidemment les anciens privilèges de la cité , et Ton (ioiitiAtia de procéder à l'élection des magistrats selon les fbrmed populaii'es de 1603.

Après quinze années d'attente , la chailA^i^ impériale prit enfin uiie décision touchant les affaires du pays de Liège; elle était favorable au prince» et celui-ci s empressa de la faire signifier aux magistrats de la cité. Cette triste nouvelle fut bientôt côtinue de tous ; les métiers s'étant assemblés, décidèrent qu'il serait formé opposition au rescrit de la chambre impériale et cfu'une députation se rendrait près de l'empereur à Vienne ; )e bourgmesti^ Bëusin et l'avocat Prié furent choisis pour remplir cette missiotl. D'un autre côté , les partisans du prinée , sôus prétexte de s'opposer â^ut incursions des soldats étrangers , mandèrent quelques corps de troupes allemandes qui, pendant sept mois, se livrèrent à d'affi'eux brigandages, et ne quittèrent le paysqu'aprètis'éftre fait payer des sommes considérables.

Les députés de la cité s'acquittèrent avec tant d'activité de leur commission, que le conseil aulique,

malgré les houleuses menées de Zom, secrétaire et cooseiller de Ferdinand , rendit un décret favorable à la cité ; mais les ministres de Tévéque et les gens de son conseil privé en détournèrent le sens par de perfides interprétations, et prétendirent s; voir autorisés à agir militairement contre la cité. L'empereur, en réponse aux plaintes qui lui étaient adressées à ce sujets déclara alors qu'il défendait toute exécution à main armée : c Apprenant, dit-il, que le pajrs de Liège est

• travaillé et rongé par les fréquentes vexations et les » ravages des soldats étrangers qui arrachent les en- »trailles et la substance des pauvres ; que lesdits soldats 1 tiennent les voies publiques assiégées, empêchent le 1 commerce, tuent, pillent et traitent fort mal nos surjets , et voulant porter remède à toutes ces misères ^ »nous déclarons prendre ce pajs sous notre sauve- •garde.»

L'époque de la rénovation magistrale étant arrivée (le jour de St.-Jacques 1629), Ferdinand insista de nouveau pour qu'elle fût faite selon le règlement de 1613. Le peuple désignait unanimement Beeckman ^ dont le patriotisme et les talens avaient conquis tous les coaurs; mais la cour avait juré de l'écarter; il le fut en effet, et Ton voulut proclamer Ercbsme de Chokier et Michel de Sély». Mais les bourgeois qui attendaient en armes sur la place du marché , \à résultat du scrutin, se récrièrent contre cette élection forcée et illégale , et refusèrent de reconnaître les prétendus élus : c On a •enfermé ceux des XXXU qui votaient pour le peuple, »s'écrie-t-on de toutes parts, et vous les avez remplacés

• par d'autres personnes dévouées au prince» Beeck-

roan , Beeckman , nommez Beeckman ! est le cri général. De Tune des fenêtres de l'hôtel-de-ville , un raayeur tire imprudemment un coup de mousqueton sur la foule assemblée!.. Alors le tumulte est à son comble ; les bourgeois se précipitent vers la Violette.^ j

refoulent la garde aux cris de Beoekraan !.. Beeokman !.. Les courtisans pâlissent : ils craignent que le peuple ne ven^ par le carnage et le pillage tant d outrages dont on l'a depuis longtemps accablé. Le grand doyen de la cathédrale parait au balcon de Thôtel-de-ville : «Bourgeois, nous choisirons les bourgmestres à votre » volonté, s'écrie- t-îl , qui voulei-vous ? » Beeckman et Sani ! lui répondit-on. L'élection est déclarée nulle ; on proclame aussitôt au perron Sani et Beeckman.

L'élection de ce dernier dans de pareilles circonstances irrita Ferdinand , et il paraîtrait que ce prince , à l'instigation de son perfide conseiller , Zorn , ne recula pas devant l'idée d un crime , et que Beeckman fut empoisonné , mais d'un poison lent et qui ne devait pas laisser soupçonner h fait...

L'historien FouUon rapporte que l'on remit peu de temps après à ce bourgmestre , une lettre de Ferdinand adn^ssée par lui à l'un de ses agens , le Baron de HolUnphoven, bâtard d'Ernest de Bavière. Cette lettre dévoile les vues scélérates du prince et de sa cour , et ne respire que vengeance. // enverra, dit-il^ des troupes allemandes ; il en demandera à l'Infante des Pays-Bas et au gouverneur de Maastricht. Il n^attend rien de ses conseillers, on les a intimidés. Il leur ordonne de se rendre à Huy , etc. etc. Il faut exiger des contributions pour les frais de ce quil médite. Il veut qu'on interpelle d'abord la cité pour qu'elle renonce à ses magistrats : qu'on arrête Beeckman, que le supplice Ven délivre : qu'on n'apporte aucun obstacle à ses échevins,

ils en auront soin, cest leur affaire

Beeckman, bien éloigné des sentimens forcenés contenus dans cette lettre , employa son crédit et son influence pour amener le peuple à des idées de modération , lui faire oublier le passé et tous les projets de vengeance , publiant quil faut maintenir révéque dans ses droits et prérogatives, mais conserver à la cité ses anciens privilèges et libertés.

En 1630 , oïl pubKa U Muée^^nh êpécink par quelle lempereur prenaillesLiégeoissoussapretection, accordée depuis un au , mais gardée par 1 ancien bourgmestre Rausin. Les démêlés subsistant toujours entre Vévèque et la cité Ciu sujet de la forme des élections, il Tint à Liège cette année un bouveau commissaire impérial y qui* SUr les inistancés de BeeckiuÂn , prit lo* geiùent chet lui. Soutenu dU crédit de cet intrépide tnagistrat , Fenrojé dt l'empereur , de concert avec le légat du Sàint-Siégè , pat'vint à tontenter le peiiple , tout en modifiant Tédit de 1613 ; maii Beeckman ajant été élu de noureau bourgmestre d après cette nouvelle forme d'élection ^ ses etinemié^ fUriëux de oette nlysti* fication » suscitèrent de Nouveaux troubles uniquement pour satisfaire leur aveuglas haine*

Beeckman étant mort sur ces entrefaites^ le 31 janvier 1631 , il parut le jour même aux .colonnes du Palsds^ un mandement deâ commissaires impériaux, ordonnant de révoquer les deux életâtions magistrales précédentes » et d'en former une exactement confômie au règlement dé 1613^ Â peine ce mandement était-il affiché que les prétendus commissaires impériaux s'enfuirent ae Liège, avant que le petlplé en eut connaissanee y et se retirèrent à Visé près de l'évêque Ferdinand ; cet événement jeta de grande soupçons sur là mort du bourgmestre , et prouve qu'on attendait sa mort.

Les chroniques du temps et les pamphlétaires parlent tous d'empoisonnement. Jean DmniHiqusde là Chaussée s'exprime ainsi dans son Apologie de M^ Bartkélèmi iiolans dit BarteL Liège, 1649, in-4° % cyoutl'avez'vu, » Liégeois , vous l'avez Vu Ce grand personnage à demi- » mort entre les vivans , sans vie et sans sentiment de- >puis les pieds jusques au milieu du corps, que le i^poisoH allait sourdement consumant ! rappelez-rôus » combien de fois vous ave2 porté entre vos bras cette » pauvre i^rcasse , où il semblât que l'âme désitoit s'é-

» temiaéi* pour bienheurer Félat de Ion Influetiee* Sa

> glatu6 drèteéie en plein marché i tenant datis 6es main^

> les trôntenleux bons métiers ^ Vote parle Un lëngogë

> muet y et publie à tous les bièelés qu'il semble vous

> avoir tous portés dans ses entrailles comme une mère » charitable. »

On grava ton portrait ^vee ces vers i

Soaf)irë8, ô bourgeois, grands et petits, fièeckdian est tréspàssé, qui esloit vdtré iappuy.

La statué dé bronze que ses concilôyens lui avaient érigée au milieu de la place du Grand-Marché, Tanfiée itiême de sa tnort, fut misérablement brisée par les seïdes de Tévêque de Liège, Maxirâilien Henri de Bavière, le 6 septembre 1649.

1632. CASïKO(Lmiêà) ou DU CHATEAU, naquit à Liège , vers le milieu dé Vautre siècle^ Il entra de lx>nne heure dans Tordre des religieux conventuels de Su-François. Né avec les dispositions les plus heureuses, il les cultiva avec soin , et ne les fit servir qu'à sa propre sanctification et à celle du prochain. Convaincu que la piété qui n'est pas accompagnée de la science ^ rend souvent infructueux le zèle d'un Alini)stre de 1 évangile, il ne voulut en exercer les fonctions, qu'après avoir acquis une .parfaite connaissance de toutes les iHîiences propres à son ministère , et prit le bonne! de docteur en^théologie.

Affligé des progrès de la réforme , il se proposa de Tattaquer; et pour le faire avec succès, il eiïiprunta de la controverse , les armes qu'il devait eiiiplo/er pour la combattre^ La conversion dâ péc^heur ûe fut pas pour son zèle un objet moins hiténessant que celle de l'hérétique» Il puisa dans l'étude des Saintes-Eéritures et des Pères de l'église « ces traits frappans , oes knagea toudïantes qpii faisaient sur le ccdur et sur l'espiît de

ses auditeurs les plus vives impressions. Ses prédications étaient très-fréquentées à Liège. L'insensibilité du pécheur le plus obstiné dans le crime , ne pouvait tenir contre la force et les charmes tout-puissans de son éloquence.

Louis à Castro mourut à Liège en 1632 ^ après avoir rempli les plus hautes dignités de son ordre , et avoir visité en qualité de commissaire , la Savoie , le Dauphiné , la Bourgogne , le Vivaraîs ^ et les provinces voisines. C'était un homme érudît, éloquent , et d'un zèle infatigable à combattre les nouvelles idées religieuses. Il a publié :

1** La religion prétendue des Provinces belgiiques unies, désunies. Liège, Ouwerx, 1619, in-S"*.

2"* Le château du moine , ou république de L. du Château contre la prétendue réfutation de son livre de la religion prétendue des Provinces belgiques unies.. Liège , Ouwerx, 1622 , in.8\

3® Examfwn et réfutation du synode de Dordreckt.

4"* Le camp monastique . ou t apologie opposée à la Tour de Babel de Daniel Hochede , calviniste.

5* De {institution des Monts-de-Piété dans le pays de Liège.

6* Défense du Mont-de-Piété de Liège.

1632. COPPÉE {Denis), né à Huy vers 1580. Nous ne connaissons rien de sa vie; nous savons seulement qu'il mourut en 1632, percé de coups d'épée et de mousquet au milieu d'une campagne ; c'est ce que Pierre de Bello, poète dramatique, né à Binant, vers la fin du 16*" siècle, nous apprend dans une de ses tragédies intitulée : Vie et martyre de St. Eustaehe, Liège , 1632 , in-1 2. Coppée s'adonna à la poésie française ; il a composé quelques tragédies qui eurent dans leur temps , un très-grand succès. Quelques-unes de ses pièces ont été imprimées à Rouen , chez Raphaël

du Petit* Val; elles sont toutes fort rares. G)rnetne sans doute les a connues , car nous avons remarqué beaucoup de vers, qu'il na pas craint d'imiter de notre auteur» On connait de lui :

V La très^saincte et admirable vie de madame Saincie-Aldegande, patronede Maubeuge. Tnzgecom^édie (sic) par Denis Coppée , natif de Huy , pays de Liège,. A Rouen, Haphaël du Petit- Val, 1622, m-8% plus 2 /l qui contiennent des chansons et des prières à Sainte Aldegonde.

2*" Chansons spirituelles composées par Denis Coppée» Rouen, Raphaël du Petit-Val, 1622, in-8% Coppée a soin d'indiquer les airs de ses chansons.

S"* Les Muses françaises avec les occupations de chacune d'icelles , par Denis Coppée. Rouen , Raphaël du Petit- Val, 1623; 8 feuillets contenant : autres .divers petits poèmes, par le dit Coppée.

4'' Lewécrable assassinat perpétré par les Janissaires en la personne du Sultan Osman, empereur de Constantinople, avec la mort de ses plus illustres favoris. Tragédie par Denis Copée, ffuitois. Rouen, Raphaël du Petit- Val , 1623. Voici ce que dit Denis Coppée lui-même dans la dédicace de sa pièce , page 5 :

c Gest une tragédie toute tragique : ceux qui la liront, li auront à remercier Dieu de ce que la piété chrétienne » nous éloigne autant de telles cruautés turquesques ,etc.

> L'on ne verra en cette pièce {outre la cruelle mort

> d Osman, empereur de Constantinople), qu assassinats » et corps emmoncelez les uns sur les autres. »

5** Pourtrait de fidélité en Marcus Curtius , che^ valier romain. Tragédie par Denis Coppée, Huitois. Rouen , Raphaël du Petit- Val , 1624 , in-8' de 55 pag.

6"* Tragédie de Sainct Lambert, patron de Liège ^ dédiée à son Altesse Sérénissime, par Denis Coppée, Huitois. Liège, Léonard. Streel, 1624, in-S*". Cette pièce est sans doute celle que Paquot a désignée sous

ce titre : Is cruel martyre de Sainùt Lumbert, ptHrùn de la 'aille de LUge^

7^ La êanglanU et pitoyahh tro/gédiè de nuire Éau^ veur et rédempteur JéjfUs^ùhrist. Poème ihélangê de dévotes méditations, figures, complaintes de la glo-rieuse Vierge, de la MagxklêtM et de SaiMt Pierre, avec quinze sonnets en mémoire des quinze effusions dé notre Saiêveur; fmr Denis Coppée, bourgeois de Buy. Liège, Streel, 1624, in^^

Cette tragédie, qui est fort longue , n'est pÊS divisée pftr actes, parce que, dit Coppée dans uti ans au lecteur, elle est de hhgue haleine, et qUe le Sauveuir de nos âm£s fut iôurmenU sans relnsche depuis sà prise àu jardin fusqueh tarbre de là croit. Les ûcteurs , âjoote-tMl, pourront la représenter en une, deux ou PtoiÉJottrnées,

8"* Chant triomphal de la victoire àjamaiè rhémo^ table de Statlo. Liège, L. Streel, 1624, in-8^

9*" La scMiglante bataillé tf entre les Impéf^ust et Bohèmes , donhéè àupdrc de l'Estoille , là reddition de Prague, et ensemble l'àriginé du trouble de Bohéhte. Tragédie par D. €oppée, Ifuitoisi Liège ^ Streel , itt-4", avec bref répertoire êert^ant en lieu d'argumeM à la tragédie. Cette pièce contient quelques vers passables.

lO* Pallas en duel, dit plainte funèbre sur la mort de tris'-grandè et trèè'puièMnte dame Meèdame ta cofn^ tesse de Roche fort, etè.i fjomtesse née de la Marche : par Denis Coppée , JBuitois. A Liège , de rimp. de Jean Tournay , 1626, in-4*i

11' Mirach denostre dame de Cambron^ arrivé en Vtm 1326, le 8 d! avril, représenté en la présente action, fàiote par D. C. (Denis Coppée) , à t honneur de la glorieusemÂre de Dieu. Namur , JeanMilst, 1647 , in-12, en cinq actes fort courts. Cette pièce a été publiée après kl mort de lauteor par le P, Pigûewart , religièut de Fabba;fe de Botiilefire ^ûi â'ètail adonné à U piiésie latine.

