‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 29 sur 98 · PLI · texte numérisé non relu

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Bertels ajoute que le successeur de Masius joignit le chronograrae qui suit :

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Martlno CœLI lanVa CeLsa patet , Postealoannes sVCCessor pmsVLls hVlV$ ficeC LoCat, ergo pair/ gratVt aLVMnVs

[âge.

Le même auteur nous a en outre conservé sur Masius les onze dates biographiques que nous allons transcrire: il dit qu'elles ont été consignées par Masius luimême :

« Fratcr Martinus Masius Meerbece na- » tus Anno D. 1520.

«Aflligenii reformatus a. D. 1540.

« Presbyter consecratus a. D. 1545.

«Luxemburgum destin a tus a. D* 1550.

« Inde revocatus a. D. 1557.

«In Priorem ordinatus a. D. 1558.

« Cellerarius , Ellemosynariusque factus

« Prxposilus Mersensis denominatus a. D.

«Abbas EpternaccDsis nominal us a. D.

« Ibidem Praelatus confirmatus a. D. 1573. «Mortis G oe consumatus a. D. 1585.

v. Stbabbcb», Metropotis £rclr>is Trerer. I, 1(37,4. -Buimut, VI, 544 s et H, P. J. XI. - Bbitim.

MATHIAS, dit de Bitlbourg, du lieu de sa naissance, naquit vers le milieu du quinzième siècle. Il embrassa Tordre des Bénédictins et fut abbé de St. Avold depuis Tannée 1512 jusqu'à sa mort arrivée en 1518. Ce respectable prélat, l'un des hommes les plus distingués de son époque par son zèle, sa science et sa solide piété, disent les Annales, voulut être le restaurateur de son monastère quant au temporel comme son réformateur pour le spirituel ; et ce à une date où les autres abbés du diocèse de Metz n'étaient occupés qu'à se conformer au siècle. Il établit à St. Avold la discipline en vigueur à Tabbaye de St.

Maximin près de Trêves, laquelle était pour lors en réputation pour sa grande régularité sous le zélé abbé Thomas de Huisden ou Heusden qui s'est à juste titre acquis le surnom de grand réformateur de son Ordre dans la Teutonique. Non content de ce premier succès il voulut encore renouveler avec la dite abbaye, où peutêtre il avait prononcé ses vœux, la confraternité intime qui avait été conclue depuis 1369 entre cette maison et la sienne. Une semblable alliance fut de plus contractée par lui avec Tabbaye d'Echternach afin que les religieux de ce» trois monastères pussent par un échange mutuel de leurs bons exemples et de leurs conseils parvenir à une plus grande perfection.

Le* Bi*édUti«s. Hutoire de Met». II. 700.- Hi.teire nmnmcrite de l'abbaye de St. Avold.

MATHIAS , dit d'Echternach , parce

qu'il était originaire de cette ville, a vu le jour pendant la première moitié du quatorzième siècle. Il entra à l'abbaye de Munster où il brilla bientôt par sa science profonde et sa grande éloquence, au point que l'abbé Simon, 111* du nom, dit de Hondelange étant venu à mourir, Mathias d'Echternach fut postulé pour lui succéder. D'un autre côté , Conon de Falkenstein (v. son art.) archevêque de Trêves ayaut counu ses mérites transcendants l'appela à sa cour , le sacra évêque de Syrone et le nomma son suffragant, dignité qu'il sut remplir avec la plus rare distinction.

Les abbés de Munster n'avaient pas eu jusque là le droit de porter la mitre lorsqu'ils officiaient : l'empereur Charles IV s'intéressa en faveur de l'abbé Mathias à l'effet d'obtenir du pape Urbain V ce privilège pour lui et ses successeurs; et le Souverain-Pontife le lui accorda par bref daté d'Avignon, le 14 avant les calendes de Juillet 1365. Toujours occupé à augmenter l'importance de son monastère , cet abbé sut obtenir de même en 1384 de l'empereur Wenceslas, fds de Charles IV, la donation de la dîme du village de Iiollerich, avec charge d'une messe journalière qui fut dans la suite réduite à une messe hebdomadaire à dire sur l'autel que ce prince fonda devant le tombeau du bon roi Jean , dit l'aveugle , son aïeul , qui était inhumé dans son église. Cependant l'objet de celte libéralité donna lieu à bien des difficultés. En effet en faisant la donation , Wenceslas avait disposé d'un objet qui ne lui appartenait pas : par acte du mois d'avril 1270, le comte Henri II avait déjà cédé cette dime avec le droit de patronage sur le même village aux dames de Clairefonlaine qui protestèrent tout d'abord contre la chartre de Wenceslas. Le procès qui s'ensuivit ne fut terminé que sous le successeur de l'abbé Mathias ; il fut décidé alors que Munster n'obtiendrait que le sixième de la dime, et pour ce motif sans doute le oombfe des messes à dire en retour , fut réduit

