‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 12 sur 98 · ISTIUS ABBATES AMBO FUBBB LOCI · texte numérisé non relu

ISTIUS ABBATES AMBO FUBBB LOCI

A.MBOS nos VEN1BNS JDBBX UÎC 8CSCIPB JeSU.

BLANDUS CUX JCSTI9 PBjBttlA PLBNA DADIS.

Katar* , Defeatio «bbatic pramieniîa , 44. — Bitfituî , D, P. J. , XII , et 599; III, 233. - M..r.i,

Supplément, H , OS7. - New , Dissertation intitulée: Aaibcrloui, ou l'ancien château d' Ambra ad lacoai, In Ardaina, placé sur le territoire de notre moderne Ambcrloas. et le monastère y fondé par Pépin; dans: Annales de la Société arebéol. d'Arloo; I8i»4, ItfO, sqqq. — D. Cst.arr, Histoire de Lorraine; et généralement les auteurs qui parlent do règne du roi Lotbaire. entre 1rs années 83U et 860. - v. STsaaacac, M ctropolis Ecelesise TrerericB, I, 404, sq.

EICHORN, Geangou, dit de Ralingen, du lieu de sa naissance, Rahlingen, canton actuel de Trêves, non de Haliug, Rabling français dans le canton de Rorbach. Le manuscrit des Viri illustres nous donne sur ce personnage qui doit avoir été émioent par ses vastes connaissances surtout, les seuls renseignements qu'il nous a été possible de recueillir sur lui. Voici le passage concernant : <« 1684. Gangolfus Ralingius, « ex pago Ralingen ubi fontes aciduli oriun- «tur patruelis Pctri Fiscb — v. ce mot. — « Episcopus Davalivnsis suflraganeus Epis- «copi spirensis, ter, id est s. Tbeol. et J. Û. Doctor Concionatorque eximius. »

Bertbolet se trompe lorsqu'il dit qu'il est né à Raville. En copiant Pierret il aura lu Rolingen pour Ralingen, et traduit ce Rolingen par Raville, ce dernier nom étant véritablement rendu par Rolingen dans l'idiome allemand. Du reste, Pierret avait fait preuve d'un peu de précipitation en nommant ce personnage simplement Geangou de Ralingen ; et Berlholel a copié cette faute de son original.

H existe encore dans le village de Rahlingen un grand bâtiment que Ton dit avoir été sa maison paternelle , reconstruite par lui, et qui porte le milésime de 1626 avec les lettres B. R. L'église possède également de lui quelques ornements et un calice sur lequel on lit ces mots : A.-. . Gangolfls D. G. Episcopos dava-

JLIENSIS SS. TllEOLOGIjE J. U. DOCTOn , SI FFRAGANEFS ET VICARItlS GENERAL1S SPI- RENSIS... COLUSGIATiE BCCLESLE SS. GERMA- M ET MaFRITH LEGAV1T 1ICNC CALICEM

CAPEU./E S1" Crfcis apcd aridubas Rahlingen.

Viri illustre*, I, N° Otî. — Renseignements administratifs fournis par H. le curé Stsku de Rablioges.

-PCISSST, I, fol. LXlV.-BtSTOOLIT, VIII, 90.

— LtviLixc, 30. — Adresx-Kalcnder fur den Régiewngs Bewrk Trier; 184», 33». - ». Srsaaasao. Mu.el.trom , 00.

El del Thilman d' , v. EYDEL, Thilman d'.

EISCHEN, Pierre, Ois de Pierre et de Marie Zahlen , est né à Beckericb, le 26 mars 1798. Après sa sortie de l'école primaire de son endroit natal il alla étudier les principes, comme alors on avait coutume de dire , ebez des prêtres ; puis il entra au collège de Luxembourg. En 1818 il se rendit à Trêves pour faire sa philosophie et en 1 820 il entra au séminaire de Metz où il obtint la prêtrise en 1822.

Nommé d'abord vicaire à Hollerich il fut en 1826 désigné desservant à Bourscheid où il est mort le 22 décembre 1858, à l'âge de 60 ans après en avoir séjourné trente à Bourscheid.

Eiscben s'est particulièrement distingué par sa prodigieuse mémoire à retenir surtout les dates et les noms : Tout ce qu'il lisait il le conservait. Grâce à ce don exceptionnel il avait réuni dans sa tête un nombre immense de faits historiques, surtout touchant sa paroisse et les seigneuries environnantes. Aussi Mgr. l'évêque taurent, alors vicaire apostolique pour le Grand- Ducbé de Luxembourg, ayant eu pendant un voyage fait en 1845 pour la confirmation et la Visitation des églises, l'occasion de faire sa connaissance personnelle et celle d'apprécier ses talents, l'avait-il chargé de mettre par écrit la vie des saints luxembourgeois, dans le dessein d'utiliser ce travail pour les leçons dans les offices des saints propres au vicariat apostolique.

Nous devons déplorer que cet ouvrage semble perdu pour le pays, pareeque son auteur l'a remis en original au prélat sans en retenir une copie. Il adressa au même un poème sur l'érection du séminaire de Luxembourg ; rédigea pour la Société archéologique du Grand-Duché, dont il était membre correspondant depuis 1851, plusieurs opuscules intéressants et nommément l'imtoire de la seigneurie de Bourscheid,

etc. Eischen était complaisant a communiquer le fruit de ses recherches et de ses études 5 et jamais il De laissa sans réponse les lettres qui lui venaient de quelque part que ce fût et dans lesquelles on lui demandait des notions sur l'histoire des seigneuries féodales du Pays : nous ayons entre autres obtenu de lui une dixaine de feuilles de données très-précieuses sur les différentes sections de sa commune.

Enfin, on possède encore les sermons qu'il a composés lorsqu'il était vicaire à Hollerich, de même que les observations qu'il a déposées dans un registre qui repose dans la loge du gardien des ruines du château de Bourscheid.

Notice 4a Profeuear Ebcu»c; d*m» i Pablieatioiu de la 8ociélé archéologique ; T. XIV, p. XI, »qq. — Son Tenir» penonaela — Note* commaaiquées.

ELCHARD ou Elchrod, Michel, né soit à Arlon, soit dans le hameau nommé Elscherod, est mentionné comme suit dans le manuscrit des Viri illustres : « 1654. « Hicbael Elscbardt Arlunensis prior Car- « thusiae Trevirensis ac per Germaniam vi- « sitator. »

Viri illutre*, I, H» 100.

ELCHARD, ou d'Elchrod, Elscheraid, Sicolas , aussi nommé Hg ardus , naquit à Nobressart, non à Arlon, vers Tannée 1 547. Après avoir achevé sa philosophie a Louvain, Elchard vint a Trêves où A sut tellement plaire à l'archevêque que celui-ci l'envoya à ses frais continuer ses études au collège germanique a Rome : il y fut reçu docteur en théologie. Gaspard Gropper, nonce apostolique en Allemagne ayant fait la connaissance d Elchard à Rome même, l'admit dans son intimité, le nomma son théologien et se fit accompagner par lui dans sa légation en Saxe, dans la marche de Brandebourg, vers l'église de Magdebourg et à Munster en Westphalie : partout Elchard se fit remarquer par sa profonde érudition , sa persuasive éloquence et sa grande prudence, tellement que Daniel, archevêque de Mayence le prit en affection, le sacra évêque de Sidonie ou

d'Ascalon suivant d'autres, et le nomma son suflragant à Erfort. Elchard se fit aimer et estimer de tous par sa piété , son zèle apostolique et sa sage administration. Il remplit en outre et avec un plein succès plusieurs missions à Rome, en Suisse, a Trêves ainsi qu'en Thuringe, et mourut enfin à Erfort, le 11 août 1587, âgé à peine de quarante ans. Il repose dans la chapelle de Saint Sangvin , sous une tombe portant l'épitaphe suivante qu'il a lui-même composée:

Dum vixrr, desidbrabat bt volbbat Dbum diligebb bt pboximum ; vbrdh diabolcs, cabo bt m undus , atqdb insignes hinc consbcutve infirm1tatbs beta ri) a -

RCNT VOTUM, OPUSQUB DBTURBARUNT. PrO- 1NDE VBR1TATEH INVOCANS, WSERICODIjE IW- N1XCS , AD TRANSITCM ANHBLAVIT NI CO- LA US ELGARDUS Arlunensis, S. T. D.,

SCKPRAGANBCS ErFORDLE.

Il faut traduire ici l'adjectif Arlunensis par : de la prévôté ou bien du marquisat d' Arlon.

Entre autres ouvrages qui tous sont restés en manuscrit, ce savant prélat a composé un : « Eloge de la Virginia », qu'un autre a plus tard traduit du latin en allemand et publié sous son propre nom»

L'auteur du manuscrit des Viri illustres nous a laissé sur lui l'article que nous allons transcrire : « Nicolaus Elchardus ex «pago Elcherdt sti Joannis ad Arlunum, « Episcopus Sydoniornm Suffraganeus Ar- « chiepiscopi Moguntini Erfordise, scripsît « de laude virginitatis j ipse vir sanctus et « doc tus. »

Viri Uloatre*, I, N* 48. — Ai Haarma, Hiitor Trevir. diplaaut., II, 848. — B«»t«l* , 1 81 , iq. — Pimir, I. M. LXIV.- Bi.T.otrr, VIII. 100.- Wii.ati.aot 4 VViltbub, Oùquit. antiq. llitt loierob., II. e. XI, § «. — ». SmiMK. Metropol. eccle». trcTer., I, 889, »q.— Naaaaaa, Lei aateart luxcmbour- 6eoU, 18

ELIGIUS, ou Eloy, Gérard, est né en 1599 à Durbuy et se fit chartreux. Il mourut à Bruxelles en 1641, laissant:

4" une vie de Ste. Gertrude , première abbesse de Nivelles ; — 2* la vie du bien-

heureux J. de Gouda ; — 5° d'autres ouvrages ou traductions sur des matières ecclésiastiques.

Biographie générale [des Belge*, 81,

ENGLEBERT , Georges, né à Vianden, a composé quelques ouvrages , dit Tellot dans ses Mémoires. Nous n'avons rien appris d'ultérieur sur ce personnage ni sur ses œuvres.

Teuot, Mémoire-* sur {l'Oiatoire de LmentbourQ ; •naauacrit de 1» Ribliolb. de M' WûrUVP.quet

ENSCH, François, Baron d', fils de Frédéric EnscL , marchand cirier , et de Jeanne llerff ou Hervé, issue par sa mère d'une des premières familles d'Italie , celle du célèbre cavaliero Battisla Wang, ambassadeur de la République de Venise à la cour de l'empereur Ferdinand III , est né à Luxembourg, le 16 janvier 1773.