Và>* La vie de Ste. Justine et ds St. Cyprim; trat gédie. y^gQt Jqan ÇKiwerx, 1Q3I * io-l^f

Tous ces ouvrages de Denis Coppée sont remplif d'acrosticl^es « d atiagraminesi , de ehroDograpbe^ e| de toutes les difiScultés vétilleuses alors en yog^e.

1632. mSRKENfVOYE ( Guillaume), naquit à Sa|nt- Trond, en 1560. Il prit l'habit de chanoine régulier à Ton grès, où il fut ensuite élu prieur* Quelques années après, il fut nommé visiteur ou commissaire , et prieurgénéral dq chapitre de son ordre t^nu à Windesbeim. Il fit deui: voyages en AUemagpQ , et parvînt h recouvrer par Vautofil^ de lempereiir Ferdinand II, ^^ maisons 4e rprdrç , usurpées p^r }as hérétiques,

Perstiadé que rijen p'fB^t pl^p funesjte w% reUgieiîi^, que rignorance çt Voisiveté« il résolut pour ocçupef les âens , d'établir dan^ Je mppa^tiàre de son ordre ^ Ton grès, un collège d'humanités qui subsista jusqu'à I9 £n du |8' sièc}e< Pp plus, il mit tous ses soins à f|iir§ observer religieusement la règle. Son exemple j çqiv; tribua encore plus que ses paroles; car, Herk^nrOjA était un religieux d'une haute piété , d'une doiil^ni^ admirable , et d'une tendresse envei^ les pauvre» f qu il porta jusqu'à se dépouiller quelquefois de ses habits pour l|ss couvrir^ Ce qui lui restait de loisif , après ey<>îr satisfais ^ ses deyoirs de religieux et do supérieur , il l'employait à la lepture , à la composition, ou ^ la prière , ne se perinetlant jamais un instant de désq^yreipent.

Parvenu à l'âge de 72 ans, il mourut en priant an milieu de ses cçmfrères, le !Î3 mars 163?. On crqit que la e^use c)a sa moit, fut la noq?elle qu'il venait cto rfspevoir de^ ravages qiie les Sgé4fÀ et autrei» peiiple^ protestans faisaient dans les états catholiques d^ l'Ai-* lemagne. Il ne reste de lui que les pu^rages sijûvans,

qui se conservaient en manuscrits chez les chanoines réguliers de Ton grès :

V Collationum , seu exhortationum capitula/rium volumen.

2" Remédia contra pusillammitatem et scrupulos , tx SS. Patrum dictis.

3" Modus juvandi morituros.

4" Meditalionum liber; cum modo meditandi.

51^ Modus visitandi monasteria.

6*" Exereitia pietatis per ferîaè dîslributa.

1633. JARDIN (Jacques du)^ religieux , né à Lille en 1585 , entra dans la compagnie de Jésus à l'âge de 19 ans. Son noviciat fini, il régenta les humanités , et fut ensuite répétiteur des jeunes jésuites qu'on destî*nait à la même fonction. Après s'être acquitté de ces emplois avec le plus grand succès , il eut-la directioil de la Congrégation de la Ste. Vierge établie au Collège de Liège pour les gens de lettres. Pendant sept ans qu il remplit cette taché , il n'omit rien pour inspirer à ses auditeurs les sentimens d'amour et de zèle dont il était pénétré envers la mère de Dieu ; il fit même servir à ce dessein le talent qu'il avait pour la poésie, en distribuant aux congréganistes les élégies qu'il a composées. Ce Père était depuis plusieurs années coad* juteur spirituel formé, lorsqu'il mourut à Liège , le 9 novembre l!633, âgé seulement de 48 ans. On a recueilli et pubHè après sa mort :

1** Jacobi Jardinii insulensis è sod, Jesu elegiarum sacrarum, libri très. De arte forensi libri duo. Opus pôsihumum.'DonBi^ 1636 , in- 12.

Le 1** livre renferme 28 élégies dont les deux premières regardent la vie de J. C. et l'institution de l'Eueharistie : les 26 suivantes , sont sur la Passion. Le 2* en contient onze sur des images miraculeuses de la sainte Vierge , et sur les exercices des congrégatit^ns instituées

à son honneur. Les huit premières du 3* lirre sont des éloges de St. Ignace de Loyola, de St. François de Borgia, des martyrs du Japon , etc. Les cinq suivantes sont à la louange des jésuites Mathias Casimir Sarbiewski, célèbre poète lyrique : Gilles Boucher , ou Bucherius , savant chronologiste , et François de Montmorency, grand doyen de l'église de Liège. Ce livre est terminé par les éloges du comte de Tilly , et de Pierre-Louis Carafa, qui fut nonce du St.-Siégeà Liège pendant dix années , durant lesquelles il avait souvent assisté aux congrégations du Collège des Jésuites.

Les deux livres D^ arte forensi contiennent l'un onze et l'autre seize élégies, adressées aux jurisconsultes qui fréquentaient les congrégations de la Conception et de l'Assomption de la Vierge. Le but de l'auteur est de les porter à la vertu et à la pratique de leurs devoirs. Ou -voit dans toutes ces élégies le tour aisé et les grâces naturelles, qui doivent caractériser ce genre de poésie : la diction en est pure , élégante et aisée , mais oq y trouve peu de sentiment , quelques concetti^ et des comparaisons peu heureuses.

2** L'ode suivante qui se trouve en tête de la vie de St. Lambert, publiée par le P. Jean Roberti. Liège , Jean Tournay, 1633 ^ in-12 :

Ab Legiam Protreptigoiv.

Et voce , et calamo juvat , Yicturœque sacro monere paginœ,

Imraortale decus Patrum et Assertam tumuli marmore gloriam

Magnorum procerum , dare , Spectandam ingenuis saepè nepotibus. .

Exemplis agimur y libet Ductrice illecebrâ durum iter ingredi»

Soli quis bonas est sibi?

Eccnjas probitas non alios capit?

0 dos inclyta iiliîs

VîrtM m^gnanimortiin i|1Ui parentluin I

Non fmstrè hùp Qcu)|^m refera Divis orta bonU pptioia l/egi^

Romoff Filiq NohUù; A Matemo habita m sic rétines fidem ,

Mutare indocilis seniei Acoeptam à supei;!» laudi» adcM^aïa.

Lmi»herinvi aemula proppioci Fl^(9 çondeeorat|ira iipmUçr^bUi.

At si plurin^a ^ioipvent Aspectum spatia , et nabibas obsita

Nondàm seena reotaditur ; En autem spatiis é proprionboa

Pjgni|tur miqof aapÎQÎ,

Prodaçtuç tenui { sui Quanta bis è tabiilis^ perque Roheriias

Bat spectaoola paginas !

Spedairix ogedum Lggiu eonside.

H^G qdrde, heeo Qoa)|s bib^j. Cognatâqaq &de fortiter epiipa*

Hoc sectarius audiens , Te veri tnnicâ tectam adamantinà

In pugfni|Hi audeat aggredi ?

Hanc tu dû m recolis progemem , et patram

Yttitus aspieis \\\ioe^ , 'Çii^iscjuan) d^^enf rçip ppp^erus arguât ^

1633. MAIGRET {George»)^ religieux Augustin, né à Bouillon vers Tan 1575. Parvenu à Tâge de dix-sept ans, il entra chez les Augusiins qui Tenaient de s'établir dans sa ville natale. Il acheva ses études à Louvain, où après les premiers grades, il prit celui de docteur en théologie , eq 1604, étant alors prieur de Tournaj. Sept aps après ^ U fut fiopimé k Lii^e prieur de la maison de spu ardrf) » pt capaef va oet emploi douze ans de suite. En 16 1 4 , il obtint de Ferdinand de Bavière, alors évêque de Liège , la cure de St.-Georges de Huj qui fut unie à un CQuvent d'Augustiqs , sans discontinuer d'être une paroisse de cette yill^^ {i apnée sui* vante , il y ouvrit un collège ffk^manité»,*

Le P. Maigret fut élu provincial de la Basse Allemagne, au chapitre tenu à Anguien en 1622. Il eut aussi le rang de définiteur et de visiteur, et il présida à quatre dififérens chapitres de sa. province. En 1624 , il fut nommé prieur de Huy , où il mourut pieusement, après une longue maladie, le 15 mai 1633, dans la 61' année de son âge. On a de ce religieux :

1** Le Noviciat, ou niveau delà vie monastique, pour t instruction des jeunes novices. Douay, 1602 et 1609, in.l2. Liège, 1615,in-12.

2** Le Trésor , ou coffret honoraire de Jésus^Christ et des Saints , auquel est déclarée {institution et excellence de la confrérie de la Ceinture de St.-Augustin. Doua j , 1604, in-12. Liège, 1611 , in-12; traduit en latin par le P. Melchior de Daelhem , sous le titre d'Arca hono^ ra/ria Christi ax) sanctorum^ etc. Le pape Eugène IV institua cette confrérie le 7 juin 1446 , et la mit sous la protection de la Ste.-Vierge, de St.-Augustin , de Ste.-Monique et de St.-Nicolas de Tolentin que ce pontife canonisa la même année.

3** Petit Ray , ou Atome de la splendeti/r monastique sur les fruicts que recueillent les fidelles par la bienvenue et joyeuse entrée des religieux dans les villes, pour contrepoison au réagal de Sathan, et des hérétiques ses ministres. Doua j f 1608, in-12.

4* La vie du bienheureux Jean de Sagahun , de tordre des Frères Ermites de St.-Augustin, canonisé par notre S. P. le pape Clément VIII. Tournay, 1610, in-12 ; elle est dédiée par Fauteur à Vinfante Isabelle. Le P. Nicaise Bax en a fait une traduction latine qu'il dédia au P. Maigret. Anvers , 1625, in-12.

5" Ry étions sacrés , pullulants de la Palme triomphante des premiers martyrs de Tordre , dit des frères Erem,ites de St.-Augustin , recueillis par frère George Maigret , Bullionoy , doct. thé. et prieur du mesme ordre au couvent de St.-Augustin lès-Liége. Liège ,

Christian Oawerr, 1612, petit in-12, p. 103 non chiffrées. Cet ouvrage qtti est dédié à ArnouH de Wachtendonck y archidiacre de Brabant dans la cathé* drale de Liège , et prévôt de Santen, renferme vingtsept vies abrégées de martyrs , accompagnées de belles estampes gravées par Adrien Collaert. Il a publié le même ouvrage en latin sous les titres suiyans : Iconogror phia Martyrum , etc., 1615 , in-12; et Martyrographia

Augustiniana Edit, nova, cœteris multo auctior.

Anvers, 1625, in-12, p. 191.

6" Les Larmes , ou gémissement de Ihéraclite chrestien 5 ressuscité miraculeusement de Tenfer^ et baptisé, pour apprendre a un chascun Fart de déplorer sa misère , selon l'un et T autre Iwmmesi Liège , 1613, in-1 2.

7" 11 a revu Y Antiphonaire et le Processionnel de «on ordre imprimés à Anvers chez Jérôme Verdussen, 1625,in-4^

8* Augustino-Pyotacium provinciœ Flandriœ, seu Germàniœ inferioris. Bruxelles, 1625, in'-12. Cest une carte de cette province ; il la présenta au chapitre général des Augustins , ^enu à Rome la même année.

9" Litaniœ Augustinianœ. Louvain , 1626, in-16.

l& Abrégé de la vie de St, -Thomas de Ville^JVeuve , archevesque de Valence, de tordre des Frères Ermites de St.' Augustin, Liège, 1626, in-12.

11** La vie de Ste.'Elizabeth, reine de Portugal; avec les cérémonies faictes à Rome en sa canonization. Liège, 1626, in-12. Le P. Maigret avait assisté à cette solennité.

12" Oraison funèbre de madame Josinet Auniosnière, comtesse de la Marc, 'etc., espouse de monseigneur h

comte de Moche fort , prononcée publiquement Liège,

1627, in-12.

13"* Tractatus brevis, quo clarè ostenditur religiosos mendicantesàdalium ordinem , etiàm strictiorem , transire non posse {excepte solo Carthusianorum) absqtie

speciali summi pontificis Ucentid. Liège, 1630, in-1 2. 14** Théâtres tragi-comiqueg et anatomiques , auw" queU sont exposées les principales misères , que les Provinces-Belgiqties ont endurées par guerre civile Fespace de quarante ans ou environ. C'est un Carême qae T'autear arait prêché à Bruxelles* Des raisons de politique en ont arrêté l'impression.

MAIGRET {Athanase), religieux Augustin, né à Bouillon, neveu du précédent, se fit recevoir docteur à Louvain en 1648. il enseigna la théologie à Cologne et à St.-Guislain , et mourut le 5 Juin 1686, Il fut enterré à Huj , dans l'église de St.-Georges , aux pieds de son oncle, Âthanase fut Prieur à Huy, et deux fois visiteur et définiteur de la province de son ordre, en Flandre.

* 1633. FLÉRON {Adrien de), chanoine et vicedoyen de l'église de Liège, prévôt de la collégiale de Haubeuge , littérateur, habile négociateur, né à Liège vers l'an 1577. Après cinq années d'études^ dans l'Université de Louvain , il y prit le grade de licencié en droit , en 1 604.

Son père ,- Servais de Fléron , j urisconsuUe distingué, futéchevin de Liège, secrétaire, et ensuite conseiller au conseil privé du prince-évêque ; il eut le bonheur de faire à Louvain la connaissance de ' Juste-Lipse , dont il gagna l'amitié. La dernière lettre que ce savant homme ait écrite (lettre insérée dans ses QEuvres pos^ thùm€s)y est adressée à Servais de Fléron , qui mourut eu 1631 , à râgc de 74 ans , ayant eu le dessein , dans 6a yieillesse , de se faire ordonner prêtre. Sa mère s'appelait Marguerite le Polain , famille noble dont Adrien de Fléron prouve l'antiquité dans ses Mémoires,

Adrien de Fléron partit en 1607, pour l'Italie ; il passa par Paris , Lyon , Turin , et arriva enfin à Rome , où il resta jusqu'en 1611. Il s y exerça , comme il

s'exprime lui-niênie dans ses Mémoires , au maniement de pltisieur» grandes affaires en la Rote. Le duc d'Urbin qu'Adrien avait obligé, employa son crédit pour lui faire obtenir une place d'auditeur de la Hôte, qui était à la nomination de l'empereur Rodolphe , mais ce duc échoua dans ce dessein. Adrien revint donc à Liège, n ayant obtenu à Rome que la prévôté de la collégiale de Maubeuge ; il était déjà chanoine deSaiute- Croix à Liège.

