Le Tableau Parlant
14** Sylvain , en un acte , 1770.
15' Les Deux Avares ^ 1780.
16* L Amitié à F épreuve, en deux actes, 1771, réduit en un acte, 1776, et remis en trois actes, en 1786.
17* Zémireet Azor^ en trois actes, 1771.
18' LAmi (k la maùon , en trois actes » 1772.
1 9** Le Magnifique , en trois actes , 1 773.
20* La Rosière de Salency, en quatre actes, puis en trois , 1774.
21* La Fausse Magie , en deux actes , 1775.
22° Les Mariages Samnites , en trois actes « 1776| repris en 1782 , avec changemens.
23*" Matroco , en quatre actes , 1778.
24** Le Jugement de Midas , en trois actes, 1778^
25** Les événemens imprévus , en trois actes , 1 779.
26"* Aucassin etNicoûtte , en trois actes , 1780.
27'' Thalie au Nouveau Théâtre , prologue pour louverture du théâtre Favart , en 1783.
28* Théodore et Paulin, en trois actes , représenté sans succès, le 18 mars 1783 , remis au théâtre avec beaucoup d'effet , le 24 juin de la même année ^ sous le titre de VÉpreuve Villageoise ^ en deux actes.
29* Richard Cœur-de^Lion . en trois actes , 1784»
30* Les Méprises par ressemblance, en trois actes,
31* Le comte d* Albert , en deux actes , 1787.
32" La suite du comte d'Albert, en un acte , 1787.
33* Le Prisonnier anglais , en trois actes, 1787 > remis au théâtre, en 1793, avec des changemens sous le titre de Clarice et Belton.
34* Le Rival Confident, en deux actes , 1788, sans succès.
35* Raoul Barbe^Bleue^ en trois actes , 1789.
36* Pierre-le-Grand , en trois actes, 1790,
37* Guillaume Tell, en trois actes ,1791.
38* Basile , ou à trompeur trompeur et demi , en un acte , 1792.
39" Les Deux Couvens , en deux actes , 1 792.
40* Joseph Barra , en un acte , 1794.
41* Callias , ou Amour et Patrie, 1794.
42* Lisbeth, en trois actes , 1797.
43"* ElUa, en un acte , 1799 , au théâtre Fejdeau*
44" Le Barbier de village , en un acte , 1797, à l'Opéra.
45"* Céphale et Procris, en trois actes , 1773.
46** Les trois âges de topera , prologue dramatique, en 1778.
47'' Andromaque , en trois actes , 1780.
48"* Emilie, en un acte, 1781.
49" La double Epreuve , ou Colinette à la Cour , en trois actes, 1782.
50^ L Embarras des richesses, en trois actes, 1782.
b\^ La Caravane du Caire , en trois actes , 1783.
52" Panurge dans tlle des Lanternes , en trob actes, 1785.
53^ Amphitryon^ en trois actes . 1788.
54" Aspasie^ en trois actes , 1789.
55" Denis^le^Tyran , maître d'école à Corinthe^ en trois actes, 1794.
56" Anacréon chez Polycrate, en trois actes, 1797.
57" Le Casque et les Colombes, en un acte, 1801.
58" Delphis et JUopsa^ en trois actes, 1803. Outre ces ouvrages , Grétry a écrit pour la cour en 1777 :
59" Les Divertissemens d'Amour pour Amour, comédie de Lachaussée, sur des paroles de Laujon.
6U" Les filles pourvues, compliment de clôture pour la Comédie Italienne.
61" Momus sur la terre^ prologue donné au diâteaa de la Rocbeguyon. Il a laissé aussi en manuscrit les partitions d'opéras non représentés dont le noms suivent :
62" Alcindor et Zaîde , en trois actes«
63" Ziméo , en trois actes.
64" Zelmar ou F Asile , en un acte.
65" Electre , en trois actes.
66" Diogène et Alexandre , en trois actes. 67" Les Maures d'Espagne , en trois actes*
L'auteur de l'article Grétry ^ dans la Biographie universelle et portative den contemporains , dit que M. Frej, éditeur de musique, a fait graver de nouveau, en 1823, trente-deux des meilleures partitions de ce compositeur célèbre ; c'est une erreur. Les planches doDt on s'est servi pour cette publication sont celles des anciennes éditions; on a seulement rafraîchi les frontispices. M. Castile-Blaze a donné, en 1827, un Choix de morceaux des opéras de Grétry , arrangé avec accompagnement de piano , sous le titre de : Grétry des concerts,
GRÉTRY (Lucile) , ^\\c du précédent, naquît à Paris vers 1770 , et apprit la musique sous la direction de son père. Elle n'était âgée que de treize ans , lorsqu'elle composa la musique du petit opéra intitulé : h Mariage d'Antonio ; cet ouvrage fut joué avec succès à la Comédie Italienne , en 1786 ; l'année suivante , cette jeune ùlle donna au même théâtre : Toinette et Louis, qui fut moins bien accueilli. Elle se maria vers le même temps , ne fut point heureuse avec son mari, dentelle n'eut point d'enfans , et mourut à la fleur de Tâge, en 1794. La partition du Mariage d* Antonio a été gravée.
Q^iKÏKÏ [Andréa Joseph), neveu du compositeur, naquit à Boulogne-sur-Mer , le 20 novembre 1774 , aveugle presque de najssance, et littérateur sans talent, il passa presque toute sa vie dans un état de malaise et de souffrance dont son oncle aurait pu le garantir si, moins complètement égoïste, celui-ci avait voulu faire usage de son crédit, pour lui faire accorder par le gouvernement quelque portion des secours destinés aux gens de lettres malheureux. Tombé dans la plus affreuse misère, cet infortuné est mort à Paris, d'hjdropisie , le 17 avril 1826. On a de lui plusieurs comédies jouées sur les théâtres secondaires , quelques
romans bientôt oubliés , et des livrets d'opéras mis en musiques par son oncle , mais non représentés. Il n'est cité ici que pour une détestable rapsodie intitulée : Grétry en famille^ ou anecdote» lUtéraire» et mun» cales , relatives à ce célèbre compositeur, qu'il publia à Paris , en 1815 , 1 voK in-8**. On connaît aussi sous son nom quelques romances dont il arait fait les pa« rôles et la musique.
FL\MAND-GRÊTRY (Louis^Victor), né le 26 noyembre 1764, à Fère en Tardenois (Aisne), commença ses études à Mantes (Seine-et-Oise), puis entra chex les religieux de Sainte Genevièvre, qu'il quitta pour passer chez les frères de la doctrine chrétienne. Bientôt dégoûté de cette carrière, il l'abandonna pour le commerce , et finit par se faire marchand de meubles et tapissier. Il s'était marié en 1787 , mais son caractère difficile et tracassier le conduisit à demander le divorce après sept années d'union conjugale, et quoiqu'il fut père de sept enfans. 11 l'obtint en 1794, se remaria peu de temps après, divorça encore, reprit sa première femme dont il se sépara de nouveau , puis sa seconde, qui eut le même sort, et enfin épousa la nièce du compositeur Grétry, dont il joignit le nom au sien. Fier de cette alliance, il finit par se croire lui-même artiste et poète. Après la mort de l'oncle de sa femme, il acheta l'Ermitage, petite propriété située près de Montmo* rencj, et illustrée par le long séjour que J. J. Rousseau et Grétry y avaient fait tour-à-tour. M. Flamand conçut le projet d'ofi'rir le cœur de l'artiste renommé aux magistrats de la ville de Liège, sa patrie. Par une incurie qu'on a peine à comprendre, les autorités municipales de cette ville laissèrent plusieurs mois sa lettre sans réponse, et finirent par lui écrire que son offre était acceptée , et qu'on le priait d'envoyer la relique par le prochain courrier. Irrité de celte irrévérence , M. Fia-
-^ 651 — mand prit la rédolution de faire élever à TErmitage un monument où CCS précieux restes devaient être déposés, et fit de grandes dépenses pour la réalisation de ce projet, mais sept ans après, et lorsqu'il ne songeait plus à loffre qu'il avait Faite aux habitans de Liège, ceux-ci se réveillèrent et firent réclamer l'exécution de l'engagement qui leur semblait avoir été pris envers eux par M. Flamand, Celui-ci mit alors autant de chaleur dans sed refus qu'il avait mis d'empressement dans son offre. Des plaidoiries s'ensuivirent , un jugement du tribunal civil de Pontoise, plusieurs arrêts de la cour rojale de Paris , un arrêté de conflit du préfet de police » une ordonnance du roi qui maintint le conflit , des nouveaux arrêts de la cour royale de Paris, des ordonnances de référé, une décision du ministre de l'intérieur en faveur de H. Flamand , et enfin un arrêt du conseil d'état qai lui fit perdre sa cause en dernier ressort, donnèrent lieu à des dépenses considérables qui lui enlevèrent la plus grande partie de ce qu'il possédait. Environ quinze ans après l'offre qui en avait été faite par lui , le cœur de Grétrj fut enlevé de l'Ermitage pour être transporté à Liège. II. Flamand a fait imprimer un long récit de toutes les tribulations que lui ont causé ce singulier procès, sous ce titre : Cauêe célèbre relative à la con^é" cration du cœur de Grétry , ou précis historique des faits énoncés dans le procès intenté à son neveu Flamand-Grétrj par la ville de Liège , auquel sont jointes toutes les pièces justificatives. Paris» 1824, in-4'* de 63 pages, avec 31 pages de pièces justificatives. On trouve dans ce volume le portrait de Grétrj, le fac nmile de son testament et d'une de ses lettres , enfin des vues lithographiées de l'Ermitage et du monument qui s y trouvent. On a aussi de M. Flamand un poème en huit chants intitulé : tErmUage de J. J. Rousseau et (te Grétry , avec un prologue, des noies historiques sur le compositeur j etc. Paris, 1820^ uu vol. iu-S".
Ces quatre notices sont extraites littéralement da tome IV"* du grand ouvrage de M. Fétis, qu'il publie sous le titre de : Biographie universelle deë musicien9 , etc. , etc.
On trouve un éloge historique de Grétrj prononcé à la Société d'Emulation de Liège, par M. de Gerlache, qui est inséré dans les prooès^verbaux de cette Société.
1813. DENTS (Mathieu), né à Liège en 1738, était à peine âgé de huit ans, lorsqu'il perdit son père qai était organiste de la collégiale de Saint*Denîs de la même ville. Le jeune Denjs , témoignant avoir les plus heureuses dispositions, les chanoines ne balancèrent pas, malgré son bas âge, de lui accorder la place que son père et son aïeul avaient successivement occupée avant«lui. Il ne démentit point la bonne opinion que ses bienfaiteurs avaient conçue de lui, et il s'appliqua avec tant de soin et de persévérance, qu'il devint, en peu d'années , l'un des plus célèbres organistes du pays de Liège. Il possédait la basse-continue au premier degré; il charmait les connaisseurs par la délicatesse de son toucher , et par la grande variété de ses idées qui étaient brillantes et majestueuses. Denjs avait embrassé l'état ecclésiastique; il était curé de la paroisse de Saint-Gangulpbe, dans sa ville natale, et en remplissait dignement les fonctions, lorsque, par suite de la révolution , qui devait tout bouleverser , il fut privé de cet emploi. II mourut à Liège, le 9 avril 1813, à la suite d'une attaque d'apoplexie , à lâge de 75 ans. Il a laissé en manuscrit plusieurs messes de sa composition, et une quantité considérable d'autres morceaux de musique qu'on se plaît encore à répéter.
1813. DONY {Jean-^Jaeqves^Daniet), naquit à Liège, le 24 février 1 759. Il mérite la reconnaissance de ses compatriotes, comme auteur de la découverte du zinc,
~ 66S — à l'élat métallique, et par rétablUsement d'une indu^« trie nouvelle , dont aon pays recueille les nombreux avantages.
Avant liiif on n'avait point essayé d'eitraire le zinc de la calamine. Devenu en 1805, concessionnaire de la mine de la Vieille-Montagne (au village de Mpresnet, sur la route de Liège à Aix-la-Chapelle) , il s'empressa de restaurer les bâtimens, canaux, bures et machines de cette importante exploitation , et lui imprima une activité remarquable. A la calcination de la calamine, au feu de bois , il parvint à substituer la calcination au feu de bouille; ce procédé plus économique, fut reconnu, en même temps, préserver mieux la substance du zinc, qui se volatîssait et s'évaporait moins que par l'ancienne méthode. Déjà, avant d'obtenir cette concession, Dony avait réussi, dans divers essais, à extraire du véritable zinc métallique de la calamine et était parvenu à la fusion et au coulage en grand. Rien ne fut épargné par lui; il sacrifia, en expériences réitérées, et pendant plusieurs années, des sommes considérables, et ne se rebuta point d'une infinité d'accidens. Il essaya, à grands frais, des fours et des creusets, d'une quantité de formes et dimensions; il s'entoura des conseils des meilleurs fondeurs et chimistes, qu'il encouragea et salaria généreusement; sa persévérance fut extrême ; elle ne fut couronnée d'un entier succès , que vers le mois de septembre 1808; c'est alors, que par ses procédés particuliers, le zinc sortit, enfin, pur, de ses fourneaux, à l'état de métal parfait. La qualité malléable de ce zinc fut aussitôt constatée; on le passa avec facilité au laminoir et il fut livré au commerce, en lingots et en feuilles, ou lames, ainsi qu'en fil, pour servir à des emplois divers et multipliés. Son usage s'est , depuis , accru à l'infini ; et l'importance de cette fabrication n'a fait que s'accroître par^ l'extension donnée aux expéditions de ses produits dans toute lEurope et les autres parties du monde.
Le 19 janvier 1810, le gouyernement accorda à ririvenleur de cette précieuse découverte, un brevet d'invention, pour le terme de quinze ans,* et Donj reçut des i'èlîcitations de plusieurs savans distingués.
D'accablans revers de fortune, contre lesquels il s'efforça de lutter, mais qui allèrent en augmentant, obligèrent Dony, dès 181a, d'abord, de s'associer avec d'autres personnes, pour l'exploitation de ses superbes établisseraens, à Liège et à Mioresnet, ensuite de les abandonner entièrement , à l'époque où ils commcn* çaient à fleurir et promettaient de lui restituer , en peu d'années, les capitaux qu'il avait dépensés, pour les créer, les augmenter successivement et les soutenir, dans un temps difficile et de stagnation commerciale.
Le chagrin qu'il en ressentit, altéra rapidement et sensiblement sa santé, et il mourut le6 novembre 1819.
Cet homme recommandable était connu par la bonté de son cœur, son excessive obligeancie et sa libéralité; la classe ouvrière de Liège, parmi laquelle il répandait beaucoup de bienfaits, le chérissait généralement. H fut, pendant longtemps, membre du conseil municipal de cette ville.
t813. WARZÉE [Charks^Franeoiê- Joseph de), jurisconsulte, député des Ëtats de Liège en 1785, avoeat fiscal du conseil ordinaire de Liège jusqu'en 1794 , nommé membre à vie du collège électoral du département de l'Ourlhe en 1803 , bâtonnier de l'ordre des avocats de la cour impériale de Liège en 181 1 jusqu'à sa mort, naquit à Liège, le 17 avril 1750, d'une ancienne famille de cette ville dont il existait déjà un échevin en 1326,
Cet homme de génie étonnait par la rectitude de son jugement , par la vivacité de son esprit , par retendue et la variété de ses connaissances , et surtout par sa vaste et profonde érudition dans les matières de
droit » sur lesquelles il était fréquemment consulté par les avocats les plus distingués de la Belgique , dé la France et de l'Allemagne : on regardait ses déci-* sions comme des règles sûres.
Doué de la mémoire la plus heureuse , il connaissait si bien les livres de sa nombreuse bibliothèque, qu'il indiquait, dans l'improvisation, le volume et la page où se trouvait le passage qu'il citait. Son ame était aussi belle que sa tête était fortement organisée.
£n 1785, les officiers^ de police du gouvernement liégeois , étant accusés d'avoir voulu empiéter sur les libertés publiques, les trois états du pays députèrent unanimement de Warzée, à l'effet de se rendre auprès de la chambre impériale de Wetilaer , tribunal suprême de l'empire germanique , pour y soutenir le maintien des droits de la nation. Il s'acquitta de cette honorable tâche avec zèle et dignité. H se montra en homme impartial et en vrai mandataire de la repré-* sentation nationale , tout à la fois incapable de faiblir en faveur du pouvoir ou de céder aux influences de l'esprit révolutionnaire qui commençait déjà à s'agiter»
Durant sa mission , il fut accusé en 1786, dans un mémoire imprimé , d'avoir , dans une note remise à la chambre impériale, émis l'opinion que le prince de Liège était souverain en matière de police , que sa vo-> lonté seule faisait loi en cette matière, et qu'il avait le droit de régler tout ce qui regardait la police , sans l'avis ni le consentement des trois états , et d'avoir fait ainsi des reconnaissances contraires à la loi fondamentale du pays et subversives de la constitution. L'auteur de ce mémoire prétendait même, que c'était de connivence avec le prince-évêque Hoensbroech , qu'il en avait agi de cette manière , afin de lui fournir par là nne reconnaissance ^ devant le tribunal suprême de l'empire , sur laquelle ce prince put, à défaut de titres, appuyer sa souveraineté en matière de police.
De Warzée , dans un mémoire justificatif qu'il pu* blia la même année, se lava complètement de ces inculpations calomnieuses, et prouva par la reproduction des termes de cette note remise par lui à l'empire, qu'on lui donnait un sens qu'elle n'avait pas, en tronquant et rendant un compte infidèle de ses expressions. Il convint cependant qu'il avait reconnu que toute loi émanée de lautorité légitime , était obligatoire : que le tribunal des XXII devait juger selon les lois et non pas des lois , et qu'il fallait obéir aux édits des princes en matière de police.
La note de ce célèbre jurisconsulte prouvait qu'il parlait en ce sens : que toute loi , émanée de l'autorité légitime , oblige à son observance tous ceux sur let^ quels elle exerce son empire, et que c'est le devoir du juge , selon le droit romain, de juger selon les lois, mais qu'il ne lui appartient pas de juger des lois: qu'enfin , les édits des princes émanaient de l'autorité légitime lorsqu'ils étaient mis en garde de loi, après avoir obtenu le concours et l'assentiment des trois états qui formaient le corps législatif du pays. Mais il prouva , en même temps, que jamais il n'avait énoncé que la volonté du prince seul faisait loi en matière de police.
Quoiqu'il en soit , ces tracasseries le dégoûtèrent des affaires publiques. Il ne recbercha et ne voulut point des faveurs de la cour , pour ne point donner des armes à ses calomniateurs. De Warzée voulait le maintien des libertés de son heureuse patrie , mais il ne voulait pas de révolution : aussi, lorsqu'elle éclata, il n'j prit aucune part ; il resta depuis* lors complètement étranger aux évènemens politiques qui survinrent dans sa patrie , et mourut d'un coup d'apoplexie à Liège, le 10 juin 1813 , à l'âge de 63 ans , universellement regretté , et autant estimé par la pureté de ses mœurs, par son aménité , sa modestie , sa délicatesse et son désintéressement que par son immense savoir.
On a de lui de nombreaz plaidoyers en latin et ert français, écrits avec pureté et élégance , dont un grapd nombre a été imprimé, et ou les questions de droit les plus ardues sont traitées avec une profondeur et une méthode dignes d'admiration.
Le docteur Dejaër prononça son éloge à la Société d'Emulation (voir \e procès^verbal de 1817). Le Journal de la Province (N**' des 14 et 15 juin 1813), contient une notice nécrologique sur ce savant juriscoasalte dont le procureur-général près la cour impé* riale de Liège , fit un éloge remarquable dans son discours à l'ouverture de la rentrée de cette cour en novembre 1813.
WARZÉE miEh^kUJEiCharles^IVicoIag^oêeph, baron de)^ fils du précédent, licencié en droit, membre du collège électoral du département de TOurthe , de Tordre équestre de la province de Liège , chevalier de Tordre du Lion Belgique, naquit à Liège, le 5 juillet 1776. Il fut successivement conseiller-auditeur à la cour d'appel de Liège, avocat-général auprès de la eour impériale, et exerça les mêmes fonctions à la cour supérieure de justice de Liège , jusqu'au 30 octobre 1830 ; il se distingua , dans ces charges , par son intégrité, son zèle et son amour pour la justice. Il était nommé conseillera la haute-cour du royaume des Pays- Ba<«, dont l'installation devait avoir lieu à La Haye, le 15 novembre 1830, sans la révolution. Le roi Guillaume , en 1831 , lui conféra le titre de commissaire du roi des Pays-Bas pour le Grand Duché de Luxembourg; mais M. le baron de Warzée ne crut pas devoir accepter cette fonction ; depuis lors , il vit retiré dans Tune de ses terres.
1815. DETROZ (Remacle- Joseph), issu d'une des plus anciennes familles de la ville de Yerviers, naquit
le 4 janvier 173t. Ayant achevé ses humanités à Yà^ de 16 ans environ, il fut nommé notaire par dispense d'âge , et obtint ensuite le diplôme de notaire impé> rial , pouvant instrumenter dans tou^ l'empire germanique. Cette charge est exercée depuis un temps immémorial à Verviers par la famille Detrooz et Test encore aujourd'hui*
Lors de la distraction du district de Venriers des autres bans du marquisat de Franchimont , Detroozen fut nommé lieutenant-gouverneur. Malgré les difficultés nombreuses qui rendaient pénible l'exercice d'une pareille charge , dans un temps de- révolution, il j déploya la fermeté naturelle de son caractère , tou* jours tempérée cependant par une sage indulgence.
A rinvasion du pays de Liège par les armées et les doctrines de la France républicaine, il abandonna toot ce qu'il y possédait pour rester fidèle à son souverain et à ses principes. Emigré en Allemagne , il ne revit ses foyers détruits qu'après la paix de Lunéville : il vécut à Liège dans la retraite , et y mourut à Tâge de 85 ans. Il a publié :
1" Histoire du marquisat de Franchimont, et particulièrement de la ville de Verviers et de ses fabriquer. Liège, 1 809, un vol. in<8°. Cet ouvrage, assez mal écrit et sans ordre, contient une foule de particularités pleines d'intérêt » c'^st le premier monument écrit sur ce pejs qui mériterait , à bien des titres, d'être plus connu.
2"* Dissertation touchant l'antiquité de Spa et de m fontaines. Petit, opuscule de 31 pages. Liège, 1812.
1815. HENKART (Pierre- Joseph) . né à Liège, le 13 février 1761. Son père, qui était procureur de la cour épiscopale de Liège ^ et jouissait d'une honnête aisance , résolut de ne rien négliger pour rèducation et l'instruction de son fils : il l'envoya à Visé, au collège tenu par les.Oratoriens; c'est là qu'il connut Reynier
et Basseoge , avec lesquels il forma ces liens d'amitié si vraie, si intime , et qui ne cessa qu'avec leur existence*
Le jeune Henkart se distingua dans ce collège, d'une manière remarquable , y remportant chaque année la palme dans les diverses branches d'étude qu'on y cultivait. A 16 ans, il fit son cours de rhétorique dont il obtint le premier prix , malgré ses nombreux concurrents. A son retour à Liège , un grand concours de ses compatriotes vinrent à sa rencontre et le ramenèrent eu triomphe dans la ville , où il fut reçu cordialement par le prince-évêque.
Sesparens qui le destinaient au barreau, l'envojèrent à l'Université de Louvain pour j étudier la jurisprudence ; mais la littérature et la poésie faisaient tous ses délices. C'est à son goût pour la poésie pour qu'il dut d'être connu du prince Velbruck , résidant alors à Bruxelles , et d'être admis dans ces petits comités que ce prince aimait de préférence , et dans lesquels on ne s'occupait que d'arts et de littérature.
Henkart , à cette époque, composa plusieurs pièce9 de vers à l'occasion desquelles son amîRejnier disait:
Salut an gentil candidat
Et de Cnjas et de Barthole !
Son esprit vif et délicat
West point forme pour cette école ;
Qu*il In quitte sur ma pande ,
Et qu'au Parnasse seul il devienne avocat :
Au tribunal des neuf pucelles ,
Je lui promets plus de succès ;
En ne plaidant que devant elles
II sera toujours sûr de gagner son procès.
Après avoir fini ses études à l'Université de Louvain^ il revint dans sa ville natale , et fut attaché à la chancellerie du conseil privé ; il se distingua si bien dans l'exercice de son emploi ^ que le prince Velbruck qui ne laissait échapper aucune occasion de récompenser
le mérite , le noinmâ chanoine de l'église collégiale de St.-Martin, quoiqu'il n'eût pas encore 1 âge requis pour jouir de cette distinction purement lucratiye et qui n'imposait point l'obligation de se rouer au célibat; mais il obtint de Rome , par faveur spéciale ^ la dispense d'âge.