au sixième seulement , comme nous l'avons vu il n'y a qu'un instant.

L'abbé Mathias sut obtenir en outre du même empereur Wenceslas la confirmation de l'octroi d'exemption de péage à l'embouchure de la Sûre et la ratification du transport de la censé de Burl , faite par le monastère de St. Paul de Verdun en faveur de son abbaye, sous les mêmes conditions que Henri l'aveugle l'avait donnée aux premiers.

L'abbé Mathias vivait encore en 1392 et une ou peut-être deux années plus tard ; cependant nous ne savons pas au juste celle de sou décès. II a été inhumé dans la partie antérieure de son église.

L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré les lignes suivantes : « 1 365 . Mathias Epternacensis abbas Muns- « leriensis Luxemburgi ad preces Caroli « IV per Urbanum V Mitratorum primus, «Episcopus Syronensis suffraganeus Art« chiepiscopi Trevirensis. »

Viri illactrcs, I, N* 19. — fie* mautttrieatet — Histoire àr l'abbaye de N.-D. de l.nteaibonrg. — Ulvilihc, 58. — Pa«otT, 34. — A* Hiiniii.Uiit. Trerir. diplomat. II . II. -t. 8t*ammm«, Metrapolia Ecclea. Trever.,I, 847. — Bimti , 151. —Mae ri» Ctows.— Bbbtbolbt, VII , 102 , aq. ; V , 182, iq ; I, P. J. Vi II. P. J. V.

MATHIAS, dit d'Itzig de son endroit natal , ne nous est connu que par les lignes suivantes que nous fournit le manuscrit des Viri illustres: «1522. Matthias de Ilzig pago prope Luxembnr- « gum, Ducatus Luxcmburgensis et Arlu- « nensis, Canonicus ad Sanctum Simeonem « Treviris. Pastor Arlunensis et Macberen- « tinus, Consiliarius Luxemburgensis con- « ditor altaris in Sancto IN'icolao ante quod « sepullus. »

Viri illoatrea , I. N* 38.

MATHIAS de Sarbourg, ou Sarburgius suivant l'usage alors adopté, était originaire de la ville dont il porta le nom. Après avoir fait d'excellentes études il fui reçu docteur dans l'un et l'autre droits et devint professeur à l'Université de Trêves. II était prêtre et doyen de St. Siméon , et

avait été auparavant officiai de l'archevêque à Coblence. Ce personnage s'est rendu reconimandable surtout par les soins éclairés qu'il donna à la conservation et à l'agrandissement de la belle bibliothèque de la collégiale de St. Siméon qui avait été fondée par Mathias de Neunheuser (v. cet art.) . Mathias de Sarbourg mourut en 1 539. On a de lui : 1° Defensio et Triumphus arcis Lechniensis. Colon. 1643.— 2° Thesaurum Confralernitatis Cliordaj per patres Aqueuses. Colon. 1630.

A* HoxTBrm , Ilittor. Trcvir. dinlomat. II , iS4V. — DiiTiain, Bibliotlteca Colonicnsii, 944.

MERCURIANUS, Evrard, était né à Marcourt , village de l'ancien comté de Montaigu, commune ressortissant aujourd'hui au canton de Laroche. Il paraît qu'il vit le jour en l'année 1514, non en 1520 comme M. Marcellin La Garde le croit ainsi que d'autres auteurs. Pour s'en convaincre on n'a qu'à comparer les dates des différents événements de sa vie.

L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré l'article qui suit: «1520. « Everardus Mercurianus sic agnominatus « a pago Comitatus Montis acuti in Duca- « tu Luxcmburgensi arduennatico , quartus « pnepositus Gcneralis Societatis Jesu.

