REPOS DB SON AME
Par son testament en date du 28 avril 1847, Madame la douairière de Geisen a abandonné à la ville de Luxembourg son hôtel, rue du curé, pour servir à
toujours de demeure au chef temporaire du clergé du Grand-Duché, et à la condition qu'elle ne reçoive aucune autre destination.
La famille de Geisen, éteinte aujourd'hui, était ancienne et originaire du Luxembourg. Elle a été pendant plusieurs siècles inféodée à Bittbourg où elle possédait nne tour , et portait : écarteté, aux 1 et 4 d'argent à la bande de gueules, qui est Geisen franc ; aux 2 et 3 d'argent, à la fasce de gueules , chargée de 3 croiseltes d'or, et accompagnée de trois fleurs de lys de gueules, 2 en chef et une en pointe, qui est Schellart, une de ses alliances. Heaume surmonté d'une couronne perlée. Cimier: un vol plein d'argent et de sable, à la croix d'or. Supports : deux lions d'or.
Arckire* de Burgh-Esch. — B.saitB, Eli fi i a illiutra- U, II. i. 155, »<]<{<i' — Note» d'études. — Renseigne-
GELLÉ, Jean-Baptiste, est né Le 23 juillet 1777, à Créhange, village qui dépend aujourd'hui du département de la Moselle.
Il n'avait que neuf ans lorsque son père, honnête marchand mais peu favorisé de la fortune, amena en 1786 sa famille à Luxembourg où dès l'année suivante il acquit le droit de bourgeoisie par l'effet de son affiliation k la corporation des marchands de cette ville.
Gellé entra bientôt après au collège de Luxembourg où il fit ses humanités. Arriva sur ces entrefaites cette époque de triste mais de significative mémoire, où la France, lusse du régime féodal avec ses criants abus chercha à se rajeunir en tentant de bouleverser l'Europe... Gellé venait de terminer son cours de philosophie lorsque l'armée française étant entrée dans la ville de Luxembourg par capitulation du 5 juin 1795, tout l'ancien ordre des choses y fut radicalement remanié pour le plier suivant les lois de la République une et indivisible qui avait pris pour dévise : Liberté, Egalité, Fraternité. Le service de
la municipalité ayant été organisé d'après les errements nouveaux, Gellé en fut nommé secrétaire-adjoint (1er novembre 1796). 11 occupa ce poste jusqu'au 1° octobre suivant où il fut admis en qualité de commis dans l'administration centrale dans laquelle il fut quelque temps après nommé chef de bureau : C'est par ces modestes emplois qu'il commença sa longue carrière publique dans laquelle il n'a avancé qu'en passant par tous les échelons et qu'il sut si honorablement fournir par son zèle infatigable ainsi que son esprit d'ordre.
Il avait à peine vingt-trois ans lorsqu'il devint chef de division à la Préfecture du Département des forêts, lequel dernier était pour lors trois fois au moins aussi étendu que le Grand-Duché actuel, et chargé des affaires domaniales qui à cette époque étaient très-importantes et très-épineuses à cause des innombrables questions qu'elles soulevaient à chaque instant, dans ces premiers moments où une infinité de biens dits de main-morte étaient passés à des particuliers qui même en avaient aussitôt revendu une partie à des tiers, ignorant les servitudes comme les droits nouveaux. Mais Gellé, avec son dévouement sans bornes à son service, joint à une infatigable assiduité eut bientôt fait une étude approfondie de la matière, et ce à un tel point que plus d'une fois dans cette branche d'administration qui était neuve encore, ses vues eurent l'honneur d'être goûtées par le Conseil d'Etat de Paris, composé comme on sait de l'élite de la science, et changées en décisions générales ou législatives.
Il occupait encore ces fonctions à l'époque du grand cataclysme qui amena la chute de Napoléon I" et le départ des Français. A ce moment des offres trèshrillantes furent faites à Gellé par le Préfet Jourdan afin de l'engager à le suivre en France. Mais il aimait trop sa patrie adoptive pour consentir à la quitter j et il resta à son poste où les alliés le trouvèrent au mois de mai 1814: ils l'y conservèrent.
Lorsqu'une année plus tard, 1815, le
Luxembourg fut annexé au royaume des Pays-Bas et que Willmar (v. son art.) en fut nommé Gouverneur, ce dernier n'ayant pas tardé à apprécier le grand mérite ainsi que les vastes capacités de Gellé, lui conféra la place de secrétaire-général du Gouvernement du Grand-Duché, fonctions qui furent l'année d'après , changées en celles de Greffier des Etats provinciaux, de ce corps représentatif provincial qui avait été rétabli sur des bases presqu'entièrement neuves par la loi fondamentale de 1815.
De ce moment date à vrai dire la véritable période d'action de Gellé, cette période de quinze ans où il lui fut donné de travailler de tous ses moyens au bien public , assisté qu'il était par les conseils du sage administrateur sous les ordres immédiats duquel il se trouvait placé et qui savait si bien goûter les plans utiles. C'est pendant cette période mémorable qu'il eut l'occasion de se vouer activement, avec son ardeur et avec sa persévérance naturelles à l'œuvre sainte de l'éducation populaire. Car ce fut réellement lui qui dès 1817 osa concevoir l'idée de doter le Pays d'une institution qui lui manquait jusquelà en créant des écoles auxquelles devaient être préposés de bons instituteurs chargés de répandre parmi le peuple le germe bienfaisant de cette première éducation qui forme l'homme pour la société et le rend digne de jouir des bienfaits que procurent les lumières et la moralité. Cette idée sublime Gellé la communiqua d'abord en particulier à quelques amis intimes qui, de concert avec lui commencèrent à travailler avec ardeur à la faire fortifier : ces dignes collaborateurs publièrent bientôt après le plan d'une grande association pour favoriser l'instruction publique qu> devait d'abord exister et fonctionner en dehors de l'action du gouvernement, les auteurs du projet se réservant par un juste orgueil de n'appeler celui-ci à leur aide que lorsque les résultats heureux qu'ils se promettaient de leurs louables efforts individuels leur en feraient en quelque sorte
on devoir. C'est ainsi que naquit cette société d'encouragement dont les bases solides ne tardèrent pas à provoquer des changements si heureux qu'en moins de deux ans et par suite d'efforts non interrompus, de même que par l'augmentation rapide de ses ressources on put voir sur tous les points du Grand-Duché une renaissance complète de l'éducation et de l'instruction populaires : Et ce fut Gellé qui avec le Gouverneur Willmar dirigeait ce service pénible.
L'administration générale qui avait observé avec une sollicitude paternelle ces heureuses tendances ne fit pas attendre son énergique coopération. Elle créa bientôt un jury temporaire d'instruction auquel fut confiée la direction de cette institution si véritablement patriotique , laquelle dès ce jour eut la force d'exécution nécessaire pour mener sans entrave sérieuse vers le but désiré l'objet de si grandes et de si nobles inspirations. Gellé fit partie de ce jury et y occupa le rang qui seul fut compatible avec ses désirs comme avec son infatigable activité, celui de secrétaire perpétuel. Ces fonctions ne pouvaient être mieux confiées qu'à de telles mains, puisque lui seul peut-être possédait cette activité si nécessaire pour porter les communes à créer des écoles ou à pourvoir aux améliorations dont celles qui existaient étaient jugées susceptibles ; à construire des salles convenables ; à introduire dans l'enseignement des méthodes plus appropriées; à relever le caractère des maîtres, à assurer plus d'indépendance et moins de précarité à leur position, à exciter leur émulation et les engager à entretenir avec un soin religieux le feu sacré de l'instruction dans le Grand-Duché afin d'aider à placer une bonne fois ce pays sur la voie du progrès sur laquelle se trouvaient depuis longtemps déjà d'autres provinces du royaume. Aussi peu d'années se passèrentelles que déjà le Luxembourg avait atteint le premier rang dans la statistique de l'enseignement dans les Pays-Bas; et ce fut un beau fleuron que l'on put ajouter à la couronne civique de Gellé.
Ces choses se consommèrent entre 1817 et 1824 où une organisation nouvelle, plus appropriée à l'époque , vint remplacer la première: Une commission provinciale pour l'administration et la direction de l'instruction primaire fut instituée et le pays divisé en huit arrondissements d'inspection. Gellé conserva les fonctions de secrétaire de cette commission et obtint en outre l'inspection du premier district, conjointement avec de Neunheuser (v. son art.), vicaire-général, et le Docteur J.-B. Wûrth, père' du célèbre J.-Tb. Wurth, qui trouvera également sa place dans cet ouvrage. Inutile d'ajouter que encore là le zèle de Gellé ne faiblit point ; et Ton s'en convaincra facilement lorsqu'on repasse les presque innombrables publications sur la matière que renferme le Mémorial administratif de l'époque : toutes ou presque toutes ces instructions sont sorties de sa plume ; et elles portent toutes également le cachet de l'homme intimement et éminemment inspiré par l'amour le plus constant pour le bien public; toutes aussi montrent à l'évidence que (a confiance que le Gouvernement avait mise en Gellé n'aurait pas pu être mieux placée. Et, nous pouvons le dire sans crainte d'être démenti : l'expérience que Gellé avait acquise dans cette branche d'économie politique si intéressante et si vitale, avait été portée si haut, que jusqu'ici personne ne l'a surpassé parmi nous et ne le surpassera encore de longtemps.
Les événements de septembre 1 830 et leurs suites vinrent sur ces entrefaites détruire cette belle œuvre , nous dirions volontiers ce chef-d'œuvre de Gellé en bouleversant d'un trait de plume dans la Constitution belge tout le bien qu'il avait fait, pour y substituer non la liberté bien entendue de l'enseignement, comme certaines personnes intéressées à un désordre complet dans cette branche se sont plues à nommer la chose, mais bien un véritable chaos.
Ces mêmes événements, en isolant la capitale du reste du Grand-Duché , durent être doublement douloureux à l'âme sen-
sible de cet homme de bien ; mais la force de son caractère lui fit supporter ces coups avec une résignation vraiment philosophique, de même que son inoccupation presque complète qui en fut la conséquence et qui dura pendant les neuf années de l'existence de cet isolement sous le rapport administratif, inoccupation qu'il voulut utiliser en acceptant une place dans la commission ou Bureau d'administration de l'Athénée ou il eut plus d'une fois l'occasion de combattre en faveur de cet institut, le principal du Grand-Duché , contre les dangereuses innovations que tenta d'y introduire vers 1837, un commissaire venu de l'Allemagne avec de pleins pouvoirs supérieurs, mais dont les conceptions exotiques ne pouvaient cadrer avec les besoins réels du Luxembourg.
De 1830 à 1835 Gellé conserva ses fonctions de Greffier du Gouvernement ; et lorsque en 1835 le général de Gœdeke fut nommé président de la Commission de Gouvernement il entra dans cette commission comme membre effectif, en cumulant cette nouvelle dignité avec celle du secrétariat général. Cette position il la garda jusqu'en 1840, an départ du chef des services civils Hassenpflug où il fut porté provisoirement a la téte de l'administration. Il occupait ces hautes fonctions en 1841 lorsque feu le bon roi Guillaume 11, d'impérissable mémoire parmi nous l'appela à La Haye pour présider la commission luxembourgeoise que ce généreux prince avait chargée de rédiger pour le Grand-Duché une Constitution aussi libérale que pouvaient le supporter les exigences d'alors de la Diète germanique :
Gellé prit une part très-active à cette œuvre de régénération politique dans laquelle on reconnaît son style en plusieurs endroits et des pins notables. A son départ de La Haye, lorsque ce code fondamental fut terminé , le roi qui aussi appréciait ce grand administrateur, lui offrit les fonctions de Gouverneur du Grand-Duché; mais sa modestie lui fit décliner cet honneur insigne d'une manière si absolue que le souverain
ne voulut plus insister; et Gellé resta conseiller de Gouvernement.
En 18421a confiance et l'estime du monarque lui firent déléguer l'honorable mission de le représenter à Sédan pendant la cérémonie de la translation solennelle des restes mortels d'une princesse de ses nobles parents, la Comtesse Marie-Elisabeth de Nassau qui avait été l'épouse de Henri de La -Tour, prince de Sédan et la mère du grand Turenne.
A la réorganisation de l'Instruction primaire en 1843 , nous le voyons reparaître avec sa longue expérience à la téte de la commission chargée de faire exécuter la nouvelle loi sur l'enseignement, et il prit jusqu'à sa mort la part la plus active aux travaux de cette commission.
En 1845 les électeurs du canton de Luxembourg voulant à leur tour payer à ses vertus civiques leur juste tribut de gratitude , le nommèrent membre des États; et les Comptes-rendus des deux sessions auxquelles il assista, prouvent a l'évidence combien son acquisition était précieuse à cause des vues sages et profondes qu'il a su développer au sein de cette assemblée.
Cette esquisse suffira sans doute pour constater la valeur de Gellé comme homme public; pour prouver sa haute intelligence, sa droiture, son attachement et son dévouement à sa patrie luxembourgeoise comme à son roi. Ennemi de l'intrigue il n'a jamais sollicité: il n'a été dans toute la force du terme que le fils de ses propres œuvres. Comme homme privé il était rempli de douceur et d'aménité; une bienveillance inaltérable fit constamment le fond de son caractère.
Fils unique avec deux sœurs qu'il a toujours aimées comme soi-même, il n'a jamais voulu se séparer d'elles, partageant ainsi ses revenus et ses traitements ; car ce fut assurément à cause d'elles que jamais il n'a voulu se marier.
Et pour tout dire, parlerons-nous de sa charité qui malgré ses soins à la cacher toujours, était devenue proverbiale
parmi les pauvres ? Il ne fut aucune entreprise, aucun acte de bienfaisance collectif auquel il ne prit sa large part; et, pour ne mentionner qu'un seul fait de ce genre, nous dirons que ce fut sous sa généreuse inspiration qu'avait été créée en 1819 cette institution de filature qui devait procurer des ressources aux personnes du sexe qui voulaient travailler : Celte belle pensée n'aboutit pas , à cause uniquement de la mauvaise foi avérée et de la crasse fainéandise de la classe indigente qui devait en percevoir les bénéfices. Nous ne finirions pas si nous voulions lever en entier le voile qui couvre les nombreux actes de ce genre qu'il accomplit avec cette modestie vraiment évangéliqne qui lui commandait de laisser toujours ignorer à sa main gauche le bien que la droite avait fait ; et nous avons même hésité lorsque nous avons tracé ce peu de phrases, dans la crainte de trop divulguer de ces secrets que par hasard nous avons pu surprendre à sa pieuse philanthropie.
