‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 11 sur 98 · XVI. Kalendas Augcsti Anno Domini M.CC.LXX · texte numérisé non relu

XVI. Kalendas Augcsti Anno Domini M.CC.LXX

Il faut noter, pour l'intelligence de cette inscription, qu'à coté de la statue de la défunte on avait représenté son petitfils , Henri de Vianden qui fut seigneur de Shœnecken , portant à la main gauche un billet sur lequel était écrit: «Henrik eut primogenitus Philippi comitis Vien- « nensi». » et montrant de la droite l'épitaphe de sa grand-mère.

De Htin, Hi.toirr do Comté de Nam». 943 et SifO a 988.-Uaii.mv, Hutoire générale, eccleiia»tique et civile de la Tille et province de NaMnr. — Ncrcn, Histoire de la ville de Viandea et de se* Comte-». 80 fc 89; et Preuves. IX à XVI.-Baavno- «t. V. 9 et 10 h 44-Aiax »a Wutiii., Vita veaerabilis Yolande; pmnim.— Srnui, Lcbea der tirafin Yolanda; pauim. — BiariLt, 189, sqqq. — Giiiitn, lliitoria Namnrci, cap. IX.

CRANTZ, Jean-Népomucène , naqnit à Roodt près de Niederanwen , pendant la première moitié du dix-huitième siècle et

se voua à l'étude de la médecine à l'université de Louvain où il reçut le bonnet de Docteur. La réputation de ses vastes connaissances le fit bientôt remarquer par la Cour de Bruxelles qui l'envoya à Vienne avec une recommandation expresse pour l'empereur. Celui-ci lui donna une chaire à l'Université de cette ville où il sut s'acquérir bientôt l'estime de ses élèves et l'admiration des savants.

Cranlz a composé : Materia médita et chirurgica , juxta tystema nalurœ digetta. Vienne , 1762 ; 3 volumes in 8° , ouvrage d'une vaste érudition et d'une importance de premier ordre pour l'époque de sa publication : il marque en effet et d'une manière parfaite , la transition entre l'ancienne doctrine médicale et la nouvelle.

Nous ne possédons sur ce personnage aucune donnée ultérieure.

Cum*, Catal. Dibl. Laibr*. 80 et 4Q4.-Wcar.- Paookt, Not«t Manuscrite*.

CRÉHANGE, maison de nom et d'armes , une des plus puissantes et des plus considérées de l'ancien Luxembourg.

Elle avait son siège au village de son nom, aujourd'hui français, sur la Nied allemande, à trente-trois kilomètres S.-E. de Metz , et fut connue, dit-on, dès le cinquième siècle. En 1617 les sires de Créhange ont été honorés du titre de Comtes par l'Empereur Mathias et leur domaine attaché au cercle du Bas-Rhin dans l'Empire d'Allemagne.

La maison de Créhange, qui portait:

d'argent à la fasce de gueules, écartelé de gueules à la croix ancrée d'or , s'est distinguée aux Croisades où Burchard est compté au nombre des prisonniers faits à la bataille de Gaza en 1239. En 1548 elle a relevé la charge de Maréchal héréditaire du Pays de Luxembourg en suite du mariage de Jean de Créhange et Pittange avec Irmengarde de Raville.

L'aîné de la maison de Créhange conserva cette charge jusqu'en l'année 1674 où François-Ernest, comte de Créhange, désespérant de laisser postérité, la céda

au Baron Wolfgang-Henri de Metternich, seigneur de Bourocheid , Dodenbourg, etc.

Parmi les personnages qui portèrent le nom de Créfaange figurent plusieurs illustrations qui doivent obtenir leur place particulière dans cet ouvrage. Les de C rechange se sont éteints dans, les mâles dans la personne de Maximilien-Ernest , mort le 13 janvier 1697.

Butmui, IV. utè teitu, XXIX et XXXI; VII, 444i; Vin. 83.- UacaacBoca.-Eaaaaoai. Ri>m «'UrAmT, Natiee far Crèaangc. — Bccclih, Germania: Topo-Chroao-Stemmatografihia, III , ïîi, r°. — VcakOKXAU, Statistique kùtorique «la Départrmrnt Je la MomIIc. 100 k 105. — Tmui, Dicliaaaaire d« Dèp«rte»e»t de la Haaelle, II. 107, .q.-Note. dVt.dea.

CRÉHANGE , Christophe, Baron de, était fils de Wiric de Crébange (v. ce mot.) et d'Antoinette, comtesse sauvage du Rhin, fille à son tour de Jean VII comte sauvage du Rhin etdeSalm, et d'Anne comtesse d'Isembourg. Le manuscrit des Viri illustres mentionne ce personnage comme suit: « 1612. « Christophorus Baro a Chrichingen et Petit tingen prioris — id est Veirxci — filius , « Ballivus Lolharingicc Germanicœ roboris «prodigiosi, Marescballum Bironium tencuntem et oppugnantem Luxemburgum, « inter primos repulit dévolu lo in pontem « hostilem trunco. »

Nous devons donner quelques explications pour l'intelligence de ce fait d'armes qui n'est qu'indiqué ici: C'était en 1597. Le maréchal Biroo à la tête de six mille hommes voulant surprendre la ville de Luxembourg avait fait avancer ses troupes le jour de la St. Martin, dans l'espoir qu'elles pourraient arriver devant les remparts à la nuit close. Hais la marche avait été trop lente et le jour commençait déjà à poindre lorsqu'il fut à la vue des premiers retranchements. La garnison courut aussitôt aux armes et les bourgeois se joignirent à elle pour repousser l'aggression. Le maréchal se voyant découvert feignit de se retirer; mais au lieu de partir il n'alla qu'à Merl , village situé à quelques mille mètres de Luxembourg et y fit taire halte.

Il y resta jusqu'au soir du 17 novembre où il crut le moment opportun arrivé pour mettre son projet à exécution. Pour mieux couvrir le coup de main qu'il méditait il obligea quelques paysans à se diriger vers les portes de la ville, chassant devant eux leurs porcs et à demander au commandant la permission de les faire entrer dans les fossés pour les garantir soi-disant contre un enlèvement de la part des Français. Le commandant ne soupçonnant pas le stratagème leur accorda leur demande ; et les villageois auxquels un grand nombre de soldats déguisés s'étaient mêlés, pénétrèrent ainsi dans les fossés extérieurs, tandis que Biron avançait en silence à la tête du reste de ses troupes munies d'instruments d'escalade : Us parvinrent heureusement à l'endroit désigné pour l'attaque, près de l'ancienne porte dite des Juifs et s'occupèrent de suite, les uns à dresser les échelles, les autres à monter un pontvolant, les autres enfin à attacher à la porte extérieure des pétards destinés à l'enfoncer. Elle avait déjà été forcée et l'ennemi, parvenu jusqu'à la seconde, tentait de lui faire subir le même sort lorsque garnison et bourgeois, rivalisant de zèle et de courage, se précipitèrent sur les remparts et chargèrent si brusquement les assaillants que ces derniers furent renversés et leurs échelles rompues ainsi que toutes leurs machines détruites, outre qu'ils .eurent un grand nombre de blessés et de tués par la mousqueterie bien soutenue des assiégés. Le maréchal Birou vit bientôt que son échauffouréeétaitcomplétement manquée et qu'il ne lui restait plus qu'à se retirer au plus vite. Il fit en conséquence sonner la retraite et donna ainsi le signal d'une déroute précipitée dans laquelle il abandonna tous ses appareils et s'enfuit & Longwy. C'est dans cette attaque que Christophe de Créhange se couvrit de gloire par son courage , sa présence d'esprit et la bonne direction que, un des premiers il sut donner à la défense de la place dans laquelle il se trouvait, par hazard peutêtre.

Christophe de Chréhange était Bailly de la Lorraine allemande, et mourut vers Tannée 1612. Il avait épousé Anne Bayer, Baronne de Boppart, qui lui donna Pierre- Ernest, lequel fut Bailly de la Lorraine allemande après son père.

Vin illustres -B«.tu«lkt, VIII, Bft, sqqq.

C RÉ H ANGE, François, Baron de, était frère du précédent. Le manuscrit des Viri illustres comprend ce personnage parmi les illustrations e»tclésiastiques du Luxembourg: «157». Francise as Baro a Cri- « chingen et Pettingen fdius Virici judicis « nohilium Ducatus Luxemburgensis con- « servator Catholicas fidei , in Episcopatu « Argentinensi , cujus Ecclesiae decanus « fuit. »

François de Créhange vivait à l'époque où le Luthéranisme, jeune encore, cherchait de tous les moyens à se faire des prosélytes et où les leçons de Jean Sturm (v. son art.) a l'Université de Strasbourg gagnaient de jour en jour plus d'adhérants aux idées nouvelles. Le Doyen François de Créhange, prélat éloquent et instruit, mais surtout très-attaché à la foi catholique, se crut en devoir de s'opposer à ce débordement de l'hérésie : il institua des conférences ou prêches dans lesquels, à des jours fixes il combattait les propositions erronnées du Professeur luthérien ; et dans ces entretiens il eut la consolation de ramener plusieurs de ses auditeurs à la croyance orthodoxe. François de Créhange mourut en 1575, encore dans la fleur de l'âge et fut longtemps regretté par le clergé de Strasbourg dont il s'était fait estimer autant qu'il avait su se faire aimer de tous, même de ses contradicteurs.

Viri illustres, I. N* 48. — Da FsLLta. Dictionnaire historique; art. Sturm. — Note» d'études — Uiitoire da Chapitre de Strasbourg, par C; ad aau. 1830 et 11175.

C RÉH ANGE , François-Ernest , comte de , a un long article dans le manuscrit des Viri illustres: «1634. Franciscus- « Ernest us Cornes in Crichingen et Pet- « lingen natus in ipsa urbe Luxemburgensi,

«a?dibus in Crihingianis hodie Societati» «Jesu Collegio incorporatis , Canonieus « Ecclesiarum Metropolitanarum Mogun- « tiaj , Argentinensis , plurimus in Lega- «tionibus et conventibus Imperialibus , «Ecclesiae Argeuliuensis aliquamdiu pro- «Episcopus et pro-Princeps , magno aère « alieno laboravit. Societas confecit aditum « Rubiacum cujus ille gubernator Ecclesise « Catholicae columna in Coloniensem indu- «xitcantum musicis vocibus modula tu ru. o

François-Ernest, né baron de Créhange, était fils de Pierre-Ernest qui fut créé comte de son nom par l'Empereur Mathias, en 1617, et de Marie-Marguerite de Coligny. Son cousin Pierre-Ernest étant mort rers l'année 1629 sans laisser postérité de Anne-Sybille , comtesse de Nassau- Sarbruck , il s'éleva un procès au sujet de la possession de la dignité de Maréchal héréditaire de la noblesse entre Jean- François de Ra ville et notre François- Ernest de Créhange. Cette contestation dura jusqu'en 1655 où une sentence finale du Siège des nobles attribua définitivement cette charge à François-Ernest, pareequ'il fut reconnu être le plus proche parent du dernier Maréchal.

Ce personnage «rivait encore en 1660, mais il est à croire qu'il mourut peu de temps après. Il institua pour son héritier universel son cousin qui était son filleul et se nommait comme lui François-Ernest, comte de Créhange. Celui-ci résigna en 1674 le maréchalat entre les mains de Wolf-Henri, Baron de Metternich, seigneur de Dodenbourg, Bourscheid, etc.

Viri martres, I, N» 66. - Pituaar , I , fol.LXIII. — BcBTBOLtT, IV, aatè teitom, XXIX; et VIII, 1BÎI — VsaaoMAis, Statistique historique du Département de la Moselle, 108. — Bucmtr», III, 83.

CRÉHANGE, Georges, Baron de, est mentionné comme suit dans le manuscrit des Viri illustres: « 1616. Georgius Baro « a Crichingen Christophori filins natus « Luxemburgi in urbe , sex praditus di- «gilis: sed quia adoptatus ab avunculo « improie mortuo cognominatus Bavarus «a Boppart, Dominus in Lustnich in

«Broucb castel, prafectus stabuli Leo- « poldi Archiducis, ab hoc eo osque ama- « tas ut œger ab eo inviseretur, mortuus « Viennse Austriae. »>

Georges de Créhange avait épousé Esther comtesse de Mansfeld qai lai donna Pierre- Ernest comte de Créhange , maréchal de la noblesse. Ce dernier ne laissa aucune postérité de Anne-Sybille , comtesse de Nassau-Sarbruck.

