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Lorsqu'en 1521 on ouvrit son tombeau on lui trouva une mitre en drap d'or fort belle, des gants ornés de boutons d'argent, un anneau d'argent doré avec un doublet, un calice , une tunique , une dalmatique, des sandales et une croix de plomb suspendue au cou , avec cette inscription :
a Anno domini millesimo ducentesimo « nonagesimo septimo obiit Dominus Phi- <t lippus Metensis Episcopus et Thesaura- «rius magnee Ecclesice, decimo tertio Ca- « lendas Januarii, dietus de Flore hanges.»
Maoaiaaa, Hittoire des Efeaquea de l'Egliie de Metz, 407 à 471. —La* BiKtoicTi» os 8* Viau, flistoire générale de Metz, II, 433 1 438. — Bicir, Hutoire des Duebéa de Lorraine et de Bar, etc-,
I, 131, aqqq. — Hcoocain, Le* cbroniqnea de la ville .!<■ Mrtx, 32, sq. — D C*mkt, HUtoire de Lorraine,
II, ab aano 1260 ad 1804; et BiblioUtèqoe lorraine. — Tellot, Mcraoirc» manuscrit* — Li ll«noi Emmanvmv n'AuAar, Notice sur Florangr; Elirait de la Berne d'Auatraaie. - Pinair, III. - Notei d'étadet.
FOGEL, Jean, est encore un de ces personnages sur le compte desquels les données historiques nous font défaut. Aussi nous contenterons - nous de transcrire le passage qui le concerne du manuscrit des Viri illustres : « Joannes Fogel de Weyler « zum Tburn Dominus in Bettenburg etc.
« Tribunus mililum slrenuus in Hungaria « sub Carolo V. scpultus in Bettenbourgh « der Edel Joes Fogel, etc. »
D'après cet article nous pouvons établir que Jean Fogel naquit à Weiler-la-Tour et florissait entre les années 1516 et 1556 pendant lesquelles l'empereur Charles- Quint a régné. El , en rectifiant la faute <l«> copie qui s'est glissée dans le manuscrit ri-haut cité et où il est écrit Dettembourg pour Bkttemdorf, il nous a été possible de
préciser l'année du décès de ce capitaine distingué. En effet , il se trouve dans l'église de ce dernier village une sculpture représentant un chevalier de grandeur naturelle et armé de toutes pièces, avec l'inscription mutilée qui suit :
IM IAR 1566 IST IN GOT VERSCEIDEN DER edEL jANS vO GEL VON WEILER ZOM TORE HER ZO BETENDORFF VND BE1S : | : | .
Le reste est effacé comme les lettres que nous avons intercallées entre les majuscules.
Viri illnatrea, II, M« 1 73. — Benaeignenenta adminiatratif*. - Note* d'étude*.
FONTAINE, Bertrand, curé à Froid- Ueu , commune de Sohier au canton de Wellin , a fondé par testaments du 10 et du 15 décembre 1746 trois bourses d'études chacune d'un revenu annuel de cinquante écus du Pays. Ces bourses ont, dans le même acte , été constituées en faveur d'étudiants peu moyennés du pays de Luxembourg ou de celui de Stavelot, pour en jouir pendant cinq ans , dont deux en philosophie et trois en théologie. Elles étaient attachées à la ville de Louvain , une au grand collège , la seconde au petit collège et la troisième à l'institut que le fondateur nomme Standonck.
J. P. Kolti . Manuel dea fondation* de bonne* d'étnde; p. 4M, sqq.
FONTAYNE, Joseph- Louis -Mathieu, comte d'Harnoncourt et marquis de la, né vers 1730 au château d'Harnoncourt, canton de Virton , prit le parti des armes sous les drapeaux d'Autriche et parvint successivement au grade de général de cavalerie, propriétaire d'un régimeot de cuirassiers , commandant général de la Pologne autrichienne et vice -commandant des ville et forteresse de Vienne. Le général de la Fonlayne prit part aux cam-
pagnes qui signalèrent la fin du siècle dernier et celles de la première dixaine d'années du courant. 11 était aussi chambellan de la cour de Vienne et mourut à Harnoncourt, le 30 juillet 1816. Il repose dans réglise de La mort eau sous une tombe en marbre avec ses armes et une épitaphe qui retrace ses titres.
