STA VIATOR, HEROEU CALCAS
L'empereur avait élevé François de Mercy au rang de Baron de l'Empire. Il avait épousé une dame de Scbawenbourg , issue d'une maison allemande en haute réputation et dont une branche a longtemps habité le Luxembourg.
François de Mercy avait un frère , nommé Gaspard , qui se distingua également à l'armée de Bavière où il parvint jusqu'au grade de Lieutenant-général. 11 est mort près de Fribourg.
Bacia, Biographie de 1» Moaelle, DI, SI 9, aqq.
— HUtoire dcLoogwy, 169, iqq. — Moaiat, V, 8ittJ.
— Cootn*, Encyclopédie moderne, XV, 4tfO. — Biographie noWertellr, XXVIII, 3GO.-ConTer»aliom Leiikon, édit de 1881.
MERGOLLE, Bernard de la, natif de Caltenom, ne nous est connu que par les lignes suivantes que lui a consacrées Hauteur du manuscrit des Viri illustres: « 16.. . « Bernardus de la Mergolle ex Ketten- « hoflen, Alexandri olim capitanci in Hun- «garia ûlius, vice Tribunus militum, et ob
« servatum in prœlio ducem cui milita bat «in Italia Mutinensem a suis desertum, «Gubernator arcis seu citadellaî de Monde na. »
Viri iltu.lre», II, N> 17S.
MERJAI , Pierre- Alexandre- Cyprien, fils unique de François-Xavier Merjai, avocat et pensionnaire des Etats du Duché du Luxembourg, et de Marguerite Poignon qui mourut en lui donnant le jour, est né à Luxembourg le 3 février 1760.
Son père le mit d'abord au collège des Jésuites de sa ville natale, puis il le fit en 1783 suivre les cours de droit à l'université de Louvain où il obtint le 22 janvier 1787 le degré de Bachelier. Rappelé dans sa famille, tant par la révolution brabançonne que par la conquête du Pays par les armées de la République française qui la suivit de près, il se trouva tout-àcoup arrêté dans sa carrière. Celle circonstance pénible , jointe à un caractère qui semble avoir dû être déjà naturellement assez bizarre, acheva de faire manquer à Merjai sa vocation d'avocat à laquelle on le destinait. Son père , qui est venu à mourir le 13 avril 1794, avait réuni une superbe bibliothèque qui renfermait un grand nombre d'ouvrages de haute valeur sur l'histoire du Pays. Il parait aussi qu'il avait possédé quelque fortune. Son fils, qui avait trop étudié pour ne rien savoir et trop peu pour être réputé savant, se trouva lancé dans le monde sans guide, à une époque de bouleversement social : il n'avait pas encore acquis la force morale nécessaire pour pouvoir résister au naufrage, ni pour se créer une position convenable. Il demeura indécis ou plutôt il resta comme étourdi par les événements qu'il voyait se passer autour de lui et ne s'occupa de rien d'une manière suivie, parce que, ainsi qu'il le dit lui-même dans ses écrits, il voulait comme beaucoup de ses compatriotes d'alors , rester Gdèle à son drapeau légitime, refusant d'entrer au service du conquérant de sa patrie. C'est dans cet état que le calme politique qui
renaquit après les troubles le trouva, misanthrope par inexpérience , par irrésolution, et en même temps incapable désormais pouvoir se rendre utile à lui-môme, inoins encore aux autres. Sans volonté flxe il passait ses jours à flâner ou à mettre par écrit ses souvenirs , quelquefois ses visions : c'est ainsi qu'il rédigea vingt-cinq cahiers in folio de manuscrits qu'il intitula : Recueil contenant des renseignements sur l'histoire et la géographie du Pays de Luxembourg, ainsi que sur mes voyages, faites entre 1781 et 1808, tant dans les Pays-Bas qu'en Angleterre, en Allemagne , en Italie et dans le Luxembourg. Ces élucubrations qui en plusieurs endroits dénotent un esprit quelque peu dérangé , se trouvent aujourd'hui a la bibliothèque de Luxembourg avec un autre volume in-4°, intitulé: Elite de Poésies, ou Porte-feuille d'un homme de goût. Recueil de pièces de poésies de divers auteurs, fait en 1780.
Ces manuscrits, quoique se ressentant parfois d'un grand manque de critique mais surtout d'une absence complète de style , ne laissent pas néanmoins que d'être très précieux pour l'histoire du pays , mais principalement pour celle de la ville de Luxembourg , parce qu'ils renferment des notions de localité que de nos jours on chercherait vainement ailleurs : Leur auteur vivait au moment de l'invasion française et de la suppression des monastères ; il a été en situation de recueillir des données sur l'état des maisons religieuses , sur les tombeaux que leurs églises renfermaient; et, en un mot, il a assisté à la transition subite de l'ancien vers le nouveau régime , et il nous a conservé dans ses notes les renseignements que ce passage a fait disparaître.
Comme l'inoccupation et les pérégrinations de Merjai eurent bientôt absorbé ses ressources patrimoniales , il fut forcé de vendre successivement, pour vivre, et un à un les livres de sa bibliothèque : c'est ainsi que cette riche collection réunie par son père , commencée peut-être déjà par
ses aïeux , fut disséminée au point qu'aujourd'hui il n'est presque pas de vente de livres un peu considérable où l'on n'en rencontre au moins quelques-uns qui portent le nom de leur ancien possesseur ; et tous ceux qu'il nous a été donné de voir ainsi , étaient des ouvrages rares et de prix. C'étaient tous des sources pour notre histoire nationale.
Ainsi se passa la vie de cet homme qui aurait pu devenir très utile à sa patrie ; mais qui , arrêté dès le début de sa carrière par les événements qui bouleversèrent le monde de son époque , n'a pas en la force d'âme nécessaire pour résister à leur choc et se placer au-dessus de la catastrophe.
Merjai est mort le 5 décembre 1822, dans un état très voisin de la misère et sans avoir été marié.
Souvenir* contemporain! —Note» communignée*. — Le» manuscrit» mène* de Mimai.— Clams, Catalogue de la Btbliolh. de Laibr*;., 1MJ3.
MERS Cil, Thierry ou Théodoric de , sortait de l'antique maison des seigneurs de ce nom qui portaient: fascé d'or et d'azur, de six pièces. Cette maison est connue dans nos annales dès l'année 1 135.
Thierry florissait en 1231.11 était seigneur de Mersch et avait épousé une dame du nom de Lyse ou Elisabeth , mais dont l'extraction nous est restée inconnue. Thierry possédait sur un plateau au-delà de Schœnfeltz une métairie qu'il alla visiter un jour. Se promenant dans la vallée voisine il aperçut dans le creux d'un arbre séculaire une statue en pierre de deux pieds environ de haut, d'un travail grossier et représentant une femme allaitant son enfant du sein gauche : il crut y voir une madone avec le petit Jésus , et Gt construire en cet endroit d'abord un oratoire, puis un monastère de dames nobles de l'ordre de St. Dominique. Ce prieuré fut dans la suite nommé Val ou Vallée de Marie , en allemand Marienthal.