Les premiers symptôflnes d'une révolution prochaine commençaient à éclater alors à Liège. Naturellement porté à l'indépendance , et sentant combien il était urgent de réformer les abus qui s'étaient introduits, au préjudice des libertés du peuple, Uenkart s'associa de cœur aux hommes sages et modérés qui , comme lui, demandaient une réforme paciBque qui aurait concilié tous les intérêts et calmé les esprits. Pour atteindre ce but , Henkart , Bassenge et Rejnièr fondèrent un journal (le JournfU général de l Europe)^ dans lequel ils développèrent les principes de liberté qu'ils voulaient voir renaître dans leur patrie. Ce journal, dont rétablissement fut en partie cause des vicissitudes que Henkart éprouva dans la suite , exerça une grande iu* fluence dans le pajs.
L'assemblée du tiers-état du pajs de Liège avant décrété le 24 avril 1790, l'établissement provisoire d'un conseil dé régence de neuf personnes pour ren^ placer le conseil privé, nomma Henkart membre et secrétaire de cette régence , le 8 mai suivant*
Le dévoûment et la probité, dont il avait donné tant de preuves pour la chose publique, furent récompensés par une nouvelle marque de confiance de h part de ses concitoyens. Depuis nombre d'années, le pays de Liège réclamait de la France une créance considérable , à titre de paiemens et fournitures faits à l'armée française, pendant les années 1757 à 1763. Le conseil municipal de la cité chargea Henkart , Bassenge et Reynier de se rendre là Paris, pour y poursuivre le recouvrement de cette créance. C'est à cette
-^ 601 -oocasion , que fut rédigé le discours auquel Henkdrt avait coutribué pour la plus grande partie, et qui fut pronoDcé par Rejnier, le 18 septembre 1790, dans 1 enceinte même de TAssemblée nationale. Dans ce dis* cours remarquable, les députés liégeois faisaient éclater par expressions énergiques leur enthousiasme pour la révolution française et celle de leur patrie ; après avoir retracé , par les faits de l'histoire , le noble caractère des Liégeois , ils peignaient en traits de feu les maux qui accablaient leur paj9 et demandaient que la France adoptât les Liégeois comme ses en fans çt Tint seconder leurs efforts pour maintenir leur liberté menacée par les ennemis : enfin , abordant la question qui avait plus spécialement trait à leur mission , ils réclamaient le\ millions qui étaient si légitimement dus à leur patrie.
Si leur mission resta sans résultat, malgré les pro^ messes faites à nos députés dans la réponse de M. Jessé, qui présidait ce jour-là (18 septembre 1790)1' Assemblée nationale » les évènemens politiques qui surgirent bientôt dans le pays de Liège en furent principalement cause ; mais les députés liégeois n en furent pas moins remerciés officiellement par leurs commettants pour leur conduite ferme et honorable.
De retour à Liège, Henkart fut chargé d'aller rejoindre Bassenge à Francfort^ afin de le seconder dans sa mission auprès du comte de Metternich ; mais tous leurs efforts en faveur de la révolution furent infruc^ tueux auprès de ce diplomate.
Les Autrichiens étant entrés à Liège, le 11 janvier 1791, Henkart dut prendre la fuite. Après deux mois d eiil à Givet , il put revenir dans sa patrie ; mais la commission impériale de Wetzlaer lança bientôt contre lui un décret de proscription , ce qui le força de nouveau à se sauver : il ne revint dans ses fojers qu'à la suite des armées françaises. Il vivait tranquillement à
— 662 -« Sclessin près de Liège, lorsque les désastres de l'arnaée française sur la Roër ayaat forcé les républicains à battre en retraite et à abandonner le pajs de Liège, la partisans de l'ancieo régime se portèrent vers la modeste retraite de Henkart pour Vy saisir, ce qui l'obligea à quitter pour la troisième fois le sol de sa patrie. Il se réfugia à Paris avec ses. anciens amis^ Bassenge, FaLij et Defrance , eiilés comme lui.
Là , il se trouva à l'abri des réactions qui avaient lieu dans sa patrie, mais il y fut en butte aux intrigues et aux calomniea de quelques-uns de ses concitoyens dont il était loin de partager les opinions exaltées et n'approuvait point les discours furibonds. Lebrun était alors ministre des affaires étrangères. Lebrun et Henkart s'étaient connus à Liège, à 1 époque où le premier y rédigeait le Journal Patriotique : une grande conformité d'humeur , d'opinions et de goûts avait établi entre eux une étroite amitié.
Lebrun , accusé de modérantisme par ses ennemis , fut privé de. son porte-feuille et incarcéré. Les Liëgeou alors réfugiés à Paris, où ils tenaient leurs assemblées dans une salle que la nation leur avait donnée à cet usage, se divisèrent en deuxcamps: L'un, composé de Bassenge , Defrance , Fabry, Henkart et quelques autres, voulait la liberté sans excès et pactisait aveclemocférantisme du ministre Lebrua : l'autre était formé des hommes, qui eux-mêmes se qualifiaient dejaœbim, de ians'culattes, et voulaient lia révolution dans toutes ses conséquences.
Lors de la disgrâce de Lebrun , Henkart ne ménagea aucune démarche pour sauver son ami. 11 provoqua et rédigea la fameuse lettre du 6 juin 1793, adressée à Lebrun au nom du comité des Liégeois dont il faisait partie, et dont la teneur est un éloge de la vie , de la conduite, et des opinions politiques de ce ministre. Le parti adverse , loin de souscrire au contenu de cette
lettre , dénonça Lebrun et ses partisans. Henkart se ré* fugia à Charleville , ne se croyant plus en sûreté à Paris. Lebrun ajaut été rendu à la liberté , Henkart , qui s'était justifié des calomnies répandues contre lui , revint à Paris.
Les victoires des armées françaises sur le sol Belgique contre les coalisés , permirent enfin à Henkart de rentrer à Liège et d y vivre tranquille à l'abri du nouveau régime.
Sa probité , son noble dévoument à la chose publique, le zèle et la capacité qu'il avait montrés dans toutes les missions dont il avait été chargé , lui avaient acquis la confiance de ses concitoyens. En l'an H , il avait été nommé à l'administration générale du pays. II fut successivement chargé de diverses fonctions. En l'an III , il fut nommé archiviste à Liège ; et ce fut à son zèle infatigable et par ses soins incessants que tous ces documens précieux sortirent du cahos dans lequel ils semblaient devçir rester à jamais. Bien des améliorations ont été faites depuis , surtout grâces aux travaux infatigables de M. Polain , mais c'est toujours Henkart, qui le premier , a donné le jplan et la vie à ces archives. Il donna sa démission le 14 fructidor an III , et fut cette même année , président de l'administration centrale provisoire. Lorsdela première organisation des tribunaux dans le pays de Liège, en l'an IV, il fut nommé juge au tribunal civil du département, et l'année suivante, membre du jury des arts. En l'an IX, il passa de la vice-présidence du tribunal civil aux fonctions de juge au tribunal criminel de Liège.
On admirait là clarté , l'ordre et la précision de sa rédaction dans les rapports dont , en qualité déjuge , il était chargé à la cour criminelle.
En qualité de juge, il était souvent chargé de faire le rapport sur les affaires qui étaient soumises au tribunal: c'était dans ce travail surtout , que Henkart faisait
briller cette clarté , cette précision » cette élégance de stjle qu'on remarquait dans tous ses écrits.
Dans ces temps où les tribunaux criminels étaient en quelque sorte en permanence pour juger ces nombreux malfaiteurs qui, à la faveur des bouleversemens de la révolution , s'étaient propagés dans le pajs , Henkart eut souvent l'occasion de sentir fléchir son cœur naturellement bon et porté à l'indulgence; mais un sentiment plus fort , la conscience de son devoir, le rappelait bientôt à lui-même : il savait faire taire ce penchant de son cœur ; et jamais il n'eut à se reprocher d'avoir blessé les intérêts de la justice.
Un de ses amis , qui a rédigé la notice biographique de Henkart, insérée dans les Loisirê de irais amùt cite à ce sujet un trait bien honorable pour lui : c Je ilui parlais un jour en faveur d'un homme , que lui-
• même il affectionnait , et que je crojais innocent. Je 1 ne parvenais point à le convaincre, et lorsqu'entrainé 1 par ma propre conviction « je rendis mes sollicitations
• plus pressantes : mon ami^ me dit-il ^Je dors avec ma ^conscience ; je ne veux pas quelle m éveille Je
• me tus. 1
Il fut porté par ses concitoyens , en l'an VII et l'an XII, parmi les candidats au corps législatif. Le 9 décembre 1808, il fut enfin proclamé candidat aa corps législatif par le collège électoral de l'Ourthe ; distinction qu'il ne dut, nia l'intrigue, ni au crédit, mais seulement à l'amitié , à son amour pour ses devoirs et à son dévoûnnent pour son pajs.
Lors de la réorganisation des tribunaux en 1810 , Henkart, qui fidèle à ses principes et à son indépendance , n'avait voté ni pour le consulat à vie, ni pour l'empire, fut éliminé de la liste des magistrats, et resta sans emploi jusqu'à l'entrée des alliés.
En 1814, il fut nommé par le gouvernement prussien , aux fonctions de procureur du roi à Liège ; il
remplissait encore cette charge , lorsqu'à la suite d'une maladie grave et cruelle il expira le 9 septembre 1815.
Henkart écrivait avec une rare facilité : son style pur, élégant et plein de grâce se faisait remarquer par une élévation » une chaleur eitréme , lorsque quelque cause venait frapper puissamment son imagination. Sa lettre au comité à Paris pour disculper Lebrun , le discours lu, en 1790, par les députés liégeois à l'Assemblée nationale , sont des pages d'une rédaction vraiment remarquable.
Sa plus grande jouissance était de faire des vers; il' en composa beaucoup auxquels il n'a pu mettre la dernière main. L'amitié lui en inspira de charmans; comment en aurait-il été autrement, ce sentiment remplissait son ame toute entière.
La plus grande partie de ses poésies n'ont pas été publiées. Son Epitre aux femmes est de ce nombre , quoique pleine de détails piquants.
Son goût , ou plutôt sa passion pour la poésie et les arts en général était la source de cette amitié intime qui existait entre lui , Reynier, Bassenge , Velèz , De* frauce , Fassin , et tant d'autres. Il avait formé avec ces deux derniers une association pour l'acquisition d'un Musée commun.
Henkart avait eu aussi des rapports très-intimes avec le général de SclifFen , qui même lui avait offert d'être son secrétaire d'ambassade à Constantinople. Grétry entretenait avec lui une correspondance suivie dont les arts et l'amitié faisaient tous les frais.
Il aimait à encourager tous les talens. Le malheu-* reux était toujours assuré de trouver en lui secours et conseil.
1817. ERNST(5wwon./>ferr6), curé d'Afden , naquit à Aubel, bourg de l'ancien duché de Limbourg , le 2 août 1744, de Guillaume Ernst, avocat, et de
Marie-Jeanne Doel. Il fit ses éludes à TUniversité de IMayeiice , dont le recteur était alors , Jean-Thomas Einonts , son cousin-germain. Il fut chanoine régulier et bibliothécaire de 1 abbaye de Rolduc , et j professa, plusieurs années , l'Ecriture-Sainte et la théologie. En 1787 , il obtint la succursale d'Âfden , près dÂix* la -Chapelle , où il resta curé jusqu'à sa mort , arrifée le 11 décembre 1817 , à l'âge de 73 ans , après avoir souffert, durant plusieurs semaines, les douleurs d'une fièvre nerveuse et d'une hydropisie de poitrine. Il fut nommé , en 1814, membre de l'Institut des Pays-Bas. Ernst se rendit recommandable par ses qualités et sa conduite ; ses connaissances étendues l'ont rendu célèbre parmi les savans. On a de lui :
1** Mémoire sur la question : vers quel temps les ecdé^ siastiques commencèrent-ih à faire partie des ÉuUs de BrabanI ? Quels furent ces ecclésiastiques , et quelles oni été les causst dt leur admission ? Ce mémoire a remporté le prix de l'Académie impériale et royale des sciences et belles-lettres, en 1783. Bruxelles, de l'imprimerie académique, 1783, in-4", 177 pages. L'analyse s'en trouve au Jourtial des Savans , octobre 1784 , pag. 643-652 , édit. in-4^
2° Observations historiques et critiques sur la prétendue époque de l'admission des ecclésiastiques aux Etats de Brabant , vers l'an 1383 , par M**. Maastricht i chez P.-L. Lekens , 1786, in-4" , p. 78.
3" Ordines apud Brabantos ejusdem eorum primpihus esse eF/a^i>...-Trajecti ad Mosam, P.-L. Lekeos, 1788 . in-8» , p. 52.
4* UiMoire abrégé^ du Tiers^État de Brabant . (m Mémoire historique dans lequel , après un coup^d'œil sur la coutitûtion des villes en général au moyen-âge , on voit r origine in communes en Brabant^ Pépoque et les causes de Vintervention de leurs députés aux assemblées de la nation , etc. Maestricht, chez P.-L. Lekens, 1788 , in-8-, p. 206.
5° Examen impartial des observations sur la constitution primitive et originaire des trois Etats de Brabant,
— 6fl7 — publiées par leê eommiêêaires de la soctèié de» (êoi'dùant) amis du bien public , établie à Bruxelles. A Haestricht (Bruxelles), 1791 , anonyme , in-8" , p. 90.
6"* Le Masqtte Umbourgeois sa lève. Liège 1791, in-^**. C'est un écrit anonyme sur les troubles du duché de Limbourg.
7* Observations sur tinstruction, en fqrme de caté' chisme , ptêbliées par le professeur Eulogius Schneider à Bonn , par un ami de la vérité. Cologne 1791 , in-S" , p. 98 , en allemand.
8° Traduction en allemand de la lettre pastorale de S. A. lévêque et prince de Liège , en date du 7 sep" tembre 1703. Cologne, chez J.^G. Schmitz, 1794, in-o**, p. 50.
9° Observations sur la déclaration exigée des mi^ nitires des cultes , en vertu de la loi du 7 vendémiaire an IV. Maestricht , chez Lekens, in-8'' , p. 44.
10^ Apologie des ministres des cultes qui ont prêté la déclaration exigée par la loi du 7 vendémiaire an IV, contre les critiques de MM. Dedoyar et Vanhoaren , k9 Motifs de Malineset autres brochures, Maestricht , 1797 , inS-, p. 170.
Il"* Réflexions sur la lettre de M. t archevêque de Matines , relativement au serment exigé des ecclésias-tiques , par un ancien professeur de théologie. Liège , 1797, in.l2,p. H.
12^ Entretien dun curi et d'un laïque, sur la question : est-il permis d'assister auT messes des prêtres assermentés en vertu des lois du 1 vendémiaire an IF' et du 19/r«c- Uior dernier , et quel est le sens de ces sermons ? Maestricht, chez Th. Nypels, an V, in-8° , p. 33. — Le même en allemand , à Aix-la-Chapelle , in-S"*, p. 53.
IS** Explanatio formulas jurisjurandi de odio in re* giam potestateni^cic.^gallicè Parisiis editam latinam fecit , adjunctd prœfatione apologeticd , adversûs épis* iolam pastoHs anonymi, S. P. Emit, etc. Trajecti ad Mosam ,apud Nypels , an VI , in-8" , p. 30 , pour la
préface , et 21 pour la traduction des éclaircisseinem 9ur ce serment de haine à la royauté, attribuées à labbé de Malaret,
1 4"" Réflexion» êur le décret de Rome et la décision de quelques évéques, relativement au serment de haine^ etc,
Car un ami de la vérité et de la paix. Maestricfat, chex h.Nypels, an VU, p. 124.
Ib"" Examen de la seconde lettre du jurisconsulte français au ci-^devant notaire des Pays-Bas , sur la communication « en fait de religion , avec les prêtres qui ont prêté le serment de haine à la royauté, etc. Maestricht , in^S"* , p. 54.
' 16"* Pensées diverses dun bon et franc catholique , à ï occasion du bref de N. S. P. le Pape à M. t archevêque de Malines^ sur le serment de haine à la royauïé, Maestricht, chez Nypels , an VII , p. 78.
17" Encore un mot sur le serment de haine à la royauté , etc. , et la rétractation ordonnée par les réponses de M. de Petro, évéque d'Isaure, etc. , par un homme de sang-froid. A Anvers '(Maestricht) , an VIII, in-8* , p. 56.
18° Le Triomphe de la vérité , ou le serment de haine à la royauté , justifié par un bref de N. S. P. le Pape Pie VI, et par la déclaration du corps-législatif, par le citoyen Astére. Bruxelles (Maestricht), an VIII , in-8* , p. 56.
19^ Trois lettres dun homme à trois grands vicaires : Corneille Lemaigre de JVamur , J.-If. Landsheere de Malines, et Titius de Liège , pour les prêtres nommés fidèles , relativement au serment de haine, à la promesse de fidélité, et au schisme. Maestricht , chez Nypels , an VIII , in-S'» , p. 1(X).
20*^ Réflexions pacifiques et catholiques sur Timtruction importante , par demandes et réponses , refativement au serment de haine, et à la promesse de fidélité. Maestricht , Th. Nypels , an VIII, in-8% p. 70.
2V La mauvaise foi dévoilée , ou réponses aux bro^ chures intitulées : Notice sur Fabbé Stcard , etc. , et Dèfenee légitime , e/o. y relatives au serment de haine et au schisme , avec quelques observations sur les lettres pastorales de M. l'évèque de Liège. Haestricht , chez Njpels , an IX-1800, in-8'', p. 76.
22** Le serment de haine et le schisme, considérés dans une lettre de M. le Nonce de Cologne, du 2 janvier 180t , à quelques prêtres serm£ntés. En Europe , an IX ou 1801 , in-8* , p. 38,
23"* Tableau historique et chronologique des suffra-* gans ou co^véques de Liège ^etc. , où Fon a joint des notices sur F origine des maisons religieuses...^ dans la ville ei sa banlieue, par S. P. ^'nw^ Liège , 1806, in-8% p. 410.
24'' Il se trouve plusieurs chronologies historiques de la composition de M. Ernst dans le 3* yoI. de PArt de vérifier les dates, publié à Paris , par dom Clément, bénédictin de St.-Maur.
25* Il composa en 1807, à la demande de M, Vévêque de Liège, son supérieur, un écrit apologétique du nouveau catéchisme , publié par ordre de Napoléon ; le titre de cet écrit est : Observations pacifiques sur quelques écrits anonymes contre le catéchisrfie , à l usage de toutes les églises de t empire français. Le ministre des cultes , feu M. Portalis, ajant demandé à le voir avant qu'il fût imprimé , M. Tévêque de Liège le lui fit passer au mois de juillet 1807 ; ce ministre étant raort peu après , M. Ernst n'a plus eu de nouvelles sur son écrit.
26'' Histoire du Limhourg , suivie de celle des comtés de Daelhem et de Fauquemont, des Annales de t abbaye de Rolduc , par M. S. P. Ernst , publiée avec notes et appendices et précédée de la vie de Fauteur , par Ed. Lavalleye , agrégé à t Université de Liège. Liège , !•' vol. 1837, in-8*; 2- vol. ibid. 1838. L'ouvrage complet aura 6 vol. in-8'*. L'éditeur , malgré sa pro-
messe , n a pas encore donné la notice biographique de M. Ernst.
27" Histoire généalogique et critique deê comtes dPArdenne, ducs bénéficiaires de la Haute et Basw Lorraine dans le X^ et XP siècle.
Cette nomenclature bibliographique des écrits du savant et laborieux curé d'Afdeny est tirée de Y Examen critique et complément des dictionnaires historiques de M. Barbier. La Galerie historique, imprimée à Bruxelles , ne cite de tous les ouvrages de M. Ernst , que son Histoire des comtes de Limbourg»
1818, mSTEVl {Pierre-Hubert), docteur en médecine , naquit à Liège , le 30 octobre 1771. Ses parens, qui le destinaient au barreau , ne négligèrent aucun sacrifice pour lui donner une excellente éducation; mais le jeune Njsten était né pour la médecine. Après avoir achevé son cours d'humanités à Liège , il se livra dans sa patrie aux sciences physiques et médicales , et alla ensuite à Strasbourg y poursuivre quelque temps ces mêmes études. Avide de connaissances, pour mieux les acquérir , il se rendit à Paris , en 1794 , qu'il ne quitta plus et où il s attacha à ses occupations avec une ténacité des plus énergiques.
Njsten s'empressa d'accu m%iler tous les genres de notions qui avaient trait à la science médicale : sacrifiant tout son temps aux expériences physiques et chimiques et à des essais multipliés en physiologie» fuyant toute distraction purement agréable, oubliant souvent sa santé , dont il était prodigue pour son art; il consa* crait toutes ses ressources aux dépenses qu'exigeaient les travaux auxquels il s'adonnait ; se condamnant aux plus dures privations , par amour pour la gloire.
Il ne tarda pas à se faire distinguer par les profes* seurs de l'École de médecine de Paris. Il fut d'abord nommé, en 1798, prosecteur à l'École de médecine,
— 671 ^ place qu'on n'obtenait qu après avoir fourni beaucoup de preuves d'assiduité dans les exercices anatomiques , et montré d'heureuses dispositions à savoir un jour en tirer parti pour la science. Cette récompense fut assez tôt suivie d'une autre ; la satisfaction qu'il ne cessait de donner à ses professeurs, et l'esprit pénétrant qu'il décelait dans ses conceptions , lui méritèrent le titre de docteur en médecine , titre que lui accorda gratuitement la faculté de -Paris , en 1802.
Njsten ne tarda pas à répondre avec éclat , à lattente qu'on avait de son génie observateur , qui se livrait sans relâche à des recherches aussi méthodiques que lumineuses , pour rectifier et éclaircir les idées émises par Volta , Valli , Bichat et Ilumboldt, sur les propriétés excitables du cœur. Il publia Tannée suivante le résultat de ses nouvelles expériences galvaniques 9ur le rapport et la d^irée de [irritabilité des or* ganes musculaires de f homme et des animaux à sang rouge par lesquelles il démontre clairement , que le cœur est celui qui conserve le plus longtemps cette propriété. Cette première production de notre compatriote fu accueillifli par les savans.
Occupé de toutes les études qui intéressent les sciences naturelles, Nysten, pendant plusieurs années, fut entraîné par les attraits de la chimie : aussi habile à saisir l'ensemble de cette belle partie de l'art , qu'à faire les préparations qu'elle comporte , il fut désigné pour la place d'aide au laboratoire de l'école, fonction qu'il remplit avec une rare activifé. Â ces travaux multipliés, se ralliaient des vues particulières et sans cesse poursuivies par Nysten , dont le but était d'acquérir une connaissance intime des propriétés des médicamens.
La matière médicale devint l'objet principal de ses méditations ; et il en donna bientôt un cours public qui fut suivi par un nombreux auditoire. Ses profondes connaissances en physique, en chimie , en histoire na«
tu relie et en médecine , lui acquirent la réputation d'un des professeurs les plus distingués de Paris. Ses leçons firent suite au Traité de matière médicale do docteur Schwilgué , ouvrage qu'il a presque rendu le sien , par les corrections et les additions nombreuses qu'il y a faites.
Nysten , étonné des lacunes que laissaient à remplir tous les Dictionnaires de médecine en France, entreprit en 1805, de concert ^aveo le docteur Capuron» de faire un nouveau Dictionnaire de médecine et des sciences accessoires de Fart, dont ila , seul , corrigé et augmenté la deuxième édition , qui est encore à présent le meilleur ouvrage que nous possédions en français sur ces matières.
Sur la présentation de Teissier et de Vauquelin, il fut chargé par le ministre de l'intérieur , en 1804, d aller dans le midi de la France , à Vefiet d y observer et d'y combattre diverses maladies qui exerçfiicnt les plus grands ravages parmi les vers à soie. Après s'être livré aux plus minutieuses investigations, il parvint à accomplir sa mission avec un tel bonheur , qu'il s'avouait lui-même flatté de ses succès , lorsqu'on lui eu parlait. Ce fut à cette occasion qu'il publia une brochure ayant pour titre : Recherches sur les maladies des vers à soie, et sur les moyens de les prévenir , dont ceux qu elle intéresse directement font le plus grand cas.
Le mérite de Nysten lui procura la confiance du gouvernement impérial; sa réputation d'homme savant et laborieux lui concilia l'estime des chefs des administrations supérieures de la capitale : ils s'attachèrent à lui, comme à la personne ,qui pouvait le plus utilement servir l'état et l'humanité.
Depuis 1805 jusqu'en 1812 , il fut chargé de six missions par le ministre de l'intérieur , et les remplit toutes avec honneur. 11 fit d'abord partie de la commission , composée des célèbres Desgcnettes et Duméril ,
^ 673 — que le gouvernement français envoya dans le midi dd rflspagne pour arrêter les progrès de la fièvre jaune* A son retour ^ il remit au ministre un mémoire sur cet objet qui prouva qu'il était digne de la confiance dont on l'honorait.