De la Fontayne-d'Harnoncourt, ancienne maison de Lorraine, porte: d'or, à deux bourdons de sable en sautoir, brisé d'une coquille de même en chef.
IteueigaemenU officiel* <t adaaiaUtratifs.
FOULQUES, Fulco, religieux et préchantre de l'abbaye de St. Hubert, est cité dans le Cantatorium comme très-habile dans l'enluminure des lettres capitales ainsi que dans la gravure sur bois et sur pierre. Il acquit en outre de la réputation comme sculpteur et comme ciseleur, mais surtout dans la peinture en miniature. Il florissait pendant la première moitié du onzième siècle (1027).
Db Bomoix m Smwoy, «dit ion do. Cantatoriaai m Cfaroaio«e de l'abbaye de SI. Hubert. §. t«. - O m Rco-av-LiÉTBB, Biographie liégeoise, I, 47.
FRANCK , Jean, religieux de l'abbaye d'Echlernach, a composé l'ouvrage suivant : Tbctomci Joannis Summa Confessionis fidei, cum commentario Sanct. Raimundi super textum Decretalium et summa Confessorum. Cette œuvre, volume in folio, manuscrit sur papier, de l'année 1200, est conservée à la Bibliothèque de Luxembourg.
Est-il nécessaire de faire observer que dans le titre de ce manuscrit le nom de rauteur est latinisé en : Joannes Tbotonices, pour Franck?
Classa, Catalogue de la Bibliothèque de Laxemhoorgj 361 et 300.
FRANCK , Pierre-François, est né au village de Villers-la-bonne-eau dans le canton de Sibret, et florissait pendant les deux moitiés du dix-huitième siècle. Il était fils de pierre Franck de Surré et d'Anne Schaack du moulin d'Oeil, les-
quels époux s'étaient établis au village de Villers-la-bonne-eau.
Pierre-François Franck obtint la prêtrise et devint chanoine du chapitre de St. Vincent à Soignies , province dn Hainaut. Noos ne connaissons absolument rien sur ce personnage , si ce n'est la fondation de deux bourses d'études qu'il constitua sous forme de codicile, par acte reçu par le notaire Tbilmany de Bouiaide , en date du 28 juillet 1767. Ces deux bourses, que nous avons lieu de croire perdues , le fondateur les nommait la petit» et la grande.
La première, au capital de quatre cent cinquante écus assis sur des dîmes, devait servir pour l'étude des humanités, pendant cinq ans, c'est-à-dire jusqu'à la fin de la rhétorique, dans un établissement an choix du boursier.
La seconde, qui était annexée au collège d'Arras , à Louvain , avait un capital de quatorze cent soixante treize écus ou 7791 frs., 53 centimes. Le boursier, qui était pensionnaire au collège d'Arras, payait quarante couronnes ou 232 francs pour sa table. Il devait avoir achevé la rhétorique et pouvoir entrer en philosophie. La durée de la jouissance était fixée à deux ans ponr la philosophie , pois cinq ans pour la théologie , ou bien quatre pour la médecine et autant pour le droit , suivant que le bénéficier se décidait à l'étude de l'une ou de l'autre de ces trois branches des connaissances humaines.
Les présentateurs sont dénommés ; pour la petite, son neveu, fils de sa sœur; ponr la grande, son autre neveu, fils de son frère aîné et leurs descendants.
Le curé temporaire de Villers-la-bonneeau est établi collateur. Les présentateurs, qni sont chargés du placement des capitaux et de la rentrée des revenus , perçoivent respectivement pour chaque présentation un Louis de cinq écus ou 23 frs ; et quarante six francs. Le collateur obtient dans les mêmes cas une couronne (S frs. 80) pour l'une, et 19 sols (1 fr. 52) pour l'antre.
En reconnaissance dn bienfait les boursiers sont tenus de réciter toutes les semaines le chapelet et le psaume De profundis pour le repos de l'âme du bienfaiteur et de celles de ses parents. Lorsqu'ils sont devenus prêtres ils doivent dire annuellement trois messes , aux jours indiqués, et cela pendant autant d'années qu'ifs ont joui du stipende ; lorsqu'ils obtiennent une cure ou un canonicat ils doivent au bout de trois ans de jouissance de leur bénéOce , verser cinquante écus ou 230 francs pour augmenter la dotation de la petite bourse.