Viri illnitra. III, N' SO&- Bnuun, III, 9H, - Biiitui, IV i »tè Us tu m, XXIX.

CRÉHANGE, Jean IV de, surnommé t intrépide, était fils de Jean III dit l'heureux et d'Irmeogarde de Pittange.

Il naquit pendant les dernières années du quinzième siècle. Jean IV de Créhange peut être cité comme un des plus beaux types de l'ancienne chevalerie sans peur et sans reproche que l'immortel Montesquieu dépeint si bien dans l'Esprit des lois: Franc et ouvert de caractère autant qu'il était vaillant , ce chevalier voulait voir dans le noble, le suzerain surtout, une fidélité inviolable a ses engagements, à sa parole donnée. Aussi tant que le chef auquel il s'était attaché était juste il pouvait compter sur lui comme sur un autre soi-même; mais dès qu'il se montrait assez osé pour toucher a la foi jurée il trouvait dans Jean l'intrépide un adversaire redoutable. En effet, aussi long- ' temps que l'empereur Wenceslas respecta les privilèges de la noblesse il n'eut pas de vassal plus dévoué ; mais dès qu'il commença à trafiquer de ses peuples et de leurs prérogatives il eut dans le Sire de Créhange un implacable ennemi qui mit d'abord tous ses efforts à faire déposer le monarque félon ; et il contribua beaucoup à cette déposition. Non content de ce succès il s'attacha sans relâche a harceler les adhérants du despote et a susciter mille désagréments à la duchesse Elisabeth de Gœrlitz qui devait profiter du honteux trafic de Wenceslas avec le Luxembourg : il fut un de ses plus archarnés comme de ses plus vaillants adversaires. Il prit

en effet les armes à la main en 1432, laissant son épouse, Elisabeth de Daun dame d'Oberslein et de Falkenstein enceinte d'un fils qui fut nommé Jean le posthume et qui suivit les traces guerrières de son père et scella de son sang sa résistance aux envahissements de celte princesse abhorée des Luxembourgeois.

Embahmi, B»m« B'Htutr, Notice iur Créhange. — Umtbout, Vil, 446. — VniMiiii, Slatiitique kUtoriqne du département de I* Moselle, 401. — Wtttcnsacb et McLi.it, édition de* s Grsta Trcvi- III. 57.

CRÉHANGE >JeanV, ou le Poêthume, de, hérita de la haine de son père contre ceux des souverains du Pays qui tentaient de tyranniser les peuples et qui n'avaient pas égard à leurs privilèges légitimement acquis. Aussi, dès qu'il vit Cbarles-letéméraire faire peser un joug de fer sur le Luxembourg partagea-t-il la commune indignation contre ce prince; et pour la traduire en action, vint-il en 1475 se ranger sous les drapeaux du duc Réné II de Lorraine avec lequel Charles de Bourgogne était pour lors en guerre. Ce dernier, transporté de colère à la nouvelle de cette défection qu'il déclara une félonie , écrivit au Sieur du Fay son lieutenant dans le Luxembourg , de repousser par le fer et le feu toute tentative d'opposition à ses ordres de la part des nobles du Pays , et envoya Campo-Basso , italien d'origine et un des chefs de ses bandes mercenaires, contre le seigneur de Créhange. Celui-ci qui ne s'attendait peutêtre pas à une attaque aussi brusque voulut s'avancer contre les Bourguignons; mais la fortune le servit mal; il tomba dans une embuscade et fut, malgré son courage et une défense désespérée , contraint de se rendre prisonnier. Campo- Basso, que ce premier succès enhardit, marcha droit contre le château de Créhange dont il espérait se rendre maître d'emblée par suite de l'abattement que devait avoir produit sur la garnison la prise du seigneur lui-même. Mais Marguerite de Baccourt ou Baucourt , épouse de Jean V de Cré-

Lange y était enfermée: Elle joignait à un courage mâle une haine profonde contre la maison de Bourgogne. Aussitôt qu'elle vit l'ennemi approcher du fort elle se disposa à une vigoureuse résistance; s'affublant d'une cuirasse et d'un casque et ceignant l'épée elle encouragea , exhorta la garnison qui , électrisée par cet exemple doubla d'intrépidité et jura de ne pas rendre le manoir. Cependant les assiégeants étaient en grand nombre. Us serraient la place de si près que malgré des prodiges de vaillance pour le défendre, Créhange était aux abois et l'héroïque châtelaine se voyait réduite à songer ou à se rendre ou à se frayer un passage à la pointe de l'épée , lorsqu'une crue subite de la Nied qui baigne les murs du castel inonda le camp des Bourguignons, emporta leurs tentes avec leurs bagages et les força à lever le siège. De son côté le sire de Créhange resta en prison jusqu'à lu mort du duc de Bourgogne ; et encore n'obtint-il alors sa liberté que parceque le duc de Lorraine le réclama en sa qualité de capitaine Lorrain : Cependant ses seigneuries dans le Luxembourg restèrent confisquées et furent données d'abord à Frédéric comte de Bitscbe, puis à Christophe marquis de Baden ; et ce ne fut qu'en 1 503 que le fils de Jean de Créhange obtint la restitution de la moitié des terres saisies, comme provenant du chef de sa grand-mère « qui n'avait eu aucune part à la félonie de son père. » Une tradition rapporte que l'armure de Marguerite de Baucourt était religieusement conservée au château de Créhange et que son portrait y figurait à son rang dans la salle des chevaliers.

Jean V de Créhange et Marguerite de Baucourt laissèrent deux (ils , Georges et Jean Vf, qui eurent une large part à la prise de la ville de Metz en 1551 , et se distinguèrent l'année suivante à la défense de cette place contre l'armée de Charles- Quint.

Nous n'avons découvert l'année de la mort ni de Jean V de Créhange, ni de sa courageuse épouse.

Eaa. Biaoa »'Hoait, Notice nr Crébange.— Vtaaoaaaii. Statistique hutoriqae «In Département de la Uoaelle, 101, »q. - Beutbolb», VII, 440.

CBÉUÀNGE, Wiric, Baron de, a obtenu la mention suivante dans le manuscrit des Viri illustres : « 1 570. Veiri- «cus Baro a Crichingen et Pittingcn Do- «minus in Hombourg, Septemfontibus , « Dondera , Dodenburgh , Bbeinich etc. , « Mareschallus Judex nobilium Ducatûs « Luxemburgensis , vir tantus ut Joannes «Austriacus advenicus in Belgium perdi- « tum , eum omnium primo ad se et con- « festim accersitum hue Luxemburgum Jus- «su régis salutaverit patrem, jussus in «omnibus uti consilio ejusdem. »

Ce personnage doit avoir été fils de Jean VI de Créhange et d'Irmengarde de Daun. Nous le voyons déjà entre 1546 et 1556, compris au nombre des Conseillers ordinaires du Conseil provincial de Luxembourg. Il avait épousé Antoinette comtesse sauvage du Bhin, fille de Jean VII et d'Anne comtesse d'Isembourg dont il eut Christophe (v. s. art.).

Pierret nous dit que Wiric de Créhange avait été grand politique , très-estiraé de Philippe II , roi d'Espagne , et de Jean d'Autriche , son fils ; ce que nous avait déjà appris le passage ci-haut transcrit du manuscrit des Viri illustres. Il mourut en 1582.

Viri illastre*, III, If° 904.— Uaciaareca.— Pitaaai» I. fol. LXni — Vnaoaaau, StatUtiqiie birtoriqur du Départtaieat de la HoieUe, 10a.-Bniuiar.- Bocaua, III, 88— Note, d'étude*.

CRONENBOURG , Persée , natif de, est encore un de ces personnages énigmatiques que l'auteur du manuscrit des Viri illustres a cru devoir noter , mais sur le compte duquel il n'a fourni aucune donnée , pas même son nom. En effet ,

voici le passage concernant : « 1 633

« PersiusexCronenbourgh Ducatûs Luxem- «burgici S. Theologiae Doctor, Decanus « Miselbacensis in Austria , Canonicus Ca- «thedralium Ecclesiarum Olmucensis et « Vratisclaviensis. »

Cet article parle évidemment d'un prélat dont l'auteur cité ne connaissait pas le nom

qu'il a laissé pointillé, lequel, né a Cronenboorg dans l'ancien Luxembourg, fut Docteur eu Théologie , etc. , et qui florissait ou bien mourut en 1633. Avec ces seuls renseignements il nous a été impossible de composer une Biographie.

Vin illustre*. I, N« 04.

CRUDEL, Jean, aussi écrit Krudel et Cridelle par l'auteur du manuscrit des Viri illustres, qui rappelle ce personnage dans les termes suivants: «Joannes Cridelle Luxemburgensis ci vis filius J. U. Doctor primo professor juris Csesarei in Carolina Pragœ indè canceUarius ordinis SU Joannis melitensium et consiliarius appellationuin régis Bob e mise, postremo consiliarius aulicus imperialis Ferdinando III valde aestimatus. *

Crudel est mort en 1652.

Viri iUnstret, III, If» B37.~-Baara«UT, VIII, 188, *q. — WnjL a Wwim, Duqai*. antiq. Hùt Lmeab., 1. IL c. 6. — UiT>ura,.i38.— Paqutt, 68

CUNIBERT, Saint, aussi nommé r7unebert, est rappelé comme suit dans le manuscrit des Viri illustres : « Sanctus Guet nibertus , Archiepiscopus Coloniensis , « filius Comitis Cratto seu Cratlensis in « Remich ad Mosellam. »

Les auteurs qui parlent de ce prélat s'accordent à le dire né en Austrasie, sans désignation ultérieure du lieu de sa naissance. Celui du manuscrit des Viri illustres est le seul qui indique cet endroit et qui dénomme son père. Il aura sans doute eu pour cela des preuves suffisantes, car son ouvrage qui est profondément pensé, donne toujours des notions très- exactes sur les faits qu'il rapporte ; son assertion peut donc être admise avec assez de certitude. Saint Cunibert naquit donc vraisemblablement à Remich, compris dans l'ancien pays d' Austrasie, d'une famille comtale et d'un père nommé Cratton , qui fut trèspieux, ajoutent les biographes. L'époque de sa naissance est unanimement rapportée aux dernières années du règne de Cbildebert II (575 à 596). Et ce qui donne quelque probabilité de plus en faveur de

l'assertion du manuscrit ci-haut cité, c'est que Cunibert fut d'abord attaché à l'église de Trêves dont Remich ressortissait, puisqu'il y reçut le diaconat.

En 622 ou 623 il fut élu évêque de Cologne, le huitième en rang d'ordre, et il assista en 625 au concile de Rheims. Quelque temps après le roi Dagobert le plaça à la tète de son Conseil, se servit utilement de ses avis et lui confia l'éducation de son fils Sigebert qui fut roi d'Austrasie, emplois dont, dit-on, il s'acquitta dignement. Après la mort de Dagobert, Cunibert partagea avec Pépin le gouvernement du royaume d'Austrasie et continua à être en crédit a la Cour tant que Sigebert vécut. Après la mort de ce dernier, Grimoald fils de Pépin ayant détrôné Dagobert fils de Sigebert pour lui substituer son propre fils Childebert, le ministre Cunibert se retira dans son évêché. Clovis II, frère de Sigebert, et après lui Clovis III régnèrent seuls ; mais Y Austrasie ayant été donnée à Cbilderic, fils de Clovis II, l'évêque Cunibert rentra au gouvernement.

Ce personnage mourut le 12 novembre 663 et fut depuis révéré comme saint, bien que Ribadineira ne l'aît pas compris dans sa légende. De Feller dit qu'il fut un ministre médiocre, mais un saint évêque.

Viri illuttref, I. N» I.-Bfoim, III, 248 et 461. — Di Fcutt, Dictionnaire biaterique, litt C.— Bailut, Vie* 4e* Saint*-, moi* de novembre.— Bioffrapbit anlTenelle, X, 3i>0.

