TRE
De Lcxkmbcroo,
Episcopcs Atrrbatensis,
DOMÛS BCRGCNDIA Co*SILIABIC9 BT SBR-
[VITOR FIDEL1SSIM03,
Insignis mues Ecclesiae Pr.ïpositcs, Et Univbbsitatis Cancellarics,
COLLBGII AtBEBATENSIS IN HOC OPPIDO [fITNDATOR MAGNIF1CC9,
Qci obiit Mbchlume
ANNO Domim M. D IX. MENS. Nov. DIE XV.
Requibscat in pacb.
Nous ferons observer ici que le Chancelier était le second dignitaire ou officier de la célèbre université de Louvain. Le pape Martin V avait annexé ces fonctions à perpétuité au titre de Prévôt de l'église de St. Pierre qui devait toujours être porté par un personnage de première qualité ou d'une science éroinente : il était le promoteur de l'université, c'est-à-dire qu'il conférait les grades académiques.
Mais ce qui a rendu à jamais le nom de Nicolas Le Ruyslre recommandable à la postérité, ce fut sans doute la fondation du collège dit d'Arras, un des quarante-un qui étaient annexés à l'université de Louvain. Ce collège il le constitua hors des épargnes que lui avaient laissé les grands revenus de ses riebes bénéfices : Toujours sobre dans ses dépenses, il voulut réunir des trésors utiles à la postérité.
On enseignait au collège d'Arras les lettres, les arts, la philosophie, la théologie ainsi que le droit civil et canon. Il avait d'abord treize bourses, dont trois pour des jeunes gens de Louvain , trois pour Carabray, trois pour A ira s , trois pour Harlem et deux pour des Luxerabourgeois : Cependant dans son testament, le pienx fondateur en ajouta encore trois
autres dont deux nouvelles pour des Luxembourgeois et une pour un étudiant de Brecht. Les étudiants avec les professeurs et les domestiques nécessaires étaient logés et nourris à l'établissement qui était dirigé par un professeur habile. Ds pouvaient y rester jusqu'à la fin de leurs éludes, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu le degré de docteur dans les branches qu'ils avaient suivies. Une partie des grands revenus attachés par le fondateur à son collège existent encore de nos jours et sont employés suivant leur destination primitive: Les luxembourgeois y ont encore actuellement quatre stipendes, chacun au taux de fr. 133 et 79 es., pour l'étude de la philosophie ou de théologie.
Le manuscrit des Viri illustres mentionne ce personnage dans les termes suivants : «Joannes Reuterius — Rcu- «torius — Luxemburgensis oriundus ex uErpeldingen prope Remich , decanus «Ecclesiarum Cathedralium Atrebatensts «et Cameraccnsis, Fundator Collegii Atre- «balensis Lovanii in quo Luxemburgenses «habent très bursas.» — C'est sans doute par oubli que l'auteur a omis la qualiGcation d'évéque, parce que Le Ruystre possédait cette dignité lorsqu'il a fait sa fondation ; et ne l'eùt-il môme pas encore obtenue alors qu'il en était toujours revêtu à son décès.
Viri iUulru, I, N« 35. - Bitmi, 1 80. - ButkeM. Trophée» it Brabaat. IV, 381) et 390, - Délice» dei Payi-Rai, 'JH, 77. — WmuaiiM Wjltscim, DUquiiitione» aotiquaris Dbtoria; loiemburgeiilh , II, c. VI. §. 8.— P«q«bt, 49. — Ui.rat.iac. 39. — v. Brua- •ne. Metropolb Eeclr»i*e TrevereuM, I. 880,— HaaraoïaT, VI, 341; et VIII, 198. - Manuscrit» Clo«ci. — v. Bra^aaiac, Mo»el»tr©m, 48.
SALM, 7a maison de 9 dont l'origine se auteurs, porte: d'argent, à deux saumons perd dans la nuit des siècles du moyen-âge (Salm en allemand) de gueules, adossés, et a été diversement brodée par les Cimier: deux saumons sur un bonnet plat
de gueules, au rembras d'argent, les queues eu haut. Pendant le onzième siècle, Herman , cadet de la maison régnante de Luxembourg, ûis do comte Giselbert, portait le titre de comte de Salin. Cependant les annales nous apprennent que déjà en 920 mourut Etienne, Stephanus , dit de Salna (v. son art.), trente-neuvième évèque de Liège et fils d'un comte de même nom. Nous ne nous arrêterons d'ailleurs pas à cette autre assertion qui voudrait que le comte Giselbert de Luxembourg lui-même, père de Herman , ne serait dit comte de Salm , tandis que nous croyons bien plutôt que Herman aurait été marié en premières ou en secondes nocesà l'héritière de ce comté et qu'ainsi il aurait constitué la souche d'une seconde lignée qui s'éteignit dans les mâles pendant le quinzième siècle: Les Salm- Reifferscheid lui furent substitués.
Avant cette époque, c'est-à-dire vers le milieu du douzième siècle, la maison comtalc de Salm s'était déjà divisée en deux branches , celle dite de Salm-Ardenne et celle de Salm-Lorrainc, laquelle dernière intervertit les couleurs de ses armes , en prenant gueules aux saumons d'argent, accompagnés de neuf croisettes d'or, pour se distinguer de la branche-souche. Plus tard et aujourd'hui encore nous avons les Salm-Salm et de Neubourg. Mais cette branche ne regarde pas notre objet en ce moment.
La maison de Salm-Ardenne ou luxembourgeoise a produit plusieurs illustrations que nous allons passer en revue.
SALM , Adolphe comte de, est né vers la On du seizième siècle. Nous n'avons de données sur ce personnage que le peu de mots que nous en ont laissés l'auteur du manuscrit des Viri illustres et Bertholet qui a copié cet article que du reste nous allons transcrire : «1636. Adolphus cornes «Salmensis Luxcmburgensis, Ecclesiae Ar- «gentinensis Decanus , Gubernator Taber- «narum Alsaticarum, Ecclesiœ Catholicœ «contra Argentinaro et collegii ac Semi- "narii Molzheimicnsis patronus , captus a ««Suecis dixit se malle instar Salmionis in
«frustra sectati inferri mensae quam a Deo «et CœsaredeGcere.»