Ces deux bourses sont destinées aux plus proches parents du fondateur , tant du côté paternel que du côté maternel.
A degré égal , le postulant le plus avaucé est préféré.
Pour obtenir la grande, le prétendant doit être en état d'entrer en philosophie.
Si aucun parent ne se trouvait qui fût assez avancé, la grande peut être donnée, mais par moitié seulement, pour les humanités avec permis de fréquenter tel collège qu'on voudra : dans ce cas la moitié restante du revenu de cette grande bourse servira à augmenter le capital de la petite.
Lorsqu'aucun parent ne se présentera, elle sera donnée à un étudiant de la paroisse de Villers-la-bonnc-eau , mais seulement pour deux ans de philosophie à Louvain ; et à défaut d'un paroissien, sous la même réserve toujours, au plus pauvre étudiant en rhétorique du collège de Luxembourg.
Finalement , pour pouvoir continuer a toucher les revenus de chacune de ces deux bourses, il faut que les boursiers présentent tous les ans au collateur des certificats d'études assidues et de bonnes vie et mœurs , délivrés par lé Directeur de l'établissement ainsi que par le ou les maîtres ou professeurs.
AGn d'établir les droits respectifs à l'obtention des bourses susdites, le fondateur établit sa généalogie comme suit :
11 a un frère, Nicolas, qui lui-même est père d'un flls, Pierre-François, demeurant
à Baschleiden. II a aussi une sœur, Anne- Marie , épouse de Nicolas Renier , a Arsdorf, lesquels ont un ûls, Jean-Nicolas. Finalement, il a un autre frère, Dominique, pour lequel aucune alliance ni aucune postérité ne sont indiquées.
Comme la date de cette fondation n'est pas ancienne, il sera encore facile aujourd'hui d'établir la filiation entière. Pour les capitaux, il n'y aura certes pas non plus de difficulté bien grande pour s'assurer s'ils sont perdus ou s'ils peuvent être récupérés, ayant été affectés sur hypothèque. L'acte de fondation même se trouve eu l'étude du notaire Arendt, à Wiltz, Protocole Thilmany, année 1767, N" 1.
Nous nous sommes étendus à cet égard dans l'espoir que si ces lignes tombent entre des mains intéressées, on puisse faire les recherches nécessaires afin que les bonnes intentions du fondateur soient remplies en procurant à une famille entière les moyens de se tirer de la bourbe de l'ignorance.
Protocole du notaire Thilmany, de Bonlaide.
FRANCK, Vincent, né à Vianden, vivait pendant la première moitié du dixseptième siècle. Il avait embrassé l'ordre de St. François. Le manuscrit des Viri illustres porte sur ce zélé religieux le passage suivant qui résume toute sa biographie : « Vincentius Franck Viandanus, Ca- « pucinus, fundator monasteriorum sui or- « dinis Francofurti et Ascbaffenburgi ex « corrogalis a se Eleemosinis, mortuus est «et sepultus in Neuerbourg prope pa- « triam. »
Viri illuitrec. I, N° «4. -Wivo. Histoire de Vianden, SOS.
François de Luxembourg - Ligny ; v.
LUXEMBOURG-LIGNY, François de,
FRANÇOIS , dit d'Yvois, du lieu de sa naissance, est rappelé dans la Biographie de cette ville pour l'ouvrage dont voici le titre : Avertissement ez trois estats du monde sur anciens péchés qui y régnent et de leur prochaine punicion en en suivant
aulcunes prophéties et prognoslications, et déclarant leurs ménaces et les commutations que Dieu a fait et démontré par la naissance de ung monstre né à Ravenne le 6 mars de fan 1512, avec la description et figure de ce monstre. Valence, in fol., chez Jean Belon.
Nous n'avons aucun renseignement ultérieur sur ce personnage.
Ds la Habt, Annales civile* et religieuse» d'Yvoii- Oariçnmi. 416. — Lacboix ou Mari, fiibliolhèqae française, I, S87. — Histoire eeelésiastiqae et Ultëraire
Frédéric de Neuerbourg; v. NEUER- HOURG, Frédéric, seign. de.