CUS A, Nicolas de, ou Cusanus , est né le 6 novembre 1574 au village de Cues dans le Pays de Trêves, dont il a pris ce nom de Cusanus. On pourrait dès lors hésiter à un premier coup d'oeil à regarder ce personnage comme appartenant à la Biographie luxembourgeoise; mais les faits positifs que nous avons recueillis sur lui prouvent absolument qu'il a passé la plus grande partie de sa vie dans notre Pays et qu'il y est mort. Nous n'ôserioos soutenir que ce Nicolas de Cusa ou Cusanus descend de la même famille que le fameux cardinal Cusanus ou Crcbs

qui florissait plus d'un siècle avant lui et avec lequel il a été plus d'une fois confondu par des auteurs superficiels.

Notre Nicolas de Cusa fut d'abord lecteur de Théologie à l'abbaye de S1 Maximin de Trêves; puis il entra en 1601 daus la Compagnie des Jésuites à Luxembourg où il demeura pendant trente-quatre ans et mourut, en odeur de Sainteté dit-on, le 20 avril 1636, victime de son dévouement à porter les consolations de la Religion aux pestiférés. Il a été inhumé dans l'église de son ordre à Luxembourg.

Le manuscrit des Viri illustres nous donne sur cet homme vraiment apostolique les intéressantes notions que nous allons transcrire: «1636. Nicolas Cusanus a pago « Arcbiepiscopatus Trcvirensis ad Mosel- « lam sic agnomioalus ex lectore S. Theo- « logiœ apud S. Haximinum ad Treviros « factus societatis Jesu, vir per omnia Apos- « tolicus 34 annos inhabita vit Collegium « Luxemburgcnse et hune Ducatum ejus- « que viciniam incredibili labore indicibili «fructu etsumraàsuî estimatione, admi- « ratione et amore excoluit ac post perplu- « rimos Tractatus Catechisticos edidit Li- «brum dictum Scholam disciplina;, die «Zuchtschul in gallicum et Sclavonicum « ab aliis versum et tota Europa vulgatum, « mortuus morbo contagioso, sepultus in « templo Soc. Jesu cum opinione sancti- « tatis. »

Ce passage parle bien de plusieurs ouvrages sortis de la plume de ce zélé missionnaire; mais il ne donne le titre que d'un seul qui semble avoir été son œuvre principale. Nous nous croyons donc en devoir d'ajouter à cet égard les renseignements suivants: Sa Schola Christiana, ou Zuchtschule, a été d'abord publiée en allemand, en 1626. L'auteur y traite les principales questions catéchistiques , ainsi que celles qui ont rapport aux articles de foi qui ont été controversés. Elle a obtenu dans son temps beaucoup de vogue et a été souvent réimprimée. Elle plut même si fort au savant Heurisse , évéque de Madaure et suffragant de Metz, que

celui-ci Ordonna par un mandement spécial à tous les curés du diocèse de la lire au prône au lieu de prêche. Jean Le Veneur, Jésuite comme Cusanus, l'a traduite en français ; l'auteur des Viri illustres ajoute qu'elle l'a également été en Slavoo. Cusanus composa en outre : La sagesse Chrétienne , Sapientia Christiana, qui forme pour ainsi dire un abrégé de la Schola christiana ; et : Le guide pour la vie chrétienne , Dux vite , dans lequel il réfute les erreurs des hérétiques et établit la vérité de la foi catholique. La Bibliothèque de Luxembourg possède un : Catechismus Nieolai Cusani , volume in 8°.

Enfin , un extrait de la Biographie de ce zélé prêtre , placé en tête d'une ancienne édition de sa Zuchtschule nous donne en outre les renseignements qui vont suivre: Entré en 1601 dans la Société de Jésus , lorsque déjà il avait obtenu le bonnet de Docteur ès arts et en écriture sainte, il ne prononça les quatre vœux solennels à l'ordre des Jésuites qu'en 1614.

Pendant toute sa vie il a montré une ardeur extrême pour prêcher la pénitence , à tel point qu'il n'épargna aucune peine pour enseigner dans les écoles , pour prêcher le matin dans la ville et pour , pendant l'après-dîner , aller dans les villages se livrer de même à la prédication , affrontant la pluie , la chaleur , le froid , la soif et la faim. Pendant ses pérégrinations dans le Luxembourg, la Lorraine allemande et le Pays de Trêves il portait toujours avec lui des livres de prières, des chapelets, des catéchismes et des images qu'il distribuait a ceux qui répondaient bien à ses questions.

Il était très-sobre , se contentant des mets les plus grossiers , et voyageait toujours à pied. Les nuits il les passait couché sur la paille ou dans des granges de cultivateurs.

Viri illa.tr**, I, N"l ttt. - A. Ho*tmi>. Histori* Trerirenau diplomatie», III, 229 -8taU«ti»cl»topographi<chp Brsckrcibang des Relier un g» • Besirk* Trier; dans « Adreai- Kalender, 1844, 109.— P*qvkt. 63.-NA>va, Catal. BiMioth Lnibg., 108. -De*

MosrKtrotn von Vêts bis Coblentt, SOS. — Nn- ■an, Le* auteur* luxembourgeois, 1886, 47. — Aliuuu, Bibliolbcca iociotatis Jesu, p. 3u'i.

CUS A, Pierre de, ou Cusanus, naquit vraisemblablement à Cues , comme leprécédent. Nous n'avons sur lui de renseignement que ce que Bertbolet nous fournit quand il le dit Docteur et Prédicateur célèbre au couvent des Carmélites d'Arlon. Il mourut en 1551.

DftftTa*LST* V, 202,— -V. SiftAMaiic, Mrtrop. Eccl. 17e». II, 449.

Cossu; v. RUSSIM.

CUSTINE , famille de nom et d'armes, originaire à ce qu'il parait du Pays de Liège où elle avait son siège à quelques lieues de Dînant. La maison de Custine , connue depuis le douzième siècle porte : écartelé , aux 1 et 4 d'argent , a la bande de sable accompagnée de deux cottîces de môme, qui est Custine franc; aux 2 et 3 de sable, semé de fleurs de lys sans nombre, qui est Lombut.

Les de Custine se sont, il y a delà deux siècles environ , divisés en plusieurs branches dont celle dite d'Aufllance a acquis le titre de comte de Wiltx par mariage en 1656 d'un de ses membres, Christophe , avec Marguerite, héritière de cette terre et la dernière de son nom.

Plusieurs rejetons de celte maison ont mérité aux yeux de l'auteur des Viri illustres d'être placés parmi les illustrations luxembourgeoises. Nous allons les énumérer en exprimant nos regrets de n'avoir, malgré nos recherches, pu trouver sur eux aucun renseignement.

CUSTINE, François de, oncle de Louis et frère d'un second Louis qui suit, est mentionné dans le manuscrit des Viri illustres : « Francisais de Custine Domious in « Afllantz Luxemburgicus, legionis equitum « in Bobemia Tribunus , pro Csesare stre- «nuus miles.» Il vivait en 1624.

Viri illustre*, II, N° 1G4.- Fragment d'une généalogie de la maiaon de Custine.

CUSTINE, Louis de, est également cité

dans le manuscrit des Viri illustres : « Lu- «dovicus de C us tin (sic) Francisci frater « Dominus in Villerond Capitaneus pro rege «ob singularem virtntem militarcm factus « gubernator viandanus. »

Les Lettres de commission dépêchées à Louis de Custine par le roi d'Espagne, portent la date du 26 mars 1630, et disent que « Louis de Custine, seigneur de Villers « le rond, du Conseil de guerre, Capitaine « de Cuirassiers, est nommé à l'état et office « d'Oberampmann-lieutenant des fiefs et suret intendant du comté de Vianden, seigneuries de Dasbourg, St Vith, Butgenbach, «appartenances et dépendances, le tout en « récompense de ses loyaux services rendus «au souverain. »

Là se bornent les données que nous avons sur ce personnage.

Viri illustres, II, N" l6tf. — Fragment d'une généalogie de la maison de Custine. — Archives de la Société archéol. de Luxembourg.

CUSTINE, N. de. Nous n'avons sur ce personnage aucune donnée particulière autre que le peu de lignes qui suivent et que nous empruntons au manuscrit des Viri

«illustres: 1650 de Custin Ludovici

«Glius Dominus in Afllantz et Villerond «Tribunus legionis Equestris pro rege « catholico. »

Viri illustres, II, N° 166.— Fragment «Tune généalogie de la maison de Cusline—Archif es de la Société archéol.. de Luxembourg.

CYRILLE , le Père, naquit à Bastogne et entra chez les capucins à Arlon où il devint gardien. Le Père Cyrille s'était acquis la réputation d'un prédicateur éloquent et d'un religieux d'une vie exemplaire.

Il est mort en odeur de sainteté, le 4 octobre 1657. Un an après son décès il parût à Nancy un volume in 8° qu'il avait composé sous le titre de : Traité de la divine sagesse et contemplation des Chrétiens.

Tsuor, Mémoire* pour *er»ir à 1'IIistoire cirile et ecclésiastique du Pajs de Luxembourg.— Ci»**:». Catalogue de la bibliothèque de Luicinbourc , lîï et

Dado, Saint; v. AUDOVON, Saint.

DAM EN, Henri, Docteur en Théologie et Président du collège dit d'Arras, attaché à l'ancienne université de Louvain.

Bien que nous ne possédions aucune donnée biographique sur ce personnage, que même nous ne sachions pas s'il a été luxembourgeois, nous nous sommes vu engage à le mentionner dans cet ouvrage pareeque par son acte de dernière volonté, rédigé en 1729, il a légué tout ce qu'il possédait pour augmenter les bourses fondées par Nicolas Le Ruystre (v. l'art. Ruystre).

Kolts, Manuel de* fondation! de bonnes d'étndet, 482 et 490.

DAMS, Pierre-Ernest, fils de Charles Dams, hollandais ou brabançon d'origine, et de Catherine Greyveldinger , est né à Remicb, le 14 septembre 1794.

Après avoir terminé ses études préliminaires au collège de Trêves il se rendit à Bruxelles où il suivit les cours de l'école de droit et obtint le grade de licencié en 1817, après avoir défendu une thèse: De condictione indebiti.

Dams n'a jamais figuré sur le tableau des avocats du pays. En 1824 ou 1825 il fut nommé juge de paix du canton de Grevenmacher, et conserva ces fonctions jusqu'en 1830. Lorsqu'après les événements politiques de Bruxelles son collègue du canton de Remich eut donné sa démission par attachement pour la famille régnante, Dams, qui partageait les principes proclamés parla révolution belge, fut transféré à Remich : Il occupa cette magistrature jusqu'à la reprise de possession du territoire dit cédé, en 1839. 11 fit aussi et entretemps partie du congrès, puis do la législature belge, où cependant il ne s'est pas beaucoup fait remarquer. Resté veuf en 1836 , il quitta la carrière politique

pour se consacrer exclusivement au soin de ses affaires domestiques et à l'exercice de ses fonctions de magistrat.

Dams aimait son pays et nourrissait surtout une suprême aversion contre toute tentative pour le reconnaître comme faisant partie de l'Allemagne. Pénétré de celte idée fixe, qui du reste a pendant très-longtemps été partagée par ce que le Luxembourg avait de citoyens qui se croyaient le mieux intentionnés, il fit tous ses efforts pour empêcher en 1841 Taccession du Grand-Ducbé à l'Union douanière allemande. Dans cette intention il publia au mois de mai de cette même année une brochure de 93 pages in 8°, sous le titre suivant: Quelles sont les relations commerciales qui conviennent au Grand- Duché de Luxembourg ? Arlon , Laurent.

Il y établissait , péremptoirement croyaitil, que l'alliance commerciale la plus intime avec la Belgique pourrait seule sauver nos industries nationales et satisfaire à nos besoins , tandis qu'un traité avec l'Allemagne ne pourrait que ruiner notre commerce et anéantir nos fabriques.

En 1848 il publia -une autre brochure politique intitulée : Ein Wort an das Luxemburger Volck; in 12.

Dans ces denx compositions Dams a montré qu'il était de bonne foi. S'il s'est trompé quant à l'objet de sa première publication , on ne doit pas le lui imputer a reproche , pareeque sa manière de voir était alors généralement admise dans le Pays, et ce n'a pu être que par l'effet d'une expérience pratique longtemps éprouvée que le public a été détrompé de son préjugé anti-germanique sous le rapport commercial. La seconde fut l'œuvre des circonstances de l'époque où elle a vu le jour: l'exaltation y domine.

