POST ANNOS EXACTOS LXV. MENSES VI
[dibs XV.
Berna h do Acre^e Vallis Abbati Frater Laerbnties de la Roche seccbssor
Hoc PlETATIS OFFICIO
Parbntabat.
On n'a conservé de ce grand homme que deux œuvres imprimées qui ont échappé à la destruction à laquelle il voua lui-
même ses compositions littéraires, comme nous l'avons dit. Ce sont : i°. L'oraison funèbre de l'archiduc Albert, son bienfaiteur; Bruxelles, 1622. — 2°. La réponse à une lettre que lui avait écrite Henri de Valois et où il remontrait chrétiennement et charitablement à ce prince ses fautes, en l'exhortant à la pénitence ; 1689, in-8°. Cette réponse est très violente; l'auteur y menace le Roi de l'abandon de Dieu, de ses sujets et des peines de l'enfer.
André Valiadier, abbé de St. Arnoul de Metz, a fait son panégyrique, divisé en trois sermons qui ont été préchés trois jours consécutifs à Orval, pendant ses obsèques. Cet ouvrage, qui a été imprimé en 1G29, format in-4°, chez Hubert Renia nd à Luxembourg, et qui est devenu très rare, offre des passages trop caractéristiques pour que nous ayons pu nous empêcher d'en donner ici quelques extraits :
Page 20. « Dom Bernard de Montgail- « lard suça la doctrine avec le lait mater- <> ne! ; et dès qu'il sut lire, le jetta-t-on « dans les tours et les détours d'Euclide, « en sorte qu'à Tige de douze ans il avait « franchi la carrière de Philosophie. »
Page» 26 et 27. «Dom Bernard de <» Montgaillard a eu cela de singulier parce dessus tous les prédicateurs de son « temps : Les églises d'Anvers et de Bruxelles, ou il a prêché continuellement «proche de quarante ans, n'estoient ca- «Ipables de recevoir le grand peuple qui « y accouroit à ses prédications, avec afflu- «ence de tous les grands de la Cour et «autres; contraints d'aller occuper les « places trois ou quatre heures auparavant. « Ce qui emmiella tellement le Docteur » Stapleton qu'il venoit souvent exprès de « Louvain à Bruxelles, pour se rendre son
« auditeur Tous ceux lesquels j'en
« ay ouy parler, lui donnant cette gloire, « et qu'il estoit vrayment maliens contèrent
«petras La réponse qn'il fit a Pa-
« nigarolle insigne Prédicateur Italien de « nostre mémoire , envoyé à Paris par « nostre Saint-Père, avec le Cardinal Ca-
«jetan légat a latere en France, et les « personnages signalés Bcllarmin et Catel « du depuis Cardinaux, accompagnés d'en- « viron trente Evesques, et en leur pre- « sence, flt voir clairement à tout le monde « le rare talent que Dieu lui avoit departy « pour la prédication, ces grands auditeurs « se regardant les uns les autres disaient : « nunquam sic locutus est homo. »
Page 28. « Ses prédications étoient arec dentés et toutes de feu ; sou principal «talent estoit d'arracher les larmes des « yeux et la pénitence des cœurs. Un perce sonnage et très-religieux et des plus re- «marquables d'entre les PP. Feuillants « luy a donné cet éloge : qu'il estoit bon, « libéral, abondant en charité, homme de «grande foy, infiniment zélé au bien de « l'Église , très - grand prédicateur , an- «nonçant librement et généreusement la « parole de Dieu, reprénant hardiment et « efficacement les vices, parlant aux Boys, « aux Princes et aux Grands du monde « avec tant de saincte liberté que St. Paul « et St. Bernard ne leur eu eussent pu « dire davantage, uy avec plus d'ardeur et
« d'efficace
« Il preschoit aussi longtemps, et tout « autant qu'il vouloit , sans horloge , à « point nommé et sans peine ; non pas ex « scripto, comme nous vulgairement, mais «après un peu de lecture, suyvie d'une « longue et profonde méditation de trois « à quatre heures.
Page 33. « Montgaillard, à l'4gc de seize « ans, abandonna le monde, et tout aussi- « tôt Ot sa profession dans la reforme et « effroyable austérité (qui ne faisoit que « de naître) des Feuillants avec telle as- « périté que bientost après, par la provi- « dence du St. Siège, tout l'ordre fut coo- « traint de se modérer , ne mangeant ni « chair, ni œufs , ni poisson , ni beurre,
« ni sel Sa couche ordinaire étoit
<• des aix par terre, sur le plancher, avec «un escabeau qui lui servoit de chevet « la nuit et de siège le jour. Il ne man- «geoil qu'une fois par jour, tout lard, « le soleil déjà couché, ce qu'il a continué
«presque toute sa vie, hormis que les « médecins, à cause de continuelles et ex- «trémes maladies lui firent avancer son «repas sur l'heure de midi. Souvent pres- « chant les caresmes entiers , il ne mao- « geoit que deux fois par semaine , tou- « jours un silice apre sur le dos.
Page 34. « Le Pape Clément VIII con- Rseilla à D. Bernard de Montgaillard et a lui manda de sortir des Feuillans à cause « des extrêmes austérités, et de se retirer «aux Pays-Bas, où il fut accueilli par le «grand Archiduc.
Page 41. « Monsieur de Montolon, Con- «seiller à la Cour, et Monsieur Mison, « envoyés devers luy de la part du Boy «Henri III luy offrirent l'Eve sché d'An- « gers, qu'il refusa courageusement. Poussé « du même esprit d'humilité, il rejelta l'offre «qu'on lui fit de l'Evesché de Pamyers « et de la célèbre abbaye de Morimond.
Page 42. D. Bernard, bien que trèsce docte, très-éloquent et éminemment Ec- « clésiastique et Prédicateur supprima toutes « ses œuvres et ne laissa à la postérité que « l'oraison funèbre du grand Archiduc Àl- «bert, pressé par l'extrême importunité « des Princes soubs lesquels il vivoit. Cette «harangue est plustôt la vie d'un Saint « que le Panégyrique d'un Grand Prince.