Thierry était échanson de la comtesse de Luxembourg et vivait encore en 1244 où il apposa comme justicier des nobles
son scel sur l'acte de confirmation des privilèges de la ville de Luxembourg par la grande Ermesinde.
On n'a pas conservé la date du décès de ce personnage qui a été inhumé , croiton, dans une chapelle latérale de l'église de Marienthal où Bertholet dit avoir vu un monument représentant un chevalier armé de toutes pièces arec le blason des Sires de Mersch et que l'on regardait comme le tombeau du fondateur.
Le nécrologe du monastère fixe le jour de sa mort au XV avant les calendes de juin , c'est-à-dire au 16 mai.
ItfcKTnttLET , V. « •m.-PKM«,m, 4*3,tq.-
D« la Bassss-Moûtusis, Itiuéraire d« I.uiembourg Ucrroanique, 311 sq ; et 38», sqqq.
METÏERN1CH, maison militaire de nom et d'armes, originaire du Pays de Trêves et qui a possédé dans le Luxembourg les seigneuries de Bourscheid, de Bruch, de Berbourg et autres. La famille de Mctternich a produit des Archevêques-Electeurs de Trêves et de Mayence, de même qu'un cvôque de Spire ; dans le Luxembourg elle a rempli les charges de Justicier des nobles et de Maréchal de la noblesse. Le Prince de Metternich qui a été pendant si longtemps ministre et conseiller aulique de l'empereur d'Autriche sort de la branche dite de Bourscheid.
Metternich porte : d'argent , à trois coquilles de sable; cimier: une tète de cygne d'argent , becquée de gueules.
Le uouTeau vrai supplément du Nobiliaire des P.its Ha* et «le Bourgogne, titiî.-UaciscBÛca.
METTERNICH , Damien-Henri de, est mentionné comme suit dans le manuscrit des Viri illustres: « 1654. Damianus a « Metternich , D* in Burscheid Luxembur- « gico , Ecclesiœ Metropolitanœ Trev. De- «t cauus. »
Les renseignements ultérieurs sur ce personnage nous font défaut. 11 ne nous m été donné d'ajouter ici que la seule circonstance que , pendant qu'il était chanoine (1640—1666), doyen et vicairegénéral capilulaire , l'archevêque Philippe-
Christophe de Zœtern a été fait prisonnier et conduit à Bruxelles et de là à Vienne ; et que durant ce temps Damien-Henri de Metternich prit une grande part à l'administration du diocèse de Trêves.
Il avait pour père Etienne de Metternich , seigneur de Bourscheid , et pour mère Marie de Metzenhausen.
Viri illustre! I, N» OU— Gesta TreTiroru», III, j>a*iim.
METTERNICH , Lolhaire-Frédcric de, a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres réloge que nous transcrivons : «1654. Lotharius Fridericus a Metter- « nich Dominus in Bourscbeidt Luxemburcgico, Episcopus Spirensis Sacri Rom.
« Imp. princeps ad magnum Ecclesiœ bo- «num natus et educatus , ac tandem prin- « ceps-elector Moguntinus.
Lothaire-Frédéric de Metternich était fils de Jean-Gérard de Metternich , seigneur de Bourscheid et bailly de Sattlicb , et d'Anne ou Marie von der Leyen. Il devint chanoine de Trêves. Recteur de l'université de cette ville én 1646 ses éminents mérites le firent en 1652 nommer évèque de Spire; puis le 15 décembre 1670, coadjuteur de Mayence , enfin archevêqueélecteur de ce dernier siège en 1 673 après le décès de l'arcbevêque Jean-Philippe. Il obtint en outre l'évèché de Worms et mourut le 3 juin 1675.
Gesta Tretirorom, III, III. -Viri illustre*. 1. K° ION— AalWu.i», UUtor. Trevir diplosaat III. I032.-B.«ascn, Eiflia illuit rota, T. II , pars altéra,
METZ , Gérard-Ckarles-Emmanuel , fils de Jean Metx, propriétaire et liquoriste, et de Justine Gérard, est né à Luxembourg, le 17 nivôse an VII (6 janvier 1799). Après avoir terminé ses études préliminaires dans sa ville natale il alla suivre les leçons de l'université de Liège ou il obtint én 1822 le grade de Docteur dans l'un et l'autre droits après avoir soutenu une thèse inaugurable : De maritali polestate.
De retour à Luxembourg Metz se fit
inscrire sur le tableau des avocate de cette ville où il ne tarda pas à acquérir uoe grande réputation d'éloquence , surtout dans les causes criminelles , où l'élégance de la diction et les tours oratoires, faits pour impressionner l'auditoire , font souvent plus d'effet que les froids raisonnements du juriste.
La révolution belge de 1830 trouva Metz comme avocat. Sans embrasser publiquement les priocipes de cette révolution, il en adopta les conséquences en allant plaider devant le nouveau tribunal d'Arlon , devenu chef-lieu de la province, et que le gouvernement de la Belgique régénérée avait substitué à celui de l'ancienne capitale du Pays qui était restée soumise au sceptre du souverain légitime. Cependant il conserva son domicile dans cette dernière ville et continua à plaider de même devant son tribunal , jusqu'à ce que l'idée lui fut venue de se mettre sur les rangs pour la représentation nationale à Bruxelles. Il y fut envoyé en 1838 par le district ou arrondissement de Baslogne; mais il n'y resta pas longtemps et n'eut dès-lors que fort peu d'occasions pour se faire remarquer comme législateur : à la reprise de possession du territoire cédé par suite du traité de Londres , Charles Metz revint à Luxembourg où, après avoir prêté de nouveau le serment d'avocat il rentra au barreau qu'il suivit jusqu'à son décès.
Les événements politiques de 1848 auxquels il prit une part active par un assez grand nombre d'articles de fond insérés avec sa signature dans le journal le Courrier du Grand-Duché de Luxembourg , le firent nommer membre de la Constituante, et le portèrent ensuite à la présidence de la Chambre des députés du Pays , poste qu'il occupa sans interruption et avec la plus grande dignité depuis la session ordinaire de 1848 jusqu'à la fin de celle de
Les personnes qui ont connu Charles Metz ont toujours vu en lui un homme de bien , ou excellent ami , un bon ora-
teur, un avocat de bonne foi, un patriote dévoué , mais surtout un père très attaché à ses enfants ; et cet amour paternel , qu'il portait à l'excès , fut la cause de sa mort prématurée. Une de ses filles était languissante depuis longtemps ; on la voyait dépérir de jour en jour et personne, sinon son père, n'ignorait qu'elle n'avait plus qu'un temps très court à vivre. Metz commençait à s'inquiéter. Ayant réuni une nombreuse consultation de Docteurs il leur demanda de déclarer en conscience le pronostic qu'ils portaient sur le sort de son enfant chérie. La réponse peut-être un peu trop catégorique qu'il reçut fut pour lui un coup mortel. \\ s'affaissa aussitôt , ferma les yeux en prononçant le nom de sa fille et expira. Ln anévrisrae qu'il portait depuis longtemps, dit-on , s'était rompu. Cet événement déplorable pour la patrie se passa le 24 avril 1853, à Diekirch où sa fille se trouvait pour respirer un air plus doux : il n'avait que cinquante-quatre ans d'âge.