En 1615-, il perdit l'un de ses oncles paternels, François de Fléron , qu'il regretta beaucoup , et dont il fait le plus bel éloge. C'était un religieux de la société de Jésus qui avait rempli dans son ordre différentes charges très-importantes, et qui , par sa prudence et ses vertus , s'était concilié l'estime de plusieurs princes. Henri IV, voulant l'attirer en France , lui fit expédier des lettres dé naturalisation. François de Fléron était un grand prédicateur; son éloquence était douce, attrayante et persuasive : il aimait l'architecture, et c'est sous sa direction , que le pont des Jésuites à Liége^ a été construit.

Le chapitre cathédral de Liège avait alors pour^rand doyen un homme aussi ilhistre par sa naissance que par ses connaissances, François de Montmorency. Il était lié d'une amitié très-étroite avec Adrien de Fléron qui l'avait accompagné dans plusieurs voyages; ib virent ensemble une partie de la France , où ils eurent lieu d'être contents de la réception que leur fit le connétable de Montmorency : ce seigneur les introduisit dans la chambre de la reine*-mère,'pour lors régente du royaume , pendant la minorité de Louis XIIL François de Montmorency , dégoûté du monde, résigna en 1618, sa prébende de la cathédrale de Liège à son ami , et se retira chez les Jésuites dont il embrassa la règle et où il vécut le reste de ses jours dans la plus grande austérité.

Au commencement de Tannée 1626, Adrien de Fléron fut appelé par le comte de Tilly, lieutenantgénéral de l'empereur et du duc de Bavière; il alla le trouver dans la Hesse, à Hirsfelt ; il révint dans sa patrie vers les fêles de Pâques , et fit encore Vannée suivante le même voyage. Le comte de Tilly, qui avait beaucoup de confiance dans les talens d Adrien, le chargea de négociations importantes. Il fut, vers ce temps-là . revêtu de la charge de conseiller du siège deséchevins de Liège. 11 obtint encore du pape, en 1626, par riutercession du comte de Tilly, la prévôté de St.-Cunibert à Cologne , qu'il échangea contre une prébende de la collégiale de St^-Denis, à Liège, qu'il résigna ensuite à son neveu , Antoine de Libert.

De Tilly le manda, en 1627, pour la troisième fois ; il se rendit aux invitations de ce général , qui l'attendait dans la ville de Paym, dans le duché de Brunswick. Il fut témoin du siège de la ville de Nyenbourg , défendue par les troupes du roi de Danemarck, qui avait été battu à Lutzer. La curiosité le porta dans les retranchemens. Il accompagna ensuite le comte de Tilly à Blekerd et à Butzembourg sur TElbe , où le roi de Danemarck était campé, et oii il avait fait construire un pont qu'ils furent reconnaître. Ils dirigèrent ensuite leur marche vers l'archevêché de Magdebourg , du côté de Sandau et de Havelberg, où l'armée du roi de Danemarck campait sur une montagne, près de l'embouchure de Havel; 1 armée du comte de Tilly était campée en-deçà de. cette rivière ; il y avait tous les jours, entre les uns et les autres, des escarmouches. Delà , ils retournèrent par la vieille marche de Bran^ debourg , vers Ghifhorn , et ils allèrent bloquer de plus près la ville de Wolfenbuttel, résidence des ducs de Brunswick. Durant ce blocus , Adrien de Fléron qui ne se ménageait guères , à ce qu'il parait , essuya quelques dangers; un boulet vint tomber aux pieds de son

cheval. Le cointe dé Tilly l'ayant congédié , il se rendit a Hildesheim. Il nous apprend qu'il fut le premier du chapitre de Liège qui , depuis la rénovation de la confraternité qui existait entre ce chapitre et celui de Hildesheim , fut reçu en qualité de confrère , par les chanoines de cette église ; il eut séance au choeur, et on lui donna, outre une certaine /x)Wt(m cfe vin et un pain, la cUstribtUion du jour.

U est à remarquer que dans ses Mémoires {qui étaient en la possession de Mr. le baron de Villenfagne), Adrien de.Flèron se met toujoura de moitié dans les opérations militaires du comte de Tilly.

Les états du pays de Liège , alors en contestation avec leur évêque , Ferdinand de Bavière , le député** rent, en 1628 , vers ce dernier qui était à Bonn. Après s'être acquitté de sa mission , Adrien de Fléron , ao« compagne de Tévéque d'Osnabruck , partit de Bonn |)our retourner auprès du comte de Tilly qui l'avait redemandé. Ce général était alors aux environs de Hambourg.

En 1629, le comte de Tilly envoya Adrien de Flèron , pour affaires importante^ , vers le duc de Freidiand et Meckelbouirg , qui tenait sa résidence à Gustrau ; il séjourna cinq semaines près de ce duc ; il se rendit de là à Hostok , et passa par Wimàr et Lubeck ^ où on traitait de la paix avec le roi de Danemarck. Il fut bien accueilli des députés du duc de Bavière.

De retour de sa mission , il partit de Lawenbourg avec le comte de Tilly , pour se rendre auprès du duc •de Friedland alors à Gustrau. Après leur entrevue, ce prince et le comte de Tilly le députèrent à Vienne, vers l'empereur ; il resta près de six semaines dans icette capitale , traitant tant avec Sa Majesté quavec ses ministres et dîna avec un ambassadeur turc. II obtint des dépêches favorables , et telles qu'il pouvait

les désirer, quoiqu'il fût contrarié dans sa négociation par les ducs de Lunebourg et de Brunswick. Pour reconnaître d'une manière éclatante les soins qu'il s'était donnés, lempereur , par lettres-patentes déposées à la chancellerie de l'empire , créa son frère ,^ Gérard de Fléron, chevalier; ce dernier, qui était un habile jurisconsulte , fut successivement échevin de Liège , et conseiller de la cour féodale : il mourut en cette ville , le 6 janvier 1 630.

Adrien fit tenir les dépêches de sa négociation au comte de Tilly et au duc de Friedland , et il n'eut rien de plus pressé ensuite que de s'en retourner dans ses foyers, en dirigeant sa route sur Majenoe et sur G)blentz ; il rencontra dans la première de ces villes le nonce Pierre-Louis Carafia, son protecteur et son ami, qui le retint quelques jours près de lui , et il vit dans l'autre, l'électeur de Trêves,

De retour de ses voyages , Adrien de Fléron , après la mort de Lambert de La Motte, qui le nomma son exécuteur testamentaire , fut élu à sa place , en 1632, vice-doyen de l'église de Liège, et put dès-lors s'adonner entièrement à la littérature ; il écrivait également bien en prose et en vers , et possédait parfaitement la langue latine. 11 régnait , dit-on , dans ses poésies, composées aussi en latin, beaucoup de facilité et d'élégance. On a de lui :

Promulsis Ekgii Tillicmi,,.. Accessit hercules chris^ tianiÂs; seu de Ilt^'' et Excell"''' comité Joanne Tillio; Germaniœ Archdstratego , Italicum poëma Antonii Abundantii Imolensis; cum JEpinido virtutis Tillianœ» Liège , Jean Ouwerx , 1630, in-4°. Cet opuscule contient.: l"" un éhge du comte de Tilly, pièce éloquente , de 65 pages ; 2" \Ercoh ChristianOj rappresentante TIll^'' ed Excelt^'' signor, conte Giovanni di Tilli, etc. Pa^negirico di Antonio Abbondanti da Imola, etc. , p. 16; 3** Joa/nnis conùtis Tillii, pro Ferdinando

Cœso^re , et catholicis prindpibuê Polemarchi , victriv probitas et JReligio « p. 8 ; c'est une él^ie assez bien faite y ornée de cet anagramme : Joanneê Cornes de Tilly : Danos ille ejicit omnes.

1634. ïiElMONTiDéodat), peintre liégeois, naquit à St.-Trond en 1581 , d'une famille aisée qui n'épargna rien pour son éducation. Ces soins ne furent point infructueux; outre une connaissance approfondie de plusieurs langues , il possédait la géométrie et l'astronomie. De Bje avait une telle idée de la science de cet artiste, qu'il lui attribue le pouvoir de prédire l'a" venir, et assure qu'il détermina ainsi l'année de sa mort, longtemps avant qu'elle arrivât.

Delmont eut le bonheur de s'attacher au duc de Neubourg , qui , remarquant en lui un génie supérieur pour la peinture^ lui donna des gratifications, des récompenses honorables, et le créa chevalier; après être resté longtemps à la cour du duc de Neubourg, il fut employé comme ingénieur par le roi d'Espagne , dont il eut beaucoup à se louer.

Delmont devint l'élève du célèbre Rubens , quoique ce grand peintre n'eut que quatre ans plus que lui. S'étant lié d'une étroite amitié avec son maître , il l'accompagna dans le voyage qu'il fit en Italie. Sous un tel guide , avec d'heureuses dispositions , il ne tarda pas d'acquérir un rang parmi les bons artistes.

Ses principaux ouvrages sont : l"* une Adoration des Rois, tableau d autel fait pour les religieuses d'Anvers, appelées Façons; 2"" une Adoration des Rois pour Téglise Notre-Dame de la même ville; 3° une autre Adoration des Rois; 4* un Portement de Croix; ces deux derniers tableaux pour les Jésuites d'Anvers.

Descamps, dans ses Vies des peintres flamands , met plusieurs restrictions aux éloges qu'il donne à ces ouvrages de l'artiste liégeois ; cependant , il accorde à

Delmont une composition noble et élevée , un dessin correct t une couleur et une touche fort belles. Il a mérité les éloges de Rubens ; ce qui suffît bien pour entraîner les nôtres. Ce peintre estimé pdur la douceur de son caractère , mourut à Anvers \ le 25 novembre 1634 , à Vâge de cinquante*trois ans. Ses ouvragés ne sont point connus à Paris.

1635 RUSSELITJS {Henri) ^ Liégeois , religieux de la congrégation des Croisiers ; çst le seul historien de son ordre.

* 1635. HANNOC ou HANNOT {André) , religieux de l'ordre de St.-Dominique , profès du couvent de Liège , et chapelain domestique du baron de Lamboy. Ce père a publié :

Salomon ChrùtianopoUtanus , seu Apophthegmata moralia. Cobourg , 1635.

1636. DAELHEM {Melchior van), naquit en 1580, à Hasselt, ville de la principauté de Liège ^ au comté de Looz, et j entra dans Tordre des Ermites de Saint- Augustin vers 1596.

Après avoir enseigné avec succès les humanités à Bruxelles et ensuite à Louvain près de 12 ans, il fut nommé prieur du couvent dTpres et enfin de celui deHasselt. C'est dans ce dernier qu'il mourut le 13 février 1636, âgé de 53 ans, après avoir été quelque temps visiteur de sa province. Ce père connaissait à fond la langue latine et en entendait les termes les moins usités ; il s'était aussi adonné au grec ; il passait de son temps pour un bon écrivain en prose et en vers latins, quoique son style soit pointilleux, et qu'il affecte de faire parade de mots et de phrases extraordinaires. Sweertius l'honora de ce distique :

Hic noTus est vates veteris Daelhemius eevi, Sed pius ingénie ; sic novai et vetas est.

Les écrits de Van Daelhem sont :

V Panegyris duplex, porior pro gymntmd Bruxel^ lensi ad senatum BruxeUensem : altéra ad CL virum Folcardum van Achelen , concilii êanctioris a^sessorem^

2° Jacobi Armini cum Batavia, super prœsenti rcrum in Hollandiâ statu, mutuisque dissidiis et homi" ddiis, Expostulatio posthuma. Lugd. Batav. sub signo liber tatis 1621.

3** Epicediunt in obitum Mariœ Deckheriœ , CL viri Joannis van Pede, in Brabantiœ senatu consiliarii, exfiliâ neptis. Louvain, 1624, in-4".

4° Arca honoraria Christiet sanctorum ortum auc^ tumque Zonigerœ Sodalitatis S. P. Av^ustini ctHi" tinens ,..f.. è gallico in latinum versa. Angers, 1628, in-12. C'est une traduction du livre de George Maigret, intitulé : Le Trésor ^ ou Coffret honoraire deJ. C , etc.

5** Diverses comédies et tragédies latines, qu'il avait fait représenter par ses écoliers, et sont restées manuscrites au couvent de Hasselt.

6** Deux volumes de poésies latines.

On conservait aussi dans ce. couvent plus de cinquante lettres d'Erjcius Puteanus à notre auteur, qui n'ont jamais été imprimées.

Le P. Van Daelhem avait une extrême facilité pour lapoésie flamande. Il composa à l'usage des Rhétoriciens de la ville de Hasselt , quantité de pièces dramatiques en sa langue maternelle , qui allaient à plus de 35,000 vers. Gautier Gipsius , eLutve religieux Augustin , succéda au P. Van Daelhem dans cette fonction , et continuait encore en 1660 , à faire des pièces dramatiques pour la chambre de rhétorique de Hasselt.

Cette société établie en 1515 , sous le nom de Bose rouge f avec la devise : Hitte vercoelt, c'est-à-dire, chaleur tempérée, ou modérez votre ardeur, ne livrait point les productions ^e ses membres à l'impression : elle subsista jusqu'à la fin du siècle dernier. Par recon-

naiasfmce, cette société conserva ïe portrait du P. Van Daelhem , et lui fit élever , dans Téglise des Âugustins , un beau monument orné de sa figure, avec des vers flamands de la façon de Régner Cornant.

1636. COURSELLE (Gérard de), fils de Pierre- Chrétien de Courselle , jurisconsulte , et de Marie Wej/ms, sœur du célèbre jurisconsulte Jean Wamèse, naquit à Liège , le 10 juin 1568, eut pour parrain le cardinal Gérard de Groësbeck, alors prince-évéque de Liège. Ses parens donnèrent tous leurs soins à son éducation. Après avoir fait de bonnes humanités à Liège , sous la direction des Clercs de la vie commune, on l'envoya à Trêves pour y commencer son cours de philosophie qu'il vint afchever au Collège du Porc, à Louvain , oii il eut le quatrième rang au concours général de Tan 1586. Il continua ses études dans l'Université de cette ville', et s'adonna particulièrement à celle de la jurisprudence t il suivit les leçons des professeurs Gérard Cavertson, Philippe Zuerius, Jean Gevaerts , et autres. S'étant bientôt distingué dans cette nouvelle carrière, il fut choisi fisc, et ensuite dot/en des bacheliers de la faculté de droit. La chaire de langue grecque étant venue à vaquer en 1590, au Collège des Trois* Lafngues , par l'assassinat commis sur la {Personne de Guillaume Fabius qui la remplissait ,. les proviseurs nommèrent Courselle pour le remplacer.

Il se fit recevoir docteur en droit , après avoir reçu les ordrfes sacrés , et fut pourvu d'une prébende de la cathédrale de Liège, qu'il résigna , en 1621 , à Pierre de Rosen, son parent, qui fut depuis archidiacre de Hesbaye , prévôt de St.-Jean et chancelier des évéques de Liège , Ferdinand et Maximilien-Henri de Bavière , et mourut en 1666.