Le jeuue Ensch, après avoir appris les premiers éléments dans les écoles primaires, entra au collège de sa ville natale où il parvint jusqu'en quatrième ou peutêtre en troisième, mais sans se distinguer, pareeque le repos et l'attention nécessaires pour pouvoir étudier n'allaient pas à son esprit turbulent et aggressif qui se traduisait dans les querelles presque continuelles qu'il avait avec ses condisciples auxquels il ne cherchait qu'à faire des espiègleries. Il avait au surplus toujours prêtes des niches à jouer aux passants. Un jour de marché entr'autres, c'était en 1793, il s'avisa de dételer les chevaux des paysan» qui avaient amené du grain à vendre et de les attacher ensuite deux à deux pour enfin les pourchasser dans les rues et les faire cabrer, renversant les escabauds des détaillants. A son retour à la maison paternelle après cette poliçonnerie, comme il vit que son père voulait lui donner une correction à coups de canne, le jeune homme s'esquiva en sautant d'un bond pardessus la porte de boutique et courut droit chez le général Guillaume Schrœder auquel il offrit de prendre service à l'armée, en qualité de cadet.

Le général , frappé sans doute de son

extérieur éveillé qui promettait qu'il ferait son chemin dans la carrière militaire, mais ne voulant pas à cause de sa jeunesse l'accepter sans l'assentiment de ses parents, fit mander son père auquel il demanda s'il consentait à l'enrôlement de son fils. Celui-ci, après avoir beaucoup déclamé contre la conduite du jeune homme , finit par consentir, pareeque, dit-il, il n'était bon à rien d'autre qu'à manger du pain de munition. Ensch fut donc envoyé à la caserne où il devint bientôt un modèle de discipline et d'exactitude pour le service.

Lorsqu'à l'approche des armées de la République française le régiment du général Schrœder quitta Luxembourg pour se rendre en Italie , Ensch était Enseigne ou Cornet: il fit avec ce grade la campagne dite d'Italie où il gagna le brevet de souslieutenant et l'ordre de SU Léopold avec la plaque. Après la paix de Lunéville en 1801, il vint visiter sa famille à Luxembourg où l'on a eu lieu d'admirer la belle carrure et la haute taille du superbe officier que peu d'années auparavant on avait vu partir tout fluet encore: les officiers français eux-mêmes qui étaient en garnison dans la ville firent bien des tentatives pour lui persuader de prendre service dans leur corps , lui représentant que l'avancement chez eux était bien plus rapide et qu'il y avait plus de gloire à servir dans une armée toujours ou presque toujours victorieuse. Mais Ensch leur répondit résolument: J'ai servi mon empereur .dans le bonheur je veux aussi le servir dans le malheur. Toutes les instances furent inutiles, il ne voulut jamais abandonner le drapeau qu'il avait juré de défendre et il retourna à son corps autrichien. Il revint encore en 1 804 à Luxembourg après la bataille d'Austerlitz : il était alors premier lieutenant.

Ayant pendant ce voyage eu l'occasion de voir le major baron de Weyder, celuici l'engagea à quitter l'infanterie pour entrer dans les chasseurs de l'archiduc Charles. Ensch suivit ce conseil dès son retour en Autriche.

Pendant la campagne de 1805 il se couvrit de gloire. Près d'Ulm, du 11 au 18 octobre, sa compagnie fut chargée de couvrir sur un point difficile la retraite de l'armée autrichienne, avec ordre de combattre jusqu'au dernier homme, afin d'empêcher l'archiduc Ferdinand, serré de près par l'armée française, d'être fait prisonnier. Dans cette position une balle lui ayant effleuré la cuisse gauche il prit aussitôt son mouchoir de poche et pansa lui-même la plaie aussi bien qu'il le put. Il avait à peine fini d'appliquer ce blindage improvisé qu'une autre balle vint l'atteindre au bras droit, ce qui le força de mettre le sabre à la main gauche, laissant pendre le bras blessé qui continuait à saigner; parce que fidèle à la consigne donnée et voyant tous les chefs tyroliens morts ou mis absolument hors de combat il avait dû prendre lui-même le commandement du corps qu'il sut maintenir dans sa position, non-seulement jusqu'après le passage de l'archiduc qui lui donna un salut de satisfaction, mais jusqu'au moment où, après le commandement de tourner une troisième balle lui entra dans le flanc droit et le renversa évanoui bas de son cheval. Ses soldats s'empressèrent aussitôt de le charger sur leurs fusils pour le transporter à l'ambulance ; mais l'archiduc Jean , qui avait à une petite distance vu cette scène émouvante d'héroïsme, se hâta d'envoyer sa propre voiture au-devant du blessé, avec ordre d'y placer le brave officier (textuel.)

La brillante conduite d 'Ensch dans cette sanglante affaire le fit mettre à l'ordre du jour de l'armée. Ses plaies, qui n'étaient pas mortelles , ayant été guéries assez promptement il put reprendre le commandement de sa vaillante compagnie , avec le grade d'aide-de-camp : l'empereur l'avait en outre créé chevalier..

Une des croix de l'ordre de Marie- Thérèse était devenue vacante en 1808, et un grand nombre de postulants , parmi lesquels on comptait des généraux, s'étaient présentés pour l'obtenir. Mais l'archiduc Charles voulut la remettre à

son aide-de-camp des chasseurs tyroliens. Comme le commissaire déclara que cela ne se pouvait d'après les statuts, parce que Ensch n'était pas noble, le prince lui répliqua aussitôt: «qu'à cela ne tienne, «je le crée Baron , et ses titres seront ex- « pédiés dans la meilleure forme possible. » Toute objection ultérieure devenait pour lors inutile; et le 15 mars 1808, pendant une revue générale sur les glacis de Vienne l'archiduc généralissime attacha lui-même cette décoration sur la poitrine de François Ensch , en lui disant : « Re- «cevez de mes mains la croix militaire «la plus élevée, comme récompense de «la part glorieuse que vous avez prise «aux journées d'Ulm et de la noble con- «duite que vous y avez tenue; comme « une preuve de mon estime et de ma «faveur.» Il reçut en même temps le brevet de capitaine et les patentes de Baron , pour lui et ses descendants.

Peu de temps après Ensch passa lieutenant-colonel et fit les campagnes de 1813, 14 et 15, dont il obtint la médaille commémorative. 11 prit également part à celle contre Murât et les Carbonari, à la suite desquelles une quatrième décoration vint orner sa poitrine en récompense de sa vaillance ; et en effet, presque tous les jours les gazettes du temps avaient rapporté de lui un fait d'armes nouveau ou une prise de ville que son souverain lui devait.

Vers 1820 son bataillon fut envoyé en garnison à Capo-d'Istria où il resta jusqu'en 1830. A son retour à Wiener- Neustadt Ensch fut nommé général-major.

En 1814 il avait obtenu l'ordre de Ste. Elisabeth auquel est attaché un traitement de sept cents florins: cette distinction n'est accordée qu'à de vieux militaires qui se sont fait une réputation dans les combats.

Quelque temps après son arrivée à Wiener-Neustadt , Ensch s'est retiré du service pour passer le reste de ses jours dans un repos que ses longues fatigues à l'armée lui avait mérité. Il avait été ma-

rié deux fois : la première alliance , avec la fille unique du baron de Hauer, ministre des finances de l'empire d'Autriche, contractée le 1** février 1814 , ne lui donna qu'une demoiselle, Mathilde, qui fat pendant longtemps les délices de la cour de Vienne ou elle fut élevée. Elle est aujourd'hui mariée à M' N. Beznar von Riedburg. La seconde union du Baron d'Ensch (le 20 mai 1820), avec Claire de Lindenheim et Friensberg, l'a rendu père de deux fils et d'une demoiselle : l'aîné , qu'il avait fait nommer Dominique, en mémoire de son frère, décédé le 12 avril 1849 curé à Biersdorf , chef-lieu de commune dépendant du cercle prussien de Bittbourg , est mort jeune; le puîné, Fnnçois comme son père, est actuellement major au 3* régiment des lanciers autrichiens. Finalement la fille , Jeanne , est alliée à un membre de la famille Szegedy-von-Mezo-Szeged.

Le général-baron François d'Ensch est mort le 15 mars 1861 , à l'âge de 88 ans et deux mois , à Baden en Autriche. Le billet mortuaire lui donne les qualifications suivantes : Général-major royal impérial en retraite , chevalier de Tordre militaire de Marie-Thérèse , de ceux de St. Ferdinand et de St. Georges de la réunion des deux Siciles; membre de l'institut militaire des Saintes Elisabeth et Thérèse, etc. , etc. Il avait également été propriétaire du deuxième bataillon des chasseurs tyroliens.

Comme le décès de cette grande figure militaire est absolument trop récent encore , il nous a été impossible de recevoir, avant l'impression de cette notice, les renseignements plus détaillés que nous attendons tant de la chancellerie impériale autrichienne que de la famille même. Si nous en obtenons ultérieurement, nous les ajouterons à la fin de notre ouvrage.

Notes sur le général d'Ensca, par M. le curé Barras*, de Willingen ; d'après les récit* de famille et les correspondances raf mr* du général. — Renseigne-

ENSCH, Jean-Henri, frère de François Baron d'Ensch dont l'article précède, est

né le 25 décembre 1763. En 1785 il avait terminé ses humanités au collège de Luxembourg. Cependant il n'entra à l'université de Louvain que le 8 mai 1789, et y acheva le cours de droit le 29 avril 1792. Les événements de l'époque l'ayant empêché de subir ses examens décisifs pour obtenir le doctorat dans cette ville , il fut obligé d'aller le demander à l'école de Nancy où il fut promu le 19 mai de la môme année. Le 1 1 juin suivant le conseil souverain de la province de Luxembourg l'admit au serment d'avocat.

En l'an IV de la République (1795- 1 796) il fut secrétaire de l'administration municipale de Clervaux. Le 24 germinal an V (13 avril 1797) il fut élu par l'assemblée électorale du Département juge au tribunal civil de Luxembourg. Le 5 thermidor an VI (23 juillet 1798) le Directoire exécutif le nomma préposé au triage des titres et archives du département. Le 23 fructidor an VIII (10 septembre 1800) il fut, par arrêté des Consuls envoyé présider le tribunal de première instance de Bittbourg où il resta jusqu'à la nouvelle organisation judiciaire de 1811 qui transféra ce tribunal à Echternach: Ensch en conserva la présidence.' Enfin , le 8 décembre 1814 le Gouvernement général des Bas- et- Moyen-Rhin le nomma à la vice-présidence du tribunal de Luxembourg, qualité dans laquelle il est mort le 15 juillet 1824, à l'âge de 61 ans.

Par arrêté du Conseil général de Paris, en date du 19 mai 1807, J.-H. Ensch avait été nommé correspondant de l'athénée de la langue française.

fournil. — Etat civil. — Titres ori-

Enschringen, Ludolphe d' ; v. LL- DOLPHE, dit d'.

ERNTZEN, Henri et Paul, frères, originaires d'Echternacb, vivaient pendant le dix-huitième siècle. Ils entrèrent tous les deux dans l'ordre des Jésuites et devinrent des professeurs très-distingués l'un de philosophie, l'autre de mathématiques à l'U-

Diversité de Cologne où ils moururent l'un et l'antre, laissant une belle et riche bibliothèque, de même qu'une précieuse collection d'instruments de physique.