Page 81. « Jamais prédicateur de nostre « mémoire et de nostre siècle ne régenta « la ville royale de Paris, qui est un grand «abrégé de la monarchie françoise, n'y «gouverna le Boy, la Beyne, tous les « Princes et toute la Cour, comme a faict « ce grand prédicateur , dès l'origine de « la Ligue, la plus puissante, la plus for- « midable des bouches d'Estat. L'efficace « de son éloquence, la puissance de sa vie
« exemplaire donnèrent tel ascen-
« dant à ses persuasions, et telle terreur « à tout Paris, et par conséquent à toute « la France , que l'Echo en retintit aux « quatre coins de ce grand royaume. Il n'y «a guères de personnes qui aient eu un <> tel ascendant à posséder les cœurs des «grands, des princes et de la noblesse « que luy. Aussi ils étoient très-aises de
- iTl -
« l'avoir pour médiateur et aimable com- « positeur de tous leurs différents ; et il « n'y avoit affaire de telle importance, fut- « il qu'ils ne fussent bien fort joyeux «d'avoir et suivre son avis.»
M mm, V. S70. — Btvu, Dictionnaire biitoriqoe et critique, 111, 437. — De Felle», Dictionnaire hi(toriqae ; litt. 91. — 0. C»i«rr, Bibliotbèqae Lorraine.
— P*oc«t, OS. — Ctc Bic-ni-Liivat, Biographie liégeoise, I, 438.— Jaiarra, Les Cbroniqnes d'Orral, 310, iqqq — Biaraout, III, P. i. IV; VI, 33». >q.
— Cavaii», Encyclopédie moderne, XVI, 203.— Biographie universelle , XXIX, 301. — Naoaaax, Le* antears laieinbourgeois, 89.— Aaaai V*uia«ta, Panégyrique de D. Bero de Moatgaillard, en troil •ermoM, prononcé k au obséqnes; Luibrg., Ilob. Aealand, 1030, in-4*; paasim — V. 8raajianaG, Hfetropol. Ecclea. Trever. II, 100, sqqq.
MOOTZ, Mathieu, fils de Jacques Mootz et de Catherine Kies, né h Luxembourg, le 27 mars 1794, capitaine de 1" classe d'infanterie pensionné, décoré de la médaille de St. Hélène, est décédé à Louvain le 15 décembre 18S9.
Le capitaine Mootz commença sa carrière militaire dans l'armée française, comme soldat au 21* régiment d'infanterie légère, le 16 avril 1813; après avoir obtenu le grade de fourrier il fut fait prisonnier de guerre à Kulm, le 29 août 1813 et rentra au régiment le 18 janvier 1814. Nommé sous-lieutenant le 1 1 mars suivant, il obtint sa démission honorable le 30 septembre 1814.
Il avait fait la campagne de 1813 en Saxe et en Bohème où il fut blessé à la jambe gauche en combattant à Kulm , le 29 août de cette année. En 1814 il combattit sur le Rhin.
Rentré dans l'armée des Pays-Bas comme sergeot-major d'infanterie, le 25 juin 1815, il fut nommé successivement sous-lieutenant au 3* bataillon de ligne, le 16 août 1817; lieutenant à la 3* division d'infanterie le 21 juillet 1818, et passa de la 18* division d'infanterie au service de Belgique, le 1" octobre 1830.
Nommé capitaine au 10e régiment de ligne le 10 octobre suivant, Mootz fut ad-
mis à la pension de retraite le 1" septembre 1844.
Le capitaine »t Ruant, Nécrologe dea officiers de l'armée belge,
MULLENDORFF, François, fils de Jean-Pierre Mullendorff, marchand épicier et de Catherine-Thècle Ludwig , est né à Luxembourg, le 27 ventôse an VII (17 mars 1799).
Après avoir fréquenté pendant quelque temps le collège municipal de sa ville natale, il eh sortit en 1815 pour apprendre la fabrication des tabacs.
Son apprentissage terminé, H quitta Luxembourg en 1817, et entra dans la manufacture de tabacs établie alors à Quiévrain, dans le Hainaut. Son intelligence et son esprit d'ordre l'initièrent bientôt aux secrets de la fabrication et lui permirent de faire quelques économies qui devaient lui faciliter son établissement à Vcrviers, etc.
Ce n'est toute fois qu'après avoir été employé pendant deux ans dans la maison Hodson de cette ville qu'il s'établit pour son propre compte en 1822. Son commerce, entrepris sur une modeste échelle, ne tarda pas à prospérer. A partir de l'époque de son mariage en 1823, les affaires de Mullendorff prirent une rapide extension; et de simple détaillant il devint bientôt commerçant en gros.
Doué de toutes les qualités qui constituent le négociant actif , probe, intelligent, dévoué , il vit le succès couronner toutes ses entreprises , et la considération publique ne tarda pas à le désigner comme un des hommes dignes d'administrer la cité. Tour-à-tour membre du conseil communal, écbevin, membre du tribunal de commerce et des diverses commissions administratives de la ville de Verviers, il arriva en 1841 à la Chambre de commerce qu'il devait présider plus tard: Le petit commis étranger siégeait au milieu des notabilités de l'une des villes les plus industrieuses de la Belgique ; il comprenait la mission de la chambre de commerce, donnait une vive impulsion à ses travaux el fon-
dait deux étabtissements appelés à rendre de grands services à l'industrie verviétoise :
L'école de tissage et de dessin industriel doit former des dessinateurs , des monteurs et des tisserands, leur inspirer le sentiment du beau, leur donner le goût et leur enseigner les lois de l'harmonie dans les couleurs.
L'école des chauffeurs qu'on doit à son initiative est destinée à garantir la vie des ouvriers et des familles , et a réduire les frais de production.