En 1596, ayant obtenu au concours, une chaire royale , il abandonna celle de grec , et y donna avec un

applaudissement géfiéral des leçons de jurisprudence jusqu'en 1606, qu'il obtint , après la mort de Philippe Zuerius, la première chaire de droit ciTil.

Appelé à Malines par les princes Albert et Isabelle qui rayaient nommé au conseil suprême des Pays-Bas, il quitta TUniversité de Louvain, en 1617 « après j avoir prononcé un discours public , le 28 mai de la même année.

Deux ans après , il fut revêtu d'un emploi plus honorable encore ; il passa au conseil privé de LL. AA. résidant à Bruxelles. Enfin , Finfante Isabelle lui donna la riche prévôté d'Harlebeck en Flandre , dont il jouit environ six ans, sans abandonner sa charge de conseiller.

Gérard de Courselle mourut à Bruxelles , le 22 septembre 1636, dans sa 68' année. Son corps repose visà-vis Vautel du St.'Sacrement des miracles, et Ion voit sur une muraille de la chapelle, oii se trouve cet autel , un beau cénotaphe de marbre , orné de diverses figures, avec son épitaphe.

Il fut neuf fois recteur de l'Université de Louvain ; personne avant lui n avait eu aussi souvent cet honneur , aussi disait-on communément que cette fonction lui convenait mieux qu'à tout autre. Sa taille avantageuse , sa bonne mine , son savoir , sa candeur et sa modestie le faisaient aimer et respecter de tout le monde. Son assiduité au travail, et son désintéressement , qui allait même jusqu'au scrupule , le rendirent cher aux princes qu'il servit et dont il fut comblé de bienfaits. Thierri van Tulden, après avoir parlé du soin qu'un jurisconsulte doit avoir d'allier la prudence et la vertu à la science dont il fait profession, cite Gérard de Courselle comme un modèle parfait en ce genre, et nous apprend qu'il était très- versé dans l'histoire , la politique et la philosophie. On a imprimé de ce savant :

1** Oratio in JugH-lÂpsi funere habita Lovanii lïl kal. april. MDCVI. Louvain, 1606, in-4**, insérée aussi dans le Fama posthuma Justi-Lipsi. Anvers , 1607 et 1613, in-4*. Cette oraison funèbre de Juste- Lipse, dédiée à Charles, duc de Croj et d'Ârschot, est un morceau élégant.

2** Index legum (ci viliu m) et capitulorum (j u ris canonici) selectiorum , adscriptis auctoribus (qui ea explanarunt) in grattant collegii Baccalaureorum J. U. editus. Louvain , 160. ,in-12. Son neveu , Pierre Weymg, membre du conseil privé de Tévêque de Liège, qui possédait les autres écrits de son oncle , en fît espérer la publication en 1650, néanmoins ils sont restés inédits. Les voici :

1* Prœlectiones in codicem Justinianeum. Ouvrage excellent, au rapport de Yalère André, qui le qualifie de trésor du droit romain , tant ancien que nouveau.

2"" Connlia , sivè responsa de jure.

S"" Orattones variœ. Ces harangues qu'il prononça à Louvain , traitent de divers sujets.

1636. HËËRS {Henri de) , médecin , naquit à Tongres vers l'an 1570, dans une famille patricienne. Doué des dispositions les plus heureuses et animé d'un vif désir de s'instruire , il apprit encore , très-jeune , les langues latine ,~ grecque et hébraïque, et s'adonna ensuite avec ardeur à l'étude de la philosophie , des mathématiques et particulièrement de la médecine.

La médecine , honteusement asservie depuis longtemps à la superstition et à l'astrologie, sentant depuis la renaissance des lettres , combien cette association tléshonorait son caractère et nuisait à ses bienfaits , travaillait dès-lors avec ardeur à secouer ses langes grossiers. L'esprit humain se livrait à des systèmes, à des hypothèses et à des disputes dogmatiques; son activité tout en entretenant de brillantes erreurs «exerçait

le goût I le tact , la raison européenne , et déblayait la route pour la marche des génies créateurs.

Henri de Heers , né dans ce siècle de progrès , où les sciences naturelles , la philosophie et la morale se rapprochaient de lart de guérir, et persuadé , comme tout lannonce, qu'un homme.de sa profession ne doit ignorer aucun âge, aucune époque du genre humain ; car, c est pour le médecin principalement qu'il semble que chaque siècle , chaque nation , chaque climat est riche de ses propres évènemens physiques et moraux: en sorte qu'il na plus que la peine d'acquérir Tart de les comparer avec ceux du temps où il vit.

Convaincu de la nécessité de cette science, il voyagea d'abord , et parcourut en observateur rAllemagne , ritalie , l'Espagne , la France , l'Angleterre , et même rislande , cherchant à joindre à l'étude des langues anciennes , celle des langues modernes. Ses vojages le lièrent aux hommes les plus distingués dans sa profession , à la nature , à Tinfluence de divers climats et à l'idiome des principales nations de l'Europe.

Chargé de richesses acquises par de nombreuses fatigues, Henri de Heen revint dans son pays, se fixa à Liège vers l'an 1605 , et épousa bienât après la fille de Thomas de Rye, premier médecin de l'évêque 4e Liège. , Ernest de Bavière.

Son habileté et sa science lui gagnèrent Testirae de ses collègues et de ses compatriotes. Il fut honoré du titre de bouryBois de Liège. Ernest et Ferdinand de Bavière le choisirent successivement pour leur premier médecin. Introduit à la cour, il honora sa profession par son désintéressement , la sévérité de Bes mœurs et la franchise de son caractère. 11 nemploya les faveurs du prince , qu'au bien-être des malbeureux et qu'à soulager les maux que la misère entretient parmi le peuple.

La réputation de Henri de Heers croissant avec les

sucoës qu'il obtenait dans son art , il devint dès Ion i oracle du pays et des contrées voisines ; il sut jus*qu'à la fin de sa carrière justifier cet hommage public, par une application constante et par Tétude de toutes les sciences qu'on cultivait dans son siècle.

Tous les ans , il allait passer quelques semaines à Spa , dont il a beaucoup vanté les eaux. C est auprès des sources dont Spa se glorifie à juste titre , qu'il montrait plus particulièrement sa sagacité , son discer* nement et l'emploi heureux de ises profondes connaissances. Nous n'en citerons qu'un seul exemple ; celui d'une jeune fille de Mamur attaquée d'un genre de maladie tout particulier. Abandonnée de tous les mé* decins, elle vint à Spa, dans le dessein de mettre un terme à ses maux ou à son existence. Telle était la susceptibilité de ses organes , que la moindre vibration sonore la jetait dans une entière défaillance , voisiàe de la mort. Le son des cloches, le bruit des instrumens, l'accord des voix humaines , le souffle des vents , tout ce qui raisonne et produit une harmonie , afiectait douloureusement son ame. Ennemie de toute sensation quelconque, cette jeune fille était condamnée à exister dans le calme et dans le silence d'une profonde solitude. Henri de Heers , que le^ difficultés ne rebutaient jamais , et dont lesprit devenait d'autant plus actif et pénétrant que le mal opposait plusde secret à devitier, soupçonna bientôt la nécessité d'un traitement anti^ épileptique. Un traitement savamment calculé , dirigé d'après ces vues et secondé par lusage des mi^ de Spa, dont il régla lui-même l'usage , rendit cet être inté* ressaut aux jouissances de la vie , qui dut à ses talens une seconde existence.

Témoin chaque jour des dangers que l'empjrisme fait courir aux malades qu'il envoie boire les eaux , et voulant pour l'intérêt de l'humanité et pour la gloire de Spa , répandre dans l'Europe des notions certaines

SUT les qualités , les vertus et les effîsts des sources minérales de sa patrie , il publia son Spadacrme^ qui est une dissertation physique sur les fontaines de Spa. Gît ouvrage , d abord écrit en latin , fut par lui tra^ duit en français et eut cinq éditions consécutives.

Henri de Heers , jouissait en paix de la gloire que ses travaux lui avaient acquise : il se livrait au plaisir d'avoir servi Fhonneur des eaux de Spa, en fixant sur elles les regards et les espérances de toute l'Europe, lorsqu'il se vit attaqué par un redoutable adversaire , au sujet de l'une de ses plus intéressantes découvertes.

Van Helmont , qui le premier a fait connaître le système des forces épigastriques ; Van Helmont , qui traitait toutes les matières de son art avec une imagination ardente et téméraire, refusa de croire à l'exisiehce de XaxiidQ , dans les sources minérales de Spa , et prétendit dénier à notre auteur la présence de ce gaz , par des motifs directement contraires à la doctrine du médecin liégeois.

A cette occasion, il s'éleva entre les deux savans .une lutte vive , opinâtre et longue. Il parut plusieurs brochures qui sont ordinairement les armes acérées de ces combats. Emus l'un et l'autre par une aigreur mutuelle , ils n'usèrent dans la dispute ni du ton , ni de l'expression qui font valoir la cause qu'on soutient. C'était pourtant une vérité , un fait incontestable que de Heers avait publié dans son Spadacrène.

Henri de Heers laissant à ses successeurs le soin de le venger, (ce qui ne manque jamaisaux auteurs des découvertes utiles), s'occupa de la confection d'un autre ouvrage sous le titre Ôl Observations , ç{n\ a plus particulièrement transmis sa mémoire à la postérité. Un long exercice , des réflexions et des études analysées, une expérience éclairée avaient rassemblé sous sa main des matériaux précieux pour l'art de guérir.

Henri de Heers plein d'estime pour son collabo-

râleur , le chirurgien Ogier, lui voua' de bcmne heure une amitié constante. Sans cesse uni à lui par des dcToirs communs i il se plut souvent à rapporter à sa dextérité et à son talent, des succès dont il désespérait

I IS-V;^ VYl A mi*

Il exerça près de huit ans. les fonctitos de médecin ordinaire de THépital de Bavièfe. Il eipira dans. les hns de ses amis , rirement regretté dans le public : sa mémoire est encore en vénération à Liège , à Spa el chez l'étranger. On <^t que dans ses derniers momens^ il prononça et dicta ces beaux vers :

£«i , anima , 1 » nimiam creperîs exeroita, caris . . . Immundi a puero ad vitac spatia ultima , inundi. Qaeesisti in libris lacem ^ lucrumque ^ tulisti Fnmos. Lustrasti terras y maria : uUima Tliule Te vidit / stupuitque 9uo sermons loqaentem : Octonœ «t gréâtes aliœ ; sed et ilta râitiqaunt . ^ * Te mîseram , primi repeteniem ;ob|ivîa lapsus, At ttt , primeevi lapsus reparatoF , Jetu , , •' ' Redde aniraum huic animae , vitaliquè adsere vitœ, Horte triumphatà. Ylvam lecum' , optirae Jesu. Tollite me , Genii. Jesu , 6 Jesu , ultima saltem •Vola sucs habeaot , nàm desiiio vivérè , divos.

Henri de Heers était un homme d'une grande éru- .diticm, d'an esprit pénétrant, dun jugement solide, ^ qui né se lassait jamais de lire et d'étudier. Soit liégligenee , ou que sa pratique lui en ait peu laissé le loisir , ses talens ont été presque ensevelis avec lui , et il n'a hissé que les opuscules suivans : • ,1* Spadacrene ,' boee^t^ fotis Spadanus : ejuê Hu" ffulariœ : bibendi fnodiis : nusdicamina bibentibùs neceg^ saria^ Liège , .'Arnold de* Corswarelin / 1614 et 1622 , in.l2. Leipzig, 1645, in^l 2. Leyde ,1645 et 1647, in-16. Leyde, 1685 et 1689, 2 vol. in.l6. L'auteur traduisit lui-même cet. ouvrage en français , et en donna deux ou trois éditions qui parurent de son

vivant ; nous n'en cooiiaissàiis qu'une imprimée à Liège, en 1630, in-S'. En ffançaiâ, Liége^ 1-646, in-S", et 1654 , in-^1 2 y La Haye , 1 739 , inrl 2 , avec les notes de Warner Chroùët ^ qui a xorvigè les fautes contlre la chimie , et y rapporte de nouvelles expériences, peur priKiver l'existencs .d'iin acièk.^ d'un eêprit voléUil, d'une terre ahalAie et du ferdàm les eaux de Spa.

De Heers* dans 6e 7m^ (dédié par lui, en 1630, à Uldaric de.Hoensbrouck , chanoine de Sl.«Lanibert et abbé de Thuin), qui condamne: à loubli tous ceux qui l'avaient précédé , expose sur le problème des eaux minérales, la doctrine des anciens physiciens et celle de son siècle. Il essaie de pénétrer les causes secrètes qui donnent naissance à ces foi^taines , de désigner les élémens qui les çonstltiieht et de disserter sur la dissolution des mati^fe^ qui leur communiquent tant de qualités bienfaisantes. Plus heureux dans les détails historiques die ces eaux et de leurs effets apparens , il fait le récit curieux de celles qui ont !a vertu de pétrifier les matières qu'on y plëngé , de celles qui s'agitent par un .flux e\ reflux régulier ; de cess fontaines qui bouillonnent QommedaUquôut dansiunvase ; de celles enfin qui produisent une véritable ivresse. Sa. critique et sou érudition: sont' dignes ' d'éloge, yenant ensuite à l'objet prindrpal: de . sctt buvcaige , il fixe son attention et ses recberebes sue les so|irde8 ^ninëralei de Spai II marque la différence qui câûste entre les quatre fontaines ; il détermine leurs, ^aliléii analogues et paiticulières» IL indiqué lias! jhalàdifes qirelks peurent guérir, i^.enseijgqelee rMcièdes'qui peuTcnt hâter leur effiéàcité , lé temps, et la lâaiiUtiB de les boke. Le temps < â cdnfiiteé ^lusieùrâ de n» observations et a conservé son ^ notti . dana les . fastes de la knédecine. ...

Jean Baptiste Van Hefaiiont,.{smeai; diimisle^'a^anit attaqué le Spadacrène dans ses Paradoœa de tiquii

Spadanis , et son Supplenientum de Spadafds fontibus» I^iége , 1624, in- 12 ; dq E[eers lui répondît par un opuscule intitulé :

Deplementvtn supplementi de Spadanis fbntibus ; mvè vindiciœ pro sud Spadacrene : in qmbus etiàm Jiroph , certissimunt Paracelsi remedium , sinçerè eœj)licatur. Liège , Arnold de Corswarem , 1624, in-î2. L'auteur y tombe rudement sur son adversaire , qu'il nomme, suivant la sîgoificalion de son nom, Os Inferni. II lui attribue d'avoir soutenu qu'il n y avait point ^cudde dans les eaux de Spa : Je lui ai si bien répondu , âit*il , dans son Spadacrene^ qu'il a. abandonné sa folle opinion. Mais le docteur Chrouët reip^rque qu'on ne trouve point cette opipion dans le3 oeuvres dje V^ Helmont : qqe les premières brochures de ces deux ania** ^onistes, publiées avec le 5jparfacr0we, en Ï622i ne sopl qu'un amas d'invectives réciproques, et qui ne méri-r tent aucune attention : enfin, que Van Helmçnt, au commencement de son traité de Lithiasi^ suppose m^r^ pifcstemçnt de l'acide dans lés eaux de Spa, et le regarde comme le principal agent dans la mixtion d^9 élémens qui les composent*

2" Observationes mediçœ, oppido rarce^ in Spa et Leoda animcùdversœ ; cum medicamentis aliquot se-' Jectis. Liège, 1622; Leydc, 1685, Liège, Arnold 4p Corswarem, 1624^ ^"^"^2, avec l'ouvrage de Van Helmont , intitulé : ProposHionesnotatu dignas, deprompfm ex ejus diaputatione de mag,neticâ vulnerutn curatione Parisits édita ; quibus suhnectuntur îfenrid ab Heer Ççnsiderationes : etjudicia doctorum medicorum, Itei|i séparément, Liég^t 1631, in*-12; Leipzig, 1645 ,i;n-'|?. Traduit en français par le docteur Chrouët. La Haye , 1739,in.l2.