Nous terminerons cet article bien incomplet, en ajoutant que dès 1822 le zèle de Gellé fut recompensé par le roi des Pays-Bas qui lui conféra son ordre du Lion néerlandais. Plus tard Guillaume II l'éleva au rang de Commandeur de cet ordre et lui remit également les insignes de commandeur d'abord, puis ceux de chevalier de l'étoile de la Couronne de Chêne ; et finalement le roi des Belges le nomma de même Commandeur de son ordre civil de Léopold; distinctions qui, en l'honorant infiniment, ne surent point l'enorgueillir.
Ce grand administrateur, cet estimable citoyen et ce noble philanthrope mourut après une courte maladie , calme comme il avait vécu, le 16 mars 1847, à l'âge de soixante-neuf ans et huit mois. Son convoi funèbre , auquel assista non seulement et littéralement parlant toute la ville de Luxembourg mais encore des milliers de notabilités du canton, prouva la profonde vénération et la haute estime que ses concitoyens portaient à cet éminent homme de bien qui a su si bien mériter de la patrie.
8aiMiun, Notice néerologiqae iv J.-B. Gellé. — Archive» du Gourrrnrmcnt du Grand-Duché, — Le Courrier dn Grand-Dnché, da 90 mnr» 1847.— Le Vollnflrennd de* 91. 35 et 96 jnillet, 6 août, 10 et 18 septembre 1848. — Sonrenirt personnels.— Note* communiquée». — Nbtch. Histoire de Vlanden, 189; et Prenret, Lxmn — Proces-vernal de la être munie de la translation des princes de Sedan, le 9 janvier 1849.
GELU, Jacquet, naquit à Yvois, aujourd'hui Carigoan , de parents honnêtes, et s'éleva par ses propres mérites. Il alla étudier à l'Université de Paris où il passa maitre-ès-arts en 1391. Fait prêtre et vicaire à Ste. Geneviève de la même ville Gelu continua ses études et fut reçu en 1395 bachelier en droit canonique. Le 11 mars 1401 il obtint le bonnet de docteur dans la même faculté à l'école d'Orléans.
Nommé professeur ordinaire de droit à Paris dès l'année suivante, il commença ses leçons le 29 mars 1402; mais déjà le 14 décembre suivant Louis duc d'Orléans et frère de Charles VI , instruit de son habileté l'attacha a sa personne et le fit maitre-des-requètes de son hôtel. En 1405 le 26 avril, un office de Conseiller au parlement ayant été mis au concours, Gelu l'emporta sur quatorze concurrents et fut installé le 15 mai suivant.
Le duc d'Orléans ayant été assassiné en 1407, Charles VI fit passer Gelu au service des trois princes ses fils, poste qu'il occupa jusqu'en 1409. En 1410, au mois de décembre, le duc d'Anjou, Dauphin du Viennois le nomma maitre-desrequètes au traitement de trois cents livres tournois. Le 15 octobre 1414 le même duc, a qui le roi avait délégué la surintendance des finances du royaume, le nomma à son insu contrôleur des finances de France; et deux mois après le Concile de Constance le désigna, quoiqu'absent, archevêque de Tours. 11 fut intronisé le 20 décembre suivant et sacré le 13 janvier 1415 par l'archevêque de Paris, dans la chapelle de St. Paul en cette dernière ville et en présence du roi qui le nomma à cette occasion Conseiller d'Etat au traitement de mille livres tournois.
Le 30 mai 1415 Gela se présenta au Concile de Constance qui le députa vers Benoit XIII pour demander son abdication à cet anti-pape. A son retour à Constance la nation française le désigna pour concourir avec les cardinaux à l'élection d'un nouveau pontife. Dans cette circonstance il obtint lui-même huit voix pour la papauté. Après la séparation du Concile il fut chargé de différentes missions qu'il conduisit toutes avec tact et prudence, tant en Espagne qu'à Naples et à Rome.
En 1419 il fut à l'instante sollicitation du chapitre d'Embrun dont auparavant il avait fait partie, transféré sur le siège de ce dernier diocèse. 11 renonça dès lora aux affaires et ne s'occupa plus que du gouvernement de son église. Il est mort en 1432 avec la réputation d'un grand prélat comme d'un grand savant et d'un habile diplomate.
On a plusieurs ouvrages de Gelu; entr'autres: f°. Sa propre biographie sons le titre de : Vita Jacobi Gelu , usque ad annum 1421. Cest une courte notice qui se trouve inscrite sur le revers de la couverture d'un manuscrit de l'église de Tours. Don Martine l'a publiée au T. III du nouveau Thésaurus anecdotarum, p. 1947.
— i">. Apologie pour l'Empereur Sigismond , le roi d'Arragon et les ambassadeurs du Concile de Constance, contre Benoit XIII. Gelu y peint sous des couleurs fortes et très-vraies l'ambition de cet antipape ainsi que sa conduite tortueuse. Cette pièce contribua beaucoup dit-on , à la paix de l'église, en détachant de Benoit ceux qui avaient encore tenu pour lui. —-5°. De puellâ aurelianensi dissertatio; manuscrit sur vélin, conservé à la Bibliothèque du roi, aujourd'hui impériale à Paris ; Catal. T. IV, N° 6299. Celte dissertation fut composée pour Charles VII qui avait voulu voir le sentiment de Gelu sur cette héroïne célèbre.— 4°. Rerum ab antecessoribus suis in Ecclesiâ Ebredunensi gestarum brève compendium.
Biographie aniver*eUe. XVII. 4». — Gallia chriitiana, III, col. 1089. - Dt i* Haut, Annales civiles
et religicuea d'YvoUCarignan, 405. »q —Dos M«i- TÉBft, op. cilat. — ConariN . Encyclopédie moderne. XI. 485.
GEOUGE , Dominique, naquit à Cutry près de Longwy, pendant les premiers mois de l'année 1613, d'une famille riche. Ayant perdu ses parents de fort bonne heure il se retira chez son frère aîné qui était curé à Wuscen et doyen de Chatelnait au diocèse de Toui. Celui-ci lui donna les premières notions de la langue latine, puis l'envoya continuer ses humanités à Louvain d'où George revint en 1637 pour aller faire sa théologie chez les Jésuites à Pont-à-Mousson. Il y avait alors dans cette ville une maison de chanoines réguliers de la congrégation de Lorraine , réforme nouvellement établie. Georges fit des démarches pour y être admis; mais la guerre qui désolait alors ce pays ayant dispersé le troupeau de Pierre Fourier, supérieur de celte congrégation, le jeune homme se présenta au concours à l'effet d'obtenir la cure de Circourt qui était vacante. Il n'était pas encore prêtre; mais comme ses talents surpassaient de beaucoup ceux de ses concurrents, l'évéqne de Toui charmé de son savoir et de sa modestie, l'ordina extra tempora et lui conféra cette paroisse. George s'y comporta en pasteur aussi zélé que consciencieux ; mais les temps étaient pénibles. Les Suédois commencèrent peu après son installation leurs courses en Lorraine. George et ses paroissiens se virent plusieurs fois obligés de se sauver ; et le village avec l'église de Circourt ayant été incendiés, le pieux curé abandonné de ses ouailles, livré à luimême sur une terre ennemie, alla faire remise de son litre entre les mains de ses supérieurs ecclésiastiques, et avec leur permission vint à Paris où il fut nommé préfet du Séminaire de St. Nicolas-du- Chardonnet avec la conduite des jeunes clercs. Ce fut dans cette maison qu'il fit connaissance de Delaplace, pourvu en commende dès l'âge de quinze ans , de l'abbaye de Val-Richer , et qui venait au séminaire dans le dessein d'y contracter
l'habitude des mœurs ecclésiastique». Il se lia bientôt avec George et se mit sous sa direction.
La cure de Grédange, dépendante de l'abbaye de Val-Richer étant venue à vaquer, Delaplace engagea George à l'accepter. Bientôt aucune paroisse du diocèse ne fut mieux réglée. George ne se borna pas au soin de son troupeau; il parvint à établir entre les curés des conférences ecclésiastiques dont le succès et les bons effets passèrent ses espérances et en étendirent l'usage dans les diocèses voisins. Des réformes s'introduisirent à celte époque dans les ordres religieux, et celui de Citeaux avait la sienne. Delaplace crut sa conscience obligée à procurer cet avantage spirituel à l'abbaye dont il était titulaire; et comme il savait que personne n'était plus à même que George d'exécuter un tel projet il résolut de se démettre en sa favenr de l'abbaye de Val-Richer. George l'accepta ; mais, persuadé avec raison qu'il eotrait dans les principes de l'Eglise d'être religieux avant de devenir abbé ; convaincu d'ailleurs que pour prêcher utilement la réforme il fallait d'abord l'embrasser, il entra comme novice k l'âge de quarante ans au monastère de Barberi; et après avoir prononcé ses vœux il vint au Val- Richer, bien moins prendre possession d'une dignité que pour se charger d'un lourd fardean. Beaucoup d'obstacles s'opposaient à la réforme : il les vaincu par sa patience, sa douceur et sa persévérance. En 1664 les Pères de la réforme ayant jugé nécessaire aux intérêts de l'ordre d'envoyer une députation à Rome ils choisirent George et l'abbé de Rancé pour représentants. Notre abbé y reçut du Pape des marques particulières de la plus haute estime. Ce fut au retour de Rome qu'il attaqua vigoureusement les abus de son ordre et qu'il établit la réforme du Val- Richer , plus encore par ses actes et son exemple que par ses paroles.
Nommé vixiteur de la Province de Normandie et chargé de plusieurs commissions relatives au maintien de la discipline mo-
nastique, il se conduisit toujours avec le zèle le plus éclairé comme le plus tolérant.
George mourut le 8 novembre 1693 à l'âge de 80 ans, laissant après lui la réputation d'un ecclésiastique charitable, humble et modeste autant qu'éclairé. Le jésuite Bulfier a écrit sa vie.
Bernas, Vie de l'abbé George, 1694, in 12. — D Calbct, Bibliothèque lorraine. — Biographie universelle. XVII, 104. — ficcia. Biographie de la Moselle, II, S44, sqq ; et Histoire de* teicace*. dea lettre*, dea arts et de la civilisation dans le Pays messin, 4U9 — C*'\ Essai «or l'IIistoire de Long* y, !««, sqq. — Cocatin, Encyclopédie moderne, XII, 31. -Biographie «nivcrselle, XVII, Ii54, sq.
GERARD, le frère, naquit dans un faubourg de Liège pendant la seconde moitié du dix-septième siècle. Il fut instruit et dirigé par Nandrin , vicaire de sa paroisse qui lui parlait souvent de la vie pénitente des religieux d'Orval.
Gérard avait appris le métier de menuisier. A la On de ses années d'apprentissage il voulut aller à Paris pour se perfectionner dans cet art. Il y était déjà depuis quelques temps lorsque tout-a-coup il se manifesta en lui un désir irrésistible d'aller s'enfermer à Orval et de s'y consacrer à Dieu. Il s'y rendit en effet et fut reçu en qualité de frère menuisier ; mais dans la suite on lui fit étudier la chirurgie et la pharmacie, sciences dans lesquelles il fit des progrès très-rapides au point qu'il s'acquit bientôt une grande réputation de dextérité et d'habileté. Comme d'un antre côté il était bien instruit dans sa religion il voulut s'attacher à la vérité et ne tarda pas à se joindre à ceux de ses frères qui, se trouvant persécutés à cause de leur opposition à certaine bulle, dont nous n'avons pas pu apprendre le titre, prirent en 1725 le parti de se retirer en Hollande. II leur fut d'un grand secours à Rhinwyck où ils s'étaient établis. Son habileté et sa charité le firent bientôt connaître de tous les gens de bien du Pays ; et c'est entre ses bras que Warlet, évéque de Babylone mourut. La maison de Rhinwyck n'ayant pas pu se soutenir, frère Gérard s'en vint en
France avec son compagnon, frère Pernet. Ils trouvèrent un généreux a6ile chez le curé Gogoey de Nettancourt où ils vécurent en vrais religieux d'Orval. Frère Pernet qui cultivait le jardin et menait une vie austère mourut le 6 janvier 1749. Frère Gérard de son côté exerçait son art de chirurgien dans tout le pays; et les pauvres étaient surtout l'objet de ses soins les plus assidus. Il fut découvert dans sa retraite et même décélé à son abbé j mais celui-ci le laissa tranquille. Un mois environ après le décès de son compagnon d'exil il lui survint au genou un mal qui lui causa de vives douleurs qu'il supporta avec une patience exemplaire et qui l'enleva de ce monde le 1" juin de la même année 1749, après quatre mois de souffrances.
La C* aaBsoM-Lisvaa, Biographie liégeoise, II, 3U9. — Nouvelles ecclésiastiques, Nécrologe, Sil.
GERLACHE, Bernard-Adrien de, né à Neufchâtean , le 17 juillet 1792, capitaine d'infanterie pensionné, décoré de la médaille de Sainte -Hélène, décédé à St. Gilles-lez- Bruxelles, le 16 février 1859.
Entré au service de France comme soldat au 12* régiment de ligne, le 24 juin 1811, il obtint le grade de sergent-major en 1813, fut fait prisonnier de guerre à Hanau le 29 octobre suivant et rentra au régiment le 7 mai 1814.
Après avoir fait la campagne de 1812 en Prusse et celle de 1813 en Siléaie et en Saxe, de Gerlache quitta le service de France et fut admis dans l'armée des Pays- Bas le 15 juillet 1814 en qualité de souslieutenant au lv bataillon belge.
Il flt la campagne de 1815 contre la France et obtint sa démission le 24 juillet 1817. Rentré de nouveau dans l'armée comme sergent à la 12° division d'infanterie, le 5 mars 1822, il obtint le brevet de sous-lieutenant le 17 avril de l'année suivante.
Le 9 novembre 1824 il passa à la division expéditionnaire pour les Indes Orientales et arriva à Batavia le 16 janvier 1826.
Après avoir fait les campagnes de 1826, 1827 et 1828 aux Indes et avoir été blessé d'un coup de feu à la jambe gauche à Dessara Prina le 29 novembre 1827 , il fut pensionné le 15 mai 1828 et reçut le brevet de lieutenant honoraire le 16 août 1829.
Passé au service de Belgique avec le grade de capitaine adjudant de place, le 15 octobre 1830, il fut déchargé des fonctions d'adjudant de place et désigné pour servir au 7' régiment de ligne, le 2 avril de l'année suivante.
Le capitaine de Gerlache fut admis à la pension de retraite le 10 avril 1834.
Le capitaiae m Rctrae ; Nécrologe des oflelera «te l'armée belge.