Mvuu, HUtarisca-TopographUcbe Beitrsege fur EeMtaJssdesSaner-Thales, 88.

ETIENNE, Stephanus, né dit-on à Salm et issu du sang royal de France, fut élevé à l'école du palais de Charles-legros et étudia sous le célèbre philosophe Nannon.

De chanoine de l'église de Metz il avait été fait abbé de St. Michel à Cbàtillon, lorsqu'il fut élu le trente-neuvième évéque de Tongres ou de Liège , en 903. Etienne était très-versé dans le chant ecclésiastique, la musique et les arts, et passait pour savant pendant son siècle. Il contribua de tout son pouvoir k soutenir la réputation des écoles de Liège.

Il a laissé une vie de St. Lambert et composé l'office de ce saint, celui de la Sainte-Trinité et de l'invention du corps de St. Etienne. Il est en outre auteur d'un Bréviaire et d'un livre des miracles de St. Martin qui se trouvent à la Bibliothèque de Sle. Généviève, a Paria. Etienne est le premier évéque de Liège qui se soit honoré par des poésies sacrées. Il obtint un diplôme de l'empereur Louis confirmant toutes les donations faites à Saint- Servais de Maastricht, et les transférant à St. Lambert à Liège.

L'évêque Etienne mourut le 16 mai 920, après un épiscopat d'environ seize ans , et fut enterré dans l'église de St. Lambert que les sans-culotte ont démolie.

VovLvon, HUtorU lesdieasit, I, 161. sq— Fise», Hialoria EccletÎJe Leodirniu, 205 ad 801),— Diwi», Hiatoire 4m Paya de Liège, I, 18. — O» •■ Bm ii- Lieras, Biographie liégeoise, I. 58.— Swsarws, Athta* Bflgicai, 079.

EVERLANGE-W1TRY, Jean -Bernard- Auguste, baron <f, né au château de Witry, en 1749, fut colonel au service de l'Electeur palatin , chambellan du roi de Bavière et gentilhomme de la cour de Guillaume , prince de Bavière. Il est mort

en 1813, à Cbène-a-Han dans le Luxembourg aujourd'hui belge.

Biographie générale «Les Belges, 85.

EVERLANGE -WITRY, Louis-Hyacinthe d3 j est né en 1719 au château de Witry, comme le personnage qui précède et comme les deux qui suivent. 11 devint chanoine-noble de Tournay, aumônier d'honneur du Prince Charles de Lorraine à Bruxelles, surintendant du cabinet des raretés et membre de l'académie impériale et royale des sciences et belles-lettres de la môme ville. Nous ne connaissons pas la date de son décès.

Biographie geaérsle de* Belges. 88.

EVERLANGE - WITRY , Robert - Joseph d' , dit LB CHBVALIBB DB WlTBY, fils cadet d'Ernest-Guillaume d'Everlange- Witry et de Marie- Anne -Aldegonde de Hamal de Brialmont, est né le 6 avril 1754 au château de Witry, Duché de Luxembourg, et fut reçu page en 1761 à la Cour du prince Charles-Alexandre de Lorraine, Gouverneur-général des Pays-Bas. Il entra ensuite au régiment Royal-Suédois au service de France, sous les ordres du comte de Steeding.

Le 21 septembre 1780 il fut reçu chevalier de Saint-Jean de Jérusalem et partit pour Malte où il fit ses caravanes. Mais cette vie ne convenant pas à son caractère entreprenant il revint bientôt reprendre sa place d'officier au Royal-Suédois.

Le chevalier de Witry comptait à la cour de Versailles de nombreux amis qui l'entraînèrent dans les écarts de cette époque. Lié de parenté avec Mirabeau, s'il ne partageait pas ses opinions politiques trop souvent il partageait ses plaisirs : Il fut témoin de toutes les phases de la révolution qui détruisit la monarchie française. Les observations et même les supplications de sa famille pour l'éloigner de Paris forent inutiles jusqu'en 1796.

Alors seulement, cédant aux sollicitations du chevalier d'Augard, du baron de Grimm et du comte de Steeding qui était devenu ambassadeur de Suède à la cour de Russie,

il quitta la France, revint aux Pays-Bas et partit pour Saint-Pétersbourg où il rejoignit ses amis les comtes de Steediug et de Litta, ce dernier ambassadeur de l'Ordre de Malte auprès de l'Empereur Paul et de l'impératrice Catherine : Le chevalier de Witry fut adjoint à l'ambassade en sa qualité de chevalier de l'Ordre.

L'empereur Paul, passionné pour les exploits des chevaliers de Malte, et voulant prévenir la dissolution de cette institution militaire que les armes de la République française menaçaient, donna une plus grande extension au prieuré de Pologne dont il fit le grand-prieuré de Russie. Le même prince concéda ensuite à l'ordre un palais à Saint-Pétersbourg, et le 22 juin 1798 le premier grand chapitre y fut tenu.

Dans sa correspondance du 6 juillet suivant le chevalier de Witry donne les détails les plus précis sur cette solennité: « Tous les commandeurs et chevaliers du « prieuré, dit-il, étaient réunis au Palais « de Halte, en présence des Princes Kou- « raken et Berberedsko, chevalier et vice- « chancelier de l'Empire, tous les deux ojgrands-croix honoraires de l'ordre. Nous « avons tenu le grand-chapitre sous la prête sidence du Bailly de Lilta comme le plus «ancien commandeur en l'absence du «grand-prieur le Prince de Condé, alors «a l'armée. J'ai rempli les fonctions de « chevalier -secrétaire.

« Jeudi matin nous nous sommes ren- « dus à la cérémonie solennelle au château « impérial de Paulowitz où habite la cour, «et nous avons assisté à la messe et au «Te Deum dans une chapelle catholique « où Monseigneur de Litta, frère du Bailly « a officié pontificalcment. Le cortège était « des plus pompeux pour se rendre du « Palais impérial à la chapelle catholique, « à un quart de lieue du Palais. Voici « l'ordre de la marche :

« 1° Un détachement des gardes nobles.

« 2e Le chevalier de Witry, faisant les « fonctions de secrétaire de l'ordre , seul « dans un carossc à six chevaux, suivi de « deux héraults des ordres de Russie.

«3° Deux maîtres des cérémonies, en « voiture.

« 4° Deux aumôniers de l'ordre , en voi- « turc.

« 6» Deux candidats, le Prince Michel « Lubonniski et le comte de Borch.

«6° Le comte de Buchshœwen, cheva- « lier de St. Jean de Prusse.

« 7° L'amiral de Ribas et le baron de « Rechlin, ministre de Bavière, chevaliers « honoraires.

« 8" Le prince Joseph Poniatowski et le « duc Serra Capriolo, ministre de Naples, « chevaliers.

« 9° Mr de la Houssage et le comte de « Choiseul, chevaliers du prieuré de Russie.

« 10° Les comtes de Choiseul GoufGer « et de Creptovich, chevaliers de Justice.

« 11° Le prieur de Cxartorisky, com- « mandeur.

« 12° Les comtes de Radzinsky et Wal- «konsky, commandeurs.

« 13" Les princes Besberedsko etKou- « raken, Grands-Croix de l'Ordre.

« 14° Le bailly comte de Litta , Grandet Commandeur, et le Grand -Aumônier, «son frère.

« 15e Les deux Grands -maréchaux de «la Cour.

« 16° Le Grand-maréchal de la Cour.

« 17* Le Grand-maître des Cérémonies.

« 18* Le chevalier des Ordres.

« 19° LL. A A. II. les Grands-Ducs de « Russie, Alexandre et Constantin.

«20° S. M. l'Empereur Paul 1", en « costume de Grand-Croix, avec l'hermine.

«21° Le corps des Gardes -nobles et « les autres dignitaires de la Cour.

« Après la cérémonie de la chapelle et « le retour au Palais impérial, S. M. l'Em- «pereura, de sa propre main, armé che- « va lier s et décoré des insignes que je «portais sur uu coussin de velours les « deux candidats, le Prince de Lubonniski « et le Comte de Borch. J'ai rejoint en- « suite mon rang d'ancienneté pour rece- « voir l'accolade de l'Empereur et pour le «dîner. Le soir il y eut fête au Palais, «qui fut honorée de la présence de S. M.

« l'Impératrice Catherine et de ses deux « frères, les Princes de Wurtemberg. Elle «tenait par la main le jeune Grand-Duc « Nicolas qui avait alors deux ans. »

Le 27 octobre suivant le chevalier de Witry fut nommé commandeur du chapitre et l'empereur lui conGa la charge de trésorier du prieuré de Russie. Mais comme après la mort de Paul 1er en 1801 etl'avénement de l'Empereur Alexandre, le comte de Litta et d'autres chevaliers de l'Ordre de Malte se retirèrent des hautes fonctions qu'ils occupaient, la lieutenance du Grand-Maître fut donnée au Maréchal comte de Soltikof, tandis que l'évéque de Mohilen devint grand-aumônier, le chevalier de Witry , fatigué des grandeurs de la cour la plus brillante de l'Europe et les pensées absorbées par les idées religieuses, résolut en février 1804 de se retirer de Saint-Pétersbourg et entra le 10 mars suivant dans l'ordre des Jésuites, à Duncbourg, sous le nom de Père Everlingen.

Lorsque le Duc de Richelieu reçut de l'empereur Alexandre le Gouvernement de la Crimée et entreprit l'œuvre de civilisation qui devait immortaliser son nom dans cette contrée, il se souvint du chevalier de Witry qu'il avait connu à la cour de Versailles et à celle de Saint-Pétersbourg. Voulant avoir le secours des Jésuites pour diriger l'instruction publique de son gouvernement il confia au Père Everlingen la direction des collèges qu'il venait d'établir à Odessa. Depuis lors le Père Everlingen ne quitta plus le duc de Richelieu et lit servir modestement sa longue expérience des choses du monde au succès de la noble entreprise à laquelle le gouverneur l'avait associé. Pendant les terribles épreuves de la peste de 1812 le Père Everlingen s'épuisa en dévouement et en courage pour soulager les malheureux et fit bénir son nom à Odessa.

Il survécut peu de temps au départ du duc de Richelieu que la restauration de la maison de Bourbon et de plus belles destinées rappelaient en France ; il est mort

à Odessa, le 14 mai 1815, a l'âge de soixante-un ans.

La famille d'Everlange- Witry, originaire de Bohême, s'était établie au pays de Luxembourg vers le commencement du quatorzième siècle. Elle y posséda la seigneurie d'Arloncourt et celle d'Everlange dont elle avait pris le nom. Vers 1396 Robin ou Robert d'Everlange , qui s'était retiré à Arlon, acheta la terre de Witry où il s'établit et dont il prit le surnom d'Everlange-de-Witry qu'il a transmis à ses descendants. Cette seigneurie, située dans le Luxembourg, ne sortit des mains de la famille d'Everlange qu'en 1783 où elle fut vendue au duc de Looz , seigneur de Sainte-Marie.