Sous le titre modeste d' Observations ^Henvi de Heers pffre da^s cet ouvrage le tableau de diverses maladies qu'il a eu occasion de traiter à Liège , à Ktaestricfit et ^

Spa. Kien n'est oublié dans ses descriptions : causes , symptômes, progrès, variations, accidens, tout prend sous sa plume Tintérêt de précepte médical. Au physique du mal et de son espèce , il joint dans ses notices le moral du malade. Il calcule Vinfluence des professions , des habitudes , des caractères , du genre de vie , de l'air, des saisons sur chaque sorte d'infirmité. Ces aperçus sont d'autant plus justes, qu^ils semblent être autant de secrets qu'il a surpris à son malade. Ce n*est jamais son imagination qui travaille, mais bien son esprit observateur qui décèle ce qui est utile de savoir. Parmi quatre ou cinq Anglais qu'il fait connaître dans cet ouvrage., il en cite un surtout venu à Spa, en 1620, et pour lequel le collège de médecine de Londres lui avait écrit. La façon de vivre de ce seigneur anglais était originale et singulière. Il passait les dix premiers jours de chaque mois sans boire , ni manger, restait seul dans sa chambre , et ne parlait à personne , pas même à sa femme, qui était fort jeune et d'une grande beauté; un seul domestique pouvait le voir et lui parler impunément. Les dix jours suivans, il se levait avant l'aurore , allait à la chasse , accompagné d'une suite nombreuse à cheval, et revenait chez lui épuisé de fatigue. Alors il dévorait ce qui aurait pu suffire à rassasier trois hommes, et buvait beaucoup de vin fort. Aussitôt après le repas , il retournait à la chasse, et soupait à son retour, de la même manière qu'il avait dîné. Pendant toute la journée , il mangeait des confitures de plusieurs espèces, des poires et des prunes sèches qu'pn dome$tique portait dans un sac. il finissait le mois en« se livrant entièrement à la musique , et en prodiguant des sommes immenses. Il donnait à ceux qu'il rencontrait, des bas de soie, des chapeaux et des gants de grand prix, dont il avait trois coffres pleins. Si un musicien exécutait un vaudeville qui lui plût, il lui faisait présent de 15 ou 16 ducats,

et même davantage. Il jetait trois ou quatre écus à ua seul pauvre, forçait les seigneurs des Pays-Bas d accepter des chevaux qui couraient 30 milles sans s'arrêter , et offrait au premier venu son manteau et set habits.

Saint André cite assez souvent le docteur Henri de Heers, dans son intéressant ouvrage sur la Magie et les sorciers^ imprimé à Paris, en 1725 ; mais il le nomme toujours Henric Abheers.

* 1636. GREZ ou GRË (Idelette de). Liégeoise célèbre par sa piété et son esprit. Son père , Servais de Grez^ la maria à Lambert Woot de Trixhe, fils de JUasset de Trixhe et de Mechtilde Pastor. Elle eut de son mariage, une fille nommée Mechtilde ^ qui épousa iThierry de Saive dont elle eut une fille nommée Marie ^ qui se maria à Mathias de Gratis élu bourgmestre de Liège, en 1665. Idelette de Grez a écrit en flamand un ouvrage dont nous ne connaissons que la traduction suivante :

Le parterre de tâme, émaillé d'une grande variété de belles oraisons, traduit du flamand en françois par le P. C. V.Augustin» Anvers, 1618, in-12.

1636. GOSSART [Antoine)^ né dans les environs de Liège , étudia la philosophie à Douai ; il alla ensuite en France , pour se perfectionner dans les sciences , et passa dix ans à l'Université de Valence en Dauphiné , où il fut reçu docteur en théologie. Il fut nommé Revi-seur des livres qui s'imprimaient à Lyon , oii il professa la philosophie avec beaucoup d'applaudissement. Malgré les plus vives instances , il revint dans sa patrie , et obtint un canonicat dans le duché de Luxembourg. On lui est redevable de deux Abrégés, qui renferment la substance des ouvrages de Martin Bonacina et de Paul Lajman, théologiens jésuites. Il publia à Liège, en 1632, un ouvrage en faveur de Smith, auteur an-

glais, dont la faculté de Park ayait censuré un des écrits. Les preuves que Gossart emploie pouf déraontrer tout à la fois et l'injustice de cette censure , et Tortliodôxie de la doctrine de Smith , portent ayee elles un caractère d'évidence auquel l'esprit ne petit se refuser.

S'étant rompu une jambe en tombant de çhêrâl , on la lui coupa; il mourut , en 1636, des suites de cette opération.

1636. GRACE {Thierri de), né dans lé pays de Liège , fut d'abord professeur-principal au Collège du Lyg à Louvain; en 1615, il fut noitimé professeur de théologie au Séminaire de Liège , dont il devint ensuite président. L'évéque de Liège, Ferdinand de Bavière, le choisit en 1628 , pour exercer les fonctions épiscopales en qualité de suffragant ; il fut pourvu en même temps de la prébende de théologal àe Téglise cathédrale de St.-Lambcrt , et fut sacré sous le titre û'évéque de Dionyste. Ce suffrajg;ant mourut le 4 août 1636. Son corps fut inhumé dans l'église de râncien séminai^ à Liège.

* 1636. LYMBORCK {Alm/nusdeU frère d'Albert de Ljmborck, abbé de St. -Gilles, à Liège , poète latin, philanthrope, cultiva les sciences et les protégea de tout son pouvoir. Il est Fauteur: l*" d'une élégie latine, morceau très-estimé qui a pour titre : Apprecatio pa^ rœnetica R. D, Erasmo Aenche^al novi monasterii apud Huyum abbati; 2"" d'une traduction française de la Vie de St. Gilles, abbé d Arles en Provence. Liège , 1627. in-8%

1636. DELVAUX {André), né à Andenhfe près dé Huj, en 1569, enseigna le droit canbn à l'Université de Louvain. Il est l'auteur d'une Eûcplvcniion des Dé* arétales idonï on a publié un grand ûon!ibre d'éditions.

1637* RV^LIE iSél)astim de Xa) , avAcat^ inerobra lia cOQ8(8tl; prdinair«9 éU df^ux foU bourgmestre, de liège, célèbre dait^ Thutoire par sa fin tragique , était fils de Sébastien de La Ruelle et de Barbe de Sobay*» Il é|Mi^q8â Ide de Çkrf de Ghénée, Elevé à Técole de BoeclLinan aveo lequel il était parant, il se montra, comme luif.répuiblicain^t partisan de la iiautralilé, tpttt en recherchaot la prot^tû^i de la France^ qu'il eq^isi^ait oomnie essentiellement intéressée à \à con^* servatjon de la principauté de I4ége contre les envahis* semend 4e TËsp^gao et le despqtisme allemande

Après h mort de Guillaume dç* Beeekman , tous )ef partisans de cet ui-ci se rangèrent socis l'étenda^rd d^ La Ruqlle^ alord aof i opUègqe c(ans la magistrature. La Kuello 9e servant habilement du préte&te de maintenir, una neutralité que les circonstances présentes rendaient im* pra^ticable (mais que la politique française, en atten* daqt çaas doute mieux, faisait ambiant de ménages e»t de soutenir pour tirer des Liégeois les chpses néces-* 9a|res. au ravitailleiû^nt dis ses armées) , avait eniarainé dans son. parti an tiers des babhans de la ville de lii^a ,u9aat de l'autorité que les bourgmestres s'étaient aUtriijmél^ poqr CQi^itqriiir l^s aqtrea. .

Ferdinand de:S^vièfe qi}i d^s^t La l^uelle et se^ partisans, parce qu'il les regardait cœnme un obstacle il ^sproj^îte libçrt^cides, refusa de confirmer, en 1631, 80II élection comme bourgioestre de la cité . que ce-* li)i-ci jrésolqt de v^aifUmirA main armée ^ s il en était beapin., aimarit lAÎeui^ eiposer ses jours quie daban* donper cette /Chsir^* Ce prince, après avoir accordé pnei amnistie 6t abs^fidonné la forme d'élection magistral qu'il aynit piv^isori^ Ini-iuême à l'aide d'un dir plômesurpçis ^ l'empereur M^t^iias,. étant rentré à Liégè la mâinaonnée, n'eut pas hante de demasi4ei' à. 1^^ cité u|fi:^o^ de ISO^OPO ^us, et de chafger Ld KveUed'eo &ire la propp$itioo,'et d'obtenii^le coni^^r

lemenl déê trenle-dèiix métiers , espérant peut-être par-là le rendre odieux à ses partisans, et dans le cas d'un refusa en faire plus t^rd le motif d'une acciisaticHi contre lui.

L'année suivante , ayant été député avec le banm de Fenffe, gouverneur de Bouillon, vers Louis £111, qui se trouvait à Pont*à-Moussdn , La Ruelle obtint de ce monarque la promesse d employer ses bons officespour faire cesser les agressions coAtinueTiés du géu-^ verneraent des Pays-Bas et de celui des Provinces-Unies, et la confirmation du droit d^aubaine accordé aux Liégeois par les rois de France , Charles VI et Louis XIL

René Louis de Fiquelmont , abbé de Mouzon , agent subalterne du gouvernement français, depuisjongtemps fixé à Liège comme simple particulier , en avait étudié avec soin les lois et usages, et dirigeait sa conduite sur lé caractère des habitans. it était parvenu à obtenir la confiance de tous ceux qui penchaient pour la^ France, entr'âutres du baron ^e Bocholt, 'grand éédlâtrë du chapitré bathédral, et surtout du bourgftiestré La Rtielîè.'Là'prineipalé mîssiofi de oetabbé ,^étaÉ}t'd'Mrg^ iuefritër dans Liège le nombtèideë partisans de Id-Franoe . et de faire détacher ta principauté ^^u cercle de Vitàh phalie; pour y parvenir, il entretenait avec ddî*êsse et fomentait avec art les troubles parmi les Liégleok. Il savait à propos flatter la populace (affectant toujours de mépriser la noblesse et le clei'gé), et semait avec soin la zizanie entre les députés dès trois états , afin de les empêcher par ce moyen de prendre des résolutions vigoureuses pour faire renaître Tordre dans Liège. ~ Deux partis déchiraient alors Liégé rlt^B Chiraks-éi les Grtgnouiv. ï-ies premiers , dévoirès à TEspâgtie et & l'évéque, comptaient dans leur sein ceux qui étaient revêtus des dignités les plus importantes, les nobles et les patriciens; les -seconds, attachés à la France, se composaient de la bourgeoisie et. du peuple , et Tem-

portaient par leur nombre : de là leur grande influence dans les élections. Ces deiux factions , acharnées l'une contre Vatitre, se livraient de sanglans combats dani* les rues de la cité : les mesures prises par Ferdinand en faveur des premiers ne motivaient que trop, du reste, racharnement de la populace; et l'on est quelquefois tenté de croire, que cet êvêque cherchait luîméme à attiset' la flan^me, pour être autorisé à frapper plus tard un grand coup. En 1633, il osa même publier un édit qui prononçait la peine capitale contre tous ceux qui, de nuit' ou de jour, sis montreraient armés dans les rués de la cité.

En 1635 , Là Ruelle fut élu bourgmestre conjointement avec Michel deSéljs, au milieu de ces dissentiohs intestines qui désolaient la cité et tout le pays. • L'irritation contre Ferdinand était extrême , et les ffialheurs de l'invasion étrangère vinrent encore l'année suivante ajouter aux misères du peuple. C'est dans ces fcîrconstances déplorables que l'évêque fit imprimer un YTlanifeste violent dodt noùâ ne citerons que ce pas-^ sage : Ze^ Liégeoù sont comme des chevaùa? échappés courant à toute sorte de liberté et rébellion, tellement qtte nostre cité na autre assemblance que d'un bois plèiH de voleurs, et dans laquelle un chacun fait à tort et à droit ce que bon lui semble ^ tant contre les bour-* geois qu étrangers, même Tony tasche de se soustraire et peu à peu s émanciper de t Empire,. i»

La Ruelle , en qualité de syndic de la cité , répondit à ce manifeste , par un écrit en forme d'appel , qui fut envoyé à la chambre impériale dé Spire ; et Ferdinand de Bavièi^e, outré de dépit, charçea Jean de Weert, de lâcher la bride à ses Croates qui se jetèrent sur le pays et y commirent d'affreux ravages. Le chapitre cathédral et le clergé secondaire s adressèrent en vain au prince, pour réclamé* contre les maux dontiléiait l'auteur ; mais il fut sourd à leurs prières.

liCS Œiroux conspirèrent encore de nouveau ; le peuple , dans s^ juste oûlère, les eût infailliblement œQSsacréâ sans le crédit de La Ruelle qui leur sauva là tie^ P^u de temps après, comme oe magistrat, au sortir d'tin diner, s'en retournait chez lui avec so& épouse vers less sept heures du soir,, un homme manié sur un cheval lui tira un coq p de pistolet au pied de la Bassel^auvenière; la balle atteignit soa épouse qui ea fut très-longtemps indisposée.

' C est au milieu de tous ces évènemens d^aa^reut ^ que le chapitre cathédral et le clergé de Liège écriiri* rent au pape Urbain VIII, uiie lettre remarquable , attribuée à La Ruelle, et qnî commence ainsi : L* église dfi Lfége , oppritnée sous h poids (k ffes' douluirs , dénué» de toute consolation, i^ientse réfugier dans le sein de sa fnéml PaftoiU régnent^ la mont, le deuil et ladàsùla" Uqh; h glaive ^nois^onne les habitons de$ canipagnes, fa terreur est dans laoitéJ Les nations ont envahi r héritage duSeigneur ;elles ont souilla les temples saints et fait ruisseler le sang autour de nos nmvailles. Jean de Weert et Piccolomini, envoyés par le prince Ferdir nand , occupent notre territoire ; tincetnaUe y le- violv & meurtre les accompagnent^ rieti nêst sacré pour ces hommes sacrilèges^^s.^ Le chapitre et le clergé, après le récit détaillé de» calamités horribles qui. pesaient alors sur les Liégeois^ terminent en réclamsoit rinter* cession du pape. *

Les ChiroujL de plus^ en |^lus irrités contre les.QrignpuX) tramèrent cettp apnée (1636)$ un complot contre la vie du bourgmestre La Ruelle, quoique celui-ci, à différentes repi^ises ; eât sauvé de la mort, par sa présence et son crédit ,'^pi d'entre; eut surpris dans les émeutes. Ce comp)^^ fut découvert, et le (principal auteur aj^ant été pris, fut enchaîné et tratpé par les carrefours de la ville et ensuite accrocha àu^ne p()tenpec le peuple le m^s^iacra à coupa de marteaux , criaiit que

tdus ceux qui conspireraient contre la cité, devaient s'atteudre à un pareil traitement. Les Grignoux allèrent au Palais, résolus de se saisir de la personue di; grand prévôt et du grand majeur, mais La Ruelle, accouru à temps, parvint à les sauver.