Viri illustre. I. N*«7. - M*rn«H.iTt VIII, IV».
Salem , Etienne^ dit de; v. ETIENNE dit de Salm.
SALM , Herman, Comte de, dit aussi de Luxembourg, était fils puîné du comte Giselbert , troisième seigneur de Luxembourg. Les auteurs varient singulièrement sur l'extraction de ce prince , le faisant sortir tantôt des anciens rois de Tongres, ou bien d'une famille Messine, ou des ducs de Carinthie. Ces hésitations n'ont pu provenir que de ce qu'on n'aura pas été puiser aux sources, comme Berthold l'a fait; car aucun doute n'est plus possible quand on trouve écrit dans les ouvrages contemporains les plus exacts et qui encore aujourd'hui font autorité , que Herman de Luxembourg , dit de Salm , était frère de Conrad 1er , fils de Giselbert et quatrième seigneur de Luxembourg, qui le premier a pris le titre de comte de ce dernier uom.
Comme puîné , Herman avait obtenu en partage la terre de Salm, disent quelques historiens ; mais il est tout aussi rationnel d'admettre que , ayant épousé la dame héritière de ce comté il en aura pris le titre avec la possession. Si cette notre supposition est vraie, il faudra reconnaître que ce personnage a été marié deux fois, puisqu'on est d'accord pour lui donner une autre femme, du nom d'Adélaïde ou Adèle, fille d'Otton d'Orlamunde , marquis de Misnie. Toutefois, pour épuiser les conjectures possibles, on pourrait dire aussi que le comté de Salm a pu entrer en la possession de Luxembourg par l'épouse de Giselbert, père de notre Herman, laquelle aurait dans ce cas été l'héritière de cette terre : on sait que l'extraction de cette dame n'est pas connue. Cette dernière hypothèse acquerrait même quelque probabilité si l'assertion de certains auteurs qui avancent que déjà Giselbert se serait dit comte de Salin, était positivement établie.
Quoi qu'il en soit, il est constant que
Ilerman de Luxembourg se titrait de comte de Salro et qu'il était, comme nous l'avons dit , ûls de Giselbert et frère du comte Conrad I'r.
C'était un seigneur sage, dit Marianus Scotus, modéré, plein de valeur et qui méritait une couronne par sa noblesse autant que par sa vertu. Il vivait à cette époque de triste souvenir où le pape et l'empereur se déchiraient mutuellement dans la querelle des invesliteurs : Grégoire VII occupait alors la chaise de St. Pierre et Henri IV était préposé à l'Allemagne.
Chacun des deux antagonistes avait déposé son rival et lui avait substitué un successeur. Grégoire VII avai fait nommer empereur Rodolphe de Souabe, et Henri IV avait fait créer pape un nommé Guibert, évèque de Ravenne. L'anti-empereur Rodolphe ayant été tué le 15 octobre 1080, les princes, les archevêques et les évéques d'Allemagne , qui tenaient le parti de Grégoire, élurent Ilerman pour son successeur (1081).
Celui-ci marcha aussitôt contre les partisans de Henri IV et les battit complètemont à Hochstsctle , en tuant une partie et mettant les autres en fuite. Après ce coup d'éclat le nouveau chef de l'empire se fit sacrer à Goslar, des mains de l'archevêque de Mayence, le jour de St. Etienne de l'année 1082.
Résolu ensuite de délivrer Rome, qui était au pouvoir de l'anti-pape , il Ot ses préparatifs pour une expédition en Italie. Mais lorsqu'il allait se mettre à la tête de son armée , Otton , dnc de Souabe vint à mourir. Cet événement l'empêcha de passer outre, parce qu'il devait craindre pour des troubles dans ce duché. Il rebroussa chemin et contint ainsi les mécontents dans le devoir.
Henri IV sortit sur ces entrefaites d'Italie et revint en Allemagne. Après son départ, Grégoire VII tint un synode dans lequel il excommunia ce prince pour la troisième fois avec l'anti-pape Guibert, et fit signifier cet anathème à tout l'empire. Cette nouvelle démarche, qui [devait paraître au
moins imprudente a plusieurs, recommença les troubles et envénima davantage les haines. En effet, dès que l'anti-César Herman l'eut apprise, il assembla à son tour une diète dans laquelle Guibert et Henri furent condamnes et proscrits ; tandisque les princes qui tenaient le parti de l'empereur s'assemblèrent de leur coté à Mayence où ils déclarèrent Grégoire indigne de gouverner la nacelle apostolique et le déposèrent de nouveau. La mort de ce pape, arrivée en 1804 ou 1805, augmenta un instant l'espoir des adhérents de l'empereur ; mais cet espoir ne fnt qu'illusoire ou à peu près tel.
Toute fois les Saxons, las sans doute de guerres civiles et de disputes de partis, finirent par se réconcilier avec l'empereur Henri IV. Son rival voyant ses plus fermes soutiens l'abandonner et retourner vers son adversaire , se démit lui-même des fonctions impériales qu'il avait exercées pendant près de sept ans au milieu de périls continuels : Il fit sa paix avec Henri et voulut passer le reste de ses jours loin des affaires.