La droiture de vues et de caractère politique comme le patriotisme inébranlable dont Charles Metz a constamment fait preuve avaient rendu son nom si populaire dans le Grand-Duché , que tous, jusqu'aux plus infimes d'entre les luxembourgeois ne le prononçaient qu'avec respect. Aussi le jour où la nouvelle si inattendue de son décès se répandit dans le Pays , fut-il un jour de deuil public.
Sa dépouille mortelle, ramenée à Luxerabourg , fut déposée dans la salle des séances de la Chambre des députés , à l'Iuïtel-de-ville où la législature siégeait à cette époque en attendant l'achèvement du Palais de la Nation: cette salle avait été disposée en chapelle ardente. Le cortège funèbre , pour son inhumation ait cimetière de la paroisse de Notre-Dame hors de la porte-neuve, était organisé d'après les prescriptions législatives qui fixent les honneurs à rendre à un Président de la Représentation nationale. Il fut suivi, non seulement par tous les personnages dont la présence officielle est requise en
pareille circonstance , mais également par tout ce que la capitale et le pays avaient d'habitants aimant leur patrie et qui déploraient la perte d'un de leurs meilleurs concitoyens.
Et cette même vénération que le Luxembourg tout entier avait témoignée pendant sa vie à Charles Metz n'avait pas été oubliée encore lorsque huit ans après sa mort, les bourgeois de la capitale , à l'occasion de l'avènement de son frère-puiné à la Présidence des Etats du Pays, 'organisèrent une fête splendide dans la môme salle de l'hôtel-de-ville : celte fête patriotique, à laquelle le ministère ainsi que l'élite de la population voulurent prendre part, fut célébrée le 9 décembre 1860. Elle était consacrée en même temps à la mémoire de l'ancien Président et à celle d'un autre de ses frères, feu Auguste Metz qui fut également membre de la législature et qui aussi était mort depuis quelques années.
A ce jour le fronton de l'hùtel-de-ville portait le chronogramme suivant :
a CiiarLes Metz, ILLVstre aVoCat batonMer ; a L'bLoqVbnt orateVr, aV CItoIIen patrIotb, généreVX
et bIbnfaIteVr, sa VILLE nataLe rbConnaIssantb.
Aux côtés se trouvaient deux inscriptions : l'une
Honneir, Gloire, Patrie.
l'autre
Bienveillance, Charité.
Quant h l'expansion des sentiments de vénération profonde que les assistants professaient pour la mémoire de Charles Metz, ces sentiments sont rendus de la manière la plus vraie comme la plus heureuse dans un discours prononcé à cette occasion par M. Eberbard, membre des Etats et échevin de la ville. Nous nous plaisons à en transcrire ici quelques extraits :
«Je ne puis me défendre d'une pro-
ie fonde et triste émotion à la pensée du « vide qu'une mort aussi prématurée a bissé «parmi nous, — et ca vide, Messieurs, « est d'autant plus sensible, d'autant plus « cruel pour 'vos cœurs , que l'existence « entière de M'. Ch. Metz avait été si bien « remplie.
« Disons-le , Messieurs , cet homme qui « fut notre ami à tous , fut dans la plus «large acception du mot un homme de « bien par excellence , doué des qualités « les plus rares , les plus précieuses et où « dominaient surtout celles du cœur ; son « existence fut consacrée à sa famille , à ses «amis — elle fut consacrée au bien.
« Sorti des rangs de la bourgeoisie , « élevé aux plus hautes dignités , puisqu'il « était devenu le président des élus de la « nation , Mr. Ch. Metz ne se sépara pas « un seul instant de son origine.
« Il avait la modestie en partage : doué « du caractère le plus aimable , il n'était « animé que du désir d'être utile à son « pays , à ses compatriotes , sans distinction de rang ni de classe. — Les mal- « heureux surtout avaient un accès facile «auprès de lui. — Nous n'avons pas oublié « combien il était charitable et avec quelle « délicatesse il pratiquait cette vertu.
« Il avait toutes les qualités d'un homme a d'Etat et ses convictions politiques « étaient invariablement libérales.
Outre sa thèse inaugurale , Metz a publié pour plusieurs procès importants des mémoires dont les titres ne nous sont pas connus , parce que ces sortes d'ouvrages n'ont qu'une portée éphémère, bien que souvent ils sont le fruit d'une lumineuse expérience.
80 q Tenir» contemporain». — «Journiol da tenp* — Annuaire de PUniTeraité de Liège, 1830, p. SB — Comptcs-readM des séance* de ln t^onitiluante en 1848 et des »e»»ioa« de la Chambre des Dépoté*, de 1848 a 18ML~Etat ei»il.-N»»ca. CataloBoc de la Biblioth. de LoxJ.rç.,859.
METZENIIAL'SEN , la famillè de, de nom et d'armes, originaire du Pays de Trêves , a possédé la terre de Linster dans
le Luxembourg. Cette maison qui est éteinte aujourd'hui, portait: de sable, a trois Z d'argent , poses 2. 1 . Elle a produit dans le Duché de Luxembourg plusieurs personnages qui méritent de figurer au nombre de nos illustrations nationales.
METZENHAUSEN, Guillaume de, de la branche de Linslcr , est rappelé dans le manuscrit des Viri illustres dans les termes suivante : « 1633. Wilhelmus a Metzen- « hausen , D" in Linster , Decanus Ecclesiîe metropolitanae Trevirensis. »
C'est là tout ce que nous savons sur lui.
Viri illuitrt-t, I, N» 6tf.
METZENHAUSEN, Jean de, n'a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres que les lignes suivantes : « Joan- « nés de Metzenhausen, dominus in Linster «sesqui railliario Luxemburgo, Archie- «piscopus Trevirensis S. R. I. prioceps « elector. »
Jean de Metzenhausen , de chanoine* doyen de la métropole de Trêves , était passé prévôt du même chapitre lorsque l'archevêque Richard de Greiflenclau vint à mourir le 13 mars 1531. Le Chapitre, assemblé pour procéder au choix du successeur de ce prélat désigna Jean de Metzenhausen qui prit le nom de Jean III : Cette élection se fit le 27 du même mois de mars. 11 fut proclamé le même jour et conduit au palais.