GERLAIS , Jean , né à Marche pendant la seconde moitié du seizième siècle, ne nous est connu que par la mention plus que laconique que Fauteur du manuscrit des Viri illustres fait de lui : « 1637 .... «Gerlais marebiensis proses consiliiNamur- « censis. » 11 fut nommé treizième président du Conseil provincial de Namur, en remplacement de Zegre Coulez qui passa président du Grand Conseil de Malines en 1628. La date consignée dans le manuscrit des Viri illustres peut donc bien être celle de son décès.
Viri Ulaatrea, IU, N* 840 - Le* Délice* 4e» Pava-Bas, 111, 16.
GERMÉ ou GERMAIS, Guillaume, naquit vers la fin du seizième siècle , peutêtre en 1560 ou bien en 1570, au hameau de Lamormenil dans l'ancien comté de Montaigu. Après avoir terminé ses études avec une rare distinction et avoir été reçu docteur en théologie Guillaume Germé, dit quelquefois Lamormam ou Lamormenil, de son endroit natal, non Lammermann comme le Conversations-Lexicon écrit en germanisant ce nom sans motif, entra dans la compagnie de Jésus dans laquelle il sut bientôt acquérir un grand crédit, tant par ses lumières personnelles que par les efforts constants qu'il fit pour augmenter la gloire et la puissance de cet
ordre. Pour commencer sa carrière, comme du reste cela était prescrit par les statuts de la société d'Ignace de Loyola, il professa d'abord la Philosophie et la Théologie à Gratz eu Styrie. Quelque temps après il fut nommé Préfet des collèges de Gratz et de Vienne ; enfin l'Empereur Ferdinand II le prit pour son confesseur, fonctions qu'il conserva jusqu'à la mort de ce prince dont il a aussi écrit la vie en quatre livres, mais dont le dernier seulement a été imprimé en 1638, in 4°; Vienne, Cologne et Anvers ; sous le titre de : Ferdinandi II Romanorum Imperaloris Vir lûtes, a Guillelmo Germaeo de Lamormaini Belgâluzemburgico-arduennate Soc. Jesu Sacev dote conscriptCB. Il a aussi publié a Gratz ïOraùon funèbre de Marie -Anne de Bavière, mère de Ferdinand II, prononcée par lui le 28 mat de la même année 1638.
Après le décès de l'empereur Ferdinand II en 1637, Germé fut désigné provincial de son Ordre pour la province d'Autriche. C'est en cette qualité surtout qu'il montra son infatigable activité pour la propagation de l'institut religieux qu'il avait embrasse. En effet, en moins de dix ans il établit à Vienne même d'abord une maison professe avec un collège et une belle église neuve, puis un noviciat dit de Ste. Anne ; et finalement une Université a Tyrnau en Hongrie. Il sut en outre faire placer l'Université Caroline de Prague sons la direction de sa Compagnie et y annexa une maison professe. Il institua enfin plusieurs autres collèges tant en Bohême qu'en Autriche et favorisa singulièrement l'érection du séminaire de Luxembourg : Ce séminaire était un établissement ou pensionnat indépendant du collège de cette ville et dans lequel étaient logés, nourris et surveillés les élèves boursiers qui suivaient les cours.
Guillaume Germé mourut a Vienne, le 22 février 1648.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré l'article qui suit: «1646. « Guilhelmus Germe Lamormainianus sic «nominatus a patria pago comitatus montis-
«aculi in Arduenna Luxemburgica Socie- «tatis Jesu S. Theologiae Doctor Ferdi- « nandi H Imperatoris cujus et vitam «scripsit confessa ri us usque ad mortem « ejusdem post prsepositus provinciales aus- « tris vir inter summos societatis Nostra: «maximus, instituit viennae Domum pro- « fessam, œdificavit Collegium cum templo «ex fundamentis nova, fundavît Novitiatum « ibidem ad S'*" Annam , procuravit unici versitalem Tnaacensem in Hungaria, Pra- « gepsem Carlinam Societati Jesu incorpora vit, ibidemque etiam instituit domum « professam , procuravit collcgia Cremb- « sensé, Iglaviense, Znaamiense et plu ri m a «ejusmodi, seminarii denique Luxemburagensis promotor singularis, mortuus «viennae Austriœ, vita ejus conscribitur «orbi exbibenda. »
Pierret lui attribue un troisième ouvrage intitulé: Idea principis christiani.
La vérité historique nous engage à transcrire un passage qui concerne le même personnage et qui se trouve dans l'Histoire des confesseurs des empereurs', des rois et d'autres princes, par M. l'abbé Grégoire, ancien évéque de Blois : « Martin Becan, «mort à Vienne en 1624, fut remplacé — a comme confesseur de C empereur Ferdi- « nand II — par le P. Guillaume Germé, « ou, comme l'appelle Pacquot, de Ger- « meau-Lamortmenil ; il procura la fonda- «tion de plusieurs collèges et séminaires « en Bohême et en Autriche. Mais, si l'on « en croit l'Histoire générale des jésuites, « le P. Germeau-Lamortmenil, non content « d'avoir fait sa compagnie propriétaire de « l'université de Prague , sut encore lui «approprier les plus riches bénéfices de « l'Allemagne. Quand Ferdinand eut réduit « les protestants, il ordonna, en 1629, que «les bénéfices dont ils s'étaient emparés « pendant les troubles , seraient restitués « aux ordres anciens, auxquels ils apparte- « naient auparavant. 11 n'est pas de four- « beries, de violences, de calomnies, dont « le père confesseur ne fit usage pour en- « lever aux bénédictins, aux bernardins, « aux prémontrés et aux augustins, les biens
« qui devaient leur être restitués , et qui « pouvaient convenir à la société. Des religieuses bernardines furent exposées à « des indignités et à des cruautés de la « part des jésuites recteurs et provinciaux « employés par le P. Lamortmenil , pour « s'emparer de leurs monastères, après les « avoir chassées avec violence. On a sou- « vent imprimé le récit de ces horreurs.»
Viri illuatrea, I, N° 77.— Naaoa, Dlaaertation aar les bour»ei J'études; dan.: Proç r»nso»e de l'athénée, C847, XVII. - Bktmui, VIII, 191.- Piuwt, I, fol. LXVt et IV, 664. — D. Cauut, Bibliotb. 1er». 4 et Hi<t de Lorr. V, 159. — Moaeai, IV, 867. — Viiuunn et Mium, Dielioan. géogr. du Laieraboarg, A3. — Naaca, Catalogne de la Bikliotb. de Lairmbourg, 006. — Naoaaan, Lee au* tearalaxamboargeota; daaa t Programme de 1'atbénée, 1038, M. - r^nTeraaUoa^Lexieon; édit de 1861. — Gaacoiaa, HI»t. de. confeweur. de» impér. de* raie et d'aatre. priacee, 167 en;. — Hiatoire générale de* Jéaalteti II, 541, de l'édit de 1761.— Pacat-ar. Mémoire, littéraire.. V, 98.
GERMÉ ou GERMAIS, Henri, frère de Guillaume qui précède , est né a Lamormenil comme celui-ci. Si Ton en croit D. Calmet il entra dans la compagnie de Jésus en 1596 , à l'âge de vingt-un ans et mourut à Vienne, le 26 novembre 1647.
Henri Germé , qui est aussi connu sous le nom deLamormainil, n'a rien publié de son propre cru ; cependant il a fait imprimer la traduction latine de plusieurs ouvrages de ses collègues qui étaient alors en vogue. Nous citerons parmi ces derniers : i°. L'Académie d'honneur du P.
Richéme; Vienne, 1635, in 8°. — 2°.
Catéchisme des Controverses du P. Guillaume Railly ; Vienne, 1616, in 8°. — 3°. La Cour sainte du P. Caussin , 3 vol. — 4". Le Prélat Chrétien, le Chevalier Chrétien , le Politique Chrétien ; Vienne, 1 636 à 1 638, in 8°. —5: L'Aimant de l'amour qui attire le cœur de l'homme à l'amour de Jésus-Christ du P. Bonet; Vienne, 1636. Italien.— 6*. Traité de l'amour divin du P. François de Salés ; traduit en latin. Cologne, 1657, in 8°; etc. , etc.
Comme son frère Guillaume fut confesseur de l'Empereur Ferdinand II , Henri le fut de Ferdinand III.
Mais ce que surtout rend Henri Germé recommandable ce furent les fondations de bourses d'études qu'il fit par lui-même, et qu'il aida Jean Putz (v. son art.) , autre illustration luxembourgeoise, à faire.
Jean Putz avait en Bohème une créance de 4648 florins que malgré les démarches les plus actives il ne pouvait récupérer. Comme Conseiller de l'Empereur il se trouvait souvent en contact avec Henri Germé qui, ainsi que nous venons de le dire, était le confesseur du même prince. Il s'en ouvrit à lui et l'engagea à user de son crédit pour obtenir le payement de la somme lui due, promettant en cas de réussite de consacrer ce capital à la fondation d'une bourse au séminaire de Luxembourg. Germé s'employa avec zèle à cette affaire et réussit heureusement à faire rentrer les deniers. Aussitôt Putz et lui se mirent en devoir d'exécuter leur projet philanthropique; et par un premier envoi de trois mille trois cent trente un florins et demi de Brabant, destinés à l'acquisition de biens dont les revenus devaient alimenter la bourse en question, envoi auquel le P. Germé en ajouta trois cent trente six autres, ils commencèrent à réaliser leur dessein. Ces sommes furent acceptées par le Père Recteur du Collège de Luxembourg, le 1" août 1642.
La fondation eut donc lieu et ce aux conditions suivantes : Avec le produit des sommes consignées, auxquelles furent encore ajoutés plus tard deux cent quatrevingts florins de Brabant par donation du curé Heynen de Wasserliesch , ce qui constitua un capital de trois mille neuf cent quarante-sept et demi florins de Brabant , ou environ 7,303 francs, 40 centimes; avec le produit de ce capital disons-nous, devaient être entretenus deux boursiers, chacun à cent florins pour entretien et quarante pour vêtements et lit. Ces boursiers devaient être des descendants légitimes de la famille des fondateurs respectifs, professer la religion catholique et être aptes aux études. Le plus apte, c'est-à-dire celui qui aurait les meilleures dispositions de-
Tait obtenir la préférence quelque fût le degré de parenté ; finalement le choix d'état leur restait libre. Les deux plus âgés des membres des familles respectives étaient déclarés colla leurs ; et à défaut de parents capables deux catholiques au choix du Père Recteur du collège.
La constitution définitive de ces bourses fut signée par les fondateurs , Jean Putz en personne et Guillaume Germé au nom de son frère Henri, à Luxembourg, le 24 février 1648.
Non content de ce premier bienfait en faveur de ses parents, Henri Germé fit une fondation du même genre à l'Université de Prague. Nous copions ici le passage concernant de la Dissertation sur les Bourses d'études attachées à l'Athénée de Luxembourg, que H. le Professeur Namur a publiée en tète du Programme de 1846 -
«Après avoir obtenu du général des a Jésuites, Mutius Vitelesci, la permission «de fonder une bourse d'études au cpn- « victoire de St. Barthélémy, à Prague, «le père Henri Germé de Lamormenil fit « en présence du Père Paul-Anaslase, rec- «teur de ce collège, l'acte de fondation «de cette bourse. En voici la teneur:
« 1° Henri de Lamormesnil autorise le « susdit recteur h toucher annuellement «138 fis. 48 Kreuzers (307 frs. 42 cen- « limes) pour intérêts d'une somme de 2 1 80 « fis. du Rhin (6,100 frs.), déposés au Con- « seil de Prague , le 16 octobre 1645 , «par les Pères Guillaume et Henri de « Lamormesnil.
« Cette somme, payable en deux termes, « servira à entretenir an susdit convictoire « de Prague un boursier du Pays de Luxem- « bourg : 90 florins seront payés pour nour- « riture et logement j 40 serviront à l'en- « tretien des vêtements , etc., et à l'obten- « tion des grades académiques, si le titu- « laire est apte aux études supérieures.
« 2° Le fondateur se réserve la nomi- « nation, sa vie durante. Après sa mort ce «droit passera au Recteur du collège de « Luxembourg qui sera prévenu par le di-
« recteur du convictoire de Prague, tontes «les fois que la bourse redeviendra va- « cante.
«3* Si contre toute attente l'établisse- «ment des Jésuites venait a se dissoudre - « ou à être transféré autre part , on re- « mettra les titres de la fondation au père « provincial de la Belgique à la bienveillance « duquel la bourse sera recommandée.
« 4° Le récipiendaire devra être fils lé- « gitime de parents catholiques. On exigera « une bonne conduite morale et religieuse, « des capacités suffisantes et quelques con- « naissances dans la langue latine.
« 5° Le choix de la future vocation res- «tera libre au boursier.
«6° Si l'établissement de St. Bartbélé- «my à Prague venait à se dissoudre, la « bourse ne pourra nullement s'éteindre ou «être à la disposition du sénat de Prague, «qui est le dispositaire des fonds; elle « devra être perpétuée suivant la volonté « des fondateurs a Prague , ou autre part, «par les soins du père recteur.
« L'acte de fondation fait à Vienne, est «daté du 1« février 1646.
« Depuis la première nomination, faite « en 1646 par le fondateur lui-même, jus- « qu'en 1737, plusieurs Luxembourgeois « ont joui de cette bourse, » qui en conformité d'un rescrit impérial du 12 mars 1842 a été réunie à celles de Kœnigsgrœtz et de Bileck, et rapporte ainsi une somme de 250 florins d'Autriche.
Nous terminerons cet article en transcrivant encore la notice que l'auteur du manuscrit des Viri illustres a consacrée à Henri Germé: «1645. Henricus Lamor- « manni Societ. Jesu , frater Guilhelmi , « fundator bursac Lamormanicse in Semina- <« rio Luxemburgensi pecuniis a D°* Joanne « Putz ab Adlerthurm Caesaris Consiliario « hujus applicationi donatis mortuus Vien- « n<e Austriae. »
Viri iUiutre*. I. N« 76.- Bmtmlct, VIII, IOI. - Moiui. IV, 807. — Namcb . DiMertation «nr In benne*. X, et XVII. — D. Calbit, Btblioth. lorr. p,iuii, I. fol. LXV. — Cuim, Catalogue de la BIbliotk. de Luibrg , 190. 387 et 530. - Varna-
■ mi* et Miissit, Dictioonaire (jro(;rapliirjue «lu Lairmbourtf, 8». — Mhj»i, Manuscrits, XXIV. — Km- Les auteur» luicmbourgeoil, 114.