Les historiens ne sont pas d'accord sur les cisconslances de la mort de Herman de Salm ou de Luxembourg. Les uns ont avancé que, remis à la garde de Godcfroid de Bouillon il avait voulu se soustraire à la surveillance dont il était l'objet et qu'il aurait péri tué par un des soldats envoyés à sa poursuite. D'autres au contraire croient que , ayant un jour voulu éprouver si la garnison du château de Lintberg dans lequel il résidait , avait du courage, il s'était travesti avec quelques-unes de ses connaissances et qu'il était venu simuler une attaque ; mais que la sentinelle qui ne l'avait pas reconnu, l'aurait tué. D'autres encore débitent qu'il aurait perdu la vie par un jet de pierre pendant qu'il aurait été occupé à faire le siège d'un fort, ce qui n'est qu'une autre version de ce que nous venons de dire. Quoi qu'il en soit, tous ces dires s'accordent à le faire mourir de mort violente. On croit que son corps fut porté à Metz où il aurait été inhumé avec les honneurs dûs
à son rang. Cette dernière circonstance aura pu faire croire à quelques-uns qu'il était originaire de cette ville tandis qu'il est beaucoup plus vraisemblable qu'il aura voulu reposer dans l'église où se trouvaient des reliques considérables de St. Etienne, le protomartyr, qu'il avait pris pour son patron particulier parce qu'il avait été sacré empereur le jour de la féte de ce Saint.
Herman comte de Salin laissa en vie deux fils : 1° Otton, qui fut la souche des palatins de Ryneck, et par Sophie sa petitefille, celle des comtes de Hollande et de Zélande. Il mourut en 1 146. — 2° Herman II, qui fut comte de Salm et mourut
L'auteur du manuscrit des Viri illustres a consacré à Herman de Luxembourg ou de Salm le court article qui suit : «1022. «Hermannus de Luxemburgo, Comcs Sal- «mensis , ob gloriam militarem Electus '«Imperator, sexeonium imperio prcefuit, «mortuus in obsidione urbis arcisve cujus- «dam ictu saxi.»
Viri illustres, II, N° 126. - D Cauit, Bibliothèque Lorraine, et Histoire de Lorraine. — La G»««, Notice su le» laiembeorgeois célèbre* . 10, sq. — Bieia, Biographie de la Moselle, II, 3510, »q. — Lis Bsutnenu, Histoire de Metz, II. 191. — C1* ai Dec de LitTHE, Biographie lir^coise, I, 37. — BiaiaouT. III, 140. 975. «70, sq. - F«aa, Fainilia aagosU luccmburgtnsii , Tab. II et p. 11 , sq. — Picaaxr, III, art. Salm. — Ifotca d'études.
SALM, Jean, Comte de, trouve sa place ici parce que l'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré les deux lignes que nous transcrivons: «1519. Joannes «Cornes Salmensis , vice Gubernator Du- «catus Luxemburgensis sub Marcbionc «Badensi.»
Viri iU«stres, III, N« 109.
SALM, Salentin, Comte de , est cité comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres : «1636. Salentinus cornes «Salmensis Luxemburgicus, Tribunus mi- «litum pro Philippo IV. llispaniae rege, «dédit initium Victoria; Nordlinganre sub «Ferdinando Cardinale-Infante suâ morte «pridianâ.»
Viri illostres, II, M» 132. - Beat mur. VIII, 103.
SAMRÉ , Henri de, ou Sameriis, prit son nom du village de Samré près de Marche où il est né en 1540. A l'âge de vingt ans il entra au noviciat des Jésuites, à Cologne. Son habileté dans le maniement des affaires lui acquit bientôt l'estime de ses supérieurs qui lui confièrent successivement la direction de plusieurs collèges et celle des Pères de l'ordre qui étaient employés dans les armées.
Henri de Samré fut pendant quelque temps, on ne sait trop de quelle manière, le confesseur secret de Marie Stuart, pendant sa captivité au château de Fotheringay : Cette princesse avait désiré avoir un religieux de la compagnie de Jésus pour prendre ses avis. Il s'introduisit auprès d'elle déguisé en médecin ; mais des soupçons s'étant peu de temps après élevés sur sa véritable qualité, il ne lui fut plus permis de voir la prisonnière.
Le père Henri de Samré fut aussi un des moteurs du complot de Babington qui tendait à délivrer Marie Stuart, et dont la découverte amena l'exécution de celle-ci en 1587. Il parvint cependant à éviter le sort des autres conjurés. Les Anglais s'étant rendus maîtres de Stevicb, en 1 592, il fut emmené prisonnier et accusé de crimes énormes devant le comte Maurice de Nassau : on a été jusqu'à lui reprocher d'être entré dans une conjuration dans le but de venger sur la reine Elisabeth la mort de Marie Stuart ; mais le comte reconnut son innocence et le traita avec douceur , lui fit rendre ses effets qu'on avait saisis et le remit en liberté.
Samerius revint alors à Luxembourg où il resta jusqu'à sa mort, arrivée le 5 janvier 1610, à l'âge de soixante-dix ans, et a été inhumé dans le chœur de l'église de St. Nicolas (qui est démolie depuis 1775) parce qu'à cette époque les Jésuites n'avaient pas encore d'église dans celte ville.
Ce religieux était très versé dans l'histoire sacrée et surtout dans la chronologie qu'il a traitée avec beaucoup d'exactitude
dans un ouvrage intilulé : Chronologie sacra, ab orbe condito ad Ckrislum natum. Anvers, Jérôme Verdussen, 1 608 ; in folio ; 67 pages. 11 a relevé un grand nombre d'erreurs qui avaient échappé à ses dévanciers.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres a donné sur Henri de Samrc la notice suivante : «1603. Heoricus Samerius arduen- «nasseus Luxemburgensis Societat. Jesu, «Confessarius Mariée Stuartœ Régime «Scotiae Martyris quam personatus in «carcere aotè mortem de peccatis absolvit «et cui sacram synaxim in diem mortis «custoditam tradidit, ipse mortuus Luxemcburgi etsepultus in choro œdisS" Nicolai, «scripsit Chronologica logica.»
Viri illu»lrei. I. N» 80. — Dtmout, VIII, 198. — P»<jc»t, 08. — L* G»»»«. Notice «or let luxembourgeois célèbres, 95. — Da Fuin, Dictionnaire hUtonoue. litt ». - C" ne Bic-aa Lieﻫ, Biographie liégeoise, I. 587 — O. CttaiT, Bibliotb. lorraine. — P.taasr. I. fol. LXXIV.-O.Ast», C.t.loCOf de ]. Bibliotb. Je L«*embo»rG, SU et 43b. — Wiscn»*», Le* autenrs Inïesabourjcoi», ttO, so,.