Biographie du Père d'Everlange, de l'ordre de* Jésuite*. - Lettre» ••édites du Père Everlingen, 18l3-1813.-Leltre*duméme, sont le nom de Chevalier de Witry, 179$ a 1797.— Généalogie authentique de la Famille d'ETcrlouge-de- Witry. — Lettre* da dne de Richelieu et du Comte de Ségur. — Lettre* posthume* do comte Joseph de Maistre an Père Ererlingeu— Almanach* de la Cour de Bruselle*. I7GI —OS. — Preuve* de réception h l'ordre de Malte, 21 sept. 171*0.— La France chevaleresque; Pari*, 1700, p. 00. — Brevet militaire. — Nomination signée du Prince Charles de Lorraine. — Biographie générale de* Belge*, 83, *q.

EVERLANGE - WITRY , Théodore- Ignace tf , major au régiment de Puebla au service de la grande impératrice Marie- Thérèse , lit la guerre de sept ans et se distingua surtout à la bataille de Koline, en 1757.

Biographie générale de* Belge*, 85.

EYDEL ou Eidel, Thilman <T , est une de ces illustrations du Luxembourg que leur vaste érudition a élevées aux plus grands honneurs. Le Heu de la naissance de Thilman d'Eydel ne nous est pas connu; nous savons seulement qu'il sortait d'une famille noble: il a vécu pendant les deux moitiés du quatorzième siècle.

L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré les lignes qui suivent:

« 1398. Thilmannus abEydel abbas muns- «teriensis ad Luxemburgum, Episcopus «et suffraganeus Archiepiscopi Treviren-

«sis, Venceslaï Imperatoris perpétuas io «utraque refeclione ob doctos etjucuodos « de re quavis serraones conviva. »

Religieux-profès de l'abbaye de Notre- Dame dite de Munster près de Luxembourg , Tbilmao d'Eydel fut désigné quatorzième abbé de ce monastère après le décès de Jean de Velzberg ou Welzberg.

Ses manières avenantes et son usage du moude , joints à ses grandes connaissances le firent aimer et rechercher des grands, puisque , comme nous venons de le voir, l'empereur l'avait pour commensal ordinaire, chaque fois qu'il se trouvait à Luxembourg.

D'un autre côté, comme ce prélat n'était pas moins pieux et vertueux qu'il était homme du monde, l'archevêque de Trêves ie sacra évêque du titre d'Azot et le nomma en 1398 son suflragant vicaire-général in pontificalibus 3 fonctions qu'il remplit avec zèle et dignité. Comme son ministère à la Cour de Trêves exigeait sa présence presque continuelle dans celte ville, il y acheta un hôtel qu'il laissa plus tard à son monastère de Munster, outre plusieurs autres acquisitions importantes dont il l'enrichit. Il fit plus : afin que cette maison ne perdit rien en régularité pendant ses fréquentes et souvent assez longues absences , il se désigna un coadjuteur qui devait y résider lorsqu'il était obb'gé de se trouver à Trêves.

Sur la fin de ses jours Thilman d'Eydel choisit la Chartreuse près de Trêves pour lieu de sa sépulture dans le cas où il viendrait à mourir dans cette ville, comme cela a eu lieu en effet. Il fut en conséquence porté dans ce monastère où on lui posa l'épitaphe qui suit:

Armo MCCCCX. 26. Jcim omit Trbvbris Rbverbndcs Dominus Tilmannus ab Eydbl Abbas Munstbbiensis apcd Ldxbmburgcm, Et scffraganbcs Trbvibbnsis.

HiC SEPCLTDS QDIBSC1T.

ClJCS ANIMA RBQCIBSCAT IN SANCTA PACB.

Lcta» .\i>e>io»>. On munjtrritmcj ; muer! Bibl. L«iirmb«Brg. — tlirtoire de l'abbaye de IV.-D. de

Munttert atsert ibid. — BiariLâ, 159, — Bcano» iar, III, P. J. T. — Aa HWraa», HiaUria Trerireoaia diploaiatiea. II. li.-Pia.aar, I, f. LXJV — Paq«et, 84. — Tbhot, Mémoire) ; nuert, Bibl. ie M* Wurth-Paquet- — t. Sraïaaaaa, Metropolii Eecleaic Treverice, I, M7. - VIA illutrea, I, N° «6.

EYSCHEN, Charles-Gérard, est né|à Baschleiden, commune moderne de Boulaide , le 13 prairial an VIII , répondant au 2 juin 1800. Il était fils de Pierre Eyschen, riche propriétaire-cultivateur , et de Catherine Kellen.

Nous croyons devoir conserver à ce personnage les prénoms de Charles-Gérard que lui-même il prenait , bien que son acte de naissance qui répose aux archives de la commune moderne de Mecher à laquelle le village de Baschleiden ressortissaitalors ,ne porte que Gérard tout court, tandis que celui de son baptême , qui se trouve aux archives de Boulaide lui donne celui de Charles seulement.

Le jeune Eyschen reçut son éducation élémentaire ainsi que les principes humanitaires chez un de ses oncles, alors curédesservant à Kœrich , et passa de chez ce dernier h l'Athénée de Luxembourg où il termina ses études gymnasiales. Il alla ensuite suivre les leçons de droit à l'université de Liège et y obtint le bonnet de Doctor juris romani et hodierni après avoir soutenu le 5 août 1826 une thèse : De divisione rerum.

Déjà pendant ses études de collège Eyschen s'était particulièrement enthousiasmé pour la littérature allemande , surtout pour Klopstock hors de la Messiade duquel il déclamait souvent des tirades entières: cet amour pour la littérature et pour la philosophie spéculative lui est resté toute sa vie. Aussi, pendant son séjour a l'université s'occupa-t-il de l'étude de ces branches des connaissances humaines à toutes les heures de loisir en dehors des cours juristiques ; et, parait-il, il avait fait dans cette spécialité des progrès non moins distingués que dans la science que par vocation il avait choisie pour se former une carrière, puisque lorsqu'en 1825 le roi Guillaume I" pronon-

cait la fermeture du collège des Jésuites établi à Alost et réorganisait cet établissement municipal sur un pied nouveau , le Gouvernement ayant demandé aux uni* versités belges des sujets capables pour les attacher à cette institution en qualité de professeurs, Eyschen fut proposé par la faculté des lettres de Liège.

Par arrêté du ministre de l'Intérieur du royaume des Pays-Bas, en date du 30 janyier 1826 , il obtint la chaire de Rhétorique et prononça déjà le surlendemain le discours d'installation du collège. Ce discours , qui fut imprimé à Alost, est suscrit: Discourt sur l'instruction publiqu* , prononcé à l'ouverture du collège cf Alost , le 1" février 1826, par Ch. G. Eyschbn, Docteur en droit et Régent de Rhétorique au même collège; 5 pages in 8*, non compris le titre.

D'un autre côté , dès qu'il eut obtenu son diplôme de Docteur en droit il alla prêter le serment d'avocat devant la Cour d'appel de Bruxelles et se fit inscrire le 12 août sur le tableau du barreau de la même ville , devant le tribunal de laquelle il plaida , dit-on , plusieurs fois.

On ajoute également que , ayant profité de l'occasion que ses cours au collège d'Alost lui fournirent pour continuer à se perfectionner dans la philosophie et dans la littérature , il s'est trouvé à même de subir le 20 octobre 1829 devant la faculté des lettres de l'université de Liège l'examen de Philosophie theoretica magister, litteranmquc humaniorum Doetor, et avait obtenu ce nouveau titre académique après avoir défendu une dissertation : De ratione et viâ Rhetorici.

Afin de ne pas interrompre le fil des faits scolastiques que nous avions à relater, nous avons dû omettre en son lieu de rapporter un incident que cependant nous nous croyons en devoir de ne pas passer sous silence: Théodore Leoz (v.

son art.), son condisciple et son ami intime était mort à Liège, le 16 octobre J823, lorsque les élèves allemands de cette université voulant honorer les talents et la

vertu de leur condisciple, résolurent de lui faire élever un monument funéraire.

Eyschen fut choisi pour soigner l'exécution du projet. A l'occasion de l'inauguration de ce monument il prononça entourré de tous les étudiants allemands un panégyrique touchant et profondément senti en l'honneur du camarade que les assistants avaient perdu si jeune encore et si plein d'espérances. Ce discours, «le plus beau qu'Ey- «schen ait jamais fait», nous écrivait naguère nn connaisseur, a été imprimé quelque temps après sous le titre de : Rede gehalten bei der Errichtung des Denkmahles fur Theodor Lenx, auf dem Leichenhofe Robermont zu Lùttich, am 17 July 1824, von Carl Eyschen, Student auf der dortigen Université. — Gedruckt auf dos Begehren der Zuhotrer zum Besten eines dûrftigen Schûlers des Âthenœum zu Luxemburg; Luxembourg, Lamort, 1824, in 8°; 16 pages dont quatre pour le titre et pour on exorde inlroductif à la cérémonie, prononcé par le professeur Warnkœnig.

Quelques années auparavant il doit de même avoir prononcé à l'Athénée de Luxembourg l'éloge funèbre d'un autre condisciple, l'élève Schumacher; mais il ne paraît pas que le morceau ait été imprimé.

D'antre part, puisque nous avons interverti l'ordre chronologique , nous avons jugé opportun de mentionner également ici un autre fait que nous n'aurions pu mieux placer parce que nous ignorons sa date : un de ses ancêtres , Georges d'Eyscben (v. son art.) avait fondé le 10 septembre 1650 près de l'ancienne université de Cologne des bourses d'études en faveur de descendants de son nom : nominis met. Ces stipendes avaient été perdus pendant la révolution française comme le fonds sur les revenus duquel leur existence avait été assise par le fondateur avait été aliéné déjà le 12 août 1735. Charles Eyschen qui avait appris ces circonstances de son oncle le curé de Kœricb, se mit à l'oeuvre pour récupérer cette fondation à sa famille. Il fit tant et tant de démarches à Cologne

et à Berlin qu'enfin il réussit à obtenir le retour de la jouissance de ces débris sous les conditions posées par le bienfaiteur) avec le seul changement que, puisque l'établissement académique de Cologne est supprimé les boursiers ont la faculté de suivre les leçons d'une université prussienne quelconque. Eyschen lui-même , comme Senior familiœ Eyichenianœ, fut en même temps désigné collateur , droit qu'il a exercé jusqu'à son décès. A l'article Georges d'Eyscheo nous donnous de plus amples détails sur cette fondation ainsi que sur son importance actuelle.

Pendant qu'Eyschen était professeur de Rhétorique au collège d'Alost il eut l'occasion de prononcer, en hollandais et deux années consécutives, à la distribution des prix aux élèves des discours qui ont été imprimés mais dont il noua a été impossible de nous procurer un exemplaire.