Comme homme politique , Dams a sa se faire remarquer par ie bon , le généreux roi Guillaume II qui l'adjoignit à la commission des neuf luxembourgeois qu'il chargea d'élaborer le projet de Constitution d'Etats de 1848 : Il se rendit en conséquence à La Haye avec ses collègues et travailla activement avec eux à acquérir à sa patrie des institutions politiques aussi libérales que les circonstances du moment pouvaient le permettre. Sa Majesté voulant récompenser le zèle que celte commission avait montré dans cette circonstance, accorda le 1" janvier 1842 à chacun de ses membres la décoration de commandeur de l'ordre national luxembourgeois de la Couronne de Chêne, institué quatre jours auparavant. Il fut de plus désigné membre des Etats pour représenter le canton de Remich dans la première nomination que le Souverain s'était réservée ; et dans les six sessions pendant lesquelles les institutions de 1841 demeurèrent en vigueur il sut constamment faire entendre sa voix pour soutenir les intérêts matériels et moraux de ses compatriotes.

En 1848 les électeurs l'envoyèrent également à la Constituante ; et aux élections qui eurent lieu après la promulgation de la nouvelle Constitution il fut réélu membre de la Chambre des députés aux travaux de laquelle il assista assez régulièrement et jusqu'à ce qu'une maladie très-pénible Téloigna forcément du corps législatif aussi bien que de son domicile pour le reléguer dans une maison de santé.

Dams avait en outre fait une étude approfondie de la science agricole vers laquelle semblait le porter la simplicité de ses goûts; il comptait parmi les agronomes les plus distingues du Grand-Duché et il excellait surtout dans l'art de créer des prairies par les irrigations. Son exemple a beaucoup contribué aux progrès de l'agriculture dans le Pays , par les améliorations notables qu'il a su introduire dans l'exploitation de sa propriété de Rec-

kinger-IIof, commune de Dalheim près de Remich.

Pierre-Ernest Dams est mort le 20 décembre 1855 , laissant en vie deux Dis et autant de demoiselles.

Sou Tenir» coatenporain*.— ReaseigneBeats fournit. — Moniteur Belge.— Comptes-rendat de* «eteion* de» EUti do Gnad-Duché.— Naaoa, Catalogne de la Bi-

DAUN, la famille de, est une des plus anciennes maisons nobles qui figurent au nombre des vassaux des comtes et des ducs de Luxembourg, puisque quelques auteurs avancent que déjà elle était connue dès le dixième ou au moins le onzième siècle: Aussi la voyons-nous en l'année 1225 obtenir la charge de Maréchal héréditaire du Pays de Luxembourg. Daun portait : d'or , frété de gueules , de six pièces ; pour cimier un chapeau rond en pointe , couvert de feuilles de laurier de sable , attachées l'une sur l'autre ; ou suivant d'autres : un cygne d'argent , becqué de gueules entre deux vols de sable. Cette famille , dont sont issus plusieurs personnages distingués , avait son siège dans le Pays d'Eiffel et s'est plus tard fondue en partie dans celle des comtes de Mandersebeid : une seule de ses branches fleurit encore en Autriche , honorée du titre de Comte du Saint-Empire.

BatmiT, patii**.— Usciicnecm.— A» Horrnua, Untoria TrcTircMÎ* diplomatie*; patata*. — Getta Trcvirarumt pMiiat. — Biiki, Eillia illuttrata, I, pan I, paasiai.— Noté* d'étude*.— Ptiaaar, III.

DAUN, Charles de, est mentionné comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres: «1635. Carolus a D'haun «Dominus in Sassenheim Coroli fi h us et «ipse Domini in Sassenheim Capitaneus « et pro rege Catholico guberoator aquis- « granensis. »

Ce personnage a été marié à Agnès- Elisabeth Trips-de-Berge ; et sa mère, Marie-Agnès de Hagen avait hérité de la seigneurie de Sassenheim. Son père , Charles comme lui , était seigneur du dit Sassenheim , de Holleofeltz et de Brande-

Tille , bailly à Rodemacher pour les marquis de Rodemacher, etc.

Viri illo.lres, II, K" 16S.-B.mm», Eiflia illot- IroU de Scbannat } T. I, part I. Arbres dv. ligne, u- XVIII.

DAUN, Henri de, seigneur de Densborn, était Gis de Jacques. Eu 1223 Henri de Daun fut créé premier Maréchal héréditaire de la noblesse du Luxembourg par la comtesse Ermesinde et son époux Waleram de Limbourg. Nous connaissons un acte du mois de février 1223 par lequel ce personnage déclare que le maréchalat lui a été conféré par la comtesse et le comte de Luxembourg et que pour cette charge ces derniers lui ont assigné cent livres de Metz à asseoir sur une terre dont il relèverait: Cette clause fut exécutée quelque temps après par l'acquisition que Henri de Daun fit de la seigneurie de Densborn sur la Kyll , qui fut annexée au Maréchalat ; d'où ses successeurs prirent le titre de Maréchaux de Densborn.

Henri de Daun avait été marié à Gobilie de Linster et mourut en 1237 laissant deux fils, Richard qui fut maréchal après son père, et Henri, souche de la branche de sa maison dite de Zïcwel.

Pieu et, III. - Biitmut, IV, 566 et V. 10» — B«scn, Eiflia illustrât», T. I, pan I. SOI, sq. 417, aq. et table généalogique , n° XV. — Aa HosTUtia, Histor. TreTir. diplom. II; passim. - Note* d'étude*.

'' DAUN, Henri-Richard-Laurent , Comte de, troisième fils de Guillaume-Jean-Antoine et de Marie-Salomée , Baronne de Régall , était frère de Wiric-Philippe-Laurent qui aura son article.

Ce personnage avait d'abord embrassé l'état ecclésiastique et était pourvu de canonicats à Cologne et à Breslau. Mais il résigna plus tard ces bénéfices pour embrasser la carrière militaire dans laquelle il parvint jusqu'au grade de Lieutcnant- Feld-Maréchal et se distingua beaucoup comme général pendant les guerres de son époque. U mourut en 1729 après avoir été marié deux fois : 1° avec Anne-

Cathérine de Sporck qui était déjà veuve de deux maris et qui ne lui donna aucune postérité. Cette dame est morte en 1712. En secondes noces il épousa Marie-Joséphine Yolande , comtesse de Payersberg, d'où deux fils et autant de filles.

B.mscu, EiOia illustrai*, T.I, pars 1 , 430; et Table généaL XVII , r°.

DAUN , Jacques , ou Jean-Jacques de, naquit pendant les premières années du dix-septième siècle. Il était, comme Charles dont nous avons parlé plus haut , un des huit fils, c'est-à-dire le quatrième, outre quatre filles de Charles de Daun , seigneur de Sanem ou Sassenheim et de Marie- Agnès de Hagen. Le manuscrit des Viri illustres lui a consacré l'article qui suit et dans lequel sont sommairement rappelés ses titres à la célébrité : « Jacobus a D'haun « Luxemburgensis ex autiqua Illustrissi- « morum Dominorum de Dhaun Gente fili- « us Caroli a Dhaun D' in Sassenheim , <( Eques ordinis Teutonici et magnus ejus- « dem per Régna et Hxreditarias provin- « cias Csesaris Commendator. Creatus Co- «mes Commendator Dominationum .Teu- « tonicarum Viennensis , Neostadiensis , « Grœcentis et Dominiez S,M Consiliarius « Arcbiepiscopi Moguntini Summus Pra> tcfeclus stabuli Ser™' Archiducis Lepoldi. «Ejusdem etiam et Cxsaris Consiliarius « inlimus. »

Nous croyons devoir ajouter à ce qui précède , en guise de commentaire , que le titre de comte du Saint-Empire qui fut concédé par l'Empereur Ferdinand III au Commandeur Jacques ou Jean-Jacques dont il est question ici , a également été donné et par les mêmes Lettres-patentes à son frère Philippe-Ernest, colonel au service d'Autriche (v. son art.) , et qu'il leur fut octroyé à eux et à leurs descendants de se dire : Comtes de et a Daun. Cette branche fleurit encore dans les étals héréditaires de la maison d'Autriche.

Viriillo.tre*, I, W98.-B.uaa, Eilia illmtmU, T. I , par* I, 438 . et Table généalogiqve , W» X VIII. — Moarii, Supplément, II, 4«G.

DAUN, Léopold-Joseph-Marie, Comte de et à, né à Vienne en 1705, était (ils puîné dn comte Wiric-Pkilippe-Laarent (t. son art.) et de la comtesse Marie- Barbe de Herberstein. 11 se titrait de Prince de Tiano, seigneur de Callenborn , Sassenheim , etc , général Feldmarécbal de l'empire, conseiller intime et minislre-d'Elat , chevalier de la Toison d'or et grand croix de l'ordre de Marie- Thérèse.

Ce personnage s'acquit une gloire immense pendant la guerre que l'Autriche soutint de 1737 à 1739 contre les Turcs: il avait alors le grade de général. Dans les deux premières guerres de Silésic il se distingua en Bohême et à la conquête de la Bavière , et aida puissamment à refouler l'armée française au-delà du Bhin. Au commencement de la guerre de sept ans , en 1757, il fut nommé Feldmaréchal général et obtint le commandement en chef de l'armée. Frédéric-Ie-grand venait d'entrer en Bohême et avait déjà mis le siège devant Prague lorsque Daun vint lui offrir la bataille , le 18 juin 1757 , près de Collin. Dans cette journée les armes autrichiennes curent le dessus et les prussiens furent forcés de battre en retraite et d'évacuer la Bohême. Cependant le bonhenr sembla vouloir le quitter près de Lenlhen et de Torgau ; mais il prit bientôt sa revanche d'une manière brillante dans la surprise qu'il exécuta pendant la nuit dn 14 octobre 1758, près de Hochkirchen où il aurait anéanti l'armée prussienne si une colonne des siens n'était arrivée trop tard pour prendre part à ce glorieux fait d'armes. Le 21 novembre 1759 il fit prisonnier le corps d'année dn général Fink, près de Maxen. Ces exploits lui valurent l'estime la plus distinguée de la part de son prince , et Frédéric-le-grand lui-même , dont par de prudentes lenteurs il déjoua si souvent les plans hardis, ne refusa pas sa juste admiration aux talents guerriers de son adversaire.

Le comte de Daun se rendit en outre recommandable par les heureuses améliorations qu'il introduisit dans l'organisa-

tion de l'infanterie autrichienne. Ce grand homme mourut en 1766, laissant de son épouse, la comtesse Marie-Joséphine de Fuchs, deux fils et une fille.

B*»icb , EiflU il1o»tr»U, T. I, par* I, 437; et Toble ginéul XVII, *■>. — Cotiii», Encyclopédie mode»*. VIII, lltf , M|. - ltiofraphie universelle, X, U77, cqq.

DAUN, Philippe-Ernest de, fils de Charles , seigneur de Sassenheim , etc. , et de Marie-Agnès de Hagen, conséquomment frère de Charles qui a son article, est mentionné dans le manuscrit des Viri illustres: «Philippus a D'haun filius ejus- « dem prioris Caroli senioris Luxembur- «gicus Dominus in Kallenborn et Daun «Tribunus mililum pro Liga Catholica «Gubernator et Commendans arcis Starnckenburg et Trarbach quam cinctus un- «dique Suevis servavit intactam.»

Fn 1670, Philippe-Ernest avait le grade de Colonel au service autrichien, et mourut l'année suivante. Il s'était marié à Marie- Ursule de Groschlag-de-Diepurg, décédée vingt -huit ans avant son mari auquel elle avait donné deux fils, Guillaume- J tan- Antoine et Charles-Frédéric.

Le corps du colonel Philippe-Ernest de Daun fut ramené à Daun pour être déposé dans le caveau de sa maison , dans l'église paraissiale, à côté de ceux de son épouse et de ses ancêtres. Voici leur épitaphe :

«Es ruhet allhier Philipp Ernst Graf « und Herrn zu Daun, dero Ram. Kays.

«Maj. Obrister zu Fws, und seine «Gemahlin Maria-Ursula gebohrne von « Groschlag Freyin , denen Gott eine fratk- « liche Auferslehung verleihen wolle. Dieser a Philipp Ernst entstammet von Reichardo « den juengern Herrn zu Dune oder Daun, «welcher zur Unterscheidung seines Bruni dem Richardi als eeltern Herrn zu Dune « oder Daun, die Lilien in den Gatter zu « den Ersten zu fuehren angefangen hat, «tc»> es dazumahlen und jetzt in den « Niederlanden und Frankreich gebneuchalich ist, dos die juengere ihre Wappen « esquarteliren muessen.