SANDT, Hubert cnréàKehlen, d'où il semble qu'il était originaire, puisqu'une maison de ce village a jusqu'ici conservé son nom. Il florissait pendant la première moitié du dix-septième siècle ri devint plus tard doyen à Merscb , une des églises les plus importantes du pays. Ce respectable personnage, sur lequel il ne nous reste aucune donnée fit le 10 juillet 1631 , par devant le notaire Rodenbacb , donation au séminaire futur des Jésuites à Luxembourg d'un moulin qu'il avait fait bâtir près de Hobscheid. Une stipula aucune condition pour cette donation , ne voulant que favoriser l'éducation de la jeunesse de sa patrie et donner l'exemple d'un généreux patriotisme.
Xtaca. DUsertatioii «r le* bonne* d'etodes. XII «q ; et XXIII. - InTenUire des papier» do séminaire, en 1775.
Mathias de; v.MATIJIAS, dit de Sarbourg.
SARRAZ1N ou Zarasin, Pierre-Domi-
nique, vivait pendant le quatorzième siècle et était échevin de la ville d'Echternacb. Il avait épousé une dame nommée Julienne ; et par acte du 6 mars 1352 , style de Trêves, il donna de concert avec sa femme, au monastère de Sainte-Claire d'Echternacb tous ses biens immeubles et rentes, lesquels étaient très considérables.
Nous n'aurions pas fait mention de ce personnage qui, semble-t-il , ne s'est distingué que par cet acte de générosité, comme d'ailleurs beaucoup d'autres dont les noms sont ignorés aujourd'hui l'ont fait avant et après lui , si l'objet môme de cette libéralité n'avait donné lieu à une grande controverse historique entre l'abbé Bertels et le Jésuite Berlholet, controverse qui n'est pas encore éclaircie aujourd'hui. Cet article ne sera donc principalement destiné qu'à fixer le point historique dans sa nue vérité.
Suivant Bertels , qui cependant habitait Echternach et qui, comme abbé des Bénédictins de St. Willibrorde a dû avoir des relations plus ou moins directes avec les Clarisses ou Urbanistes de la môme ville, un riche bourgeois de Trêves , nommé Pierre Zarasyn aurait fondé et doté en 1330, l'abbaye des Clarisses dont sa fille Hildegardc avait été la première abbesse. Que sa femme , nommée Juliane, ayant vu de mauvais œil les libéralités de son mari, aurait , par un crime, voulu les anéantir : qu'elle aurait en effet suborné un sicaire qui aurait tué Pierre Zarazyn. Que aussitôt après l'assassinat perpétré dans une rue obscure et déserte de la ville de Trêves, elle serait accourue chez les religieuses auxquelles elle aurait redemandé leurs lettres de fondation sous prétexte que son mari l'avait chargée de reprendre ce titre pour y faire apposer la ratification de l'Ordinaire, c'est-à-dire de l'archevêque de Trêves. Que les religieuses ne soupçonnant aucune malice , les lui auraient rendues ; et que nantie de l'acte en question elle serait retournée à Trêves où, après avoir affiché une grande affliction pour la perte de son époux, elle se serait
sauvée avec ses trésors afin d'échapper à la peine due à sou forfait. Qu'ainsi les pauvres religieuses avaient été réduites à la plus profonde misère, jusqu'à ce qu'enfin le comte Jean l'aveugle , puis son fils, l'empereur Charles IV leur auraient fait des revenus suffisants pour leur sustentation.
Bertholet taxe ce récit de fable, et rapporte à son tour les faits avec une variante. Il appuie son narré sur une chartre de l'empereur Charles IV, datée de Prague, le premier mai 1348. Jean l'aveugle, dit-il, avait eu dessein de fonder le monastère des Clarisses d'Ecbternach, mais la mort l'a surpris à Crécy avant qu'il eût pu exécuter son vœu. En conséquence son fils voulut l'accomplir, et il le fit par la chartre qu'il traduit dans son texte et qu'il copie ensuite parmi ses preuves.
Cette dernière version, bien qu'appuyée sur un titre très-vraisemblablement, sinon positivement authentique, semble avoir été admise jusqu'ici d'une manière trop absolue ; car un autre acte, aussi authentique que celui dont Bertholet s'élaie , et dont nous avons devant les yeux un translat notarié par Pierret, vient en quelque sorte afirmer l'assertion de cet auteur , ou au moins enlever une partie de l'honneur de la dite fondation à Jean l'aveugle de même qu'à Charles IV, ne leur laissant que celui de la ratification ou tout au plus d'une part dans le bienfait. Comme le titre dont nous renons de parler n'est pas connu ; que surtout nous sommes autorisé à le croire inédit, nous croyons faire chose utile en en donnant ici l'analyse, pour ensuite en tirer les conséquences rationnelles.