GERNICHAMPS , Christophe, curé de Villers-Stc-Gertrude , est cité sans plus de détails par Te Ilot , avec la mention qu'il a composé divers ouvrages dont les titres nous sont restés inconnus.
Tillot, Me noires «souscrits sur l'Histoire du Pays de Luiembourg.
GERNIN , Jean-Paul, né à Remich , Docteur en Théologie et mort en 1615 , a écrit sur la Théologie ; mais les titres de ses ouvrages ne sont pas parvenus jusqu'à nous.
BniiHir. Vm. 191- Puaair. I, fol. LXV.
— ULvaxine. 38. — Nttrsuxx, Les auteurs luxembourgeois, 34, note 4, 1°.
GÉRY, Saint y en latin Gaugericus , d'où quelques-uns le nomment Gaugeric et Gaucher , est né à Y vois-Car ignan , pendant la dernière moitié du sixième siècle. Son père , dit-on , se nommait Gaudence et sa mère Ànastadiole: Bertholel écrit erronnément Astridiole.
Ses parents qui étaient d'origine noble, élevèrent le jeune Géry dans la crainte de Dieu et dans la connaissance parfaite de leur sainte religion; aussi croissait-il tous les jours en piété sincère comme il avançait dans les connaissances qui étaient alors enseignées dans les écoles publiques , au point que vers l'année 577,Magneric, archevêque de Trêves , dans une de ses visitalions diocésaines, ayant appris à le connaître , se crut en devoir de lui donner la tonsure et de l'élever au diaconat. Géry remplit dès ce jour les fonctions de clercdiacre avec zèle et pureté : Personne n'était plus charitable ni plus composé que lui dans ses dehors et sa conduite.
Dans ces pratiques de piété le diacre d'Yvois , c'est ainsi qu'on le nommait souvent , n'aimait rien tant que de n'être pas remarqué du monde ; mais la réputation de son mérite vola bientôt dans les pays voisins et l'y lit désirer pour pasteur. Vedulfe, cinquième évèque d'Arras et de Cam-
bray étant mort sur ces entrefaites en 580, le clergé et le peuple de ces deux diocèses qui pour lors étaient réunis, s'empressèrent de députer vers Cbilderic II, roi d'Austrasie, pour lui demander Géry.
Le roi y consentit et Géry , par obéissance disent les légendaires, fut forcé de se charger du fardeau de l'épiscopat. Gilles, évéque de Rheims l'ordonna prêtre et le sacra évéque. De ce jour commença pour le nouveau prélat une vie toute de sollicitude apostolique et de travaux évangéliques qu'il ne cessa de pratiquer pendant les trente-neuf années qu'il vécut encore. Prédications, missions, dispensation des sacrements, telles étaient ses occupations constantes. Plein de conviction en la vérité de sa foi et dans les droits de l'Eglise , il soutint l'une et défendit constamment les autres avec le courage le plus héroïque, même contre les empiétements des rois auxquels il osa plus d'une fois faire des remontrances aussi franches que sévères ; et nous possédons encore une lettre qu'il écrivit au roi Clotaire pour rappeler ce monarque à son devoir envers les églises qu'il tentait de dépouiller pour enrichir ses créatures.
Lorsque Géry monta sur le siège archiépiscopal, son diocèse renfermait encore des restes sensibles d'idolâtrie que ses prédécesseurs n'étaient pas parvenus à extirper : Le saint prélat se mit en devoir de les exterminer et il y réussit. Le mont des Bœufs entr'autres, près de Cambray, avait conservé jusque la le privilège d'être le lieu d'un rendez-vous pour certaines pratiques payennes. Géry, pour en faire disparaître jusqu'aux moindres vestiges, y bâtit un monastère sous l'invocation de St. Médard. Cette maison subsista en cet endroit jusqu'en 1540 où Charles-Quint la fit détruire pour y élever une citadelle. Alors les chanoines se retirèrent dans l'église de St. Vaast et y rapportèrent le corps de leur saint fondateur qui avait voulu être inhumé dans l'église de St. Médard.
Géry mourut le 1 1 août 619 et fut dans la suite inscrit au catalogue des saints.
L'antear da manuscrit des Viri illustres est comme d'ordinaire , très-laconique à Tégard de ce pieux prélat : « Sanctus Gau- «gericus Ivodieusis, Episcopus Cainera- « censis et Atrabensis. S. R. Imperii Prin- «ceps, fundator Ecclesise collegiatœ Ca- « meraci. »
Bt«ia»LCT, II. 71 a 78. — Puuir, I, fol LXV.— Dk la Haot, Annale* civile* et reliçieuaea d'YroU- Carignan, 407, tq. — Le* De lice» de* Pay«-Baa, II, 366, et 111, 71 , note. - Scaio*. - Gallia Chrutiaoa. III, 4. — Viri iUuatrc* , I, N° S. — Wituuci a WiLTacia, Ditquisitinnrt aatiqnariz IIi«toria- luxemkurgen*U; lib. II, e. 9. §. S. — On IUn, Vie* de* Père*, des Martyr* et de* Saint*, IV, 58*. — Gnu- «oiém, AeU Saactorum BHgii, II, 986, ad 818.
GEWIN, peut-être mieux Gbswin, Jean- Paul, originaire de Remich , ne nous est connu que par l'ouvrage intitulé : Virorum illustrium ex Ordine Eremitarum D. Augustini, par Corneil Curtius; Anvers, 1636. Il y est désigné comme auteur d'un livre suscrit: Fama posthuma D. Pétri Richardoti, abbatis Epternacensis. L'auteur y relève les mérites de François Ricbardot, évéque d'Arras, frère de l'abbé d'Ecbternach, afln de mieui faire ressortir les excellentes qualités de ce dernier.
D'après une communication que M. le Professeur Marx, de Trêves, a eu la bonté de nous faire, il est à croire que J.-P1 Gewin était religieux d'Ecbternach, et qu'il fut contemporain de l'abbé Ricbardot qui est mort en 1628 (v. son art.).
L'anvrage cité dan* le teste; et Professeur Mai, de Trêve* , commattication maamterite dn 99 mai
GHISLA1N, Gitlain ou Sehetzel, Schetzelon , est un de ces personnages énigmatiques sur lesquels l'histoire aussi bien que la légende ne nous ont conservé que très-peu de renseignements directs et positifs. Si nous pouvons en croire Bertbolet, Sehetzel était né dans le Luxembourg pendant les premières années du douzième siècle. Nous ne savons absolument rien sur son premier âge ni sur sa jeunesse, ni encore sur ses parents. Seulement il est constant que, élevé dans une
extrême piété il crut ne pouvoir se rendre plus agréable à Dieu qu'en se retirant dans la solitude afin de n'être point distrait dans ses méditations; et il choisit la forêt du Griinwald où il passa les quinze dernières années de sa vie, n'ayant que le firmament pour couverture, l'air pour habillement et le manger des bêtes sauvages ; car il ne se nourrissait que d'herbes , de racines, de glands et de faines , et ne se couvrait le corps que d'une simple ceinture de peau avec un sachet qu'il portait pendu au col. La légende nous apprend que seulement pendant ses quatre dernières années il a consenti en forme d'adoucissement à sa mortification surnaturelle, a manger de temps en temps un morceau de pain de son ou d'orge qu'il allait demander dans l'une ou l'autre des cabanes des environs et devant la porte desquelles il prenait aussi parfois son gîte. On montre encore au Griinwald une espèce de grotte près d'une fontaine, qu'on nomme de son nom et où la tradition veut qu'il ait demeuré.
Pendant l'été de l'année 1857, M. l'abbé Klein, desservant de la paroisse de Weimerskirch à fait faire des fouilles dans la grotte dont nous venons de parler, et on n'y découvrit que quelques fragments de vases avec deux lames de couteau enrouillées ainsi que des débris de poutres ; d'où l'on peut conclure , dit M. le curé , que cet antre a été habité dans le temps, qu'il a été agrandi par une main humaine et que très-vraisemblablement il y avait une espèce de construction-avancée, comme du reste il était d'usage chez les solitaires d'avoir un oratoire contigu à leur cellule. La fontaine dite de Sehetzel se trouve à deux cents pas environ de la grotte, et dans les temps anciens un religieux de l'abbaye de Munster venait tous les ans en bénir l'eau : mais cet usage s'est perdu depuis plusieurs siècles.
Lorsque Sehetzel pressentit, dit-on, que sa fin approchait, il alla au village voisin, à Jung- ou à Burg-Linster, se fit administrer le St. Viatique et rendit bientôt après
son âme au créateur, en Tannée 1141. Il fut inhumé d'abord au lieu même où il avait vécu , et une chapelle fut bâtie sur son tombeau ; mais quelque temps après, c'est-à-dire vers l'année 1150, l'abbé de Munster fit transférer son corps dans son église où il fut solennellement enterré audevant du maître-autel. La dévotion publique lui avait élevé un monument qui fut détruit lors de la ruine de l'ancienne abbaye de Munster en 1 544 par ordre de Charles- Quint, et ses restes demeurèrent enfouis sous les décombres. Nous ne savons si ce pieux solitaire a été solennellement canonisé; quoiqu'il en soit le martyrologe belgique en fait mention au 6 août.
Nous ne pouvons nous empêcher de rapporter ici quelques particularités qui dépeignent plus particulièrement ce saint anachorète : Pendant un voyage qu'il fit à Trêves après la diète de Spire, St. Bernard ayant appris la vie austère de Schetzel, voulut le faire visiter par deux de ses religieux qu'il chargea de lui présenter de sa part une tunique et des souliers ou des sandales, le priant de s'en servir pour l'amour de lui. Ici nous laisserons parler l'un de ces religieux , parce que le style naïf de la légende peindra mieux la situation: «Nous nous mimes incontinents en « chemin , et nous arrivâmes de grand « matin à la maison où nous croyions qu'il «réposait. Ne l'ayant pas trouvé, nous « nous informâmes auprès de son hôte ou «était Schctzelon. Il nous dit qu'il était «parti vers minuit; que lui ayant demandé « pourquoi il partait de si bonne heure, «il lui avait répondu que quelques reli- «gieux devaient venir pour le chercher, « mais qu'il ne voulait pas se montrer à «eux pour lors. Nous avions cependant « cru le surprendre avant qu'il fût levé ....
« Nous priâmes son hôte d'aller au lieu « de sa retraite et de le supplier de notre « part de ne pas nous priver de sa prête sence, en considération de celui qui «nous avait députés. Il le fit, et quand «nous fûmes auprès de lui, nous le sa- « luàmes et lui offrîmes les présents que
«notre maître lui envoyait. Il les reçut « avec respect , se revêtit de la tunique et « se chaussa ; mais il ôta de suite le tout, « et nous dit : Béni soit Dieu qui a daigné «inspirer a cet homme apostolique de se « souvenir d'un misérable pécheur comme « moi ; j'ai mis par amour pour lui et par «obéissance les vêtements qu'il m'avait « destinés , mais je ne puis pas les porter «plus longtemps, puisque je n'en ai pas «besoin, et que St. Bernard ne me l'a «point commandé; car je vous déclare, « mes amis, que rien ne me ferait plus de « peine que d'être obligé de me charger « de nouveau de ce fardeau , dont je me «suis dépouillé depuis longtemps.
« Lorsque nous vîmes la bonté et l'affa- «bilité de ce solitaire, nous lui parlâmes « avec plus de confiance , et nous lui de- « mandâmes s'il ressentait encore les ten- « talions du démon et les aiguillons de la «chair? Il sourit en entendant cette pro- « position , et comme sa vertu n'avait rien « de farouche , il nous parla ainsi : Il y « a longtemps , mes chers frères, que par « la grâce de Dieu je suis délivré des pas- « sions vicieuses de la chair ; mais puisque « la vie de l'homme est une tentation per- « pétuelle sur la terre, qui est-ce qui peut « se glorifier d'avoir un cœur pur ? Si nous « disons que nous sommes sans péché, nous « nous séduisons nous-mêmes , et la vérité « n'est pas en nous ; environnés de toutes «parts de pièges, comme nous sommes, «et exposés sans cesse aux traits de nos « ennemis , à moins que nous ne soyons « défendus du bouclier de la divine pro- « tection, pouvons-nous être à couvert des « embûches de ceux qui attaquent l'homme «le plus juste? Nous nous confions néan- « moins en la miséricorde de Dieu, qui « est fidèle , et qui ne permettra pas que « nous soyons tentés au-dessus de nos forces.
«Mais pour vous satisfaire, je vous «raconterai les sortes de tentations aux- « quelles je suis quelque fois sujet : Un «jour qu'il faisait un froid excessif, je « me couchai nu sur la terre, et il tomba « une si grande quantité de neige que j'en
«fus couvert à la hauteur d'an pied et « demi ; de façon qu'il ne me restait qu'une «petite ouverture par où je respirais, « parce que mou haleine y avait fondu la « neige. Alors un lièvre , transi de froid, « cherchant son gîte pour s'y cacher, passa « par cet endroit et s'y arrêta , attiré sans « doute par la chaleur. Ce hasard me fît « rire , et j'eus la pensée ou de le tuer « ou de le prendre à la main, afin de m'en « amuser. Mais je me retins, et revenu à « moi-même , je condamnai ma légèreté et « me reprochai la perte de temps que j'a- «vais faite dans cette pensée frivole. Je « laissai donc reposer le timide animal « aussi longtemps qu'il voulut , et jusqu'à «ce qu'il se retira de lui-même.
« Voilà une des tentations les pins con- « sidérables que je me souviens d'avoir « eues depuis plusieurs années j c'est pour « vous égayer que je vous en ai raconté « les circonstances, plus au long peut-être « qu'il ne convenait. Dn reste, je suis con- « fus et triste de ce que de vains objets «m'inquiètent, telles que des mouches «qui volent, et par où je me vois distrait «et empêché souvent de continuer les « méditations célestes. »
Bminn, IV, 97 a 104. — Martyrologe Brlgîque, aa 6 ••Al t ViU SU Al hardi. — Wn.aat.Btr* a Wiit- ■ub, Disquiiitiooes aatiqaariai Htstoric lnxea*burgeswis. L. II, e. 4, |. 5. - De Fsi.ua, Dictioanaire historique, litt. 8. — Lvcas Ni»*»»o»ji, Bes mu m terieasca; tnicrt. Bibl. I.uibg. — Hiitoirc de l'abbaye de "falre-Dane de Mnnoter; aaaert. Bibl. Luibg. — Renseignement* fonmie par M. Kuta, desserrant a
49, ta]. — Ikvaunc, G. - Paop«t, 13. — Masm. 393.