« ht gestorben in dem Monat Januar «1671. Sie im Monat Aprill 1643.»

Viri illuttrrs, II, N° 103. — B«a*ci, Eiflia illutli-ata, I. pan 1, 430.— Homi, Supplément, II, 480 — Note» a'étndea.

DAUN, Richard de, fils de Jacques de Daun , et frère de Henri (t. son art.) le premier maréchal de la noblesse, était en grande réputation de science et de sagesse, lorsque en 1245 une partie du chapitre de Worms le nomma à l'évôché de ce nom en remplacement de l'évéque Conrad qui venait de mourir. Cette nomination fut ratifiée par le légat du Saint- Siège, tandis que l'autre partie du chapitre avait désigné le Bougrave Evrard de Baunberg pour cette dignité. Les bourgeois de Worms voyant cette scission et voulant peut-être s'épargner toute querelle possible par leur adhésion à Tune ou à l'autre élection , fermèrent les portes de la ville aux deux élus à la fois, jusqu'à ce que la contestation eut été décidée d'un côté ou de l'autre. A la lin , Richard de Daun l'emporta sur son compétiteur et prit possession de son évéché avec la protection du comte de Hollande, le 21 février 1247. Il administra le diocèse pendant dix ans avec gloire et mourut le 7 novembre 1257. Il a été inhumé dans sa cathédrale, devant l'autel de la S" Croix où son nom seul :

RlCHARDUS EPISCOPUS,

en guise d'épitaphe , rappelle sa mémoire.

Rmtbolit. VI, 13JI. — Bnsca, Eiflia UlnatraU, T. I, pan I, 410, sq.

DAUN, Urold ou Urolde de, était vraisemblablement fils de Guillaume, seigneur de Daun que l'on dit avoir assisté en 968 aux tournois de Mersebourg. Ce personnage que toutes les chroniques de l'abbaye de Prum disent issu de l'antique maison de Daun, entra dans cette abbaye où il succéda vers les commencements du onzième siècle à l'abbé lmmon, né des comtes de Spanheim et mort en 1009.

Urold de Daun est cité pour avoir fondé en 1016 ou 1017 la Collégiale de douze chanoines-chapelains de l'abbé, qu'il at-

tacha à son monastère. Cette collégiale a subsisté jusqu'à la suppression des maisons religieuses.

L'abbé Urold mourut en 1018 et fut enterré dans l'église qu'il avait fait construire ; on lui plaça cette épitaphe :

SCBJECTO TUMCLO TEMPLI

Hcjos STRDCTOR VBOLDUS

CoîSDITCS EST UAB1TIS FINERIS EXBQUIIS DhCSA PROCENITI S PrUHIEMSI

Mensibus Octo ET CbNTCM EcCLESIiE pr.ctuit Abba PATER.

Si cette inscription est vraie, Urolde a gouverné l'abbaye de Prum pendant neuf années entières ; il a conséquemment été élu en l'année 1009 comme nous l'avons dit plus haut.

Bbbtbolbt, II,' P. J. XII. — Knvrr, Defeut* itnperialit , libéra; et eicrapta" Alibatic Sancti&simi Salraiurii Pranieniû, 44. — D-cmcb , Eiflia illutraU, T.I, panl. 404.

DAUN , Wiric-Philippe-Laurent, comte de, était fils ainé de Guillaume-Jean- Antoine de Dann, conseiller intime et général Feld-Zeugmeister au service d'Autriche et de Marie Salomée , Baronne de Regall. De son côté , Guillaume-Jean- Antoine était l'aîné des fils du comte Philippe-Ernest (v. son art.).

Ce personnage se titrait de comte de et à Daun, Prince de Tiano, seigneur de Sassenheim, Callenborn, Eikesdorf, Pellendorf et Neubau , chevalier de la Toison d'or, Conseiller intime de l'Empereur, Gouverneur de l'Etat de Milan, Colonel Général Feld-Maréchal et Feld- Zeugmeister général, Colonel d'un régiment d'infanterie et Commandant de la ville impériale de Vienne.

Le général comte Wiric-Philippe-Laurent de Daun s'est rendu très-célèbre pendant la guerre pour la succession au trône d'Espagne. En 1706 il défendit Turin et fut pendant quelque temps vice-roi de Naples : Il obtint dans cette ville la principauté de Tiano ainsi que l'Ordre de la Toison d'or. Cependant vers la fin de sa

vie il tomba en disgrâce sans toutefois perdre ses emplois, et mourut en 1741, laissant de Marie-Barbe, comtesse de ilerberslein trois fils et une fille: Ferdinand - Henri , Richard, Léopold- Joseph -Marie (r. son art.), et Joséphine.

B utca , Eiflia illustrai* , I, part I, 456} et Table gcacal. XVII, *°.

DEEL, Jean-Guillaume, né à St. Vith en 1657, prit la licence en théologie, se fit Jésuite et devint prédicateur à la Cour de Chrétien-Auguste, duc de Saxe.

Dès sa plus tendre enfance, Jean-Guillaume Deel se faisait remarquer par son assiduité à l'étude. II suivit d'abord l'école de sa ville natale et s'y rendit assez fort pour pouvoir être admis dans la seconde classe de grammaire au collège des Jésuites de Dusseldorf. Il alla ensuite à Cologne suivre le collège des Jésuites, où il remporta la première année jusqu'à quatorze prix. 11 entra enfin en théologie et fut ordonné prêtre. Appelé à la cour de Chrétien- Auguste, duc de Saxe, il s'y fit remarquer par ses connaissances étendues et variées.

On a de lui : 4n Prasagia honoris ; — 2° Altare Cbristi augustum ; — 3" Uuta versibus exarata; — 4° Fons vivus; — 5° Vallis exaltata; 1703; — 6° MVwDVs CorVsCaxs (Chronogr. de 1715).

Il est mort à 64 ans, le 13 juin 1721, vicaire à la cathédrale ainsi qu'à l'église de Ste. Ursule à Cologne. Par son testament, en date du 12 février 1721, Jean-Guillaume Deel légua tous ses biens pour en constituer des rentes perpétuelles, d'abord en faveur de ses agnats jusqu'au septième degré, ensuite des jeunes gens de la ville de St. Vith, à leur défaut de ceux de la paroisse , de la prévôté , et finalement du Pays de Luxembourg. Ces revenus, après en avoir employé une partie à des œuvres pies, sont destinés à la fondation de bourses d'études attachées au collège de St. Laurent à Cologne, ou bien à celui des Jésuites de Luxembourg. La jouissance est limitée aux années humanitaires , la philosophie comprise ; et en cas de pro-

grès marqués elle peut être prolongée de quatre ans pour la Théologie ou le droit.

Il existe de nos jours à Cologne quatre bourses de cette fondation , chacune au revenu de 292 fr. 50 centimes.

Bamcsj, Eillîa illMtrata, T. 3, pan II, acctio I, 41. — IIastuciu , Bihliothec* colonies*!*, 317, »q.

— Nsobaubj, Les auteurs luxembourgeois, 38. — JQmco, Die rhcmalige L'niversitat und die Gy mnasicu sa Kola; 9* partie. — Kolts , Manuel des bonnes d'Etades; 479, *a,qq.

Dbjong, Célestin, v. JONG, Cèles tin de.

DENIS, dit de Luxembourg, naquit vraisemblablement dans la ville de ce nom.

La date de sa naissance doit être rapportée au premier quart du dix -septième siècle. Denis se fit capucin à Cochem et devint Gardien de son monastère. Il avait acquis de la renommée par ses prédications et ses ouvrages et mourut à Mayence , le 11 février 1680, ou suivant d'autres 1703.

Il a écrit les œuvres dont les titres suivent : i° Vite Ante-Christi ; Francfort, 1 C82 ; —2° Calendarium Harianum ; Augsbourg, 1695;— 5° Liber de IV novissimis; 1685; — 4° Thésaurus Doctrina? Catholicx; Augsbourg, 1697; — S" Aurea lcgenda de Deo et B. Virgine ; Francfort, 1 G97 ; — *5* Martyrologium ; Augsbourg, 1700; — 7° Legenda Sanctorum ; Francfort, 1703 à 1717; — 8° Sermones; Cologne, 1715. — 0" et 10° deux livres de prières.

Tous ces ouvrages sont écrits en allemand ; mais comme nous n'avons pu en donner les titres que d'après le latin d'Hieroth, nous les avons copiés dans celte langue.

BiBTSjoirr , VU!, 100. — PirsatT, I. fol. LXIV.

— IVidbaj»!», Les auteurs luxembourgeois, 36.

DENIS, Antoine, natif de la petite ville de Durbuy, a fait imprimer en 1571 :

Scolia in universam Cornelii Valerii syntaxitn.

D. Cammt , Bibliotb. lorr.— Nsuasss, Le* auteurs luxembourgeois, 18.

DESONKEUX, Jean, est né à Verviers, en 1655. Il fit ses études à Liège et dé-

dia ses thèses sur la philosophie, qu'il soutint au séminaire de cette ville , au comte Ferdiuand de Linden, gouverneur de Franchimont. Il entra ensuite, en 1681 , a l'abaye de St. Hubert où il fit sa profession religieuse et prit le nom de Don Mairie.

En 1687 il fut professeur de philosophie dans son monastère et vint prêcher à Luxembourg en présence de Louis XIV qu'il avait été chargé de complimenter au nom de la province. Après la mort de Jean-Louis d'Elderen, évêque de Liège, il fut chargé en 1694 de se rendre à la Cour de Vienne avec le titre de coadjuteur , pour mettre l'abbaye de St. Hubert sous la protection spéciale de l'Empereur. Plus tard il fut encore député par sa maison pour assister aux cérémonies et aux fêtes qui eurent lieu a l'occasion de l'élection du prince Joseph-Clément de Bavière en qualité d'évoqué de Liège. A son retour il fut attaqué d'une ûèvre violente qui l'enleva en peu de jours (1694).

Dom Adalric, disent les mémoires du temps, était un homme d'une vaste érudition et d'un profond savoir, grand ami du prince Joseph-Clément comme il l avait été de son prédécesseur, l'évèque Jean- Louis d'Elderen.

C*« »t Bcc-M-Litvat, BiogTapkie licffroue, 11,314.

DETERME , Jean-Baptiste , est né à Sonlez, commune moderne de Doncols au canton de Wiltz, pendant la première moitié du dix-huitième siècle. Son père qui était charron et sans fortune, voulut lui apprendre son métier; mais le jeune Determe se rebuta bientôt et ne voulut plus travailler. Alors le père, pour corriger cette mauvaise titt, comme il disait, le força à aller garder les porcs du village. Cet état pas plus que celui de charron ne sut plaire au jeune homme qui, un beau matin fit son paquet et partit de la maison paternelle, disant qu'il voulait aller voir si ailleurs il ne trouverait pas à vivre plus facilement : il avait alors une dixaine d'années. Son père qui ne croyait pas à ce dé-

part annoncé, ni surtout à la résolution absolue de son fils de le quitter, n'y mit pas d'obstacle. 11 pensait d'ailleurs que cette absence ne durerait que quelques jours et pourrait servir d'une bonne leçon destinée à corriger la paresse de Jean -Baptiste. Mais il se trompait; car aussitôt que Determe eut franchi les limites de son village il se dirigea vers l'Allemagne où il vécut d'abord d'aumônes qu'il demandait de porte en porte, lorsque un jour, planté devant un château dont le nom nous est resté inconnu, il se mit à l'admirer et à exclamer en poussant un profond soupir : Comment se peut-il donc qu'il y ait au monde des gens si heureux et si comblés de richesses, tandis que moi et les miens nous n'avons rien ? Le seigneur du lieu l avait entendu, paralt-il , car il le fit aussitôt appeler et introduire dans un somptueux salon. Le jeune homme avait une figure avenante, beaucoup de feu dans l'oeil et, même sous ses haillons, un port dégagé. La présence du Baron et les richesses qu'il voyait étalées à ses yeux ne parurent pas l'intimider, pas plus que les questions que le seigneur lui fit; il répondit à toutes, dans son jargon mi-allemand mi-wallon comme ou le parle encore aujourd'hui dans sou village. Il fit avec aisance le récit de ses aventures et sut plaire d'abord, pareequ'il y avait dans son organe un je ne sais quoi, comme disait Féoélon, qui prévenait en sa faveur et qui porta le baron allemand à lui proposer de rester chez lui pour devenir le camarade et le compagnon de jeux de ses deux fils qui avaient à peu près le même Age. Détenue accepta avec empressement. Aussitôt ses haillons, qu'il conserva soigneusement pendant toute sa vie, furent échangés contre des habits convenables et on l'installa dans la compagnie des jeunes barons. 11 ne les quittait pas un instant , partageant avec eux leurs études et leurs récréations. Naturellement doué d'une intelligence infiniment au-dessus de son âge, Jean-Baptiste Détenue eut bientôt fait disparaître la distance qui existait au moment de sou entrée entre leurs connais-

sauce» déjà acquises et sa profonde ignorance ; car il n'avait pas même appris à lire chez ses parents. Après deux ans de séjour chez son bienfaiteur il avait égalé en science les 01s de ce dernier ; et , continuant à faire des progrès dans des proportions aussi extraordinaires, il se trouva bientôt à même, par des études particulières qu'il faisait sans maître , de remplacer les professeurs qui jusque-là avaient dirigé Tinstraction de ses deux camarades. Le vieux baron voyant ces succès étonnants chez son protégé, fut heureux de le traiter à l'égal de ses propres fils, le prenant avec lui partout où il allait.