Par acte sur parchemin, dûment scellé, rédigé dans la sacristie des dames Clarisses d'Echternacb, le 6 mars 1352, style de Trêves, Pierre-Dominique Sarazin, échevin d'Echlcrnach , et Julienne sa femme légitime exposent que : L'illustre Prince de glorieuse mémoire, Jean Roi de Bohême et Comte de Luxembourg, par la disposition dernière de son testament — ! ! ! — avait résolu de fonder et construire un monastère sous le titre de la glorieuse Vierge Marie,
de Sainte Claire et de Saint Jean-Baptiste, dans lequel il y aurait une abbessc et trentedeux sœurs de Tordre de Sainte Claire dans le Bourg d'Echternacb, au diocèse de Trêves. Que ce prince donna les ordres et commença effectivement à mettre son louable dessein à exécution ; mais que la mort l'ayant surpris, son Ils Charles, Roi des Romains et Comte de Luxembourg, ainsi que Baudouin, archevêque de Trêves et frère du Roi Jean dotèrent le dit monastère de quatre censés. Mais que les revenus de ces censés étant loin de suffire à l'entretien convenable des dites religieuses, lui Pierre-Dominique Sarazin et dame Juliane sa femme, qu'il autorise à ce, résignent , cèdent et transportent pour toujours et à jamais tous leurs biens et revenus , sans rien réserver ni excepter, comme ils les dénomment, entr'autres et en premier lieu : le fond sur lequel le monastère et ses dépendances sont construits ; etc., etc. ; tous les dits revenus annuels avec toutes les jurisdictions snr les dits biens, fonds , cens, maisons, cours, terres cultivées et non cultivées, prés, pâturages, bois, buissons et arbres, jardins, vergers , rivières , eanx et cours d'eaux, étangs avec tous les droits cherchés et à rechercher , et toutes les autres appartenances de quelque nom qu'elles soient ; ils les cèdent , donnent et transportent avec tout le droit qui leur complète dans les dits biens , revenus et toutes leurs dépendances et appartenances j en vertu des présentes par une donation parfaite entrevifs de la meilleure manière qu'il se peut sans rien réserver ni excepter de bouche ni par écrit. Cette donation est faite par devant Thilman-Dominique Jast , justicier et échevin ; Jean fils de feu Hentsen, écoutet et échevin ; Pierre-Dominique an der Strassen ; Rudolphe, fils de feu Gotzens ; Jean, nommé Toleopletz et Francken Cimmelrick ; tous échevins d'Echternacb ; par forme de dot, pour en jouir librement en vertu des présentes lettres. En foi de quoi et pour témoignage authentique le comparant Pierre Sarazin y a apposé son cachet;
el comme Juliane n'a pas le sien sur elle, ces époux ont prié te Révérendissime Archevêque de Trêves, Sire Jean, abbé du monastère de St. Willibrorde, Sire Boéroond , archidiacre de l'Eglise de Trêves, le frère Jacques, custode à Trêves, Pierre curé de la paroisse d'Echternach , Jean Scbcilhart , prévôt de Bittbourg , en sa qualité de justicier de la prévôté, écoutet et échevin du dit bourg d'Echternach, d'y apposer leurs cachets ; ce que tous les prénommés ont fait dans la sacristie du monastère de Sainte-Claire.
Il résulte de cet acte : 1°, que le fonds sur lequel l'abbaye de Ste.-Claire fut construite, appartenait à Pierre Sarrazin et à sa femme ; qu'il doit être admis que ce fonds avait été d'abord cédé verbalement aux dites religieuses et que ce ne fut' qu'assez longtemps après que les donateurs en accomplirent l'abandon irrévocable, lorsqu'ils se furent convaincus que l'abbaye pourrait subsister, ayant obtenu à cet effet l'agréation de la puissance temporelle et de la spirituelle. 2" Pierre Sarrazin a nécessairement contribué an moins à la première fondation , s'il ne l'a pas accomplie avant même que Jean l'aveugle et plus tard son Gis ne l'eussent assise par leur autorité. 3° Pierre Sarrazin habitait Echternach, dont il était échevin. 4° Il n'est pas croyable que sa femme l'eût fait tuer pour arracher des mains des religieuses les libéralités que elle-même et son mari avaient volontairement et librement faites , et que pour éviter son châtiment pour un crime supposé elle se soit expatriée emportant toute sa fortune ; car si cette dernière circonstance était vraie avec les incidents que Berlcls y rattache, la chartre que nous possédons n'aurait pas été rédigée en présence de l'archevêque lui-même qui pour ce motif n'avait plus d'exequatur ultérieur à y ajouter. Et d'ailleurs, si Julienne s'était enfuie avec cette chartre , comment serait-elle restée entre les mains des religieuses avec le scelde Baudouin ? ou bien, si même elle s'était enfuie après son crime prétendu, elle n'aurait
pu emporter les biens-fonds que la soustraction de l'acte de donation devait enlever au monastère ; son crime et sa fuite devenaient donc inutiles ; partant l'un et l'autre sont incroyables.
Nous dirons donc, en rectifiant le récit de Bertels et en faisant concorder celui de Bertholet avec le premier, qu'il faut croire que : vers 1330 à 1340, Pierre-Dominique Sarrazin , homme opulent, n'ayant qu'une fille nommée Hildegarde qui désirait entrer dans l'institut de Ste.-Claire , aura sollicité le Roi Jean l'aveugle de fonder un monastère de Clarisses dans sa maison à Echternach ; que le roi-comte lui avait promis son appui , et qu'en conséquence il avait commencé sa fondation. Que Jean de Bohême étant mort dans cet intervalle il avait sollicité et obtenu l'acte du 1er mai 1348 par lequel Charles IV déclarait prendre l'abbaye à constituer ou à régulariser sous sa protection impériale et lui donnait en outre quatre censés pour augmenter ses revenus primitifs dont la donation n'était pas encore écrite. Que Sarrazin ayant obtenu la ratification désirée et ayant mis la dernière main à sa fondation aura fait expédier le 6 mars 1352 une donation en règle, se contentant de quelques revenus qu'il se sera réservés pour vivre en retraite à Trêves. Que peut-être il aura été assassiné un beau jour en revenant de la promenade, comme dit Bertholet ; et que sa veuve, pour se soustraire à la douleur qne ce tragique événement lui causa se sera expatriée. Que plus tard le public voulant broder sur cet objet , aura inventé petit-à-petit le conte tel que Bertels nous l'a rapporté avec sa crédulité ordinaire, et que Bertholet a un peu trop légèrement taxé de fable inventée à plaisir tandis que le fond en était vrai et que l'invention du conteur n'a porté que sur les circonstances accessoires du fait principal , la fondation même de l'abbaye de Ste.-Claire.