Ferdinand de Bavière chargea le tnarquis de Lède, gouverneur-général des Pays-Bas, de mojenner un accommodement; mais les prétentions des deux partis le rendaient impossible. L*empereur envoya peu aprëè à Liège, Jean Louis comte de Nassau, qui reprpcW au macfiHrat d'entré tfenir des correspondance'^ ùiVec 1$ roi de Prance , dont lès ageft^ dêmeuroient dans la ville , y tenaient et mdôhînovént toutes sortes de conseils et de négoces dommageables tant à iS. M, 7. , au St. Empire qu'à la cité de Liégè, et requit la cité comm£ fidelle et obéissant état d empire, de payer comme les autres , les cent et vingt m^ois d^ expédition romaine, accordés parla paix de Prague; ce comte ne relira aucun fruit de sa négociation , et quitta Liège peu satisfait. SU faut en croire quelques auteurs, le marquis de Lède et lé comte de Nassau, dont la mission était de ramener la cité de Liège sous l'obéissance de son évêque, et de neutraliser par c^ moyen l'influence du parti français ^ 'étaient aussi chargés de s'aboucher avec le comte de Warfusée ,. danà fe cas tf une non-réussilè , et de s'entendre ave lui.

Warfusée, lié avec La Ruelle, et qui feignait d'être de sa faction, avait résolu depuis quelque temps de •terrasser le parti français et de subjuguer la ville de Liège , dans l'espoir d'obtenir sa grâce et recouvrer ses dignités; soupçonnant, non sans raison, La Ruelle , dd vouloir réconcilie^ les Liégeois avec Ferdinand dé Bavière (ce qui eiit dïminué le prix de ses services ) , et se voyant secondé par les princïpaut auteurs de la fhctlon des Grignoux qiii avaient tout à craindre d'une réconciliation , cotiçut l'àffreuse idée d'ôtev là vie au

bourgmestre La Ruelle , croyant sans doute que ceux-ci le sauveraient de la fureur du peuple*

Nous allons rapporter en détail cette mort tragique ^ Tundes faits les plus intéressans de 1 histoire nationale, l'un de ces évènemens (|ui laissent dans la mémoire des hommes un douloureux et long souvenir , et qui rend cette année à jamais mémorable pour les Liégeois^

Le comte René de Renesse , seigneur de Wariusée , naguëres chef des finances da roi d'Espagne aux Pajs- Bas et l'un des riches et puissans seigneurs dé la prin-* çipauté , vivait alors à Liège. Après avoir dilapidé l^s deniers de Philippe lY, ruiné les domaines de l'état et mis en gage jusqu'aux jojaux de la couronne, ce seigneur s'était vu contraint de s enfuir de Bruxelles, oii il fut peu de temps après exécuté en effigie, en vertu d'une sentence dq conseil souverain de Malines qui le condamnait à mort. Dans cette extrémité, il était venu chercher un asjle dans la cité de Liège , refuge ^suré de tout temps pour les personnes affligées , persécutées ou proscrites.

La Ruelle , doué dun cœur franc et nullement soupçonneux ni malicieuiV, se laissa emporter à ses belles apparences : le croyant victime de quelque noire intrigue de la cour des Pays-Bas , il l'accueillit avec bonté, l'assista de son crédit, et lui témoigna la plus grande bienveillance; mais, Warfusée ingrat, ambitieux et prodigue , mû par lespéranee d'obtenir son pardon et de recouvrer ses dignités , conçut l'idée d'un crime et trafiqua du sang de son bienfaiteur, de son nouvel ami.

Pour mettre à exécution son dessein de terrasser le parti français et de subjuguer la ville de Liège , dont il importait à l'empereur de se rendre maître dans les circonstances présentes , pour la tenir tant que durerait la guerre, il parvint à nouer une négociation avec les ministres du roi d'Espagne et ceux de l'empereur : il écrivit ensuite à Ferdinand de Bavière , alors retiré à

fionn y qu'on tramait un complot pour lirrer la cité et le pays aux Français, lui désignant comme chefs de cette intrigue , La Ruelle et labbé de Mouzon. Dès-lors il s'établit des relations entre le comte et Tévêque pour déjouer, ou plutôt pour donner une apparence de réalité à ce prétendu complot, nécessaire aux vues de l'un et de l'autre. Le marquis d'Aytona , ambassadeur et gouverneur des armées du roi d'Espagne aux Pays- Bas , lui fit tout espérer de ce monarque, s il réalisait ion projet.

Pour miôur cacher sa perfidie, ce serpent, dit uii auteur contemporain , voulut choisir la saison de PasqueSf dédiée aux piétés et aux bonnes œuvres ^ mais en lui plus externes qu'internes ; aussi parut-il la se^ maine sainte se promenant par les églises , tenant son grand chapelet ^ faisant bien du Tnarmottetke avec un m^aintien de pénitent , mais avec un pas mesuré et si délicat qu'il sembloit fouler sur des roses. Assidu à cuir la prédication , mais ne faisant profit (ficelle que de t histoire de la trahison de J.udas qu'il voulut représenter dans r assassinat qu'il désignoit au jour de la Passion , pour le mettre à chef à la semaine de la Résurrection , tant il y a qm T esprit de Jud^is lui entra dèslors dans le cœur; aussi choisit-il l'occasion d'un festin propre à semblable trahison, et à cette fin il vint trouver le bourgmestre le jour de devant, sim,atin qu'il étoit encore au lit près de. sa femme; il alla donc rencontrer le Judas en robe de nuit, ne sachant pas la cause d'une si. matinale visite : ce fut là qu'il déploya tous ses fards à bien déguiser son traître convi,. que le dit bourgniestre le reçut sans soupçons et dit qu'il ne manqueroitpascTg aller.

Le lendemain , 16 avril 1637 (le jeudi après Pâques) , Grandmont, moine défroqué au service du roi d'Espagne , qui depuis plusieurs jours se concertait avec le comte de Warfusée, amena à Liège par des chemins

détournés , 65 hommes ^nviroii, choisi3 Qt bien armés » )a plupart d'Ârgentcau , Naivagne et Dalhem , garnisop^ du roi d'Espagne , et les introduisit dans une maison près de l'église St,-Martin, pour les y faire rafraîchir, çn attendant l'heure convenue. Il les y laissa , et vint entre neuf et dix heures du matin, prendre lés ordres du comte qui habitait une maison du chanoine Linter* mam, près dé l'égliçe St.-Jçan,

Vers l'heure du dînçr, le comte envoya son car^rosse au bourgmestre qui demeurait dans le voisinage ; m^is celui-ci l'en fit remercier , et se rendit à pied chez ce seigneur, accompagné seulement de deux domestiques, Jaspar et Nicolas, dont il ne garda que lé premier. La Ruelle en entrant, trouva le comte assis dans la cour sous une galerie, causant avec le chanoine Lintermans, qui courut aussitôt vers lui et l'embrassant avec une feinte cordialité : Soyez le bien venu, monsieur le bourgmestre^ lui dit-il; il le fit ensuite asseoir près de lui ; puis se tournant vers Jaspar : voilà mon camarade , Je cannois bien ce^tuy-là; et le faisant passer vers la cuisine, en riant, il lui dit : il te fçL^t faire aujourd'hui bonne chère , il te faut boire à la santé du bourgmestre La Ruelle. Peu après , l'avocat Marchand, les chanoines Nyes et Kerkhem et le chantre de St.-Jeçin , qui étaient dq nombre des conviés, arrivèrent successivement , et s'assirent sur le même banc que le bourgmestre et le comte. On annonça bientôt l'âbbé de Mouzon qui avait avec lui , dans son carrosse , 1§ barop et la baronne de Saizan avec leur fils ; le comte accompagné de ses quatre filles, yint aussitôt les recevoir gracieusement à leur descente de la voiture.

La table avait été dressée dans une salle basse, dont les fenêtres «garnies de barreaux de fer, étaient grillées. Çlomme il était midi , après les complimens d'usage , on donna à laver. : chacun prit place à la taBle qui était ronde; le comte de Warfusée près de la porte à côté de

iWMat- Mafrdiarid., Tià-à<^Yis â'èui, Tabbé de MoUîJDti et La Ruelle. Le dîner était copieux, et efa^cun y fit fête : de joyeUdr devù QÀrculsiient h la rande. Le comte demanda de suite des couper , disant qn^il était de si bonne humeur qf4(il se vouloit enivrer et guil convimt un chacun à le faire au^ù On apporta donc de grands ▼erres en forme de pâtes, et les ayant remplis : ii ft| santé du roi de France, dé Louis^ie^usie^ messieurs^ fi'éme-t-il, en se t^ournaîit verg l'abbé de M6u«on: tou6 se levèrent , et la tète découYèrte, burent à la santé de Louis XI!L Vers la fin du premier service ^ le comte de Warfusée paraissant rêveur > luTi des convives s'en aperçut et l'en plaisant^.

On avait à peiné placé sur la table le second «ervièe , ^que Gobert; ancien valet de chambre du eomte dont, il avait tjuitté le service pour se marier à Liège , entra dans la salle et li;ii parla à l'oreille. Âiis^itât qu-il se fut retiré; le camte s entretint tout bas avec lavoc^t Matrôharrd assis auprès^ de lui^

Pendant le dîner, tes soldats espagnols arrivés le niaftin en ville , conduits par Gifandmont , étaient des>^ oendas par le chemin qni communique de La porte St.-Martin à la rue de la Fontaihe : arrivés att ritage des Begards, ils avaient trouvé un bateau pour tra>^ v^i^er le bras de la Mettse qui coulait le long des rem^ parts' du quartier de Vlsle, et venaient de sintrodâii^e dans la maison du comte de Warfusée, par une petite pÀrte^ (dbmtanf sur la rivière), que Gobert leur avait ouverte--

Quelques inslans àpfèé , leâ convives à leiir grande surprise, virent- entrer dans la salle , un hommfedt haute taille , habillé d^une kongherline de vefoiim nbir, tenant une épée nue à la main, qui leur fit UAe pnoo fonde révérence ; c'était Grandmont , te moiîie défro*'' que; il s avança ensuite suivi dune vingtaine de soldats armés de carabines et de sabres. Lé comte leur

cria : fneifieurs , m faites tort à penonne. Pendant qu'ils cernaient. la table, d'autres soldats à l'extérieur tenaient leurs carabines appuyées sur les grilles des fenêtres et dirigées contre les conviés. Revenus de leur première surprise, chacun crut que c'^^i^ quelque chimériqtie invention du comte pour divertir la com* pagnifi , tant on avoit peine à soupçonner une telle des* hiauté au coour du dit War fusée. La Ruelle ainsi que tous les autres 9 ajant demandé ce que cela voulait dire, en voyant entrer ces. soldats dans la salle, le comte lui répondit ; ce n'est rien; que personne ne bouge. Changeant ensuite de ton : messieurs, vous avez bu tantôt à ia santé du roi de France ^ il faut m^aintenant crier : pive l'empereur et son altesse le prince de Liège! comme personne ne répondait ; quon m empoigne ce galant^ dit-il , en désignant Jaspar , qui se trouvait derrière son maître pour le servir à table. Sur quoi celui-ci répliquant : ^n quoy m>onseigneur , vous ay-je désobligé pour estre ainsy traité? S en est fait ^àx^W , il faut marcher. Ausisitôt que Jaspar eût été mis hors de la salle , le comte montrant du doigt le bourgmestre , ordonna aux «oldats de se saisir de lui; La Ruelle.se levant de table et mettant sa serviette sur son • assiette , s'écria : quoi, moi , monseigneur ? oui, vous, dit-il, et, M. tabbé de Mouzon et M. de Saizan aussi. Grandmont demandant qui était l'abbé de Mouzon , celui-ci répondit tout haut en; se levant : cest moi.

Pendant que les soldats eintrainaient de force La Ruelle hors de la salle, malgré sa vigoureuse résistance, et le conduisaient dans, la ooui;, les filles du fibmleiémtiQS vjvement duù pareil > traitement, supplièrent leur père en faveur du bourgmestre; mais irrité de leurs cris , il ordonna qu'on les tuât si elles ne voulaient pas se taire. Prenant alors la parole , le comte déclara qu'il n'exécutait que.les ordres de Sa Majesté impériale et de l'évéque de Liège, qui avaient assez

longtemps souffert des disarclres et trahisoni ^ui.se commettaient en cette ville au nom du mùérable qu'il venait de faire arrêter et parles intrigues des Français : qu'il fallait que la cité rentrât dans l'obéissance et qu'il y mettrait tous ses soins : qu'il savait bien par cette conduite , qu'il sacrifiait son fils, retenu prisonnier en France, mais qu'il se trouvait trop heureux de prouver aitisi son attachement à l'empereur, au roi d'Espagne et au prince Ferdinand. Après ce discours, il s'en alla, suivi de l'avocat Marchand, du chanoine Lintermans et de Grandmont, laissant les autres conviés sous la garde des soldats.

Arrivé dans la cour, où des soldats tenaient le bourgmestre, celui-ci en le voyant lui dit : en quoy ay-je mérité cela envers vous^ rnavez^vous invité à dîner pour m affronter de la sorte? Le comte répliqua : des cordes, des cotdes pour le lier* Vois^ ajoùta-t-il , en lui montrant plusieurs lettres , voici les ordres de Sa Majesté impériale, du prince^ardinal et de son Altesse ; crie merci à Dieu , car il faut que tU meures /.. Puis s'approchant de Gobert , cours chercher un moine pour le confksser, lui dit-il à voix basse , et reviens sur le champ. Gomme on ne trouvait point de cordes, un soldat offrit sa jarretière , et pendant qu'on lui liait lés mains, La Ruelle s'adressant. encore au comte de Warfusée : monsieur le comte, que vous ay-je donc fait f ce à quoi ce dernier répondit en ricanant : soyez tranquille, monsieur le bourgmestre , vous nousaiderez aujourd'hui à réconcilier le peuple avec le prince de Zti^. La Ruelle , les mains liées, regardant fort piteusement Jàspiar, celui-ci lui dit : monsieur, fay tou^ jours bien ditque ceci arriveroit...