L'époque où ses enfants devaient partir pour l'Université était arrivée, et Determe les accompagna , d'abord à Prague ensuite à Vienne , où il suivit comme eux les cours de philosophie et de droit, et, en outre lui, il fréquenta les leçons de théologie parcequ'il se sentait une vocation trèsdécidée pour entrer dans les ordres. Les jeunes barons quittèrent l'Université après quelques années de séjour à Vienne, pour retourner chez leur père. Ils voulurent emmener Determe. Mais celui-ci fit tant d'instances auprès de son protecteur, qu'il honorait comme un père , que ce dernier consentit à lui permettre de rester pour achever sa théologie et prendre le bonnet de Docteur dans cette faculté comme il lavait déjà obtenu summis cum laudibus H eximiit cum honoribus dans celles de philosophie et de droit.

Determe resté seul à Vienne étudiait nuit et jour ; de façon que , au bout d'une année il se crut en état de subir l'épreuve du doctorat. Tout Vienne se rendit à cette cérémonie à laquelle il ne manqua pour la rendre brillante aux yeux du récipiendaire , que la présence de son vénérable bienfaiteur ; mais il venait de mourir; et ses deux fils , entrés à l'armée depuis quelque temps, étaient en garnison dans les Pays-Bas.

Peu de temps après Determe obtint la prêtrise , et le premier sacrifice qu'il offrit à Dieu fut pour le repos de l'âme

de son protecteur : Les prémices sont d'ordinaire chantés en actions de grâces ; celles de Determe furent une messe de requiem.

La grande réputation de science que Determe s'était acquise ne tarda pas à parvenir aux oreilles de l' Impératrice- Reine Marie-Thérèse qui, l'ayant entendu prêcher à la cathédrale, le nomma son confesseur ordinaire et celui de son fils Joseph II , fonctions qu'il remplit jusqu'à son décès : Joseph II l'avait pris en singulière affection , à tel point qu'il le prit pour son commensal de tous les jours et qu'il l'invitait à la cour dans toutes les réunions les plus intimes. L'empereur se plaisait surtout à l'entretenir et à entamer avec lui des discussions scientifiques et philosophiques.

D'un autre côté , le chapitre de Vi enne ne voulut pas rester en arrière dans les distinctions honorifiques qui étaient dues à cet homme vraiment extraordinaire: il le nomma Grand-Chantre de la cathédrale, une des dignités les plus éminentes. Cette décision ne tarda cependant pas à occa* sionner des murmures de la part de quelques prélats qui, entichés de leurs quartiers nobiliaires, criaient à l'abus pareequ'on avait admis à ce Chapitre-noble un personnage d'extraction roturière. Determe , en homme habile , trouva facilement un expédient plausible , et cela dans son nom même : il le sépara en deux et le fit passer pour noble par la première syllabe: De Terme. Il fit plus, il se fit peindre et placer à ses côtés un éeusson au champ d'argent, à la pyramide quadrangulaire d'azur accompagnée en chef de sept étoiles d'or.

Le stratagème passa, inappercu peutêtre pour ceux de ses honorables collègues qui se taraieut de leur naissance; et pour les antres personnes il dut sembler ingénieusement inventé pour rameuer la paix d'une manière inoffensive: car Determe ne cacha jamais à personne l'humilité de son extraction , puisque entr autres il fit venir chez lui son vieux père et sa sœur qu'il garda l'un et l'autre jusqu'à son

décès. Son père, qui fnt plus d'une fois invité à la Cour par l'Empereur, porta toute sa vie des habits taillés comme il les avait eus dans son village , mais en drap fin. Son portrait, fine peinture de grandeur naturelle, le représente tenant à la main une petite pipe en terre commune , pareille à celles de nos villageois.

Dans les lettres que Determe écrivait à sa famille de Sonlez où il avait laissé un frère, on ne sait vraiment si on doit plus admirer la correction et la simplicité du style que les belles pensées dont elles sont remplies.

Determe est mort à l'âge de quarantecinq ans, entre les années 1780 et 1785. Il a légué son portrait avec ceux de son père et de sa sœur , ainsi que sa fortune à sa famille de Sonlez. Il n'a rien écrit, que nous sachions ; et si nous le plaçons au nombre des illustrations du Luxembourg c'est bien à cause de la manière extraordinaire avec laquelle il est parvenu dans le monde à un si haut degré de science et d'honneurs. L'église de Sonlez ainsi que sa famille possèdent un grand nombre de reliques authentiques qu'il leur a envoyées. Cette église a aussi de beaux ornements sacerdotaux dont il lui a fait cadeau.

Note* de la famille Determe. — Correspondances de i B. Determe. — Renseignements communiques.

DETTEN, Maurice , né à Munster en Westphalie, le 22 septembre 1767, appartient au pays de Luxembourg pareequ'il y a passé une grande partie de sa vie et s'y est rendu recommandable par ses services civiques comme par ses vastes connaissances.

Après qu'il eut terminé ses études et pris à l'Université de sa ville natale le grade de Docteur en médecine, l'archiduc Maximilien-François, électeur de Cologne et évêque de Munster lui confia en 1795 la chaire de physiologie attachée à la même Université, où il publia plusieurs ouvrages de médecine dont les titres nous sont restés inconnus.

Après la conquête française il vint habi-

ter le Luxembourg et obtint, par décret impérial du 19 avril 1804, le permis d'exercer l'art de guérir dans toute l'étendue de l'Empire français : En 1806 nous le voyons domicilié dans notre capitale et l'année suivante il l'était à Ecbternach qu'il n'a plus quitté et où sa réputation comme médecin très-habile et comme un grand savant s'est conservée jusqu'à nos jours.

L'administration urbaine d'Echternacb l'avait nommé médecin de l'hospice civil de cette ville et lui avait conféré la chaire d'histoire, de géographie, d'histoire naturelle et de littérature allemande au collège communal.

Par arrêté du 11 septembre 1818, le roi des Pays-Bas l'avait appelé à faire partie de la Commission sanitaire ou médicale provinciale dès la création de ce corps dont il a continué a être membre jusqu'à son décès, arrivé le 30 avril 1829, à l'âge de 62 ans. 11 avait épousé Anne-Barbe Noppenney, de Luxembourg, qui ne lui a donné aucune postérité.

Dès l'année de son entrée à la commission sanitaire du Grand-Duché, Detten publia une brochure remarquable pour son époque et intitulée : Einige Bemerkungen und Vorschlcege betreffend dot Medicinalicesen itn Groszherzoglkutne Luxetnburg ; in 8°. Comme professeur d'histoire à Echternach il avait également entrepris en 1825 d'éditer une suite de cahiers offrant le résumé de ses leçons , sous le titre de: Vorleseausziige aus der alten Geschichte; mais il n'en a été imprimé qu'un fascicule. Par diplôme du 20 décembre 1 820, la société rhénane d'histoire naturelle et de médecine l'avait admis au nombre de ses membres correspondants.

Suivant une note de M. le Professeur Engling, le Docteur Detten aurait en outre publié : Vortchlag zu einem heilkundigen Unterrichte, ainsi que trois cahiers d'histoire universelle i mais nous avons lieu de croire que ces deux ouvrages ou au moins le premier sont les mêmes que ceux dont nous avons donné les titres plus haut.

Finalement il existe encore du même au-

teur une dissertation manuscrite sur la Religion ; mais il ne nous a pas été donné d'en reproduire exactement le titre.

nesieignemenU administratif* — Mémorial administratif. Mite 1810, II, 690, et année* attifantes: Liste* des médecin*, rte. — Almanacli* dn Paya; année* 1806 à 1820. — N*nia, Calai. Bibl. I.uibg., 209, aq. — HoLua, Programme de l'école industrielle d'Ecbternacn, 1888, 20 a 31 ; 34 s,.

DE VERCY , Adrien-Casimir-Grouot , Gis d'Edme-Claude-Grossot , capitaine au 65e régiment d'infanterie française et de Marie-Louise Bergb, né à Luxembourg, le 1" septembre 1804, lieutenant-colonel d'infanterie pensionné, chevalier de l'ordre de Léopold , est décédé à Mons le 8 juillet 1859.

Après avoir pris part aux combats qui amenèrent l'indépendance de la Belgique en 1830, en qualité de sous-lieutenant au corps-franc luxembourgeois, Devercy fut nommé successivement lieutenant , le 19 novembre 1830 , et capitaine quelque temps après. Admis dans l'armée régulière avec le grade de capitaine de première dasse au 2e régiment de chasseurs à pied le 30 septembre 1831 , il fut détaché au lw bataillon du corps des partisans du Limbourg le 18 juin 1833, et rentra au régiment le 15 août de l'année suivante. Promu au grade de major au 2* régiment de ligne , le 1" août 1843 , il fut désigné pour servir au régiment d'élite, le 26 novembre 1846. 11 obtint le brevet de lieutenant-colonel , pour servir au 1 2' régiment de ligne, le 1er février 1852, et l'année suivante il fut appelé à commander provisoirement le 2* régiment de ligne.

Le lieutenant-colonel Devercy avait été placé dans la position de non-activité pour infirmités temporaires , depuis le 27 juin 1855 , lorsqu'il obtint sa retraite le 28 août de l'année suivante.

Le capitaine *t Hacai, Nccmloge dea officiera de l ar.ee belge.

DHAM, D'Ham ou D'Hamm, Hubert, naquit à Bittbourg et florissait pendant la première moitié du dix-septième siècle.

Il était fils de Jean Dbam , clerc-juré de la ville de Bittbourg , et d'Anne de Wiltheim. Les variantes que l'on remarque dans la manière d'écrire le nom de famille de ce personnage proviennent apparemment de ce que son grand père , Nicolas Dham, ayant obtenu en 1626 des lettres d'anoblissement, ses descendants auront voulu ajouter la particule nobiliaire, en plaçant une apostrophe entre la première et la seconde lettres.

Nicolas Dham portait: d'or, à la croix de gueules chargée de quatre annelets d'or; et en cœur un château à trois tours. Cimier : deux trompes d'éléphant, gueules et or.

Hubert Dbam, qui sut s'acquérir de la réputation comme diplomate, s'était marié avec une dame de Berlo, d'où entr'autres enfants Marguerite ou Marie-Anne Dham qui devint la première épouse de Jean- Baptiste de Willheim, fils du Président Eustacbe de Wiltheim.

Plus tard nous trouvons encore plusieurs anoblissements ou confirmations de noblesse accordés à des Dham qui étaient sans doute des descendants de Hubert; cependant il ne faut pas confondre cette famille avec celle de Daem , de Monlmédy , qui fut également anoblie , mais en 1738 seulement.