FRÉDÉRIC , né des ducs de Lorraine souche de la maison de Bar, se voua dès son enfonce a la vie religieuse au monastère de St. Hubert en Ardenne, où, paraitil, il a fait des études profondes, puisque vers Tannée 929 il fut appelé à Metz pour servir de conseil à son neveu, Adalbéron I, quarante-sixième évêque de cette église, qu'il aida pendant quelque temps à diriger son diocèse et à y rétablir la discipline. Plus tard Frédéric, plus amateur apparemment de la tranquillité du cloître que de l'agitation de la cour et des tracasseries dans les affaires publiques, se retira de nouveau à l'abbaye de Gorze où florissait alors une régularité extrême, et se livra sans partage à la prière ainsi qu'aux exigences de La règle qu'il avait embrassée. Il y devint prévôt ou bien prieur. Biais il ne demeura pas longtemps dans ce monastère, car Hildrarde , onzième abbé de St. Hubert étant mort vers 936, les religieux l'élurent pour leur abbé et vinrent le supplier de revenir parmi eux afln de les diriger dans les voies du salut. L'évéque Richard de Liège joignit ses instances à celles des moines et parvint enûn à vaincre
la répugnance de Frédéric pour le commandement : il retourna donc dans le monastère où il avait prononcé ses vœux et le gouverna, disent les annalistes, avec une douceur exemplaire, mêlée à cette force de caractère qui convient si bien pour maintenir dans une communauté nombreuse l'esprit de discipline si nécessaire afin de conserver et d'affermir l'observance religieuse. L'abbé Frédéric fit reconstruire les murs d'enceinte de son abbaye et les flanqua de tours.
Invité par l'abbé de St. Maximin à venir assister a la consécration de la nouvelle église de ce monastère , parce que l'ancienne avait été détruite par un coup de foudre, Frédéric se rendit à Trêves en 942. Il y tomba malade, mourut dix jours après la cérémonie et fut le premier mort qui a été inhumé dans cette église neuve.
BnmuT, II, 5S7 ; et P. J. XIV. — Db kWm.x sb 8ocbot» ëdiL du CanUt»ri«m, St. — MevaiaiB, Iliitoire des Evesquet de MeU, 509. — Les BibSbic- TlBS, Iliitoire générale de MeU, II, SS, •<{.
FRIBURGER, Matkias, né à Sarbourg, vivait pendant le quinzième siècle. Après avoir fait ses études à Heidelberg et y avoir reçu le titre de Maitre-ès-arts il vint professer à Erfurt et s'adonna en même temps à l'étude du droit. Il était déjà avancé en âge lorsqu'il alla prendre à Bonn le grade de Docteur en droit canon qu'il vint ensuite enseigner à Trêves, à l'époque de la création de l'Université de cette ville en 1472. Il parait que plus tard il quitta encore cette chaire pour retourner h Bonn où il est mort.
Geita TrerirorasB, II, AnnoUtiones, 89.
Fclco dt Grevenmacher; v. GREVEN- MACIIER, Fulco de.
Fclco de St. Hubert; v. FOULQUES.
GADER1US, ou Gauderius, Henri, est né à Sterpenich non loin d'Arlon, pendant Ja seconde moitié du seizième siècle. Son nom, latinisé suivant la mode d'alors, doit être rendu par Goder, Gauder , d'où sans doute les Cauder de nos jours. Cependant nous nous voyons engagé à consigner ici une observation ultérieure, qui peut avoir son importance : Dans son testament, Henri Gaderius signe Henricus Sterpenich , non Gader. Il parait que par là il a voulu suivre l'usage reçu à cette époque où l'on avait coutume de se dénommer par son endroit natal , non par son nom patronymique.