Il donna des preuves égales de savoir et de dévoûment dans tous les emplois qui lui furent confiés. En 1808 , il fut encore l'intrépide adjoint de Desgenettes et de Duméril, lorsqu'il fut question de se rendre à Bayonne et sur les lignes suivies par les prisonniers espagnols , pour s'opposer aux progrès rapides d'une fièvre nerveuse contagieuse^ qui entassait victimes sur victimes.
En 1809, il se transporta seul dans le département de VYonne , près de Joignj , où il donna des preuves éclatantes d'une sagacité rare , en combattant les maux d'une épidémie terrible qui moissonnait presque tous ceux qui en étaient atteints. On comptait , disait-il , dans la contrée autant de morts qu'il y avait eu de malades. Le traitement qu'il institua , dans cette circonstance effrayante , fut couronné du plus brillant succès : il en reçut des éloges particuliers dans un discours public^ prononcé par le savant professeur Desgenettes.
Halle , l'un des plus savans médecins dont la France s'honore, et l'intime ami de N^sten, se l'adjoignit pour la rédaction de son Dictionnaire des sciences médicales, pour lequel Nysten a écrit un grand nombre d'articles d'hjgiène et de physique expérimentale, remarquables par leur érudition, la justesse des raisonnemens et le nombre des idées ou des vues particulières à leurauteur* En 181 1, il fit paraître ses Recherches de physiologie et de chimie pathologiques , dans lesquelles il traite des effets que produisent les différens gaz introduits dans le système circulatoire des animaux vivans. Si la repu-* tation de Nysten n'eût été déjà établie chez les savans^
— «74 — celle produclion aurait suffi pour lui assigner panm eux une place émineiument distinguée. Les journaux du lempssont remplis des éloges qu'un grand nombre de médecins en ont faits. Le savant docteur SaTarv , [Journal de médecine de Corvisart . Leroux et Bojer , février 1811 , pag. 146) en rend ainsi compte :
c On voit pai'-làque Njsten n'a pas suivi des sentiers » rebattus et qu'il s'est frayé une route nouvelle en par- » lant de ce qui est connu : mais dans le cas où les ex- » périeuces tentées précédemment , laissaient des iocer- »titudes, ou offraient d apparentes contradictions, il »n'a pas craint de les répéter ; cl c'est de cette manière »qu'il est parvenu à éclaircir plusieurs points douteui; »ses expériences portent l'empreinte d'une exactitude Bsévère et d'une rare sagacité; les discussions qu'il se ipermet de temps en temps sont fort intéressantes et idécclcnt un esprit juste et un judicieux observateur.! Cet important Traité Lut jugé digne d'être accolé à celui de Bichat sur la vie et la niort.
Pénétrer dans les secrets les plus voilés de notre économie , en tâchant de surprendre la nature dans ses combinaisons chimiques les plus mystérieuses, était le but constant des travaux et des recherches de Nysten.
Fourcroy avait formé des vœux par la création don établissement chimico-clinique , afin d'éclairer le physiologiste et le médecin par la chimie , en leur procu* rant ^ à l'aide de cette science , de nouvelles connaissances sur les élémens diversement combinés de nos organes et de leurs produits. Mysten , dont la conception était égale à celles des Berthollet, des Halle et des Fourcroy, résolut d'exécuter ce grand projet, malgré les difficultés presque insurmontables qu'il présentait : il s'associa de savaiis collaborateurs , avec lesquels il commença ses travaux qui furent couronnés de succès , et qui lui auraient acquis une nou?eUe gloire I si la mort n'était venue les interrompre; inafcs
oa ne lui doit pas moins d avoir ouvert le premier la route à ses successeurs en chimie pathologique.
Outre les observations nombreuses que ISjsten a consignées, soit dans les Journaux, soit dans le Diction-nuire des sciences médicales, il a composé un mémoire bien remarquable sur l'opium , dont il fit lecture dans une classe de l'Institut national de France.
En 181 1 9 Njsten , qu'un grand nombre de sociétés savantes avaient déjà adopté comme membre correspondant , fut porté sur la liste des personnages distingués qui devaient entrer dans le corps célèbre de Unstitut de France.
Malgré ses talens et sa grande réputation^ la fortune, qu'il ne savait flatter en aucune circonstance , était loin de lui sourire : il était même dans le besoin , lorsque son ami Halle lui fit enfin obtenir la place de médecin en chef de l'Hospice des En fans à Paris ; jusqu'alors, il n'avait été attaché qu'aux dispensaires de cette ville. M^is il ne jouit pas longtemps de l'ai* sauce que lui procurait sa nouvelle position. Il mourut peu de temps après d'une attaque d'apoplexie, le 3 mars 1818, à l'âge de 46 ans, vivement regretté des nombreux amis que lui avait procurés la douceur de son caractère. Les docteurs Guilbèrt, Esquirol et plusieurs autres prononcèrent son éloge sur sa tombe..
Il est à regretter que la carrière de Njsten ait été si courte : ses ouvrages l'ont mis sur la même ligne que les Âldini, les Volta, les Bichatet les HalIé : Alibert , Esquirol, Desgenettes, Richerand, le citent tous comme savant , comme expérimentateur ingénieux , comme observateur judicieux : nul doute que si la Providence eût accordé à un tel homme une plus longue existence, il se fût illustré de plus en plus dans l'art utile dont il faisait ses délices , et que la société en, eût retiré des fruits aussi solides que précieux. H. le docteur Comhaire a. publié une notice hislo^
rique de Nyslen , qui est insérée dans le procès-verbal de la séance publique du 25 avril 1821 , de la Sociélé d'Emulation de Liège, dont celle-ci n'est à peu près qu'un extrait. On trouve aussi une notice sur Njstea dans la Biographie médicale , dans le Dictionnaire des sciences médicales , ainsi que dans la Biographie du royaume des PayS'^Ba^ , par Delvenne. Il a laissé les ouvrages suivans :
V Nouvelles expériences faites sur les organes mus* culaires de l'homme et des animaux à sang rouge^ dans lesquelles , en classant les diverses organes sous le rap* port de leur excitabilité galvanique , on prouve que le cœur est celui qui conserve le plus longtemps cette propriété. Paris, 1803, in-S'.
2" Recherches sur les maladies des vers à soie. Paris, 1808,in.8%
3"* Nouveau Dictionnaire de médecine^ chirurgie, pharmacie, sciences accessoires et art vétérinaire. Paris, 1810; 2* édition (avec le docteur Capuron seul auteur de la première. Paris, 1806, in-8"). Paris, 1814, in-8* (avec le nom de Njsten seulement). Paris, 1824, în-8*, augmenté par pricheteau, qui en a donné ensuite plo* sieurs autres éditions.
4"* Traité de matière médicale, par Schwilgué. Paris, 1809, 2 vol. in-8*. Les additions seules sont de Nysten.
5* Recherches de physiologie et de chimie pathologique pour faire suite à celles de Bichat sur la vie et la mort. Paris , 1811 , in-8**.
6* Manuel médical de Schwilgué. Paris, 1814, in*12 ; ibid. 1816, in-8% Cet ouvrage, revu et augmenté par Nysten, est un modèle de concision et de clarté.
7** Mémoire sur T opium , lu à l'Institut de France, n a pas été publié*
1818. MILLON {Charles), né à Liège le 13 septembre 1754 , vint jeune encore à Paris, et était avant la rë«
volulion française sous -bibliothécaire du prince de Condé; il fut successivement depuis professeur de législation à l'école du Panthéon, professeur de langues anciennes au Lycée Napoléon, membre de la Société libre des sciences, lettres et arts de Paris, et enfin attaché à la faculté des lettres, où il a fait un cours de Y Histoire de la philosophie ancienne. M. Millon a publié :
1** In obitum Ludovici XV Carmen. 1774, in-4".
2° Vers sur l'avènement de Louis^ Auguste au trône. 1774,in-8\
3** E pitre en vers à Frédéric, roi de Prusse. 1775 , in-S-.
4* \] Eventail, poème en quatre chants. Maeslricht,
1781 , in-8°. Nouvelle édition augmentée de quelques poésies et de \ Esprit du jour , ou de la littérature et des mœurs , satyre. Paris, an VI, in-12.
5* Histmre de la Révolution et de la contre^révolu^^ tion d'Angleterre. Paris, an VII, in-8^ Paris, 1800, in-12.
6" Histoire des descentes qui ont eu lieu en Angle» terre , en Ecosse , en Irlande, et îks adjacentes , depuis Jules César jusqu'à nos jours ^ suivies d observations sur le climat, le commerce, etc., avec cartes. Paris, an VI, in-8". Cet ouvrage a eu plusieurs réimpressions.
7" Histoire des voyages des Papes, depuis Innocent P* jusqu'à Pie F/, en 409, avec des notes. Vienne,
1782, in^-.
8" Introduction à T histoire des troubles des Provinces- Unies, depuis 17777w*9m en 1787. Londres 1788, in-8'*.
9" Notice historique sur l'état actuel^ les mœurs et les productions des lies de Malte et de Gozzô. 1799, in-8".
10* Charlotte Belmont. Amsterdam, 1789, in-8".
Depuis 1769 jusqu'en 1778, Millon a fourni des pièces tant en vers qu'en prose, à divers journaux, et notamment à X Esprit des journaux ^ depuis 1775 jusqu'en 1793.
Il a donné de nouvelles éditions des :
1" Élément de t histoire d Angleterre, depuis la conquête romaine, par Tabbé Millot. 6* édition revue, corrigée et augmentée des règnes de Georges II et Georges III, par Ch. JUillon. Paris, 1800, 3 voK in.l2.
2* Élémens de t histoire de France, depuis Clmit jusqu'à Louis XV, par F abbé Millot. 7* édition corrigée et augmentée ^observations sur le règne de Louis X V, concernant les mœurs de la cour, le ministère, les finances et les progrès de l'esprit humain^ et continuée jusqu'à la mort de Louis XVI, par Ch. JUillon. Paris, 1800.3vol.in-12.
3* Œuvres de Dumarçais. Paris, 1797, 7 vol. în-8\ Il en est l'éditeur conjointement avec DuchoraL
Ch. Millon a traduit :
1 * Tableau sommaire et philosophique du génie , du caractère^ du gouvernement et de la politique fies Bataves, traduit de r anglais. La Haye, 1789, in-8".
2'' Les Soirées de Windsor , ou les loisirs d'une famille anglaise, traduites de [anglais. Paris, 1798, in*^'.
S"" Voyage en Irlande^ traduit de t anglais de Twiss. Paris , 1798, avec figures.
4'' Voyage en Irlande , contenant des observations sur t étendue de ce pays ^ le sol^ le climat, les productions, les différentes clauses d' habitons, les nuBurs, la religion et le commerce , par Arthur Joung, traduit de t anglais par Millon. Paris, 1798, 2 vol. in-8* avec figures. Nouvelle édition avec des Recherches sur tirlande et un Essai sur le commerce de cette nation par le traducteur. Paris, 1800, 2 vol. in-8* bycc figures. Joung avait rois beaucoup de confusion dans Tordre et la distribution des matières de son livre; le traducteur l'a ramené à une forme plus méthodique.
5* Politique d'Aristote, traduit du grec, avec des notes et des éclaircissemens. On a joint à cet ouvrage une Notice sur Aristote et sur ses écrits; une lisU
chronologique de$ éditions de ses OEuvres; plusieurs Extraits de Platon el les deux Traités de Xénophon suP les républiques de Sparte et (T Athènes; ornée d*iia portrait d'Arislote. Paris, Artaud, 1803, 3 vol. in-8"^ Cette traduction est imparfaite , quoique supérieure à beaucoup d'autres.
1819. SÊRIETS {Antoine), publicistc français , mort à Paris; on lui attribue l'ouvrage suirant : Histoire ec^ vlésiastique et politique de l'état de Liège par le comte de B... Paris, 1806, in*8". Cette histoire, qui se termine au règne de Joseph-Clément de Bayière, est bien écrite; mais elle n'est pas exempte de partialité et ne prouve pas toujours de la part de son auteur; une profonde connaissance des institutions du pays.
1822. DÂNDRIMONT (Toussaint), premier président de la cour supérieure de justice de Liège, cheva* lier des ordres du Lion-Belgique et de la Légion-d'hon<^ neur^ magistrat intègre, jurisconsulte éclairé, naquit à Tbeax en 1757.
Dandrimont se fit toujours remarquer, même dans les temps les plus difficiles, par son calme , sa modéra<tion et son impartialité. Il aimait la vérité et la re-^ cherchait avec bonne foi et candeur : dans les questions épineuses , malgré sa supériorité , il n'émettait son opinion qu'avec la retenue du sage, qui craint toujours de se tromper. Travailleur infatigable, sa régularité était telle, que durant sa longue cairrière judiciaire, il ne manqua qu'à quelques audiences de la cour, encore fût-ce pour remplir d'autres devoirs attachés à sa place. Il mourut à Liège , le 28 juin 1822, à l âge de 65 ans.
M. Leclercq, procureur-général près la cour de Liège, termina son discours, à l'audience de rentrée, le 1*' octobre 1822, par un éloge remarquable de Dan^ d ri mont.
1822. kDME^ {Martin-Joseph), ou plulôl Andrien, dit Laneuville^ ou Adrien L'aîné, naquit à Liège , en 1766. Après avoir étudié la musique à la maîtrise de la cathédrale de cette ville , il vint à Paris et fut admis à l'école royale de chant, qui avait été formée aux Menus-plaisirs par le baron de Breteuil. Le 20 juin 1785, il entra àTOpéra aux appointemcns de 1500 frs. et 30 francs de gratification par chaque représentation. En 1786 , il fut reçu au même théâtre , pour y jouer, en partage avec Chéron , les rôles de basse , tels que ceux de roi , de grand-prêtre , etc. Comme acteur, il obtint du succès, parce qu'il avait de la chaleur et de l'intelligence ; mais sa voix était dure et ingrate. Personne , d'ailleurs , n'était plus infatué que lui du système de déclamation exagérée qui régnait'sur ce théâtre, et qui en éloignait quiconque avait une oreille délicate. Adrien en fut la victime. Doué de la constitution la plus robuste, il ne put néanmoins résister à ses cri» perpétuels ; sa santé se dérangea , et quoique jeune encore , il fut obligé d'abandonner la scène et de se retirer en 1804. L'administration de l'Opéra le nomma alors chef du chant; l'expérience ne l'avait pas éclairé, et il enseigna aux débutans les erreurs qu'il avait mises lui-même en pratique. A la mort de L'aîné (mars 1822), Adrien fut appelé à remplir sa place de professeur de déclamation lyrique à l'Ecole royale de musique ; mais il ne jouit pas longtemps de sa nouvelle position, car il mourut le 19 novembre de la même année. Adrien , a composé la musique de \ Hymne à la victoire, sav l'évacuation du territoire français (vendémiaire an III) et de X Hymne aux martyrs de la liberté.
ADRIEN ( N.), frère du précédent , chanteur et compositeur de romances, né à Liège, vers 1767, s'est fait connaître à Paris en 1790, par la publication de quelques recueils de romances « dont voici l'indication.
1* Recueil de romancée , parohg de Régnier.
2* Second et troisième recueils d'airs avec ace, de clavecin , paroles de Florian.
3* Qfiatrième recueil , id. Paris 1799.
4* Cinquième recueil , id. Ib. 1802.
On trouve aussi une Invocation à F Etre suprême ^ musique d'Adrien , dans le Recueil de chansons et de romances civiques , publié à Paris , en 1796.
Adrien fut chef des chœurs au théâtre Fejdeau , en 1794 ; mais il ne garda pas longtemps cette place.
ADRIEN {Ferdinand)» frère des précédens , professeur de chant à Paris , entraxe l'Opéra comme maître des chœurs en 1799 , et fut renvoyé en 1801 pour cause d'inexactitude dans son service»
Il a composé quelques pièces détachées pour le chant.
LAMBRECHTS (Charles- Joseph- Mathieu, comte de), né à Sl.-Trond, le 20 novembre 1753. Il prit ses grades de licencié en droit en 1774, et obtint, trois ans après, une place de professeur en droit à l'Université de Louvain. Après toutes les épreuves requises , il reçut le grade de docteur, et fut élu recteur de TUniversité en 1786.
En 1788 et 1789, il eut mission de Tempereur Joseph II , de visiter les différentes Universités de l'Allemagne. A son retour, il fut chargé d'enseigner une matière jusqu'alors négligée à Louvain : le droit naturel, le droit public universel, et le droit^des gens.
Trop dévoué aux intérêts de Joseph II auquel il avait les plus grandes obligations , il ne pouvait approuver les motifs de la révolution brabançonne; aussi sa manière d'en parler, le lit proscrire, et il ne rentra en Belgique qu'après le rétablissement de la maison d'Autriche,
En 17&3 , il se ûia à Bruxelles ponr j exercer la profession d'avocat. Les Français étant entrés en Bel* gique, après la chute de Robespierre dont la mort Tenait de mettre fin à cet épouvantable système de terreur qui décimait la France^ Lambrechts adhéra depuis lors aux maximes de la révolution française. 11 remplit successivement les fonctions d'officier municipal de la ville de Bruxelles ^ de membre et de président de l'administration centrale et supérieure de la Belgique , de commissaire du gouvernement près de l'administration centrale du département de la Dyle et de président de la même administration.
Il remplissait encore ces fonctions ^ lorsque le Directoire l'appela au ministère de la justice, le 4 septembre 1797, en remplacement de Merlin , de Donaj, qui entrait lui-même au Directoire avec François de Neufchâteau, M. Thiers, dansson Hist. de la révolution franc,, rend ainsi compte de cette nomination : tOn rem-
• plaça les deux ministres appelés au Directoire par > deux administrateurs ei^cellents, pris dans la province. iLe Pirectoireespérait ainsi composer le gouvernement > d'hommes plus étrangers aux intrigues de Paris, et
• moins accessibles à la faveur : il appela à la justice liiambreehts, commissaire près Tadministratian cen- > traie du département de la Djle , magistrat intègre, »et à l'intérieur JLetourneur , administrateur oapaUe, »actif et probe , etc. »
Dans sa nouvelle position, Lambrechts y conserva la simplicité de ses moeurs. Il resta au ministère jusqu'au 30 juillet 1709, et fut mis sur les rang» pour entrer au Directoire, lorsque Rewbel en sortit pour faire place ^ Syès. Lambrechts, qui n'avait pris aucune part aux évèinemens du 18 fructidor et 18 brumaire, entra au Sénat , lors de sa première formation; il ne tarda pas h former avec Voîney , Destutt-Tracj, Garât , Cabanis et Lanjuinais , cette minorité courageuse , qui
ne cessa depuis de prolester contre les actes arbitraires du gouvernement impérial, malgré le titre de commandant de la Légion-d'honneur qu'il reçut en 1804, le titre de comte qu'il dut se résigner à porter, et les cajoleries que Napoléon savait si bien distribuer aux hommes de mérite.
Lambrechts vota , avec la majorité du Sénat, pour la déchéance de Napoléon , dont il rédigea seul le fameui décret. Il fut aussi chargé, par le gouvernement provisoire , le 4 avril 1814 , conjointement avec ses collègues, le duc de Plaisance, Destutt-Tracy , Emmery et Barbé-Marbois, de rédiger une constitution , qui , après avoir été soumise à l'acceptation du peuple, appelait au trône de France la famille des Bourbons; mais ce projet n'eut pas de suite. Il n'en fit pas moins tous ses efforts, pour que Louis XYIII reconnût tenir ses droits du peuple ; néanmoins il adhéra au rappel des Bourbons et se rangea sous leur bannière de bonne foi et sans arrière pensée.
Rentré dans la vie privée durant les cent jours, il y resta après la seconde restauration , jusqu'au moment où il se vit porter à la fois en 1819, par les départemeiis du Bas-Rhin et de la Seine-Inférieure, à la représentation nationale , où il vota constamment , dit la Biographie des contemporaine , avec les amis des droits nationaux consacrés par la charte, s'opposa à toutes les lois d'exception et fut l'un des 05 députés qui se prononcèrent contre le nouveau système électoral.
Lambrechts, affaibli par ses travaux continuels , se retira des a&ires publiques; il mourut à Paris, le 3 août 1823, au grand regret des vrais amis de la liberté et de tous ceux qui le connaissaient. Ses adversaires en politique rendirent toujours, même de son ' vivant, justice à ses sentimens et principes. (Consulter à ce sujet le Censeur Européen , 5* vol.)
11 légiia , en mourant , 12,000 fr. de rente , pour la
fondation d'un hospice, destiné aui protestans aveugles , et 2,000 fr. pour servir de prix au tncilleur discours sur la liberté religieuse.
On trouve une notice sur Lambrechts dans la Bingraphie des contemporains , V Annuaire pécrologiqvt de M. MahuI, et la Revue Encyclopédique , tome XIX, page 515. M. Van Huist de Liège en a publié une très-remarquable, qui est insérée dans la Revue Belge, tome 2 , p. 201-228. On a de Lambrechts :
P Principes politiques. Paris , Marchand et Delaapay , mars-mai, 1815.
2" Quelques réflexions à toceasion du livre de M. tabhé Frayssinous^ intitulé: Ia*s vrais principes de T église gallicane , par h comte Lambrechts, ancien sénateur, ancien professeur de droit canonique à T Université de Louvain* Paris , Alex. Ejmerj et Delaunaj ,
1823. DEFRANCE (Français- Noël), conseiller i la cour supérieure de justice de Liège, né dans cette ville, en 1756 , fit de très-bonnes études. Ayant été proclamé , le 1 9 août 1 777 , premier des quatre pédagogies de la célèbre Université de Louvain, il fil son entrée triomphante à Liège , le 24 du même mois , au bruit de douze coups de canon de la citadelle , des boites du magistrat et au son des cloches. Le Te Deum fut chanté dans Tèglise de St.-Martin-en-Ile, sa paroisse; on le conduisit ensuite à l'hôtel-de-ville, où le magistrat lui rendit les mêmes honneurs qu'à MM. Forgeur et Mayence » qui avaient été aussi , quelques années avant , premiers de Louvain. Cette cérémonie, si touchante et si belle , est relatée tout au long dans la continuation du Recueil Héraldique , etc. » par Ophoven , page 171. ,.
Defrance était un jurisconsulte distingué et un magistrat intègre : il aimait à rendre service. Il fut
pendant plusieurs années , président du comité d'agriculture établi à Liège , fonction qui! remplit à la satisfaction de tous , par son zèle et son empressement à accueillir les projets d'amélioration et de prospérité générale. Il mourut dans sa ville natale, le Savril 1823, à la suite d'une attaque d'apoplexie.
1824. VANBLOTAQUE (Pierre-Nicolas), ex-jésuite, connu sous le nom d'abbé de Saint-Pard , né à Givet« Saint-Hilaire, diocèse de Liège, le 9 février 1734, mort à Paris, chanoine honoraire de Notre-Dame, le 1*' novembre 1824, a publié :-
1* Lame chrétienne formée 9ur les maximes de î Evangile, ouvrage de piété, en faveur des personnes qui aspirent à la perfection . par fauteur de la con^ naissance de l'amour de 7.-C. du pèr% Saint-Jure et de la retraite de dix jours. Paris , 1774, in-12.
2° Conduite intérieure du chrétien, petit -ouvrage de piété. Paris, 1778, iu.24. Paris, 1819, in.32. Paris, 1825 , in.32.
3* De la Connaissance et de l Amour deJ.^C, pour servir de suite au livre des élus. Paris, 1772, in-12, souvent réimprimé.
4° Exercice de t amour du pénitent, suivi d'un essai sur l'ordre. Paris, 1819, in-16.
5" Le Jour de communion^ ou J.-C. considéré sous les différens rapports qu'il a avec l'âme fidèle dans t Eucharistie, suivi de sentimens affectueux. Paris, 1776-1778-1819, in.l2.
6"* Le Livre des élus , ou Jésus crucifié, ouvrage du
Çère de Saint-Jure, revu et mis dans un meilleur ordre. aris, 1771, in-12, souvent réimprimé.
La dernière édition de Paris, 1832, in-12, contient une Notice sur tabbé Saint-Pard.
7* Retraite de dix jours , à l'usage de MM. les ecclé^ siastiques et des religieux, d'après FEcriture^Sainte et
les pèresde tiglm. Paris, 1773, tn-12.Seoonde ëdilioa. Paris, 1805,in-12.
S"" Vie et Doctrine de J.-C. , rédigées en médHaiioM pour tous les jours de Vannée. Paris, 1775, in-12. Presque tous ces ouvrages ont paru sous le ToUe de lanonyroe.
1826. ÀNSIÂtX (H.), né à Huy, ville du pajs de Liège, en 1781. Dès sa plus tendre jeunesse, il te livra avec ardeur à l'étude de la musique^ et acquit» dans cet art une réputation, tant en Belgique qu'à rétranger. Ses productions décèlent rhomme de goût et le savant harmoniste,
Grétrj ayant entendu son Te Deum, plusieoTS fois exécuté dans les concerts spirituels à Parb, en fit un bel éloge par f es paroles ; Je voudrais bien en élre Fauteur. Ânsiaux était membre honoraire de la Société d'Emulation de Liège. Il est mort dans sa ville natale, en 1826, à Tâge de 45 ans.
