‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 40 sur 98 · IIS · texte numérisé non relu

IIS

siècle. Le manuscrit des Virî illustres le mentionne comme suit: « 1647. J. Bur- « chardus de Schaumburg Luxemburgensis, « ordinis Sti Joannis et eques Melitensis, «commeodator Basiliensis, Maguus Prior « Huogarix. »

Viri ilhutrw, I, N° 80 -Bt»Wt«T. VIII. 19».

SCHEFFER, François, né à Luxembourg, le Ie* juillet 1766, était (ils de François Schefl'er, marchand-bourgeois et d'Anne-Catberine Bastien.

François Scheffer a été un de ces personnages dont la longue vie fut presqu'cxclusivement employée à des fonctions en très-grand nombre, la plupart gratuites, et qu'il remplit avec zèle et intégrité, bien que dans maintes circonstances il eût dû trouver dans l'accomplissement de ses devoirs des difficultés bien grandes à cause des circonstances des temps et des susceptibilités des personnes. Pour donner une idée de ces fonctions multipliées dont nous venons de parler, nous croyons devoir transcrire ici, par ordre chronologique, la liste de ses nominations diverses :

1789, le 20 mai, il cuira comme élève à l'école de droit, à Bruxelles.

1791, le 1" septembre, il épousa Anne- Barbe-Marguerite Seyler (v. son art.), et prit pour son compte le fonds de commerce de son beau-père , commerce qu'il continua pendant quarante ans environ et avec lequel il sut réunir une belle fortune comme se faire une grande réputation de bonne-foi.

1794. Il était un des treize maîtres de la bourgeoisie ou des Confréries, et le dernier maître de celle des arquebusiers ou de St. Sébastien. — Le 23 septembre de la môme année il fut nommé, par les Justicier et écbevîns de la ville au grade de lieutenant d'une des compagnies bourgeoises chargées de soutenir la garnison dans la défense de la place contre l'armée de la république française.

1795, le 7 juillet, ou le 19 messidor an III, il fut nommé membre de la com-

mission chargée de la vérification du travail de la répartition de la contribution de guerre de quinze cent mille livres. — Le 28 décembre suivant, 7 nivôse an IV, il fut nommé membre de la] municipalité de la ville de Luxembourg.

1796, le 16 juillet, 28 messidor an IV, il fut nommé conservateur des hypothèques à Luxembourg; et par intérim aussi au bureau de Diekirch; fonctions dont il se démit le 13 floréal an Vil, 2 mai 1799.

1797, le 5 novembre, 13 brumaire an VI, il fut nommé par le Directoire exécutif membre de l'administration centrale du Département des forêts.

1798, le 10 avril, 21 germinal an VL, l'assemblée électorale le désigna administrateur du Département. — Le 5 juillet de la même année, XVII messidor an VI, il devint membre du bureau des hospicescivils de Luxembourg.

1800, le 6 avril , 16 germinal an VIII,. le premier Conseil le nomma maire de la ville. Il exerça ces fonctions jusqu'au 8 mars 1802.

1803, le 26 mai, 6 prairial an XI T il fut désigné juge au tribunal de commerce oh il continua de siéger jusqu'au 3 avril 1817, époque où l'organisation de celle jurisdiction fut changée. — Le i novembre de la même année, 12 brumaire an XII , il entra au collège électoral du Département.

1809, le 16 novcmhre, il fut nommé par le préfet membre de la commission chargée d'examiner la liste des cent citoyens les plus imposés dans le département.

1811 , le 14 juin, l'évéque de Metz le désigna membre du conseil de fabrique de l'église de St. Pierre. — Le 16 août de la même année, l'empereur le nomma membre du Conseil municipal.

1814, le 26 janvier, il entra au conseil d'administration des finances et de liquidation de la ville. — Le 20 mai de la même année le commissaire-général du Département le nomma membre de la

commission chargée de vérifier les plaintes portées contre les ci-devant Maires, les receveurs des contributions et les employés forestiers.

1815, le 19 janvier, le gouverneorgénéral du Bas- et Moyen-Rhin le désigna chef de bataillon de la milice bourgeoise. — Et la même année il fut porté sur la liste des notables que le roi des Pays- Bas avait appelés à émettre lenr vœu sur le projet de loi fondamentale pour le nouveau royaume des Pays-Bas.

1816, le 12 juillet, il fut nommé membre de la commission chargée d'élaborer un projet de règlement pour les administrations municipales du Grand-Duché de Luxembourg. — En 1816 et 1817, il fut membre du comité central de secours créé pendant ces années désastreuses où il y a eu tant de misères à soulager.

1817, le 20 octobre, le roi des Pays- Bas le nomma Bourgtiemaitre-Présideot de la ville.

1819, le 23 février, il fut continué dans la môme dignité.

1820, le 2 septembre, il obtint la signature par intérim du Sous-Intendant en congé.

1824, le 13 mars, le roi le nomma écbevin de la ville.

1825, le 9 septembre, le Gouverneur Willmar le désigna pour remplir par intérim les fonctions du commissaire de district en congé.

1826, il s'associa aux membres de la société d'encouragement pour la propagation et le perfectionnement de l'instruction élémentaire dans le Grand-Duché.

1827, le 22 avril, il fut nommé par le Roi Bourgmestre de la ville de Luxembourg et continué dans ces fonctions, sans interruption jusqu'en 1844.

1841 , le 3 octobre, le Roi Guillaume II, de si chère mémoire à tous les luxembourgeois , le nomma membre des Etats du Grand-Duché.

1844 , le 9 janvier, le Roi le nomma Bourgmestre honoraire de la ville; parce que, soutirant d'une surdité qui augmentait

tous les jours par l'effet de son grand âge, il lui était devenu impossible de continuer ses fonctions de Bourgmestre effectif.

Ce nombre de commission*, toutes très honorables et qui forment en quelque façon l'historique d'un demi-siècle , prouve à l'évidence combien la vie de François Schcffer fut active; il montra aussi combien furent appréciées ses lumières et ses talents administratifs : il parait dès lors inutile d'entrer à cet égard dans d'ultérieurs développements.

Scheffer est-mort le 9 septembre 1844, à l'âge de 78 ans, sans laisser postérité vivante. Sa veuve, qui a aussi son article dans cet ouvrage (v. Seylcr, Anne- Barbe- Marguerite), inspirée sans doute par les généreuses iulentions de son mari avec lequel elle avait passé 53 ans de sa vie dans la concorde la plus parfaite, a fait un noble emploi d'une partie de la belle fortune que ces époux avaient su réunir à force d'ordre et d'une sage économie, malgré les secours nombreux et considérables qu'à chaque occasion qui se présentait ils répandaient parmi les nécessiteux.

Les services que pendant sa louguc carrière Schcffer a rendus a sa ville, à l'Etat et à la garnison fédérale de Luxembourg , furent honorablement récompensés: le 18 janvier 1838 le roi de Prusse le créa chevalier de son ordre de l'aigle rouge de la 3e classe, et le 25 du même mois le Roi Guillaume Ier lui conféra la décoration du Lion néerlandais. Finalement, le bon Roi Guillaume II le nomma commandeur de celui de la Couronne de chêne, par arrêté du 31 décembre 1843.

Note* communiquer». — Billet mortuaire. — Reletë dea titret de la famille 8caeffer. - Journaux indigène» de l'époque. — Soavrnir» contemporain». — Etat cirit de la tille de Laicmkoorg.

SCHEFFER, Henri, Gis de Henri Schcffer, orfèvre, et d'Anne-Marie Mâcher, est né à Luxembourg, le 1" mars 1697.

Le 15 août 1720 il entra à l'abbaye de St. Maximin près de Trêves, où il prononça ses vœux religieux le 14 septembre de l'année suivante et prit le nom' de Père Willi-

brorde, sous lequel il a été connu depuis. Ordonné prêtre le 23 septembre 1724, il fut élu soixante-dix-neuvième abbé de ce monastère, le 21 avril 1738, et consacré dans sa propre église le 9 novembre suivant, par le sutTragant de l'archevêque de Trêves.

L'abbé Scheffer s'est rendu recoin ma ndable par son intégrité, sa piélé exemplaire, sa prudence et sa sage économie, son affabilité, sa sincérité dans les conseils qu'il donnait, en un mot par la perfection qu'il savait mettre dans tontes ses actions.

Il est mort subitement, le 29 octobre 1762, au sortir d'une messe de requiem qu'il venait de chanter.