GILLES , dit d'Orval, Aegiditu Aureœ- Yallit , est né à Liège suivant la plupart des auteurs, dans le Pays de Famenne suivant d'autres. Quoiqu'il en soit il entra à Orval où il prononça ses vœux religieux. Il y florissait pendant la première moitié du treizième siècle. M. le Comte de Becde-Lièvre dit qu'il est mort en 1248, taudis que d'autres historiens fixent Tannée 1251 , et ce avec plus de fondement puisqu'il a encore écrit des événements qui se sont passés en cette dernière année.
L'Histoire ne nous a rien conservé sur la vie de ce religieux qui paraît-il, est entré adolescent à Orrai en qualité de novice et y mourut vieillard, ayant partagé tous ses instants entre l'étude, la prière et les travaux des mains, comme cela était d'usage dans son abbaye.
Nous ayons de Gilles d'Orval, ainsi dénommé par quelques-uns parce qu'il était religieux de ce monastère, ou de Liège de son lieu natal, une Histoire des évêques deTongres, de Maastricht et de Liège jusqu'à Henri de Gueldre (1251) , sous le titre de : Hittoria Epitcoporum Tungrentixm, Trajectensium et Leodiensium, a S. Materno primo Tungrorum Episcopo, ad annum salutit C13.CC.LI. Elle a été imprimée dans le second volume du Recueil de Cbapeauville, en 1613. Cet ouvrage est très-estimé pour l'eiactitude avec ~ laquelle les faits y sont rapportés ; mais, dit Bertholet , on peut lui reprocher un peu trop de crédulité sur certains miracles : 11 est la continuation des mémoires d'Anselm de Liège.
CBArBAUTtue , Collectio auclorunt prascipoorum qui g rata pootificum Tangreusium , Traierten*ium et Leodientium icriptcrnnt, II. — Fa. Swbbtios, Athemm Belgiev, 107. — BcaraotaT, I, 76, aote f. — aa Bac-aa-Liiiras, Biographie liégeoise, I, 01. — D. Caxmbv, Bibliothèque lamine. — Moaaai, IV, 287 — La G a* m. Notice aar les laseajtbourgeoia célèbre*. It, aq, — Paovbt, 93. — Biographie générale dea Belges, 90. — Le* Bon me* illustres de* Pays-Bas, II, 113. - Devra*, Histoire du Pays de Liège, IL 334. Nkimabb, Les aatear* luxembourgeois 7.
GILLES, dit d'Orval, autre reUgieux du même monastère , ne nous est connu que par une histoire de ton abbaye qu'il a composée et qui finit à l'année 1 555 : On trouve dans cet ouvrage plusieurs faits d'Histoire du Pays de Luxembourg et du Comté de Chiny.
D. Camutt, Bibliothèque lorraine. — Nsobabb, Le*
GILLES, dit d'Yvoit, mérite de trouver place parmi les illustrations du Pays à cause d'un trait d'héroïsme patriotique qui a rendu sa mémoire célèbre parmi ses compatriotes. Il était simple forgeron ou
maréchal-ferrant, mais homme de tète et de courage : Pendant le siège mémorable qu'Y vois , sa ville natale eut à soutenir contre François I. en 1541, Gilles a la tête de quelques bourgeois aussi braves que lui, mais dont les noms ne sont pas parvenus jusqu'à nous, osa faire une sortie en plein jour et entreprendre de s'emparer d'une partie de l'artillerie des assiégeants. »II parvint à se saisir de trois pièces de canon qu'il traîna jusque dans les fossés au pied des murs de la place, se flattant de l'espoir que peut-être les assiégés pourraient au moyen de cordes, les enlever par dessus les murailles. Mais comme il vit bientôt que cela serait impossible il les encloua après en avoir brûlé les affûts. Et ce ne fut qu'avec grande peine et après avoir perdu beaucoup de monde que les assiégeants parvinrent plus tard à les retirer du fossé.
A la suite du même siège qui fut mémorable sous plus d'un rapport, les habitants d'Yvois donnèrent une preuve bien honorable de leur fidélité à leur prince légitime : ils aimèrent mieux se faire bannir et perdre toute leur fortune plutôt que de prêter serment à un autre maître. Ils firent plus encore, ils s'enrôlèrent tous dans l'armée d'Espagne où un grand nombre d'entre eux périt sur le champ de bataille pendant les deux années de guerre à outrance qui suivirent la reddition d'Yvois au Duc d'Orléans.
De la Haut, Annale* civiles et religieuse» d'Yvois- CarigMn, 115 et 408, sq. — 1>0 But, Mémoires, IV, 89.
Gillbs ou Gillbsz , Jean, dit Baron d'Aldringen; v. ALDRINGEN, Jean-Gilles, baron d'.
GILSON, U frère Abraham, naquit à Habay-la-vieille , le 1" octobre 1741. Un amour profond pour le recueillement et la solitude le porta à se faire ermite au Biseux. Là, dans la contemplation, la prière et le silence, il se pénétra peu à peu des tableaux de la nature et se passionna pour elle. Sans avoir fait aucune étude du des-
sin il s'amusait à reproduire les sites dont l'aspect avait frappé ses regards. Plus tard il entra comme frère convers à l'abbaye d'Orval où son talent pour la peinture ne tarda pas a se relever, et il fut goûté par ses supérieurs qui l'encouragèrent d'abord dans ses travaux, fidèles aux anciennes traditions de l'abbaye où de tout temps on avait cherché à développer les différentes branches de connaissances humaines et des arts utiles. Bientôt après le frère fut envoyé à Rome et à Paris pour étudier aux académies de peinture dont il devint en peu de temps un des élèves les plus distingués : il s'inspirait en effet de la vue des chefs-d'œuvre de l'école italienne surtout. A son retour il alla encore visiter les œuvres des grands maîtres à Dusseldorf , à Manbeim, à Bruxelles et à Anvers. Revenu enfin définitivement daus son monastère , Gilson résolut de faire largement profiter celui-ci des fruits de l'expérience qu'il lui avait fait acquérir. On en jugera par la liste seule des tableaux qu'il composa pour la nouvelle église de l'abbaye , qui était , comme on sait , dédiée à St. Bernard.
Fresques de la voûte, en trois grands tableaux : 4°. Ste. Cécile, entourée d'anges qui chantent avec elle, placée au-dessus des orgues. — 2°. Ascension du Christ qui est accompagné des Pères de l'Ancien-Testaraent. — 5°. Apothéose de St. Bernard et de St. Benoit accompagnés de religieux de leurs ordres respectifs.
Dans le bas-côté de gauche: 4n. Crucifiement de St. Pierre. — «V. Chute de Simon-le-magicien. — 6". St. Pierre guérissant les malades par son ombre. •— 7°. Entrée de Jésus à Jérusalem. — 8°. Zachée sous le sycomore. — 0\ La Résurrection de Lazare. — 40*. La Transfiguration du Christ. — 4 f*.Sermon sur la montagne. — 42'. Les vendeurs chassés du Temple. — 1*5°. Jésus au Temple enseignant les Docteurs de la Loi.
Dans le bas-côté de droite: 44°. La Décollation de St. Paul. — 15°. La Conversion de St. Paul. — 16°. St. Paul prêchant à
l'aréopage. — 17°. Le tribut dû à César.
— 18". Le lavement des pieds. — 19°. Jésus montant le calvaire. — 20°. Elévation en croix. — 21°. Descente de croix. — 22°. Résurrection du Sauveur.
Dans le chœur: 23°. Apothéose et couronnement de la Vierge; fresque sur la coupole au centre des traverses. — £4°. Présentation de la Vierge au Temple. — 25°. Présentation du Sauveur aux Docteurs; fresques au-dessus des chapelles.
Sur les voûtes ou plafonds du chœur; fresque en trois tableaux; 26°. L'Arche d'Alliance et les sacrifices de l'Ancien- Testament. — 27°. L'Adoration de l'Agnean et les mystères de l'Apocalypse. — 28". Le Saint-Sacrement adoré par les Pères de l'Eglise.
Deux médaillons: 29°. SS. Pierre et Paul, à mi-corps et de grandeur naturelle, entre les pilastres du chœur et ceux de la nef transversale. —50°. Les sept Vertus théologales, en grisaille dans des panneaux.
Dans les onze chapelles: 3t°. SS. Michel , Gabriel et Raphaël conduisant le jeune Tobie. — 52° Naissance du Sauveur.
— 33° Martyr des premiers apôtres , sous Néron. — 34° Le fondateur de l'Ordre de liteaux en extase devant la Ste. Vierge qui lui présente son fils. — 35" Le fondateur du Mont-Cassin avec trois anges soutenant son livre , lui présentant un encrier et lui montrant l'Esprit-Saint qui l'inonde de ses lumières. — 36 '. Le Saint au poteau et le bourreau lui déchirant les chairs.
Plusieurs autres médaillons en grisaille.
Outre ces tableaux, le frère Abraham avait peint des toiles en grand nombre qui se trouvent soit dans l'église de Villers-devant-Orval, soit entre les mains de plusieurs particuliers : 11 y en avait entre autres douze ou treize dans le réfectoire de l'abbaye de Munster, d'où elles furent plus tard transportées à la maison curiale de la ville-haute de Luxembourg et finalement vendues par l'effet d'une coupable insouciance pour les beaux-arts. Le chiffre connu de ces peintures connues et décrites
par M. Namur s'élève à trois cent cinquante-un.
Après la dévastation et l'incendie de son abbaye, le frère Abraham s'était retiré à Luxembourg où il a séjourné jusqu'à la reddition de cette place à l'armée de la République française ; puis il est allé mourir à Florenville, le 16 janvier 1809, à l'âge de soixante-huit ans, pleurant encore ses tableaux dévorés par les flammes à Orval et qui lui avaient coûté plus de vingtcinq ans de travail.
11 fut enterré dans ou près de l'église du même village où l'épitaphe suivante, gravée sur une pierre bleue adossée au mur du temple rappelle sa mémoire :
ci-git auhauam gilson frere convers de l'abbaye d'oryal.
il fut peintre celebre et son noble ta-
[lent
decora cette eglise, artiste bienfaisant, modestb bt vbrtc-
[strx
RELIGIEUX AIJSTERB IL VBCCT EN BON FRBRB ET MOURUT EN SAINT PERE LE 16 JANVIER 1809.
Jcastm, Chronique! «le l'abbaye d'Orval, 180, »qq. — La G>in, Notice »»r le* loiefnbourgroi* célèbre*. 45. — Note* communiquée* — A N.4«oa, Notice nurle frère Abraham Aaver* 1B60; et S< édit , Luxbg ,Dûck.
G1LSON, le frère Jérôme, était frère du précédent. 11 entra comme lui à l'abbaye d'Orval où il se distingua d'une manière éminente comme doreur. Il est mort à Florenville, auprès de son frère.
KcntcigncncnU COnunuuiqué*.
GIRCKEN, Nicolas, né à Eybcrtingen dans l'ancienne prévoté de St. Vith, fit profession dans l'ordre des Ermites de St. Augustin, passa Docteur en Théologie et professa cette science à Cologne. Il fut aussi examinateur synodal et nommé prieur du monastère de sa règle dans la même ville, le 26 avril 1703; finalement on le désigna Provincial au chapitre tenu en cette ville. Il conserva cette dernière dignité
jusqu'au 23 janvier 1706 ; le 14 avril il l'obtint de nouveau et la garda jusqu'au 10 mai 1715. Il mourut à Aix-la-chapelle le 1« juillet 1717, à l'âge de 56 ans, la 37* de sa profession religieuse et la 33* de son ordination.
On a de lui l'ouvrage suivant qu'il composa pour l'instruction de ses religieux : Sumna summœ Theologiœ Scholasticœ juxta tuta et inconeussa dogmata SS. Augustini et Thomœ; 4 vol. Cologne, 1704. A l'édition de 1719 il avait voulu ajouter un 5' volume : De religione et statu, religioso; mais la mort le prévint avant qu'il en eût achevé le manuscrit.
Huthhi, Bibliotbeca coloaientis, 850. — Nstr- Les Mtinn luxembourgeois, 57.
GisLAin j v. GHISLAIN.
GISLEBERT, moine de St. Hubert, célèbre copiste du onzième siècle. La beauté et la régularité de ses caractères sont encore, aujourd'hui un objet d'étonnement et d'administration pour les connaisseurs.
C" de Bec-de Liixro, BiograpUe liégeoise, 47.
GLEWEL, Wenand, abbéd'Ecbternacb, de 1437 à 1465, est beaucoup loué par Bertels qui lui consacre au-delà de deux pages, c'est-à-dire beaucoup plus de place qu'il n'en a donnée à aucun autre abbé.
Nous n'avons découvert ni le lieu ni la date de la naissance de ce prélat, ni son extraction. Il était custode ou portier de l'abbaye lorsque Pierre de Hiibingen , 48* abbé d'Ecbternach vint à mourir et que les religieux le forcèrent à accepter la dignité suprême de leur maison malgré ses protestations d'insuffisance. La clémence , dit Bertels , luisait sur la figure de l'abbé Wenand Glewel j une exquise prudence dans tous ses actes et la vigilance la plus éclairée dans la direction qu'il donnait au monastère. Il joignait à ces belles qualités une exactitude exemplaire à assister aux offices comme aux heures canonicales ; et pendant ses courts moments de loisir il s'occupait à des travaux littéraires d'un grand mérite , tant pour l'abbaye , ajoute
le môme auteur , que pour le monde savant. En effet il composa : 1° De computu reddendo. Ouvrage qui parait avoir été une espèce de compte-rendu de l'administration de son monastère. On lui attribue en outre, 2*. Un Dictionnaire latin-allemand, qui est resté manuscrit et que l'on conserve à la Bibliothèque de Luxembourg, avec la suscription : Vocabularium latino-germanicum; vol. in 12. Ce livre est surtout destiné à servir à l'intelligence des anciens diplômes et des Chartres.
Afin de réunir ici tous les faits qui nous ont été conservés sur cet abbé , nous ajouterons que son élection a d'abord rencontré une opposition dans la personne du prélat de St. Martin de Trêves qui prétendait se mettre à sa place parce qu'encore du vivant de l'abbé défunt cette dignité , disait-il , lui avait été promise. Mais Wenand Glewel se reposant sur la justice de sa cause , traduisit son compétiteur devant le concile de Bâle qui condamna les prétentions de ce dernier, confirma l'abbé Wenand et le fit bénir en 1439 au couvent des frères mineurs, à Bàle môme.