Son premier soin fut de faire à son prédécesseur des funérailles dignes de son rang; puis il postula sa confirmation à Home. Le Souverain-Pontife la lui accorda encore la même année par brevet du 27 novembre; et le 3 février suivant il obtint à Boppart l'investiture du temporel, des mains de l'empereur Charles-Quint.
Le 26 mars il fut consacré par son suffragant, assisté des évêques deToul et de Verdun.
Dès qu'il eut pris en main les rênes de l'administration de son diocèse, l'archevêque Jean III établit la réforme du clergé et répara les forts de la terre de
Trêves qui avaient été ruinés presque tous pendant les dernières guerres. Comme la ville de Trêves avait élevé bien des difficultés qui n'étaient pas encore toutes assoupies , il ne voulut pas , d'abord , entrer en pacte avec elle ni confirmer les anciennes franchises , se contentant simplement de lever les contributions sur l'ancien pied. D'un autre côté , présumant bien qu'il n'obtiendrait pas avec cette ville une paix durable il s'occupa par mesure de prudence à faire fortifier le château de Pfaltzel de même que son propre palais dans la ville. Cependant il fit rouvrir les leçons publiques de l'Université, après avoir fait vider les bâtiments de cet établissement que la bourgeoisie avait convertis en arsenal.
Tels sont en somme les événements qui signalèrent la prélature de Jean III.
L'empereur Ferdinand ayant convoqué en 1540 une diète à llauau pour obtenir les moyens de déclarer la guerre à la Turquie , l'archevêque Jean III s'y rendit en sa qualité d'électeur; mais il mourut d'apoplexie à l'âge de 48 ans , pendant son retour , après avoir fait à cheval une marche forcée au milieu des chaleurs caniculaires , le 22 juillet, au château de Thaenstein dans la Wasgau.
Il avait occupé le siège archiépiscopal pendant 9 ans , 4 mois et 22 jours. Son corps fut ramené à Trêves et inhumé le 26 du même mois de juillet dans sa cathédrale , près de l'autel de S*. Georges oîi on lui posa l'épi taphe suivante :
«Egregio Principi Domino Joanni a h Metzenhausen, Ârchiepiscopo Trevirensis acujus virtute et industria Eeclesia Trev. « per novem annos et quatuor mentes feli- « citer adminislrata est. Successor Ludovi- «cus ab Uagen opt. Princeps virlutis causa «prosuit. Periit in conventu Hagenoensi, «in quatuor-viros componendte religionis « designatos, cum annus fervissimus inci- « disset, atfer relatus est in arcem Dœnstein « Vasgoiœ, ubi extinctus est XXII Julii : « inde perlatus ad suos, hoc loco sepultus « est. »
Geata TreTÏrorum , III, «qqq.— Viri illattrcf , I, 7ia 40.— Oiowt». Aanale* Trevireutca; ad ann. concerncstes. — Naim , Epitoine Anaal. TreTir. — Aa UoxTDsia, Hiitor. Tre»ir. diplomat. II, 684; Gîi6, aot. a.; 67tf, aot. b. ; III, OOtf.
METZENHAUSEN, Théodore de, est cité par l'auteur du manuscrit des Viri illustres : « 1532. Theodorus a Metzcnhau- « sen Doroinus in Linsler , consiliarius « Equestris Régis et vice-gubernator Du- » calus Luxemburgensis. » C'est tout ce que nous savons de ce personnage.
Viri illwtoea, III, K* 104.
MEUGEN, Henri de, natif d'Echtcrnach, a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres les deux lignes que nous transcrivons : « Heinricus de Meugen Ep- « ternacensis, abbas Anrearc vallis, conscr- « vator sui Mooasterii a Gallis in cineres «redacti, ne funditus periret. »
La guerre qui s'était allumée en 1637 entre la France et l'Espagne occasionna le plus de maux au Luxembourg. Le 2 août quelques maraudeurs français qui s'étaient détachés du siège du château de Chevancy commandé par le maréchal de Cbàtillon, vinrent faire irruption dans l'abbaye d'Orval dont ils pillèrent la bassecour et l'église après avoir donné la chasse aux religieux. Laurent de Laroche était pour lors abbé : Ce fut en vain qu'il Gt informer le maréchal de ces désordres qui durèrent pendant neuf jours entiers, au bout desquels les pillards mirent le feu aux quatre coins du monastère. L'abbé fut si affligé de ce malheur qu'il en mourut le 5 décembre de la même année, au refuge que sa maison avait à Longwy. C'est aussi dans ce réfuge que les religieux qui avaient échappé au désastre choisirent pour son successeur Henri de Meugen, qui fut ainsi le 44* abbé d'Orval. Ce prélat fit tous ses efforts pour rétablir son monastère et pour y conserver la régularité monastique. Ces soins qu'il continua jusqu'à sa mort arrivée trente ans plus tard, en 1668, furent couronnés de succès , car sous son gouvernement Orval fleurit par son austérité et sa science.
Viri illastret, I , Ne tiî.— Jcasma, Vn thronique* d'Orval, «70.— BtaTBOLtT, III, P. 4. IV j et VIII.
MEYER, Antoine, né à Luxembourg, le 31 mai 1801 , était flls de Hubert Meyer, cordonnier de sa profession, et d'Elisabeth Kirschenbilder.
Dès les premières années de sa jeunesse Meyer montra les dispositions les plus heureuses pour l'étude, circonstance qui engagea ses parents, quoique peu favorisés de la fortune, à cultiver ces talents naturels chez leur fils eu le faisant au sortir des écoles primaires, suivre les leçons du collège de sa ville natale.
progrès furent rapides et l'on ne larda pas à s'apercevoir qu'il possédait les germes d'une intelligence d'élite qui ne cherchait qu'à se développer pour faire de lui un véritable génie. On lui reconnut surtout deux spécialités particulières qui , parce qu'elles sont rarement réunies semblent généralement s'exclure : nous voulons dire une aptitude remarquable pour l'étude des connaissances sérieuses, les sciences exactes, et en même temps celle de la poésie ainsi que de la peinture, ces deux dernières avec leur cortège presque obligé de la légèreté , nous dirions presque de l'insouciance pour les intérêts matériels.
Après avoir avec une rare distinction terminé ses études humanitaires à Luxembourg, Meyer alla en 1818 suivre les cours de l'Université de Liège et y obtint des succès non moins grands : Pendant un séjour de six ans qu'il fit dans cette ville il s'adonna principalement à toutes les branches des mathématiques pour lesquelles il se sentait une vocation toute particulière.