». Stuhmic, Xetropolit Ectleaia- Trefer., I, 3611. — Etat cifil de Luxembourg.

ScttBTZEL, Schelzelon, St. ou le Bienheureux; v. GH1SLA1N, St.

SCHILBERT, Jean, de Luxembourg, entra chez les cordeliers de sa ville natale où il publia en 1617 une traduction latine de l'ouvrage de son confrère Gazée , sur les œuvres de miséricorde , sous le titre de : Sacrum mixer icordiœ palalium ; 2 vol. in-12°.

Nnuu, Lea auteurs luxembourgeois, SU. — Ct*- *«■, Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 94.

SCHINBEIN7 , Jean-Maurice, né vers l'année 1658, se titrait de seigneur de Marbourg, fief que nous ne sommes pas parvenu à découvrir, car il n'y a pas à penser pour cela au pauvre hameau de ce nom situé dans la commune de Munshausen, lequel ne se compose que de quelques habitations de manœuvre et qui est d'origine assez récente.

J.-M. Schinbein est mort célibataire.

11 demeurait sous l'ancienne paroisse de St. Nicolas dans la ville de Luxembourg et a été inhumé comme paroissien devant l'autel de St. Jean-Népotuucèrie de cette église.

Nous n'avons découvert ni le lieu de sa naissance ni les noms de ses parents, ni même aucune particularité quelconque

touchant sa biographie, si ce n'est un seul acte , et celui-ci l'a rendu parfaitement digne de figurer dans notre galerie : nous voulons parler de la grande part ou plutôt de l'initiative qu'il prit dans la fondation de l'institut des orphelins à Luxerabourg. En effet , il parait que , ayant cousidéré l'état déplorable d'abandon dans lequel végétaient un grand nombre d'enfants de pauvres, il avait conçu le projet de faire un fonds dont les revenus devaient être destinés à créer nn établissement dans lequel seraient élevés, nourris et instruits ces êtres intéressants que l'Eternel semblait jusque-là n'avoir fait, naître que pour souffrir.

Dans cette intention il communiqua ses vues à un pieux prêtre , l'abbé Jacques Stas (v. son art.), altaristc de la paroisse de Saint-Nicolas , auquel il remit à cet effet une première somme de mille écus (4,600 francs) et l'engagea à faire des démarches auprès d'autres personnes charitables de la ville afin d'eu obtenir également des subsides. Jacques Slas s'empressa d'accueillir cette idée philanthropique et se mit en devoir d'organiser d'abord des quêtes au moyen desquelles il put réunir quelques orphelins qu'il entretint ainsi pendant plusieurs années, les instruisant dans la religion , la lecture, l'écriture et l'arithmétique. L'établissement naissant n'ayant pas tardé à prospérer, l'abbé Stas se trouva en état de présenter le 6 mai 1727 au magistrat de la ville un projet d'organisation pour la maison des orphelins , lequel fut accueilli par la nomination d'un commissaire administrateur choisi parmi les échevins. Jean-Maurice Schinbein mourut sur ces entrefaites le 19 juillet de la même année 1727; et, bien qu'il ne nous ait pas été donné de voir son testament qui existe, nous avons, par la lecture des autres titres relatifs à cette philanthropique institution, acquis la certitude qu'il lui légua plusieurs autres capitaux même assez importants, puisque dans les patentes impériales de constitution légale dont nous parlerons plus bas,

il est fuit mention de l'agréation d'une fondation d'anniversaires semainiers en faveur du fondateur et premier bienfaiteur , nominativement désigné.

II paraît que depuis 1727 jusqu'en 1755, date des patentes dont il vient d'être question , la maison des orphelins continua à être administrée par un président prêtre, peut-être l'abbé Stas lui-même , sous la surveillance d'un échevin du magistrat, et entretenue au moyen des charités que le directeur de même que les orphelins quêtaient dans la ville. Des aumônes ultérieures sont ensuite venues affermir la première fondation au point que la Justice de la ville ayant acquis assez de capitaux dans cette intention pour pouvoir assurer son existence, s'est adressée à i'Iropératrice- Reine, la grande Marie-Thérèse, à l'effet d'obtenir l'amortissement de la maison acquise, de la chapelle et du jardin y contigus, destinés au logement des orphelins.

Les Lettres-patentes à ce nécessaires, datées de Vienne, le 29 juillet 1755 et signées par l'Impératrice , portent que : « voulant seconder un dessein si louable, « Sa Majesté de l'avis du Gouvernement «général des Pays-Bas et ouï le Conseil

« suprême a permis, octroyé et ac-

« cordé l'amortissement nécessaire pour « les biens déjà acquis et pour ceux à « acquérir, jusqu'à concurrence de six mille « écus de propriétés foncières, et de rentes » à concurrence de la même somme (ainsi « à raison de 27,600 frs. , monnaie mo- « derne de biens fonds , et 27,600 frs. « en capitaux, donnant 1380 frs. d'intérêts «annuels), pour l'entretien des ditsorphe- «Kns dont le nombre était primitivement « fixé à quatorze garçons qui devaient être «uniformément habillés. Us ne pouvaient « y être admis avant l'âge de six ans ni y « séjourner après leur dix-huitième ou dix- « neuvième révolue. Ils habitaient l'éta- « blissement , y assistaient à l'office divin « et y recevaient l'instruction d'un prêtre « idoine attaché à la maison ; c'est-à-dire « qu'ils apprenaient à lire , à calculer , à « écrire et le catéchisme. Plus tard ils

« étaient mis en apprentissage et ou leur « donnait le métier qu'ils choisissaient ou « qui leur convenait. Les maîtres les re- « cevaient gratuitement et le certificat d'ap- «titude leur était de même délivré sans «frais. S'ils voulaient, après les années « d'apprentissage , rester chez le même « maître , celui-ci ne leur payait que dix « florins d'or de gages. Lorsqu'ils quil- « taient l'établissement , on les habillait à « neuf et on leur fournissait un trousseau.»

« Plus tard , lorsque l'établissement au- « rait acquis plus de revenus , des filles « orphelines ou pauvres pouvaient y être « admises également ; mais elles restaient « entièrement séparées des garçons. »

« Ces orphelins étaient autorisés à aller « quêter pour leur subsistance , au moyen « de troncs dont la clef était déposée chez le « mambour ou directeur, qui était en même « temps receveur de l'établissement, mais « sous le contrôle d'un échevin de la ville. <>

L'institut des orphelins existe encore à Luxembourg , et ses revenus sont augmentés sans doute ; il est du reste parfaitement dirigé; mais la reconnaissance publique avait oublié jusqu'au nom de son vertueux fondateur, Jean-Maurice Schinbein qui , non content de l'avoir créé , a voulu par son testament lui léguer des capitaux pour son entretien, n'attachant à ses libéralités que la charge de deux messes semainières à son intention, le mercredi et le vendredi, à lire dans la chapelle même de rétablissement, et auxquelles devaient assister les pensionnaires : Nous ne savons si cette pieuse disposition est encore exécutée.

Voici du reste une copie de l'acte mortuaire du fondateur qui n'a pas eu le bonheur de voir sa fondation consolidée. Ce titre rappelle également, mais en trèspeu de mots, l'acte qui a rendu J.-M.

Schinbein recommandable aux habitants de Luxembourg:

« 19 Julii 1727, Joannes Maoritius « Schinbein, liberi status, d""' in Marbourg, « ecclesia1 sacramenlis pie susceptis cum « plcua et sancta resignatione et disposi-

« Uone quadranle ante oclavam matutinam « pie in DM obdormivit et postridie sepul- «tus fuit in n" templo coram altare S. « Jois ne pont, xtatis 69 annoruro, pupil- « lorum benefaclor primus. »

Nous avons cru remplir un devoir patriotique en consignant ici le bienfait et le nom du bienfaiteur.

Lettres-patentes de fondation de la maiton des orpkrlint à Luxembourg ; ropic Authentique. — Registres tin m»gi»trat de Lnxembaarg. — Registre mortuaire de la paroisse de 8t. Nicolas. - Notes de M* Witii, Secrétaire communal de Laxcrabonrff.

SCHLE1DAN ou Sleidan, Sleidanus, Jean, dit aussi de Schleiden du lieu de sa naissance, se nommait à proprement parler Philipson , disent quelques auteurs qui n'ont pas fait attention que cette appellation n'est qu'un mot composé qui signiûc simplement: Fils de Philippe.