Enfin il projetait une école des teinturierS) lorsque la mort est venue le surprendre au milieu de ses occupations d'organisation. L'intérêt des classes ouvrières le préoccupait au même degré que l'intérêt des patrons.
Il en a fourni la preuve par le projet d'une caisse de secours et de retraite.
L'État avait fondé une caisse de retraite L'événement ayant prouvé qu'elle était difficilement accessible aux ouvriers, Mullendorff avait cherché une combinaison qui lu leur ouvrit avec le concours des patrons.
Au milieu d'une vie si bien remplie et dans laquelle il avait su faire marcher de front ses intérêts et ceux de la chose publique, il se livrait encore à des études sur l'économie politique , traitait dans les journaux diverses questions industrielles, publiait une brochure éclairant la question de la taxe sur la fortune présumée et l'impôt progressif.
François Mullendorff est mort le 1" janvier 1858, des suites d'une chute qu'il avait faite le 23 décembre précédent pendant qu'il visitait les ateliers de la filature qu'il avait fondée à Polleur. 11 était chevalier de l'ordre de Léopold de Belgique, et décoré de la croix de fer.
IVécrologe de F. MulIrnduriT, par M' dc L*Fo»Minr. pèrei Public»!, de la Soc. archéol. dc Luxbre.,XIII, p. 104. — Mtuoa, Dis cour» prononcé tur la tombe de F. Mallendorff.
ML'LLER, Gaspard , ou plutôt Jtan- Gaspard, originaire des environs de Boppart , fit une partie de ses éludes à Trêves et devint sous la République française
professeur de langues à l'école centrale du département des forêts, à Luxembourg. Sous l'empire il fut nommé receveur des contributions à Echternach et plus tard juge de paix du canton de même nom.
Cette magistrature il la conserva jusqu'à son décès.
Muller fut toujours attaché aux principes libéraux , et composa pendant son séjour à Luxembourg le fameux opuscule intitulé: Auch dus Volk soll und darf die Wahrheit teissen; vol. in-8°, 1797; pour lequel l'éditeur lui paya vingt-six Louis d'or. Cet ouvrage, dirigé contre la Trierische Kronik fur den Btirger und Landmann, par J. J. Stammel, 1797, vol. in-12°, de 1 69 pages, est une composition écrite dans le genre de celui de J.-G. Zimmermann, Ueber die Einsamkeit, a l'imitation duquel il est rédigé. Il fut suivi de près par une autre brochure , en vers , à laquelle l'auteur avait donné pour titre: Allenceltpfaffenarlekinade. Cette singulière suscription seule indique suffisamment dans quel esprit l'œuvre était conçue; aussi fut-elle saisie dès son apparition , et il n'en resta que quelques exemplaires en la possession du satirique auteur.
Muller s'était fait beaucoup d'adversaires à cause de ses opinions; il n'était cependant pas sans mérite. 11 a fait beaucoup d'efforts et même de sacrifices pour faire prospérer le collège de la ville d'Echternach, où il est mort en 1832.
Notice foornie p«r H. le Prof. E«u»c. — BU»™, CataJogae de la Bibliothèque de Lmcmbourg, 7«J0.
MULLER , Michel -François - Joseph , Docteur en philosophie et lettres, membre de plusieurs sociétés savantes, est né à Trêves le 4 octobre 1762, fils de Thomas Muller et de Marie-Thrérèsc Driesch.
Quelques années avant la conquête du pays par les armées de la République française il était pensionnaire des Trois- Etats du Duché de Luxembourg, emploi qui lui fournit l'occasion de faire une étude plus ou moins approfondie de nos archives administratives.
Lors de l'érection des cantons dans le Département des forêts, Muller fut nommé juge de paix à Echternach où il continua à s'occuper de recherches et de travaux historiques. En 1812 il reçut une nomi- ' nation de Procureur impérial près le tribunal de Trêves et deux ans plus tard il passa conseiller a la Cour d'appel de la même ville où il est mort avec le titre de Conseiller honoraire, le 26 octobre 1848, à l'âge de quatre-vingt-sept ans.
Tous les instants disponibles de cette longue vie semblent avoir été mis à colliger des sources historiques et à composer des ouvrages qui intéressent d'autant plus aujourd'hui que beaucoup des documents où l'auteur a pu puiser sont anéantis ou au moins disséminés: on sait que nous parlons des archives des monastères et nommément de celles de la riche et célèbre abbaye d'Echtcrnach. Les œuvres de Muller, qui sont en grand nombre, se recommandent par une bonne critique et par on jugement droit. L'auteur ne cessa pour ainsi dire d'écrire que lorsqu'il finît de vivre, et cela malgré une cécité presque complète , puisqu'il a encore publié en 1844 une description sommaire historique et topographique de la vallée de la Sure (voir ci-bas le N* 34 de la liste de ses ouvrages) .
Nous allons donner les titres de celles de ses compositions que nous sommes parvenu à découvrir : i°. Das gesehichtliche des Kur-Trierschen Landrechte, sunimarisch entwickelt von M. F. J. Muller; Toèves, Rodt, in-8% 15 pages. — 2°.