Nous avons dit que Meyer était né sans fortune. Tout ce que ses parents avaient pu faire pour lui avait été de le laisser suivre les leçons de l'athénée de sa ville natale, parce que les dépenses nécessitées par là se réduisaient à l'achat des livres de classe. Au sortir du collège le jeune homme, confiant en ses capacités avait
voulu se pousser plus loin par ses propres moyens : Il était en conséquence allé à Liège où pour pourvoir à ses besoins il fut obligé de partager son temps entre les travaux de son instruction personnelle et les leçons particulières qu'il donnait soit à des condisciples soit à des commençants, afin de gagner de quoi vivre.
D'un autre côté, sa bonne humeur, son entrain , sa facilité a improviser dans le dialecte luxembourgeois des vers qui sont loin de manquer de grâces, lui avaient fait de nombreux amis parmi ses condisciples. Il était l'âme de toutes les réunions et trouvait le moyen de suffire à tout.
En 1824 il obtint le diplôme de Docteur en sciences , mathématiques et physiques.
Pour se perfectionner de plus en plus il conçut le projet d'aller à Paris entendre quelques-uns des maîtres de la science:
Il partit en conséquence, n'emportant d'argent que ce qui lui était absolument nécessaire ponr faire le voyage. Pendant tout le temps qu'il habita Paris il fut comme à Liège, obligé de pourvoir à ses besoins en se livrant à l'enseignement privé. A son retour en 1826, l'administration communale d'Echternach l'attira dans celte ville pour lui confier une chaire dans son collège qu'elle tentait de réorganiser : Il y enseigna les mathématiques, le latin, le grec, l'allemand , le hollandais et le dessin linéaire appliqué aux arts.
Il n'y avait pas deux ans que Meyer était professeur à Echternach lorsque l'institution vint à décliner, faute de ressources de la part de la ville et peut-être de bonne volonté de celle des administrateurs municipaux. Le 15 février 1828 il quitta ce collège qui d'ailleurs lui faisait une position manifestement beaucoup au-dessous de son mérite.
Pendant son séjour à Echternach , Meyer avait eu l'occasion d'écrire et de publier dans le journal de Luxembourg, sous le titre de Fragment d'une lettre trouvée à l'ermitage d'Echternach , une espèce de satyre contre les tendances de l'époque pour centraliser les établisse-
ments d'instruction moyenne. De ce temps aussi date la composition d'un petit volume de 53 pages in-18°, de poésies en dialecte luxembourgeois, accompagnées d'une préface et d'un épilogue, destinés l'un et l'autre à donner quelques principes pour écrire notre idiome si naïf. Cet opuscule, intitulé: E Schreck op de Lezeburger Parnaxsus, a été imprimé chez Lamort, en 1829. Il a le double mérite de renfermer un grand nombre de vers excellents, aussi bien tournés qu'agréablement pensés, et d'avoir été le premier essai qui eût été fait pour écrire et pour poétiser la langue luxembourgeoise. En un mot le petit volume dont nous parlons est aussi original par l'idée qui a présidé à sa rédaction que par la manière vraiment populaire avec laquelle le type luxembourgeois y est rendu; aussi le public en accueillit-il la publication avec empressement, circonstance qui engagea l'auteur à publier en 1832 à Louvain, dans le même format, et sous le titre de : Jong vum Schreck op de Letzeburger Parnatsus, une seconde brochure de 18 pages de nouvelles poésies de ce genre; en 1845 à Bruxelles une troisième, intitulée: Luxemburgische Gedichte und Fabeln; accompagnée d'une introduction sur la grammaire , avec interprétation des mots propres au dialecte luxembourgeois et des expressions ou tours de phrase particuliers à cet idiome, par Gloden; volume in-8*, XXXVIII— 204 pages, et finalement une quatrième à Liège, en 1853, petit vol. in-12 , suscrite : Oilzegs Ktong, 108 pages.
Peu de temps après son départ d'Echternach Meyer obtint une nomination de professeur de mathématiques à l'école militaire de Bréda qu'il quitta encore vers les premiers jours de la révolution belge de 1830. A partir de cette époque commença pour lui une suite de vicissitudes qui durent mettre son courage à de pénibles épreuves. En 1831 il fut nommé Professeur de mathématiques au collège de Louvain ; et la suivante il entra en la même qualité à l'institut Gaggia, à Bruxel-
les, où il resta jusqu'en 1837, consacrant ses moments de loisir à préparer de nouveaux élèves pour l'école militaire de Belgique. Cette dernière école ayant reçu en 1834 son organisation définitive, Meyer fut également appelé à y enseigner les mathématiques : lorsqu'un jour il était occupé à exposer au tableau un problème de hautes mathématiques, ayant sous les yeux le manuel qu'il devait suivre et auquel les règlements de l'école obligeaient les professeurs de se conformer dans leur enseignement, il s'aperçut que l'auteur ne donnait qu'une solution imparfaite de la question et jeta le livre au loin ; puis il exposa à ses élèves une meilleure méthode, qui était la sienne. Cet acte, qui pouvait paraître repréhensible sous le rapport de la subordination passive, n'était cependant dans le fait que l'expression d'une conviction parfaitement sentie : pourquoi d'ailleurs s'anticher pour l'emploi absolu d'un manuel donné, du moment où le professeur pouvait ex improviso exposer une manière plus complète, parlant plus parfaite ? Quoiqu'il en soit, Meyer fut congédié pour ce motif et l'école militaire perdit en lui un professeur de premier ordre en même temps que ce dernier se trouva sans emploi et forcé pour subsister, de recommencer à donner des leçons particulières.
Après l'érection de l'Université libre de Bruxelles il y obtint en 1838 la chaire de mathématiques supérieures et peu de temps après le gouvernement l'attacha au dépôt de la guerre en qualité de calculateur. Placé désormais dans une position stable, Meyer ne tarda pas à devenir auteur. L'année môme de son entrée à l'Université de Bruxelles il publia son premier ouvrage de mathématiques supérieures sous le titre de: Quelques développements d'analyse eombinatoire. D'autres suivirent rapidement et attirèrent sur lui l'attention de l'Académie royale de Belgique qui l'admit le 16 décembre 1846 au nombre de ses correspondants.
En 18n4 il publia Regelbichelchen vum I.ezcburger orlhograf, en Uress als Prov ,
d'Fraehen aus dem Haa, a \ersen; in 18; 34 pages.