Né à Schleiden, en 1506, il adopta le nom de cette Tille, Schleiden, Sleida, pour son nom patronymique , suivant la mode de cette époque. Son père, homme pieux et estimé, mais n'ayant qu'une fortune très modique , se nommait Philippe, et sa mère Elise Vanhnlter, native de Call. Jean Scbleidan avait six autres frères et soeurs que les vieilles chroniques et la tradition locale disent avoir été bien établis.

Jean de Schleiden fréquenta jusqu'à l'âge de treize ans l'école de Jean Neubourg, à Schleiden même , avec son compatriote Jean Slurm (v. son art.). Plus tard il alla continuer ses études à Liège. Après trois ans de séjour dans cette dernière ville, ses parents le rappelèrent pour le placer à l'université de Cologne où il s'occupa principalement avec les classiques anciens. Il publia quelque temps après des épigrammes dans lesquelles il prit pour la première fois le nom de Sleidanus. En même temps que Sleidanus quittait Liégo pour se rendre à Cologne, son compatriote Sturm allait à Louvain. Pendant un voyage que ce dernier fit un jour à Strasbourg il voolut visiter son ami Sleidan et le trouva malade. A son retour il lui persuada

de l'accompagner a Louvain où il le confia à un habile médecin qui lui rendit bien 10 1 la santé. Il y avait à peine six mois que Sleidan était à Louvain lorsque Thierry IV, comte de Schleiden le rappela pour lut confier les fonctions de Gouverneur de son fils. Après qu'il eut occupé ce poste pendant quelques années, la vie de cour commença à l'ennuyer et il demanda son congé pour se rendre à Paris où il retrouva son ami Sturm. Il quitta encore bientôt cette ville pour aller a Orléans où il s'adonna avec tant de succès à l'étude du droit qu'il se trouva bientôt eu état de demander le degré de licencié dans celte faculté, bien qu'il n'eût aucune intention de se livrer jamais à la pratique de la jurisprudence. Sa branche favorite fut toujours la langue latine ; mais l'étude approfondie qu'il en avait entreprise ne lui fit pas négliger celle du français avec lequel il se familiarisa même au point de pouvoir plus tard traduire plusieurs ouvrages français en latin.

Après un séjour de trois ans à Orléans il retourna à Paris où il commença à enseigner dans une école dirigée par Sturm : son ami l'introduisit eulrctemps chez le cardinal Jean de Belley qui le prit en affection et lui accorda même uue pension. On était arrivé à cette époque où les discussions religieuses divisaient tous les cœurs; et Sleidan adopta la doctrine de Luther. Cette circonstance le força à quitter Paris en 1537, Hartzheim dit 1*531, et a se réfugier à Strasbourg où il fonda une nouvelle école latine. Trois années plus tard il se rendit à la diète de Hanau avec l'envoyé de France : il avait peu de temps auparavant reçu le brevet d'interprète du roi François 1er; et la suivante il fnt envoyé par le même monarque aux conférences de Ratisbonne en qualité d'ambassadeur. En 1542 il se fixa définitivement à Strasbourg, après qu'il eut obtenu une chaire de droit à l'université de cette ville, et il s'y distingua par ta lucidité qu'il mettait dans ses raisonnements, la force de ses conclusions et sa science dans l'exposé

des matières qu'il avait à traiter. Il fit dans cette ville la connaissance de beaucoup d'hommes distingués , entr'autres du célèbre Bourgmestre Jacques Sturm de Sturmeck , qui lui persuada de faire un recueil de tous les événements qui s'étaient passés depuis le commencement de la Réformation , sous le règne de l'empereur Charles-Quint, tant sous le rapport religieux que sous celui du civil. Slcidan se mit à l'œuvre, et ce fut là le cannevas de son célèbre ouvrage historique intitulé : De statu religionis et reipublicœ Germanorum, imperante Carolo V , ab anno 1517 ad annum 1555. Cet ouvrage, en 26 livres , lui acquit une si grande considération, qu'en 1545 les princes protestants confédérés l'envoyèrent en qualité de leur député vers le roi d'Angleterre pour reconcilier ce prince avec le roi de France. Pendant ce voyage Schleidan fit à Metz la connaissance d'une dame très respectable, nommée lola, fille de Jean Braun de Niedbruck et dont il parvint à se faire aimer. Il l'épousa l'année suivante et vécut avec elle pendant neuf ans dans les douceurs d'une heureuse alliance qui le rendit père de trois filles.

A son retour d'Angleterre les princes confédérés lui conférèrent le titre de leur historiographe auquel ils attachèrent un beau traitement et mirent leurs archives à sa disposition pour lui aider à continuer son ouvrage historique. Lorsque la défection de Jean-Frédéric , électeur de Saxe eut, l'année suivante fait dissoudre la confédération de Smalkalde et que conséquemment l'emploi de Sleidan fut venu à cesser, la ville de Strasbourg lui accorda une pension ponr l'engager à terminer son histoire.

Le sénat de cette ville le consultait dans tontes les affaires les plus importantes. En 1551 la même ville le députa au Concile de Trente où il s'acquit beaucoup d'estime auprès des prélats qui composaient cette assemblée; et il n'a pas tenu à lui que les Pères réunis n'admissent les théologiens protestants aux conférences,

ce qui eut été l'unique moyen possible pour rétablir l'entente dans l'Eglise et mettre fin a un schisme qui, raffermi par l'obstinction des deux partis a pris depuis des racines trop fortes pour qu'il soit permis d'espérer de le voir s'éteindre un jour: c'était bien alors l'occasto prœceps qu'il eût fallu saisir. Schleidan était en bonne voie de négociation sur ce chapitre lorsque l'électeur Maurice de Saxe déclara la guerre à l'empereur et força par là le Concile à suspendre momentanément ses travaux: A la reprise des délibérations, l'apôtre de la réunion moyennant des concessions réciproques et raisonnables n'était plus là pour plaider en faveur de sa motion , et le mal devint irréparable.

Quelque temps après son retour à Strasbourg Sleidan fit encore partie de la députation que cette ville envoya vers Henri II, roi de France, qui pendant sa campagne en Allemagne avait exigé qu'elle lui fournit des vivres. En 1556, après une année de veuvage, il fut atteint d'une maladie dangereuse, quelques auteurs disent que c'était la peste tandis que les autres croient avec plus de fondement peut-être qu'elle provenait de ce qu'il aurait par imprudence laissé tarir une suppuration qu'il portait à la cuisse. Toujours est-il vrai que cette affection lui ôta la mémoire tellement qu'il oublia jusqu'aux noms de ses propres enfants. Il mourut dans un marasme complet, le 31 octobre de cette même année 1556, entre les bras de Sturm , son fidèle ami, ayant à peine atteint sa cinquantième année, et sincèrement regretté du monde savant.

Son principal ouvrage est celui que nous avons cité plus haut. Cette œuvre est écrite avec tant de profondeur de pensées, tant d'impartialité, une si grande connaissance de la matière et avec un style si coulant, si précis, qu'elle est devenue classique, et que presqu'aussitôt après sa publication elle fut traduite en plusieurs langues. Elle conservera même toujours un vrai mérite d'impartialité aux yeux des historiens et des lecteurs non prévenus, malgré les déclamations de l'abbé de Feller et de quel-

ques autres auteurs ultra auxquels it suffit très souTent, pour condamner un livre, de savoir qu'il a été écrit et publié sans avoir été préalablement soumis aux coups de ciseaux de leur censure. El ceci est si vrai, que nous avons ici pour nous le jugement du Pape Paul IV et celui de l'empereur Charles-Quint lui-même, qui a dit après l'avoir lu : « ou bien l'auteur a « été notre Conseiller intime » — ce qui n'était assurément pas le cas — , « ou bien <* nos Conseillers ont divulgué et trahi « nos affaires les plus secrètes. » — ce qui encore n'était pas vrai.

Cet ouvrage de Sleidan a été continué par Pantaléon, Arthusius, Lundorp et Scbadœus, qui cependant n'ont égalé Sleidan ni en lucidité dans les idées, ni dans le style , ni dans la profondeur des jugements. Toutefois, pour rester dans le vrai nous devons ajouter que, pour juger l'œuvre de Sleidan il faut en lire la première édition , celle qui a été faite sous les yeux mêmes de l'auteur; car les suivantes ont été tronquées par les protestants qui en ont supprimé les tirades favorables aux catholiques.