Ueber die Idiotismen und Sprachgebrseuche der Trierer und benachbarten Provinzen ; dans : a) Triersches Wochenblatt , 1818 à 1820; 6) Triersche Cbronik, 1824 et 25 ; e) Treviris, 1825, N" 66 à 92 ; 1836, N~ 50 et 51. —3°. Ueber die Familie der Wiltheimen, einige gcnealogiscbe Nachrichten, von M. F. J. Muller; Triersche Cbronik, 1824. — 4". Ueber die ehemalige stamdische Verfassuqg in dcm Herzogtbum Luxemburg; von M. F. J. Muller; réimprimé dans Triersche Cbronik, mois
de septembre 1819. — 5°. Hisloriscbe- Geographische Darstellung des Dœrfchen Alt-TrierindemGrosz-Herzogthum Luxemburg; einige Worte von M. F. J. Muller, 1819; Triersche Cbronik , mois d'octobre 1819, p. 240.-0°. Ueber den Manuscripten-Vorrath in der ebemaligen Abtei zu Echternach, Ton M. F. J. Muller; Triersche Cbronik, 1820, 27 août. — 7\ M. F. J. Muller, Kleiner Beitrag zur Geschichte des Hexenwesensim XVI. J.ahrhundert. Trier; Blattau, 1830,78 pages in-8°. — 8*. Kleine vermischte Beitrœge zur Geschichte der Concilien, Synoden und Synodalstatuten im Erzbislhum Trier. — 9 \ Maximen zur Wuerdigung der Zeugenaussagung im Civil- und Criminalverfabren. — 10'. Ueber die Schicksale vaterisendischer Handscbriften ; einige Worte von M. F. J. Muller; Trêves, 1831; broch. in-8°; 24 pages. - il". M. F. J. Muller, Kurze doch zuverhcssige statistische Uebersicht des Herzogthums Luxemburg und der Grafschaft Chiny, so wie dièse Provinz vor ihrer durch das Gesetz vom 9. vendem. Jahr IV mit der Frankenrepublik gemacbten Vereinigung von dem Haus Oesterreich besessen und regiert worden ist; Trêves, Scbrœll, in-4°, 47 pages; 1814. — W. Abhandlung ueber die jxbriich am Pliugstdienstage in dem Sta?dtchen Echternach, Herzogtbum Luxemburg gewœbnlichen Procession der sogenannten springenden Heiligen, von M.
F . J. Muller ; Trêves, v° Leistenschneider, 1815, in-8°, 19 pages. — 15*. Alphabetische Anzeige der vorzueglicbsten Quellen sur Kenntnisz der Kecbtc und Gewohnbeiten des Herzogthums Luxemburg und der Grafschaft Chiny vor deren Vereinigung mit der Franken-Republick 9 vend.
Jahr IV ; von M. F. J. Muller ; Trêves, 1825, petit in-8°. — 14°. Ueber die gemeinen Landsbraeuche des Herzogthums Lutzemburg und der Grafschaft Cbiny.
Einige Anmerkungen fuer Geschichte und Recbt ; Trêves, Blattau, 1832. — 15°. Das SUedtchen Echternach in dem Groszherzogthum Luxemburg, mit seinen Urage-
bungen; historisch-staUstisch dargeslellt.
Trêves, 1823; Rodt, in-8". — 16°. Kurzgefassle Gescbichte der Abtei St. Clemens- Willibrordus tu Echternacli, aus gedruckten und uogedrackteD Quellen ausgehoben uad dargestellt. 1827. Dans Trierscher- Tascbeukalender. — i 7°. Mausolsi villte Bollanae descriplio topographico-bistoricocritica. — IGF. Das Deokmal der Diana ira Kanton Ecbteraacb, Département der Waldungen; bescbrieben uad beartheilt ■von H. F. J. Muller, Friedensricbter.
Trêves, in-4°, 8 pages, 1803. — Bollendorf. Article dans : Triersches Wochenblatt, 1819, N° 20.-20°. Renseignements pour adminicnler la réponse à la question historique proposée par l'Académie royale des sciences et belleslettres de Bruxelles, pour Tan 1824, en ces termes : « Quel était l'état de l'in- « strnction religieuse et des établissements » ecclésiastiques dans les provinces méri- <c dionales des Pays-Bas , depuis le comu mencement du règne de Marie-Thérèse ; « et quels changements y ont été succes- « sivement introduits jusqu'à nos jours?» Exposés par M. F. J. Muller, Docteur en Philosophie, Conseiller à la cour royale de Trêves; in-4% 8 pages; Trêves, 1825.
— 2i*. Historisch-Slatistische Erdbesebreibung des Kantoos Ecbternacb; Trêves, 180., in-4°. — 22\ Die Altertbuemer des Kantons Echternach, besebrieben und beurlheilt von M. F. J. Muller.
— 23". Dissertatio de Religione Trevirorum AntecbristianA. — 24 . Kleine vermisetate Beitrage zur Kenotnisz der Scbicksale einheimischer und fremder Muenzen im Herzogthum Luxemburg und in der Grafscbaft Cbiny, im Mittelalter und in neuern Zeiten; von M. F. J. Muller; Trêves, in-4°; XV plus 32 pages. — 2S°. Kleine vennischte Beitrage zur KenntniszderScbicksale einheimischer und fremder Muentzen im Churfuerstenlbum Trier, im Mittelalter und in neuern Zeiten, bis ïu dem Jahre 1794; Trêves, 1827.— 26 . Ueber das von Kaiser Max dem I, bey Ausfertigupg der Urkunden zu deren
Ik'glaubigung gebrauchten Monogramma; einige diplomatiscbe Bemerkungen von M.
F. J. Muller; Trêves, io-8°, 8 pages. — 27°. Kleiner Beitrag zur Trierschen Muentzund Siegelkunde; von M. F. J. Muller; Trêves; 1828, in-8°; 8 pages. —28°.
Beitrage zur Kenntoisz des nationalen Characters, der Sitten, Gebrauche, Spracbe, Kuensten und Wissenschafteo der Trierer uad der benacbbarten Provinzen , in aeltesten, vorzueglich aber mittleren und neuern Zeiten, zum Bebufe des Geschicht- Schreibers und desDenkers; ausgedruckten und ungedrnckten Quellen gesammelt von M. F. J. Muller; Trêves: Erstes Stueck. — 29*. Idem : zweites Stueck, in 8% 16 pages. — 50°. Chronologisch-Diplomatiscbe Bemerkungen ueber die Zeilrecbnung der Trierer im Mittelalter ; dans : Cbronik der Diœcese Trier; 1828; décembre, p. 752 à 761. —51°. Dissertatio de origine peregrinationis saltatorite, vulgo: der sprîngenden Heiligen, in urbe Epternacensi , feria tertia pentecosles usitatœ ; 1803 , in-4°. — 52°. Ueber die Natur der Grund-Gueter in dem Herzogtbum Luxemburg, vorzueglich in dem deutseben Quartier. Einige historische-juristische Bemerkungen; Trêves, 1824; in-S". —35".