1826. LECLERC {Jean^Baptisfs) , né à Chalonne en France (département de Maine et Loire) en 1755. Député par son département à la Convention nationale, il j vota la mort de Louis XVI, sans appel et sans sursis. 11 donna sa démission lorsque la Montagne triompha des Girondins, et reparut en 1796 au conseil des Cinq- Cents , où il fut réélu par son département. Partisan de la Théophilantkrnpie, religion nouvelle que la Reveillère-Lepaux voulait introduire en Frapce, Leckrc présenta au conseil une motion pour rétablissement de ce culte : l'assemblée adopta la question préalable ; et lorsque, quelques jours après, il reprit son projet en lui donnant de nouveaux dévcloppemens , quoiqu'un peu mieux accueilli, il ne put obtenir que les honneurs stériles de l'ajournement. Il proposa par la suite de ne délivrer des patentes qu'aux marchands qui prêteraient
le serinent de tenir leurs magasins ouverts les dimanches et jours de fêtes de l'ancien calendrier, et s'opposa , peu de temps après» à la déportation des prêtres insermentés. Élu président du conseil des Cinq4I!ents, le 21 janvier 1799, il prononça la harangue d'usage de cet anniversaire. Il sortit de la carrière législative à la fin de cette même année, et s'ensevelit dans la retraite. Exilé de France par suite de la loi du 12 janvier 1816, i! se réfugia à Liège, et y passa près de dix ans, en s'occupant de la rédaction de quelques ouvrages de littérature, dont quelques-uns en sociétéaveo H. le baron de Villenfagne. Enfin, il lui fut permis de revoir sa patrie; il mourut, peu de temps après son retour, à Chalonne, en novembre 182B, à l'âge de 71 ans.
Leclerc fut un citoyen intègre, un homme de bonne foi, même dans le système religieux qu'il avait cm-* brassé, et n'a pas cessé, jusqu'à son dernier jour, d'être républîjcmn sincère.
Il était correspondant de la classe d'histoire et de littérature ancienne de l'Institut de France depuis son établissement. Il a publié :
1" Mm Promenades champéires, ou Poésies paskh raies, 1787, in-S**; nouvelle édition, sous le titre de Idilleset Contes' champêtres, 1798, 2 vol. in-lâ.
2' Essai sur la propagation de la musique en France, ia conservation et ses rapports avec le gouvernement, 1796,in-8°.
3- Abrégé de I Histoire de Spa. Liège, 1818, in-18 (anonyme)*
1826. LEFEBVRE (N.). jeune peintre, né à Visé, province de Liège , élève de David , se fit remarquer par plusieurs ouvrages qui promettaient un talent dis» tingué, s'il n'avait été victime d'une mort prématurée, que l'on attribua principalement à un travail excessif qui avait épuisé ses forces. On distingue parmi les
compositions de ce jeune artiste , le portrait en pied du roi des Pays-Bas. Ce tableau, largement peint, est d'un bel effet et d'une touche moelleuse, le dessin en est très-correct et la pose pleine de noblesse. Lefebrre avait fait une étude particulière du stjle de Rubens et de Paul Yéronëse; il reproduisait avec suocès les principales qualités de ces grands maîtres.
1 826. VILLENF AGNE DINGIHODL (Hilariùn-Noël. baron de), bourgmestre de Liège , en 179! , membre du conseil privé du prince-évéque en 1792 , était à l'époque de sa mort, arrivée le 23 janvier 1826, député de Tordre équestre aux états de la province , l'un des curateurs de TUniversité de Liège ; membre honoraire de la Société libre d'Émulation de la même ville, de rinstitut royal des Pays-Bas , et de TÂcadémie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles.
Yillenfagne, né à Liège en juin 1753 , appartenait à une famille honorable et ancienne. Il reçut une éducation soignée, et plus littéraire que celle que Ton avait coutume de donner à cette époque à la plupart des gentilshommes liégeois. Ses parens l'envoyèrent ensuite à Reims pour y achever ses études. Il rapporta de son séjour dans cette ville pleine d'urbanité, et patrie de beaucoup d'hommes de mérite, le goût de la littérature française , et ces manières polies et aisées qu'il a conservées jusqu'à ses derniers momens.
De retour dans sa ville natale, il se sentit entraîné par une passion dominante vers les recherches d'érudition , surtout vers celles qui se rattachaient à l'histoire littéraire, ou politique de sa patrie.
Le premier fruit de ses doctes veilles fut la publicatioi^ des OEuvres choisies du baron de Walef, poète liégeois qui avait été en relation avec Boileau et les plus beaux esprits de la cour de Louis XIV, et qui, à certains égards , ne méritait pas l'oubli dans lequel il
-^ 680 — était tombé , même chez ses compatriotes. Villenfagne eihuma avec discernement, de la trop volumineuse collection de Walef, ses meilleures pièces, qu'il fit paraître en 1779, 1 vol. petit in-8*. Il y joignit un discours préliminaire sur la vie et les ouvrages de l'auteur, et une notice des artistes liégeois. La même année , quelques bons citoyens, qui ne pouvaient demeurer indifférens au mouvement imprimé alors à toute l'Europe, fondèrent à Liège, sous la protection du princeévèque Velbruck, une Société d'Émulation, dans le but de répandre le goût des lettres et des sciences , de propager les nouvelles découvertes, de deviner et d'encourager les jeunes talens. Villenfagne , qui fut , dès les premiers temps de la société , l'un de ses membres les plus actifs, lui communiqua beaucoup de mémoires intéressans, qui furent successivement insérésdansT^^prit des journaux, et qu'il réunit dans ses premiers mélancfes de littérature et d'histoire , imprimés à Liège, en 1788, in-8''. Ce recueil renferme, en tr'autres, trois, lettres sur d'anciens poètes français , inconnus aux éditeurs des Annales poétiques; un essai historique sur la vie du prince Notger , couronné par la Société d'Émulation, le 25 février 178&; Aine notice sur Jacques de Hemricourt, auteur du Miroir des nobles de Heshaye; UQ essai historique sur les guerres d'Awans et de Waroux au 13* siècle. Cet épisode des annales liégeoises pourrait fournira laplumed'un Walter Scott la matière d'un ouvrage piquant , où l'histoire serait mise en action avec tout l'intérêt du roman , et ce charme indicible que conservent encore aujourd'hui les traditions chevaleresques du moyen-âge.
Villenfagne qui , par sa position sociale , était appelé à servir son pays dans les emplois de la haute magistrature , ne s'était pas contenté de regarder les lettres comme un simple délassement : il les avait envisagées sous un point de vue plus relevé. S'attachaut à démêler
tous les fils de la mnstitulion liégeoise qui, à traven ses obscurités et ses inoertiludeS| reofermait tant d*élémens de bonheur public , il publia, en 1792, pendant
?[u'il était bourgmestre : ses Jtecherche* historiques svr ordre équestre de la principauté de Liège , in-8*. Cet opuscule savant est très-rare, parce que l'auteur, pour des raisons particulières, ne le mit pas dans le com« merce » et se réserva les eieroplaires pour les donnera ses amis. On en peut dire autant de ses Éclaircisse* mens sur Raes de Dammartin, chevalier fronçais, qu'il fit imprimer iinS" en 1793, à une époque d'effervescence, où de semblables recherches étaient mal accueillies.
Bientôt, la marche rapide de la révolution français?, qui atteignait tous les peuples, et l'envahissement da pays de Liège par les troupes républicaines , Tinrent arracher Villenfagne à ses paisibles occupations. Pour se soustraire aui persécutions que redoutaient sartoiit les nobles qui s'étaient prononcés contre le nouvel ordre de choses , il chercha un asyle sur la terre étrangère. Il emporta fivec lui sa bibliothèque , précieuse par le choix des ouvrages et des éditions. Elle fut la proie d'un incendie, allumé par quelqtves bombes que les Français lancèrent sur la ville de Dusseldorf.
Après le retour de l'ordre et de la paix dans sa patrie, Villenfagne s'empressa d*y rentrer, pour ne* cueillir les débris de sa fortune , et se consacrer à t'é* ducation de trois enfans en bas-âge que lui avait laissés une épouse chérie, trop tôt ravie à sa tendresse, lise retira dans son château d'Ingihoul-sur-Meuse, non loin de l'antique manoir (le château de Ramîoul) qu'avait habité God^froi de Bouillon. Dépouillé, par suite des évènemens politiques, d'une partie considérable de son patrimoine, il supporta cette perte sans se plaindre, puisant des consolations dans ses livres et dans ses études. Il mit sous presse , en 1802), son Histoire de
Spa , 2 vol. in-S" , où il prouva contre le savant doc-» teur de Liroboiirg, que Pline» par les mots : fons Ton* yrorwm,^ a entendu les sources minérales de Tongres , existantes encore aujourd'hui et qu'il n'a pu désigner celles de Spa, totalement inconnues aux Romains, qui n'avaient pas éprouvé leur vertu et leur efficacité , et auxquelles notre auteur se plait d'ailleurs à rendre justice. Il a refondu dans ce nouvel écrit , qu'il a peutêtre eu le tort d'intituler : Histoire, ses Hecherches historiques sur Spa , insérées à la fin de ses Mélanges, publiés en 1788. Comme les partisans de Spa continuèrent à soutenir leur système avec chaleur , Villenfagne est encore revenu sur ce point dans ses Mélanges, imprimés en 1810 ; on y trouve de nouveaux détails sur Spa« ainsi que dans le second voK de ses Hecherches sur thdstoire de la cp<ievant principauté de Liège. La palme de cette lutte érudite est définitivement décernée à ViUenfagne , depuis que J.-B. Leclerc , ancien correspondant de l'Institut de France, réfugié à Liège par suite delà loi du 12 janvier 1816,7 a publié, en 1818, sous le voile de l'anonyme, un petit vol. in-18, court de mots et fort de choses, intitulé : Abrégé de t histoire de Spa.Cet homme d'esprit et de goût a simplifié cette question si longtemps controversée, en la dégageant du luxe d'érudition qu'avait prodigué ViUenfagne, et il a su intéresser par un style animé , correct et facile. Il a adopté presque toutes les opinions de son guide, dont, il a apprécié la sagacité et la patience infatigable. Celui*ci reçut avec reconnaissance cet hommage à son érudition , et applaudit au zèle et aux lumières de son modeste abréviateur. Leclerc a complété, quoiqu'on la réduisant à de plus petites proportions^ la liste de toutes les sources minérales du pays de Liège, qui se trouve dans l'ouvrage de ViUenfagne. Ce dernier a mis à la fin du 2* vol. de \ Histoire de Spa une Lettre fort curieuse sur deux Prophètes ( Nostradamus et
Mathieu Laensbergh) et une Notice 9ur Breuché^vln» Croix , curé de Flémalle, près de Liège, poète et littérateur, omis jusqu'alors dans tous les dictionnaires historiques. Cet écrivain , supérieur à l'époque oii il composait ses vers (1635-1644), méritait d'être tiré de l'oubli dans lequel tous les biographes 1 avaient laissé.
Yillenfagne donna au public en 1808, ses JSswùe critiques sur differens points de F histoire civile et littê-raire de la ci-devant principauté de Liége^ 2 vol. in-12« Cet ouvrage renferme , eiitr autres , des dissertations très-savantes sur les anciens comtesde Looz, de llorne, de Moha , et sur le duché de Bouillon.
L'auteur publia en 1810, un vol. in-S"* de nouTeaux Mélanges pour servir à l histoire civile, politique et littéraire du ci^devant pays de Liège. Ils sont remplis de recherches intéressantes et variées , et offrent aui gens du monde une lecture plus attrayante que celle des Essais^ qui ne peuvent convenir qu'aux érudits de profession.
Enfin , Yillenfagne, dont l'âge semblait accroître le zèle et redoubler les forces , mit au jour en 1817, 2 forts vol. in-8",qui sont le produit de dix années d'un travail pénible et assidu. Ces Recherches sur ^histoire de la ci'devant principauté de Liège, embrassent l'origine, les accroissemeus successifs d« cet état, le tableau de sa constitution , le récit de ses guerres civiles, enfin des notices sur plusieurs artistes et auteurs de la même nation. Le Mercure Belge, tome II , p. 54-61 » en a rendu compte.
Les changemens survenus aux Pajs-Bas en 1814 et 1815 , ramenèrent Yillenfagne sur la scène politique. Depuis l'organisation de la province, il fit constamment partie de la Députation des États et du collège des curateurs. Son affabilité, son esprit de justice et son désir d'obliger, le firent chérir de tous ceux qui eurent des relations avec lui , à cause de ses nouvelles fonc<
lions. Redevenu homme public, il resta oe qu'il avait toujours été, bon, modeste , communicatif. Il partagea son temps entre les détails de l'administration et son goût pour l'étude » qui ne l'abandonna qu'avec la vie. Il paja son tribut à l'Académie de Bruxelles , dont il était membre depuis la restauration en 1816, en lui adressant des Recherches sur la découverte du charbon da terre dans la principauté de Liège, insérées au tome second des Nouveaux Mémoires de cette compagnie sa-^ vante. Il publia aussi, dans le Courrier de la Meuse, du 21 septembre 1825 , une Notice sur un beau manus* crit de la vie de St. Hubert, qui a appartenu à Philippe-le^Bon , duc de Bourgogne» On a tiré à part quelques exemplaires de cette noliqe curieuse, formant 8 p. in^**.
On voit, par ce résumé rapide, que la vie de Villen* fagne fut laborieusement remplie , et que l'amour de la patrie guida toujours sa plume dans le choix de ses recherches. Il laissa des écrits posthumes, des additions pour ses ouvrages imprimés, et des notes nombreuses , fruits de ses immenses lectures.
Il travaillait depuis plus de 30 ans à une Biographie liégeoise , ou éburone [qui est sans doute le Diction^ naire raisonné et critique des Liégeois qui se sont dis-iingués dans les sciences , les belles- lettres et les arts ; ouvrage assez considérable et inédit dont il parle à la page 272 du tome 2* de ses Recherches historiques sur la principauté de Liège) ^ destinée à faire connaître les hommes distingués en tous genres que le pajs de Liège a produits. Nous formons des vœux pour que tous ses manuscrits soient remis en des mains sûres et intelligentes, qui se chargent d'en tirer le parti le plus honorable pour sa mémoire et le plus utile au public. Un homme de goût pourrait faire un choix précieux dans les nombreuses productions de Villenfagne imprimées et inédites , et rendre à cet auteur le service que le baron de Walef a reçu de lui.
Un abréviateur habile généraliserait ce bienfait en épurant le style du savant antiquaire , en élaguant h répétitions et les digressions trop fréquentes, en coordonnant ces matériaux , en lui donnant enfin cet ensemble, cet operU summa d'Horace, qui est le secret des bons écrivains. Le catalogue des livres composant la bibliothèque de Villenfagne a été publié en 1826. Parmi plusieurs manuscrits précieux , on distinguait un in-8^ du Micrologus Guidonis Aretini, du ontième siècle, qui a été acquis à la vente par M. de Chénedollé. M. Âl. Rifflart , peintre , a lithographie le portrait de Villenfagne , peu de temps avant sa mort.
Cette notice, dont l'auteur est H. le professeur de Chénedollé , savant estimable de Liège , a été pubb'ée dans le Journal de la province de Liège, n*' du 29 janvier et des 1 , 2 et 3 février 1826. Elle est insérée également dans la Biographie universelle de MUMichi^à.
Voici la liste des productions connues du baron de Villenfagne.
1® Œuvres choisies du baron de Walef. Liège, lemarié, 1779, in.l2.
2^ Mélanges de littérature et d'histoire. Liège, Dcsoer, 1788, in-8®. Cet ouvrage contient : 1® Trois Lettrtt sur plusieurs />oéfe^ français inconnus aux éditeurs des Annales poétiques. 2<» Un Essai historique sîtr la rè de Notger^ prînce-évêque de Liège. 3® Une Notice m Jacques de Hemricourt , généalogiste et historien liégeois peu connu. 4® Un Essai historique sur les yuerret d'Awans et de Waroux. 5® De t origine de plusieurs familles nobles du pays de Liège. 6® Des recherchas historiques sur Spa. 7° Une Notice sur la vie et les w- V rages du baron de Walef. 8* Discours sur les artisits liégeois , lu à la séance publique de la Société d Emulation de Liège , le 25 février 1782.
3* Histoire de Spa. Liège , 1 803 , 2 vol. in-l 2.
4"* Essais critiques sur différens points de Ihisioi^
civile et Iktéraire de la ci^devani principauté de Liège. Liège , Latour , 1808,^2 vol. in-12.
5"* Recherches historiques sur l'ordre équestre de la principauté de Liège. Liège , 1792 , in-8<».
6** mélanges historiques et littéraires. Liège , Duvivier, 1810, in*8*. On y trouve, entr'aotres choses carîeases : 1* De l'influence des guerres d'Awans et de Waroux sur les troubles qui ont agité le pays de Liège. 2"* L'extrait d'un poëme latin sur la prise et le sac de la ville de Liège, par Charles-le-Téméraire , d'Ângelus de Curribus. 3* Un article sur le manuscrit inédit de Guillaume de Meeff, dit Champion, contenant la relation de la conjuration des habitans du rivage de la Meuse, sous Erard de la Marck , en 1531.
7" Recherches sur thisioire de la ci-devant prindpauté de Liège. Liège, Collardin, 1817 , 2 vol. in-B"*. Cet ouvrage, qui a coûté dii années de travail et de recherches à soti auteur , est un de ses plus beaux titres à la reconnaissance de ses concitoyens*
1826. RAMODX (GiHes-Joseph-Evrard) , ecclésîastique respectable, né à Liège, le 21 janvier 1750. Doué d'un esprit précoce , il entra fort jeune en 1761 , au collège que les Jésuites possédaient à Liège. Il s'y distingua par la rapidité de ses succès et par la bonté de son caractère , et remporta constamment les premiers prix. Après ces études préliminaires, il répondit à sa vocation pour l'état ecclésiastique , en suivant avec le plus grand fruit , les leçons de philosophie et de théologie au séminaire de Liège, où il obtint une bourse au concours.
Lorsque la société fameuse dans le sein de laquelle M. Ramoux avait puisé sa première instruction eût été supprimée par le Pape Clément XIV, Velbruck, princeèvèque de Liège , qui sentait tout le prix de bonnes études , s'empressa d'établir un grand collège , destiné
à remplacer celui qui avait été jusqu'alors dirigé parles Jésuites. Ce prince , juge éclairé du vrai mérite qu'il recherchait avec ardeur , n'hésita pas à confier à M. Ramoux , bien jeune encore , la place de principal et de professeur de rhétorique. Ce dernier justifia, par son zèle et par ses talens , le choix flatteur du princeévéque. Il fit fleurir le collège , les esprits les plus prévenus durent reconnaître que les études n avaient rien perdu de leur force et de leur éclat, en passant dans des mains étrangères à la congrégation puissante qui, pendant deux siècles, les avaient dirigées dans presque tous les états catholiques. L'habile professeur s'attacha à former des élèves instruits sans pédanterie, religieux sans fanatisme, dévoués également au prince et à la patrie.
Peu de temps après , au commencement de 1779 , quelques bons citoyens , qui ne pouvaient rester étrangers au mouvement général de civilisation imprimé alors à toute l'Europe, formèrent le projet de fondera Liège une Société d'Emulation dans le but de répandre le goût des lettres et des sciences , de populariser les connaissances utiles , de découvrir et d'encouragçr les jeunes talens. Le prince Velbruck, qui accueillait arec enthousiasme toutes les idées généreuses et patriotiques , applaudit à cette heureuse création, et pour entourer cette institution naissante de considération et de force , il s'en déclara le protecteur. La société fut installée solennellement le 2 juin 1779, et le 18 juillet de la même année , M. Ramoux prononça, dans une séance publique , un discours pour l'inauguration du buste du prince protecteur. Il n'a pas cessé , depuis cette époque, d'être inscrit sur le tableau des membres résidents de cette association utile , et de s'intéresser vivement à ses travaux et à ses succès.
Quelques années plus tard, en 1784 , M. Ramoux, qui avait parcouru avec distinction la carrière de l'en-
scignement , la quitta, pour accepter la cure de Glons^ qui lui fut offerte avec des instances si honorables , qu'il ne put la refuser. Dans ces nouvelles fonctions , il déploya un zèle , une activité et une intelligence peu comoiunes. Il ne se contenta pas de donner Tes secours spirituels à ses paroissiens : il se montra aussi admiiiistrateur habile, et magistrat de paix et de concorde. H tourna d'abord ses regards vers la salubrité publique et l'industrie. Il détermina les paysans à assainir leurs habitations , et il s'occupa à extirper la mendicité. Il propagea, sur les rives du Jaer^ les bienfaits de la vaccine , et la défendit contre ses nombreux ennemis. Il ouvrit une nouvelle source de travail et de prospérité, en montrant aux habitans de Glons et des villages voisins les avantages qu'ils pourraient retirer de la fabrication plus soignée des chapeaux de paille. Ceux-ci dociles à la voix de leur pasteur , dont ils appréciaient la sollicitude paternelle, se sont rendus en peu de temps habiles dans la confection de ces tissus élégans, qui rivalisent déjà avec ceux d'Italie.
M. Ramoux parvint aussi , par son influence morale et par la sagesse de ses conseils, à rétablir l'union entre ses paroissiens divisés d'intérêts. Il les détourna de la funeste manie des procès , plus commune encore dans les campagnes que dans les villes : grâce à ses soins, il n'exista plus à Glons un seul débat judiciaire, un an après l'arrivée de ce digne apôtre de l'évangile. Orné de toutes les vertus, plein de charité, animé d'un zèle pur , il s'attachait à gagner les cœurs par la douceur et par les bienfaits , et à les ramener par la persuasion. H. le baron Desraousseaux , alors préfet du département de VOurthe, l'avait surnommé avec raison le législateur du Jaer. M. Ramoux se contenta toujours de ce titre patriarcal , et n'en ambitionna jamais de plus relevé.
Malgré les orages de cette terrible révolution , qui
— essayait déplacé les hommes et les choses, il n'abandonna point 4e troupeau dont la garde lui était confiée. Lonque le calme fut rétabli , il résista aux prières de M. Desmousseaux et de Mgr. l'évèquç Zaepfell , qai lui offrirent successivement les cures primaires de St.* Jacques et de St. -Barthélémy à Liège ; il leur répondit: € J'ai épousé la cure de Glons, lorsqu'elle était riche, et je la garderai pauvre. > 11 continua ainsi à faire le bonheur de ses ouailles , qu'il jura de ne jamab quitter.
Pour occuper ses loisirs, il se chargea de Téducatioa de quelques jeunes gens , et se livra avec succès à son goût pour l'étude de la botanique. Il aimait aussi à composer des pièces fugitives de poésie latine et française • des prânes où se montre toute la beauté de son ame. Enfin M. Ramoux , ce digne et vertueux pasteur, est mort à Glons , le 8 janvier 1826 » sans douleur, sans peine d'esprit ni de corps , âgé de 76 ans. Les regrets universels , les larmes sincères de tous les habitons du canton de Glons « et surtout celles que versent encore journellement sur sa tomhe les personnes qui ont eu le bonheur de le connaître, sont un témoignage frappant et sensible de l'amour et du respect qu'on avait pour sa personne.
(Notice publiée |)ar M. de Chênedollé. Liège, Desoer, 1826, iu-8').
KXUOVXi Pierre-Michel), frère du précédent, naquit à Liège , le 6 mars 17«52. Doué de beaucoup dintelligence, d'un esprit précoce et surtout d'un ardent amour de l'étude , il avait fini ses humanités k Tâgeoii d'autres les commencent à peine. Il fit ensuite sa philosophie à rAcadémie anglaise ^ où il soutint sa thè^e et obtint le diplôme de maitre-ès-sciences, philosophie et lettres , le 15 juillet 1769, à l'âge de 17 ans. 11 se rendit alors à Paris pour faire ses éludes médicales. U
y suivit aiii écoles de chirurgie et dana les hôpitaux » les cours de Sabattier, de Fabre « de Deshais-Gendron et de Péan , accoucheur de la reine. Après quhtrc ans d'études assidues, on lui décerna le diplôme de maîtreès-arts en chirurgie et en accouchemens ; et il fut immédiatement nommé chirurgien aide-major au régiment de Custines-Dragons. Un mémoire qu'il écrivit alors mr les plaies cTarmes â feu , lui valut le titre d a.^ocié libre de la société des sciences de Montpellier et d'agrégé à l'Institut de Bologne. Après quatre années de service , il éprouva un accès de nostalgie qui le fit résister aui sollicitations et aux offres brillantes do ses chefs ; il demanda vivement et obtint enfin sa démission , le 15 septembre 1777. Il revint alors dans sa patrie où l'attendait la protection de l'évêque régnant 9 le prince de Velbruck qui l'attacha à sa cour en le choisissant pour son chirurgien et en l'honorant dune bienveillance toute particulière. Ce prince le chargea de la mission d'aller à Rome avec le savant dom Nicolas Crahay , pour j régler différentes affaires relatives à la fondation Darcis. Ces deux jeunes gens ^ aussi avides l'un que l'autre d'acquérir des connaissances , profitèrent largement de la munificence du prince et de l'occasion qui leur était offerte ; et pendant ce voyage , qui dura sept mois« ils visitèrent tous les grands établissemens et tous les Musées dignes de quelqu'atlention.