Sleidan, qui s'est constamment rendu recommandablc par sa prudence, sa sagesse et son éloquence, a écrit en outre : S". De quatuor suramis imperiis , babylonico, persico, gneco et roinano, libri très; ouvrage qui en 1837 avait eu cinquantecinq éditions. — 5°. Opuscola. — 4°. De capta Buda aSolimanno, anno 1542. — 5°. La traduction latine des mémoires de Commines, de Froissard, ainsi que de la République de Platon et de la Grande monarchie de France, par Claude Seyssel.

Uaitcscim, Dibliothcca colonieoais, 199. — B.casca, Eiflia illustrât». I, p. ait. 799, aq ; et III, I. i. lS7,sqqq.-Moacai, VI.4R3; Suppl III, 778.- ConTeraatioaa Lexicon , 18114. X, 481; 1840. II, 1483. — DaiTBot«T. VIII, 19». — »c Fti.ua, Dictionnaire historique; litt. S. — D. Calmbt, Bibliotli. Lorr. — KuLLKkaaac, Getchichtliche Mittbeila»|;eu •cher die CTangelische Gemeiade zu Scblriden. — Piamarr, I, fol. LXXV. — Coubt», Encyclopédie moderue. XXI, 149, -Biographie anireraell'e, XLII. 4«S, iqq.— Ntcaaa*, Les autcara laxeaabourgeois, 14.

Schlbidbn , Jean de; v. SCHLEIDAN, Jean.

SCHMID, Gérard, dit Faber, né dans la maison Bartz à Arzfcld, au cercle moderne de Pritm , se voua à l'état ecclésiastique et fut nommé curé de Waxweiler, en 1659. Peu de temps après il devint déGoiteur, cl cnGn doyen de Kyllbottrg et de Bitlbourg.

En 1690 il fonda dans sa paroisse un bénéfice de primissaire, sous le titre de Sainte Anne , et le dota généreusement : cette institution fut approuvée le 26 mai suivant par l'autorité ecclésiastique.

En 1697 le curé Schmid dit Faber résilia sa paroisse en faveur d'un fils de son frère, Jean Schmid dit Faber, en latinisant son nom, demeurant à Lauperath, et se retira dans la maison qu'il avait fait bâtir pour le primissaire. Le 7 avril 1703 il rédigea son testament par lequel il érigea une riche fondation de bourses d'études en faveur de sa famille et des enfants pauvres de la paroisse de Waxweiler. Il est mort le 8 septembre 1710. Suivant cet acte il doit y avoir quatre boursiers de la famille du fondateur et deux étudiants pauvres de la paroisse de Waxweilcr , louchant annuellement , les premiers, 36 écus ou 165 francs, 93 centimes; les derniers 1 6 écus ou 91 francs 75.

Les boursiers de la famille jouissent du bienfait depuis leur entrée dans les classes latines jusqu'en philosophie. Ils peuvent ensuite fréquenter les cours de théologie pendant trois ans.

Les sujets pauvres de Waxwciler au contraire, ne conservent la jouissance que jusqu'à la fin de la philosophie.

Les revenus ainsi affectés par le généreux curé ayant été parfaitement administrés, la fondation s'est considérablement accrue, à tel point qu'aujourd'hui elle peut suffire à 2i boursiers, lesquels tous jouissent d'émoluments plus forts que ceux fixés par le fondateur.

II. F. Scawicaa«Tii , curé à Waxwciler, brochure contenant le* renseignements historiques sur la fondation Faber. — Roltz, Manuel des fondations de bonnes d'étadet. 4M à 400.

SC H MIT, Jean-François , connu pins lard sons le nom de Scumii-Drlck , était fils de Jean-Pierre Scbmit, notaire, et de Susanne-Marguerite Vallet ou Valette, demeurant à Bivangc, commune de Kœser.

J.-F. Schmit est né à Luxembourg, le 27 jnin 1777, et eut pour parrain son grandoncle maternel, Jean-François Boch, l'un des fondateurs de la faïencerie des Sept- Fontaines (t. Fart. Bocb , les frères) .

Le jeune Jean-François Scbmit venait de terminer ses études au collège royal de sa ville natale lorsque le blocus de celte forteresse par l'armée de la République française vint demander son bras pour aider à défendre ses pénates contre l'invasion: il entra, à l'Age de 1S ans, avec le grade de sous-officier dans le corps des chasseurs volontaires luxembourgeois, formé le 21 novembre 1794, lequel, aidant la garnison autrichienne dans les fatigues et les dangers de cette défense, se couvrit de gloire par son intrépidité comme par sa bravoure.

Luxembourg, comme on sait, fut obligé de capituler le 5 juin 1795 et de souffrir l'introduction du régime nouveau, et avec celui-ci ses citoyens furent soumis aux lois sur la conscription militaire: J.-F. Schmit appartenait par sou âge à la levée de 1798. H fut incorporé le 5 floréal an VII comme canonier dans la 2e compagnie du 6e régiment d'artillerie française à pied , dans laquelle il servit « avec hon- «neur et probité» jusqu'en 1800. 11 était même passé sergent lorsqu'il obtint â Douai, le 16 messidor an VIII, son congé définitif, «parce qu'il se trouvait «dans le cas de l'art. 3 de l'arrête des «Consuls du 7 floréal an VIII (c. à. d. «en qualité de conscrit de l'an VII, «comme domicilié dans l'étendue du dé- « parlement des Forêts et s'étant présenté «avant le 1" prairial au Bureau du préfet « dudit département à l'effet d'obtenir son «congé après avoir déposé dans la caisse du «receveur-général la somme de 300 frs.»

(textoel).

Revenu dans ses foyers il entra en 1801

comme surnuméraire dans les bureaux de

l'administration des domaines et de l'enregistrement. Mais ayant épousé, le 20 mars 1802, dame Marie-Marguerite Scbmit, sa cousine issue-germaine, veuve de Pierre Bruck, marchand-libraire (acte de décès du 3 germinal an VII), il quitta les domaines pour reprendre et continuer le commerce d'imprimerie-librairie et la fabrication de papier à la main de la maison Bruck dans laquelle il venait d'entrer et dont il ajouta le nom au sien , signant Schmit-Bruck. Il se livra à ces deux industries jusqu'à son décès.

Pendant sa longue carrière industrielle ses ouvriers le considérèrent toujours comme un père. Aussi le méritait-il : il était bon, indulgent à leur égard et il s'imposait souvent, daus des temps difficiles, de pénibles sacrifices pour ne pas les laisser sans ouvrage.

Le 1er septembre 1804 il fut nommé membre du Conseil municipal de Luxembourg, secrétaire du Bureau de Bienfaisance, pendant sept ans, et membre de la Commission d'études du Collège municipal.

Le 15 juillet 1811, le Conseiller d'Etat, Directeur-général de l'imprimerie de l'Empire frauçais lui accorda le brevet d'imprimeur qui était exigé pour pouvoir imprimer les placards et les fournitures du gouvernement départemental.

En 1812 et 13 il fut désigné major d'un bataillon de la garde nationale sédentaire.

Pendant le bocus de 1814 le typhus s'était déclaré à l'hôpital militaire et y faisait de terribles ravages : J.-F. Schroit- Bruck fit partie de la Commission que la municipalité chargea de rechercher et d'exécuter les mesures sanitaires convenables pour s'opposer aux progrès de la contagion ; et il ne fut pas le moins actif des membres de cette commission qui, au péril de leur vie présidèrent aux travaux jugés nécessaires dans l'occurrence.

Le 22 février 1815 , le baron Scbmitz- Grollenburg , gouverneur-général des Bas

et Moyen Rhin le nomma premier-lieutenant (fane compagnie d'élite de la milice bourgeoise.

Par arrêté royal du 20 octobre 1817 il fat de nouveau désigne* membre du conseil de régence.

Nous avons tu que depuis son mariage, en 1802, J.-F. Schmit signait Schmil- Bruck et qu'il continua le commerce de librairie connu sous la raison Pierre Bruck. Noos pouvons donner à cet égard des renseignements très positifs aussi bien que très honorables pour notre personnage en transcrivant ici une requête qu'il a adressée à la Députation des Etats du Grand-Duché, le 24 mars 1820. Cette pièce nous a paru de la plus haute importance pour l'Histoire de l'art typographique à Luxembourg ; et le lecteur, en la rattachant aux articles consacrés dans cet ouvrage à d'autres imprimeurs luxembourgeois, acquerra une connaissance parfaite des faits qui ont trait à l'imprimerie dans la capitale du Pays. Voici ce document:

« A la Députation des Etats du Grandit Duché de Luxembourg. — Nobles et Trèsci honorables Seigneurs , — Jean-François « Scbmit-Bruck , imprimeur, libraire et » fabricant de papier, désirant obtenir le «titre distinctif d'imprimeur des Etats de «la Prorince, a l'honneur de soumettre « l'exposé de ses droits à votre bienveillance particulière, en vous suppliant « de vouloir bien les apprécier et lus ac- <• cueillir favorablement.