Historisch-Statistiscbes Lexicon des Waelder-Departements ; mit Zeicbnongeu ; in folio; 1810.-54°. Hislorisch-Topograpliische Beitraege zur Kenntisz des Sauer- Thales, von Sure bis Wasserhillig, von M. F. J. Muller; Trêves, 1844, in-12«.
— 3ù*. Litteratur-Anzeige , welebe ueber die in der Stadt Trier und ihren Umgebungen tbeils noch bestebenden , tbeils aber zerstœrten Bauten, Inscbriften, etc., aus den teltesten und mittleren Zeiten einige Kunde geben ; Trêves ; broch. in-12*.
— 36*. Litteratur-Anzeige fuer die Denkma?ler, etc., von Trier; in-12°. — 37°.
Plusieurs fragments de statistique du Pays de Luxembourg, insérés dans les Almanachs de cette province , entre 1800 et 1807. — 38°. Dictionnaire géographique du département des forêts ; volume in folio, resté manuscrit. — 39a. Enfin, il a été avec
le Professeur Wyltenbacb, de Trêves, l'éditeur des : Geste Trevirorum intégra ; 3 vol. in-4°; Trêves, 1836 à 1839.
ItaMeigaenento fournis - Eut civil de Trcvra — Notes «Tétadea. — Buki, Eillia illutraU, II, 11, h, 300 — Naava , Catalogne de la Diblioihèqne de I.uiemfeiirg. 708, 7»0 et 833
MUNCIIEN , Dominique- Constantin , fils de Nicolas Muncben, notaire et juge de paix, et de Frédériquc Liest , est né à Dudeldorf, le 26 juin 1763. Après avoir terminé avec succès ses humanités et sa philosophie au collège de Luxembourg il alla suivre à Trêves les cours de Théologie. Il était déjà prêtre en 1788 lorsqu'il fut proclamé primus au concours ouvert pour la collation des cures.
La même année il fut nommé pro-recteur et professeur de théologie au séminaire filial de Luxembourg où il donna les cours de Théologie pastorale et d'éloquence de la chaire.
Lorsque deux ans plus tard cet établissement fut supprimé, Muncben avait dessein d'aller à Vienne continuer sa carrière ; mais il renonça à ce projet par amour pour ses parents qu i! ne Voulait pas quitter pour s'établir si loin d'eux. Il accepta en conséquence la cure de Schanckweiler , près d'Echternach , et la dirigea de 1791 à 1793; de là il passa à celle de Diekirch qu'il administra pendant dix arts.
A Diekirch comme à Schanckweiler il ne borna pas ses occupations aux soins pastoraux , il voulut encore vouer ses loisirs à l'éducation et à l'instruction de la jeunesse qui forma toujours un des objets principaux de ses sollicitudes. Ce fut lui aussi qui , au rapport de M. l'abbé Engling, planta le premier cerisier à Diekirch.
Lorsqu'en 1798 la Kloeppels-armée s'avançait de Hosingen pour se porter sur Luxembourg, le curé Munclten, appréciant ce qu'il y avait de téméraire dans l'entreprise de cette troupe improvisée et fanatisée par sa haine contre les novateurs, crut remplir un devoir patriotique en allant
au-devant du Chef, Jules de Rousseaux , pour lui représenter les dangers de son aventureuse expédition. Il chercha à le détromper sur la nouvelle prétendue du départ de l'armée française ainsi que le retour des autrichiens , et le conjura de ne point tenter de pénétrer de force dans Diekirch dont les portes lui étaient fermées. Mais de Kousseaux , qui n'avait qu'une vingtaine d'années, répondit aux sages paroles du bon prêtre qu'il n'entendait aucunément contraindre les habitants de Diekirch à suivre le mouvement qu'il était fier de diriger, ni même à recevoir sa troupe qui n'avait besoin de rien ; puis il continua sa marche vers Ettelbruck oh il apprit non seulement que les autrichiens n'avaient point paru autour de Luxembourg, mais encore qu'une colonne française se portait sur Diekirch et Weiswampaeb, et qu'elle faisait en ce moment une halle à Nersch. A cette nouvelle, le chef, après avoir pris l'avis de son conseil, ordonna la retraite, et son armée fut dissoute en un clin d'œil.
En 1803 Muncben rentra dans l'enseignement : il fut nommé directeur de l'école secondaire qui, de 1808 à 1817 prit le nom de collège de Luxembourg. Pendant cette période d'années il a exercé une grande influence sur la renaissance des bonnes études dans cet établissement, et laissé dans le cœur de ses élèves le souvenir ineffaçable de ses talents, de son dévouement à l'instruction et de son attachement à la jeunesse.
Pendant les premières années il fut chargé de la Syntaxe, donnant quatre heures de leçon par jour, et remplissant en outre, soir et malin de 5 heures à 7, les devoirs de répétiteur.
Après le départ du professeur Halle .-■> A M' (v. son art.) en 1806, Munchen obtint les chaires de rhétorique et de philosophie : il avait alors cinq heures de leçon par jour. Il était là vraiment à sa place. Son organe sonore et infatigable, de même que son âme chaleureuse captivaient également l'attention de son auditoire. Ses leçons étaient données en latin, langue qu'il ma-
niait arec la plus étonnante facilité. Il excellait surtout dans l'analyse des beaux morceaux oratoires. Dépouillant l'argumentation de tous ses ornements, il commençait par réduire la thèse à sa plus simple expression, à l'état de squelette logique, et il en développait ensuite toutes tes ramifications. Il appréciait la valeur et la portée de chaque proposition, l'une après l'autre ; puis enfin il reconstruisait la phraséologie oratoire en prenant pour point de départ la thèse primordiale dans sa simplicité native, qu'il revêtait successivement des formes élégantes qu'avaient su lui donner l'imagination et la verve de l'auteur. Il ne voulait être qu'appréciateur du raisonnement, ne d'attachant pas à la froide traduction qui devait naturellement être sue d'avance : il développait les mouvements oratoires et s'attachait à relever jusqu'aux moindres nuances des beautés littéraires.