Par décision ministérielle du 15 août 1829 il obtint démission honorable de ses fonctions professorales ; et déjà le 20 juin suivant (1830) il fut, sur la recommandation du Gouverneur Willmar (v. son art.) et par un arrêté royal, nommé juge au tribunal de première instance à Diekirch. Eyschen était à peine installé dans cette dignité que, au banquet qui eut lieu pour célébrer l'anniversaire de la naissance du roi Guillaume I", il trouva l'occasion d'exposer sa profession de foi politique en portant au Souverain un toast chaleureux dans lequel il fit l'éloge de son gouvernement ainsi que des principes sur lesquels l'administration de ce prince était basée. Ce discours, qui pouvait passer pour hardi au moment mùme où la révolution belge éclatait à Bruxelles , dut faire prévoir le parti qu'Eyschen prendrait à l'égard des événements que cette révolution amènerait. Et en effet, le gouvernement provisoire de Bruxelles l'ayant , dès le 16 octobre de la même année 1830, nommé aux fonctions de juge d'instruction près le tribunal de Saint-Hubert, il s'y rendit pareequ'il ne considéra cette nomination

que comme une mesure purement administrative. Mais lorsqu'en vertu de la loi belge du 5 mars 1831 on exigea de lui le serment de fidélité au nouvel ordre des choses il le refusa avec énergie , préférant quitter son siège magistral plutôt que de devenir infidèle au roi des Pays-Bas auquel il avait voué tout son amour politique. Il abandonna donc immédiatement Saint-Hubert pour se retirer à Luxembourg où la révolution n'avait pas pénétré par un effet naturel de causes qu'il est inutile de développer ici.

Déjà en avril 1831 il se fit inscrire sur le tableau des avocats de la capitale et y plaida jusqu'en 1833.

En 1831 aussi il fut choisi membre du Bureau de Bienfaisance et conserva cette charge jusqu'en 1837, alternativement avec la vice-présidence du même établissement. Finalement, le 4 octobre, toujours de l'année 1831 , le roi Guillaume 1er le nomma membre de la commission des comptes que ce souverain venait d'instituer pour la partie du Grand-Duché qui était restée sous son autorité, c'est-à-dire la capitale. Eyschen conserva ces fonctions jusqu'en

En outre, le 14 août 1832, il fut nommé juge de paix-suppléant à Luxembourg, et le 30 novembre suivant il obtint siège au tribunal de première instance en qualité de juge titulaire.

Le 19 février 1840, après la reprise de possession de la partie du Luxembourg demeurée à la Maison d'Orange par le traité de Londres, il fut nommé président du tribunal d'arrondissement à Diekirch et décoré le 11 juin 1842 de la croix de Chevalier de l'ordre de la Couronne de chêne.

Le 19 juillet suivant, 1842, il fut promu à la présidence du tribunal de Luxembourg et déjà le 25 février 1843 élevé à la dignité de Conseiller à la Cour supérieure de Justice et de Cassation du Grand-Duché.

Le 17 février 1844 il entra comme membre de l'ordre judiciaire dans la commission d'instruction primaire créée par

la loi do 26 juillet 1843 et dans le comité permanent de cette commission. Le 21 décembre de la même année il accepta l'inspection des écoles da canton de Capellen qu'il conserva jusqu'au 19 avril 1849 où le roi lui accorda sa démission honorable. Le 17 mars 1849 il fut nommé membre de la commission des Curateurs de l'Athénée, laquelle il ne quitta que le 4 jniUet 1856 lorsqu'il entra au ministère, ainsi que nous le verrons en son lieu. Enfin, il fut plusieurs fois désigné membre des jurys d'examen pour la collation des grades académiques du droit et des lettres ; et il les présida même à plusieurs reprises.

D'un autre côté, en 1845, à la première élection à laquelle au vœu de la constitution d'Etats du 12 octobre 1841 le peuple luxembourgeois fut appelé à concourir pour la nomination des membres de ces Etats, Eyschen fut désigné pour représenter le canton de Rédange. Aux élections de 1848, année de sérieuse mémoire, il ne fut pas nommé à la Constituante ; mais après la sanction du nouveau pacte politique que le Luxembourg s'était donné du libre consentement de S. M. Guillaume II, d'éternelle et de vénérée mémoire, il fut député à la Chambre législative par le canton ÏEchternach; et en 1854 celui de Clertaux l'y envoya.

Du reste Eyschen, considéré comme législateur, s'est principalement et pour ainsi dire uniquement fait remarquer au sein des Etats et à la Chambre des Députés dans les discussions qui avaient trait aux relations de l'Etat avec le clergé. Cependant a l'occasion de la question allemande, c'està-dire pendant la session de 1 849 et les suivantes, il a prononcé de longs discours pour démontrer que le Luxembourg aurait un intérêt vital à être et à rester étroitement uni à la Confédération germanique comme à vivre sous la législation arrêtée par la Diète de Francfort. Dans la discussion de la loi sur l'instruction moyenne et supérieure il s'est vigoureusement prononcé pour les réclamations élevées par le vicaire apostolique louchant la surveillance à exer-

cer par l'Eglise sur l'enseignement, les élèves, et même sur les professeurs ; etc.

Le 21 mai 1856, Eyschen quitta la Chambre des députés pour accepter la dignité d' Administrateur-général de la Justice et d'une partie de l'Instruction publique , fonctions qu'il n«î conserva que jusqu'au 28 novembre 1857, c'est-à-dire juste le temps qu'il a fallu pour introduire dans la Constitution libérale du Grand -Duché, votée en 1848 par les Etats du Pays réunis en nombre donble pour cette mission spéciale , et librement sanctionnée par le Souverain, les changements qu'on a prétendus nécessaires afin d'en faire cadrer, disait-on, les dispositions avec les prescriptions des lois organiques de la Confédération germanique et des résolutions dites conférences ministérielles de 1820, bien que ces dernières n'aient jamais reçu aucune publication officielle que noua sachions ; pour y faire inscrire ces changements par rescrit royal trrand-ducal après que les Députés du pays eurent manifesté par leur abstention réitérée l'intention de n'y point vouloir coopérer ; pour aider enfin, par son contreseing donné en collège du Conseil des Administrateurs généraux, à publier les décisions de la Diète de Francfort que les Députés luxembourgeois n'avaient pas voulu accepter pareequ'ils les croyaient contraires aux droits acquis de la libre volonté d'an grand roi; et pour concourir à l'élaboration de toutes les Ordonnances interprétatives de ces décisions, qui furent décrétées pendant l'espèce d'interrègne de onze mois que le gouvernement s'est ménagé avant de convoquer la représentation nationale.

Et qu'on ne vienne pas nous accuser d'être sévère ici, car nous ne faisons que de l'Histoire dans tout le calme d'âme à ce requis. Afin même de ne laisser aucun doute sur notre impartialité, nons ajouterons que nous avons entendu de la bouche d'Eyschen prononcer la déclaration qu'il n'avait consenti à entrer au ministère qu'avec l'intention bien arrêtée de coopérer de toutes ses forces à faire introduire dans

la Constitution luxembourgeoise de 1848 les modiûcatioDS que, suivant son opinion il croyait nécessaires ; attendu, a-t-il ajouté, que celte Constitution était trop libérale; qu'avec elle le roi grand -duc était privé de plusieurs prérogatives réservées par le droit fédéral aux souverains allemands; mais surtout parccqu'il pensait que la religion catholique recevait des entraves par certaines dispositions des lois civiles. Il pensait aussi par ses efforts réussir à amener la signature d'un concordat pour la conclusion duquel les négociations sont depuis longtemps entamées avec la Cour de Rome.

Eyschen s'est retiré du Gouvernement pour reprendre son siège de Conseiller à la Conr supérieure de Justice, deux jours avant la première réunion des Etats convoqués en vertu des dispositions de la nouvelle loi fondamentale du 27 novembre

Le 30 janvier 1858 il fut élevé au rang de Commandeur de l'Ordre de la Couronne de Chêne.

Charles-Gérard Eyschen , qui avait encore, le jour de sa sortie do ministère, le 28 novembre 1857, été nommé membre du Conseil d'Etat créé en vertu de la Constitution octroyée, est mort à Luxembourg, le 28 septembre 1859.

Journal : Lnxembnrjjrr W'ort. IV 70, du Si octobre tfl;;9. — Mémorial du Graod-Ducbé, aaoéra 1840 à I0JÎ9. — Comptoreada des «rusions des Etats et de U Cbatabre des députes do Graad-Dachét aaaeea 184ii à 1838. - 8ou>rnit*. -Etat ei*U de Boalaidr, Mèche» et Luxembourg. — Annuaire de l'uaivrrtité de Liège, 1830. — Notes foontica par MM. de U

EYSCHEN, George* d' , a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres l'article que nous allons trancrire : « 1654. « Georgius ab Eiscben, Arlunensis a Fer- « dinando II Nobilitatus, a Francisco prin- «cipe Lotharingie Episcopo Virdunensi « promotus in canonicum Ecciesiae Metro- « politanœ Colooiensis S. Tbeologiac Licen- « tiatus, Fundator trium Bursarum Colonix aapud Montanos, ac Sacelli SS. Rosarii

« suâ in patriâ Arluoi, sub patribos So- «cietat. Jesu, induxit patres de Oratorio « Coloniam , aedificatque adhnc hodie « pp*»* Franciscanis Monasterium in «iZons, designavitque mente Fundationero «trium Scholarum Grammaticalium Ar- « luni. »

Comme rien de ce qui concerne la vie d'un grand homme ne doit, à notre avis, être omis dans une biographie nationale, nous nous croyons en devoir de consigner ici tout ce que nous avons pu recueillir sur cette illustration ecclésiastique, que H. La Garde a cru devoir omettre dans la Notice qu'il a publiée sur les célébrités du Luxembourg belge.

Georges d'Eyschen est né le 19 février 1592, à Arlon, comme nous venons de le voir. Son père, Pierre Eyschen, lui fit faire ses humanités à Louvain et sa philosophie à Trêves où il étudia ensuite le droit et la théologie, branches dans lesquelles il prit le degré de licencié; puis il demanda et obtint la préirise. Quelque temps après la paroisse de SU Jean in curiâ, a Cologne, lui fut offerte avec un caoonicat dans la collégiale de Notre-Dame ad gradut, lequel dernier avait été annexé à cette cure par Brevet du Pape Grégoire XIII, du 6 des Ides d'octobre 1580.