Naturellement porté vers tout ce qui pouvait contribuer aux progrà^ de la civilisation , Ramoux » dès son retour à Liège, se lia d'amitié avec quelques autres amis des sciences, parmi lesquels se trouvait M. Yillette le docte correspondant de Francklin ; ils conçurent le projet de fonder à Liège une société dans le but de ré^ pandre le goût des arts et d'encourager les jeunes artistes. Au nombre de sept, ils jetèrent les premières bases de cette belle association que le prinfce Velbruck ,
qui s'en était déclaré le protecteur, installa 8olennetl^ ment , le 2 juin 1779 , sous le titre de SociMHbn d'Émulation.
S'étant créé une position telle qu'il lui fut permis de penser à s'établir définitirement ; le 25 mai 1782, Raraoux épousa M"* Marie-Thérèse Dumont avec laquelle il eut trois enfans dont un seul lui a survèca.
En venant exercer son art à Liège , Ramoux y introduisit une quantité considérable de modifications heureuses dans la méthode d'élever les enfans en bas-ige; il proscrivait impitoyablement le pernicieux abosde lemmaillotement , il obtint des succès inouis, il defint la providence des femmes enceintes et laccouchettrà la mode ; avantage qu'il conserva jusque dans les dernières années de sa vie. Ses profondes connaissances anatomiques , son sang-froid , la dextérité et la légèreté de sa main lui donnèrent aussi bientôt une vaste renommée pour les grandes opérations chirurgicales qu'il exécutait avec une habileté et un bonheur extraordinaires. Éprouvant un besoin inexprimable d'acquérir des connaissances : il consacrait ses veilles à l'étude des publications nouvelles; et jusqu'à ses derniers jours , il sufainsi se tenir au courant des progrès de la science.
Lorsqu'après la révolution de 1789 , le collège de chirurgie, institué à Liège, fut dissout, Ramoax ouvrit des cours d'anatomie , de chirurgie opératoire , etc. , etc. , et de cette école sont sortis des élèîes qui se sont ensuite rendus célèbres dans la pratiqueet dans le professorat.
11 fut le premier à Liège , qui osa hasarder de pratiquer la vaccine ; et aussitôt qu'il en eut constaté l'efficacité, il devint un des plus zélés propagateurs de cette utile découverte. Il parcourait à ses frais toutes les communes rurales pour en répandre gratuitement le bienfait. 11 fut nommé membre correspondant de la société
de yaocine de Paris , et président du comité do déparment de TOurthe.
Le 7 thermidor an VHI , il fut nommé conseiller municipal de la cité de Liège, fonctions qu'il a exercées jusqu'en 1817. Un arrêté du 15 vendémiaire an XI le nomma membre de la commission médicale. Lors de son installation , le 12 juin 1806, la société libre des sciences physiques et médicales le comptait au nombre de ses fondateurs. Enfin il était membre de toutes les institutions qui avaient pour but la propagation des sciences.
Mais un de ses plus beaux titres à la reconnaissance publique , c'est l'organisation de l'hospice de la Maternité : il en fut en quelque sorte le fondateur à cause de la part active qu'il prit à son érection qu'il avait pro« voquée par la lucidité et la chaleur d'un rapport qu'il remit à l'autorité , après en avoir donné lecture à la Société d'Emulation. Un arrêté du 27 thermidor an XII le nomma professeur d'accouchemens et directeur de cet hospice , qui ne fut pourtant en pleine activité qu'an mois de nivôse an XIII. Ses soins assidus et l'ordre admirable qu'il introduisit dans cet asjle de la maternité en ont fait un des établissemens les mieux administrés de la ville. Dans les trois dernières années de sa vie , alors que son grand fige ne lui pennettait plus de donner ses cours à l'hospice , M. Ramoux , tout en conservant ses titres de directeur et de professeur ^ s'y fit remplacer par son élève , M. le docteur Simon , qui en a obtenu la survivance , et qui s'est montré le digne continuateur de son respectable maître.
C'est encore le docteur Ramoux qui , par une chaleureuse allocution qu'il prononça dans une séance publique de la Société d'Emulation , fut la première cause de l'institution de la Société Maternelle^ de cette noble association de dames charitables que Ton voit se dévouer au soulagement des femmes indigentes accou-
diécs à domicilo. Ce dÎBCours fut teUement entraiiMuil, que reiithoiisiasme fut porté au comble et que le préfet , qui présidait rassemblée, se mit à applaudir en s'écriant : c Je m'inscris et comme homme et cemmt femm^.% En quelques minutes les listes de souscriptioos furent couvertes de signatures.
Le docteur Ramoux était doué d'un esprit trèfr-vif , même un peu caustique , d'un caractère irès^gai et d'un cœur excellent; philanthropie etgaUé, telle était sa devise ; aussi il avait pour amis tous ceux qui le coonaissaient. 11 était surtout révéré par les indigens auxquels il prodiguait gratuitement les soins les plus assidus de son art, indépendamment des secours pécuniaires qu'il se plaisait à leur distribuer pour qu'ils pussent se procurer les médicamens ou les alimena que réclamait leur état. Deux ou trois ans avant sa mort, il était retenu chei&luipardesdouleurs rhumatismales qaine lui permettaient guëres de sortir autrement qu'en voiture; cela ne l'empêchait pas de recevoir de nombreux visiteurs , qu'il égayait par ses reparties , et beaucoup de personnes auxquelles il donnait des consultations; car il conserva toutes ses facultés intactes jusqu'au moment de sa mort qui. arriva le 7 décembre 1829; au moment où il allait être décoré de la croix du Lion*BeU gique qu'il avait méritée à tant de titres , et que lautorité provinciale avait demandée pour lui comme une récompense légitimement due à ses talens et aux services importans -et multipliés qu'il avait rendus k l'humanité et à son pays. Car peu de ses contemporains furent plus dignes que lui de la couronne murale. Il a laissé :
1* Mémoire sur les plaies (F armes à feti.
2* Annotations sur le cours d'accouchemeni.
S"" Observations sur les maladies des bêtes à laine et sur la gale des troupeaux.
— 70S — KAMOl}X{Àlphonse) , petit-fik du précédent , né à Jemeppe sur Mouise, le 5 juillet 1817, et décédé à Liège , le 14 septembre 1835. Il serait devenu une des illastrations de son pays, si une mort prématurée ne l'avait ravi à l'art dans lequel il avait déjà fait de si immenses progrès* Dès Tâge le plus tendre, il manifesta un penchant irrésistible yers la musique , pour laquelle il était doué d'une organisation des plus heureuses. Son père , alors bourgmestre de Jemeppe » cultiva ces heureuses dispositions , et dès l'âge de huit ans , Alphonse se fit applaudir en public par l'exécution, sur le piano, des brillantes et difiBciles rariations (le Moschelès. Aussitôt après l'établissement du Gon* servaloire de musique à Liège , le jeune Ramoux y fut admis et y étudia le piano dans la classe de l'habile professeur Jalheau ; il ne tarda pas à s'y faire remarquer, et il obtint les plus beaux succès dans les grands concerts des Sociétés Grétry et d'Emulation. Mais, son inclination le poussait surtout vers les hautes études harmoniques ; il suivit les cours de composition du savant directeur de l'école, M. Daussoigne^MéhuI, dont ildcvint le meilleur élève : la loyauté et la gaité de son caractère, l'esprit et l'originalité de ses reparties le faisaient aimer de tous ses camarades, de même que sa rare intelligence, son imagination féconde et surtout son amour pour le travail, le faisaient distinguer et chérir par ses professeurs. A ces qualités il enjoignait de plus précieuses encore ^ de la franchise , un cœur excellent et une fervente piété filiale. Ses études étaient terminées , sa famille se disposait à l'envoyer en Italie pour achever de s'y former à l'école des grands maîtres , lorsque la tombe engloutit tant d'espoir et d'avenir. Sa mort fut le résultat du chagrin violent qu'il éprouva en se voyant la victime d'une ignoble intrigue, qui lui enleva le premier prix au fatal concours du 26 août ; il fut si sensible à cette injustice qu'il en perdit le repos , et
que vingt-un jours après, il succombait aux accès d'une fièvre cérébrale. La pompe touchante de ses funérailles Tut un témoignage bien flatteur de l'estime et de Tin* tcrèt qu'on lui portait : quoique l'on fut en temp^ de vacances , tout le Conservatoire en corps se réunit aux amis de la famille, pour accompagner le convoi jusqu'aux confins de la commune de Liège. Arrivés à la barrière du Val-Benoit, ses deux professeurs M. Dau»* soigne et M. Jalheau prirent alternativement la parole pour exprimer les regrets de l'école et dire un dernier adieu à l'élève sur lequel ils avaient fondé de sî brillantes espérances. Sa dépouille mortelle a été inhumée à Âmay où ses parents ont une propriété.
1827. LOîïHIENNE (Piérre^Gade froid) , né à Verviers , ville de l'ancien marquisat de Franchimont , le 20 mai 1750 , était doué d'un esprit observateur, d'un jugement sûr ; il compléta, dans les Universités d'Allemagne, des études qui le placèrent au rang des hommes distingués. Son goût le porta vers la carrière des armes.
£n 1 774 , il entra en qualité de cadet dans le régiment de Biland-dragon-fcnllon , au service de Hollande. En peu de temps il j parvint au grade de capitaine, et sut se concilier l'estime de ses chefs et laffection de ses camarades.
Lors de la révolution liégeoise , ses compatriotes réclamèrent le secours de ses talens et de son patriotisme; ils obtinrent du stadhouder qu'il passerait des rangs de son armée sous les drapeaux de son pays. Ce souverain lui donna une marque flatteuse de satisfaction en lui conservant le grade de capitaine au service des Provinces-Unies , tandis qu'il recevait celui de lieutenant-colonel des chasseur S'iiégeois. Les finances du pays ne suflSsant pas , dans ce moment de troubles , à tous les besoins publics, il employa une partie de sa fortune et de celle de sa famille à l'équipement du
corps qu'il commandait. Le pajs de Liège avant été conquis, Lonhienne conduisit son régiment en France, où il fut licencié.
Revenu dans sa patrie , il reçut une nouvelle mar-* que de la confiance du gouvernement hollandais, qui le nomma son consul dans le pays de Liège. L'estime générale et son patriotisme désintéressé le pla* cèrent depuis à la tête des députations envoyées à différentes époques auprès des souverains. Jusqu'à l'entrée des alliés, il a été commandant de la garde nationale.
En 1815 , il Tut choisi comme mandataire de la représentation nationale , au couronnement du roi des Pays-Bas. Son âge avancé et surtout une vive oppression de poitrine , suite d'une blessure reçue pendant qu'il était au service , l'obligèrent de se retirer du conseil de régence de la ville de Liège , dont il faisait partie , et l'empêchèrent d'accepter dans la suite d'autres fonctions qui lui furent offertes à diverses reprises.
Lonhienne sentait , protégeait vivement toute idée généreuse, tout projet utile; son nom figure en léte de toutes les souscriptions avantageuses à son pays ; toujours il y prenait part pour des sommes assez fortes. Il alliait aux vertus de l'homme public , les vertus privées et les qualités brillantes qui font le charme de la société.
En 1801 , il épousa M^'"" Benjamin de Heusy , qui réunissait une éducatipn peu commune, un esprit éclairé à une naissance distinguée et à toutes les qualités privées qui font une épouse accomplie. Jamais lien ne fut mieux assorti; une heureuse sympathie les portait également à secourir les infortunés. Cette union fut trop tôt rompue par la mort de madame Lonhienne, dont la perte amère fut pour son époux une source continuelle de regrets , qu'il ne tempérait que par des actes de bienfaisance.
Lonliienne est mort à Liège , le 26 novembre 1827, et il a légué aux hospices de cette ville le tiers d une fortune considérable qu'il avait si noblement eroploTée pendant sa vie : l'homme de bien meurt comme il a vécu I
1828. SARTOfi{Dteudonné^Hubert^, horloger-mécanicien f et ancien commissaire de la ville de Liège , où il est né lé 3 novembre 1748. Il eut dès son âge le plus tendre, une prédilection particulière pour tout ce qui concernait la mécanique. Il apprit l'horlogerie sous la surveillance d'un de ses parens ; mais bientôt le traTail manuel qu'il exerçait dans sa ville natale ne suffit plus à l'élan de son esprit inventif i il forma le projet d'aller étudier cette partie de la mécanique à Paris où il se rendit , et fut reçu avec plaisir , à cause de ses bonnes dispositions , chez Julien Leroy, premier horloger du roi de France , ancien directeur de la société des arU Il fît sous ce maître des progrès étonnans dans l'art qu'il voulait exercer , et revint ensuite à Liège , faire jouir ses concitoyens , ainsi que les étrangers du fruit de ses études et de ses veilles. La première pièce d'horlogerie qu'il inventa et exécuta, fut présentée à S. A.R. le duc Charles de Lorraine, gouverneur-général des Pays-Bas Autrichiens, ce qui lui valut le titre hono» rable d'horloger-mécanicien de ce prince , qui plaça ce chef-d'œuvre dans son cabinet de physique. Successivement plusieurs pièces de son invention furent présentées et toujours acceptées par le même prince. LL. AÂ. RR. le duc de Saxe-Teschen et son auguste épouse et d'autres princes voulurent aussi se l'attacher et lui accordèrent le même titre honorable que S. A.R., le duc Charles de Lorraine, lui avait donné. A lavènement du comte Charles de Velbruck à la principauté de Liège, Sarton fut accueilli comme il le méritait par ce prince ami des arts « qui tout en le choisissant pour
son pretnier méGanicien, leiigagea à former le noj«u d une société des sciences qu'il se proposait d'établir (la Sociélé d'Emulation actuelle) ; ce qu'il accepta avec le plus grand plaisir. Dès-lors , son zèle pour tout ce qui avait rapport à son art, prit un élan tel que chaque jour y voyait , pour ainsi dire , une nouvelle productien de son génie. Nombre de certificats et approbations de l'Académie royale des sciences de Paris, de l'Âca* demie impériale et royale de Bruxelles , de la Société d'Emulation de Liège, de l'Académie anglaise de la même ville, du comité consultatif des arts et manufnc^ tares de Paris , de l'Académie royale des sciences et bellest lettres de Bruxelles , etc. , etc. , sont des preuves convaincantes de son savoir. A l'âge de 70 ans, il fit part à S. M. le roi des Pays-Bas de plusieurs nouvelles machines de son invention , et dont la munificence royale le récompensa en lui envoyant la décoration de frère de l'ordre du Lion-Belgique. Toute sa vie a été employée à donner ses soins à sa nombreuse famille et à l'étude des sciences, et jusqu'à ses derniers momens il ne rè-> Tait qu'aux moyens de porter des améliorations aux arts utiles. Il est décédé dans sa patrie, le IS octobre 1828, âgé de 80 ans. On peut voir, dans une petite brochure que Sarton publia en 1822 , imprimée chez Latour, à Liège, in-ë** , p. 32, la description d'une partie de ses inventions, dont les principales sont :
l^ Sa gr^inde pendule achetée par le prince Charles de Lorraine; 2" Un nouveau mode d'échappement pour les pendules ; 3" Une montre qui se remontait en la portant; 4® Un projet d'une machine hydraulique, avec modèle , pour remplacer avec économie celle de Marly ; 5® Un régulateur de compensation ; & Une pendule d'après le système décimal; 7® Un fauteuil mouvant à volonté ; 8** Un chronomètre autographe ; 9* Un moulin à vent d'une nouvelle construction; 10® Ses électromètres; \ 1® Ses montres chroncmÀtrogra^ phiques , etc. , etc.
1830. œMHÂIR£(;(f.-;V^.)« poète, fils dun négo* cîant , naquit à Liège le 3 octobre 1 772 et fit ses hu« inanités en cette ville. De bonne heure , il éprouva pour la littérature , un goût très-déterminé , et qui à son époque, n'était guère partagé dans sa patrie. La poésie en général faisait ses délices ; mais très-sensible aux beautés de la nature champêtre, il conçut pour le mode lyrique une passion qui ne se démentit jamais, et qui l'occupant tous les momens de la vie, oontribua beaucoup à diminuer lacerbité des maux qu'il eut à subir dans ses dix dernières années.
Peu enclin pour les sciences qui tendent au perfectionnement de l'industrie, ou du commerce, M. Corohaire n'attachait aucun prix aux richesses; il resla toujours simple dans sa manière d'être et dans ses ha^ bitudes ; ami du beau , de l'instruction , d'un langage pur surtout, il gémissait souvent sur la négligence que l'on apportait en son pays, dans la culture de la langue qui devait y dominer : il exprimait des vœux constans pour l'établissement des écoles uniquement chargées de répandre le goût et l'habitude de la bonne locntion française. Le charme le plus fixe de la société , disaitil, réside dans la pureté et lamabilité du langage qu'on y tient.
Des pastorales f des descriptions de sites pittoresques, des scènes champêtres , firent les sujets variés des poésies de M. Comhaire, divers journaux en ont rendu compte; c'est en France spécialement et en Belgique qu'on les a jugées et qu'on a fait l'éloge de leur mérite littéraire. Un recueil de ses œuvres a été publié d'abord à Paris, en 1807; une autre édition beaucoup augmentée, parut en 1824 , à Liège, chez J.-A. Latour : on en trouve une sorte d'analyse dans la Itetue Encyclopédique , imprimée à Paris , 24"** volume , 70"* livraison , octobre 1824, p- 162. En voici l'essence, f Quelques-unes des idylles dont se compose le
«trésor poétique de M. Comhaire avaient été réunies idès Tannée 1807 « en un petit volume in-18, sorti •des presses de M» Firmin Didot , et le public leur a
• fait un accueil assez favorable, pour faire bien augurer •du succès de l'in^S'' que nous avons sous les yeux. Le
• discours préliminaire présente une galerie à peu près •complète de nos écrivains bucoliques*.... L'auteur en
• général se montre juge sévère pour ses devanciers...»
• Mais si l'on ne partage pas toujours sa manière de
• voir les hommes et les choses, on ne s'avisera pas de •lui refuser une connaissance très^pprofondie du
• genre de littérature , auquel il a consacré ses loisirs»
• Ou ne lui contestera pas davantage l'art de peindre p^n beaux vers, les objets les plus brillans de la natures
• Quel poète ne s'applaudirait de ce magnifique por-^
• trait du cygne ! Un cygne y flotte eti paix, etc. Les
• traits distinctifs du paon sont rendus, ce me semble i
• d'une manière non moins heureuse. Le paon noble •attribut de la magnificence, etc. Peut«ètre M. Corn*
> haire abuse-t*il un peu de son talent pour la poésie
• descriptive, il négligea trop de parler à l'ame : voici
• néanmoins des vers qui prouvent combien le langage
• du sentiment pourrait lui devenir familier. Ici je
• foute en pais des pelouses fleuries..*. Si les idylles de
• M. Comhaire manquent parfois d'action , de mouve*
• ment, de variété, l'on doit convenir que des beautés
• du premier ordre s'y font remarquer en grand
> nombre.. ..Les pièces les plus remarquables durecueil^
• sont \ Étang , Y Invitation, le Verger, le Lis ^ le Lever
• de la Lune , la Matinée d'hiver. •
Le Journal des arts , des sciences et de la littérature de Paris , 20 octobre 181 1 , p. 82 , s'exprime dans les termes suivans, en parlant des œuvres de M. Comhaire. t La patrie de Grétry pourrait-elle manquer de goût
• pour les arts? il suffirait pour prouver le contraire, » de citer cette description du cygne , extraite d'une
9 idylle fort agréable de H. Comhaire aîné , qui a pour
> litre : Y Étang. »
Le Messager des sciences et des arts , recueil publié par la société royale des beaux-arts et des lettres et par celle de botanique et d'agriculture de Gand, aoûi 1824, 4"** livraison , p. 169, retrace des pensées très-flatteusr^ pour l'auteur dont nous parlons» en disant c les nieit
> leurs journaux de Paris et de la Belgique ont déjà 9 rendu un compte très-favorable des idyllesde N. Corn- • haire ; c'est une justice qui leur a été rendue : le 9 genre bucolique est de sa nature un peu ennuyeuse, 9 surtout quand on j prend pour texte « les contes re« 9 battus de la mythoTogie et le bonheur usé de l'âge 9 d'or. Notre compatriote, heureusement pour le suocb 9 de son livre, a suivi une autre marche; il n'a pasea 9 besoin d'Âréthuse pour peindre les fontaines; de 9 Mincio , pour se reposer aux bords d'une riyière , des 9 vallons de la Thessalie, pour se promener, de la pas* 9 sion de Polythème pour exprimer l'amour. Proprié- 9 taire d'une jolie campagne sur la Meuse, sans recourir 9 à sa mémoire , il a représenté ce qu'il TOjait , il a ei- 9 primé ce qu'il sentait, et le lecteur entraîné par un 9 sentiment toujours pur, toujours vrai, le suit avec 9 plaisir dans la description des lieux qu'il connaît, 9 qu'il aime, et au milieu desquels il croit se retrouver.»
L'auteur du court article de nécrologie, inséré dao» le Journal de la province de Liège, 20 mars 1830, s'exprime comme il suit : c un langage constamment »pur, délicat, une touche élégante, conservent une 9 place très-distinguéeaux œuvres poétiques deN. Corn» 9 haire, et le rangeront à côté de celles de nos Régnier. 9 de nos Henkart , de nos Basscnge , etc. , la fraicheor 9 d'un bocage , la solennité du soir, d'un beau jour, 9ies jeux d'un papillon , les labeurs d'une abeille , 9 Hevenaient sous sa plume les sujets heureux de char- 9 mans tableaux. 9
Dans le lemps^ un journal français, fort sobre d'é« loges en général , paraissant sous le titre du Nain Jaune , se complût à en accorder aux poésies de M. Corhhaire; il citait particulièrement sa petite pièce, intitulée le Papillon , dans laquelle il reconnaissait un chef-d'œuvre , quoique bien court , d'éléganoe et d ai« mable légèreté.
Peut-être quelques personnes dédaigneuses du genre bucolique, disposées à y trouver trop de futilité, trop peu de sévérité surtout sous le rappott des mœurs ; peut être, dis-je, quelquen-uhes , d*une oreille excessivement chatouilleuse, trouvent^elles dans les poésies de notre auteur , des pensées , qui à leur jugement , rap* pellent plutôt la licence, que cette simplicité douce, cet heureux abandon , auxquels prêtent si facilement la vie et le langage champêtres; mais il faudrait être fa*< rouche à Texcès , pour se trouver heurté des expressions de notre poète. Les Kératry, les Pamj se sont permis des tableaux plus hardis que les siens ; et sont toutefois regardés comme des modèles dans la pastorale»
M. Comhaire, membre de plusieurs académies, se montra toujours d'un commerce sûr à tous ceux qui l'ont connu ; bon ami, bon époux, incapable de jamais blesser les lois de la probité, il donna l'exemple sévère de la .franchise et de la droiture ; principes sacrés, qui dans sa philosophie douce , constituaient les élémens les pl«i9 précieux de l'harmonie sociale.
Vers 1820 , il sentit sa santé décliner , en proie aux symptômes d'une affection anévrismatique du cœur , il supporta pendant dix années , avec courage , tous les tourmens. attachés à cette maladie, il y succomba le 17 mars 1830 , âgé de 58 ans.
Cet homme ne pouvait qu'être profondément regretté des siens et de ses amis; il fut longtemps pleuié par une épouse vertueuse autant que tendre et acimirée pour sa constance à vouloir rester seule chargée de
— 712 ^ tous les soins qu'exigeaient nuit et jour, les maux sans cesse renaissant de son malheureux époux.
COMHAIRE (Joseph-Nicolas), frère du précédent, reçut le jour à Liège, le 30 janvier 1778. Il commeDça ses humanités au collège de cette ville, où il ne put les continuer durant quelque temps, par suite de la sup pression de cet établissement et des diverses écoles, en 1792. M. Comhaire , dont le goût pour les langues anciennes et rhistoire naturelle était déjà très-prononcé, résolut, malgré les évèncmens et les difficultés de cette époque désastreuse , de poursuivre assidûment œi deux genres d'études.