Ses cours étaient suivis avec avidité, et le silence le plus religieux y régnait; aussi son ascendant irrésistible sur le coeur de ses élèves a*-il formé une pépinière de jeunes gens qui a leur tour se sont fait un nom distingué par leurs connaissances.
Munchen, qui était né pour être professeur , fut apprécié par le gouvernement des Pays-Bas qui ne tarda pas à lui confier, dès l'organisation des Universités dans les Provinces méridionales, une chaire de philosophie à la faculté des lettres de Gand. Le 28 mars 1818 il ouvrit son cours par un discours latin qui électrisa son nombreux auditoire. Mais il était bien près de son déclin ; c'était comme les derniers rayons du soleil couchant; mais ces rayons avaient encore on éclat vif et bienfaisant.
Munchen a été assidu à son devoir jusqu'à son dernier jour ; il est mort pour ainsi dire en chaire, puisque très peu de jours avant son décès il donnait encore ses leçons comme à l'ordinaire , malgré Jes conseils de ses amis et de ses collines qui ne cessaient de l'engager avec I' (s plus vives instances h prendre quelque n j)os. Il <>\i>\rn tranquillement à Gand, le
16 décembre 1818, la première de son professorat. Le professeur Mahne a prononcé son éloge funèbre.
Munchen n'a publié que : 1°. un discours qu'il a prononcé le 18 janvier 1816 sur les glacis près de Luxembourg, devant la garnison fédérale, à l'occasion de la fête de la paix, après la bataille de Waterloo ;
— S°. une autre brochure intitulée : Ein ernstes Deutsch-Luxemimrger Wort an den sogenannten Verfasser und ongebetenen Uebersender des, am 7"B August 18 1 S mit der Post von Namur ans einigen Notablen von Lùtzenburg zugekommenen Flugblattes, welcties unter dem Titel :
« Solution d'une question très importante,» erschienen ist; Luxemburg, 1815, in-8° ;
— 5°. un livre élémentaire sur l'histoire naturelle, ayant pour titre : Kurze Anmerkungen zur Naturgeschichte als weitere Erklœrung des am Gymnasium zu Luxemburg eiogefuebrten Leitfaden, zum Gebrauche der Zœglinge; in Heflen herausgegeben, 1815 — 1817; 6 cahiers.— 4°. Un panégyrique de Guillaume Ier, roi des Pays-Bas, prononcé le jour anniversaire de la naissance de ce prince. Un de ses neveux possède enfin de lui : 5°. une histoire manuscrite du Pays de Luxembourg, jusqu'au règne de Marie de Bourgogne et de Maximilien I" (1477). Cette œuvre est intitulée : Versuch eioer kurz gefassten statistiscb-buergerlichen Geschichte desHerzogthums Luxemburg ; zum Gebrauche der in Luxemburg studierenden Jugend. Deux parties, dont la première comprend une statistique du Duché de Luxembourg , en trente-cinq chapitres dont voici les titres : Noms du Pays. — Frontières et étendue. — Division politique. — Constitution. — Justice. — Contributions. — Douanes. — Système monétaire. — Milice. — Clergé. — Géographie physique. — Produits. — Rivières.—Lacs et étangs. — Villes.-Bourgs.
— Châteaux Villages. — Antiquités :
voies consulaires; camps romains; statues et autels ; monnaies et médailles. — Hommes illustres. — Habitants actuels.— Caractère.— Industrie.— Manufactures. —
Commerce. — Costumes et usages. — Domaines. — Forêts. — Police. — Poste aux lettres. — Instruction publique.
La seconde partie est un résumé de l'histoire des seigneurs du Pays.
Cet ouvrage, commencé au mois de décembre 1814 et terminé en juillet 1815, parait avoir été destiné à servir de manuel pour un cours d'histoire du Pays. L'auteur juge en plusieurs endroits les hommes et les choses avec une sévérité tranchante, souvent injuste. S'il avait eu le temps d'y mettre la dernière main il en aurait assurément élagué bien des choses acerbes qui sont toujours déplacées dans une œuvre sérieuse, upe histoire surtout.
IVAttoa, Catalogue de 1» Bil>liollir<]ae de Luxembourg, 42, sqqq ; 887 et 790 — 8oa»enirs contem- (>ur»!n«. — Diicours prononcé tur lea glacis en pré- •eoce de la garnison fédérale de Luxembourg, en 1813.— Notes fournies par M. le Professeur Es«u»o.
MUNCHEN, Philippe-Charles, fils de Jean Muncben, bourgeois-marchand de Dudeldorf et écbevin de Ste. Irmine près de Trêves, et de Marguerite Tyllion, nommée Rademacher de sa maison paternelle, est né le 20 septembre 1777, au même Dudeldorf, petite ville qui dépeodait a cette époque du Duché de Luxembourg.
Muncben fit ses études humanitaires successivement aux collèges de Luxembourg, de Trêves et de Hillesheim. Au moment où, après les avoir terminées il devait se rendre aux écoles supérieures, la révolution française envahissait le pays: les universités étaient fermées et la jeunesse entraînée vers les champs de bataille. Engagé déjà au service militaire il dut à un événeroeut heureux de pouvoir rentrer dans sa carrière. Réduit à ses propres forces qui ne lui ont jamais lait défaut quelles que fussent parfois à son égard les rigueurs du destin, il se livra avec ardeur à l'étude du droit qu'il cultiva toute sa longue vie. Aussi le vit-on déjà dès l'âge de vingt ans remplissant des fonctions pubUques et bientôt après exercer comme avoué devant le tribunal de Bittbourg où il devint aussi
juge suppléant et membre du conseil d'arrondissement. Nommé en 1811, par Napoléon I, président du tribunal de Quakenbruck dans le département de l'Ems supérieure, il ne put se résoudre à quitter son pays, et remercia. En 1814 il fut, avec le titre de Directeur de cercle , nommé chef administratif de l'important arrondissement de Luxembourg qui comprenait alors sept cantons, et sut dans ces fonctions rendre les grands services que réclamaient en première ligne les difficultés de cette époque, marquée par l'occupation militaire, puis plus tard la nécessité de rétablir une administration régulière parce que le pays souffrait encore des temps de crise qu'ir venait de traverser.