Georges d'Eyschen se fit bientôt remarquer par son zèle éclairé et sa science, au point que François, duc de Lorraine, qui était pour lors doyen du chapitre métropolitain , voulut l'avoir pour son chapelain , son aumônier et son conseiller intime. Le chanoine Cholinus étant venu à mourir sur ces entrefaites , le 24 février 1626, le même prince lui fit substituer le curé d'Eyschen qui, afin de marquer sa reconnaissance pour les faveurs dont il était l'objet, s'attacha intimement à son bienfaiteur. Celui-ci ayant été nommé évêque de Verdun , bien qu'il n'eût reçu aucun ordre, d'Eyschen voulut lui aider de tous ses moyens à conduire son diocèse, et lui rendit en effet d'éminents services qui furent généreusement recompensés par les honneurs et les dignités

ecclésiastiques dont le nouvel évéque-élu le combla: c'est ainsi qu'il lui obtint le 17 août 1635 une prébende de chanoine de St. Victor a Mayence, et en 1641 un antre canonicat à Selingenstadt , avec un fief noble.

Dans son intérieur, d'Eyschen se rendait recommandable par sa vie exemplaire, sa sobriété , sa vigilance à remplir ponctuellement les devoirs attachés à ses bénéfices, mais surtout par son amour du travail : il se levait tous les jours à quatre heures du matin et ne se couchait que fort tard. Il jeûnait régulièrement le samedi. Les grands revenus que lui donnaient ses prébendes il les distribuait aux églises et aux pauvres: c'est ainsi qu'il fit construire de ses propres déniers un couvent à Boppart, pour les frères mineurs- recollets ou Franciscains et qu'il ne discontinua pas de fournir aux besoins de ces religieux tant qu'il vécut. Il donna en outre aux religieux du même ordre, à Zons sous Cologne , le bois, les pierres et la chaux nécessaires à l'édification de leur monastère. C'est encore ainsi , qu'ayant amassé par des quêtes une somme de huit mille florins pour l'établissement des Oratoriens dans sa paroisse, il y ajouta mille écus de sa bourse afin de favoriser cette fondation. A Arloo, son endroit natal, il fit construire la chapelle dite du Rosaire, près de l'église paroissiale dans laquelle il avait reçu le baptême , et y institua une dévotion journalière en l'honneur de la Ste Vierge, dite du Rosaire, en fondant une messe sur cet autel. Cette chapelle, sur la tour de laquelle on voit incrusté le milésime 1634, sert d'église paroissiale depuis l'incendie considérable qui a ruiné l'ancienne en 1660. 11 fit faire un maître-autel pour l'église des Carmes de la même ville et fonda en outre chez ces religieux des anniversaires pour lui et ses parents du nom d'Eyschen, à chanter aux quatre-lemps de l'année.

Nous venons de parler de l'incendie qui a dévoré la ville d'Arion en 1660. Le chanoine d'Eyschen qui déplorait ce dé-

sastre, voulut contribuer de tous ses moyens à en amoindrir les suites funestes dans la branche d'administration civile la plus importante et qui a cette époque était peut-être la plus négligée , l'instruction de la jeunesse du sexe. Dans ce dessein il projetta d'y fonder de ses propres déniers un couvent de religieuses carmélites qui auraient été chargées d'instruire gratuitement les jeunes filles à lire, à écrire, dans la religion et finalement dans les ouvrages des mains. A cet effet il avait adressé en 1662 au gouvernement une requête dans laquelle il exposait : « que passé «longues années il y avoit un couvent de « pauvres religieuses en la dite ville d'Ar- « Ion , qui dans les pénultièmes guerres « fut ruiné et réduit en cendre avec la plus «grande partie de la ville, et les Stcs « Religieuses ayant été obligées de quitter «pour n'avoir les moyens de rebâtir, «leurs rentes furent jointes et annexées à « l'hôpital qui en jouit encore aujourd'hui , « la principale institution des susdites re- « ligieuses ayant été de servir les malades, « instruire la jeunesse dans les fondements « de notre sainte Religion, à lire décrire ; « et comme le Remontrant est adverti qu'à «raison des dernières guerres et de l'in- « cendie arrivé depuis quelques années en « la dite ville d'Arion les inhabitants sont «réduits à ce point que de n'avoir les « moyens de rebâtir leur Eglise paroissiale, « l'hospital, maison du Roy , celle de ville, «école et autres lieux publics qui sont « tous estez brûlez , et que les filles sont « obligées d'aller en la même école que « les garçons ont un même maître où eûes «apprennent plustôt la malice qu'autre «bonne nourriture, il a été touché de «ces malheurs comme bon patriote, et « partant aurait résolu de fonder audit Ar- «lon un couvent de Religieuses Carme- « lites et les placer au même lieu oii les « autres religieuses susdites ont cydevant «demeuré, savoir dans une grande mai- « son franche , que passez environ trente- « cinq ans le dit remontrant a acquis des «S" de Nothum, a condition expresse

«d'enseigner les filles a lire et escrire «comme et autres convenables à leur « sexe »

Cette requête ayant été renvoyée à l'avis du magistrat d'Arlon, celui-ci a répondu: « que sa Ma'* pourrait être servie d'accor- « der la demande , à condition do fonder « les dites religieuses suffisamment, les bft- « tir au lieu annoncé , sans se pouvoir exce tendre plus avant dans la ville, et « qu'icelles religieuses seront obligées d'en- « soigner gratuitement les filles pauvres et «riches indifféremment et sans qu'elles (c soient aucunement à la charge de la «ville, qui sans cela se trouve chargée « des pauvres carmes et capucins. »

A cette apostille le généreux Georges d'Eyschen répondit qu'il consentait à affecter à l'entretien de sa fondation projettée , sa maison à Arlon , primitivement offerte , avec ap et dépendances , un capital de deux mille patacons , quatre censés franches, situées à Eyschen , à Mcssancy , à Tontelange et à Clémency, plus enfin une dime à Weiler et les terres , prés et jardins provenant de son patrimoine à Arlon , s'obiigeant même à augmenter encore la somme de ces libéralités si cela ne devait pas suffire à l'affermissement durable de la fondation. Ces offres furent favorablement appointées par les justicier et échevins d'Arlon ; mais nous ne savons pas si Georges d'Eyschen a pu mettre son projet è exécution, vû qu'il est mort pendant l'instruction de cette affaire par le gouvernement de Bruxelles.

En 1639 le chanoine Georges d'Eyschen avait fait construire dans une des chapelles latérales de la cathédrale de Cologne un superbe autel en l'honneur de St. Etienne le premier martyr de la Chrétienté, et y avait attaché de riches ornements.

Cet autel, qui subsiste encore à son ancienne place, portait une bonne toile représentant la lapidation du proto-martyr , avec la signature de Jean Hulsemann, ad 1639. Audessus on en voyait une autre du même artiste et figurant l'adoration des mages; et finalement, sur le

devant-d'autel se trouvait l'épitaphe du pieux fondateur; nous la rapporterons en son lieu. Ces tableaux , qu'on a enlevés en 1842, se trouvent actuellement relégués dans la sacristie ; ils seront , il faut du moins l'espérer, replacés lorsqu'on s'occupera de la restauration intérieure du monument.

D'Eyschen aimait à célébrer l'office divin sur cet autel auquel il a annexé une fondation de soixante écus, assise sur sa maison enseignée à la pierre bleue, pour une messe journalière.

Il ne fut , du reste , pas moins libéral envers sa famille : il fournit une dot à deux de ses nièces lorsqu'elles entrèrent chez les Carmélites-déchaussées, dans la Kupferstrasse, à Cologne; et il donna en outre a ce monastère un fonds de quatre mille écus en reconnaissance de ce que ces nièces s'y étaient vouées à Dieu. De plus encore, il affecta dix-huit écus de rente, assis sur le trésor de la ville de Cologne, pour un anniversaire a célébrer dans l'église de Sainte-Cécile, en mémoire de son frère Jacques (v. son art.) qui y avait été chanoine.

Finalement , afin d'engager ses neveux et leurs descendants à l'étude des sciences et des lettres , il constitua pour eux , par acte autographe du 1" mars 1639, deux bourses qu'il annexa au collège dit Montanum. A leur défaut il a établi qu'elles peuvent être défructuées par deux jeunes gens peu moyennés , natifs d'Arlon ou du Pays de Luxembourg. Ces bourses, qui subsistent encore mais dont les revenus sont considérablement réduits par suite de la vente en date du 12 août 1735, au prix de mille Dalers, du bien-fonds destiné à les servir, et ce contre la volonté expresse du fondateur qui avait déclaré la censé de Widdig au pays de Cologne inalliénablement attachée à sa fondation, et ensuite des événements politiques de la fin du dixhuitième siècle , rapportent actuellement soixante -quatorze écus de Prusse. Dans l'acte de fondation, qui est scellé des armes du fondateur, l'aîné de la famille, portant

nom d'Eyschen, est établi collateur de droit, sous la réserve toute-fois de la confirmation définitive de la part de l'administration des slipendes à Cologne. Ces bourses ont été transférées aux universités prussiennes depuis la suppression de celle de Cologne.

La fondation dont nous parlons ici , renferme un passage marquant que nous nous voyons engagé à transcrire, parcequ'il tend à dépeindre le caractère du fondateur qui voulait que ses bénéficiers fussent pieux, mais aussi et également instruits ; c'est-àdire qu'il exigeait que ceux qui jouiraient de ses bienfaits possédâssent la véritable piété, celle qui est raisonnée et en même temps basée sur la conscience comme sur la conviction, non cette bigotterie de bouche qui n'est souvent que de la véritable hypocrisie. Voici ce passage : « Intérim volo et a ordino , ut quicumque hujus meac funda- « tionis fruentur, tempus inutiliter ne perce dant, sed pietatem cum lilterit conjunogant, leges et statuta gymnasii sollicité « custodiant , preces a Régente prescrip- « tas religiosè dicant, meum et parentum «meroom salutem apud Deum promoveo ant. »

Finalement, ces bourses 'peuvent être utilisées sans limitation de temps pour l'usufruit, à l'étude de la philosophie, de la théologie, du droit ou de la médecine, et ce jusqu'à l'obtention du grade de Docteur dans l'une ou l'autre de ces branches des connaissances humaines.

La succession des événements aurait exigé que nous rappelassions plus haut une circonstance de la vie de ce grand homme, circonstance qui ne fut pas moins honorable pour lui que ses titres ecclésiastiques ; nous voulons parler de son anoblissement en 1627, par l'emperenr Ferdinand II :

Georges d'Eyscben accompagnait son Mécène, le prince François de Lorraine, évéque-élu de Verdun, lorsque celui-ci alla faire la reprise de la principauté de ce nom des mains de l'empereur dont la terre de Verdun ressortissait ainsi que Metz, etc., avant la conquête qui en fut faite par l'insatiable et astucieuse ambition des mo-

narques français. A l'entrevue qu'il eut à cette occasion avec Ferdinand II, il sut si bien plaire à ce prince que celui-ci lui fit expédier des Lettres de noblesse pour lui et ses collatéraux ainsi que les descendants de ces derniers, avec octroi des armes suivantes : Un champ d'azur à la croix alézée d'urgent, cantonnée de quatre étoiles à six raies du même. Heaume sommé d'une couronne de comte. Cimier :

une aigle simple, éployée, d'argent.