Il parvint à gagner l'amitié de deux de ses oomptriotes , hommes recommandables par leurs talens^et auxquels il ne cessa de rendre durant sa vie un tribut sincère de reconnaissance, pour les soins qu'ils lui avaient donnés. Le premier , M. Charmant ^ depuis professeur de littérature au collège de Liège , lui apprit les langues anciennes : le second , qui était H. Christian , de Yerviers , physicien et chimiste remarquable , depuis directeur du Conservatoire des arts et métiers à Plsris, lui enseigna les sciences naturelles. Lié avec le docteur Ansiaux et M. Destriveaux, homme d'une rare et forte trempe d'esprit , leur courage et leur exemple furent pour lui un stimulant bien utile , dans un temps où la jeunesse liégeoise, distraite de ses études par les secousses révolutionnaires , ne pensait plus qu'à la gloire des armes.
Âpres avoir acquis. les connaissances préparatoires à Fart médical , H. Comhaire se rendit à Paris en 1800 , où il suivit avec ardeur les leçons des sa vans professeurs qui illustraient alors l'École de médecine de cette capitale. Quatre ans après, il j reçut le grade de docteur, et fut inscrit au procès-verbal des examens , comme anotomisie très-versé, par les docteurs Duméril et Husson,
tes examinateurs. Il soutint,, avec distinction , sa thèse» sous la présidence du célèbre Dupuytren» qui lui portait beaucoup d affection et auquel il dédia sa thèse, dont le sujet assez neuf, Textraction de» rein* et des conséquences anntomico^phynohgiquee qui ey ratta* cheni, produisit une certaine impression sur les élèves de l'école. M. Rullier, savant médecin de Paris, à l'art» Reinn, de son Dictionnaire des sciences médicales, en a rendu un compte assez flatteur.
Quelques mois avant sa promotion , M. C!omhaire avait déjà donné, à Liège , des leçons d'anatomie et de physiologie. Après son doctorat , il revint dans sa ville natale, où il trouva un collaborateur ardent , qui se réunit à lui ; c'était le^ docteur N. Ansiaux^ cet homme qui devint si célèbre en Belgique , dans la médecine opératoire, et qui, jusqu'à l'érection des Universités en Belgique , fut le maître et l'oracle de la jeunesse studieuse , et jusqu'à sa mort , l'un des hommes les plus éminens de notre époqiîe.
Unissant leurs efforts, ils obtinrent de lautorité locale , en 1806 , d'enseigner chacun publiquement et gratuitement , à Liège , deux parties essentielles de la médecine. Dès-lors, leur école fut montée sur une plus grande échelle. La ville établit, à ses frais, des prix qui furent accordés aux concurrens, lors des assemblées générales de la Société d'Emulation. Enfin , ces deux professeurs obtinrent une telle considération par leur mode d'enseignement , que les élèves sortant de leur école , dite de Liège ou de SL Clément , étaient admis , sur leurs certificats, dans les diverses écoles de médecine , mais particulièrement à celle de Paris , au grade de docteur.
Cette école de St. Clém/ent , qui est la première érigée à Uége, fut, pendant dix années , le fojer unique des connaissances médico-chirurgiçales de la province. Les officiers de santé furent admis à Texamen du jury, sur les certificats des deux professeurs.
Une pareille création , dont les conséquences ont été si heureuses pour le pajs , a mérité à leurs auteurs la gratitude nationale. On ne comptait à Liège, lors de la naissance de cette école , que trois ou quatre an* eiens docteurs reçus à Lejde , à LouTain « ou à HodIpellier ; mais une nuée d'officiers de santé , sans titre , sans notions , et dangereux pour la société , courait le plat^pajs. Depuis » tout a changé » glaces au patriotisme éclairé d'Ânsiaux et de Comhaire! et on grand nombre de docteurs , et même de professeurs actuel? de l'Université de Liège , se souviennent avec reconnaissance de VEcok du SL ClémenL
En 1811 , M. Comhaire, désirant mettre i profit, pour l'avantage qu'en devaient i#tirer les étudians, ki observations nombreuses des cas de médecine qu oflrait rUospiee civil de Bavière , obtint du préfet du dépirlement , le baron de Micoud , l'autorisation d'établir une médecine clinique « qu'il eut le bonheur de voir bientôt fréquentée par l'étranger comme par l'indigène.
Secondé dans ses vues , par l'administratioii des hospices , qui le laissait libre d'user de toutes les ressources que réclama l'observation médicale , il en obtint la permission d'ouvrir les cadavres ; ce qui lui procura un fonds riche de clinique.
Lors de rérection des Universités en Belgique par le roi Guillaume , il fut d'abord nommé professeur ordinaire d'une chaire supérieure de la faculté de roédecine de celle de Liège r îl fut chargé d'enseigner, en hiver, lanatomie et la physiologie ; et, en été, la matière médicale et la clinique. Il devint ensuite dojen de cette | même faculté.
H. Comhaire mourut à Liège , en 1837 , vivement regretté de tous ses concitoyens* Il était premier secrétaire du comité de vaccine , inspecteur de salubrité et membre de la Société d'Émulation de Liège , membre honoraire de la Société de médecine de cette ville t
associé de l'Académie de Louvatn et de la Société de inédecÎDe de Bruxelles. On a de lui :
1** Plusieurs ohêervaiionn consiguées dans les Journaua de médecine de Paris.
2** Cansiitulion météorologicthmédicah oie 1816.
3** liechervhes physico-médicales fur remploi et tac* lion du sulfate de quinine , 1830. Dédié à H. Audral , professeur à l'Université de Paris.
M. Comhaire est aussi Fauteur à'unrscueil important et inédit àî Observations métàorologicO'-médicales ^ depuis 1804 jusqu'en 1819. Le docteur Courtois , dans sa Statistique de la province de Liège, et les Almanachs de cette rille en ont publié un résumé.
1831. BIOLLEY {Madame veuve), femme remarquable par la supériorité de son esprit, l'étendue de SCS Tues et l'énergie de son caractère. Née à Verviers , elle y exerça une heureuse influence sur le commerce et l'industrie de cette rille, dans laquelle son nom qui rappelle tout ce que la philanthropie a de plus délicat et de plus généreux , se trouve dans toutes les entreprises d'utilité publique et de bienfaisance qui distinguent cette ville.
Madame tcuto Biolley est décédée le 21 novembre 1831 , à Uodbaumont près Theux , chez sa nièce la comtesse de Pinto.
MM. Raymond et Edouard Biolley , ses neveux, ont hérité de son immense fortune , et marchent sur ses traces.
1831. MÈAN (François^Antoine , comte de), né à Liège , en 1757 , d'une famille des plus distinguées de cette jille. Il fit ses études à Douay et à Utrecht et les acheva à ITJniversité de Mayence. Meveu du princeévéque Uoensbrocck; il en fut le coadjuteur et lui succéda dans la principauté. A peine élu prince-évcque
de Liège , en 1792 , sans concurrence et à runanîmitè des suffrages du chapitre^cathédral , il dut émigrer , par suite de l'invasion des armées françaises dans k pajs. 11 7 revint un moment, lors des succès obteniB par les Autrichiens ; main les victoires de la république française en Belgique, l'obligèrent bientôt à s'exiler de nouveau.
Durant huit années , il resta en Allemagne » dans l'incertitude du sort réservé à sa principauté , vivant en simple particulier avec la plus stricte économie, afio de pouvoir secourir ceux qui avaient partagé sa mauvaise fortune.
Le pays de Liège ayant été cédé à la France par le traité de Luneville , le prince de Méan , en vertu des arrangemens pris entre l'empire et la république fran* çaise , dut se contenter d'une pension viagère très-in* férieure aux revenus dont il jouissait précédemment, et qui fut mise à la charge de plusieurs princes de l'empire germanique , lesquels avaient obtenu des accroissemens de territoire sur la rive droite du Rhin. Il fit de vains efforts pour obtenir, en faveur de ses fidèles serviteurs qui avaient suivi sa destinée et perdu tous leurs moyens d'existence par les évènemens poli* tiques , des indemnités équivalentes à leurs pertes : le résultat de ses réclamations et de ses démarches « après bien des années de persévérance, fut l'allocation d'une soipme assez modique , une fois payée.
A l'époque du concordat de 1801 , le prince de Méan donna sa démission : son diocèse reçut une cir« conscription nouvelle , et M. Jean Evangeliste Zaepfel, en fut nommé évêque en 1802.
En 1816 , le roi des Pays-Bas lui ayant offert le siège archiépiscopal de Malines, il crut devoir Faccepter, pour concourir au bien-être de la religion. M. de Ifésn sacrifia à ce devoir , l'indépendance que les traités de paix lui avaient conservée, ainsi que le repos dont il
coramençaîl à jouir , après tant d'années passées dans les fatigues et les peines.
Son acceptation à cette dignité fut bientôt pour lui le sujet de nouveaux chagrins. Après avoir soutenu de tout son pouvoir l'établissement du trône du nouveau roi des Pays-Bas; résistant, par la fermeté de son caractère et la justesse de son esprit , aux intriguans , qui sous l'apparence d'un zèle religieux , ne cherchaient qu'à troubler inconsidérément un nouvel ordre de choses qu'il était impossible alors de changer, il devint bientôt, après l'objet de persécutions , à cause de l'inflexible fermeté qu'il opposa aux entreprises hostiles du nouveau gouvernement des Pajs-Bas à l'égard de la religion catholique.
Durant plusieurs années , il eut à supporter les injures, les veiations de tous genres qu'on lui prodigua : il j fut insensible et n'y opposa qu'un juste dédain : les attaques contre la religion excitant seules son attention , il les repoussa constamment avec autant de vigilance que de fermeté. M. de Méan , durant la lutte , fut ce qu'il devait être, parle rang qu'il occupait dans la hiéran^ie du clergé belge : le chef, le point de ralliement, n sut lui communiquer ses sentimens , et établir une harmonie parfaite dans sa conduite. Le gouvernement persécuteur se vit par-là obligé de fléchir; mais encore le fit-il de mauvaise grftoe , et sans qu'on pût compter sur sa bonne foi ; de nombreuses expériences autorisant à bon droit , à s'en défier.
Ce premier triomphe n'était que le présage d'un autre plus complet, que de nouveaux combats devaient amener , lorsque la révolution belge survint , et qui plaçant la religion dans l'état libre où elle doit être , accorda enfin un moment de bonheur et de repos à celui qui avait si courageusement défendu ses intérêts. Ce moment fut trop court pour le dédommager des longues souffrances qu'il avait eues à endurer. M. de
Méan termina sa carrière le 1& janvier 1S31 , à l'âge (le 74 ans.
G; prince , calomnié par l'esprit de parti , avait le cœur bon , une extrême bienveillance pour ses serviteurs et ses amia; il était magnanime, indulgent; il avait un caraotère ferme , l'esprit pénétrant et cultivé, une application infatîguable à ses devoirs , des sentimens élevés, un coup-d'œil juste, une patience et une résignation remarquables*
1832. CimSJlkNiGémrd'Joêeph). mathématicien, chimiste , physicien , mécanicien , qé à Verviers en 1776 , décédé à Argenteuil , près Paris en 1832. Lors de la création des écoles centrales dans chaque cheflieu de département , il fut nommé professeur de mathématiques et de chimie à celle du département de Sainbre et Meuse. On lui doit plusieurs inventions et pei^eclionnemens mécaniques qui ont été très-utiles à l'industrie. Il succéda à M. IHolard , dans la direction du Conservatoire des arts et métiers è Paris ; fonctions qu'il remplit jusqu'à la fin de sçs jours , avec distinction. M. Christian avait des manières douées et aisées qui le faisaient aimer et rechercher. Charles X le décora de la croix de Légion-^l'honneur. U a laissé, un fils qui marche sur ses traces. On a 4e lui :
l*" Description des machines et des procédés spécifiât (fans les brevets d'invention , ds per/eoiionnement et d'importation , dont la dures est expirée j 1 3 voL in-4^, avec 390 planches. Paris, M"*' Stuzard , 1812-1827. Le premier volume a été publié par M. Molard et les soivans par M. Christian.
2"* Des impositions et de leur influence sur T industrie agricole, manufacturière et commerciale, et sur la prospérité publique. Paris, V* Courciar , 1814, ia-8^
3** Instruction pour les gens de la campagne nu* la manière de préparer le lin et le chanvre sans rouissage. Paris , M"*' Stuzard , 1820 , in-4', avec Q planches.
4^ TraïUè ds mécanique industrielle , ou eœposé de la science de la mécanique, déduite de lexpé^nence et de r observation; prisicipalement à Tubage des manufac^ turiers et des artistes. Paris, Bacheliur» 1822 , 3 vol. iii-4^ et atlas de 60 planches doubles.
à"* M. Christian était le rédacteur d'un journal mensnel intitulé : t Industriel.
1833. RENESS&BREIDBACH {Clément-Wenceslas, comte iie), naquit à Liège ^ en 1774. Issu d'une an* cienne famille qui descendait par les femmes d un frère de Florent III, comte de Hollande, il entra fort jeune au service de l'électeur de Trêves, son oncle. Sa carrière militaire fut courte mais h^iorable. Il épousa en 1796, la baronne de Schutz-.Holtzhausen, dont il eut plusieurs enfàns : l'ainé est aujourd'hui sénateur , et le quatrième à la Chambre des Représientans.
Retiré dans son magnifique château de S'Ueereu- Elderen près de Tongres^ il s'adonna à la numismatique , aux antiquités et aux sciences naturelles. M. de Kenesse , qui depuis 1815, ne cessa de faire partie des états-généraux , savait concilier ses goûts avec ses devoirs : il se distingua dans sa carrière politique i, par une noble indépendance et un sage patriotisme. Après chaque session , il n'en revenait que plus empressé à ses occupations favorites et au milieu des trésors littéraires dont il avait fait de son château d'Elderen, un véritable musée.
£n 1831, il fit paraître l'Histoire numismatique de l'Evéché et Principauté de Liège, depuis les, temps les plus reculés jusque la réunion de ce pays à la republique française , enrichie des dessins des principales médailles , médaillons\jeitons et monnaies. Bruxelles, Remj , 1831 , 2 vol. in-8*'. Le premier ooniieni 203 pages; le second 78 , plus les plar^ches lithographiées. L'auteur a lui-même dessiné toutes les planches.
M. de Reoesse avait presqu'entièrement temiioé l'Histoire numismatique des électorats ecclésiastiques d'Allemagne, et fait , sur la numismatique en général, des travaux immenses , lorsque la mort vint le sur* prendre le 26 avril 1833, à son château de S'Heeren- Elderen.
Son cabinet , qui se composait de neuf collectioDs principales dont on a publié les catalogues, a été venda par ses fils.
La P* se composait d'ouvrages précieux sur les arts et la numismatique. On j remarquait, entr'au^res , ub Codex Evangeliarum du neuvième siècle , des chronigués inédites de Wurtzbourg et de Nurembei^ , des m^motre^ importans sur le ^ègne du duc de Bourgpgne, Charles-le-Téraéraîre.
2* Parmi les tableaux , on y voyait un porhmt sor bois de Franck van Borselen, avec la date de 1470, et un tableau ancien sur toile, représentant Chaiiea-le- Téméraire avec toute sa cour.
3* La collection de dessins et d'estampes, au nombre de plus de 20,000, était une des plus riches que Ton connaisse. L'Œuvre de Rembrandt renfermait 140 pièces, dont plusieurs de la plus grande rareté.
4* Les antiquités romaines, celtiques, germaniqueâ et gauloises , offraient plus de 1300 objets en bronze, terre cuite, camées, anneaux, bas-reliefs* etc.
5* Les antiquités du moyen-âge, formaient plus de 2000 pièces en ivoire, argent , or, émail, bronze, tapisseries , cristaux » corail , nacre de perle , cire , porcelaine, etc.
6* Numismatique : on y trouvait 800 médailles anciennes et 45,000 modernes.
7* Cabinet chinois, japonais et indien. Vieilles armes et armures.
8* Histoire naturelle; plus de 17,000 pièces.
0* Sceaux, cachets; 3000 diplômes, dont deux du neuvième siècle , et deux du dixième.
1833. HkKELdu Tancrel {Auguste) . médecin, né à Liège , d'un officier français» mort à Paris en 1833, fit k Strasbourg ses études de droit et de médecine. Incrédule dans sa jeunesse, il se convertit, et ramena même à la religion catholique, sa mère , qui était née protestante. Harel fut précepteur des en fans du riche négociant Humann , député et ministre des finances ; c'est à la sœur de ce négociant qu'il dut sa conversion. Ses relations arec l'abbé Bautain y contribuèrent aussi. Harel vint à Paris pour j fonder la Clinique, journal de médecine qui ne réussit pas , malgré le talent spé* cial et yraiment remarquable de son auteur. Bientôt l'abbé de La Mennais , avec lequel il avait été en cor* respondance , l'attacha à l'Avenir en qualité de rédac* teur en chef. Harel adopta donc la devise : Dieu est la Liberté; puis tombant avec le journal, il se trouva dans un état de profonde misère. L'amitié vint à son secours. Quelques art^les insérés dans le Moniteur des villes et des campagnes ^ woni les dernières productions de sa plume. L'infortuné mourut presque isolé, laissant le souvenir d'un beau talent uni à trop de présomption. Harel, dans les illusions qui l'égaraient souvent, s'ima-* ginait avoir reçu d'en haut une mission politique , et il devait l'accomplir en publiant le jRéparaieurf Journal dont il ne composa que le prospectus.
1833. VVAAH {Louis- Joseph), décédé à Bruxelles « le 18 mai 1833 , le plus ancien imprimeur et journaliste du royaume de Belgique. Il s'est doucement éteint à l'âge d'environ 90 ans, et après une longue maladie. Né à Dinant, il fit ses études à Liège : il créa et rédigea l'Esprit des Gazettes , pendant un quart de siècle. Ce i^cueil est presque le seul qui réunisse des documens complets pour l'histoire de la Belgique, quelques années avant l'invasion française. M. Urban laisse un loanuscrit curieux sur les étjfmologies des noms des
rues de Bruxelles, et un plus récent sur les bouIeTards de cette ville.
* 1833. GÉRARD (Benri^Philippe). né à liége, en 1763, a fait à Téglise cathédrale de cette rille ses premières études de musique comitie enlant de eboMr. Envoyé plus tard à Rome, au colley liégeois, il y séjourna cinq ans , et reçut poidant ee temps des leçons de Grégoire Ballabene , savant musicien de l'école romaine (voyez ce nom). Arrivé à Paris, vers 1788, M. Gérard y etiseigna le chant d'après les principes des anciennes écoles d'Italie, et s'y fit une réfiutation ho* norable comme professeur de cet art. A l'époque de b formation du Conservatoire de musique, il y fut appelé, et pendant plus de trente ans il y enseigna. Quelques romancée ou autres petits morceaux de chant avec accompagnement de piano furent longtemps les seules productions connues de cet artis^ ; quoiqu'il eût composé des CantateêeX des Scènen avec orchestre, tout cela était resté en manuscrit. Ce a'esl que dans sa vieillesse qute M. Gérard s'est fait ooiiinaltne comme un musicien instruit et penseur, par trois ouvrages, dont le premier est une Méthode de chant ^ dboitée en deus partiei, Paris, sans date. Le deuiième a pour litre : Considéra^ ttons sur la musique en général, et parOralièrement sur Unit ce qui a rapport à la vocale, avec de^ observations sur les différents genres de musique , et sur la possibilité dune prosodie partielle dans la langue fra^ paise, entremêlées et suivies dé quelques Téfhamms em observations morales, Paris , IBLiafier et Deaoer, 1819| in-S"* de 125 pages. Nonobstant les éloges pompeux qui ont été récemment donnés à cet opuscule datis un article du Leûrique universel de musique publié en Allemagne , par M. Schilling , je dois dire ( rapporte H. Fétis, auquel nous empruntons cette notice) que les premiers chapitres ne renferment guère que des idées
communes ou superficielles , et de peu d'utilité poTir tari; mai» de bonnes frf)9ervalion$ snr le chant, et ded aperçus , qui ne manquent pasde justesse, sur la posstbilité d un mitre symétrique et régulier dans la poésie lyrique française ( mètre improprement désigné par l'auteur par le nom de prosodie partielle) , recommandent ce petit ouTrage à r9ttention des musiciens et des poètes dramatiques. Les réflexions morales répandues dans le lirre , particulièrement dans les derniers chapitres , indiqueraient que l'auteur est un honnête homme , si la vie honorable et pure de M. Gérard n'avait levé tous les doutes à cet égard. Le troisième ouvrage de ce professeur a pour titre : Traité méiho^ dique d'harmonie où rinjftrurtûm ejfi simplifiée ei miêe à la pariée des commençant. Paris, Launer, 1833, in-fol. Ce livre qui est un retour à la théorie de Rameau pouf la génération des accords par supposition ou superposition dlnlervalles, n'a point eu de succès , et ne pouvait en avoir à l'époque actuelle, oii la théorie de 1 harmonie est établie sur des bases plus rationnelles*; toutefois, on y remarque dans la manière d'écrire de M. Gérard une connaissance pratique de l'art fort estimable* J'ai donné une analyse étendue de l'ouvrage dans le 14* volume de la Revus musicale. On a aussi de M. Gérard une fugue imilative intitulée : les Mau^ Uns de Fervaques; ce morceau est en quelque «orte le complément de la brochure qu'il a publiée sous le titre de Lettre descriptive à M. le comte Adolphe de Custine, renfermant une description pasrtieUe des jardins et de la situation du château de Fervaques, etc. Paris, Kleffer, 1821, in-8* de 60 pages.
1834. PIËLTAIN {Dieudonné-Pasûat). violoniste du plus grand mérite , né à Liège en 1754 , fut un des élèves les plus remarquables de Jarnowick sur le riolon. Api^ avoir joué sis années de suite aux con-
^ 724 — certs spirituels; il se rendit à Londres, où il fut pendant neuf ans premier violon des concerts de lord Abington ! il quitta l'Angleterre , séjourna plusieurs années en Allemagne, en Pologne, en Eussie, se fit admirer dans les principales cours de l'Europe, vint passer les dernières années de sa vie à Liège « au sein de sa famille, consacrant ses loisirs aux arts, dont il était un des plus beaux ornemens. Il est mort en 1834.
M. Pieltain a composé et fait graver treize cancertoi de violon, six sonates, douze quatuors, six duos et douze petits airs pour h violon. Il laisse en manuscrits cent cinquante quatuors , trente concertos et airs variés et trente-deux études pour le violon; ces manuscrits ont été donnés par l'auteur à M. Rouma , son élève « et l'un des artistes les plus remarquables de Vorchestre de Liège.
1834. LAURENTY {Remacle^oseph\ né i Verriera, le 14 janvier 1766, d'un fabricant de couvertures de laine , s'appliqua à la peinture en détrempe et au pastel , excella dans le portrait et le paysage faitsâ la plume j lesquels égalaient, s'ils ne surpassaient pas les plus belles gravures. Ses pâturages se font particulièrement remarquer. En 1793, Laurenty fut en Hollande, alla à Amsterdam, passa delà à Londres, où il demeura deux ans , pendant lesquels il donna des leçons de dessin et continua à se perfectionner dans la peinture, peignit plusieurs portraits , et revint alors à Verriers, où il ne resta que six mois» retourna à Paris, s j fixa , et y mourut célibataire en décembre 1834.
1834. SALÉE ( Jean-Lambert ) et non SAL AIE , comme on la écrit, et s'est signé lui-même , sculpteur, né à Ans près Liège , le 21 mars 1 788. Il reçut les pre« miers principes de son art du sculpteur Franck , et frè* quenta ensuite l'école oentiale. Protégé par le baron
de Micouâ , alors préfet à Liège , Salée partit pour Paris, où il travailla dans les ateliers du célèbre Lemot.
En 181 1 9 il remporta le deuxième prix de sculpture» et Tannée suivante, le premier prix. Il fît le buste de Grètry , qu'il envoya à Liège , en 1813, pour y être mis à l'exposition de la Société d'Émulation de cette ville. Ce buste , qui est d'une parfaite ressemblance , obtint le prix de sculpture à son auteur.
En 1815, M. Lemot présenta Salée à l'école spéciale des beaux*arts de Paris , où il fut admis comme pre-» mier et second mèdailliste.
Durant son séjour dans cette capitale, il fit plusieurs bustes en marbre, qui furent jugés dignes de l'exposition publique du Musée. Il travailla sous la direction de son maître à lexécution de la statue de Henri IV ^ en bronze, qui se voit sur le terre-plein du Pont-Neuf.
Il revint à Liège, en 1818 , à l'effet d'y obtenir la place de professeur à l'école gratuite de dessin. Sorti seul victorieux du concours, près l'Académie des beauxarts d'Anvers , exigé par le gouvernement , son peu d'aptitude aux affaires contentieuses le détermina à se laisser adjoindre H. Dewandre, moyennant partage du traitement. .
En 1824, il fit, pour l'exposition de la Société royale des beaux-arts d'Anvers, un Philoctète^ qui remporta la médaille d'or. Cette pièce est restée à ladite société.
En 1828, il prit aussi part au concours de l'Académie d'Anvers en y exposant Achille pleurant Brùéis; le prix ayant été décerné à un artiste an versois, il n'obtint qu'un accessit. Ce morceau ainsi que son PhUoctète blessé, furent exposés au salon de Liège de 1834. On lui doit aussi un buste,^ très-ressemblant et bien exécuté , de M. le comte de Hamal de Neufchâteau. Il a fait également celui de M. le comte de Rougrave, et celui de son fils; ce dernier est en marbre.