Voici ce que l'auteur du manuscrit des Viri illustres dit de ce personnage : « 1636. « Henricus Gaudcrius ex Sterpenich pago « propè Arlunum S. Théol. Licentiatus ex » parocho in Kœrich ubi nobilem sedificavit c< sumptu prope suo Ecclesiam Parocbus in « Sterpenich patria sua , seminarium colle- <> gii Luxemburgensis scripsit Haercdem ex «asse fueratque is 10,000 aureorum si per «pacem licuisset frui, duae tamen Burae k ex eo fundata? , fundavit etiam scholam « et altare in Sterpenich ante quod sepul- '» tus. »
Henri Gaudcrius ou Cauder, après avoir terminé ses études à l'université de Louvain où il prit le grade de licencié en théologie, devint curé à Kœrich dont il fit reconstruire l'église, presqu'exclusivcnient à ses frais, dit l'ouvrage auquel nous avons emprunté le passage que nous venons de transcrire. Cependant nous devons faire observer qu'il ne peut s'agir du superbe temple monumental que l'on voit de nos jours dans cette localité , puisque ce dernier ne date que de 1727 à 1791 , comme l'indiquent .les différents milésimes qui y sont incrustés. Celui-ci a du reste été élevé hors du produit du tiers de toutes les dîmes de la seigneurie pendant soixante-
quatre ans, lequel tiers la fabrique avait le droit de percevoir. Nous voyons en effet, pour prouver cette assertion d'une manière péremptoire, l'inscription suivante placée à l'entrée même de l'édifice actuel : «Exstructa est ba?c Ecclesia curà Reve- «rendi Pastoris Joannis Pétri Nœngels « Expensas fabricà suppeditante. »
Quelque temps après, Gauderius, devint curé de son endroit natal et il y resta jusqu'à l'année de sa mort. En 1636, pendant la guerre entre l'Espagne et la France, il se retira chez son parent, Jean Reding, à Arlon, afin d'échapper au tumulte des armées qui ravageaient le pays. C'est là que la peste le surprit et l'enleva le 10 mai, veille de la Pentecôte de la même année.
Il avait fondé à Sterpenich même une école et un autel dédié k la Ste. Vierge du rosaire, auquel il avait attaché un bénéfice d'altariste, et devant lequel il voulut être inhumé.
Gauderius fut un des premiers à former le projet de constituer des bourses d'études en faveur du séminaire futur des Jésuites de Luxembourg; et en effet il avait déjà fait en 1609 un legs de trois cents écus pour l'entretien d'étudiants pauvres au collège de cette ville. Il avait renouvelé cette fondation en 1624 et l'avait augmentée en 1629, lorsque en 1631 il fit l'application de ses diverses donations au séminaire futur des Jésuites. Il se rendit à cet effet à Luxembourg et y fit dresser son dernier testament, le 26 avril de la même année, au monastère même des Jésuites.
D'après cet acte, l'intention du fondateur parait avoir été de léguer un capital considérable pour favoriser l'instruction de la jeunesse. En effet il portait primitivement institution de douze bourses d'études dont six de cent florins à vingt sols chacune
étaient affectées à des étudiants en théologie et les six autres, de cent florins à dix sols, c'est-à-dire de moitié moins considérables , en faveur d'élèves qui se destineront à d'autres branches des connaissances humaines, le toot sous la direction des Jésuites de Luxembourg. La préférence devait être accordée aux parents du fondateur pourvu qu'ils fussent peu moyennés.
A leur défaut à des paroissiens de Sterpenich ou de Kœrich, aptes aux études; ou bien enfin, à défaut de ceux-ci, à des sujets originaires du Quartier allemand da Pays de Luxembourg à l'exclusion absolue de ceux du Quartier wallon et du Comté de Chiny.
Les biens qui étaient destinés à former le capital de ces bourses consistaient principalement en créances réparties sur des habitants de plusieurs villages. Mais la guerre qui avait dévasté et ruiné ces contrées vers cette époque, de même que la peste qui régna en même temps, avaient enlevé plusieurs familles entières et parmi elles un grand nombre des débiteurs du curé; de façon que la valeur réelle des douatioDs de Gauderius n'a jamais pu être bien connue, parce que en outre, la mort avait enlevé ce respectable ecclésiastique avant qu'il eût pu remettre aux Pères Jésuites les titres de sa fondation avec toutes les pièces y relatives. Ajoutons encore à cela la circonstance que, de son vivant encore le curé Gauderius avait chargé son neveu, le vicaire Jean Reding, de la recette de ces revenus; mais celui-ci mourut à son tour sans avoir rendu ses comptes. De plus ses registres se trouvèrent comme abandonnés et dans un désordre complet, puisque on les retrouva quelque temps après dans les rues d'Arlon, d'où on les rapporta au collège de Luxembourg. Far le concours de toutes ces circonstances fâcheuses de guerre et de maladie, jointes à la négligence des premiers administrateurs, cette fondation qui devait être si riche, se trouva déjà dès son origine réduite à des proportions très-humbles, puisqu'on n'a su en conserver qu'à peine
une seule bourse sur les douze qui avaient été constituées.