Cette libéralité impériale s'étendait également sur son père qui fut nommément compris dans les Patentes anoblissantes, parce que ayant suivi son fils à la cour, et cela par attachement à la personne de l'empereur, il aura été jugé digne de la même faveur. Et en effet, si nous en croyons les documents authentiques que nous avons sous les yeux, il demeurera certain que la famille Eyschen, qui d'ailleurs était déjà alors très-favorisée de la fortune et qui en même temps avait une grande influence et possédait plusieurs biens nobles, tels que Eyschen et Niederpallen, s'était depuis des siècles distinguée par sa fidélité aux souverains légitimes du Pays.

Le chanoine Georges d'Eyschen, fidèle à l'amitié qu'il avait vouée au duc-évèque François de Lorraine, partagea résolument toutes les tribulations que ce prince eut à endurer à cause de ses protestations contre l'envahissement de ses états et de ses droits par la France. Dans l'épitre dédicatoire d'un de ses ouvrages que Georges d'Eyschen a adressée à François de Lorraine, il remercie ce prince pour lui avoir procuré la noblesse de la part do l'empereur. II se peut, en effet, qu'il Paît due en partie à l'élu de Verdun, mais nous avons lieu de croire , et avec raison pensons-nous, que ses mérites personnels y ont été pour la plus grande part.

Georges d'Eyschen mourut pieusement, comme il avait vécu , le jour même où il entrait dans sa soixante-douzième année, c'est-à-dire le 19 février 1664. Il fut inhumé devant les marches de l'autel de St. Etienne qu'il avait fondé et doté dans

la cathédrale de Cologne où on lui plaça Tépitaphe soi vante, gravée sur le devant même de l'autel, mais qu'on a enlevée dans les derniers temps :

Ad Dei Optimi Maximi Majorsm Gloriam, Deipara Sanctorumque Annj>, Stephani,

[SS. Rbgum,

SlLVBSTRI, CUNIBBRTI, GeREONIS , SBBAS-

[tiani , Rocm , Barbara, Georgii hokorbm posuit hoc uonumen-

[tum vivbns adm. rocs. nobilis et eximius dns.

GEORG1U9 AB EYSCHEN, Arlunbnsis, SS. Theol. Licent. Metrop. Colon. Ec- [cLESiiE Prksuyter Canonicus Capitula-

[ris,

AJ> S. JoANNEX EvANGBLISTAM IN CORIA

[Pastor,

Serbnissihi et Rbyerendissimi Ducis [Francisci a Lotiiaringia Episcopi

ET COM1TI8 VlRDDNEN. DeCANI HUJCS Mb-

[trop. Ecclesle Eleemosynarius,

ANNO DOM INI MlLLESUfO SBXCENTESIMO

[tricbsimo MONO in fbsto oium ss.

Obiit vbro die 19 Fbbruarii Anno 1664,

iETATIS SOjE 72.

Cui ANIMA DBO SEMPBR VIVAT.

Nous venons de voir les bienfaits que Georges d'Eyschen a laissés a l'Eglise et a sa famille, ainsi que les honneurs dont il a été comblé lui-même ; nous ajouterons les titres de ceux de ses ouvrages que nous sommes parvenu à découvrir : 1° Leben der H. Ley-Scbwester Maria; von der Menschwerdung, Sti Utérin des Carmeliter-Ord. in Frankreicb; auss frantzcesischera verleust durch H. Georg. von Eyschen. Cologne; Bernard Gualthen, 1630. — £0 passio d. N. Jesu-Christi sccundum quatuor Evaogelistas descripta, et Commentario quadruplici in quatuor Aulis illustrata per mille ac centum discursus, intcllectus ac totidem cordis affectus, auctore A. R. D. Georgio ah Eyschen,

Arluncnsi, SS. Theol. licentiato, quondara ad S. Joannis de vinculis Pastore, nonc Ecclesix Metropolitanœ Coloniensis Canonico , presbylcro Capitulari ac Seniore. Coloniac, apud Joannem Busamni, 1656; in 4°.

Ces deux ouvrages ont été dédiés par leur auteur à son bienfaiteur, le Prince François de Lorraine, évéque-élu de Verdun.

Viri illutret, I, N° 01.— PtxiuT, 1, fol. LXIV.— Ui.vti.iM , Z8. — Jm. Habt satin , Bibliotbeea colonientit, 92.— Fb. Joi. v. Bmuco, DU ebemalig e Unit ertiUet und Gymnagien ta Ccelo, towie die an diète Lehranatalt angeknapfte Studienttiftaagen. von ibrem Urtprunjje bit auf unsrre Zeit. — D'IItat, Hittorischc Bcscbreibunft der brrùhmtrn Domkirchr zu C<rln tni Rneiu. — Documents aatbeotiijue», commuiiii)utl par M. le Conteiller ETtehen, ancien adniiaittratear général de la Justice et collateor det bonnet de son noat. — Ntuntan, Le* «nteort luirmbourreoi» , 30. — D. Gainai, HitL de Lorraine. — v. Eyk-he*, dirgestellt von N.-J. Basitaotrr ; dam : Publie, delà Soc. arcbéol. de Luxembg. 1858, T.X1T, 144, tqa;.

EYSCHEN , Jacquet d1, était frère de Georges qui précède et aussi pieux que ce dernier, si nous en croyons l'auteur du manuscrit des Viri illustres qui le mentionne en ces termes : « 1653. Jacobus ab «Eischcn Arlunensis, Frater Georgii et « quondam pastor in Metzig , moriens Co- « Ionise Ao 1653, Monasterio SancUe Cœ- «ciliœ in quo habitabat et est sepultus « legavit 2000 Impériales Daleros et Vir- «ginibus Carmelitanis Treviris 4000 Im- « perialium Dalerorum in augmentum Fun- « dationis. »

Nous n'avons qu'un court commentaire à ajouter à cet article : le nom du village où Jacques d'Eyschen a été d'abord curé s'écrit bien Metzig, Messancy, non Mertzig comme quelques personnes le croient.

Plus tard, vers 1643 , il obtint un canonicat au chapitre de Ste. Cécile , à Cologne où il a été résider depuis lors , où il est mort et a été inhumé. On sait que cette collégiale est la plus mémorable comme la plus ancienne Eglise de Cologne , fondée dit-on par St. Materne lui-même. L'église souterraine primitive ou la crypte subsiste encore ; mais le monastère sert aujourd'hui d'hôpital.

Il paraît enfin que, comme son frère, Jacques d'Eyschen a vécu pendant plus ou moins longtemps dans l'intimité de François de Lorraine, évéque-élu de Verdun. M. le conseiller Ch.-G. Eyschen (v. son art.) parent du personnage qui nous occupe, a eu l'obligeance de nous communiquer un acte du 10 septembre 1630 par lequel Jacques d'Eyschen a fondé six messes pour ebaque semaine de l'année , plus un anniversaire pour le repos de son âme, le tout à dire ou à cbanler an monastère des Carmélites déchaussées in der Kupfergasse à Cologne: Pour le service de celte fondation il a affecté une créance de 2,500 écus sur la ville de Cologne. Hors de ce capital il disposa néanmoins qu'une certaine somme serait annuellement distribuée aux pauvres,

plus vingt écus qui resteraient audit monastère en guise d'aumône, afin d'engager les religieuses et les pauvres à assister à ces services. II devient dès lors vraisemblable que l'auteur du manuscrit des Yiri illustres aura confondu le monastère des Carmélites de Trêves avec celui de Cologne. Le même personnage avait également fondé le 24 juin 1627 un anniversaire dans l'église de Metzig , Me&sancy , où il était alors curé ; ce service à chanter le samedi après la fête de l'assomption.

Viri illattrea, I, N* iM. - IlWai», Bibliotheca colonientu. — Manuscrit» Clobm. — NtOKAa» , Le* anleora luxembourgeois, 30; noie 1. — Acte* authrn tiquet communiqué» par M. le Concilier Eyichcn de Luxembourg.

Fa

FABER, George$, né à Hosiogen, le 11 février 1771, était fils de Chrétien Faber justicier et officier de la seigneurie de Clervaux et de Marie -Catherine Genin.

Georges Faber fit ses humanités au collège thérésien de Luxembourg où il se distingua par ses progrès et sa conduite exemplaire : nous avons eu entre les mains son certificat de philosophie qui le dit «juve- « nis eximius virtute ac doctrinâ. » Il était jeune encore , ayant à peine vingt-cinq ans , lorsque les armées de la république française vinrent envahir le pays et y introduire ce qu'on nommait alors le régime nouveau. Faber fut remarqué par le commissaire du pouvoir-exécutif comme un jeune-homme intelligent et rempli de connaissances ; il fut chargé de faire l'inventaire des meubles et des propriétés du couvent supprimé de Hosingen ainsi que des églises et chapelles séquestrées dans le canton. Il sut exécuter cette commission avec le tact le plus délicat; et maints édi-

fices consacrés au culte furent par ses soins préservés de la vente à laquelle les lois de la République une et indivisible les avaient voués.

Peu de temps après un de ses frères ayant acquis le château de Willz qui avait été saisi sur le comte de Custine , émigré, Georges Faber obtint la cession d'une part dans ce bâtiment, la chapelle et la brasserie , qu'il convertit en habitation pour lui et sa famille.

Sous l'Empire il fut membre du Conseil d'arrondissement. Nommé juge de paix du canton de Wiltz, en 1818, il remplit ces fonctions délicates jusqu'en 1852, c'est-à-dire pendant trente-quatre ans et aussi longtemps que ses forces le lui permirent : Pendant cette longue magistrature il sut par son influence sur ses concitoyens et par son caractère aimable et conciliant , prévenir beaucoup de contestations et rendre de grands services.

Choisi en 1821 membre des Etats provinciaux pour l'ordre des villes, il mon-

tra en plusieurs circonstances cette indépendance qui Ta si bien à un mandataire du peuple. Il siégea dans cette assemblée jusqu'en 1830.

Après la révolution belge Georges Faber fut encore chargé d'être un des représentants du canton de Wiltz au Conseil provincial d'Arlon ; et là comme à Luxembourg il ne faillit en aucune occasion importante de se ranger du côté de ceux qui avaient à cœur les intérêts de leurs commettants : Il faisait encore partie de ce corps lorsque par le traité de Londres le Pays se trouva menacé d'être séparé en deux , et il ne fut ni le dernier ni le moins énergique à protester contre ce morcellement entrepris par la politique. Ses efforts dans cette circonstance ne touchaient pas le Souverain qui devait désormais gouverner le Luxembourg ; ils étaient uniquement dirigés contre la lacération d'une province qui depuis tant de siècles et malgré tant de vicissitudes était restée une; en un mot il aurait voulu voir le Grand-Duché un et unique, soit sous la domination de la maison de Nassau-Orange soit sous le sceptre du Roi des Belges ; et en cela, a-t-il dit souvent, il croyait avoir combattu à bon droit, parceque la population entière le demandait ainsi. Les vœux de Faber n'ayant pas été couronnés du succès désiré il se résigna , comme ce philosophe qui n'ayant pas réussi à convaincre son auditoire que l'homme est né libre et perfectible, et prit le parti de ne plus prêcher à des sourds.