L'auteur du manuscrit des Viri illustres parle de notre diplomate Hubert Dbam dans les termes suivants: « 1642. Huber- « tus d'Haam Bicdburgensis post comita- « tnm Yienna in Hispaniam Csesaris vice- « oratorem consiliarius Ferdinand! II et «III Cacsarum residensque id est legatus « secundarius ad et apud Cardinalem In- « fantem Bruxellis quoad bic vixit undc « Hamburgi apud urbes anseaticas mor- » tuus insulis Flandrix in profectione ad «Leopoldum archiducem. »

Comme ce passage pourrait paraître un peu obscur , nous croyons devoir en donner ici une traduction beaucoup plus fidèle que celle que renferme notre Notice historique sur la famille de Wiltbeim : Dham, Hubert, de Bittbourg, après avoir accom-

pagné depuis Vienne jusqu'en Espagne le vice-Consul de l'empereur, fut nommé conseiller des empereurs Ferdinand II et III, et leur résident auprès du cardinal-Infant à Bruxelles, tant que ce prince fut dans les Pays-Bas; puis envoyé en la même qualité près des villes anséatiques avec résidence à Hambourg. 11 est mort à Lilleen-Flandre, pendant son voyage vers l'archiduc Léopold.

Bertholet, Pierret et Baersch disent qu'il mourut en 1643 ; les Viri illustres semblent admettre l'année 1642.

Viri illiulrri, III. N° «3t. - Niyb*. Notice kîatoriqae «or la famille de Wiltbeim. 82.31 et 39. — BcaTaoïcr, VIII, 190. — Nobiliaire dea Paya. Bai. Il' partie, II, 788. — Uactacaoca. — Picaaar, I , fol. LX1II. — Archhre» da Conseil provincial. — B«.tca, Eiflia illottrata, T. 111, para I, aeet I,

Dodo, Saint; v. AUDOVON , St.

DOENER , Adam, est né à Rodershauscn , commune de Hosiogen, le 15 avril 1802. Après avoir fait ses humanités chez son frère , alors curé de Hupperdange , il entra en 1821 au séminaire de Metz. En 1823 , à la séparation du pays de Luxembourg du diocèse de Metz pour être compris dans l'évêché de Namur il se rendit dans celui de cette dernière ville où il fut consacré prêtre et nommé d'emblée curédesservant de la petite mais bonne paroisse de Gymnée dans la province de Namur.

De Gymnée il fut transféré le 27 juin 1827 dans l'importante succursale de Dalheim au canton de Remich où il est mort le 7 janvier 1859, à l'âge de près de 57 ans seulement.

Entièrement dévoué au service divin et à ses ouailles il ne laissa échapper aucune occasion pour leur donner l'exemple de toutes les vertus chrétiennes et civiles. Ponctuel à remplir ses devoirs comme pasteur d'âmes il savait avec ce ton de persuasion qui entre si bien dans les vues de la morale évangélique corriger tous les abus qui se présentaient , comme avec une douceur sans faiblesse il ramenait les égarés dans le chemin de la vertu. Aussi

s'était-il acquis en peu de temps un tel amour chez ses paroissiens et un tel ascendant sur tous les cœurs , qu'il lui suffisait de leur manifester ses désirs pour que de suite ils les remplissent , les prévenant même souvent. Jamais il ne s'éloignait de sa paroisse si ce n'était pour des affaires indispensables ; il ne délogeait pas non plus de crainte disait-il , que sa présence devenant nécessaire il ne pût remplir ses devoirs pastoraux ; en un mol toute la vie d'Adam Doener ne forme qu'un enchaînement d'actes de vertu et de dévouement pour ses ouailles. Et pour ne citer qu'un exemple de son influence sur tous: lorsqu'en 1848 quelques turbulents voulurent tenter d'exciter des troubles il se présenta devant eux les exhortant à rentrer tranquillement chez eux , et parvint au bout d'une heure à les appaiser.

D'un autre côté, les fouilles que sous les auspices du Gouvernement la société archéologique de Luxembourg fit instituer dans le camp romain près de Dalheim fournirent une heureuse occasion au bon curé Dœncr pour donner de l'occupation à ceux de ses paroissiens qui n'avaient pas de travail: il les chargeait d'explorer le terrain et leur payait leurs journées. Par ce moyen il a hâté les travaux et puissamment aidé la société a conserver au Pays bien des restes précieux de l'antiquité.

Comme il possédait de vastes connaissances historiques il eut l'occasion d'entrer en relation littéraire avec un grand nombre de savants tant laïques que prêtres. Tous ses loisirs étaient du reste donnés à l'élude; et, dit-on, personne ne le vit jamais sans son bréviaire ou un autre livre à la main. Cet amour pour les connaissances fut d'un grand avantage pour la société archéologique dont il avait été nommé correspondant depuis la naissance de cette association (1846) ; car il fut un collaborateur zélé et instruit , résidant sur les lieux mêmes où se faisaient de si colossales recherches et de si riches découvertes.

Dœner avait lui-même réuni une belle collection de monnaies romaines trouvées au camp de Dalheim pendant les trente-

deux années qu'il y fut curé ; et il se proposait bien , dit-on , d'en faire cadeau au musée national si la mort ne l'avait prévenu avant qu'il n'en eût couché par écrit l'acte de donation : ses héritiers l'ont vendue à l'ancan.

A l'occasion de la pose solennelle , par S. M. le roi Guillaume III, protecteurné de la Société archéologique , de la première pierre du monument commémoratif au camp de Dalheim, le 28 mai 1856, le curé Dœner eut l'honneur d'offrir au Souverain les hommages de ses paroissiens et de lui laisser comme souvenir de sa royale visite un Valentinien en or trouvé non loin de là. L'année précédente S. A. R. la princesse Amélie des Pays-Bas avait de même daigné accepter de ses mains une bague romaine, également en or, pendant un dîner que cette Princesse et le Prince son époux étaient venus prendre chez lui.

Son acte de dernière volonté fut un nouveau témoignage do sa modestie comme de sa bienfaisance et de son amour pour l'avancement des bonnes études. Nous en

donnons ici un extrait : « Ich ver-

« mâche aile meine Buecber dem Seminar « von Luxemburg , einen silbernen Kelch « der Kirche von Rodershausen. — Ich ver- * mâche meinen Weier und den sic utn- «gebenden Garten der Kirche von Dal- «heim, unter der Bedingnisz dasz sie «jaehrUch drei Jahrmessen fuer mich und «meine Brueder Heinrich und Peter «singen lasse. — Ailes was die Fabrik der «Kirche von Dalheim mir bei meinem « Tode schuldig sein sotlte, ist derselben «geschenkt, sodasz keine Rechnung «braucht gemacht zu werden.— Ich be- «fehle dasz ich nur durch den Hrn.

« Dechauten von Remich begraben werde, «und dasz kein Begaengnisz fuer mich « gehalten werde.— Die Armen der Pfarre «erhalten am Tage meines Begraebnisses « 100 Fr. — Ich bitte meine heben Pfarr- «kinder 6 Sonntage nach meinem Tode « nach der Vesper einen Rosenkranz fuer «mich zu beten. Ich meinte es gut mit « ibnen. »

M. l'abbé Muller, Directeur de l'athénée de Luxembourg a composé son épitaphe en forme de chronogramme :

prVDbns paVIt oVbs CLarcs pIetatb sa-

[CbrDos ; solbrs IngbnIo CesarIs effIgIbs , pbrYIgIL hIstorI/E VbtbrIs sCrVtator

[oCeLLIs

LUstraVIt.

D'aprè* la ootlce ocerologïqoc do Pro frite or E»«. daoi: Publient de la Soc. arebéol. de Luieabourg, T. XIV, p. XIV, tq^<|. — Procès-verbal de la pose de la I" pierre du monument de Dalheim ; dana: Mémorial do Grand Ducbé , aaaée 1855, 11*

DOMMAL, Jean-Paul, est né à Luxembourg. Ce personnage nous serait resté intièrement inconnu sans la mention que le manuscrit des Viri illustres fait de lui ; et encore cette mention est-elle peut-être trop laconique : « Joannes Paulus Dommal « Luxemburgensis vice Tribunus Legionis « militum germanorum inde Commendans «Arluni eam urbem tenuissirno prtesidio « défendit contra Vice-Comitem Tonrnaia cum sat magno Exercitu eam invadenlem , « Seminarii Luxemburgensis fautor. »

Comme aucune date n'est ajoutée a l'article que nous venons de transcrire, on pourrait être très en peine pour découvrir l'époque où Dommal a vécu, et pour savoir de quel siège d'Arlon l'auteur a voulu parler. Mais une circonstance vient heureusement lever toute incertitude à cet égard : Dommal, outre qu'il a vaillamment défendu Arlon, a favorisé le petit-séminaire des Jésuites à Luxembourg. Or, cet établissement a été solidement constitué entre les années 1636 et 1640 ou 1650; et vers cette époque la ville d'Arlon n'a subi d'attaque qu'en 1647, au mois de septembre, où le maréchal de Turenne est venu en former le siège qu'il n'a levé que lorsqu'il apprit que le duc de Lorraine s'avançait pour le combattre. Turenne se retira à Mont-médy après avoir pris et pillé Virton ainsi que Mont-Quintin. Nous pouvons ainsi restituer également le nom du général ennemi, que l'auteur des Viri illustres avait

trop horriblement estropié cd Tournaicus, pour qu'il fût reconnaissable.

Oommal devient donc une illustration luxembourgeoise de la première moitié du dix-septième siècle.

Vint ill«*tre*, II, N» 173. - Jfntw d étadei. - D. Calmst, llittoire de Lorraine , III, col. 433.

DORION, Nicolas, est né vers l'année 1675. Après avoir fait d'excellentes éludes il prit le degré de Docteur en Théologie, s'engagea dans les ordres sacrés et devint curé de Ruelte, près de Virton. L'Histoire n'a conservé aucune particularité sur les faits et gestes de cet estimable ecclésiastique qui, relégué dans son village , aura passé sa longue vie dans l'exercice évangélique du Saint-Ministère, à prêcher la morale du Christ et à visiter les malades ; mais surtout à veiller soigneusement à l'instruction de la jeunesse. Et c'est particulièrement sous ce dernier rapport qu'il s'est rendu recommandable à la postérité : En effet, vivant à une époque ou généralement on n'apprenait pas même à lire, moins encore à écrire, le généreux curé Dorion entreprit de changer la face des choses sous ce point de vue, pour sa paroisse au inoins. Il flt construire de ses propres deniers de vastes salles d'école, séparées pour les garçons et pour les filles, car il appréciait les inconvénients attachés à la réunion des sexes , et laissa par son testament, de l'année 1768, les fonds nécessaires pour fournir à l'entretien de deux institutrices religieuses, chargées de l'enseignement des filles exclusivement. Par un autre acte du 28 avril 1750, il avait déjà, au moyen du legs de plusieurs immeubles et fonds de terre, pourvu au traitement d'un maître d'école qui doit être célibataire, pour l'instruction des garçons ; et aujourd'hui encore aucun fonds ne manque au village pour faire fleurir les écoles et les pourvoir du matériel nécessaire. Non content de cela, cet homme vénérable à tous égards, fit construire à neuf la belle maison curiale qu'on voit encore dans cet endroit, ainsi qu'une autre maison pour les vicaires-marguilliers.

Le généreux fondateur ayait disposé que l'administration de sa fondation et la collation des fonctions de maître d'école doivent appartenir au curé temporaire de Ruette, au Bourgmestre et au plus ancien membre en rang du conseil de fabrique de la paroisse.

Les ressources pour réaliser tant de bienfaits, le curé Doriou se les avait créées lui-môme par ses économies. Il fait la relation des moyens qu'il avait employés à cet effet , dans son testament de l'année 1768 dont nous reproduisons le passage suivant, pareequ'il constitue un véritable modèle de charité chrétienne et de philanthropie éclairée: «Ayant, dit-il, de- « puis plus de quarante années mûrement «examiné l'extrême et inexplicable conséquence qui est, que la jeunesse d'une «paroisse soit bien dressée et instruite, «mais surtout en la religion qui est la « source de tous biens , et le manquement «d'icelle aussi la source de tous maux, « et que selon l'oracle divin , l'on tient «ordinairement la voie que Ton a prise « dès sa jeunesse , comme on le voit par « les expériences journalières , et depuis « 46 ans que je réside en cette paroisse, «n'ayant, nonobstant tontes mes peines « et attentions , pu avoir le contentement « de voir la jeunesse enseignée selon mes

«intentions

« C'est pour ces raisons

«et dans ces vues que, m'e'iant réservé « et retranché dans tout et qui regarde ma « nourriture et habillement , par modéra- « lion extraordinaire , j'ai épargné et mis « en réserve ce qui était nécessaire pour « acquérir des biens-fonds et permanents, «requis pour cet établissement et pour « donner un entretien honnête et chrétien « au maître d'école , etc. >>

Là se réduisent nos renseignements sur le vertueux Nicolas Dorion; nous regrettons bien de n'avoir "pas été à même de donner à cet égard des détails ultérieurs. Nous ajouterons seulement, que ses paroissiens reconnaissants ont élevé à leur bon curé un monument modeste , mais qui ne témoigne pas moins de leur gratitude.