Cependant à force d'économie et d'une sage dispensation de ces revenus depuis 1818, l'administration des bourses attachées à l'Athénée de Luxembourg est parvenue à procurer à la fondation Gauderius un capital rapportant annuellement 488 francs et 48 centimes qui ont été répartis entre deux boursiers percevant chacun 232 francs 80 centimes (arrêté royal grandducal du 28 août 1848).
Viri illoatrea, I, N* 69. — Naara, Diuertatioa iar le» bonnet d'étude* ; «Uni: Programme de l'A tkéoée, 1047, X, et XV, Paqvct, 64.— Mémorial législatif et admiaistratîf da lirand • Dacké de Laxem- Wg, 1848, 603. -Notes d'étodes. - Rea*cigu<meoto foarni» par M. le Doyen G««r*a. de Keericb.
GANGLER, Jean- François , est né à Luxembourg, le 4 juillet 1788. Il fit ses premières études humanitaires à l'école centrale de la même ville, puis au mois d'octobre 1804 il entra au lycée de Metz. Parvenu à l'âge de la conscription militaire en 1807, il fut obligé de partir pour l'armée. 11 fut incorporé dans le 4* régiment d'infanterie légère dont il alla rejoindre le dépôt à Paris. Au mois d'octobre il a franchi la Bidassoa avec le bataillon de guerre qui a fait partie de l'armée expéditionnaire du Portugal sous le commandement de Junot, et it s'y distingua dans plusieurs rencontres au point que ses certificats et états de service, s'ils avaient été connus de l'Empereur lui auraient fait obtenir l'étoile de la Légion d'honneur. Mais les démarches nécessaires furent négligées dans le moment opportun, ou elles ont peut-être été mal dirigées; et plus tard ces papiers ont été perdus pendant les désastres ; de façon qu'il semblait n'y avoir plus à penser à la récompense dûe à son courage lorsque Napoléon III, nous ne savons sur quels rapports , lui a décerné en 1850 cette distinction des braves, en souvenir de ses faits d'armes en Portugal.
Congédié en 1809 d'une manière trèshonorable et avec le rang d'adjudant-sousofllcier, à cause de deux blessures qu'il
avait reçues en 1808 à la bataille de Vinciro, et qui lui rendaient le service impossible, Gangler fut nommé lieutenant dans le bataillon d'élite de la cohorte du département des forêts. Appelé peu de temps après à Prague comme professeur de langues et de littérature, il séjourna dans cette ville de 1810 à 1813.
Après la bataille de Culm les hôpitaux et plusieurs bâtiments publics ayant été encombrés de blessés et de malades, il s'installa de son autorité privée dans un ancien couvent transformé en ambulance et consacra tous ses soins ainsi que toutes ses ressources aux braves français qui y gisaient sur le sol, faisant tour à tour le chirurgien et le quêteur. Cette conduite philanthropique a achevé de le perdre dans l'esprit du gouvernement autrichien et de la population de Prague exaspérée par de récents succès contre les sujets français en général et contre lui en particulier. Il fut forcé d'abandonner le pays : le 7 décembre 1813 il quitta la capitale de la Bohême qui lui avait présenté de grands avantages et où son avenir paraissait assuré.
Après avoir erré pendant cinq mois à travers les armées des alliés et couru mille dangers il a enfin revu ses pénates au commencement de mai 1814.
Il avait occupé dans sa ville natale différents emplois en sous-ordre lorsqu'en 1831 il fut nommé commissaire de police de Luxembourg , fonctions de la plus exquise délicatesse en tout temps , mais qui l'étaient devenues bien davantage à cette époque où la révolution belge qui venait d'éclater , enceignait la ville qui elle-même comptait beaucoup de partisans du régime nouveau. Cette position était rendue plus difficile encore par la circonstance de la présence d'une garnison fédérale et étrangère qui n'était pas toujours en harmonie avec la bourgeoisie. Gangler sut par sa prudence et par son tact éviter tous ces écueils tout en rendant à l'État les services que ce dernier était en droit d'exiger de lui; aussi le roi de Prusse, appréciant les hautes qualités du commissaire de
police de la capitale, lui avait-il décerné en 1 839 l'ordre de l'Aigle rouge.