« L'armée française sous les ordres du « maréchal do Créqui étant entrée à Luxée embourg le 7 juin 1684, son intendant, « M. Mathieu engagea le sieur André Che- « valier, alors imprimeur ù Metz, à traos- «férer ses ateliers à Luxembourg où il «exerça l'art d'imprimeur sous des con- « ditions aussi honorables qu'avantageuses.

« L'empereur Charles VI ayant repris « la ville, en conservant cet établissement «donna au sieur Chevalier seul le titre « d'imprimeur privilégié.

«Anne Chevalier, veuve Meistrat, suc- « céda a son père ; et celle-ci , tans pos-

« térilé , fit à son décès donation de l'im- « primerie et de ses autres biens au sieur « Perle, échevin d'Arlon. Ce riche établissement, confié à des mains imprudentes «et peu exercées, tomba en ruines. Il « allait être perdu pour la ville lorsque le «sieur J.-B. Bruck , d'un mérite éminem- « ment distingué se chargea de le relever. « Le succès ne fut pas douteux ; et c'est «de cette époque que date l'imprimerie « de Luxembourg si avantageusement coo- « nue dans le commerce sous la raison des « héritiers André Chevalier.

« Ce fut sous les auspices et la direction «de ce maître célèbre que son plus jeune « frère , Pierre Bruck, forma sou éducation « typographique. II s'élança dignement dans « cette carrière. L'acte du 1 1 septembre « 1784 le présente comme gérant pour « son propre compte celte vaste entreprise. « Une redevance annuelle de trois cents «Louis stipulée en faveur des héritiers, « en constate l'importance. C'est vers ce « temps que fut imprimé le Journal littéraire du savant Père de Feller qui « comptait dans le nombre de deux mille «cinq cents abonnés toutes les têtes cou- «ronnées de l'Europe. Par un accord sub- « séquent les productions de l'imprimerie « devinrent en grande partie la propriété «du S* Bruck qui mourut en 1799, lais- « sant une veuve avec trois enfants , dont « un fils. Trois ans après l'exposant épousa « celle veuve et continua le commerce sous « la raison de Scbmil-Bruck. Il augmenta « ses magasins du restant des livres de « fonds et joignit à son imprimerie avec «les spacieux bâtiments, la partie la plus « précieuse de l'atelier des héritiers André « Chevalier. C'est ici que cet établissement «si renommé, sans rien perdre de son «importance et de sa position, voit disparaître le nom sous lequel il avait été «si longtemps accrédité.

«Ce narré exact et fidèle repose sur «des actes authentiques qui pourront être «produits sur la simple demande.

«Jaloux de maintenir la réputation si «justement acquise de ses prédécesseurs,

« le soussigné n'a cessé jusqu'à présent c par son application et son amour pour «tout ce qu'il y a de bon, de grand et «d'utile, de donner à son art tous les « développements dont il est susceptible, « et à son établissement la consistance d'une « maison solide et respectable.

« Désirant conserver à son beau-fils, seul u rejeton de cette famille Bruck si distinct guée, «es relations de commerce, le «réclamant s'est placé à la tête de neuf a ouvriers, d'une papeterie et d'une librai- « rie qui occupe journellement neuf re- «lieurs, tout ce travail dirigé par ses soins. « Il invoque avec confiance le témoignage « flatteur qu'il ose espérer de Vos Seigneu- « ries pour obtenir d'Elles la permission «de prendre le titre d'Imprimeur des Etats «du Grand-Duché de Luxembourg.

«Il n'est mù dans cette circonstance « par aucune vue d'intérêt particulier. En- « tièrement satisfait de la part de confiance «que Son Excellence le Gouverneur lui «accorde dans la distribution du travail, « sa reconnaissance ne saurait jamais s'af- « faiblir , quelque soit le résultat de sa «demande; seulement il ambitionne un « titre purement honoraire qui conserve à «sa maison et à son beau-fils une marque « de la prédilection et de la faveur que son «établissement parait avoir méritées.

« Il est avec le plus profond respect, de « Vos Nobles et Très-Honorables Seigneurs «le très-obéissant serviteur : J.-F. Schmit- « Bruck. — Luxembourg, le 24 mars 1820.»

Cette demande fut accueillie dès le 28 du même mois, et l'impétrant autorisé à prendre le titre d'iMPRiMEua des Etats dd Grand-Duché de Luxembourg.

Le 13 mars 1824, à la nouvelle organisation des conseils de régence il fut derechef nommé membre de ce conseil à Luxembourg.

A l'organisation des gardes communales il a, par arrêté royal du 22 avril 1828, été nommé premier capitaine de ce corps et prêta le 12 mai le serment requis en cette qualité. Cependant, après les événements politiques de 1830, comme cette

institution semblait ne plus présenter aucun, but, il donna sa démission de son grade, laquelle fut acceptée par arrêté du 17 mai

Le 1er janvier 1833 il fut nommé premier échevin de la ville.

Le 30 octobre 1841 , J.-F. Schmit-Bruck fut compris , pour représenter le canton de Luxembourg , dans la première nomination des Etats du Graud-Ducbé, que S. M. Guillaume U s'était réservée par l'art. 3 de son arrêté du 16 octobre de la même année.

Par arrêté royal grand-ducal du 23 juin 1843, il obtint la décoration de l'ordre du Lion néerlandais.

Enfin, par un autre arrêté , en date du 15 décembre 1843, il obtint une nouvelle nomination comme membre du conseil communal de Luxembourg.

J.-F. Schmit-Bruck, qui était en outre président du conseil de fabrique de l'église primaire de N.-D. et membre des confréries des marchands ainsi que de S te. Anne, est mort le 19 décembre 1855, k l'âge de 78 ans.

Bien qu'en 1802, comme nous l'avons dit à l'article Lamort, Jacques , une seconde imprimerie eût été établie à Luxembourg pour la publication des actes de la préfecture, l'établissement typographique de la famille Bruck, que J.-F. Schmit avait repris ne prospéra pas moins, parce que la librairie qui y était jointe et qui était alors Tunique magasin de cette nature à Luxembourg, débitait toutes les fournitures du collège municipal ainsi que celles des écoles primaires; aussi, et principalement le fond des auteurs classiques latins et français alors en usage dans l'enseignement humanitaire et qui avaient été réimprimés par les soins de Pierre Bruck, ayant été rapidement épuisé, J.-F. Schmit- Bruck (.'occupa à en tirer de nouvelles éditions qui se font généralement remarquer par leur correction; tels sont: les fables de Phèdre, l'Epitome historié sacra; de Lhomond, le De Viris du même auteur, Eutrope, Quinte-Cecree, quelques Comé-

s, ue9 uiKvuii de Cicéron, le De Senectute et De Amicitiâ du même, les Odes d'Horace , les grammaires latine de Brader et française de Lhomond ainsi que celle de Meidinger, des Abcdaires, la grammaire latine de Clomcs , Joacbim et Wolff, César, Tacite (de Moribus Germa nornm), des ouvrages de classe contemporains , rédigés par des professeurs, etc., etc. Il imprima aussi, exclusivement jusqu'en 1837, les programmes des distributions de Prix à l'athénée , et y prenait le titre d'imprimeur-libraire de cette iosti-

Titre* orifiaam. eommuoiqurs par Mr. 8*otm, BYoeat-*voac , ù Trèvr». — SouTcnirv — Rrnsripnrm«nU foarais. — Etat civil. — Joaroal : La Berne , <la S3 dêe. I8S8. — Arch. do Gouveraenteat.

SCHMITZ, Jean-Hubert, est né à Dackscheid au cercle actuel de Prum, le 10 juillet 1764. Apres avoir achevé ses humanités il alla étudier la théologie et fut fait prêtre. 11 obtint d'abord le vicariat de Nieder-Stattfeld oh il séjourna de 1789 à 1805. Nommé ensuite curé à Dockiveiler il conserva cette paroisse pendant trenteun ans et jusqu'à son décès, arrivé le 3 août 1836, à l'âge de soixante-douze ans.