Après la mort de Salée » arrivée à Liège en 1834,
ses liériiiers Tendirent les statues d'Achille et de Phi^ lociète à M. le comte de Rougrave » [qui les a transportées en France.
1835. DEVfAJmKE {François-Joseph), né à Liège, le 4 septembre 1758. Il eut dès sa plus tendre jeunesse, un goût prononcé pour le dessin qu'il cultiva» en même temps qu'il faisait son cours d'humanités au collège des Jésuites de Liège. Il s'appliqua ensuite à la sculpture , et fréquenta , durant deux années , l'atelier de Jean Latour, peintre, sculpteur et architecte, auprès duquel il apprit à modeler. Ses premiers essais furent accueillis par le prince Velbruck , qui l'encouragea et le détermina à se rendre en Italie, pour y continuer ses études et se perfectionner dans son art.
A peine âgé de 20 ans, Dewandrese rendit à Rome, où il travailla successivement dans les ateliers de Pompée Battoni et de Thomas Conca , peintres d'histoire du plus grand mérite. Il s'y appliqua exclusivement au dessin. Il fréquenta aussi les académies de France et du Capitolc Ajant remporté, en 1783, le premier prix de sculpture , ce succès l'anima d'un nouveau zèle pour poursuivre ses études.
Les états du pays de Liège , instruits officiellement du triomphe du jeune artiste, lui envoyèrent, en témoignage de leur satisfaction, une honorable gratification. Pénétré de reconnaissance pour ce noble encouragement , Dewandre se mit de suite à exécuter le husie de Marc-Aurèle, dans l'intention d'en faire hommage à ses protecteurs : ce tribut de gratitude fut accueilli par les états : ils le firent placer dans leur salle de réunion, et donnèrent à Tartiste une nouvelle marque de leur munificence.
Après sept années d'étude à Rome , Dewandre se rendit à Naples, visita ensuite une partie de l'Italie, et revint à Liège & la fin de 1784.
De retour dans sa patrie , il fut chargé de dtfférens travaux, entr autres, du monument élevé dans le chœur de la cathédrale de St.-Lambert , à la mémoire du prince Velbruck, décédé le 30 avril de la même année. Ce mausolée représentait V Immortalité appuyée sur une urne Funéraire , adossée à une pyramide sur la« quelle on voyait le portrait du prince ; un Génie, assis à côté de Turne sur des livres groupés avec les attri* buts de la peinture et de la sculpture, exprimait les regrets que la mort du prince faisait éprouver aux amis des sciences et des arts. On lisait sur le piédestal de ce monument , l'inscription suivante :
Artes protectorem manificum ; Inopes patrem ; Boni vini sociuin ; Patriœ colamen , Iramurtalitati cummendant.
Plusieurs des statues qui composaient ce mausolée, ont été rachetées par la famille de ce prince ; les des* sins en ont été recueillis dans les Annales de V école moderne des Pays* Bas. Gand , 1823.
Après Texécution de ce monument , Dewandre se livra à plusieurs autres ouvrages en marbre, qui lui yalurent , de la part de la Société d'Émulation , une médaille d'honneur. Ces divers ouvrages lui avaient été commandés par la famille des comtes d'Ansembourg, le bourg de Spa et par le lieutenant^général , baron de Reiscbach, grand commandeur de TOrdre-Teutoniqué, résidant alors à Maestricht , qui les avait fait exécuter pour la galerie de son frère, grand chambellan de l'empereur qui résidait à Vienne.
La révolution survenue à Liège en 1789, et les orages politiques qui suivirent cette époque, ayant détruit toutes ses espérances, Dewandre eut l'idée de s'expatrier et d'aller s'établir en Italie ; mais la crainte de perdre
pour toujours le droit de rentrer dans sa patrie , k décida à y rester malgré le malheur des temps.
Lors de rétablissement des administrations centrales dans chaque chef-lieu des départemens en Belgique, celle du département de TOurthe, à peine organisée, s'occupa de réunir tous les objets d'art éparpillés dans l'étendue de son ressort , et nomma , à cet effet , une commission temporaire pour recueillir ce qui restait encore de statues et de tableaux , qui n'avaient pas été mutilés par la hache révolutionnaire , détruits ou vendus à vil prit par le vandalisme.
Dewandre , l'un des membres les plus zélés de cette commission, mit beaucoup de soin dans ses recherches; et on lui doit , en grande partie , la conservation de beaux tableaux et de statues qui ornent aujourd'hui plusieurs églises de Liège.
Le gouvernement français ayant créé des écoles centrales dans les départemens , Dewandre fut chargé d'aller solliciter à Paris, auprès de François de Neufchâteau , alors ministre de l'intérieur, les objets nécessaires , tels que bibliothèque , cabinets de phpique , chimie et d'histoire naturelle , pour former celle du département de l'Ourthe; accueilli favorablement de ce ministre , il en obtint tout ce qu'il lui demanda en faveur de son département.
Defrance , nommé professeur de dessin à Fécole centrale de Liège , ne pouvant , à raison de son âge et de la faiblesse de sa santé, continuer ses fonctions, désigna lui-même Dewandre pour lui succéder et le fit nommer à sa place. Ce dernier s'acquitta de cette tâche avec la plus grande exactitude, et ne quitta l'école centrale qu'à l'époque de la suppression de ces établissemens auxquels ont succédé les lycées et les académies.
Nommé premier adjoint du maire de la ville de Liège, en 1800, il eut en cette qualité, la direction
- 729 — * des travaux public9. Le gouvernement le chargea en* suite de l'inspection générale des bâtimens civils du département de lOtirthe , de la sénatorerie de Liège» du lycée et de l'académie ressortissant de l'Université Impériale. En sa qualité d'architecte-inspecteur de ces divers établissemens publics , il fit exécuter » d'après ses plans , tous les ouvrages d'art ordonnés par le gouverment et les diverses autorités compétentes.
Sous le gouvernement du roi des Pays*Bas • Dewandre fut nommé professeur à l'académie de dessin de Liège , dont sont déjà sortis : MM. Raimont , architecte, Honoré, professeur au collège, Decoux, Renard et Renardy , peintres-dessinateurs , Jéhotte et Simonis » statuaires, Ualleux, élève-sculpteur à l'Académie d'Anvers, et Maréchal, élève-architecte à Rome.
Dewandre , plus que sexagénaire , partageait dans les derniers temps , ses occupations entre les soins qu'il donnait aux élèves de l'Académie et la direction des travaux de la cathédrale et des autres établissemens publics dont il était l'architecte. Doué d'un caractère affable et obligeant , laborieux et fidèle à remplir ses devoirs , il était afiectueux comme un père envers ses élèves. Son zèle pour la chose publique s'est soutenu jusqu'à son dernier jour arrivé le 29 juin 1835. .
1835. CALÉS (Jean- Marie) , docteur en médecine, agronome, membre de plusieurs sociétéssavantes, né au village de Césanne en Languedoc, près de Caraman , étudia la médecine et prit le grade de docteur à Toulouse. Lors delà révolution française, il fut nommé procureursyndic à Revel, puis député à la Convention nationale. Républicain ardent et pur , il contribua de tout son pouvoir à l'établissement du nouvel ordre de choses qui surgissait en France.
Membre de la Convention nationale lors du procès de Louis XVI , il vota sa mort; néanmoins, Calés ne
partagea jamais les idées de Robespierre et de tateur8;€ar, après la mort de ce dernier « chargé de lerer les scellés apposés sur ses papiers et ceux de St.- Just , il trouva chez le premier une liste des membres de laConventioD nationale (liste très-nombreuse, parmi lesquels il figurait lui*méme), destinés par ce dictateur à être envoyés à la guillotine.
Calés fut deux fois envoyé en mission par le comité de salut public : d'abord à Tarmée des Ardennes dont il contribua puissamment à l'organisation, et ensuite à Dijon , après la chute de Robespierre, pour y réprimer les terroristes qui s'agitaient encore. Seul représentant du peuple en Bourgogne, il parvint néanmoins à pacifier cette province en peu de jours.
Rentré, en l'an YI, dans la vie privée, il se fit agriculteur dans la Beauoe, près de Dourdans , où il exerça en même temps sa profession de médecin. II s'acquit bientôt, dans toute la contrée, une grande réputation, comme agriculteur et comme médecin.
Après les cent-jours , exilé comme tous les régicides, il parcourut d'abord l'Allemagne et la Suisse , et vint ensuite se fixer à Liège. Les Bourbons , peu de temps après , sur les instances d'un ami auquel il avait sauvé la vie durant la terreur , consentirent à le laisser rentrer en France , mais Calés refusa , alléguant qu'exilé par une loi , il ne pouvait y rentrer que par une loi.
Calés était savant, et ne cessa à Liège , de s'occuper de divers travaux très-intéressans pour l'agriculture. La Société d'Émulation de cette ville lui accorda le prix , dans sa séance du 21 avril 1821 , pour son Mémoire sur la question proposée par cette société : QueU sont les obstacles qui ont nui dans nos climats à la propagation des mérinos 9 Quels sont les moyens di les surmonter et d*y élever ces animauûP, ainsi que les races croisées qui en proviennent ? Voir le procès-verbal de cette séance.
Il a fourni au Journal dagriculture du royaume des Payê'Bag , plusieurs articles d'économie rurale.
Le docteur Calés termina sa carrière à Liège , au mois de février 1835 , à l'âge de plus de 70 ans , laissant un peu de fortune , fruit de 20 années de trayaiL Sa perte fut vivement sentie dans sa patrie adoptive.
1835. COURTOIS (Richard-Joseph), docteur en médecine 9 naturaliste distingué.
La biographie des hommes qui ont rendu des services à l'humanité et illustré leur patrie par des travaux scientifiques est pleine d'enseignemens utiles. C'est un livre où les évènemens contemporains ont bien souvent leur reflet, comme si la société , si progressive de sa nature, avait néanmoins et des vertus immuables et des vices incorrigibles. Tel savant, et la chose n'est pas rare, qui lutte aujourd'hui contre l'infortune et des maladies opiniâtres , trouvera dans l'histoire de la science des circonstances analogues à sa position ; tel autre qui nage dans l'opulence et jouit de tous les plaisirs de la vie » y apprendra bien qu'à plus d'une époque , la fortune sourit au talent et que plus d'une fois, hélas ! elle en a compromis les succès. Et quand on se demande de quel côté est le plus de mérite , ou chez celui-ci aux vœux duquel rien ne s'oppose , ou chez celui-là dont la patience invincible lutte toujours pied à pied avec
les obstacles, la réponse est facile Aussi la relation
des malheurs qu'un ami de la science a dû subir durant sa vie a-t-elle souvent ranimé l'ardeur des savans qui n'ont pas à se louer du sort ; ils y ont trouvé un motif suffisant pour ne pas délaisser l'étude, qui nous met si souvent au-dessus des travers de l'humanité. L'histoire des sciences a son martyrologue et cela n'empêche pas une foule de victimes de se dévouer pour la même cause. C'est que cette cause est en effet sainte par elle*même et divine dans son but ; les
— 732 -r hommes ne sont guère que des instrumens qui obéis* sent à des vues providentielles.
C'est sous ce point de vue philosophique que la vie de Courtois se présentera à nous, comme une lutte in* cessante entre l'amour de la science et les poursuites de l'infortune.
Richard- Joseph Courtois naquit à Yerviers le 1 7 janvier 1806f d'une famille d'industriels peu aisée. Son père était un petit fabricant de draps, chargé d'une famille nombreuse et ne pouvant donner à ses treize enfans une éducation soignée. Mais le doigt de Dieu était là, et comme la chose arrive souvent, la plus vulgaire circonstance détermina la carrière du jeune Richard. L'étoile de Courtois devait luire vite et s'éteindre bientôt ; une vie si pleine devait être courte. Placé dans une petite école d enfans , à 4 ans il savait lire correctement ; hors des heures des classes , il allait jouer avec ses camarades aux abords si pittoresques de sa jolie ville natale. On sait que Yerviers est Thabi** tation du Nestor de la botanique belge , de M. le doc* teur Lejeune,qui préparait vers ces années sa Fhre de Spa, publiée en 1811. Dans ses visites médicales, il descendait souvent de cheval pour herboriser et recueillir les nombreuses espèces de plantes que produit un aussi beau pays, tout boisé , tout entrecoupé de montagnes, de vaUons, de ruisseaux et de rivières. Le jeune Richard , tout enfant qu'il était , avait remarqué ce manège ; sa curiosité fut vivement piquée ; son iiH telligence naissante , mais si précoce , se demandait œ qu'on pouvait voir de si attrayant dans les fleure. Reo< contrant souvent M. Lejeune, il quitte ses compagnons • de jeu, longe les berges des chemins et se hasarde enfin à demander un jour à notre botanographe la permission de tenir la bride de son cheval. Son but n'était que de voir de plus près pourquoi et comment les fleurs occupaient tant M. Lejeune. Il comprit alors que leur
difersitét leurs formes si gracieuses se multipliaient en quelque sorte par leur dissection; la curiosité , si natu<relle aux enfans, si utile à l'homme fait, fournit dès lors à Courtois d'intarissables jouissances dans la contemplation de tant de beautés. Il n'osait pourtant souffler mot ; mais H. Sister, l'instituteur , avait remarqué le goût qu'il portait désormais aux fleurs et la constance qu'il mettait à suivre , de loin , le botaniste qui bientôt devait devenir son protecteur ; il en parla à M. Lejeune; eelui-ci interrogea le petit Richard et le prit en affection. Richard avait alors six ans ; M. Lejeune le fit entrer au collège, et un an après, son protégé remportait le prix , dit du drapeau. M. l'abbé Roland, qui dirigeait ses études, le destinait à l'état ecclésiastique.
l..es honneurs font beaucoup sur le jeune âge. Les deux Flandres doivent sans doute le grand nombre d'hommes remarquables qu'elles ont produits dans les sciences, dans les arts et dans les lettres, aux démonstrations publiques de l'approbation que les succès ont obtenus de temps immémorial dans ces provinces. Les arbres plantés dans les rues , les arcs de triomphe , les guirlandes de fleurs , les inscriptions qui rappellent les noms des vainqueurs, les illuminations , les sérénades, les banquets du doyen de la rue où habite le lauréat , ces fêtes du voisinage enfin , ces honneurs spontanés, que des concitoyens rendent sans le devoir, laissent dans la mémoire de ceux qui en sont l'objet , des souvenirs qui font diversion aux mauvais jours de la vie et entretiennent dans l'ame une. ardeur toujours nouvelle. Le prix du drapeau ressemble à Yerviers à une tradition flamande , c'est un prix d'excellence accordé à oelui qui l'emporte sur ses condisciples dans tous les concours ; on conduit le lauréat chez lui , en cortège ; un grand drapeau porté en tête ouvre la marche.
Ge premier suooès enflamma de zèle noiœ jeaoe Richard. A 14 ans, il avait fini ses humanités et rem** porté les premiers prix des classes supérieures au oal* lége municipal de Liège , où il était venu achever ses études. Ses parens étaient loin de pouvoir suffire à Fia»truction universitaire de leur fils aine* H. Lejeune , qui avait en quelque sorte adopté Courtois , unit ses efforts à ceux de M. Genin. marchand de laines» à qui YieuxtempSi cette autre précocité musicale, doit aussi en partie son avancement ; quelques amis généreux secondèrent les intentions de ces philanlrophes et Ri* chard Courtois résolut , en 1 820 , de faire ses études à l'Université de Liège. Le peu d'inclination qu'il avait pour les éludes théologiques, lui ayant fait porter ses vues vers la carrière médicale, c'est à la louable bien* veillance de ces hommes éclairés que la botanique moderne de la ^Igique dmt un de ces plus beaux noms et la province de Liège en particulier une de ses plus honorables illustrations.
A peine arrivé à Liège , Courtois fut remarqué par le professeur de logique , H. Ignace Denzinger; oo se rappelle toujours avec plaisir la tendre vénération , et je pourrais dire lamour paternel que cet homme ins» truit portait à ses études. Richard , qui se distinguait autant par son jeune âge , puisqu'il n'avait alors que quatorze ans , que par ses connaissa^ices, eut une large part à cette paternité professorale. M. Denzinger l'accueillit chez lui comme son enfant , et c'est là qu'il apprit à manier avec facilité et élégance la langue latine alors en usage dans l'enseignement supérieur. La connaissance de cette langue^ outre qu'elle devait être d'une nécessité absolue pour le jeune botaniste . devenait entre ses mains un moyen de faire quelques économies , car il fut mis , par la libéralité active et soigneuse de ses bienfaiteurs , à l'abri du besoin , il composait, lui si jeune , des thèses latines pour ses oon*
disciples. Plus tard , lorsque le malheur Tint assiéger son foyer domestique , le papier de ces thèses hii servait de feuilles d'herbier et j'ai trouvé sur les marges de ces publications des notes fort intéressantes sur la flore du pays. Pouvait-il imaginer , le jeune Courtois « qu'alors qu'il serait devenu professeur, il serait à court d'argent pour acheter du papier et que les mêmes pages qu'il vendait à des élèves incapables deviendraient le dernier véhicule de sa pensée ?
A peine fut*il reçu candidat en médecine qu'il fut nommé chef de la clinique interne à l'Hôpital de Bavière à Liège, où il resta pendant deux ans. Mais quoiqu'il sedèstinfttà la profession médicale , l'art de guérir n'avait pas toutes ses sympathies. C'est du reste, un fait que la biographie des naturistes nous révèle presque partout. Une fois que l'homme , porté vers les sciences naturelles , a goûté de leur étude , toutes les autres branches des connaissances humaines, quelque lucratives qu'elles puissent être pour ceux qui s'y adonnent^ perdent de leur intérêt , et le naturaliste , s'il se fait médecin , ne l'est jamais qu'à demi. La nature est si vaste , ses merveilles si nombreuses , ses mystères si difficiles à connaître et à expliquer, qu'en effet il faut une attention de tous les momens, un travail opiniâtre, toujours continué pour saisir , je ne dirai pas l'ensemble , mais même une des parties des sciences naturelles. Elles dévorent tout le temps. En philosophie, en mathématiques , en littérature , l'esprit crée , invente, l'imagination joue son rôle, mais, dans les sciences na* turelles, les observations forment la base des connaissances et la nature est loin d'offrir à point nommé ce que l'on cherche ; on doit être à la piste des phénomènes , tantôt les produire, tantôt les attendre, et ce seul moyen d'acquérir le savoir exige de celui qui y aspire toute une vie de patience et de travaiU Son ac* tivité est donc tout absorbée.
Aussi Courtois eul-il peu de succès comme roédedn. Pendant qu'il était à rhôpital , il eut l'occasion de signaler les connaissances qu'il avait acquises en botanique, grâce à l'amitié de M. Lejeune et aux leçons de Gaëde, professeur de sciences naturelles à ITJnivenité de Liège. L'université de Gand avait mis au concours de 1821 la question suivante : on demande une expo^ êiiion succincte de nos connaissances actuelles sur l'origine , la situation , la structure et la fonction des organes servant à la propagation chez les planief pha^ nérogames? Il j eut trois concurrens, et Richard Cour* lois remporta la médaille d'or, le 7 octobre 1822. 11 avait alors 16 ans, et ce mémoire lui avait coûté un an de travail. Cette dissertation décèle déjà le genre d'écrit propre à son auteur. Une logique serrée , un classement d'idées très-clair, un langage froid, un style concis , bref , upe érudition profonde , peu de paroles et beaucoup de faits. Ce n'était là qu'un travail d'élève pourtant, sans découvertes nouvelles, mais renferroant nne expteition complète, comme l'exigeait la question, de tout ce que l'on savait alors sur la propagation des plantes et les amours des fleurs. Il est facile de s'apercevoir que ses relations avec MM. Denzinger et Gaëde, tous deux Allemands , avaient donné à l'esprit de Courtois une teinte germanique; ce qui , certes, en histoire naturelle, n'est pas à dédaigner, car on sait combien l'étude de la nature a fait de rapides progrès en Allemagne et quelle profondeur , mêlée d'une yaste érudition , distingue les écrits de cette partie de l'Europe. Ce n'est pas une chose neuve dans l'histoire des sciences en Belgique, de voir plusieurs de nos compatriotes professer pour les écrits allemands un amour particulier. Adrien Spiegel, né à Bruxelles en 1578, et qui mourut professeur d'anatomie et de chirurgie à Padoue , dédia ses Isagoges in rem kerbariam, à la jeunesse allemande pour témoigner tout l'intérêt qu'il
- 7S7 portait à la marche des sciences naturelles en Âlle« magne « pays dont les habitans, disait-il , ont une apti** tude particulière à l'étude des sciences naturelles. Liège» par son voisinage des provinces rhénanes et ses relations avec les diiférens états germaniques , favorisait encore cette tendance. La bibliothèque publique, contenant un grand nombre d'ouvrages de nos voisins , n'a pas peu contribué à donner aux jeunes gens sortis de notre faculté des sciences , un cachet particulier qui les rapproche de l'Allemagne par le fond et la forme des pensées. Courtois reçut vivement cette em*^ preinte que nous retrouverons dans ses écrits ultérieurs. A 19 ans, le 20 juin 1825, il fut reçu docteur en médecine avec la plus grande distinction. Il avait toujours conservé avec M. Lejeune des relations suivies où la botanique tenait, après la reconnaissance et l'amitié» le premier rang; son protecteur, à l'exemple de plusieurs savans de l'Allemagne, avait conçu l'idée de publier une flore du pays en plantes sèches» un herbier mis en fascicules ; et en 1825 , l'année même où Courtois devint docteur » il commença avec son jeune ami la publication de cet ouvrage , sous le nom de Choix de9 plantes de la Belgique. Chaque livraison fut composée de 50 plantes et l'ouvrage, qui a cessé de paraître en 1830, mit ainsi en circulation 1,000 plantes (20 livraisons) parfaitement classées et étiquetées, quelquefois décrites par les deux auteurs. Ce mode de publication nécessitait de fréquentes et de copieuses herborisations; il forçait le jeune docteur à visiter toutes les localitésau moins de sa province. Ces visites pouvaient devenir utiles sous un autre point de vue : elles lui offraient Toccasion de rassembler tous les faits statistiques intéressans. M. Lejeune donna à Courtois l'idée de rendre plus utiles encore ses courses si variées et il l'engagea à s'occuper de la statistique de la province de Liège. Ce fut cette circonstance qui lui fit prendre pour sujet de
sa thèse, la topographie physico^fnédicah de la province de Liège. Il y examine successivement la position géo-^ graphique , la constitution géologique et minéralogie que , les marais et les fleuves, les eaux minérales, dont la liste est très-complète » les produits végétaux et animaux, la météorologie, la constitution physique et morale des babitans, l'hygiène, les maladies et les épi* démies, la population et les hospices alors établis*- Cette dissertation devenue rare mériterait d'être traduite en français et reproduite , car elle renferme une foule de faits curieux et peu connus.
Les renseignemens que Courtois avait rassemblés sur la statistique de la province de Liège, lui permirent de publier en 1828, son ouvrage en deux volumes sur cette matière. Les études de l'auteur devaient le porter de préférence vers Ja topographie i la géographie physique et en général vers l'histoire naturelle. Aussi prit-il la statistique dans le sens restreint du mot et nullement comme Say l'avait entendue; une foule d'élémens variables, ayant leur influence sur la situation sociale de l'homme , n'ont pas été examinés par lui , comme le nombre des crimes et délits , le mouvement de l'instruction publique , celui des consommations , etc. Mais tout ce qui tient aux productions du sol , toutes les parties où la connaissance des sciences naturelles est une néc^ité , ont été traitées avec habileté et, on doit le dire, aucune province en Belgique ne possède un recueil plus complet et plus exacL Si 1 auteur avait vécu plus longtemps, la seconde édition de cet ouvrage , à laquelle il travaillait sans relâche , comme nous l'ont prouvé les notes manuscrites que nous avons examinées, aurait rempli les lacunes qu'on avait signalées dans la première.
Après avoir obtenu le grade de docteur en médecine, Richard Courtois fut nommé , le 1*' décembre 1825 , sous-directeur du Jardin botanique de Liège t sous
le professorat et la direction de Gaëde. Cette fonction , créée pour lui, le mettait à même de se v6uer exclusivement à son étude favorite , à ses chères plantes , les objets de ses plus anciennes affections. Son herbier s'augmentait considérablement, ses relations avec les botanistes régnicoles et étrangers devenaient de plus en plus fréquentes. Aussi dès 1827 , cest-à-dire lorsqu'il n'avait encore que 21 ans, commença-t-il, de concert avec M. Lejeune , le Compendium florœ Bel' gicœ y dont le second volume parut en 1831 et le troisième en 1836 , après la mort du jeune et infatigable naturaliste.