« Vila ejus extat per Patrem Oliverium Ma- « nareum. Societatis Jesu. Régulas S" Igna- «tii in Ordinem redegit. »

Après avoir fait de brillantes études, d'abord à Liège, ensuite à Louvain où il prit en 1 544 le degré de maîtres ès arts , Evrard de Marcourt embrassa l'état ecclésiastique. Son zèle pour le salut des âmes, uni à une grande piété lui fit refuser un canonicat dans la ville de Liège, pour accepter une cure de campagne , celle de Vœt ou Waillet où il crut pouvoir travailler avec plus de fruit à la vigne du Seigneur. La Société des Jésuites , fondée en 1540 , lui plut d'abord au point qu'il alla s'y affilier à Paris le 8 septembre de la même année. Envoyé à Rome en 1551 , Ignace de Loyola le reçut avec bonté et ne tarda pas à concevoir pour lui une grande estime, parce qu'il le jugea avan-

tageusement à cause de ses vastes connaissances et de son caractère ferme et tenace. Il l'employa bientôt dans les plus hautes charges de sa congrégation, entre autres dans celle de vice-prévôt de la maison professe de Rome, puis dans celle de recteur du collège de Pérouse où il demeura jusqu'en 1557.

Ignace vint à mourir sur ces entrefaites, et Lainez lui fut substitué : Evrard de Marcourt qui s'était entièrement attaché au nouveau général , fut nommé par celui-ci l'un des cinq conseillers placés auprès de sa personne pour la direction des cinq nations principales: il obtint ainsi le gouvernement de la province de la Basse- Allemagne qui comprenait le Rhin et les Pays-Bas. Après Lainez , François de Borgia , que l'Eglise a canonisé depuis , fut désigné troisième chef de la compagnie: Sous ce dernier, Evrard de Marcourt obtint beaucoup d'autorité et François Borgia fut heureux de trouver dans la personne de son conseiller un caractère fait pour mener les choses selon l'esprit du fondateur de Tordre. Ceci se passait en 1565.

Mercurianus qui avait eu en celle circonstance une belle occasion pour faire ses preuves, ne put manquer d'être proclamé à son tour Général de sa Compagnie après le décès de Borgia : Sa nomination date du 23 avril 1573.

Comme général des Jésuites ce personnage contribua infiniment à faire fleurir cet ordre fameux dont l'action sur le monde a été si grande pendant trois siècles : Prudent et sage , il a su exécuter par la douceur plusieurs projets gigantesques, mieux que des armées ne l'eussent fait par la force. Du reste , aux qualités que nous venons d'énumérer Evrard de Marcourt joignit constamment une modestie exemplaire et un zèle infini pour continuer l'œuvre de ses prédécesseurs , surtout celle du fondateur de l'ordre dont il connaissait et avait adopté l'esprit avec les principes , parce qu'il avait eu l'occasion d'étudier l'un et l'autre par les relations qu'il avait eues avec lui.

Evrard Mercurianus réunit en un seul

corps de règles les constitutions d'Ignace de Loyola et les divisa en chapitres par ordre de matières : Les Statuts communs et les particuliers, les obligations de chaque emploi, etc. L'histoire de la compagnie de Jésus a conservé les avis qu'il donnait à ceux qui le consultaient , etc. , etc. Ce grand homme , désireux d'étendre l'influence de sa société dans toutes les parties du monde , envoya des religieux dans les Indes, en Chine , au Japon , en Afrique , en Egypte , au Mogol , en Transylvanie, en Suède , en Angleterre , etc. , et mourut à Rome le 1" août 1580 à l'âge de 66 ans environ , après 7 ans et demi de généralat et après avoir reçu la bénédiction du Souverain-Pontife qui lui-même était venu le visiter pour recueillir ses derniers soupirs.

Viii illaitre», I, N" 44.- Recueil des homaes illustres de la Compagnie de Jésus , 79 à 83.— Mou- ■i , IV. 60» , et V, Sol.-D. Ciinr, Bibliotb. Lorr. —Du Fum, Dietioanaire bistorique, litt. M. — La

G«a»c , Notice «ur Ici luiembourgeois eéièbm, SI.