Onze ans environ s'étaient écoulés depuis qu'il remplissait les fonctions de professeur à Bruxelles et sa réputation scientifique avait eu le temps de se faire, lorsqu'en 1849 une chaire de mathématiques supérieures devint vacante à l'Université de Liège. Il l'obtint, et cette fois il put se dire qu'il avait trouvé le repos indispensable aux travaux de l'esprit. Mais cette organisation puissante au physique comme au point de vue de l'intelligence s'était fatiguée avant le temps : La tôte avait conservé toute sa force tandis que le corps était en proie à une affection aiguë qui, sans enlever les malades ne les laisse vivre que pour leur faire subir un long martyr. Meyer en était là : la goutte le clouait souvent pendant des mois entiers sur un lit de douleur mais sans abattre son courage ni affaiblir son ardeur pour l'étude. Reveillé sinon levé avec le Jour, il se mettait aussitôt au travail et prenait souvent à peine quelques moments de repos avant la nuit. C'est ainsi qu'il a composé les ouvrages assez nombreux qu'il a publiés depuis son arrivée à l'Université, et dont le plus important est son Exposé élémentaire de la théorie des intégrales définies, que la Société royale des sciences de Liège a publié en 1851, in 8°; 510 pages, et qui fait partie des mémoires de ce corps savant : C'est l'œuvre la plus complète qui existe sur cette matière. Elle est venue combler une lacune dans la science et sera désormais dans les mains de tous ceux qui s'occuperont de ces études, parce qu'elle se distingue autant par la parfaite connaissance du sujet que par la simplicité des méthodes, la clarté et l'euchainement des principes. La bibliothèque de Luxembourg possède de ce profond mathématicien un vol. in-4°, en vente à Bruxelles et à Leipsic, et qui porte à peuprès le même titre que celui que nous venons de citer. Il est suscrit ; Exposé élémentaire de la théorie des intégrales définies. Nous n'avons pas pu vérifier si c'est
an ouvrage distinct. La mort a surpris Meyer au milieu de l'impression d'un autre travail aussi étendu et dont plusieurs feuilles étaient déjà prêtes à être livrées au public : c'est un Essai sur une exposition naturelle de la théorie analytique des probabilités a priori. Le manuscrit , diton, est achevé; il est dès lors permis d'espérer que des amis veilleront à ce qu'il ne soit pas perdu pour la science.
En général Meyer a consacré la plus importante et la plus considérable partie de ses écrits pour rendre accessible aux jeunes gens l'étude des branches des mathématiques qu'il a successivement enseignées.
Intelligence d'une grande pénétration et d'une lucidité rare, travailleur infatigable , analyste d'une habileté incomparable , il avait énormément lu. Il connaissait tous les travaux importants de ses dévanciers et la pratique de l'enseignement lui avait appris à trouver les méthodes les plus rapides et les plus sûres. Aussi tous ses ouvrages se distinguent-ils par la netteté d'exposition , par l'enchaînement et la rigueur des déductions.
Nous avons vu que pendant longtemps Meyer s'est principalement occupé de renseignement des mathématiques élémentaires ; il les exposait d'une manière toutà-fait remarquable et il a formé un graud nombre d'élèves distingués , surtout parmi les officiers de l'armée belge.
Il avait rédigé sous le titre de Nouveaux éléments de mathématiques pures un traité embrassant les branches élémentaires. La première livraison parut en 1841 , mais la suite de cette publication fut abandonnée à cause du changement du ministère sur l'appui duquel l'auteur avait compté. Il en détacha cependant les Leçons de Trigonométrie rectiligne el sphérique qui parurent en 1843 et en 1844.
En 1854 il publia les : Nouveaux éléments de la Goniométrie , in-8°; 83 pages ; seul traité qui existe sur la matière.
11 donna ensuite un Manuel d'un cours de -calcul différentiel (in-8° , X et 440 pages; 1835), qui sert d'introduction à
son travail sur les Intégrales définies avec lequel il forma un traité complet. Les Nouveaux Eléments du calcul des variations, 1856, in-8°, 132 pages, sont une exposition fort remarquable et fort claire des principes de cette branche des mathématiques. Toujours en 1856: Démonstration de deux proportions nouvelles sur le calcul des probabilités , précédée de la réfutation des objections formulées contre elle au sein de l'Académie de Belgique; in-4°; IV et 24 pages. — En 1857: Examen critique de la Notice de M. Lingre sur la probabilité de la cause d'une erreur constante dans une série d'observations insérées dans le tome XXII du Bulletin de l'Académie de Belgique ; in-8° ; 1 5 pages.
Dans l'intervalle de ces publications, toutes destinées à simpliGer aux jeunes gens l'étude des mathématiques, depuis les branches les plus élémentaires jusqu'aux plus élevées , Meyer composait des mémoires et des notices sur des points spéciaux , lesquels ont paru soit en brochures, soit dans les recueils de l'Académie de Bruxelles, soit dans le Journal de Crelle, soit enfin dans les mémoires de la société royale des sciences de Liège. Nous allons en donner les titres. Dans les Bulletins de l'Académie: Recueil de quelques développements peu connus en analyse combinatoire. — Sur la base géodésique que l'on mesure actuellement dans les environs de Bonn. — Théorèmes sur les polyèdres. — Résolution d'un problème sur le calcul des probabilités. — Note sur quelques intégrales définies.— Noie sur le Théorème inverse de Bernouilli.— Plusieurs Rapports.
Dans les Mémoires du môme corps savant: Mémoire sur deux fondions irrationnelles particulières. — Mémoire sur l'application du calcul des probabilités aux opérations du nivellement topographique.
— Mémoire sur le développement en séries de quatre fonctions. — Mémoire sur l'intégration de l'équation générale aux différences partielles du premier ordre d'un nombre quelconque de variables.
Meyer a laissé un certain nombre de
manuscrits inachevés; il a également fait à l'Académie royale de Belgique différentes communications qui ont été l'objet de rapports plus ou moins étendus. Nous citerons les suivantes : Mémoire sur une nouvelle exposition complète du Théorime de Taylor (7 août 1847.). — Mémoires sur quelques formules nouvelles de la Trigonométrie sphérique (7 octobre 1848).— Note sur l'intégration des différentielles binômes (13 janvier 1849).— Note sur l'expression du rayon recteur d'une planète en série suivant les cosinus des multiples de Vanomalie moyenne (2 mars 1850). — Notice sur l'intégration d'un système quelconque d'équations linéaires simultanées à coefficients constants , les seconds membres étant égaux à zéro (8 novembre 1851). — Mémoire concernant une proposition géodésique énoncée par Lingre (3 novembre 1855). — Démonstration nouvelle d'un théorème de Bernouilii (1" mars, 5 avril et 14 juin 1856). — Mémoire sur une exposition nouvelle de la théorie des probabilités a posteriori (27 mars 185G).
Meyer avait la vocation du professorat.
Quoique la spécialité de son enseignement à Liège ne s'adressât qu'à un nombre très restreint d'auditeurs ; quoique paralysé par des souffrances physiques souvent fort vives , nul n'apportait plus de dévouement que lui à ses cours. Possédant toujours admirablement son sujet et s'exprimant avec la facilité qui accompagne les dons de l'imagination, ses leçons étaient fort attrayantes. Ne calculant d'ailleurs ni le lemps ni les peines il faisait son cours pour un seul élève avec le même soin qne pour un nombreux auditoire.