Pendant un incendie considérable qui ravagea la ville d'Echternach en 1444, l'abbé Wenand Glewel ouvrit les caves de son monastère et donna à ceux qui travaillaient à éteindre les flammes du vin en abondance, afin de soutenir leurs forces, dit Bertels, qui ajoute qu'à cette occasion sept charretées furent ainsi distribuées. Cet abbé eut en outre à souffrir plusieurs contradictions pénibles tant de la part des habitants d'Ecbternach que de quelques-uns de ses moines mutinés contre son autorité ; mais il les supporta toutes avec la plus belle grandeur d'àme à cause de l'amour qu'il portait à son monastère.
L'abbé Wenand Glewel est mort plein de jours en 1465, et fut inhumé devant l'entrée de la sacristie de son église abbatiale.
Bistxls, 170. «qq. — Nieaxim, Les ■■leurs luxembourgeois, tO. — Bx*TBOirr, II, P. S. X. — <h.»s»w, Catalogne de la Bibliotb. de Luxbrg., 488. - Liber aureus, sascrl. parcbesx. fol. LXXXI1I
GOEBEL , Barthélémy , est un de ces religieux modestes dont l'Histoire n'a pas transmis les vertus , bien que de son temps il ail su se faire une réputation méritée de piété et de vie exemplaire. L'auteur du manuscrit des Viri illustres est la seule source qui nous ait fait connaître ce personnage qui a vécu vers l'époque de la rédaction de cet ouvrage: «1654. Bartho- «lomsus Gœbel Luxemburgensis Carlhu- «siœ Domus Sancti Sixti in Rutila prior « et convisitator. » Avons-nous besoin d'ajouter qu'il faut traduire Rutila par Rethel?
Viri Ulo.tre., I, N* 107.
GOMAND, Jean- Henri- Willibrorde, fils de Remy-Nicolas Gomand , employé à la recette générale et de Catherine Beck, est né à Luxembourg, le 11 février 1817.
11 suivait les cours de l'athénée de cette ville lorsque M. Boch-Buscbmauo (v. son art.) propriétaire et directeur de la faïencerie de Septfontaines voulut créer près de cette manufacture une école de gravure dans le but de faire un sort convenable à des jeunes gens de bonne conduite et qui donnaient quelques espérances. A cet effet M. Boch s'informa près des professeurs de l'athénée des élèves qu'ils croyaient dignes d'être admis à apprendre un art qui devait leur procurer une position aisée: Gomand fut un des premiers qui ont été recommandés ; et il ne démentit point la bonne opinion qu'on avait de lui.
11 s'appliqua d'une manière louable , se perfectionna dans le dessin dont il avait eu les premières notions sous la direction du Professeur Fresez , dans le cours duquel il figura plusieurs fois parmi les lauréats; il apprit a modeler, s'initia aux secrets de fabrication de la faïencerie, et après quelques années il était bon graveur.
Comme vers 184» l'invention de la galvanoplastie fit un moment craindre à bien des graveurs de voir leur avenir devenir précaire , Gomand demanda à être employé au bureau de la faïencerie où il devint teneur de livres , puis caissier. 11 fut plus tard chargé de surveiller la fabrication.
Dans l'accomplissement des devoirs que lui imposait ce dernier poste il eut occasion de s'occuper de nouveau de gravure et de dessin. Il le fit d'une manière digne d'éloges : Ce fut lui en effet qui dessina et grava les objets qui , à l'exposition universelle de Paris en 1855, valurent à la faïencerie de Septfontaines la médaille de deuxième classe ; ce fut lui qui a modelé pour orner le musée de M. Boch, une frise dont une partie a figuré à la même exposition et que le musée de Sèvres a jugée digne de paraître parmi les richesses de ses collections céramiques. Enfin la Société archéologique de Luxembourg , qui l'avait inscrit dès 1847 au nombre de ses membres correspondants , a su apprécier le talent qu'il a su mettre à déchiffrer les sceaux et les médailles : il a cherché avec une infatigable constance et a reproduit par un procédé à lui , avec une merveilleuse exactitude , les sceaux de tous nos souverains , des seigneurs, des institutions civiles et religieuses du pays. Un savant français, M. Achille Jubinal a constaté le mérite de celte reproduction pour laquelle il a, au nom d'une société archéologique de France , fait don à Gomand d'un ouvrage de grande valeur.
Gomand est mort le 28 avril 1857, à peine âgé de quarante ans.
Notice nécrologique tar Gonind; dans: Publication! de U société ■rcbéologione d« Graad-Dmcbé. à Laxc»bo«rgi XII, », iq.
GORGES, Michel, est né à Bleyalf, le 30 octobre 1681. Dès l'âge de dix ans il suivit le cours de latin et la poésie à Munster-Eiffel; plus tard il entendit la philosophie au Collège des Trois-Cooronnés à Cologne; enfin la Théologie dans la même ville. Entré dans l'ordre des Jésuites il enseigna pendant huit ans la pédagogie au Collège de Cologne et s'y acquit une grande réputation de science.
Il fut ensuite nommé chapelain de l'église de Saint Aubin dans la même ville , mais il n'en remplit les fonctions que pendant six mois, ayant, après un concours qui fut tenu a Dusseldorf , obtenu la cure de
Hochstadt dans le Oocbé de Juliers , à laquelle était attachée la place de commissaire près des religieuses du St. Sépulcre à Neuysz et celle de Camérier du chapitre archidiaconal de la même ville. Il vivait encore en 1745 ; mais nous n'avons pas découvert la date de son décès.
On a de Michel Georges, 1°. braChIVM DeI nostrI In prInCIpb bVgenIo. Von gottbs arMb In sbrVIsn cbkobpfter tVrCkbnDraCu. Discours sur la victoire de Charles VI sur les Turcs. 1717. — 2°. Dreistimmige Lerch, das istLieb-Lobuod Gebetts-Uebungen zu Ehren der eingefleischten Dreyfaltigkcit Jésus, Maria, Joseph. 1719. — 5°. Ricbtschnur der Marianiscben Schseflein in Verebrung des Gnadenreicben Bildnus der allerseeligsten Mattcr Gottes zu Kevelœr unter dem Titel : Trœsterinn der Betruebten. 1741. — 4°.
Gnadenbaum, das ist , die wunderwuerkende-allerseeligste Mutlcr Gottes Maria in der Gnadenreicher Passaoischer Bildnus Maris in dem Hoch-Adelichen Closter Marise-Baschleio genaont zu Starckerath im Herxogtbume Cleve gelegen.
Ha*tsui«, Bibliotbcca colonieaii*. 281.
Granson, Ârnoulde; v. CHINY, Arnoul de Granton, Comte de.
Grbin, Jean- Baptiste; v. GREYN, Jean- Baptiste.
GREVENMACHER , Fulco de, est cité pour avoir pris part à la première Croisade et pour avoir péri devant Antioche, en 1096.
GREVENMACHER, Siger de, compagnon de Fulco qui précède, assista avec celui-ci à la première Croisade. 11 périt comme lui et à ses côtés devant Antioche, en 1096.
GREYN, Jean-Baptiste, né pendant la première moitié du dix-huitième siècle, à Michelbuch, commune moderne de Vichten , avait obtenu les ordres sacrés. 11 était curé de Brachtenbach , au canton de Wiltî, lorsque de concert avec uo autre prêtre ,
vraisemblablement de sa parenté, Jean- Bernard Beceer , vicaire au même Michelbuch et originaire de ce village ou bien de Schandel , commune d'Useldange, ces deux respectables ecclésiastiques fondèrent le 7 octobre 1777, devant le notaire A. Everling de Grosbous le bénéfice dit de Michelbuch.
Les motifs qui les décidèrent à cette libéralité qui devait passer pour grandiose à cette époque et qui Tétait devenue en effet par le concours que les autres habitants du village s'empressèrent d'y apporter ; ces motifs sont trop puissants pour que nous ayons pu omettre de les transcrire ici:
« Les deux comparants , est-il dit dans « l'acte de fondation, pénétrés d'une fer- » veur chrétienne et sainte pour l'instruction « de la jeunesse de Michelbuch , éloignée « de toutes écoles, pour secours consolant «des infirmes si éloignés de l'égtwe paroisci siale — Bissen dont cet endroit ressortis- «sait alors en étant éloigné de plus de «cinq kilomètres — comme aussi pour «intérêt corporel et spirituel du village «de Michelbuch, ont volontairement et « publiquement déclaré d'avoir donné, cédé « et transporté par donation entre-vifs pour « toujours et à perpétuité à un vicaire tem- « poraire de Michelbuch les biens et rentes « ci-après leur appartenant respectivement, « sous les conditions, émoluments et charges « qui suivent. »
Celte donation consiste respectivement,
A. pour Jean-Baptiste Greyn , f. en la cession de son bien patrimonial dit Febnrichsgut, consistant en prairies, champs labourables, terres sarlables, bois et haies, ainsi qu'un journal et demi de terre de Vichtengut; 2°. en l'abandon d'un capital constitué, de trente écus du pays (138 francs et 30 centimes), rapportant par an quinze escalins ou 8 frs. 64 centimes.
B. pour Jean-Bernard Becker , dans l'abandon de quatre capitaux ou créances constituées , montant au chiffre global de cinq cent sept écus et huit sols de Luxembourg (2,337 frs., 93 es.), rapportant en
rentes au denier vingt une somme de frs. 350, 68 es. par an.
Ces différentes sommes, l'abbé Becker a déclaré qu'elles provenaient de la succession de l'abbé Nicolas Gbnglbr , mort curé à Souftgen , et qu'il les abandonnait au profit de la dite fondation en acquit d'un devoir qu'il avait assumé en devenant héritier universel du dit curé Gengler.
Les donations dont il vient d'être parlé ont été faites en faveur d'un vicaire ou chapelain temporaire de Micbelbuch, lequel devra toujours être approuvé pour entendre les confessions; le tont aux charges soivantes :
1°. De dire tous les dimanches et pour le village, la messe dans la chapelle do dit Micbelbuch , et ce à une heure assez matinale pour ne pas empêcher les fidèles d'aller assister au service paroissial.
2". De dire deux messes semainières, applicables aux familles respectives des fondateurs.
3\ En acquit de la rente de 15 escalins provenant du capital Greyn, il a à dire annuellement quinze messes à l'intention des auteurs de ce fondateur.
4*. Aux quatre principales fêles de l'année il ne pourra célébrer la messe à Micbelbuch que du consentement exprès du curé.
5*. Il tiendra pendant les mois de novembre, décembre, janvier et février une école gratuite pour les enfants du village. Les branches à enseigner sont : l'instruction religieuse , la lecture et l'écriture.
6*. Il administrera la fondation.
7*. En cas de vacance, les prêtres issus de la famille des fondateurs auront toujours la préférence pour obtenir ce bénéfice dont ils ne pourront ensuite être démis que pour des causes réelles, non ennemies (tic), de mauvaise et scandaleuse conduite ou d'une négligence coupable dans la tenue de l'école: ce dont le curé est toujours appréciateur et juge\
Les descendants de ces deux familles sont : ceux de la maison Greyn de Micbelbuch, ceux de Michel Gengler et Susanne
Scbrœderde Scbandel, et ceux d'Augustin Becker et Susanne Gengler de Lintgen.
Les fondateurs posent en outre la réserve absolue que : pour le cas où un jour l'objet de leur donation deviendrait cadnc ou serait détourné de son saint but, les biens et capitaux respectivement donnés retourneront à leurs héritiers , savoir : les libéralités du premier donateur à la maison Greyn de Michelbucb, sa maison paternelle ; celles du second , par moitié aux enfants de sa sœur Catherine Becker de Bittbourg et la seconde moitié aux descendants des époux Michel Gengler et Susanne Scbrœder de Scbandel.
Les pertes à essuyer dans les biens ou les capitaux attachés à la fondation entraîneront une diminution proportionnelle dans les charges, sur décision du curé de la paroisse.
Cependant les pertes qui proviendront de la faute du bénéficier ou par sa négligence, seront suppprtécs par lui ou par ses héritiers.
Pour corroborer la fondation, les habitauts du village, ayant comparu personnellement avec leurs épouses, se sont obligés à livrer tous les ans à leur vicaire, le jour de St. Martin , onze novembre : a) quatre bichets (mesure de Viandcn) de seigle par chaque cultivateur , et deux de ces bichets par ménage de journalier (total alors , 22 pour tout le village) ; b) un bichet de froment par maison de cultivateur (quatre en tout) ; c) quatre cordes d'Espagne de bois à prendre dans les bois particuliers, à façonner par les manœuvres et à ebarier par les quatre cultivateurs ; d) à admettre à la glandée , les années où il y en aura, deux porcs de leur vicaire ; e) à faire paître gratuitement pour lui trois bêtes à cornes , six brebis et antant de porcs ; f) à entretenir en bon état de réparation et de construction la chapelle et la maison d'école ; g) à fournir les ornements ainsi que le luminaire de l'église et les pains du sacrifice ; le vin devant être donné par le chapelain.
Enfin, un particulier de Michelbucb,
Jean Salentiny, de la maison dite Billen, a en outre ajouté à la fondation un de ses jardins auquel il a attaché la charge de deux messes annuelles ; et un autre, JVtcolas Gengler, dit Greyn, a échangé un jardin du douaire donné contre un autre plus commodément situé pour le vicaire.
Le douaire et la fondation Greyn-Becker subsistent jusqu'à ce jour comme bénéfice ecclésiastique. Us ont été régularisés par arrêté royal belge du 10 avril 1834.
D'un autre coté, afin de préciser l'importance actuelle du bénéfice de Michelbuch , nous dirons que depuis la promulgation de la loi de 1843 sur l'instruction primaire le bénéficier , qui d ailleurs jouit en .outre aujourd'hui d'un traitement de vicaire sur la caisse de l'Etat, ne fuit plus l'école pendant les quatre mois d'hiver j mais en compensation il est tenu de verser annuellement de ce chef, et pour satisfaire à la clause de l'acte de fondation, une somme de cent et un francs, ou cinquante florins , la moitié du minimum du traitement annnel d'un instituteur. Les services religieux sont servis.
Quant aux terres qui constituent son douaire, elles se composent, d'après le cadastre, comme suit :
r Terres labourables . 231» 10
2° Terres sartables . . 14 00
3° Prairies .... 27 30
4" Jardins .... 10 10
5» Bois 118 50
6° Plaotis .... 72 50
7° Haies à écorces . . 168 80
En tout . . 8" 42* 30 îu revenu cadastral de frs. 135 79 cL Nous n'avons découvert aucune particularité ultérieure sur l'abbé Jean-Bernard Becker.