Aoa Mit «es. Opéra diplomaties, Supplément Far>- «ai.I, SSi.-BeaTaouT, VIII, 190.- Pua an, I , fol. LXIV.- Ntuu*»», Lea auteur* losemboargcoi» , 17, aq,

MERCURIANUS, Jacques, ne nous est connu que par ce Pierret et d'après celui-ci Bertholet disent de lui. Nous copions l'article : « Son savoir et son mérite l'élevèrent à la dignité de Grand-Prévôt de la cathédrale d'Olmutz en Moravie, puis à celle d'archidiacre de Brinn, enfin à l'administration de l'évêché d'Olmutz dont l'archiduc Léopold était évôque.

Il est à croire que ce personnage est, comme le précédent, originaire de Marcourt. Mais était-il de la môme famille? c'est ce que nous ignorons. Il & vécu pendant le dix-septième siècle puisqu'il a été le contemporain de l'archiduc Léopold-Guillaume, fils de l'empereur Ferdinand II, lequel est né en 1614 et mort le 19 novembre 1662; ce prince comme on sait , fut évèque de Passau de Strasbourg, d'Halberstadt, d'Olmutz et de Breslau, Grand-Maitre de l'ordre teutooique,

abbé de Mourbach et gouverneur des Pays- Bas depuis 1647 jusqu'en 1656.

Pieaaar, I, fol. LXX. — Biaraoïrr , VIII, 105.

MERCURIANUS, Jean 1, est renseigné comme soit par l'auteur du manuscrit des Yiri illustres: « 1632. Joannes Mercu- « rianus Nepos Rdi P. Euvrardi ex fratre, « ctiam Soc. Jesu S. Theologia: Doclor «et primum Caroli Archiducis Austria:

« confessarius et cornes in Hispania, post « Ser"'Leopoldi Guiliclmi Archiducis hodie « Belgii Gubernatoris primum confessarius, « Institntor et concionator suam usque ad « mortem non parum contractant ex lega- « tione a Ferdinando ad Uladislaum Regem « in Poloniam, morluus Viennae. »

Nous ajouterons simplement qu'il semble que la date placée en tête de cet article indique l'année du décès de ce personnage.

Viri illustres. I, W6S.- P.f.tr, I, fol. LXX- BiaTaoïar, VI II, 105.

MERCURIANUS, Jean II, a reçu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres l'article qui suit et qui forme la seule notion que nous ayons pu nous procurer sur lui: « 1654. Joannes Mercurianus ex « Marcour Nepos prioris Joannis S'- The- «ologiœ Doctor Decanus Misselbacensis « in Austria Canonicus Olomucensis, vica- « rius in spiritualibus et temporalibus ejus- « dera episcopatus. »

Viri illustre», I, N° 108.

MERCY, famille de nom et d'armes éteinte, originaire de la chàtellenie de Longwy, aujourd'hui arrondissement de firiey dans l'ancien Luxembourg, portait: d'or, à la croix pleine d'aiur. Les de Mercy qui prétendaient descendre des anciens comtes de Gènes se sont fondus dans la maison d'Argcntcau après le décès sans hoirs dn comte Claude-FIorimond (v. son art. à l'Appendice) mort en 1734, lequel institua pour son héritier Antoine comte d'Argenlcau, son parent, à charge par ce dernier de prendre son nom et ses armes ; d'où la famille belge encore

florissante des de Mercy-Argenteau qui a écartelé ses armes: d'azur, à la croix d'or, chargée de cinq coquilles de gueules, cantonnée de vingt croisettes recroisetées au pied ficbé du même, avec celles de Mercy que nous ayons données plus haut.

UacucavcE.- Biographie générale de* Belges, art- Ar3t*te«u — Piuaar, III.

MERCY, François de, est né à Longwy.

Il était jeune encore lorsqu'il embrassa le métier des armes, entra au service de Télecteur de Bavière et dut a ses talents une élévation rapide, avec la réputation d'avoir été un des plus grands généraux de son époque.

Après avoir passé par les grades inférieurs il parvint en 163! à celui de major dans le régiment de Piccolomini.