Le curé Schmitz fut un de ces prêtres éminemment pieux , instruits et éclairés qui savent apprécier la véritable étendue du ministère pastoral. Donnant tout son temps à l'instruction et au bonheur de ses paroissiens , il leur enseignait à l'Eglise la loi de l'Evangile, leur apprenait à s'enlreaimer, à se secourir mutuellement et à s'éviter les uns aux autres les dommages comme les scandales. Dans la vie publique et privée, il les instruisait h mieux cultiver leurs terres afln d'en retirer de plus riches moissons, à élever et à soigner les arbres donnant les meilleurs fruits. A l'école il apprenait à la jeunesse à aimer l'instruction qui anoblit l'âme et en extirpe les mauvais penchants : sous ce dernier rapport les fonctions d'inspecteur cantonal des écoles donnaient plus de poids à ses exhortations. Au lit du malade ( il devenait le ministre du Dieu de patience et de miséricorde qui sait infuser la con-

fiance et la consolation dans l'âme du souffrant. Hais ce qui doit davantage encore relever Schmitz aux yeux de l'Histoire, ce furent les efforts infatigables qu'il mit • déraciner dans son village et les contrées voisines le préjugé absurde qui s'opposait à la propagation de la vaccine comme moyen préservatif contre une des plus désolantes affections qui, si elle n'enlève pas le malade, le rend très souvent estropié ou au moins le laisse défiguré. Il savait parfaitement la justice du principe proclamé par la Sorbonne : Ce qui peut être utile aux hommes ne peut offenser Dieu , et il en appliquait les conséquences avec ce zèle persévérant qui finit toujours par vaincre les obstacles, en inoculant luimême le fluide vaccin sur des milliers d'enfants. Aussi le peuple, éclairé peu à peu par les lumières de l'expérience, finitil par reconnaître les bienfaits qu'il devait à ce respectable ecclésiastique auquel son souverain avait d'ailleurs décerné l'ordre de l'Aigle rouge comme marque de gratitude pour ses mérites.

La reconnaissance publique éleva au vénérable curé Schmitz une tombe remarquable, sur laquelle une main amie a inscrit celte épitaphe qui est bien destinée à conserver la mémoire de celui qui en est l'objet :

A la face antérieure-

« Johanu-Ilubert Schmitz, 31 Jahre « Pastor in Dockveiler, Definitor, Schul- «inspeclor, Ritler des Rolben-Adlcr-Or- «dens, und Mitglicd mehrerer gelchrten « Ciesellscliaften , geborcn den 10 July « 1704, gestorben am 3 August 1836. »

« Er ruhe in Frieden. »

A la face postérieure:

« Er war der w«ermsle Menschcnfreund « und eifrigste Befocrderer ailes Gemein- <« nuetzigen. »

Sur les cotés , cet textes bibliques:

« Wus der Mcnsch sxct , das wird er .xrn-

ten.»

«Den Baura crkennt man an seinen Fruecb-

ten. »

, Eifli. iUaalrala , 111. Il, i, 26. - Nalea

SCHONBERG, Sehœnberg ou Sckamberg, Beaumont, de Bellomonte, Henri- Olton de, florissait pendant le premier tiers du dix-septième siècle. 11 naquit à Luxembourg comme son frère Jean-Charles (v. son art.) , et prit part à la guerre de trente ans, dans les rangs des catholiques. En 1631 il avait le grade de général d'artillerie à la bataille de Leipsic, et avait été créé comte par l'empereur Ferdinand II , avec son frère (v. l'art. Jean-Ch. de Sch.)

Schonberg , famille originaire du Palatinat portait: d'argent, à l'écasson de sable , à l'escarboucle pommelée et fleurdelisée d'or , brochant sur le tout. Cimier : un chien braque de sable.

L'auteur du manuscrit des Viri illustres a consacré à ce grand guerrier la notice que nous allons transcrire : « Otto Hein- «ricus Cornes a Schœnbergh domious in « Bertringen , Melzig , Rolle , etc. , natus <* Luxemburgi , supremus Bellicarum maachinarum pro Ligà catholicâ praefectus, « Tribunusque 1000 Cataphractorum equiv tum sub Tillio — Tilly — , omnium «hujus victoriarum ab exordio comilito « et sine quo iste non pugaaret. Caesus in «pugnâ ad Lipsiam, de peccatis per sa- «cramentum pœnitentiœ expia tus ante « mortem, gratiâ B. Maria? Virginis , cujus « imaginem singula labara singularum tur- « marum sua: legionis exbibebant. »

Viri ilhutru, II. H* ISO. — Biitioui, VIII, «96. - Clwttm: , 39. - Pa«cw . «5. - D»iw««

SCHONBERG ou Sehœnberg, Jean de, est mentionné comme suit dans le manuscrit des Viri illustres: «1592. Joannes «de Schonberg, dominus in Hartelstein «quod advocatiœ Luxemburgensis , in eo- «demque natus, Archiepiscopus Trevi- «« rensis, S. R. I. Princeps Elector, Collegii « Coofluentini Societatis Jesu fundator. »

La biographie de ce prélat ne comporte pas de grands développements parce qu'elle ne renferme pas de ces actions d'éclat qui font grand bruit dans le monde ; cependant elle montrera une partie de ces horreurs auxquelles donne souvent lieu une

triste aberration de l'esprit humain lorsque , dominé par la superstition il permet à la faiblesse de prendre son essor.

Jean de Schonberg, Sehœnberg, ou comme les Gestes de Trêves écrivent:

Schonenburg, est né en 1525, à Hartelstein, seigneurie qui appartenait a sa fa-, mille. Son père , qui se nommait Joachim de Schonberg , était bailly de Schoeneckeo. Jean était prévôt du chapitre de Trêves et Recteur magnifique de l'Université de la même ville sans cependant être prêtre, lorsqu'au mois de mai 1581, il fut choisi par le chapitre pour succéder à l'archevêque Jacques d'Eltz.

Il se hâta de solliciter à Rome la confirmation de son élection et l'envoi du pallium. Grégoire XIII qui occupait alors le Saint-Siège lui envoya l'un et l'autre; et dès lors Jean de Schonbourg se fit ordioer dans l'église des Jésuites: il avait alors 56 ans d'âge. L'année suivante il reçut l'investiture du temporel à la diète de l'empire , puis il fut sacré archevêque sous le nom de Jean VI. La même année 1582 il introduisit dans son diocèse le Calendrier réformé de Grégoire XIII.

Ses premiers soins furent donnés à l'extirpation des restes de l'hérésie que Gaspard Olevianus avait introduite à Trêves. Pour y parvenir il employa les voies de rigueur, parce que sans doute il les croyait nécessaires, puisque son prédécesseur n'avait pu y réussir par la douceur. Toujours maladif, l'archevêque Jean VI eut un règne déplorable , surtout parce que les années de disette se succédant les unes aux autres, il se trouva constamment dans la gêne, Ini et ses sujets; car, disent ses biographes, pendant les dix-huit ans que dura sa prélature , les récoltes ne réussirent que deux fois, en 1584 et en 1590. Ces calamités continues portèrent le peuple et les grands à soupçonner une cause surnaturelle malfaisante qui produisait ces malheurs; et l'on en vint à la croyance aux maléfices, aux sorciers, aux pactes avec l'esprit des ténèbres : d'où naquirent ces supplices horribles par le feu, dont

les historiens nous font des récita si terribles et si désolants. Et en effet, ces horrenrs atteignirent nn degré tel que bientôt il n'y eut presque pins une seule dans tout le pays de Trèfes, les annales, qui ne comptât au moins un condamné ponr ce crime imaginaire: on a été jusqu'à faire périr sur le bûcher des juges mêmes , des éclievins, etc., sur des accusations de ce genre ! Jean de Schœoberg aimait beaucoup les Jésoites ; et malgré que ses revenus fussent très faillies pendant ces années calamiteuses, il fonda pour eux un monastère à Coblence. H étai t stricte pour la discipline, et réforma tons les couvents de son obéissance qui étaient tombés dans le relâchement.

11 est mort a Coblence, le 1** mai 1599. Son corps fut embaumé et rapporté à TrèTes où on l'inhuma dans la tombe qu'il s'était fait construire lui-même dans sa cathédrale, près de l'autel de St. Sébastien. Lothaire de Metternkh (v. son art.) , son r, y fit graver l'épitaphe su nous a transmise :

JOANNI A SCHONENBERG ARCHIE-

[PISCOPO ,

Trbv. Electohi, Fidki, Pacis bt Pcblic*

[bbi

Studiosisso principi , Sacbabim juhvm clltobi Et auctobi maximo.