De 1815 à 1831 Muncben eut, comme administrateur de District et comme membre des États provinciaux élu par l'ordre des campagnes, une large part dans les améliorations nombreuses qui furent introduites dans les services publics.
A l'organisation administrative de 1823, laquelle créait huit districts ou quartiers dans le Grand-Duché, il resta avec le titre de prévôt placé à la tête de celui de Luxembourg qui ae trouva réduit à trentesept communes seulement. Ce changement ayant porté préjudice à ses intérêts particuliers à cause de la diminution du traitement qui était attaché aux nouvelles fonctions de prévôt, le Roi des Pays-Bas lui accorda à titre de dédommagement l'autorisation d'exercer en outre la profession d'avocat. 11 ne craignit pas d'entrer en lice avec les sommités du barreau de cette époque , et il lutta avec succès. Ce fut ainsi qu'il se prépara la voie qui devait le conduire à la plus haute magistrature du Pays, comme nous allons le voir.
Après les événements politiques de 1830 Munchen fut appelé à la commission administrative du Grand-Duché et à la Chambre des comptes, corps auxquels la haute administration de la capitale fut confiée; car la portion du pays qui était restée placée sous le sceptre du roi Guillaume Ier se trouvait réduite à cette ville seule. A la
reprise de possession de la partie cédée par le traité de Londres, la confiance du Roi Grand-Doc le promut aux hautes fonctions de président de la Cour supérieure de Justice et de Cassation , en remplacement de M. Maréchal qui venait de mourir; et cette dignité suprême il la remplit de la manière la plus distinguée jusqu'à son décès arrivé subitement le 20 mars 1858, à l'âge de 81 ans.
11 était commandeur de l'Ordre luxembourgeois de la Couronne de chêne, chevalier de celui du Lion néerlandais et cbevalier de deuxième classe de celui de l'Aigle rouge de Prusse.
Pbilippe-Cbarles Muncben était homme de bien dans toute l'acception du mot, intègre, indépendant et instruit; d'une grande force de caractère qui même a parfois para à plusieurs être mêlée d'un peu de brusquerie , et d'une intelligence inaltérable jusqu'au dernier moment d'une longue carrière, bien remplie si jamais il en fut , car elle a été riche d'événements, d'actes utiles à la société, de services rendus au pays en général comme aux administrations communales ainsi qu'aux citoyens en particulier, et de soulagements donnés à l'infortune : jamais en effet on ne l'a vu refuser sa protection au droit, ni au faible contre le fort, comme jamais non plus il n'a trahi sa conviction lorsqu'il avait à traiter des affaires d'intérêt public ou privé.
Journal de Loxeaibourjj, du mercredi 34 mars lîiatt. — Souvenir* contemporains. — Notes eommunionees. - Elirait antkentiqae de l'acte de Baptême de J.-Pb Hauclien, an* «retires communales de Oudeldart
MUNICHAUSEN, Eustache de , vivait pendant la seconde moitié du seizième siècle et les premières années du dixseptième. Nous n'avons trouvé ni son extraction , ni ses armes, ni le nom de son épouse qui lui a donné entr'autres enfants deux Gis : Ernest et Charles. Ce personnage, qui fut colonel au service d'Autriche, a joué à son époque un rôle assez important parmi la noblesse du Pays.
Le 19 janvier 1580 le Comte Pierre- Ernest de M ansfeld (v. son art.) , gouverneur du Duché de Luxembourg, lui engagea pour vingt-sept mille florins la moitié de la Terre d'Esch-sur-la-Sùre et le nomma Grand-Bailly du comté de Vianden ainsi que de la terre de St. Vitli.
En 1593 il se distingua à La défense de cette dernière ville de St. Vith que Philippe comte de Nassau avait voulu enlever par surprise, et qu'il ne put emporter à cause du courage du Commandant et de la bourgeoisie.
Eustache de Munichausen est mort le 20 décembre 1627.
Butk*l>t, VI, fitif. — Bcbtiu, Itt6. — Arcnivf» d'Eich-snr-la-Sure. - NtYta, HUtoire de Viaaden. I U5, »qq.— ScaaxaAT, Histoire 4a Convie de MansfeU
MYLIUS, j4rnou/, de Dudelange, vivait pendant le seizième siècle à Cologne où il avait établi une imprimerie. Son mérite et sa probité lui avaient gagné l'estime et l'affection des Colonais au point qu'ils lui avaient accordé le droit de bourgeoisie dans leur ville et qu'ils l'avaient nommé conseiller de l'administration urbaine. 11 y est mort le 17 novembre 1604. On a d'ArnoulMylius: Locorum geographicorum nomina antiqua et recentiora.
Il est à croire que ce personnage a été le frère de Jean qui suit.
Ntisua, Les aatenrt Inscasltoargeois. III.
MYLIUS, Jean, e6t né à Dudelange, pendant le seizième siècle. Nous n'avons que fort peu de données sur ce grand homme, vraisemblablement parce que ayant passé la plus grande partie de sa carrière en Espagne , ses faits et gestes n'ont pas pu être annotés par les historiens nationaux.