DmTti ». I 78, »<]. — Bmiotn, VI, 108 » Sft5. — Art* de «Innation de Pierre Sarrazin, rcarrin d'Ecktrrtiach cl de Julienne «a femme . qui •bidonnent
Iran bien» au ««mailf*; de 8te.-Claire rtdeSl. Jeao- Baptiite a £eutrroach ; du G mari ISiSâ. Tranilaté et aulbcatiqué par le aolaire Pierrct Cet acte inédit eut noire propriété.
SAUVAGE, Jean-Pierre, de Luxembourg, sur lequel nous n'ayons aucune donnée, est indiqué sous Tannée 1744 sur la liste des primus de l'Université de Louvain.
Ménager de* •deneea huUnqoe* de Gaad, aaaée 183», p. SOI.
SCHANNAT , Jean Frédéric^ fils d'un médecin originaire de la Fraoconie et qui s'était établi à Luxembourg , est né dans cette ville, le 25 juillet 1685. Il eut pour parrain Jean-Frédéric comte d'Autel (v.
son art.), Baron de Vogelsang, Gouverneur et capitaine-général du pays de Luxembourg, chevalier de l'ordre de la Toison d'or.
Après avoir terminé ses humanités dans sa ville natale, le jeune Schannat alla suivre les cours de droit à l'université de Louvain où il prit ses licences en 1705, et se fit admettre au barreau de Malines: 11 avait alors 22 ans.
Deux années plus tard il publia : i*.
Histoire du Comte de Mansfeld , seigneur de Heldrungen, Prince du Saint-Empire, Chevalier de la Toison d'or, Maréchal des armées du Roi, Gouverneur et Capitainegénéral de la ville et province de Luxembourg et comté de Cbiny. Luxembourg ; André Chevalier, M. DCC VII ; in-18° ; de 99 pages. C'est un ouvrage bien écrit et qui renferme des données que de nos jours on chercherait vainement ailleurs.
Ce ^travail, qui l'avait forcé à fouiller dans les archives et à déchiffrer les documents anciens, loi inspira du goût pour ces sortes d'occupations et pour les recherches historiques. Cependant sa fortune patrimoniale, qui était modique, ne lui eût pas permis de se livrer a ce genre d'étude qui demande beaucoup de temps et encore plus d'application : il résolut en conséquence de quitter sa profession d'avocat pour entrer dans les ordres sacrés où il devait être sûr d'obtenir des bénéfices
suffisants qui pouvaient le dispenser de tout soin pour amasser un pécule destiné à son entretien; et il ne s'est pas trompé. La réputation de ses connaissances s'étant * bientôt répandue au loin , le savant abbéprince de Fulde , Constantin , Baron de Buttlar Tappela à sa cour et le chargea de composer l'histoire de son abbaye. Dès lors Schannat s'occupa presqu'exclusivemenl des archives de cette puissante maison religieuse et publia en 1723 un volume in-folio , intitulé : £°. Vindemiae litterariae, hoc est: veterum monumentorom ad Germaniam sacrant pracipuè spectantium, Collectio prima. Fulde et Leipsic. — En 1724 il fit imprimer:
3°. Corpus traditionum Fuldensinm sive donationum in ecclesiam Fuldensem collatarum, ab anno 744 ad finem usque meculi XIII. Leipsic. — Puis: 4". Sammluug aller historischer Schrifteu und Documente, wobei das alte Land-Recht , wie selbiges vor Zeiten in Teutschtand gebraeuchlich.
Cette collection ne se compose que de titres écrits en allemand. Schannat la publia par ordre du Prince-Abbé de Fulde ; il n'en a paru que la première partie. — Ô". Fuldisdier Lehnhoff, sive de Clientclâ Fuldensi beneficiarià Nobili et Equestri tracta tus historicus-juridicus. Francfort sur Mein, 1726, in-folio. — 6°. Dicecesis Fuldensis, cnm annexé suà hierarebiâ, quir continent prœter parochialcs ecclcsias 60, cum filiabus 94, nec non oratoriis quamplurimis, collegiatas Ecclesias 6, monasteria virorom 16, ecclesiae Fuldensi tum olim tum etiam nunc immédiate ac pleno jure subjecta. Accedunt varii religiosorum ordinum coetus in eandem Diocesis libertatem admissorum. Francfort sur Mein, 1727, in folio.
Comme cette oeuvre renfermait plusieurs documents qui renversaient des droits auxquels le Prince-Evêque de Wurtzbourg et le Landgrave de liesse prétendaient dans la terre de Fulde , le Prince-Evêque de Wurtzbourg chargea le célèbre Jean-Georges d'Eckarl de débattre ces actes; et ce dernier publia : Animadversiones historiés
et critica* in Joh. Fried. Schanoati diœcesim et hierarchiam Fuldensem. Mais Scbannat lai répondit par l'ouvrage suivant: 7°. Vindiciae quorumdam arcbivi Fuldensis diplomatum a Nobiliss. et Claris», viro Job. Georg. ab Eckart perperam impugnatorum. Francofurt. ad Mœnum, 1728; in-folio. Avant cette dispute scientifique, Schannat et d'Eckart avaient été en relation d'amitié : Scbannat avait rendu de grands services à son antagoniste et il avait même été cause que d'Eckart avait été appelé à Wurlzbourg, comme du reste ce dernier en convient lui-même dans une lettre datée de cette ville , le 10 mai 1724. Cette querelle les rendit ennemis jurés, ainsi que le démontrent les Acta eruditorum de Leipsic, année 1728.
Le Landgrave de Hesse s'éleva de son côté contre plusieurs assertions de l'ouvrage de Schannat et chargea le professeur Estor , de Giessen , de les débattre dans un écrit. Scbannat lui répondit dans l'œuvre suivante : 8°. Joh. Fredr. Scbannati Historia Fuldensis, in très partes divisa.
Francof. ad Mœnnm; 1729; in-folio, avec pièces justificatives.