Ce monument consiste eo une inscription placée au haut du chœur de l'église paroissiale, et conçue en ces termes:

a la mémoirb db Sirb Nicolas D'Orion, Docteur bn Théologie, Curé de Riettb, décédé lb 21 Janvier 1769, âgé db 94 ANS.

Par l'économie des seuls revenus de sa Cure il édifia la maison curiate, jardins et dépendances, a bâti la maison des Vicaires et Marguilliers , ayant augmenté cette fondation pour l'éducation gratuite des garçons.

A laissé des fonds pour bâtir une mai" ton et pour l'entretien de deux maîtresses (f école chargées de l'éducation gratuite des filles.

Dirigé par des vues salutaires, il a employé son zèle pour améliorer l'éducation et préparer l'avantage des générations futures de cette paroisse.

Priez Dieu pour luy.

Noie* particulière!. — Renseignement* admioUtratif*. — Eipoaé de la «itoation administrative de la province de Luicmbourg, par le Goaverneur Taoaa, 1854, «7. aq ; et 1837.48. -Jonrnal officiel belge. I" (émettre de 1835.

DORVO, Hyacinthe-Madelaine , né à Rennes, en Bretagne, le 10 novembre 1768, mérite une place dans notre ouvrage parcequ'il a longtemps habité le village de Tintigny où il est mort il y a peu d'années. Dans sa longue carrière Dorvo ne s'est occupé que de littérature dans laquelle il a obtenu plusieurs beaux succès. On a de lui : 4" Le patriote du 10 août. — 2° Figaro de retour. — 3' La manie de se plaindre. — 4° La paix. — 5" L'après-souper de misanthrope et répentir. — 6° Vernon et Kergalek ; Toutes pièces de théâtre en trois actes et en vers. — V Les trois héritiers. — 8° Le faux député. — 9° Les jeunes femmes. — 40* Les querelles du ménage. — 44° La cousine Albert. — 42° Frédéric à Spaodau ; drame en prose. — 45° Les exilés en Sibérie , en prose. — 44° Je cherche mon

père; en vers ; Toutes pièces en cinq actes. — 45" Les parents. — 16° Le père ambitieux; eo vers. — / V La haine de Camille ; en prose. — 18° La mort de Duguesclin ; en 3 actes. — /P' L'envieux ; en 5 actes et en vers. Ces deux dernières pièces ont été jouées au théâtre français.

— Romans : 20" Mon histoire ou la tienne ; 3 vol. — 2i° Ainsi va le monde , ou les dangers de la séduction ; 4 vol. — 22* Plusieurs épitres, insérées dans : Les quatre Saisons littéraires et dans d'autres recueils.

— 25° La fausse orpheline; drame inédit. — 24" Poème sur la révolution française de 1 830 ; dédié à Louis-Philippe et imprimés Paris, en 1831.

Vinnitin, Dictioonaire de* homme* de lettre*, de* .avant* et de* artiste* de U Belgique, 39.

DUBOIS, Natalis ou Noèl, Docteur et Professeur-régent de Théologie, Président du Grand-Collège attaché à l'Université de Louvain, vivait pendant les deux moitiés du dix-huitième siècle. Il était natif de Durbuy, et eut, en 1708, l'honneur d'être proclamé primus à l'Université de Louvain. Nous ne connaissons absolument rien de sa vie si ce n'est son testament en date du 22 avril 1757.

Par ce document il établit que : à son décès il veut que tous ses biens généralement quelconques, meubles et immeubles, rentes, cens, etc, soient divisés en deux portions égales, dont l'une destinée à fonder au Grand-Collège de Louvain ou près de tel autre établissement du même genre qu'il pourra ultérieurement désigner en l'université de cette ville , deux bourses entières à la deuxième table, tant pour la philosophie au collège du Porc que pour la Théologie dans celui où la fondation sera établie, moyennant que chacune de ces bourses n'excède pas la valeur de deux cents llorins de Brabant, à payer hors des revenus des biens légués.

Seront préférés pour être admis à la jouissance les parents du fondateur descendants de ses grand-pere et grand-mère, s'ils sont capables , et ce jusqu'au cin-

quième degré inclusivement; et à leur défaut des jeunes gens du pays de Luxembourg , de celui de Stavelot ou de celui de Liège, selon l'ordre qu'il admet dans la désignation de ces contrées. Par les mots pays de Liège il entend le côté Outre- Meuse de ce pays , vers le Luxembourg et le pays de Stavelot. Pour obtenir ces slipendes pour l'étude de la Théologie, les boursiers devront être promus en philosophie, au collège du Porc: la jouissance pour la faculté de Théologie est fixée h cinq ans ; et h sept si le boursier désire prendre la licence dans cette branche des connaissances humaines.

Le fondateur dispose en outre que, pour le cas où les revenus affectés à cette fondation viendraient a dépasser les dépenses, le surplus servira à donner des gratifications jusqu'à concurrence de cent florins à de bons élèves promus de la faculté des arts a Louvain, ante médium totius promotionit, s'ils étudient la Théologie au collège où la fondation sera établie.

KoLra, Manne! de» foodatioo» die boursci d'étade»; 418, iqqq. — Mrtiager de» Micacé» biitorique» de Uaud; 30Ii Liste de» prias*» de Lottain.

de I4S8 à 1706.

Dubois Nicolas; v. S1LVIUS, JVÏcoto.

Dofawg, Gilles, v. FAING, Gilles du.

DUHAIVURLIN, Pierre-Joseph, né à Langlir , ancien élève de l'école polytechnique et ancien Bourgmestre de Vieil-Salin, se fixa plus tard à Houflalize. Duhaivurlin est auteur de : i* Considérations sur la perspective et le choix du point de vue;

Paris , Antoine BaiUeul. — i° Traité sur l'architecture du moyen -âge; avec 50 planches. — 5° Recherches sur l'origine de la dénomination de Couper s, donnée aux habitants d'une partie des Ardennes ; Paris, BaiUeul. Ces trois ouvrages, publiés entre 1804 et 1807, n'ont été tirés chacun qu'à cinquante exemplaires.

VuMaaM,**, Dictionnaire dr« homwe» de lettre», de* WTUto et 4ea «rtiatea de U Belriqae, €4.

DUMONT, Henri, né à Izel, se fit recevoir Docteur en théologie et devint curé de Virton où il mourut en 1620, avec la réputation d'un ecclésiastique exemplaire et d'un profond théologien. Dumoot n'a rien fait imprimer; cependant il a composé on très-grand nombre de sermons écrits avec onction. Tous ses moments étaient consacrés à sa paroisse , à l'étnde et à la prière. Le recueil de ses sermons est conservé par un de ses parents; ils mériteraient encore aujourd'hui de voir le jour malgré la profusion qui existe dans ce genre de publications. Le manuscrit des Viri illustres nous apprend enfin que Henri Dumont a fondé une bourse d'études dans un des collèges de Louvain : cette fondation existe encore.

Voici du reste l'article que l'auteur de cet ouvrage a consacré à ce digne prêtre : « 1620. Henricus Dumont ex Ixel pastor «in Vertonio S. Theologise D' fundavit «unam bursam Lovanii in Collegio.»

Viri Ulutre», I, IV* GO. — Note» communiquée». — Expeeé de la tituatiou d« Lmembourg belge; 1854 j 87.

Ecbternacu , Mathias d' ; V. MA- THIAS, dit d'Echternaeh.

Echtbbnach , Théodoric ou Thierry d'; v. THÉODORIC, dit d'Echternaeh.

Eckbnstbin ; Valderode, Jean et Pierre,

dits d'; v. VALDERODE, Jean et Pierre, dits d'Eckenstein.

EGIL, Egile, Egilo etEgilon, né de la maison des Wildgraves, comités sylvestres , fut élu vers 845 cinquième abbé de Prum, après le décès de M a renard.

Il a été de même, et conjointement disent quelques annalistes, chargé de la direction de l'abbaye des Ardennes, nommée depuis 817 de St.-Hubert.

La prëlatare d'Egil à Prum a été signalée par on événement remarquable, la prise de l'habit religieux par l'empereur Lothaire , le 22 septembre 855 , six jours avant sa mort. On prétend que cet acte fit sur l'esprit de cet abbé une si forte impression qu'il résigna peu de temps après sa dignité préférant vivre dans l'obéissance plutôt que de commander pour avoir plus tard à rendre compte de la manière dont il aurait gouverné ses religieux.

Rentré dans la vie commune , Egil pensait user le reste de ses jours dans la prière et dans l'étude, occupations pour lesquelles il ae sentait une propension bien plus grande que pour l'autorité et les grandeurs. Aussi sa réputation de savoir et de prudence, jointe à celle de son extrême humilité ne manquèrent-elles pas de s'accroître par cette retraite volontaire à un point tel que les rois et les princes se sont souvent empressés de venir le consulter dans leurs affaires les plus délicates.

Cependant l'assertion des continuateurs de Moreri, qui, s'appuyant sans doute sur le crédit qu'Egil s'était acquis, prétendent d'après Fteury et d'autres auteurs, qu'il assista en 860 k l'assemblée des prélats que le roi Lothaire avait convoquée à Aix-la-Chapelle pour donner un semblant-droit à son projet de dirorce avec la reine Tbietberge son épouse , n'est pas, pour cela, positivement établie. Il n'est guère à croire en effet, qu'un religieux aussi sage et aussi atLaché au Saint-Siège aurait consenti h être présent lorsqu'on se proposait de prendre des résolutions dont le scandale devait susciter un schisme déplorable dans l'Eglise. Elle n'est pas plus Traie que la première celte autre assertion qui dit que Egil fnt chargé par Lothaire et Cbarles-le-cbauve , après lenr entrevue à Attigny , d'être leur Ambassadeur commun à Rome, toujours dans l'affaire du divorce de Lothaire ; car si ce

dernier fait pouvait être établi , le premier ne le serait certainement pas, puisque leur réunion dénoterait chez ce grand homme une versatilité de caractère ou même une duplicité qu'il nous parait difficile d'admettre chez un personnage aussi instruit et aussi profondément religieux.

Quoi qu'il en soit, et cette circonstance de la vie d'Egil vient encore appuyer ce que nous venons de dire , le siège de Sens étant venu à raquer en l'année 865, par le décès de l'archevêque Vénilon , le roi Cbarles-le-chauvc l'y fit nommer. On dit que le Pape Nicolas ne voulut d'abord ni confirmer ce choix ni envoyer le palliura au nouvel élu, se fondant sur ce qu'Egil avait été tiré d'un monastère et qu'il était prêtre étranger au diocèse, deux circonstances contraires aux canons. Cependant à la fin , les vives représentations qui furent faites au Souverain-Pontife sur les mérites transcendants et la sainteté de la vie d'Egil finirent par le faire revenir de sa première détermination ; et la confirmation de l'élection fut donnée avec le pallium, à la condition expresse néanmoins, ajoutent quelques auteurs, que le nouvel archevêque conserverait pendant son épiscopat toutes les pratiques de la rie monastique qu'il avait embrassée.

Egile vécut encore seize ans environ.

Il les passa à édifier ses ouailles par l'onction de ses prédications, par la pratique la plus exemplaire de ses fonctions épiscopales et par les sages règlements d'administration qu'il introduisit dans son diocèse. Il est mort en l'année 869, et a, dit Bertholct, été inscrit au catalogue des saints. Il fut, paraît-il, enterré à Prum, puisque une tombe placée à côté de celle de Marquard (v. ce mot) son ami et son prédécesseur, portail l'épitaphe suivante :

hic patee et natc8 bbcdbant Mabquaedds et Egil.

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