Lorsque le bon roi Guillaume II octroya au Grand-Duché la Constitution d'Etats du 12 octobre 1841 , Georges Faber ne put être oublié dans la première nomination des membres de ces Etats que le Prince s'était réservée ; et il y siégea jusqu'aux événements de 1818 où son grand âge ne lui permit plus d'accepter un nouveau mandat pour la Constituante. Cependant encore alors, c'est-à-dire pendant les sessions de 1842 à 1847, il se trouva constamment rangé parmi les membres qui sans faire opposition au gouvernement,

combattaient dans l'intérêt des administrés: c'est ainsi qu'on le vit entr'autres voter contre le chiffre exorbitant d'une liste-civile hors de toute proportion avec les ressources réelles du Pays; c'est ainsi encore qu'il a fait partie de la minorité lorsque la vente du dernier domaine du Luxembourg a été décidée dans la séance du 12 juin 1847 ; et avec ses collègues il a demandé formellement à ce que son vdte négatif fût consigné et inséré dans le compte-rendu officiel.

Celte opposition qui n'avait rien de systématique , ne lui aliéna pas la haute estime de son Souverain , puisque le 4 septembre 1845 le Roi Guillaume II lui conféra la décoration de son Ordre luxembourgeois de la couronne de chêne.

Pour dessiner enfin en quelques traits le caractère de Georges Faber, nous dirons que ses vues étaient justes et éclairées. Franchement dévoué à son Pays on ne le vit jamais faillir sur la brèche lorsqu'il combattait pour ses concitoyens ; et en plus d'une circonstance il a su élever une voix énergique pour défendre leurs droits ainsi que pour sauvegarder leurs intérêts.

Ce que Faber a été pour son Pays il le fut aussi pour sa commune adoptive. Siégeant pendant un grand nombre d'années au Conseil municipal de Wiltz il mit tout ce qu'il y avait de dévouement dans son bon cœur au service de ses concitoyens. Et jamais, dans les circonstances difficiles , dans les calamités publiques, il ne trouva de sacrifice au-delà de ses forces , comme jamais , on peut le dire sans crainte , il ne dépendit de lui que toutes les misères ne fussent soulagées; toujours aussi il s'est associé de cœur aux véritables mesures d'utilité publique.

Placé pendant la plus grande partie de sa vie à la tête d'importauls établissements industriels de tannerie et de fabrication de colle-forte, il sut toujours allier les exigeances du commandement aux égards les plus paternels dus à la classe ouvrière.

Pendant ses dernières années et malgré son grand âge , toute la gatté et toute

la franchise d'an noble cœur brillaient encore sur sa vénérable figure , nne des plus belles que l'idéal puisse s'imaginer.

Après plus de trois -quarts de siècle d'une existence utile, Georges Faber s'est éteint le 26 mars 185G, avec le calme souriant d'un homme qui a bien rempli la tâche que le créateur lui avait assignée : Son Ame, toute imprégnée de cette douce charité qui fut une de ses belles vertus, s'est envolée au milieu d'un concert unanime de regrets arrachés à toutes les classes de la société ; car on peut dire do lui : Cet homme n'eut pas d'ennemis.

Georges Faber avait épousé le 24 novembre 1797, Anne-Marie Servais, morte longtemps avant lui et qui lui avait donné une nombreuse et très-honorable famille.

Jauraaui do temps. — Souvenirs contemporains. — Reascig icbcdU fournil. — Archive* du gouvernement da Grand -Duché. — Archive* de 1* eoaaaaune et du Bureau de l'enregistrement. — Compta - rendoi dei séances de. Etat* du Grand-Duché, année. 1842 à

Fabe», Gérard; v. SCHMID, Gérard, dit Faber.

FAING, la famille du, connue dès le douzième siècle, tire son origine des Comtes de Duras et son nom de l'ancien manoir de Faing près de Jamoigue.

Cette famille, de nom et d'armes, est une de ces rares maisons patriciennes du Pays-Duché de Luxembourg et Comté de Chiny qui se soit continuée jusqu'à nos jours, «alliée par mariages à plusieurs « nobles anciennes maisons tant des dite « pays et de Lorraine que d'ailleurs. »

Nous avons fait imprimer dans le volume de l'année 1854 des Publications de la Société pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Pays de Luxembourg une Notice entière et complète pensons-nous, sur la Généalogie historique de cette famille distinguée qui porte : d'or , à l'aigle de sable , au vol élevé, becquée , languée et membrée de gueules. Cimier : un bras droit de carnation, vêtu de gueules, au rembras d'argent. Supports: deux sauvages couverte

de feuilles de lierre de sinople, tenant chacun une banderotle; celle de dextre : aux armes de l'écu ; celle de aenestre : de gueules, au sautoir ou chevron d'or. Cri : Phaël, Phaël !

Elle a compté quatorze générations ou degrés, depuis son origine positivement établie jusqu'à son extinction dans les mâles en l'année 1855, dans la personne deHenri- Antoine-Josepb-Eloy du Faing, Conseiller à la Chambre des Comptes du Grand-Duché, décédé le 17 mars 1855. 11 n'existe plus aujourd'hui de ce nom que Dame Anne- EÛsabeth-Henriette-Désirée du Faing, supérieure de l'association de St. François à Luxembourg , où elle porte le nom de Sœur Francisca.

Navra, Histoire de la Baronie de JaaaaigM et de •ce Seigneur»; avec la généalogie complète de Icare maiaoue; dans » f.blicalioaa de la Société arthéolo giqae de Luiembourg, T. X, 81 à 108.

FAING , Gilles du, fils atné de Jean du Faing, dit de Tassigny, seigneur du Faing, Linay, la C rouée et GrUTomont, Gouverneur-Capitaine -et -Prévôt du Comté de Chiny, et de Françoise de Cugnon-St.- Erpigny, dame foncière d'Etbe-Belmont, naquit au château de son nom, à Jamoigne, vers l'année 1560.

Le manuscrit des Viri illustres a consacré à ce personnage les lignes suivantes : « 1627. Aegidius du Faing Civis et Domi- « nus Consiliarius Equestris in Consilio « Luxemburgeosi ob legationem ad regem « Daniœ et bonam Rem publicam navatam « operam creatus Baro a Jamoing. »

Comme cela était de coutume à cette époque chez la noblesse, Gilles du Faing commença sa carrière publique par les armes en entrant, après avoir fait ses études, en qualité de volontaire avec quatre chevaux dans un régiment haut-allemand.

Quelque temps après il passa capitaine d'une compagnie et assista, entre les années 1585 et 1589, aux sièges d'Anvers, de Grave, de Venloo, de Zutphen, de Berg-op-Zoom , de Rbinbuchel , de L'Ecluse et de File de Bommel.

En 1590 le duc de Parme appréciant

son mérite l'envoya à la Cour de Philippe II où il résida cinq ans et fat employé aux affaires diplomatiques concernant les Pays- Bas et la Ligue. A son départ d'Espagne le roi, voulant lui témoigner sa satisfaction pour ses loyaux services, le Gt armer Chevalier par le prince son fils, le 26 septembre 1595, et lui remit comme souvenir une chaîne d'or de la valeur de quatre cents écus, outre une gratification de cent ducats.

De retour dans les Pays-Bas, Gilles du Faing fut d'abord attaché à la Maison de l'Archiduc Albert, et l'année suivante, 1596, il entra au Conseil provincial de Luxembourg en qualité de Conseiller noble ou de courte-robe. En 1600 il sucèda au colonel de la Bourlotie dans les fonctions de Capitaine-Prévot et Gruyer du comté de Chiny et d'Etalle ainsi que dans celles de Gouverneur de Florenville, emplois auxquels fut, l'année suivante, 1601 , ajouté celui de Jugc-Député-ordioaire des assises ou hauts-jours de Marville et des Terres-Communes.

En 1612 le roi Philippe III l'envoya en Danemarc pour présenter à Christian IV et aux princes ses fils les condoléances de son souverain sur la mort de la reine ; et l'année suivante il fut nommé du Conseil de guerre. En 1617 il fut encore pourvu de la charge de Souverain-Bailly de Flandre et six ans plus tard, c'est-à-dire en 1623, le roi Philippe IV, en récompense de quarante ans de loyaux services rendus à sa Maison dans les différentes fonctions et missions qui lui avaient été confiées, le créa Baron de Jamoigne, du nom de la terre dans laquelle était enclavé le manoir de ses ancêtres et que l'Arcbiduc lui avait cédée en 1619 avec la haute-justice, en échange des ban et seigneurie de Grifforuont. Finalement il obtint en 1630 son entrée dans la salle des Cardinaux pendant les audiences solennelles, honneur le plus insigne qui put être accordé à quiconque n'était pas prince, puisqu'il lui conférait en même temps le droit d'être assis dans

les voitures de la Cour à côté des têtes couronnées.

Outre l'ambassade dont Gilles du Faing fut chargé en Danemarc il semble qu'il doit avoir été presque constamment eu mission pendant la longue période d'années qu'il a été voué au service de ses princes, puisque comme il le dit luimême dans une note ou état de services qui nous est resté de lui , il a été envoyé à vingt-six négociations diplomatiques , tantôt en France, tantôt en Lorraine, a Juliers , à Liège , en Allemagne et ailleurs , sans compter les diètes impériales, les conférences, les députations, les traités, envois, voyages, etc., auxquels il a pris part et dont le nombre monte à soixante-huit.

Cet habile diplomate qui a servi son Pays sous trois rois , Philippe II, III et IV, ainsi que les archiducs Albert et Isabelle- Claire-Eugénie , a laissé à la postérité la réputation d'un homme doué d'une extrême prudence, de beaucoup de fermeté de caractère , mais surtout d'une sagacité très grande à éclaircir et à applanir maintes difficultés qui au premier coup-d'œil semblaient ne pouvoir être résolues que par le sort des armes. Aussi les archives publiques de son époque renferment-elles une infinité de documents importants qui furent son ouvrage et qui tous démontrent combien était justifiée l'immense considération dont il jouissait h la cour de Madrid , mais surtout à celle de Bruxelles.

Gilles du Faing est mort le 2 décembre 1633, h l'âge d'environ soixante-treize ans, et fut déposé dans le caveau qu'il avait lui-même fait ériger pour sa famille dans la chapelle de S" Marguerite annexée à la cathédrale de S1 Bavon de Gand. Une grande pierre bleue , attachée à la muraille de cette chapelle , portait ses armes : d'or , à l'aigle de gueules ; timbré d'un bras vêtu de gueules, à la main droite ouverte , de carnation ; ses huit quartiers et son épitapbe , que nous transcrivons ici :

HIC SITCS EST PERILLCSTRIS N0BIL1S BT GENEROSUS DOMI-

[iscs ,

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