Après la mort du Prince-Abbé de Fulde, l'archevêque de Trêves, François-Joseph, né des Comtes de Schœnborn, qui était en même temps évéqoe de Worms, chargea l'abbé Scbannat de rédiger l'histoire de ce dernier évêché, qu'il publia sous le titre de: 9*. HistoriacpiscofkatusWormatiensis, Pontificium romanorurri bullis, regum, imperatorum diplomatibus, episcoporum ac principum chartis, aliisque plurimis documentis autbenticis asserta ac illustra ta. Francfort sur Mein, 1734; 2 vol. io-fol. avec figures.
La même année, l'archevêque de Prague, Maurice-Gustave, comte de Manderscheid- Blanckenbeim, qui mourut en 1765, manifesta à Schannat te désir qu'il composât un ouvrage destiné à débrouiller l'histoire de l'Eiffel, depuis son origine; et il s'en occupa sérieusement ; ce qui donna naissance au manuscrit en 3 volumes intitulés : i0'. Eiûia illustra ta. Cet ouvrage, qui
renferme une infinité de recherches intéressantes n'a pas pu voir le jour parce que son auteur est mort avant la mise sous presse. L'original a été retrouvé plus tard dans la bibliothèque du comte François de Sternberg-Manderscheid, à Prague ; il en avait été fait plusieurs copies dont une entr'autres repose à la Bibliothèque de Darmstadt. C'est d'après celte dernière que Baersch a publié une traduction allemande de cet important ouvrage (1824 à 1855), 3 tomes en 8 volumes in-8°, avec de nombreuses additions. A l'occasion de celte édition, nous ferons observer que Ba?rsch aurait beaucoup mieux fait de donner l'original même, en ajoutant les rectifications, additions, etc., qu'il aurait jugées nécessaires. Son travail est important et grave ; mais on doit lui reprocher en général d'avoir fait sienne absolument une œuvre d'autrui : on n'y reconnaît pas assez ce qui appartient à Scbannat d'avec ce que Ton doit aux recherches de l'éditeur allemand.
Scbannat fit en 1735, aux frais de l'archevêque de Prague un voyage en Italie où les puissantes recommandations de son protecteur lui ouvrirent les bibliothèques les plus importantes. 11 se trouvait là bien placé dans son élément, et profita avec un soin particulier des trésors des collections ambrosienne et du Vatican. Il ne quitta Rome qu'en 1738 pour retourner en Allemagne avec une collection trèsprécieuse de notes et de données sur l'histoire d'Allemagne. Il avait l'intention de publier ses découvertes en plusieurs volumes in-folio, sous le titre de:
Accessiones novre ad historiam antiquam et litterariam Germanise. Cet ouvrage devait se composer de : a. Codex novus juris genlium diploraalicus ; b. Codex diplomatum inedilorum ad historiam Germanise spectans, ex variis archivis depromptus ; c. Accessiones nova; et inédits ad historiam palatinam ; d. Anecdota varia reformationem Lutherianam iiluslrantia et Roms collecta ; e. Notitiœ , chartaria et monumenta quam plurimorum monasteriorum et
cœoobiorum Germanise ; f. Germaoia purporata ; g. Notitia pro historia ordinis Teutonici ; h. Coloniensia varii argumeoli ; ». Probationes geoealogicac quainplurimarum familiarum nobiliam Germanise ; k. Notitia familiarum proviocise Lucelburgensis et adjaceotium ; /. Observationes anliquarise cam in Italia tum in Germaoia collectai ; etc. ; etc.
Il travaillait aussi depuis plusieurs années à un grand ouvrage sur les Conciles et les Synodes généraux de l'Allemagne, et il avait également projeté de publier une bistoire du diocèse de Spire dont il avait été chargé par Damien-Hugo, cardinalévéque de ce nom, né des comtes de Schœnborn et mort en 1745.
Des travaux si immenses auxquels Schanoat consacrait tous ses instants et toutes ses forces, avaient peu à peu miné sa santé ; et finirent par l'enlever subitement, à Heidelberg, le 6 mars 1739, a l'âge de cinquante-quatre ans seulement.
Ce savant était en relation avec un très grand nombre de personnages aussi éminents par leurs connaissances que par leur position sociale. Les cardinaux Albani, Quincini et Passinei le favorisèrent particulièrement pendant son séjour à Rome ; et il dut à leur protection son entrée à la bibliothèque du Vatican dont la politique romaine fermait alors impitoyablement l'accès à tout étranger sans distinction. C'est dans cette bibliothèque qu'il puisa les sources de son: 12*. Histoire abrégée de la maison palatine, qui ne fut publiée qu'après sa mort; Francfort, 1740.
Le comte de Wurmbrand, président du conseil aulique était en correspondance intime avec lui , et s'était même proposé de le faire nommer historiographe de l'empereur. Avec les éditeurs des Acta Sanetorum, surtout avec Sollier, Martène et M ont faucon il entretenait un échange suivi de lettres , de même qu'avec le Père Bernard Peetz, le baron Crassier, Menke* nius, Lucius, d'UlTenbach, de Loon , Mascow, Scbœpflin, Senkenberg, Steinh«il et d'autres savants de premier ordre.
Scbaonat aimait à communiquer les découvertes qu'il faisait, encourageait les auteurs et était bien loin d'envier leurs succès. De la Barre de Beaumarchais qui a publié son éloge historique le représente comme un homme vif, actif, ouvert et simple. Il était gai et affable en société, éloigné de toute pédanterie comme de toute présomption; il s'attachait à ses amis auxquels il cherchait de tous ses moyens à se rendre utile. 11 était reconnaissant envers ses bienfaiteurs ; mais très sensible aussi aux indélicatesses qu'on pouvait lui faire : cependant il se reconciliait facilement; et d'Eckart fut le seul qu'il ne voulut plus jamais revoir après que ce dernier eut publié l'ouvrage dont nous avons parlé plus haut.