Deux ans plus tard ayant obtenu un régiment il se trouva avec son corps dans Constance lorsque les Suédois assiégèrent cette ville sous la conduite du général Horn. Fait prisonnier en 1633 pendant une sortie de la garnison de Brisach assiégée, on le conduisit à Colmar où il ne resta cependant que fort peu de temps, puisque l'année suivante il servit dans la Haute-Alsace et commandait la place de Rbeinfelden lorsque Jean-Philippe, palatin du Rhin en fit le siège. Nommé généralmajor en 1635, la Bavière l'envoya au siège de Colmar secourir le duc de Lorraine. Vers la fin de la campagne il se retira du côté de Luxembourg et contribua Tannée suivante à faire lever le siège de Dôle. En 1637 le duc de Lorraine et lui forent battus près de Grey par le duc Bernard ; mais comme cet échec n'avait diminué ni les ressources ni l'audace de Mercy il entra peu après dans le duché de Bourgogne dans le dessein d'attaquer le duc de Longueville. En 1638 il fut promu au grade de général d'artillerie et alla camper près de Stolhofen avec une partie de l'armée bavaroise. En 1640 il agit contre le duc de Longueville dans le Bas-Palatinat, s'opposa aux entreprises du général Banner près de Ratisbonne et

enveloppa tellement bien quatre régiments commandés par le général Scblangen que ce dernier, ne voyant aucun moyen de salut, fut obligé de se rendre à discrétion. Il poursuivit ensuite dans la province de Brunswick le général Frelt, maréchal suédois, et se trouva en 1641 au siège de Wolfenbuttel ainsi qu'a la prise de Gœttingue. En 1642 il marcha contre les Français dans le Briagau et leur fut encore opposé l'année suivante dans le duché de Wurtemberg. Cette campagne de Mercy fut brillante et féconde en résultats inespérés. Ayant surpris l'armée française à Duttlingen en Souabe, il la ruina presque complètement, fit le général Rabtzan qui la commandait prisonnier et s'empara de Rotweil, Ueberliogen, elc. etc. En récompense de ses grands services l'électeur de Bavière le nomma lieutenant-général en 1644, en remplacement du comte de Wahl.

Mercy , toujours à la téte des troupes bavaroises, continua de faire de grands progrès dans le Brisgau. Il assiégea Fribourg , place qu'on regardait comme très importante , et s'en empara le 27 juillet. Désireux de conserver une conquête qui pouvait assurer les succès de la campagne il couvrit aussitôt celte ville par un camp retranché que protégeaient deux éminences, et mit son armée dans une position inexpugnable. Les français étaient inférieurs en nombre, et Turenne, dont la réputation n'avait pas encore l'éclat qu'elle obtint plus tard , avait à combattre un adversaire dont la bravoure et l'habileté jouissaient de la plus haute renommée. Cependant Condé, rappelé de la Catalogne où la fortune ne lui était pas favorable sut rendre la confiance aux soldats et n'hésita pas d'attaquer son ennemi sous les murs mêmes de Fribourg. Le combat fut opiniâtre et sanglant, dura quelques heures et n'eut aucun résultat, Condé «'étant retiré en bon ordre. Le surlendemain ce prince renouvela l'affaire ; on se battit depuis onze heures du malin jusqu'à la nuit , sans que Condé pût réussir

à foreur les lignes ennemies ; mais ayant trouvé plus tard le moyen de couper les ▼ivres à Mercy , ce vaillant capitaine battit en retraite et perdit six canons , deux mortriers et quelques bagages. Poursuivi par Turenne il se relira du côté de Willingen avec tant d'habileté que sa réputation ne souffrit rien de cet échec. Il s'empara même de Gcrmersheim et de Mergenlbeim et s'assura de la Bergstrasse.

En 1645 il proQta d'une faute de Turenne , le battit le 5 mai à Marieuthal , s'empara de toute son artillerie et de ses bagages, et l'obligea de se retirer dans la H esse avec les débris de son armée. Turenne étant revenu en Franconie et Condé ayant rejoint l'armée , on attaqua Mercy le 3 août dans les plaines de Nœrdlingen. L'action fut très meurtrière ; l'armée allemande éprouva une déroute complète et Mercy couvert de blessures mourut le lendemain. Il fut enterré près du champ de bataille et l'on grava sur sa tombe ces quatre mots:

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