Gangler comptait aussi parmi les littérateurs distingués , mais surtout parmi ceux du Luxembourg : la petite brochure qu'il a publiée vers 1841 sous le titre de : Kotrblumen um Lamperbièreg geplekl, vol. in 12, est là pour attester d'un vrai talent poétique. On sait que les pièces détachées dont ce petit volume se compose sont écrites en idiôme luxembourgeois :
Elles renferment une infinité de pensées dites avec grâce et de vers supérieurement harmonisés. Gangler a aussi fourni aux journaux plusieurs morceaux de vers en langue luxembourgeoise. Mais son œuvre principale et qui est digne de figurer dans toutes les bibliothèques à côté des Lexiques linguistiques les plus renommés , est sans doute son : Lexicon der luxemburger Umgangssprache , wie lie in und um Luxemburg gesprochen wird, mit hochdeutscher und franzœsitcher Uebersetzung und Erklcerung von J. F. Gangler. Luxembourg 1847 ; un vol. in 8° de 495 pages pour lequel le Rdi des Belges lui a décerné en 1849 une médaille d'or de grand module ; et la même année , la société archéologique de Luxembourg lui remit le diplôme de membre correspondant. En 1854 enfin, il fut nommé membre de la société de littérature néerlandaise à Leyde.
Gangler est mort subitement le 13 mars 1856, victime de sa sensibilité : il accompagnait le convoi funèbre d'un de ses anciens frères d'armes, lorsque l'impression que lui faisait cette lugubre cérémonie détermina chez lui une attaque d'apoplexie foudroyante qui l'emporta en peu d'heures. Il était âgé de 68 ans.
Souvenirs contemporain* --RenicignemenU fourni*. — Etat civil de la Tille de Luxembourg.— Publication* de la Société archéologique de Luxembourg. 1086, XII, p. V. go,.
Gauderics, Henri; v. GADERIUS, Henri.
Gacgbricus, St.; v. GÉRY, St.
Gbangou de Ralingen; v. EICHORN, Geangou.
GE ISEN, Jean-Henri-François- Jacques- Charles de, né le 30 mars 1737 , à Luxembourg, chevalier héréditaire du Saint- Empire, était Gis de Réné-Louis, Chevalier de Geisen après la mort de ses deux frères aînés et de Jeanne de Blochausen. Il se titrait de seigneur de la Marc-Vogtey de Diekirch , de Bettingen , Sprinckange et Limpach ; et entra au service d'Autriche où il lit avec distinction la guerre de sept ans. Il se retira de l'armée après avoir reçu plusieurs blessures et avec le grade de major au régiment des dragons du Prince Eugène de Savoie. En 1778 il épousa dame Victoire-Dieudonnée , vicomtesse de la Fontayne, comtesse d'Harnoncourt, d'une ancienne famille de Lorraine, née à Sorbey près de Longtvy, et qui lui survécut de cinquante-quatre ans, n'étant morte que le 15 janvier 1848, a l'âge de 97 ou suivant d'autres de 99 ans, sans laisser d'enfants.
J.-H.-F. -Jacques-Charles de Geisen est décédé le 4 mai 1794 à l'âge de 57 ans. Il repose dans une chapelle latérale à gauche, dans l'église de Limpach , sous une tombe en marbre noir avec ses armes et portant l'inscription qui suit:
Ci -gît
JEAN-CHARLES, CHEV. DE GEI- SEN , SEIGNEUR DE BBTTINGBN, LlMPACH,
Diekirch , etc. etc. , décédé a Luxembourg, lb 4 mai 1794.
Pendant lb cours db sa carrièrb avant rempli constamment lbs devoirs
D'UN BON CURÉTIBN, d'un HOMMB d'hon- NBURj CHARITABLE POL'R LES PAUVRES, IL EST REGRETTÉ D'EUX ET DE SBS NOMBREUX AMIS.
Priez Dieu avec sa veuvb pour lb