Quant au curé Greyn, il avait été nommé curé de Brachtenbach en 1774 et avait pris possession de cette cure le 23 mai de la même année. Dans cette paroisse il s'est acquis l'amitié de tous par le zèle constant qu'il a su mettre à remplir tous les devoirs qui incombent au pasteur
d'âmes suivant la loi évangélique. Après y avoir, pendant vingt ans, donné l'exemple des vertus chrétiennes à tous, il fut transféré à la paroisse de Kaundorf, en 1794. C'est dans ce poste qu'il eut à subir toutes les tourmentes de la persécution sous les premières années du régime républicain français : sommé le 5 octobre 1797 (14 vendimaire an VI) par le commissaire du pouvoir exécutif de prêter le serment révolutionnaire, il s'y refusa avec courage et par conviction , et fut par ce motif condamné à la déportation. Mais il sut se soustraire à cette peine en se tenant caché. Dans cette pénible position il eut à essuyer toute l'amertume de ce que le curé Barthélémy (v. son art.), son successeur, a nommé pertecutiones gallicanas dans un registre de la paroisse de Kaundorf, et n'osa plus se montrer en public. Forcé de celte manière à cesser toute fonction pastorale, il ne pot plus administrer les sacrements les plus indispensables suivant la loi des chrétiens, et dut souffrir que ses paroissiens enterrassent eux-mêmes leurs morts et baptisassent leurs enfants. Enfin, consumé de chagrin, ce prêtre consciencieux est mort à Michelbuch, son lieu natal, dans la force de l'âge, le 8 avril 1806, emportant les regrets de ses ouailles dont il était resté le pasteur après la réouverture des églises au culte, et qu'il n'avait jamais cessé d'aimer comme en toute occasion il les combla de bienfaits.
Renseignements fourni* par M. le Professeur Ear.limc et M. VV»bl, curé * Brachtenbath. — Archive! de la paroisse de Kaundorf. — Kxpoté de la situation du Luxembourg belge. 1837, 48 - Acte .le fondation du bénéfice de Micbelbuch ; ans archives du vicariat apostolique, à Luxembourg. — Cadastre de la commune de Yichten. — Renseignements donnés par des particuliers de Kaundorf. — Protocole du notaire Bernard, de WilU, en l'étude du notaire G.
GuBifANGE, Thomas-Henri de; v. THO- MAS, Henri, dit de Guntingen.
Gdibaldb; v. W1BALDE.
GuiLERMO ou Guillaume, Don; v. VER- DUGO, Guillaume de.
Guiliermi, Ballhasard, dit Boningen; v. BONINGEN, Guiliermi-Balthasard.
Guillaume, C de Luxembourg ; v. LUX- EMBOURG, Guillaume, V de.
GUILLAUME, dit d'Or cal parce qu'il était religieux de cette abbaye, a écrit des sermons sur le Cantique des Cantiques.
La bibliothèque de Luxembourg possède cet ouvrage en manuscrit, sur velin; 1 vol. in folio, du quinzième siècle.
Clmn, Catalogne de la Bibliotltèipe de Luicmboara;, »S8 et SI 4.
GUILLAUME, dit de Viandcn, ne nous est connu que par l'ouvrage suivant qui n'a jamais été imprimé et qui est conservé en original à la Bibliothèque de Luxembourg : Liber Monasterii S. Willibrordi Epternacensit, scriptus sub Reverendo Domino Roberto aMonreal, abbale, p. f. Willibrordu. (nom de Religion de l'auteur) a Vienna 1587. Continet summarium vitœ S. Villibrordi, abbrevialione Âurei libri, registrum omnium li lier arum et adnotalionum pagorum, curtium oc bonorum secundum ordinem alphabeticum in fine; vol.
in 4°.
!M»«o*. Catalogue de la Bibliotkeqae de Luienbflorg. 887, »q.
GULICII, Maximin, né à St. Vith au mois de mai 1610, entra dans le monastère de St. Maximin en 1631, après avoir terminé ses éludes humanitaires, et fut ordonné prêtre en 1636. Sa rare régularité, sa piété et ses vastes connaissances le firent désigner coadjuteur de l'abbé Agritius de Reckingen (v. Agrèce de Reckingen), le 2 juin 1654, et l'année suivante septantequatrième abbé titulaire. Ce prélat eut la douleur de voir en 1674 son monastère dévasté par l'armée française. Cet événement l'affligea tellement qu'il en gagna une maladie de langueur qui se changea plus tard en faydropisie, laquelle l'enleva le 29 décembre 1679 dans le refuge de son abbaye, a Trêves.
L'église de St. Martin, près de cette ▼ille, reçut sa dépouille mortelle.
v. Sraaaasac, Mctropalis Eccltaic Tn*ere»rif, I, 566, »H.
Gcntï>gbn, Thomas -Henri; v. THO- MAS, Henri, dit de Guntingen.
GYMNICH, Eghard, Erard ou Evrard, de, est mentionné comme suit dans le manuscrit des Viri illustres : « 1624. Eyhar- « dus de Gymnich dominus in Berpergh, « monte sancti Joannis, Capitaneus gene- «ralis Ducatus Luxemburgensis, pro Jo- « anne Bavaro et Elisabelha Gorlicia , se- « poilus in Dudling. »
La maison de Gymnich, dite Beyssel de Gymnich dans une de ses branches, est d'origine allemande et très-ancienne. Elle a été connue dès le douzième siècle dans la personne de Henri de Gymnich qui avait épousé une dame de Linden née des plus anciens barons de Hollande et de Gueldre.
Gymnich, qui est encore florissant, porte : d'argent à la croix engrelée de gueules. Heaume couronné, au canard d'argent, becqué de gueules, en avant d'une branche d'arbre de sable. Robeos donne la généalogie de cette famille, mais il a omis la branche qui s'était fixée dans le Luxembourg dès la seconde moitié du treizième siècle, dans la personne de Guy de Gymnich que nous voyons seigneur de Dudelange en 1290. Cette terre a appartenu à ladite lamille pendant plusieurs siècles, de même que celle de Berbourg que Evrard, auquel cet article est consacré, a également possédée. Cet Evrard qui doit avoir été un seigneur puissant et guerrier a pendant vingt-cinq ans, de 1412 à 1437, été constamment en guerre avec le Pays de Trêves. Il avait épousé Gudèle ou Gudule de Badereck qui se disait veuve en 1445. Nous ne savons pas si ces époux ont laissé postérité.
Finalement Evrard de Gymnich a été Gouverneur du Quartier allemand du Luxembourg de 1413 à 1421 sous Wenceslas II et sous Sigismond, et a été inhumé à Dudelange où cependant il n'existe plus le moindre vestige de son tombeau.
Roacitt, AdrUboch de« Nieder- oad Mittel Racin* ; ▼ti-bo: GyatnieL et Btryiael to« Gjaaucb. — B*»tbout, IV. ante testait XXV. — G es ta T reliront m, III. 37, »q.- N»fe* d'étude* - Viri illoUre», III, N° 180.
HAGEN , le Père, né à Senlzig
près de Cattenom , (tarissait pendant la première moitié du dix-septième siècle. Ce personnage ne nous est connu que par les trois lignes que l'auteur du manuscrit des Yiri illustres lui a consacrées: «1650.
« Hagun ci Sencigh ad Keltenhof-
« fen ad Mosellam ordiois Minimorum « Sancli Francisci de Paula et ejusdem per c Auslriam Bohemiam et Bavariam pro- << vincialis. »
Viri ill.utrc*, J, K> 117.
HAHN, Mathias, né à Dercnbach, commune d'Ober-Wampach au canton de Wiltz , pendant les premières années du dix-huitième siècle , devint prêtre et fut nommé curé de la paroisse de Wiltz, à Xiederwillz. Ce respectable ecclésiastique Gt de ses épargnes un emploi utile en faisant donation a l'hospice de sa cure auquel il imposa l'obligation, en cas que un ou deux parents, tant de la lignée paternelle que de la maternelle voudraient faire dus études, de payer à ce ou ces étudiants une bourse annuelle respectivement de trente ou de cinquante écus du Pays. Si nu contraire aucun postulant ne se présente, les revenus de la fondation sont acquis intégralement à l'hospice. Comme cette libéralité est encore servie de nos jours, nous nous croyons en devoir de transcrire par analyse les dispositions mêmes du titre de la donation : Par acte du 14 septembre 1 762 , le comte de Wiltz atteste que le curé Hahn a remis à l'hôpital de Wiltz trois contrats d'obligation , plus un appoint de soixante écus en numéraire, lesquels forment une somme totale de neuf cent* écus du Pays ou 4140 francs, portant intérêts à 5 pour cent. Le donateur se réserve sa vie durant la rente de ces capitaux, moins quatre écus qu'il abandonne déjà tlors à l'hôpital , et après son
décès il dispose que : Pour le cas où dans la branche paternelle ou bien la maternelle de sa famille , mais de préférence dans la première, il y aura un ou deux sujets, nés dans les maisons mêmes qui portent les noms de ces branches et aptes aux éludes, aussitôt qu'il ou ils entreronlau collège ils percevront annuellement, s'il n'y en a qu'un, trente écus; s'il y en a deux, chacun vingt écus pendant leur séjour au dit collège, le tout moyennant qu'ils produisent tous les ans une attestation d'application et de progrès à délivrer par le Recteur. Si aucun sujet, qualifié comme ci-dessus ne profite de cette libéralité , ou si un seul en jouit au lieu de deux, la totalité, ou bien l'excédant de la rente de quarante écus revient à l'hospice de Wiltz; ou bien ce revenu pourra être utilisé au profil de l'école de la ville, à faire apprendre à lire à des enfants pauvres de la paroisse, le tout sur la présentation du curé.
Si la propriété des maisons Hahn , de Dercnbach, et Mullera, de Brachtenbach, dont il est question plus haut, Tenait à sortir de la parenté, le privilège accordé à ces maisons cesserait et l'hôpital resterait seul en jouissance de ces revenus.
La durée de l'usufruit des dites bourses est limitée à cinq ans pour les humanités, deux pour la philosophie et quatre pour la théologie , y compris le temps nécessaire pour le séjour au séminaire afin de pouvoir obtenir les Ordres.
Par acte subséquent du 20 septembre 1765 , le curé Hahn augmenta encore sa première fondation en la portant à treize cent cinq écus ou 8003 francs, en ajoutant aux conditions déjà établies la disposition suivante : si deux étudiants se trouvent en même temps vouloir profiter des bourses fondées, chacun d'eux touchera annuellement trente écus et un escalin (138 frs.
60 cts.) ; si an contraire il n'y en a qu'un, celui-ci recevra cinquante écus (230 frs) . Dans l'un comme dans l'autre cas l'hôpital conserve le surplus des intérêts du capital entier.
Lorsque Malhias Hahn a fait cette seconde donation il n'était plus curé à Wiltz et se trouvait au château de Waudrumont en Champagne, où vraisemblablement il est mort, nous ne savons en quelle année. Avant de quitter sa cure il avait donné à l'église de Niederwiltt un calice en argent doré, portant son nom. Ce souvenir a été enlevé pendant l'invasion de la République française.
Archive* nttoieipalea et «le Itotpicc de WilU.
HALLE, Jean -Baptiste, vit le jour à Transinne , chef-lieu de la commune du mèrue nom au canton moderne de Wellin, le 15 février 1748. 11 était Dis de Jean Halle, écbevin de la cour de Villance et mairie de Transinne, et d'Anne Evrard.
Sa famille qui jouissait d'une belle aisance était en même temps honorée de l'estime et de la confiance générales.
Jean-Baptiste Halle était le quatrième des onze enfants dont se composait cette famille ; et les soins que ses parents donnèrent à l'éducation de tous furent naturellement partagés par lui. Aussi leur fit-il honneur dans la suite; car dès le plus bas âge il montra cette régularité de mœurs, cette application à l'étude, cette finesse naturelle d'esprit et ces heureuses dispositions qui le distinguèrent dans la suite et qui faisaient présager déjà alors ce qu'il devait devenir plus tard.
il commença ses humanités à Transinne
même , d'où il alla directement à Louvaio faire son cours de Philosophie et de Théologie après y avoir achevé ses études préliminaires. Halle se distingua dans toutes ses classes , et à sa promotion au doctorat, on lui conféra le premier degré.
Halle obtint la tonsure à Liège, en 1769 : Il n'était alors âgé que de 21 ans.
Le 12 juin 1772 il reçut les quatre ordres mineurs, le lendemain le sous-di-
aconat dans l'église du Saint-Sépulcre , et l'année suivante, 1773 le diaconat dans la même église, à Liège. La môme année encore, il concourut à Louvain pour la chaire de Philosophie au collège de Luxembourg et il la remporta. On sait que ce collège réorganisé après la dissolution de la compagnie de Jésus comprenait trois années de grammaire et de la syntaxe ; une année de poésie; une de rhétorique; deux de philosophie et finalement un cours de théologie.
Ainsi, en obtenant rang parmi les professeurs du nouvel établissement, Halle n'était que diacre. Cependant lorsqu'il quitta le diocèse de Liège , son évêque lui donna un témoignage des plus flatteurs, avec la faculté de se faire ordonner prêtre dans un diocèse à son choix ; et déjà pendant la première année de son séjour à Luxembourg il aura vraisemblablement demandé et obtenu la prêtrise à Trêves.
Il était du reste, d'après le témoignage unanime des personnes qui l'ont connu, un savant éminent possédant parfaitement le talent de se faire aimer et estimer de ses élèves qui étaient en même temps ses amis.
Halle enseigna la philosophie de 1773 à 1791. Ses cours, retenus à la dictée par ses élèves, présentent une coordination parfaite des matières avec des discussions très-judicieuses unies à une grande clarté dans les raisonnements : en un mot, Halle, sans s'éloigner absolument des méthodes alors adoptées pour classer les inflexions de son sujet, ne se laissait cependant pas lier par les subdivisions minutieuses des scolastiques , ni surtout par leurs distinctions trop souvent puériles, presque ridicules. Il abordait franchement sa thèse et se laissait aller alors à sa matière, mais toujours avec une parcimonie excessive dans les mots comme dans les phrases.
Chaque syllabe semble avoir dû chez lui donner une idée. Cependant les systèmes obtenaient à la fin du cours une revue rigoureuse , mais vraie ; et c'est peut-être là, dans cette critique absolument indépen-
dante, que l'on doit le plus admirer le savant professeur. Ses cahiers de philosophie morale, pour 1783, sont peut-être son chef-d'œuvre et mériteraient à plus d'un égard d'être publiés : mais dans notre siècle positif les livres latins ne sont lus que par très-peu d'amateurs ! Pendant la même année 1783 il a aussi donné le cours de Physique théorique et expérimentale: mais ces leçons sont aujourd'hui absolument surannées.