COLLBGII II» CONFLOEîm BVS FCNDATOBI

evocato a mobtaubus ad iljmobtalbs Cal. Maii 1599, bbgimikis 18.

4ETATIS 74.

HOC MOHIMEMTM tiOTJB. VIBTDTIS Jam PENE PBBFECTCM PONEBAT LoTHARICS AKTECESSOBI SCCCBSSOB.

L'archevêque Jean VI aimait la science et les savants; il était rempli de vertu, visitait exactement son diocèse malgré qu'il fût tourmenté d'une hernie considérable.

Et comme pour ce motif il ne pouvait pas aller à cheval , que d'ailleurs il ne supportait qoe très difficilement les voyages en bateau , il introduisit a Trêves les voi-

tures à ressorts. II était si modeste qu'à la diète de 1582 il se présenta avec la tenue d on simple curé de village. C'était un prélat très éloquent , mais surtout affable et tolérant, à tel point qoe plusieurs chefs protestant* l'ayant connu , ne purent s'empêcher de dire publiquement que : si tous les princes de l'Eglise catholique lui ressemblaient, ils ne feraient pas de difficulté pour se ranger sous leur discipline. Enfin il corrigea l'ancien Bréviaire de Trêves et en fit publier une nouvelle édition.

Viri illustre* , I, N*46. — Gwta Trc virera III, 47 ad 88. — At Boaraa», Hiatoria Trerireaait 41plootatica, II, 840. — Bmwu, Anaalea Trevirea.

II. 418 ad 430; 487. - Mun, 606 .d <]»8. B«.c Eillia ilUrtrata. I, f ait 1001; II. p. ait. 976.

SCHONBERG, Jean- Charles de, est né, dit-on, à Luxembourg et était neveu de l'archevêque Jean VI dont l'article précède. L'auteur du manuscrit des Viri illustres donne sur ce personnage un article assez long que nous allons transcrire:

« 1636. Carolos a Schœnbergh Luxemo burgensts una eu m fralre Ottone-Hein- « rico creatns a Caes. S. R. 1. cornes, D* «in Schœnbergh ad Rhenum, Bertringen, « Mctzig , Rolle , etc. Consiliarius eques- « tris Luxemburgi et praepositus arlunensis, « post legationes pro rege Catholico obitas, «in Daniam et ad Comitia Imperialia Ra- «tisbonam a Pliilippo IV. eques Sancti « Jacobi creatus a D4 Ferdinando II , as- « sumptus in Consiliariom intimum stalûs, « ac ad Regem Hispaniarnm raîssus orator «eo 1634. Transiens Luxcmburgo Socie- « latis Jesu collegio uua cum conjuge Ca- « tbarina Poppolia de Lobkowitz Bobemas <• donavit amplissimom hac in urbe fundum a in fuodationem semiuarii bodierni. Natnm «ei in Hispania filium Ferdinandum-Phi- « lippum suscepere e fonte Baptismali pro « D° Ferdinando II. Cassare pater Paganus, « Rector collegii Viennensis Societat. Jesu, « tune forte ibi , et pro Philippo IV. Pater cMarsellus Mastriltus , ambo Neapolilani « et ambo Societatis Jesu. Iste S. Theologiaî

«Doctor, bic candidates Martyrii apud «Japoues obiti. Cornes isto mortuus et «sepultus Madridii, aô 1639, et fil i us «Ferdinand us aliquot annospost, ex va- « ticinio Patrîs Mastrilii, jam Marlyris, se- « cutas patrem. »

Cet article peut être complété au moyen des notions suivantes : Charles de Scbœnberg a été créé comte par l'empereur Ferdinand II. Outre les terres qui sont dénommées plus haut, et dont il était seigneur, on doit citer celles de Naves, Chinoery, MootquioUn , Montigoy , le Saulcy et Newenheim : le Metzig de notre manuscrit est Messancy dans le Luxembourg belge, chef-lieu de canton moderne.

Quant à la donation qu'il fit en faveur du séminaire futur à attacher au collège des Jésuites de Luxembourg, voici ce que nous lisons dans l'intéressante dissertation sur cet établissement, rédigée par M. le Professeur Namur, que nous avons déjà si souvent citée au nombre de nos sources : «Le 6 juillet 1636, Jean-Charles comte «de Schœnberg fit, de concert avec son «épouse, donation au Séminaire, du Rol- « lingcr-Hof — Hôtel de la famille de Banville— , situé près de l'ancienne porte « d'Arlon — ou des juifs — aGn d'y con- « s traire un local convenable pour le loge- « ment des séminaristes.

« Il voulait participer à la gloire de la « fondation de cet établissement ; et bien « que sa donation fût peu de temps après « réduite à presque rien par des circons- « tances qu'on ne pouvait prévoir alors, cet que dans le courant d'une dixaine «d'années, tout au plus quatre ou cinq * élèves aient pu en jouir, le comte de «Schœnberg a acquis des droits incon- « testables à ta reconnaissance de la patrie.

« Voici la teneur de l'acte de sa dona- « tion.

« 1° Nous cédons par donation entre- « vifs au collège de la compagnie de Jésus « à Luxembourg , pour y construire un sé- « minaire dans lequel seront élevés des «jeunes gens aptes à l'état ecclésiastique, « les maisons, places , jardins et fonds à

«Hof, situés près de l'ancienne porte « d'Arlon , aboutissant vers le nord à la « rue qui se dirige en ligne directe sur la- « dite ancienne porte — c'est la rue de* «juifs — ; vers l'occident à la vote qui «longe les remparts; vers le sud à la « ruelle qui est contre la maison du rece- « veur-général, et vers l'orient à la maison « enseignée la Couronne — la maison Bau- « douin actuelle.

Il s'agit donc du pâté sur lequel est construite de nos jours la caserne dite de la rue des Juifs.

« 2° Nous cédons de même nos droits «à ladite maison nommée à la couronne « — la maison Baudouin.

«3° Nous nous réservons néanmoins « les corvées dont sont chargés nos sujets «de Strassen, pour le Rollinger-Hof.

« 4° Nous donnons de même au profit « du séminaire le jardin devant la neuve- « porte-haute de cette ville, joignant d'un «côté la porte et le chemin public, de « l'autre le jardin Busbach.

« 5° Nous cédons au séminaire nos «droits sur un autre jardin que feu notre « mère a possédé vers la Pélrus , près des « fossés , en dehors de la vieille porte, « ainsi que quatre journaux de terre arable.

« 6° Nous consentons de plus, que les « chapelles de Kayl et de Messancy avec « leurs revenus, dépendances et apparte- « nances , dont nous avons le droit de pré- « sentatioti et de collation, soient incorpo- « rées au même séminaire.

« En considération de quoi nous enten- « dons réserver pour nons et nos succes- « scurs , c'est-à-dire le chef de la maison « de Schœnberg — Schonbourg — , le droit «de collation de trois bourses en faveur « de trois jeunes gens qui seront nourris « et instruits selon les règles futures du « séminaire , pour autant que les revenus «que nous y appliquons pourront suffire.

« Nous désirons de plus, être considérés « comme les fondateurs de cet établissement «et participer avec nos successeurs aux « œuvres pieuses du séminaire, auquel nous

« recommandons le salut de no» âmes.

« Pour assurer l'accomplissement de « notre donation , nous chargeons maître «Mathias Helbergb, avocot au Conseil «d'opérer tout transport de propriété et «d'introduire le R. P. Recteur en la réelle «possession.

« Tout quoi a été accepté par le Rec- « teur — Hubert de WiUhtim — à ce com- « parant et présent , au nom du collège « et du futur séminaire.

« Fait en notre maison à Luxembourg , «le 6 juillet 1636.»

Cette fondation, dont le revenu n'a jamais été considérable, périt entièrement ▼ers 1674, par suite des agrandissements des fortifications.

Jusqu'en 1669 il y a eu cinq titulaires de ses bourses. Bien que leur rapport annuel n'ait jamais suffi à l'entretien d'un seul étudiant, il parait qu'on en a admis quelques-uns par reconnaissance pour les intentions généreuses du fondateur.

Viri iflaatrea, III, N* 919.— Ffera, Dtaertatiaa nr les foiuUlioai de boarara, XXI, aq. — Paqokt , 64. — U ng t*ca «ci . — Mi noacrite Cl«au.— Ultuihc ,3». - Buiiiut, VIII, 10fi.-Pi«i«T. I. M. LXXV.