On conduisit ensuite La Ruelle et son domestique dans une petite chambre , où l'on plaça une garde que le bourgmestre tâcha de gagner, mais inutilement. Warfusée vint lui-même examiner si sa victime ne po«-

TaiAiA6ciuipper, C«6i alors cpe La Kuélle lui adressa ^s paroles c E^*ce pou^ h serpiee ^que fay rendu A tnmfMîrie'qm vous mwtraite^ ainéjf9 Le féroce ôomte ne répondit rien et s'en afHa, »ne pouvant sans doute eiiteôdre sans émotion un reproché aussi aco^blan^ dans la bonehe de €cAoi iqui lui avait sauvé la vie. fmniédiatemeiit après , unisoldat eqtradans la cbambre et dit 'du malkeupeus: bour^gmestre : Monsieur \ songez à vùtre conscience, il fomt mourir. Hélas! répliqua La ^MfXïe j vous pouvez me sauver , pensez que la même fortunepeutvoîM-ùrriifer, nous sommes tous homTkes; com^ment avez-vous le cœurde me<massacrer , moy,qui ne vous ay Jêunms offensé ? Ces mois attendrirent les soldats. Us ^'écrièrent : li^mms faut faire ce que nos t>ffhiers commandent : pMt à Dieu que vous fussiez en liberté!

. RetiÉé^ousla galerie près d une fontaine^ Warfusée <s entretint avec lavoeat MarobafHl , lui monêrtmt force papiers, et faisant bien Fembarrassé/âle quitta pour aller tvoi'r à la porte; ayant aperçu Vaiïtre domestique du bourgmestre qui se tenait sur la place , il le fit entier , et le 'saisissant par le bras: Àh! irakre, je te tiens , lui jdita.il. Nicolas étonné lui répondit qu'il ne lavait jamais offensé, et fut laissé eous la garde de trois» ou jquMnre soldais.

&ev«snantvde nouveau -à la porte , le comte vît venir GobectiaBoompa^é du^P. làotoioé Evemi;d, religieux Jacobin; il le«ir ouvrit Iqi^mréme, et prenant "le reK* gieux par la main : Mon père, le bourgmestre La Ruelle est id, eMez fh confesser , ewr il va -éùre -mis 'à mort par ordre deiSa Majesté 4inpéffialê; à^quoi répondant , tout stupéfait d'une. pareille commission, qu'il n'eu feva^ rien, et 'que da«Heu«s, il n'en a<vi»t reçu ni le pouvoir ,:jii la^permission «de .son supérieur : ,£hi bien, qu'il meure sans confession, et quon le tue! répliqua Warfusée^Le bon religion tout ému » implora le comte

pour h fmve nKtUrir k te ptepe du botirgmèstAe ; a^en pimya»t vien ^hi^aiie , il vint pràs 4e Laf Ruielie, qui; aprà9 QpielqujBs parol^^ , le auppUa d'intercéder dé riour veau pQ»f l^i auprès dn oointe; mais^ ni ]m prières tottdbanti39, ni les supptieatiooa ne purent fléiàije ce ition^tre, alléguaCnt pour toute réponse qu'il fallait que ts hourgmeatce mcHirût po|ir là réconciliation de la Ifmifyeoim, k^ un^ avec les autres, et avec leur prmce»

Le ]P, Antoine Ererard najànt pu rien obtienix, re&tra, disant : Monsieur ^ s'en est fait^ songez à votre amsoimce. Bêlas / dit La Ruelle , fautrS qps j» périsse si misér^lflmmx^ ! Les soldats ne Toulàut point laiaset sortir Jasper ù» la iCJ^aiiibre oii se trouvais la bourgr; mestré , il obtint celte iaveur par Fautorité et le casédil de Gobert* Goninio il éti|U à la porfe , il aperçut le comte : Monsieur ^ luS dii*il, fe ne voua ay jamais desservi et désobligé pour estre tii ei gm'otté f Mon fils , \m IrépoUdî^ celui-ci, tu n'auras pas du mal, et tu tiendras avec moy auprès dé Sa Majesté impérmle; car il fout que tu m* assistes ici , et que tu déclares aux bourgeois qui viendront à ma porte, que h bourgmestre La JBùeUé est un traitre. Jaspar le suppliant de nour veau de le faire délier et de b faire sortir de la chambre ; Non, non, mon fils, il fmit que vqu$ demeuriez pri" sonnier pour ùbservèr les céréftionies»

loeontin^t i^pi;àSy le bourgmestre s'étant confessé au père Antoiqe Ëverard , peluirci se disposait à mr tournera son couvent, lorsque le comte dé Warfusée & tefèontparla chappe, kii ordonna décote point sortir, parce qu'il voulait se confesser aussi.

Les trois soldats eaiM)jés pour massacrer La Ruelle , alléguant qu'ils aimaient mieux .mourir que de tuer ua homme qui ne leur avait, lien fait : (Sobert, dit. le comie irrité , il n'y a ici que toi en quifaye confiance, va..,. MouMsigneur, je ne suis pas utk bmtrreau, jrér pondit celui-ci , chargez un autre de cette besogne.

Warfusée impatienté prit trois sdldutd , ^ lés- côti* daisaut lui-même jusqu'à la chambré ou se trouvait sa victime : Entrez bravement, leur dit-il, el massa^ crez ce traître l A ces mots, ies soldats entrent avec furie, se jettent sur La Ruelle et lui assènent quatre coups de bracquets sur la tête et sur les épaules : Ah ! messieurs, miséricorde, messieurs!... s'écrie^t^^il d'une voii lamentable; mais les bourreaux redoublent, et voyant le peu d'effet des bracquets dont ils se sei^ yaient... Mort Dieu, s'écrie l'un deux, nem^' ne ferons rien avec ces armes, il nùus fimt une bonne estocade^ Grandmont prêta la sienne, et les assassins s acharnant de nouveau sur le corps de la victime, lui portèrent plusieurs coups mortels dans la poitrine. Après qu'il eut rendu le dernier soupir, les soldats le fouillèrent et tirèrent de ses poches deux pièces d'or qu'ils remirent au comte. Ainsi périt La Ruelle, digne d'un meilleur sort , et regretté de tous ! ,

Pendant que se passait cet horrible drame , l'abbé de Mouzon protestait énergiquement contre la yiolatron du droit des gens qui avait lieu à son égard. Aux cris lamentables du bourgmestre , les filles de Warfuséé et les iiutres convives se mirent à pleurer; l'abbé de Mouzon de s'écrier : Ahl h traître , il fait assassiner le bourgmestre! fe père Jacobin entra au même instant, et leur raconta ce dont il avait été témoin. Persuadés quilà allaient subir aussi leur sort, quelques-uns. se confés^rent au religieux; entr'autres, le chantre de St.-Jean et labbé de Mouzon;

Quelques instans après , Warfuséé résolu , à ce qu'il paraîtrait, de faire prisonniers labbé de Mouzon, le baron de Saizan et les autres convives dévoués à la France, se présenta à eux, en leur annonçant que le bourgmestre était indrt, bien confessé et bien repentant de ses fautes, ajant résigné sa volonté entre les mams de Dieu et demandé pardon à l'Empereur et à

\Son Altesse^ En entendant ces mots , l'abbé de Monzon .Youlut se précipiter sur lui, mais il en fut empêché par les soldats. Il est donc mort, dit-il, «A/ traître que tu es\ on sait bien que tu es trop poltron pour entre-' prendre de lui âter la vie cPune autre sorte , elle t'auroit été trop chèrement vendus. Sur quoi le comte en se retirant, lui répliqua : Né sais^upas que je tiens ta vie et ta mort entre mes mmns? Je le vois bien, répondit labbé, mais pour un serviteur que le roi perdroit en mm, il en trouvera diop. mille qui vaudront mieuas que mm pour le servir; mais j espère bien vivre assez long^ • temps pour te châtier comms tu le mérites !

Rentré sous la galerie cm se trouvait lavocat Mar- .chand depuis le commencement de ce dénouement, "Warfusée fit appeler les chanoines Njes et Kerkhem et leur remit à chacun des lettres cachetées adressées aux différens chapitres de la cité. Après cette opération terminée, les chanoines sortirent, et le comte continua à s'entretenir, avec l'avocat Marchand.

Une certaine agitation commençait à se manifester dans la ville : le bruit s'était répandu que des soldats : espagnols avaient traversé le bras de la Meuse qui baignait le rempart de l'Isle , l'un des parens du bourg- ;mestre La Ruelle, sachant que celui-ci dinait ce jourlà chez Warfuséê, dans l'appréhension que ces soldats ne fussent peut-être venus pour enlever son parent , courut aussitôt vers la place St.-Jean, où il trouva un groupe assez nombreux de bourgeois, devisant entre <eux sur le bruit qu'on y avait entendu , et le com- . mentant de mille manières. Ge jeune homme , sans plus tarder,. frappa violemment à la porte de l'hôtel du comte, et demanda si le bourgmestre n'y était pas. Après quelques instans d'attente, Warfuséê accompagné de Grandniont qui le tenait par son manteau , vint à la porte , la lui fit ouvrir et le laissa entrer avec plusieurs autres bourgeoisi II les conduisit dans le

jardin , et leui* dit dors r II fûui ^ finir ; eh ! Imn , ftieisieurs, que vdulez^'Vouê être, François, Eêpaghoh, JSolhthdois? Vtais Liégeois et néutrauéâ, Ini répondireot41s« Eh ! tnoi aussi, répliqua War fusée; puis bontifluànt ^r le même ton : Que diriez^iftmi , si h bourgmesifie La Ruelle avait vendu votre pays et ctté et la devoù livrer au ^unscCaoust aiUp Frdnfkns? Gomme ik se réfusaiènf de croire à une perefille insinuation , lé Gonkte leur démanda s'ils reednnaîtrâièfit bien sa signature? Très^bien^ dirent-ils. War f usée tirant alors quelques papiers de sa po<^e ^ ietàez , n'est-ce pas là sa àignaturef Ge à quoi lés bourgeois répondirent négatitement , a jaiit reoc^nu là main du coloite. Peu importe, au reste, répartit violetn oient celui-èi, meàsieurSy cest tout un, foi ordfie de Sa Majesté Mpériale et de mon prifDce de le faire mafurir^ et il est mort; Je (ai fait coh fesser auparavant, et fé tiens ici MM. de Mouton et de Saizan prisonniers i A ces metây les bourgeois troublés, s'écrièrent : Ha! monsieur^ que niouS dites-^ous i es^il possible quil soit mort f Pour Bféu, laissez^noûs sortir f

La foute grossissait de jllils en plus devant la maison du comte ; quelques peilsonneà apprenant que d'autres étaient entiSèes , frappaient à doups Hsdofublés sur la porte et cherchaient à Vébraiilerv maië elle étcfit gdrdéb par le Bourguignon Grandmont et fermée à double serrure et {>ar une grosse baifre de bois» Les bourgeois et le cousin de La Ruelle entendant tout ee bruit ^ l'un d'eux tnonta jusqu'à la grille qui couronnait la muraille de la cour, et dit à ceux du dehors i Messieurs, ce néstrien, noué sortirons à cette heurè^^et nous vâus dirons ce que cest*

Warfusée , déçu de ses folles espérances , perdant son assurance à mesure que les mur^iiured du peuple redoublaient , itnplora la pitié des bourgeois [iour lui sauver la vidt Gomme ceux-oî voulaient le conduire

a'vee eut vtfrs les bourgitisstres», Orandinotit: s'jr ép-« posa.

Lorsque les bourgeois furent dehors et qu'ils eurent raeoDié ce qui venait de se passer i Bourgenrih de Uége, d'écria aussitôt 1 un dreus pacrenu à se hisser sur une borne I le bourgmestre La Ihêeéleett Oêmssiné, courons 0usf armes ! Des hurlemens âffreujiy.des isnptécations tecriUes aceueilUront celte énergique dédaration ; oir La Ruelle était aimé de tdusw Les uils se précipi-^ tèrent de nouveau vers la porte peur Tébranler; d autres se di^iersèrent dans- la cité, vociCéranA aveé fureur : sus, sus , bowrgeois, prenez vos armssy on a assasêimé notre bourgmestre / D'autres coururent v)er8 la Sauvenière alBn de pénétrer chez 1 assassin en tra-«> versant la Meuse et en escaladaM les murs des jardins avoisinans. L'agitation , le tumnlle fut à son coinUe 1

Le coiBte désespérant de son salut et voyant l'avocat Marchand l'abandonner, ooniraanda à Jaspar d'an-» noncçr au peuple que La Euelle était mort pour avoir trahi la patrie^ Ce loyal serviteur fit semblant d'exécuter cet ordre, mais voyant les mousq%tetons dirigés contre lui : monsieur, retirez^vous ^ car voilà la bourgeoisie qui tient les armes^ Le comte se retira alors Vers la galerie ; Jaspar, Nicolas et le grand caros* sier parvinrent à l'aide d'un boyau , à rompre plusieurs barreaux de fer, et se sauvèrent dans les cloîtres de St^-Jean.

Les bourgeois étant parvenus, après bien des efforts, à escalader les murs do jardin et à faire tomber la porte « le peuple se rua sur tous ceux qu'il trouva dans la cour. L abbé de Mouzon parut à l'une des fenêtres et criii aux bourgeois : messieurs ^ sauvez-naus , SébcMien La Ruelle est assassiné, et nous-mêmes sommes en danger de mort ! Conduits par leeousin de La Ruelle, ils se précipitèrent donc dans la salle (où se trouvaient les convives qui s'étaient tous confessés , attendant

leur dernière heure, la mml à chaque instant),^ et massacrèrent sans pitié les soldats qui s'y trouvaient» L'abbé de Mouau>n9 sans perdre de temps, prenant avec lui les filles de Warfusée dont toutes les instances pour sauver l'infortuné La Ruelle avarient été inutiles , les conduisit ainsi que les autres convives à travers le jardin , , leur fit passer le bras de la Meuse ^ et parvint, aidé de quelques bourgeois, à tes amener tous sains et saufs à Thôtel de ville, tandis que le baron de Saizan, resté dans la maison, pénétra avee le peuple dans toutes les chambres. Arrivés à Tendroit où reposait le corps ensanglanté de La Ruelle, ce ne fut qu'un cri d'horreur à la vue d'un pareil spéctacte : tous se sentirent profondément émus.

Les soldats espagnols , après une vive défense , dans l'espoir d'avoir la vie sauve , rendirent enfin leurs armes et livrèrent Warfusée plus mort que vif et couché sur un lit. Apercevant le cousin de La Ruelle : ah! mon ami, \uï cria-t«il, sauvez-moila vtô, conduisez-m^i près des bourgmestres! Oui, traùrë , je t'y conduirai, répliqua celui-»ci, mais avant tout^ cèmne^» niai les papiers que tu m* as tantôt mxmtrés. Il allait répondre , mais le peuple se précipita sur lui , le traîna dans la cour; arrivé à la porte de la maison, il reçut au côté un coup à'estoc qui le fit chanceler et tomber sur ses genoux ; il se releva, un coup de hache à la tête le renversa de nouveau , alors la populace furieuse l'accabla de coups : après l'avoir traîné dans les rues, elle attacha sojn cadavre à une potence élevée sur le Marché : oA lui coupa ensuite la tête et les bras, pour les exposer aux difiérentes portes de la cité. Deux jours après sou corps fut brûlé et l'on en jeta les cendres dans la Meuse. Grandmont, complice de Warfusée, . éprouva le même sort; et de toute sa troupe, deux soldats seulement parvinrent à s'évader.