Comme professeur il était le plus consciencieux des hommes. Condamné par ses souffrances à des inégalités dans l'accomplissement de ses fonctions quand le mal dont il souffrait l'avait réduit à l'impuissance, il lai fallait bien suspendre son cours : mais à peine se sentait-il mieux qu'il s'empressait de rappeler ses élèves et de leur rendre par des leçons plus fréquentes celles qu'involontairement il leur avait fait perdre.
Comme homme privé , il était bon ,
loyal , du commerce le plus discret et le plus sûr , impassible en apparence au milieu des plus vives douleurs.
Nous avons dit dès l'ingrès de cet article que Meyer était peintre ; en effet, pendant ses moments de distraction il s'occupait volontiers à représenter sur la toile différents sujets dont plusieurs ont été appréciés par des connaisseurs. Nous connaissons de lui entr'antres une grande vue du marché et de l'église abbatiale d'Echternach qui est loin d'être sans mérite.
Cependant c'est comme mathématicien que son nom brille de la plus belle gloire, bien que tons aussi s'accordent à dire que ses poésies en idiome luxembourgeois sont également naïves et charmantes. Il fut enfin un esprit méditatif et profond dans le domaine de l'abstraction.
Antoine Meyer est mort à Liège , le 29 avril 1857.
Journal dp Liégr. M0* do SO avril et da 1** mai < 80 7,— La fte*«e, Jovraal deLaieaib*urg , da S aaai l8U7.-Moi.ua, Chrouiqae dea eUMiaaeaaeata diaa Iractioa moyeu ae a Eehleraaek; dan* : Pr*franm<- de l'école iadnttrielle; 185», paaaim- — Oeovrea de Mrvaa. — Noir» communiquées. — SoaTenirt coatemporaiaa. - Naaoa, Catalogue delà Bibliothèque de Lnscaabenrg. S68, 76» et 7*0.- Uu CariTam, Néer»l«Ce
lirgeoi*.
MEYERS, Ferdinand, né a Berbourg, commune de Manternach , le 20 décembre 1836, était fils de Bernard Meyera, menuisier et peUt détaillant , et d'Elisabeth Bodewing.
Dès sa première enfance et pendant qu'il fréquentait encore l'école communale de son endroit natal, le jeune Meyers faisait son amusement principal pendant ses moments désœuvrés, du dessin et de la ciselure ; très rarement il prenait part aux jeux de ses camarades d'enfance, et souvent on l'a vu pendant des heures entières observer son père pendant que celui-ci s'occupait à ciseler; car par goût aussi ce dernier avait entrepris plusieurs ouvrages de sculpture commune pour des églises des environs. Personne cependant ne se doutait encore alors que Ferdinand voulût un jour faire son état de l'art de Phidias.
Il fréqaenta l'école de Berboorg depuis l'année 1840 josqa'eo 1850 et fil dans toutes les branches qui y étaient enseignées des progrès très marqués. Son père Tayaut ensuite , a l'âge de quatorze ans, placé à l'athénée de Luxembourg il suivit pendant deux ans les cours industriels et se distingua surtout dans le dessin et l'étude de la religion, au point qu'en 1852 il obtint, en quatrième , le troisième prix de religion et le premier accessit de langue allemande, de perspective linéaire et de dessin d'après la gravure.
Lorsqu'il fut parvenu à sa dix-septième année, son père qui voulait le former pour le commerce, le plaça chei un négociant à Metz. Mais Ferdinand ne tarda pas à s'apercevoir que le négoce n'entrerait jamais dans ses goûts. Il retourna en conséquence et au moment où l'on s'y attendait le moins, chez ses parents auxquels il déclara franchement qu'il ne choisirait d'autre état que celui de sculpteur. Son père eut beau lui représenter que ses modiques ressources ne lui permettaient pas de le placer dans une école de ce genre ; rien ne put détourner le jeune homme de son projet arrêté d'une manière tout-a-fait absolue. Force fut en conséquence à ses parents de le garder à la maison où il chercha d'abord à imiter les ouvrages de sou père; et il réussit si bien et si promptement dans celle entreprise qu'au bout d'une demie année il avait égalé sinon surpassé ce dernier: c'était la bien peu de chose à la vérité ; mais les succès qu'il avait obtenus en si peu de temps montraient à l'évidence qu'une propension très réelle appelait le jeune Meyers vers la carrière qu'il ambitionnait de parcourir. En effet, une année ne s'était pas encore écoulée depuis son retour dans sa famille que déjà il dessina et exécuta la pierre tumulaire du curé Adams de Consdorf.
Après qu'il eut achevé ce travail qui plut généralement, son père ne put plus refuser de consentir à son départ pour une école de sculpture. Il fut en conséquence résolu qu'il irait à Paris dans les premiers jours de 1855 , pour achever
son apprentissage dans l'atelier d'un sculpteur habile.
Comme cependant le jeune homme voyait clairement que son voyage ainsi que son séjour à l'étranger devaient entraîner sa famille i des dépenses auxquelles celle-ci ne pourrait suffire , il conçut le projet de solliciter un subside auprès du Gouvernement du Grand-Duché. Afin de se rendre digne de cette faveur il voulut lui offrir un échantillon de son savoir faire et modela en gypse une statue presque grandeur naturelle , pour laquelle il fit poser son frère puîné. Dans ce travail il représenta l'idée d'un jeune baigneur étreint et mordu par un serpent : Son regard , qui s'élève vers le ciel , présente un je ne sais quoi de terrible par la contraction des traits de la ligure et par l'attitude du corps qui offre l'expression d'une douleur mêlée de désespoir et en même temps de résignation. L'originalité de cette conception devient surtout remarquable par la simplicité du fait qu'elle représente et qui se dénote dans l'expression de la physionomie du patient de même que par IVxtension de sa main droite , la pose des pieds et jusque dans la contraction spasmodique des orteils. Le classique s'y dévoile en général et l'on ne peut méconnaître la tendance de l'auteur vers ce genre. Il semble en effet qu'il n'a travaillé que sous l'influence de l'inspiration qu'avait pu lui donner le groupe de Laocoon et de ses fils.
Cette esquisse, bien qu'imparfaite quant à certains détails dans les formes, est loin d'être dénuée de mérite. Elle porte en effet le cachet d'une conception hardie ainsi que d'une belle entente du bel idéal que l'artiste a su exprimer avec bonheur tout en prouvant de son talent créateur. Et, bien qu'elle ne montre pas une entière perfection technique , elle dévoile cependant le germe d'un talent distingué et inné qui ne demande qu'une culture ultérieure : l'œuvre dont nous parlons ici orne le musée de la Société archéologique de Luxembourg, auquel M.
le Professeur Fresez en a fait cadeau.