En 1776 les Docteurs de l'Université de Louvain, qui connaissaient les talents et les mérites de leur ancien élève, lui avaient offert la chaire d'Ecriture-Sainte ; mais il n'avait pas accepté , motivant son refus sur son goût plus déterminé pour la philosophie. En 1785 le gouvernement lui proposa de se charger des leçons de droit canonique au séminaire filial de Luxembourg; mais encore il refusa, continuant de donner son cours de philosophie.
En 1791, après la suppression du séminaire filial, les Etats du Pays, qui voulaient avoir à Luxembourg un séminaire basé sur d'autres principes, jetèrent les yeux sur Halle et lui confièrent la direction de cette institution dont déjà il avait à leur sollicitation formé le plan et rédigé le règlement. Il accepta cette fois ; mais la révolution brabançonne qui fut suivie de près de la conquête du Luxembourg par la République française fit évanouir ses projets.
Lorsqu'en 1795 la Belgique fut, avec le Luxembourg, réunie à la France, et que des écoles centrales furent créées dans les chefs-lieux des nouveaux départements, Halle devint bibliothécaire de celle de Luxembourg: On sait qu'à cette époque on réunit les débris des Bibliothèques des Jésuites et des maisons religieuses supprimées à celle des anciens Etats du Duché pour en former le noyau d'une collection départementale dont l'organisation lui fut confiée. Il s'en occupa en effet avec lèle et il arrangea ces livres dans le local qui lui avait été désigné , à l'ancien monastère de la Congrégation. L'école centrale ayant
cessé d'exister en 1803, la Bibliothèque fut remise à la ville qui continua Halle dans ses fonctions de Bibliothécaire.
Mais lorsqu'en 1804 on établit l'école secondaire, Halle fut nommé à la direction du nouvel établissement à laquelle devaient être jointes les fonctions de Bibliothécaire ; mais il refusa. Il accepta néanmoins en échange la classe de première et de seconde latines et donna ces cours pendant deux ans au bout desquels il demanda et obtint la cure de Lacuisiue près de St. Hubert. Plus tard, le 25 juillet 1810, il fut nommé curé-primaire d'Etalle où il est mort le 3 novembre 1824 dans la 76« année de son âge.
Son éloge peut se résumer dans ce peu de moU : Sa latinité était pure et élégante, sa vie modeste et sa science profonde. Il n'a publié, que nous sachions, que des thèses sur la philosophie.
Nabbo , Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 39 à 49. — Renseignements contemporains — Cahier* de* court du P rotes te or. — Notes de H. Esc lias.
HANCAR, Romuaîd, né en 1598, entra à l'abbaye de St. Hubert où il prononça ses vœux. 11 devint plus tard prieur de son monastère sous l'abbé Fanson et mourut le 20 juin 1667. C'est là tout ce que nous savons sur la biographie de ce personnage qui, voué à sa règle, a sans doute passé ses jours occupé à la prière et à l'étude.
Le père Uancar a écrit l'Histoire de son abbaye, en latin et en français. De ces œuvres qui sont restées manuscrites, la première est perdue à ce qu'on croit. La seconde, divisée en deux parties dont la première a 18 chapitres et la seconde 15, rapporte l'historique du monastère de St. Hubert en Ardenne depuis sa pre mière fondation jusqu'à l'année 1635. L'auteur, qui a pu puiser aux sources, a fourni un grand nombre de renseignements précieux et intéressants qui ne seraient peut-être pas indignes de l'impression; mais nous lui reprocherons toujours de s'être traîné dans l'ornière de la leçon
vicieuse qui admet une localité dite Andage, Andaine, au lieu de lire Ardaine, Ardeune , ainsi que nous l'avons péremptoirement démontré dans notre dissertation intitulée: Amdbrlocx.
Avec la correction que nous avons introduite et prouvée, il devient évident que jamais il n'a existé au lieu actuel de St. Hubert un village ou hameau ayant nom d'Andaine ou Andage ; mais bien que le monastère fondé et doté par Pépin et Plectrude fut d'abord construit sur ou près les ruines du manoir princier dit Ambra , ad lacum pour le différencier des deux ou trois autres Ambra connus , et dénommé Monasterium in Ardainâ , Ardennd, parce qu'il était le seul qui existât alors dans cette contrée.
Nous avons prouvé aussi que le château d'Ambra dont il est ici question , n'a pu être placé qu'à Amberloux; et que l'établissement du monastère , dit aujourd'hui de St. Hubert , au lieu qu'il occupe actuellement, ne peut dater que de l'épiscopat de Walcand et de la translation de la relique du saint pendant le neuvième siècle.
O* Bmauli. iâil dn Cantatorium — Annale* de la Société poar la coatervatioa de. mon u méat* ai»Uriques et de* «entres d'art daaa la Protiacc de LuseaUxMrg, 1883, III. 273 à 329, Dissertation intitulée : L'ancien chAteaa d'Aambra-ad-lacnm in Ar. dainâ, placé »ur le territoire on ban de notre moderne Amberloux, et le monastère 7 fondé par Pépin; Dé ductiom archéologique* «or certains lieux-dit*; par le Docrâca Nirn, 139 à 990. — Antiquita* Ecclecue Andaginenais ; d*u«: Mouument* pour «ertir à rhi»toire de* Prorincei de Namur, de Hainant et de La*.
Aeta Sanctorum, IV, 845. — M urine rr Do»*»o, Araplitsiaaa Collecti», IV, préface, XV11I — Nicharm, Les anteurs laiembourgeoi*, 97, »«,.
HANLET , Henri, né à Maastricht vers le commencement de la seconde moitié du dix-septième siècle, entra à l'abbaye d'Orval en qualité de frère coryers. II fut élevé sous la direction du curé Vitte, doyen du chapitre de Notre-Dame à Malines, lequel, parait-il, l'avait engagé à se faire religieux dans ce monastère où bientôt sa sagesse et ses vertus lui procurèrent
l'inspection sur tous les frères convers. Un certain Sare, médecin et solitaire de Port- Royal et qui s'était retiré dans la môme abbaye lui donna des leçons de médecine et de chirurgie dont il profita si bien qu'en peu de temps il sut se rendre très-utile aux malades de la maison de même qu'aux indigents des environs. Sa régularité et sa douceur l'avaient fait aimer et estimer de tous lorsque en 1725, à l'occasion d'une visite que l'abbé de Grimberg fit à Orval pour y faire recevoir la bulle contre le Jansénisme, il s'opposa à la décision papale et se retira, lui quinzième en Hollande, à Rhinwyck, où il mourut le 30 octobre 1736, à l'âge de 80 ans, épuisé de forces et accablé d'infirmités.
Ll contant Bac-aa-LlBvaa, Biographie liégeoise, II. 37Î) — IVécrolorre de» plas célèbre* défca»cur* et confeweor* de la *?rité, 1 , 483.
HANNOT, Réné, est né à Weiswampach vers la fin du seizième ou pendant les premières années du dix-septième siècle.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres donne sur ce religieux personnage des notions assez détaillées: « 1654. Renatus « Hannot Luxemburgicus ex Weiswam- «pach ex accenso milite ordinis minimo- « rum SU Francisci de Paula Concionator, « bis praeceptor monasterii Monacensis , « scripsit germanice vilam SU Francisci de « Paula , inscripsitque serenissima: Marias « Anna? Electrici Bavarinc cujus rogatu ei « Magistratus istc secundo prorogatif.»
Viri illtutre*. I, "**• 1 1 8. — Xcobar*. Les anteor* luienibourgeoi*, 29.
HAPPART , Adolphe ou Adulphe, religieux de l'abbaye de St. Hubert, Oorissait pendant la première moitié du seizième siècle. Il a écrit plusieurs opuscules sur l'histoire de son abbaye, son glorieux patron et son premier supérieur. La bibliothèque de l'Université de Liège possède un volume , petit in folio manuscritautographe, pensons nous, dans lequel sont réunis ses différents ouvrages dont nous donnerons les Utres plus bas; M. de Robaulx de Soumoy les croyait perdus.
Le style de cet auteur est assez coulant
et ses traités acquièrent un vrai mérite parce qu'ils nous ont conservé les textes d'écrits plus anciens qui n'existent plus aujourd'hui. Cependant la critique historique y laisse parfois à désirer : néanmoins Martène et Durand les citent avec éloge.
Voici les titres de la série des compositions diverses que renferme le précieux manuscrit de Liège : i \ Vita et gesta SU Huberti ante episcopatum. — 3°. Vita SU Huberti episcopi (auctore quodam ejus discipulo vel familiari ut ipsa historia indicat): ce n'est qu'une copie d'un autre auteur; Happart n'a fait qu'y ajouter un prologue. 5'. Miracula SU Huberti; au nombre de vingt-neuf: C'est encore une copie d'un ouvrage plus ancien. — 4°. Extrait du martyrologe de Grégoire VIII, touchant st. Hubert: Copie. — S". Modus et asser- Uo novenarii iostituU peregrinorum SancU Huberti, juxta quem sacra stola manet victitare debens, docens eundem ritum pium et sanctum, divino et naturali ratione fuJcitum. Ouvrage de Happart.— 0*. Vita SU Beregisi abbaUs : copie d* un ouvrage plus ancien. — V Catalogus abbatum mon* Andaginen. Sub Annalium calculo assertus:
ouvrage de Happart. — 8°. Cantatorium SU Huberti : copie. — 0°. Gesta SU HuberU noviter édita, scilicct anno M.D.XI in festo Andréa: apost. : ouvrage de Happart. • — 10*. Gesta Theoderici abbaUs: ouvrage de Happart.
Là se bornent nos renseignements sur ce religieux qui, dit-on, se distingua tant par ses talents et sa science que par sa conduite et les belles qualités du cœur. II vivait encore en 1563.
C*< m Rtc-M Lkvbk, Biographie HégeoUe, I. 195. Foppcn*. Bibliotheca belgica. — Maaiist tt Dobauo, Collectio aropliisimn, IV —De rVoniLx. tdit. du Cantatorium.— Nnn, Amberloux; diwertation dans: Annale* de la Société pour la contertalion de* monuments hUtorique* et let aavrea d'art dan* la Province de Luxembourg. III, 213$ «q. — J. BoaaaTi, Vita 8ti Huberti, 160, et pacaim. — De Burraxacac, Monument* pour «errir à l'Histoire de* province* de ISamur.deUainaotetde Luxembonrg, VIII. M.
HAPPART, Adulphe, second personnage du même nom, que le CM de Bcc-
de-Lièvre cite comme mort en 11 85, également religieux du monastère de St.
Hubert et qui comme son homonyme serait auteur d'une Chronique de son abbaye, forme vraisemblablement un double emploi d'inadvertance.
C* m Bcc-M-Lur», Biographie liégeoue, I, 70.
Hardy, Jean; v. REÇU, Jean.
HARGARDT, Henri, natif d'Eybertingen près de St. Vith, eut un sort en tout semblable à celui de son compatriote Gircken (v. ce mot). II embrassa la règle de St. Augustin en 1694, prit le grade de Docteur en Théologie et enseigna cette science à l'Université de Cologne. L'archevêque de ce diocèse le nomma examinateur Synodal et l'éleva à la dignité de provincial de son ordre. Hargardt mourut à Cologne en 1723, à l'âge de 56 ans. On a de lui: 1°. Varias thèses eruditœ. — J\ Examen ordinandorum.
IlaaTXBBM, Bibliotbeca colonies*!*. — Nbobu»*, Le* auteur* loxembourgeoi*; danc Programme d« l'athénée, 10B0, 58.
HASECH, Antoine, né en 1401 ; mourut à l'âge de cent vingt-cinq ans, en Tannée 1526. Hasech, qui avait obtenu la prêtrise eut le bonheur extraordinaire d'être pendant un siècle entier curé de la même paroisse , à Gouvy, dépendance de la commune moderne de Limerlé. On rapporte que cet ecclésiastique a conservé sa force et sa santé jusqu'à la fin de sa longue vie; et qu'un jour son évéque lui ayant demandé de quels moyens il s'était servi pour parvenir à ce grand âge , il lui aurait répondu qu'il avait toujours évité trois choses : les femmes, l'ivresse et la colère.
Le portrait de ce sage centenaire a été gravé; il porte l'inscription suivante qui résume sa biographie : « Vera effigies ve- « nerabilis Viri Antonii Uasechî , Pastoris « Gulensis , qui per annos centum in eodem « pastoratu vixit. Obiit autem actatis anno « CXXV , anno Christi MDXXVI. Interro- « galus ab Episcopo Leodico quo génère • « regiminis vitam adeo longaevam produx-
« isset , respoodit se trium abstemium sem- « per extitisse , videhcet : mulierum , ebri- « etatis et iracundiae. »
D« FeLitk, Dictionnaire bittorlqne, litt. II; et, Itinéraire, II, 103. tq. — Lte ni Btc-»i-Liivat, Bioi;r«pbic liégeoise, I, 1U7, *q, - - Les hommes il 1 u«t rt>K
<tei Pay».Baj, I, 848. — CÂckTM, Encyclopédie mo- XII, 414.
HATTO , dixième abbé da monastère de St. Willibrorde à Ecbternacb, succéda dans cette dignité au comte Adelard. Les chroniques de l'abbaye disent qu'il a été évéque avant de devenir abbé ; cependant ils ne désignent pas son diocèse , et M. le Professeur Michel pense que ce peut avoir été le prélat de même nom qui vers cette époque occupait le siège de Mayence.
Quoiqu'il en soit il parait que Hatto ou Hutton aura renoncé à l'épiscopat pour passer le reste de ses jours en paix dans la solitude du monastère. Son gouvernement a duré de 866 à 864.
Il y a eu aussi à Verceil un évéque du nom de Hatto. Mais ce dernier a vécu pendant le dixième siècle , de sorte qu'il ne peut d'agir de' lui.
ScarcLt, 105. — Micatt, Catalogue de* abbés d'Eehteroacb ; dans i Programme du Progymnase de cette Tille, 104». 9. - n«.TBOL,r. II, P. J. IX. - « W vw. Encyclopédie moderne, XII, 417. — Liber auren», fol. 85, r*.
HATTSTEIN , Hatstein ou Haltenstein, famille ancienne connue dès les premières années du treizième siècle et éteinte dans le courant du dix-huitième, a possédé dans le Luxembourg les seigneuries de Linay et de Born. Elle portait: Bandé d'argent et de gueules , de six pièces. Cimier : un vol au blason de l'écu.
Les Haltstein comptent entre autres personnages distingues un évéque de Spire qui vivait en 1580.
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- Note* d'étude». - [ne de
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