La mort.de La Ruelle out le comble à l'anarebie.

Pendaot plusieurs jours, la popiilaoe excitée et cofiduite par les partisans de la France , se livra aui plus horribles excès. A l'instigation de l'abbé de Mouzon et de. la baronne de Saizan , l'avocat Marchand et l'échevin Théodore de Fléron, tous deux jurisconsultes habiles jet d'une probité à toute épreuve, furent massacrés avec un raffinement de barbarie inoui. Un homme d upeuple se jeta sur le cadavre de l'échevin de Fléron , le déchira, lui arracha le bras, en êuça le sang et en mâcha la chair. Le prieur des Carmes Déchaussés ayant été soupçonné d'être leur complice , la populace , ayant à sa tête le capitaine Joseph, de la chaussée de Saint- Léonard, et un chanoine, envahit leur couvent, le pilla , et profana l'église et les tombçaux , entr'aotres , celui du comte de Bellejoyeuse qui en était le fondateur : elle assouvit ensuite sa rage sur les PP. Jésuites, poignarda le recteur, blessa plusieurs religieux, chassa les autres de la ville , et pilla la sacristie et les meubles du collège.

Le corps de La Ruelle trans|)orté de la matsdn dli comte de Warfusée à l'église cathédrale , y demeura exposé pendant deu:i^ jours sous la grande couronne. Il fut ordonné qu'au jour fixé pour l'inhumation, les magistrats, le clergé, les. métiers et tous les citoyens accompagneraient le corps , que les églises primaires et secondaires , les cloîtres , les couvens , les abbayes , les paroisses feraient sonner toutes leurs cloches de la mor mère la plus solennelle. .

Le corps fut transporté processionnellement et en grande pompe de la cathédrale à l'église paroissiale de St.-Martin en Isle, et enterré dans la chapelle de St.-Roch à côté de la tombe de Beeekman I Pendant cette imposante ejt lugubre cérémonie , des pteurs se répandaient non seulement par les femmes , par les filles, mais encore par. les hommes mêmes et les vieil^ larfhép:. La c\\é a^çordsi undonatif de 2^»000 flo-

tinë brdbanl à la veuve de La Ruelle et déèora son fib de la dignité de conseiller ordiiUHre, Les métiers firent faire » en la mémoire de La Ruelle^ deê peintures Et des pôttraits dé son effigie après qu'it fut meurtri.

Pour rendit an hômmagei édaiant k la mémoire de la Ruelle , et pfouvef à l'èm|Mfe^ et à rËurope la faus^ deté des impiftaticni^ débitées par le^ partiiifm» de Fer*ditfand de Bavièfe, ôti fit le jouf def Im Féte^^Drey la eérénionie du serment dé la neutralité, à laquelle as^ suèrent la généralité du peuple ^ le» trenrte^deU]É métiéï« , le clergé primaire et ^c<mdaire, le» trente^euit ourés des paroisses de la ville et des faubourgs, et tùvê» lès ordfes religieui qui en avaient été animés par les chefs du peuple. A eet effet, on éleva nn atitel au milieu de l'église 9f ««Lambert , dans rendroil même où avait été esposé tout récemmeui encore le corps em^ sanglante de La Ruelle , et Ton j plaça dessus le St.-Saerement.

Au jour de la fête , tous se rendirent à Téglise catbédi^te : Uë trente-deut métiers rangés en ordre au pied d^ cet autel , joignant leurs drapeaux en forme de erûia, et letant la main , tours gouverneurs prononcèrettjt à haute voit le serment suivant : Nous pr&meêtênà el jurons devant Dieu et le St.'^Saorement de Fauiêl, de vivre et mourir dans la religion ca4hoUqu^y de û&n^ server d* une âme invincible nos droits, privilèges, im^ munitéSé,. la itBBRTéi et surtout la nEttRAirrà apeô tous états, princes, puissances..^* , et de rester à jamais VEAis, BONS ET LOTAtx ii£âBois..< Nùus jurons de poursuivre suivant la loi tous déUts^ désordres, surtout ceus qui se commettent envers les bons citoyens quand ils défendent la patrie, et particutièrernsnt F horrible forfait commis dans ta personn/e du seigneur de La Muelle de précieuse mémoire! Ainsi nous aide Dieu présent à ce Saint-Sa^cremsnt... Tous répondirent a/men, amen, vi^at! Cinquante mille voix sa dehofs tépé*-

— 499 -^ tètent le màne senpent avec le pflua Vif enihotiw

Après la mort àe Tiiifûrtuné La Ruelle «^ le terdtncllinfant , goUverûeuf de» Pays-Bas ^ é<5riyil* àiH magklrat et eonseil de la oité pou^ len |)t'éYimi]f% qUe lés FraR«çiiis^ d'intelli^iioe areùloêliêgeoisproiorii^ et rebéUes, avaient formé iin côlnf^lot pour se rendre maîtres de la cité , et leisr offrit les »$tvice& de S. M. calhdlkpitf . L'àbbé de Moiizoïf cpA en fut atiêrli r informa le m»» gtâtrat et le coitseil , qu'il leur réitéi^it da nonveau ks inteifttions fàtorabtes du roi de Fratice à leur égard : que ee prétendu complot de sa part u'eiistait qub dtmé lifAagihUtiM dk$ Espagnole » qui avaient fdr^ ee iraii de malice pont rendre la tiation française odîeilse aux Liégectis; et pa^ ce noloyen colorer Tassai aidât commië pat leurs inifigues eii la personne du ]»oui^mestre Îa Ruelle , dont S. M. T.C avait ténaioigné publiquement s(a douleuir, tandis que les Espagnols ûoli contetis d'avoir envahi une paHie de la prindifpauté de Liège ^ avaient voulu s'emparer du reste , en entrant dans le cœur de la capitale , par uti crimie ^i sera détesté à jamais par toutes les natiods ; au lieu que les Liégeois pouvaient compter sûtMtent que la France les assisterait de toutes seë forces contre les Espagnols , dès qu'il en serait besoitit C'est ainsi que les uns et les autres seinUaient flatter la neutralité du pAjSy pour la faWe abandonner des JUégeoie à leur propre avantage^

Lors de la démôlitidu de l'église St-Hailin en 179d, on découvrit le corps de La Ruelle et il fut trouvé intact : le peuple courût en foute pour le voir^ et se disputa les lambeaux de ses vételtién^ qu'il conserve enéoi^e aujourd'hui aVec vénération^

. On trouve dans lea ouvrages suivatis , Tes détails ciiE*constanciés de la mort de La Ruelle : V Histoire iragic^ise au rekrisxm ^ér^ble de tout ce qui se passa cm

'êragicque banqttet Warfinwen^ font de t a^scUf^mat commiê en la personne de feu le sieur Bl de La RueUe de glorieuse' mémoire, qu'attenté es personnes des sei' gneurs abbé deMouson , estant en kt ville de Liège pour 4e service de S^ JUé Très-^Chrestienne^^ du baron de Saizan, etc., etc., par' les traistreuses menées du des' hyal René Renesse , comte de Warfktsée, etc. in-4". Imprimé chez Christian Ouvrëx. Liège, 1637 , avec une gravure en taille-âouce de Henri Noël Natalis , reprâentant La Ruelle mort , étendu sur un lit ^ :2* Lé Mercure françois , tomeXXII*, 1638 «nriron; 3* Mémoires d histoire critique et de littérature, par Tabbé d'Ârtigny, tome IP, page 322. L^brégé historique que cet écrivain en donne est très-intéressant; -4* Le Voyageur françois, par l'abbé de La Porte; *5' Vox sanguinis Joannis Merùantii et Theodori Fh' rontùû contra eos qui in viam Gain abierunt, et Balaam merçede effusi, illum effuderunt in contra^ dictione coreperituri. Auctore Dtdaco Veridico belgâ, sacrarum, litterarum professore. Sans lieu ni date, în-4** de 24 p* , ouvrage très-rare ; 6* Déclaration du P.. Antoine Everard, confesseur du bourgmestre La Ruelle ; 7** Le Jugement et censure du portrait raccourci de Laroque. Liège, 1645. Ce Laroquè était un Français , qui , obligé de quitter sa patrie , vint se réfugier à Liège , et vendit , pour vivre , sa plume au parti des Grignoux ; S"" Relation de t assassinat de La Ruelle, par Jaspar son domestique et témoin oculaire ; 9** La voix du peuple Liegoy y etc. Liège , 1637, in-4*; 10* Foullon, dans son Histoire de Liège; IV Recueil de pièces peu connues, par de La Place ; 1 2" £c banquet de War fusée ^ ou le meurtre de Sébastien La Ruelle , par M. L. Polain. Liège, 1836, in-8'' , inséré dans \à Revue Relge ^ 2** année, p.. 181, avec le portrait lithographie de La Ruelle*

M. Théodore Weustenraad est l'auteur d'undrauie historique intitulé : La Ruelle. Liège, 1836^ in-18.

Fl^nçois de La Ruelle/ fils unique du précédent,' fut échevin de Liège, et mourut dans cette ville, en 1709, sans avoir été marié.

1637. LAPIDE {Gormlius à), ou VAN DEN STEEN , doete et pieux jésuite , naquit à Bucold, village de la principauté de Liège , au comté de Looz : orateur élo^ quent , philosophe et théologien profond , et très-versé dans l'histoire , il joignait à ces connaissances celles du grec et de Thébreu.

Après avoir professé, pendant plus de vingt ans c^le dernière langue avec beaucoup de célébrité à rUeâversité de Louvain, où il remplissait en même temps l'emploi d'interprète de TEcriture Sainte , ses supérieurs le firent venir à Rome , où il donna au Collège Bomain , pendant plusieurs années, des leçons sur VEcriture Sainte^ dans lesquelles il s'attachait par* tieulièrement au sens littéral.

Il nous apprend èntr'autres , dans un passage de ses Commentaires sur la Genèse, que quelques juifs croient qu'Adam eut avant Eve, LiÛt pour femme, pendant 130 ans; et que de ce mariage , il ne naquit que des dénions.

Ce laborieux professeur était d'une santé délicate et d'une très-petite stature. Il fut souvent appelé à l'honneur de haranguer le pape. On raconte que , dans une de ces occasions, ajant commencé son discours à genoux, et le Saint-Père lui ayant dit de se lever, sa petite taille , après qu'il eut obéi , fit croire au souverain pontife qu'il était re^té dans là même posture, en sorte que le pape réitéra l'invitation. Cornélius ayant compris la cause de ce nouvel ordre, dit avec modestie : Bèatissimé Pater, ipse fecit nos^ et non ipsi nos.

Ce savant Jésuite , après plus de 4Q ans consacrés à l'étude des livres saints, et à l'exercice de toutes les^

vertuB, moprat à Rome, le 12 mats 16S7| âgé de 71 ans.

Ses vertus et sa charité le reDdieent un objat de vénération pour le Collège romain. Son humilité était telle y quil se regardait comme le plus ignorant et le plus «iiQplfi de tous les hQromçs : c Verè et in oons- »€ientià meâ stultissimus virorum ego sum , et sapientia •homioum npn est niecam. Sum puer pavvulus n«fr* «ciens iotroStum ict eiîtum meum ; jira penè à qua^ idraginta annis huic studio incumbo^ triginla annis »nifaîl aliud âge , quin et oontinue sacrés titteras doeeo, 9et tamen sôitio quàm parùra ptolecertm. » AÎBsi s'/espf imait et pensait cet humble religieux , selon le témoignage de Ph. Alegambe.

Camelius à Lapide a laissé des Cknamêniairèê fort •stioiés sur tous les li vises 4^ 1* Bible : celui s<|r les Psaiimes est demeiuré imparfait ; tous les autres ont paru séparément à Anvers, de 1618 à 1642. Anvers, 1607 et wiv. y 1 1 voL ip-^. Ils ont été souvent réimprimés à P^ris et à Lyon» Cki les a réunis en 16 vid« imnt. Yfnise, 1711. Lyon, 1732.

*1687. KATÀLIS (5cnr» Noët), graveur, né h Liège. On 9 de lui plusieurs pièces d'un excellent goût. I) a gravé en taille-douce le portrait de La Ruelle, bourgmestre de Liège , assassiné en 1637; on le trouve dans la relation âxï. meurtre de ce magistrat, imprimée sous le titre suivant : Histoire trqgtcqtie qu relation eéritahle de tout ce qui se pas^a au tragicque banq^eû Warfuzéenj etc., etc,, extraite des dépositions mises en garde de hy , ensemble (fe plusieurs lettres, esprits et signatures, trouvées, tant sur la personne dudpt C. qu'ailleurs, etc. }iiége, 1637, in-4*'. -Cet opuscule est devenu très-rare.

1687. BËBflJS (Philippe), né dam la Campine Uégtoiae, entra dans la sodété de Jésus .en 1580, et

mourut , en 1637» à Tàge de 68 ans ; il passa une partie de sa YÎe à Cologne. Ses écrits sont :

1" Porta cœli et Scala Jacob; 2** Scala virtutum ; 3* Antidotum spirituale : 4** Flores meditationum ; ô"" De triplicivi , purgativa, illuminativa et unitiva; 6" De triplici examine conscientiœ; 7" Schola affectuum; 8* Tractatus spiritualis deprœsentiâ Dei ; 9° Scientia mysticaspiritualis; 10"" Prœparatio adfelicem mortem; W De renovatùmetnterioresodalis Mariant; 12** Trac* tatus asceticus de militiâ spirituali; 13" De Peregri^ natione vitœ humanœ ac filiorum Dei.

* 1637. DROMAL (Jean), chantre de 1 église collégiale de Ste.-Groix , à Liège. On connaît l'ouvrage suivant de sa composition :

Convivium musicutn in quo binis, ternis ,quatemis, quinis et senisvocibus, necnonetinstrumentis recolitur, cum basso continuo. Anvers, 1641 , in-4'*.

* 1637. BERTHOLET (Laurent) , conseiller de la cité de Liège , publicisle et chronologiste. Il fut chargé, en 1622, de défendre les libertés de sa patrie contre les empiètemens de Tévêque Ferdinand de Bavière. Il se livra, à cet eflTet, à des recherches pénibles sur les anciennes chartes, oii se trouvaient contenus les droits de la cité de Liège. Son travail qui forme un recueil curieux et intéressant pour l'histoire , fut publié sous le titre de : Consilium Juris resolutum. Liège, 1644, in-4".

* 1637. HOYOUX (Bertin), peintre né à Jupille près de Liège, ancienne résidence des Garlovingiens, excellait surtout dans les portraits , qu'il faisait d'une ressemblance admirable. On ignore les circonstances de sa vie.

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