Fils du meunier de son endroit natal, son père le destinait à l'exercice de son état : Jean Mylius était un jour à conduire ses sacs au moulin lorsque vint à passer la voiture d'un prélat, peut-être l'archevêque de Trêves et sa suite : Les chevaux s'éUinl embourbés ne pouvaient ni avancer ni
recaler , de façon que les voyageurs avec le cocher se trouvaient dans un grand embarras. Mylius, jeune homme éveillé et adroit conducteur s'offre à l'instant pour remettre la Toiture en bonne voie et il y réussit par sa dextérité. Son intelligence naturelle fut remarquée par le prélat qui, après lui avoir offert un pourboire que le jeune homme refusa absolument et avec bonne grâce, lui demanda s'il ne voulait pas le suivre pour entrer à son service. Mylius accepta sans hésiter et avec la naïveté de nos campagnards. Il alla prévenir son père de cette heureuse fortune, lit ses adieux à sa famille et partit avec son obligé qui fut dès ce moment son protecteur et le fit étudier d'abord à Trêves, ensuite à Louvain où il obtint le bonnet de Docteur, bien qu'il serait difficile de déterminer dans quelle faculté ; les auteurs ne sont en effet pas d'accord sur ce point : Le manuscrit des Viri illustres croit que c'était en Théologie ; Pierret et son plagiaire Bertholet assurent que c'était en droit; Guillaume de VViltheim enfin pense que c'était en médecine : il se peut même qu'il ait réuni les trois doctorats.
Nous venons de parler du manuscrit des Viri illustres ; voici l'article que nous y trouvons sur Jean Mylius: « 1592.-»
« lisez 1596 , d'après la copie de Trêves « — Joannes Mylius ex Milendino (id est « Molcndino) unde dictus , in Dudlingen « Oominii Montis S* Joannis in coospec- « tu urbis Luxemburgensis , S. Theolo- « giae Doctor , profectus in Hispaniam « psdagogus filiorum Don Ferdinand! Al- « vari Ducis de Toledo , post Philippo II. « Régi Transistor seu interpres Literarum « Germanicàrum iu Hispania , moriens « anno 1 596 et sepultus Madridii in ca- « pella Ecclesiae franciscanorum , inter cae- « tera Testamento loculenter fundavit Col- « legium Mylianum Luxemburgense Lo- « vanii. »
Le bruit des vastes connaissances de Mylius ne tarda pas à parvenir à la Cour de Bruxelles où Ferdinand Alvarès, le fameux duc d'Albe , lui confia l'éducation
de ses enfants. Cet événement doit avoir eu lieu entre les années 1567 et 1573, pendant lesquelles ce sanguinaire proconsul était Gouverneur-général des Pay-Bas.
Mylius le suivit à son retour en Espagne où Philippe II l'attacha à sa personne et l'admit dans ses Conseils avec l'office de traducteur et d'interprète pour les affaires d'Allemagne.
Ces emplois acquirent à Mylius une grande fortune , que l'on a estimée à plus de trois millions de florins de Brabant et qu'il destina à la création de bourses d'études pour la théologie , le droit et les belles-lettres.
Il mourut à Madrid en 1596 sans avoir été marié , et fut inhumé , comme nous
I avons va , dans une chapelle contiguë à
II église des récollets de cette ville.
Dans soo acte de dernière volonté daté de Madrid , le 9 janvier 1595 , il avait dénommé an comte de Fugger , son ami , pour son exécuteur testamentaire, lui abandonnant le soin de choisir entre les villes de Luxembourg, de Louvain et de Trêves celle qui devrait posséder sa fondation. Les sollicitations ne manquèrent pas pour obtenir la préférence; et pour Luxembourg surtout le Conseil provincial se donna beaucoup de mouvement afin de l'attirer dans cette ville. Il y eut même plusieurs procès à cet égard et l'établissement définitif ne fut constitué qu'en 1619, c'est-à-dire vingt-trois ans après la mort de Mylius. Le collège à fonder devait porter le nom du fondateur ou celai de Luxembourg : il a retenu l'un et l'autre. Et les bourses , au nombre de quinze, étaient destinées au profit des parents de Mylius et de ses compatriotes luxembourgeois.
L'exécuteur se détermina enfin pour l'Université de Louvain à laquelle il annexa l'Institut Mylius. Nous ignorons à quel taux ces stipendes étaient restés» fixés depuis la conquête française. Mais nous savons qu'en 1785 la fondation possédait un revenu de 9760 fis. BB. , 11 s. 2 dén. Cependant en 1837 il en* existait encore
pour le Luxembourg belge cinq bourses, chacune au revenu annuel de deux-centcinquante à deux-cent-soixante francs. L'usufruit en avait été réglé comme suit : une était donnée d'obligation a un Louvanais et les quatre autres, à des parents du fondateur s'il s'en présentait, sinon, à des Luxembourgeois. Leur collation était réservée à la Députation du Conseil provincial d'Arlon et la jouissance limitée à deux ou à quatre ans. Cependant, sur des démarches faites de 1840 k 1850, par les autorités du Grand-Duché auprès du Gouvernement belge , ce dernier a cédé, pour des jeunes
gens de ce dernier pays trois bourses de cette fondation, dont le revenu actuel est de 4573 frs. 49 centimes, lesquels répartis entre quinze boursiers, portent une somme annuelle de frs. 305, pour chacun.
Vin illuUct, 1, K*47.-WiiNu«e*AWiLTMi>.
DUqnisitione* antiquariK Historia; Lmemburgeniii, II, e. 6. §. 3. — Nanca, Dittertation *ur lr« boarsn d'études, VIII, et pattin. — Bcatmlst , VIII, 105.
— BaiicM, Trophée* de Brabant, IV, 409. — Woust, 68.— Ui.vtt.iftc, 38. — Pin ait. 1. fol. LXXIX.
— Nmiia»ii , Le* auteur* loierabourgeoit. 18, note îî.
— Expo«c de la Situation du Luxenbourg belge, année* 1834, p. 37; et 1837, p. 48.
Fi!» du Tome I".