La botanique indigène a toujours compté dans notre pays de nombreux scrutateurs; le royaume étendu alors aux provinces de la Hollande , était exploré dans la partie septentrionale , par MM. Van Hall, Kops , Bergsma , etc. , et dans la partie méridionale par MM. Koucel , Lejeune, Du mortier ^ Kickx , Tinant, Marchand , Krombach, M"* Libert, etc. Cependant les fruits de leurs investigations étaient épars dans plusieurs ouvrages , mémoire ou notes. MM. Lejeune et Courtois résolurent de tout réunir et de joindre à ces données les résultats de leurs propres recherches. Le royaume eut ainsi sa première flore un peu complète. La description des espèces y est souvent originale; les localités y sont indiquées avec soin , les synonymies revues aux sources mêmes; et, après tout , cet ouvrage mérite encore la préférence sur tous ceux que nous possédions déjà. Le nombre des espèces qui y sont décrites est de 1791, les cryptogames cellulaires comprises. Les fonctions de sous-directeur du Jardin botanique que Courtois remplissait à cette époque , n'étaient que faiblement rétribuées. Il crut que son sort pouvait s'améliorer par l'exercice de la médecine, et ne prévoyant pas qu'il lui serait impossible de s'adonner à la fois aux études prolongées qu'exige la botanique et à celles
-,. 740 ^ non moins ardues de Tari médical, il chercha à se créer une position indépendante , mais qui devait avoir de tristes suites pour sa santé , minée par un développe* ment prématuré et par des travaux au-dessus de son fige. Le 25 septembre 1828 « il épousa une jeune personne de Verviers , M"* Louise Caro. Cette union, loin de le mettre au-dessus des premiers besoins de la vie, le força à tourner ses vues vers une carrière plus lucrative que ne pouvait l'être une petite charge qui le mettait presqu au niveau de jardinier en chef du Jardin botanique ; ce fut alors que , pour se faire connaître comme médecin , il publia la traduction de deux mémoires allemands , l'un sur la dyssenierie du docleor Friedereich, et l'autre sur Fauscultatian appliquée à la grossesse du savant médecin M. Haus« de Wurzbotirg, dont le frère est aujourd'hui recteur de l'Université de * Gand. Ces traductions attestent que la langue allemande lui était très-familière ; dans les sciences naturelles , il est impossible d'atteindre à quelque profondeur sans son secours.
Richard Courtois était loin d'avoir goûté jusqne-U les douceurs de la vie de famille. Éloigné dès l'âge de quatorze ans de ses parens» il avait, malgré les secoon qu'il recevait de M. Lejeune « éprouvé plus d'une fob les angoisses de la pauvreté. Modèle de piété filiale et victime de l'amour qu'il portait aux auteurs de ses jours , il ne se serait jamais permis de leur adresser le moindre reproche, c Je ne reçois de la maison que les habillemens, disait-il, dans une de ses lettres à H. Lejeune, mais laissons cela : ils ont encore assez de peine sans moi; je m'estime heureux comme je suis et je peux dire que tous mes herbiers et mes autres collections
sont le fruit absolu de mes épargnes J'aurai ma
chambre et le déjeûner pour 20 fr. par mois et j'ai 35 fr. de ma bourse universitaire. Quant au souper, du pain et de la bière , je passe ainsi ; je n'y attache pa» grande
tmporlance^, mais je suis libre ! » Voilà ce qu^il pensait et faisait étant étudiant. Mais plus tard , toujours pauvre malgré sa science, avec cette grande liberté , ce rêve creux d'un jeune homme de quatorze ans , il ne pouvait aller bien en compagnie d'une jeune femme et des enfans qu'elle lui donnerait. Son logement au jardin botanique était des plus modestes pour ne pas dire moins, et son train de yie n'était guère propre à ne pas lui faire désirer un meilleur sort. C'était Tépo^ que où la Belgique commençait à murmurer hautement contre l'injuste répartition des emplois publics^ accordés presque exclusivement aux Hollandais. La Belgique « qui avait fourni naguères des professeurs de botanique justement célèbres aux universités de l'Italie et même à l'école la plus renommée de la Hollande, à Lcyde^ l'Athènes de la Batavie, comme l'appelait Meursius , la Belgique voyait à cette époque les six chaires de sciences naturelles alors existantes dans les universités du royaume « occupées par trois Allemands et trois Hollandais. L'excessive médiocrité du professeur de Tune des universités de la partie méridionale était de« venue proverbiale. Cet état de choses devait naturelle-» ment apporter dans l'esprit de Courtois un mécontente-» ment que malheureusement il ne sut ni déguiser , ni tourner de manière à ne pas lui donner l'apparence de l'ingratitude. A l'approche d'une révolutionnes hommes se méfient les uns des autres et la froideur fait quelque* fois place, dans ces temps d'exaltation, à des sentiment plus énergiques, mais aussi plus condamnables. C'est ce qui arriva entre Courtois et Gaëde à l'époque de la ré* volution. Après que Liège se fut ralliée au mouvement général de la Belgique , l'Université de cette ville fut, comme toutes les autres, morcelée par la suppression de la faculté de philosophie et de lettres. MM. Denzinger et Bronn, professeurs d'économie forestière, retournèrent en Allemagne, l'un immédiatement après les évé«*
neioens , Vautre Tannée suivantCt et quoique la faculk des sciences fût cott«enFée. L'arrêté du 16 déoembn 1830 , qui opérait de si grands changemens , oublia par une circonstance inexplicable , dans les nouTeUe nominations , celle d'un professeur de sciences naturelles ; G>urtois en conclut que Gaêde avait reçu pai cela même sa démission » et plein de confiance dans se sympathies pour la régénération politique de son pan, il courut demander à Bruxelles la place de son ancien professeur. Cette démarche malencontreuse indisposa vivement contre lui ce dernier , que le gouTememeot provisoire avait réintégré dans ses droits peu de joun après l'arrêté dont nous avons parlé. Depuis ce moment, il n'y eut plus que des rapports légaux entre le directeur-professeur du jardin botanique et le sous-directeur. Ces malheureuses dissensions continuèrent jusqu'au 2 janvier 1834 , jour ou mourut le professeur Gaëde« le dernier naturaliste allemand que la Belgique ait conservé dans l'enseignement supérieur. Alors lef demandes pour le remplacer 'devenaient légitimes; mais le gouvernement , qui se proposait d'organl^r par une loi longtemps attendue les Universités de l'État, s'était interdit en quelque sorte des nominatioDs nouvelles. Le collège des curateurs de l'Univcrsilé , d'accord avec le gouvernement, partagea l'héritage de Gaëde, en plusieurs chaires, auxquelles on noioroa provisoirement Courtois pour la botanique ; M. Carlier, remplacé plus tard par Scfamerling , pour la zoologie; Fohmann , pour l'anatomie comparée , et H. Davreui pour la minéralogie. Par une circonstance fatale» il est à remarquer qu'en moins de troiâ années deux de cet: savans, tous jeunes et pleins d'espérance, ont été mois^i sonnés par la mort. Depuis la révolution nous avoos vii la tomix: engloutir Vanderlinden, Kjckx, Engekpacht Larivière, Gaëde, Courtois, Schmerling, Fohmann J Desvignes, Koucel, Bombeke, Yan'Hulthem» Husscbej
tous naturalistes , tous dignes, de figurer nobiemenl dans Thistoire des sciences de notre patrie. Un écrÎTain a récemment publié , dans un aperçu sur Tétat actuel des sciences mathématiques jchez les Belges , que les sciences naturelles présentaient chez nous on état plus prospère que les premières «parce qu'elles n'avaient pas eu à supporter depuis la révolution la défection qu'on a remarquée chez les physiciens let les mathéraa» ticiens. Nous avons eu à subir la plus pénible des défec«' tions, celle de la mort, et l'histoire naturelle, à aueune époque connue » n'a été dans notre pays plus souvent veuve de ses plus chers adeptes. Si les sciences natu« relies ont l'apparence d'être plus cultivées i dans nos provinces que leurs sœurs, les sciences mathématiques» cela se doit , non au nombre plus grand d'hommes qui les cultivent , mais à l'activité plus féconde de la plupart d'entre eut.
Courtois ne put longtemps contribuer à répandre le goût de la botanique par renseignement. Lorsqu'il alla à Gand , le jour de l'exposition jubilaire de la société royale d'agriculture et de botanique, pour assister au jugement des concours ouverts à cette fête mémorable 9 il portait déjà dans sa trop frêle organisation le germe dé la maladie qui devait nous l'enlever. La phthisie pulmonaire le consumait ^ et les leçons qu'il donnait avec beaucoup de soin n'étaient pas propres à calmer ses maux. Il ne discontinuait pas d'ailleurs de travailler sans relâche à l'avancement des sciences ; il commençait à recueillir même les fruits de ses travaux. L'Académie impériale des curieux de la nature , siégeant à Breslau , cette ancienne et célèbre institution de l'Allemagne, l'avait , en 1833, admis au nombre de ses membres. On connaît le singulier mode de nomination de cette illustre institution. Chaque membre porte le nom d'une célébrité ancienne, dont les études et les sciences oui quelque analogie. Courtois j fut reçu
comme un Dodonée II , remplaçant à notre époque ce célèbre Malinois que Cuvier fait naître à tort en Frise , et qui , médecin de Jkl&iimilien II et de son fik Rodolphe II , alla mourir à Leyde , n'ayant pu » comme Courtois, enseigner la science des plantes que pendant très-peu de temps. Le botaniste verviétois publia , à ce sujet , une élégante dissertation , intitulée : Commentariusin Remberti Dodonœi pempUuks , dans laquelle il établit une synonymie complète entre les noms que portaient les plantes au seizième siècle , tels qu'on les trouve dans les ouvrages de Dodonée et ceui. que la nomenclature actuelle leur attribue. Il a joint à ce mémoire Ténumération des espèces indigènes et exotiques cultivées au jardin de l'infirmerie de la célèbre abbaye de Dillighem* en 1633, d'après l'herbier du frère Bernard Wynhouts , herbier aujourd'hui en possession de M. Kickx. Ce travail est fort curieux pour l'histoire du commerce et de l'horticulture ancienne de notre pays, car il démontre , comme son auteur la fait remarquer, que la Belgique voyait cultiver à celte époque une foule de plantes très-rares, surtout de Curaçao, des Molluques, du Brésil, etc. Les pères de cette abbaye possédaient déjà l'ananas dans ce temps , quoique Dodonée ne parle pas de cette plante. Comme je trouve que ce fruit , le meilleur de tous, n'a été introduit en Angleterre qu'en 1690, on voit, ainsi que je l'ai établi arlleurs pour les légumes et une foule de plantes, que très-probablement c'est encore une fois la Belgique qui a doté la Grande-Bretagne de cette production exquise.
Le 6 décembre 1834, Courtois présenta à l'académie | royale des sciences et belles-lettres de Bruxellesi^un mé- 1 moire sur les tilleuls de l'Europe , qui lui valut le titre de membre correspondant de cette compagnie.
A la même époque, jediraisau même jour, H. Edouard Spach remit à Paris , aux directeurs des Annaleê de$
9cienceê naturelles » un travail sur la même matière , et l'histoire de ce bel arbre , si abondamment cultivé dans les sites pittoresques de la province de Liège, n'en deviendra que plus difficile. L'un et l'autre de ces ba« tanistes ont, comme on le pense bien , créé des espèces nouvelles. M. Host , premier médecin de l'empereur d'Autriche, décédé en avril 1834, avait déjà précédé ces auteurs dans la détermination des espèces, con« fondues par Linné sous le nom de tilleul d'Europe. Cei arbre méritait sous tous les rapports une attention particulière. Courtois le regardait, d'après H. Decandolle, comme celui qui, en Europe, pouvait acquérir les plus grandes dimensions.
On cite cependant des pins sylvestres et des frênes (Fraxinus eœcelsior) de 150 pieds de hauteur , tandis que la plus longue branche du tilleul de Neustadi dans le Wurtemberg , dont on estime l'âge à 700 ou 800 ans, ne mesure*que 106 pieds de longueur. Il est très-remarquable que les espèces nouvelles citées par Courtois ont toutes été trouvées dans la même avenue d'une petite ferme des environs de Verviers.
Ce mémoire sur les tilleuls fut le dernier de ses ouvrages ; il le fit paraître en 1835. Le 14 avril de cette année il expira à l'âge de vingt-neuf ans , après qua* torze mois d'une maladie qui n'avait que trop décimé sa famille ; il laissa trois petites filles en bas âge; et sa veuve , devenue aujourd'hui institutrice d'une des écoles fondées par la régence de Liège , propage les premiers élémens de l'instruction publique , à laquelle son époux était destiné à rendre de si grands services. J'ai fait placer son portrait parmi œux dea grands botanistes qui ont illustré notre pays , sur le diplôme de la société TojaXe d'horticulture de Liège , entouré de ces tilleuls qu'il a si savamment décrits , et qui orneraient sa tombe, si, dans cette province comme àGand, comme dans tous les |ardins botaniques quelque peu remar-^
quables de TEurope , on se plaisait à rappeler à la rt» connaissance publique le souvenir de ceux qui se sont voués avec succès aux progrès des sciences et au bon* beur de rhumanité.
Courtois mourut donc avant l'époque où les Universités furent organisées par une loi nouvelle ; il ne pot voir son sort s améliorer , et même il éprouva quelques difficultés pour conserver sa place qui fut sur le point d'être supprimée , à cause d'une circonstance qpii se rattache à des dissensions d'une politique anli^nationale à laquelle on soupçonnait même à tort qu*il avait prêté la main.
On conçoit que le malheur, qu'une longue maladie ne pouvaient guère donner à Courtois une grande aménité de caractère : d'ailleurs le sien était en quelque sorte moulé sur son genre d'études; il était sec, comme une phrase spécifique de Linné , mais aussi comme elle, précis et jusiie, frappant d'aplomb et allant au cœur de la vertu s'il avait à la louer, du vice s'il devait le combattre. Ce genre de précision dans l'esprit, exprimée par une parole parfois un peu âpre, ne devait pas lui concilier l'amitié de tout le nonde; mais si le botaniste de Verviers n^eut pas ce bonbeur , souvent peu désirable en lui-^même , du moins il fut honoré de l'estime de tous ceux qui le connurent. Sa vie est peut-être semée de quelques traits, sur Tappriciation desquels on n'est pas précisément daooord; mais je dois à la vérité de déclarer ici que Courtois mettait l'amour filial au-dessus âe tous les devoirs. Des banqueroutes et la révolution avaient détruit l'industrie de «on père, qui expédiait ses draps en Hollande; cette nombreuse famille souffrait d'une gèàe continuelle. Richard seul venait à son secours « et à peine avait-il recueilli quelque récompense de ses travaux, que , sans s'inquiéter du lendemain pour lui-même , il allait de gaité de cœur donner à ses parens ce qu'il
•— 747 — avait reçu. Les dernières années de sa vie sont pleines^ d'actions touchantes et qui devraient à jamais fermer la bouche à ses détracteurè. Ce n'est pas sans doute le dehors qui doit nous donner l'estime de nos concitoyens, et si quelque chose est tout l'homme « ce ne doit être que le cœur, que lame , que la conscience enfin dont la fiioralité est celle des actions elles-mêmes.
Parmi les écrits importansqua laissés Courtois, nous ne devons pas passer sous silence sa Bibliographie gé-^ né f aie de boùmique, à laquelle il travailla plus de dix ans , et qui se compose aujourd'hui de près de 60 cahier» cartonnés , conservés par M. Fiess , bibliothécaire en chef de 1 Université de Liège. Dierbach , Von Miltitz, Bancks, Schweigger Seidel, etc. , ont , il est vrai, en Allemagne et en Angleterre, publié des bibliothèques de botanique eicellentes, mais, d'après ce' que nous avons vu , Courtois, ayant profité de toutes ces sources , son ouvrage est infiniment plus complet. Les littératures belge et hollandaise, trop négligées par les étrangers, y sont admirablement traitées. C'est un vrai malheur pour la science que les personnes qui ont pris intérêt à la mémoire de Courtois et au progrès des sciences dans notre pays , n'aient pas fait publier jusqu'à présent un livre comme celui-ci qui intéresse l'Europe entière, et qui serait pour notre nation un titre des plus honorables. Depuis la mort de l'auteur , sans doute , une foule d'ouvrages ont paru, mais ce travail, complété par un homme habile, ne perdrait rien de son prii intrinsèque.'
A dessein je n'ai point parlé dans cette notice de l'influence exercée par Courtois sur l'horticulture et l'industrie des jardins, industrie si particulière au peuple belge. C'est que je voulais présenter tout d'un trait l'utile impulsion que notre jeune naturaliste sut donner dans la province de Liège à cette branche si lucrative de commerce. Un homme d'un caractère de fer , d'un
^ 748 — esprit entreprenant et décidé , fatigué d arracher éc% profondeurs de la terre la houille qu'elle cache dans ses entrailles, trouva un jour loccasion d'échanger son pileus de mineur contre la serpette. Sous les auspices du conseiller H. Fresart, il apprend les premières règles de l'état du jardinage. £n peu d'années il réalise quelques bénéfices et monte les premières serres modèles que Liège ait connues. Cet homme , sans saToir un mot de latin , retenait avec une précision remarquable cette nomenclature botanique si ardue qui fait le désespoir de plus d'un érudit; il n'avait pas lu comme Husscbe , le type des jardiniers d'après le pcnnpeux éloge de Van Hulthem , encore moins savait-il par cc9ur la Philo9ophia botanica de Linné. N'importe » H. Jacob-'Makoy , car c'est de lui que je veux parler, créa rétablissement le plus vaste qui soit dans le pajs et dans les états qui nous environnent^ à lexceplion de l'Angleterre , il devint le premier jardinier du conti* nent. £n peu d'années son commerce immense s'est étendu à la France et aux provinces rhénanes , à la Prusse , à l'Autriche , ^ toute l'Italie , à la Suisse , à la Kussie , aux Amériques , etc. Sa carrière s'est liée à celle de Courtois , et l'existence de ce dernier s'était comme identifiée avec celle de M. JacolhMakoy, le Cockerill de l'industrie horticole de la Belgique; tous deux ils résolurent , à l'instar de ce qui s'était passé en 1809 à Gand , lors de la création de la société dite de Botanique de cette ville, de populariser à Liège le goûl des fleurs. Ils créèrent la société , modestement mais justement appelée d'horticulture, en 1830 ; Courtois avait trop de jugement pour joindre au titre de l'institution qu'il cherchait à fonder une dénomination fausse qui ne fût en harmonie ni avec l'occupation de ses mem*» bres , ni avec le respect qu'on doit à la science des Jussieu et des Linné ; il savait bien qu'en réalité c'est uniquement de la culture d'agrément et non de la
science des plantes qu'on s'occupe dans ces sociétés , et le règlement constitutif qu'il rédigea, qu'il fit adopter par la commission d'installation et approuver par l'autorité, est une preuve de sa manière de voir à ce sujet. Il fut nommé secrétaire de cette société , et ce fut lui qui rédigea les procès-verbaux des expositions et les notes qui parfois terminent les catalogues de ces exhibitions. La présidence était occupée par M. Gaëde. Cette institution répandit bientât le goût paisible de la culture , et une foule d'établissemens horticoles surgirent de toutes parts à Liège et dans ses environs. Au milieu d eux primait toujours celui de M. Jacob-Makoy, que le roi S, M. Léopold visita à son premier vojage à Liège » et qu'il revit depuis à chacun de ses passages par cette ville avec un nouveau plaisir. Cette visite avait donné à Courtois uq vif désir de voir Claremont , les jardins et les serres de TAngleterre , et grâce à la libéralité ^de H. Jacob-Makoy , il se rendit dans ce pays avec lui, au commencement de juin de Tannée 1833 et il consigna dans le Magasin (TKorUculture , les observations qu'il fit dans ce voyage extrêmement fructueux pour son herbier, puisqu'il y recueillit un nombre considérable de plantes rares. De plus , il remarqua les différens modes de culture et il se rendit par les judicieuxaperçus qu'ilsfirent naître en lui aussi utile aux Anglais eux-mêmes qu'aux Belges. Ses remarques sur la mauvaise manière de tailler les pommiers et les poiriers eo Angleterre furent promptement traduites en anglais , dans la Grande-Bretagne et aux Etat^^Unis. J ai publié ailleurs que Courtois était plus connu en Amérique que dans son pays ; et qu'un bon nombre de ses précieux articles ou mémoires avaient mérité l'honneur de la traduction dans le Nouveau-Monde , c'est ici l'occasion de dire que son Mémoire sur la géographie boia" nique est connu dans tous les pays ou le goût des oul<> tures savantes a pénétré.
En rendant compte de son voyage , il eut l'oooasion de parler des établisseinens d'inchistrie horticole qu'il avait visités en Angleterre. Le jardinier de lun d'entre eux , dont il n avait pas cru devoir louer les méthodes, se vengea de cet oubli par un article fort injuste publié à Londres et à Paris et dirigé surtout contre les cultures du jardin botanique de l'Université de Liège. Courtob y répondit par deux pages, qui contiennent l'état do jardin à cette époque, et qui seront utilement consul* tées pour l'histoire de nos jardins publics.
Richard Courtois était correspondant de l'académie royale des sciences et belles •» lettres de Bruxelles, membre de l'académie impériale Leopoldino-Caroline des curieux de la nature , de la société royale de bota« nique et d'agriculture de Gand , de la société d'horticulture d'Anvers, de flore de Bruxelles et secrétaire de la société d'horticulture de Liège.
Mourir à vingt-neuf ans, à un âge oil tant dlioroines n'ont rien légué encore à l'admiration de la postérité, et avoir publié à cet âge onze ouvrages beaux et utiles; vivre pendant vingt-neuf ans dans l'infortune et lutter sans cesse contre des obstacles qui détruisent l'avenir, et ne jamais se laisser abattre et redoubler toujours de courage et de patience ; voir autour de soi les places et les honneurs donnés aux hommes inactifs qui nommant leur silence de la modestie, paraîtront aux autres d'autant plus savans qu'ils auront moins dit ; et pour des travaux sans relâche , ne trouver de récompense nulle part... aimer les autres pour tant et ne pas en être aimé.... ! Telle fut la carrière de Courtois. Puisse le récit de sa vie rendre plus circonspects et plus justes ceux qui , par leur position ou leur influence , décident du sort des hommes capables d'honorer leur époque et leur pays 1 Ces leçons ne devraient jamais ètro stériles.
BIBLIOORAPHIB^lIBS OUTEAG» BB aiGHAaiHJOSHPH G0UAT0T8,
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1825. Conspectus topographiœ physico-medicœ pro^» vinciœ Leodienais quem publico examini submiitit die 20 men.junii 1825, auctor Richard Courtois. In-4** , pag. 35. Tjpis D. Stas et Kersten.
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1828. Recherches sur îa statistique physique « agricole et médicale de la province de Liège , par R, Courtois; 2 vol. in-8°. Verviere , Ch. Beaufajs.
Nota. Au 2™* volame , après la pajre 281 , s'ajoutent 14 tableaux non numérolés et un supplément de 23 pages avec une pagination particulière.
M. Lavalleye de Liège possède rexeroplaire de l'auteur avec une foule d'annotations et de corrections, surtout au premier Tolume , destinées à une seconde édition.
1829. Mémoire sur la population des villes de la pro^ vince de Liège, par R. Courtois. Seize pages in-8®.
Nota. Ce mémoire est sans nom d'imprimeur. Je crois que c'est la coMection des 1*4 tableaux ajoutés aux deux volumes de la Statistique , tirés à part.
1828. Mémoire sur la dyssenteriê , par le professeur Friedereich de Wurzboufy , traduit de l'allemand daprès la 2"* édition , par Courtois. Liège, in-8*.
1828. Mémùire sur Tauscultaiian appliquée à la gm^ 9eêSB , par G.^S. Haus , D. JU. à Wurzbaurg , traduit de {allemand , par R. Courtois. Liège, in*8*.
1830. Catalogue» et procès-^verbatix de la société d^korticulture de Liège , continués jusquen 1834.
1832. Magasin a horticulture , par R. Courtois. Un ▼olume ou 12 livraisons in-S''. Liège, Collardin, 1832^33,
Jfoia. La première liFraison da second volume ( 1-2 ) a para en 1834.
1833. Commentarius in Remberti Dodonœi pemptades; in-4* , 80 pages.
yieia Àcad. Cœsk Leop, Car. nai. curies. , vol. XYII, p. 4. Nota. Des pages 65 à 80 est le second commentaire.
1834. Lettre au directeur du Journal d! horticulture ds Paris.
Journal de Vacadèmi» d^korticuUure de Parié , tom. 2, aof. 1834, pag. 97-98.
Nota. C-est une réponse intéressante pour l'histoire de lliorticulture en Belgique, à une attaque fort injuste d*nn jardinier de Londres.
1835. Mémoire sur les tilleuls df Europe. In-4'', 18 pag. et 4 planch. Bruxelles, chez M, Hayez.
Tom. IX des Mémoires de l'académie royale des êcienees dé BruseUee.