Sur la recommandation du mémo professeur qui fit un rapport très favorable sur le jeune baigneur, le Gouvernement du Grand-Duché, toujours prêt à encourager les talents naissants, a accordé à Ferdinand Meyers un premier subside de quatre cents francs , puis un autre de six cents francs, toujours à la même recommandation , afin de lui aider à continuer pendant quelques années ses études à Paris où il fréquenta avec zèle et assiduité l'atelier du sculpteur Jnunroy qui ne pouvait assez louer son intelligence et sa bonne conduite.
Meyers adressa de Paris, à son ancien professeur une magnette en stuc , représentant en ébauche Agar avec son fils Ismaël dans le désert. La malheureuse mère est figurée au moment où la Bible la fait dire : Non je ne puis voir mourir mon fils; et où, avant de se séparer de lui elle imprime sur sa figure le baiser d'adieu. Ismaël, qui se relève sur ses genoux , est représenté comme un adolescent , tandis que sa mère est une femme amaigrie et à longue chevelure en désordre. Les deux personnages sont représentés nus, Agar ne portant qu'une légère draperie.
Meyers avait commencé un troisième croquis en demi-relief, représentant un sujet tiré de la mythologie grecqueromaine. Mais comme cette œuvre péchait beaucoup dans ses proportions et dans la perspective , il l'abandonna sur les conseils de son maitre.
Tels furent les débute du jeune artiste qui promettait déjà beaucoup , lorsqu'une fièvre nerveuse maligne vint l'enlever en peu de jours a son pays, le 20 mars 1858, à l'âge de vingt-un ans seulement.
EftCMNC, Notiee tur F IHryen ; «Uni: Publication! de la •ociëtë archéologique de Luxembonrg, XIII, |i. 100. ut. — Programme de l'Ataêaéc de Luxembourg, 1 (!.>.£.
MEYSEMBOURG, ancienne maison luxembourgeoise, très-honorablement connue dès avant l'année 1 176, et qui portait : d'or,
au chef de gueules, chargé de trois merlettes de sable. La famille de Meysembourg a produit plusieurs rejetons qui se sont signalés dans nos annales, mais surtout auquel nous consacrerons un article séparé. Elle s'est éteinte dans les mâles, parait-il, pendant la seconde moitié du quatorzième siècle, dans la personne de Wauthier, Seigneur de Meysembourg, sénéchal du pays de Luxembourg, lequel n'a laissé que quatre filles qui furent alliées aux maisons de Brandenbourg, Weiler-la-Tour, Bayer de Boppart et Kerpen. Cependant nous trouvons encore en 1637 Louise de Meysembourg, religieuse à l'abbaye du Saint-Esprit à Luxembourg, morte en cette année : Mais il est à croire que cette dame appartenait à la branche de la famille de Brandenbourg qui se disait de Meysembourg.
Par la succession des temps la terre de Meysembourg avait été acquise par Christophe d'Arooult (v. son art.) qui fut créé Baron d'Arnoult et de Meysembourg par Patentes du 26 décembre 1716 et qui forma ainsi une nouvelle lignée de ce nom , mais celle-ci s'éteignit encore dans la personne de sa fille unique, Barbe- Mari e-Françoise-Xavière, qui fut l'épouse de Charles-Ferdinand de Custine, comte de Willz. Par ce mariage la maison de Wiltz devint propriétaire de la dite seigneurie et l'a possédée jusqu'à l'émigration en 1 792 — 94. La République française la vendit le 9 février 1798 au Baron Antoine de Cassai dont les enfants la revendirent le 30 janvier 1843 à M'. J.-P. Reuter-d Heddesdorf qui en définitive la rétrocéda pendant les dernières années au duc d'Aremberg propriétaire actuel.
PicaacT, 111,437, aq«p|. — Mit«« , Notice Ustor. *ur la Seigneurie Baroaoie de Meriembonrg.-Uaa t»o«t, paitiro. - Archive! de la mahoo de VVilU.
MEYSEMBOURG, Wauthier de, est rappelé comme suit dans le manuscrit des Viri illustres : « Valterus D. in Meisenburg, « ex Decano Metropolitanœ Ecclesiie Tre- « virensis Mouachus Dominicanus, virapos-
«tolicus qui una oralionc B"™ Jolandara « flliam Comitis Viandani permovit ad de- « serendum Mandum et ad ingressum in « monasterium Vallis Maris , Marieulhal, c fuudator primus monastcrii Dominicano- « rum Treviris. »
Wauthier de Meysembourg était fils d'Adelin qui fut conseiller de la vertueuse comtesse Erroesinde et de son fils, Henrile-filondel. Né vers les premières années du treizième siècle il se voua à l'état ecclésiastique et obtint la dignité de prévôt do chapitre de la cathédrale de Trêves : ce grand homme, dit Bertholet, élevé dès son enfance dans les sentiments d'une piété solide, se fit clerc ; mais dégoûté du monde il entra en religion où son mérite Téleva bientôt aux premières charges de «on ordre.
11 avait environ seize ans, ajoutent les Annajes, lorsqu'il embrassa la règle de St. Dominique qui était alors très en vogue, et fut peu de temps après un des principaux fondateurs du monastère des frères prêcheurs de la ville de Trêves dont il devint le premier prieur. Adonné sans cesse a l'étude des lettres sacrées et passant le reste de son temps dans la méditation, il fit bientôt des progrès si grands dans la vie de la sainteté et de la science qu'il fut appelé à gouverner plusieurs maisons de sa règle, emploi qu'il remplit avec tant de prudence qu'il s'acquit la réputation d'un très célèbre docteur.
Ce fut entr'autres sous la direction de ce religieux éclairé qu'Alexandre de Soleuvre fonda en 1235 le monastère de Dillcrdange et qu'il fil son testament qui fut souscrit par lui ainsi que par plusieurs autres personnages de marque. Ce fut encore Wauthier de Meysembourg qui fixa la vénérable Yolande de Viandcn (v. son art.) à choisir l'ordre de St. Dominique pour s'y consacrer à Dieu et qui fit résoudre les parents de la noble jeune fille à permettre à celle-ci d'exécuter son religieux dessein malgré la répugnance qu'ils montraient pour consentir à se séparer d'elle. En 1261 il fut nommé exé-
cuteur testamentaire de Henri III, duc de Brahant.
Thomas de Cantimpré a fait le portrait le plus flatteur de ce religieux, au deuxième livre de son histoire.
Wauthier de Meysembourg a été enterré à Marienthal, dit Bertholet qui rapporte le texte d'une épitaphe qu'il croit avoir été la sienne. Nous la copions ici :
Anno Domini M .CC . LXX1X.