SCHOENECK , Schoneck ou Bellacoste, la maiton de, descend, disent Bertholet et d'autres auteurs, des cadets de Viauden dont elle porta les armes : d'argent, à récusson de gueules.

Le castel de Scbœnecken, construit sur un fonds appartenant à l'abbaye de Prura, était à proprement parler le siège des voués de celte abbaye. Les plus anciennes notions connues sur la famille de ce nom ne remontent qu'à Henri de Vianden , Ois unique de Frédéric de Vianden et d'une dame de la maison de Salm en Ardenne. Frédéric était à son tour fils aîné de Henri I, comte de Vianden et de Marguerite de Courtenay; il aurait par conséquent succédé à ce dernier s'il n'était mort déjà en 1247 ou 1248, avant son père. Par suite de ce décès son fils Henri fut à son tour dépossédé de l'héritage paternel qui lui revenait à bon droit, par le comte Philippe I son oncle, lequel ne lui

donna ponr tout bien que le château de Schœnecken avec l'advocatie de Prum.

Il n'entre pas dans notre sujet de raconter ici les démarches que le jeune comte Henri fit pour obtenir sa légitime ; nous nous bornerons à dire qu'il fut forcé de se contenter du castel qui lui avait été assigné, et que de lui est sortie la famille qui plus tard se disait de Schœnecken. Cette lignée guerrière s'est éteinte , paraft-il , vers la fin du quatorzième siècle.

Outre cette maison , on connaît encore plusieurs autres familles qui se nommaient de Schœnecken. L'une d'elles entr'autres, les Hurt de Schœnecken habitaient le bourg de ce nom et se sont rendus redoutables dans les environs, même aux archevêques de Trêves. D'autres de Schœnecken, auxquels Baersch croit que les personnages auxquels appartiennent les articles qui vont suivre sont consacrés, sortaient d'un château de même nom sur le Huusruck, et que la lignée dynastique de ces derniers est connue depuis l'aunée 1198. Cet auteur pense que Bertholet et les autres historiens qui n'admettent qu'une seule famille dite de Schœueck sont dans l'erreur. Il ne nous est donné, faute de preuves irrécusables, ni de réfuter ni d'appuyer celte assertion: cependant nous croyons que Baersch est le premier qui l'ait émise.

Diimut, II, P. J. 10 et 13; IV, «al» textamt XXXV; V, 85, 149, 101, 908, aa,., 998. 306, 393, 333; P. J. UX; VI, 133, 148, 183, 910, 919, 940, 348; VII, 30, 191, 148; P. J. XXXI; VIII, i06. — B-cMca , Eifli. iUaitfata, I, p. ait 649 ad 88S; 938 ad 1005.- Natea iétait». — Msrca, Hittoirt de Vuadea, 89, ao,., 104 ad 114.-I]acut:ttoc«.— Pinan, III, 607 ad 811, -Gui» Trr» iront ns; pauiav

SCHOENECK , Conrad, Conon ou Cunon de, neveu des deux prélats qui suivront, fut élu évéque de Worms après le décès de son oncle Emeric (v. son art.), le lendemain de la féte de St. Laurent 1319. Il a laissé une grande réputation de science et de piété. Ce fut lui qui institua dans son diocèse, en 1320, la célébration de la Fête-Dieu. Ce grand homme est mort le 25 juin 1329, après avoir

gouverné son église peixlant pins de vingtdeux ans avec gloire et édification.

P—mt, JII, OOO, rt I. fol. LXXV. — Bmwm, Eiflia Uliutr»u, I, f. ait 1008. — Biitiout, MU,

SCHOENECK, Emeric de, ooele de Conrad et frère de Simon qui suit, était écolâtre de Mayence lorsque le pape Clément V le nomma en 1306 à l'évêché de Worms qu'il gouverna avec prudence pendant environ deux ans. Il mourut en 1308 et fut inhumé dans le grand chœur de sa cathédrale) devant le maitre-antel.

Phiut, IU. 608; rt I, fol. LXXV. — Bmm$cu, Eiflia illurtrata, I, p. ait. 1002. — Biiiboi.it, VIII,

SCHOENECK, Simon de, frère d'Emeric qui précède , fut comme celui-ci évéque de Worms. Il gouverna cet évéché pendant huit ans , trois mois et quatre jours , et mérita par sa grande vertu d'être surnommé le Miroir des religieux. Il est mort le 21 novembre 1291, et fut inhumé dans l'église du monastère de Frankentbal.

PiMtrr, III. 608; rt I, fol. LXX VI. - Baauoi»t, VIII. 196-B«ucii, Eiflia illaitraU. I. p. ait. lOOX.-KoUa d'ëtudea.

SCHULTHEIS. Deux personnages de ce nom qui pourrait peut-être être rendu par celui de Scholtus qu'une famille luxembourgeoise porte encore de nos jours, sont cités par Pierret, Bertholet et Ulveling , comme originaires du Pays , et dignes de figurer au nombre de nos illustrations. L'un d'eux doit avoir été évéque, l'autre généra! de bataille. Nous n'avons aucune donnée ultérieure sur ces célébrités.

P.....T. I, fol. LXXVI. — Bcaiaoïrr, VIII, 190. — Ulvclikc, 30.

SCHUTZ, Jean, est né à Bittbourg pendant le seizième siècle. Il se fit jésuite et devint le premier recteur du collège de son ordre à Bamberg. Schutz a laissé la réputation d'un bon philosophe, d'un grand

mathématicien et «Ton excellent théologien.

Wilselmvs A AViiratta , Diiqaititionr* aatiqnaric ai.tori* LutrmburgeMii, II. t. XIV, f, 1. te flot.

Schouwbilbr, Gilles, et Philippe; v.

SCOUVILLE , Gilles et S. Philippe.

SCHWEITZER, Mathieu-Bernard, (dit Bertholet) originaire du pays de Luxembourg, a fait imprimer quelques ouvrages et faisait sa résidence ordinaire à Séville, en Espagne.

BaataoLtr, VIII, 100

SCOUVILLE ou Schouveiler, Gilles, était vraisemblablement de la même famille que Philippe qui suit. Il est né à Marche ; et après être entré dans la compagnie de Jésus il fut le premier qui provoqua la fondation d'une maison de son ordre dans sa ville natale , ainsi que nous l'cpprcnd le passage du manuscrit des Viri illustres que nous allons transcrire: « 1648. Acgidiue Scouville Marchionensis, «Soc. Jesu Residentiœ sua; in patrie « auctor. » On sait que plus tard, c'està-dire vers la fin du dix-septième siècle, les Jésuites annexèrent un collège au monastère qu'ils avaient établi à Marche.

Viri illattrea, I. N°85. - Dclicea d« Pajt-Ba*. III, 18».

SCOUVILLE, Philippe, est né en 1622, à Champion près de Marche. Entré dans la compagnie de Jésus il se dévoua entièrement à l'instruction du peuple dans notre province et les pays voisins. Doué d'un zèle extrême , il ne se lassait pas de prêcher et de catéchiser dans les villes et a la campagne. Sa maxime favorite était, que les prédicateurs et les prêtres ayant charge d'Ame ne s'appliquaient pas assez à frapper les esprits et à pénétrer le cœur de leurs ouailles de l'idée de la divinité; que, faute de s'appuyer sur celte base, tout l'édifice de l'instruction et de la sanctification des hommes portait à faux. « On «se fatigue, disait-il, à inculquer que « Dieu ordonne telle chose , qu'il défend

« telle autre chose 5 qu'il faut craindre et a appaiser son courroux par la pénitence ; « et en même temps on oublie de donner «au peuple une connaissance de Dieu, «telle qu'il la faut pour rendre efficaces «les leçons qui doivent le rendre nicil- « leur. » C'est cette grande idée de la Divinité, sans cesse répétée et inculquée, gravée en traits vifs et profonds, imprimée par des images vastes et sublimes, qui constituait Pâme et le grand mobile de ses prédications, Pappui et la sanction des dogmes et de la morale du christianisme. Aussi ses succès furent-ils immenses, et l'époque de ses courses apostoliques devint-elle celle d'une révolution morale pour ses auditeurs.

Il mourut en odeur de sainteté à Luxembourg, le 17 novembre 1701 , et fut enterré dans la grande nef de l'église des Jésuites , près du chœur : Il était âgé de 79 ans. Merjai donne son épitaphe que nous copions ici:

Obiit Décima

SBPT1MA NOVEMPR1S AîUNO MILLES1HO

Septingeivtesuio

Page 1