Outre les œuvres de Scbannat que nous venons de citer dans cet article, cet auteur a encore fait imprimer les suivantes , au rapport de D. Calmet: 13*. Necrologium ecclesiasUcum Melropolis Moguntiae. — 14°. Annonymi Séries Abbatum Monasterii Vissemburg. — Velus Diptychon Fuidense. — J6*. Annonymi Cbronicon Monasterii Schuttezani. — /7°. Necrologium Lauresheimiense. — i8°. Antiquitates monasterii Sancti Michaelis Bamberga?. — 19°. Traditiones veteres cœnobii Sti. Stepbani Hcrbipolensis. — 20*. Annonymi Cbronicon Erfordiense. — 21". Chronicon Reintzharbonense. — 22°. Exccrpta Necrologii veteris Abbatix Mollenbacensis.
— 25°. Notitia monasterii omnium Sauctorum ordinis Pramoostratensis. — 24".
Annonymus de Origine et abbatibus sancti Joannis in Rhingnoravia. — £3°. Dotationes monasterii Sancti Pétri in Nigrà Sylvâ.— 26°. Necrologium abbatiae Lucidaevallis. — etc.
D cmtes . édition dr l'Eiflia UlattraU de Schaanai, I. para prior, XV. «qq. ; et para altéra, VII, iqq.
— D. CtLarr , ftibliolhequc lorraine. — Da Fnut, Dictionnaire historique, litt S. — Moatai, Suppié- ■emt, III, 757, tq. — MaonscriU d* Hcuti, I. — Paooir , 80. - Coubti*. Encyclopédie moderne, XX, 408. — &.*»■ . Catal. de la Bibiioth. de Laxbrc . 814, 476, 497. — Biographie «nireraelle, XLI, 89, «q — Ncanàna. Lea antenra laieaWnrg eoic , 40, •q
SCHAUWENBOURG , ou Schaumbourg , famille d'ancienne noblesse militaire , originaire de l'Alsace el qui s'est Gxée dans le Luxembourg pendant le seizième siècle. Elle y a possédé les terres de Preiscb, de Bervvard , etc. , et portait : d'argent , à la bordure nuagée d'or et d'azur, au sautoir de gueules brochant snr le tout. Cimier : un buste de fille , habillé d'argent , au sautoir de gueules, couronné d'argent, portant au lieu de bras deux cornes d'azur, les pointes en haut, chaque corne ornée en dehors de cinq sonnettes d'or.
Les de Schauwenbourg , qui se sont éteints dans le Luxembourg vers la lin du dix-huitième siècle , ont eu des justiciers, des nobles, des conseillers de courte robe, des députés de la noblesse, etc., et ont pris des alliances illustres.
SCHAUWENBOURG, Bernard de, est rappelé dans le peu de mots qui suivent par l'auteur du manuscrit des Viri illustres : « Bernardus de Schaumbourg , Dominus «in Berwart, etc., Luxemburgicus, Tri- « bunus legionis germanorum militum in «Hungaria; praepositus Theonisvillanus. »
Aucun renseignement ultérieur sur ce personnage ne nous est connu , si ce n'est qu'il a été pendant quelque temps vicegouverneur du pays de Luxembourg, en l'absence du Comte de Mansfelt (v. son art.) et qu'il revint vers 1 568 de la Hongrie à Thionville avec son régiment haut-allemand pour servir de renfort au proconsul duc d'Albe dans les Pays-Bas, après quoi il fut nommé prévôt de cette ville.
Sa tombe se trouve encore aujourd'hui dans la chapelle du château de Preisch. Elle représente un guerrier armé de toutes pièces , tète nue , cheveux courts , barbe touffue, les mains jointes sur la poitrine et agenouillé sur un carreau. Le visage est presque vu de face et l'épitnphc conçue «*n ces termes :
DER EDBL l >0 GESTRENG BERIY-
HART VON SCHAL'WENBURGII, hkrr
zu Preisch und Schudbubgh, obristeb
GlBEftNATOR UNI» PROBST ZU DlBTBNHOBBN ; 1ST DBN 9. MARTII ANNO 1576. IN GOTT VERSCUIEDEN.
Nous nous voyons engagé à ajouter ici quelques mots pour rectifier une assertion erronée de M. Teissicr, dans son Histoire de Thionville , p. 440 et suivante : A gauche de la tombe de Bernard de Schauwenbourg on en voit une seconde, représentant une dame richement habillée , que Teissier prend pour la femme de ce Bernard , tandis qu'elle a été sa sœur ou au moins sa nièce. Cet auteur s'est trompé, parce qu'apparemment il aura mal lu l'inscription, ou bien qu'il ne comprenait pas l'allemand. Cette légende, bien déchiffrée, est conçue dans les termes suivants :
der edelen und erbntugentreichen
[frawb
Magdalena von Schawenburgii,
Wefwe von Naves, fracwe zu Preisch cnd Mechzig , mit-fradwb zu fentz,
DEN 23 SBPTEMBBR ao 1584 IN got ver-
[schbidbn.
Celte inscription, qui n'offre d'ambiguïté aucune , se rapporte à la veuve de Jean II de Naves (v. son art.).
Viri illnitre», II. N° 140. - Tkiiki, Histoirr de TbiouTille, 440. *q.; et 105. — Kote* d'étude* — Archive» du château de Sehotbourg, propriété de 1» famille Pondront, de Ho*jnjjcn.
SCHAUWENBOURG , Christophe de, était frère de Bernard qui précède, connue nous le voyons dans le passage suivant du manuscrit des Viri illustres : «Christophov rus de Schaumbourg , vice-gnbernator « Ducatus Luxcmburgensis , Judex Nobi- « lium , Fratrcs (id est Christophorus et « Bernardus) . » L'un et l'antre de ces deux personnages ont été fils de Jean de Schauwenbourg , qui était prévôt de Luxembourg en 1510 et les années suivantes:
Viri illiutra, II. N" 141. — Notes d'étude*.
SCHAUWENBOURG, Jean-Bourchard de, vivait vers le milieu du dix-septième