‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 44 sur 98 · OPUS · texte numérisé non relu

OPUS

Ut vivit fama, sic vivat mente beatus, Et vioeat summi coelica begna Dei.

On voit encore dans le village de Trittenheim la hutte dans laquelle ce savant a vu le jour, et l'on conserve dans le même village deux de ses portraits. Sur l'un il est représenté comme abbé: on y lit l'inscription qui suit : « Johannes Tritukmils «abbas Spontheimensi* et S'* Jacobi Wir- « ceburgi, Ordinis Stl Bcnedicli, Zelalor « artlens, et ejtisdem reformater pratcipuus. ^Xatas 1462, Pâtre ex Heidenburg, maire «Elisabethâ ex longovico , obiit 1516.»

Ce portrait fixe une Madone, et de sa bouche sort un cartouche portant ces mots : « ora pro Joanne Trithemio Sancta Maria « Virgo. »

L'auteur du manuscrit des Viri illustres a consacré à Jean de Trittheim le peu de ligues qui suivent: « Joanncs Tritthcimius « Abbas Spoulheimcnsis, ortus ex Trittheim « pago Ducatus Luxemburgensis pro roa- « ximà parte , undc et frequens Luxem- «burgi apud Christophorum Marcbionem « Comitera Spouhcimcnsem. »

Trittheim a composé un grand nombre d'ouvrages très importants dont une partie a été imprimée tandis que plusieurs sont restés manuscrits. Nous allons citer les titres des uns et des antres: A. Manuscrits: {*. De la conduite des Religieux selon la règle de St. Benoit. — 2". De l'origine et des grandes actions des duc* et des rois Bretons. — J°. De l'origine des Romains. — 4°. I-a succession des évèques de Wurzbourg. — 5°. Catalogue des évéchés de la Chrétienté. — 6°. Uis-

toire de la fondation et de la réforme de l'abbaye de St. Jacques des Ecossais, à Worabourg. — 7°. Chronique de Lambert, moine de Hamfeld, Ordre de St. Bénolt an Diocèse de Mayencc. — 6°. La Bibliothèque de Luxembourg possède enfin un ouvrage manuscrit de l'abbé Jean de Trittheim. Ce volume, io-12 et sur papier, porte la date de 1588, et est suscrit : Tritthemii abbatis liber de Statu et ruinâ monastici ordinis.

B. Ouvrages imprimés : 9°. De origine Francorum. — 10' Opéra pia et spiritualia; vol. in folio. — 11°. Catalogus scriptorum ecclesiasticorum et illustrium in EcclesiA Virorum ; in-4°. — iS°. Commentaria in Regulam S" Benedicti ; in-12°. — 13*. Antipalus malcficiorum ; in-12°. — 14°. De Viris illustrions ordinis Sancti Benedicti; in folio.— 15°. Polygrapbix libri VI ; io-4». — 16*. La clef de la polygraphie, ou manière d'écrire en chiffres d'une façon qui ne peut s'expliquer que par le moyen de la clef.— #79. Chronicon cœnobii Hirsaugicosis. — 18". Annales Hirsaugienses.

Trittheim a également écrit, à la prière du marquis de Brandenbourg , ces livres devenus fameux à son époque , qu'il intitula Steganographia , et qui donnèrent occasion à Charles de Bouille , très subtile théologien qui lut ce traité dans le cabinet môme de l'auteur, de l'accuser de magie. Ce théologien ayant écrit son sentiment à un conseiller du roi , qui depuis devint évêque d'Orléans, le bruit se répandit bientôt que l'abbé Jean de Trittheim était magicien. O tempora ! ! ! Mais plusieurs savants de l'époque prirent la défense de l'abbé et eurent le bonheur de réussir, à cette époque de si désolante mémoire poor les progrès de l'esprit humain!

11 est certain que Trittheim fut un des hommes les plus savants , des plus profonds et des pins curieux de son siècle. Son érudition était presque universelle; mais sa sagesse et sa piété l'égalait. Son zèle pour le maintien dn bon ordre dans les monastères réformés et poor intro-

duire la réforme dans ceux qui ne l'étaient pas , parait dans beaucoup de passages de ses oeuvres.

Viri illutlrct, I, N° 51.— B«mc*, Eiiîa ilhutra» ta, III. ■■• it s«jq. - v. Sntnnc, Sfaaektrav,

945, «aa,.— D. «Ulbbt, HUtoire de Lorraiae, II, colonne 033, M|«^( et Bibllotb. ktrraiae.-Cuaaa>, Catalogne 4e la BibUatb. de Laxeatbourf;, Wi , 864, 334 . 576 , 388 , 447 , 49tf.-!ttaxa, Catalogue de la Bibliotb. de Luxembourg. — BniMUT. VIII, 186.— Aa HsiTiua , Blftor. Trevlr. àinlomat, II, 333 { et PradroatM Hiator. Trerlr. SI 8, 1*92 et 1206, m| -Cbraatqae de Trèvee; jenrnal;

1820, p. 85.— Maaaai, VI, 006 « et IX, 880.— Cooan», Encyclopédie moderne, XXII, 473. — Biographie naiTenelle, XLV1, 681. «nfl.

TYNNER, Sébastien de, est né à Pfortzbeim au marquisat de Baden. Le manuscrit des Viri illustres donne sur lui les notions que nous allons transcrire : c 1632. Sebaslianus Tynner oriuodusqui- « dem ex marchionatu Badensi , sed uxore « Maria ab Hocbstein Luxembnrgense et «domicilioa puero indè quasi etiam Lux- « emburgensis , ac marchionum Badensium « satrapa Unseldinge, tandemque dominits «in Hollenfeltx, neenon aliquando capi- « taneos , inter plurima pia opéra funda- « vit unà cum conjuge 1res bursas in se- «minario Lnxemburgensi , sepultus in « Mariœ-Valle. »

Il avait épousé, vers 1593, une dame du nom de Marie , que l'auteur do manuscrit des Viri illustres dénomme de Hochstcin ou Hohenstein , avec laquelle il vécut trente-cinq ans , sans laisser postérité. Sébastien de Tynner résidait au château de Hollenfeltz et il y est mort vers 1633 ; Sa femme était décédée en 1628: l'un et l'autre de ces époux ont été inhumés au monastère de Marienthal.

Par testament dn 8 mars 1633, daté de Luxembourg, Sébastien de Tynner consolida la donation de trois mille deux cents écus dn Pays, ou sept mille six cent qnatre-vingt» francs, monnaie moderne, que déjà il avait projetée en 1628, de concert avec son épouse, en faveur du séminaire futur à annexer a« collège des Jésuites à Luxembourg , pour

(rois boursiers pauvres, nés dans la seigneurie de Holleofeltz , laquelle comprenait les villages de Hollenfeltz , Nospelt, Greisch, Bour, Dondelaoge en partie et Reckingen , se destinant à l'étude de la théologie et déjà parvenus an syntaxe , a moins que l'un ou l'autre n'eût pas les moyens suffisants pour arriver jusque dans cette classe gymna- 8iale : dans ce dernier cas la collation, dont le fondateur a réservé le droit à ses successeurs seigneurs de Hollenfeltz, pouvait avoir lieu pour un an et être renouvelée si le titulaire se rendait digne de ce bienfait par sa conduite , son ap-

plication et ses progrès. Jusqu'à ces derniers temps les comtes do Brias, derniers seigneurs féodaui de Hollenfeltz ont exercé ce droit de collation pour la fondation en question dont le capital ne fut jamais entièrement réalisé. Aujourd'hui ce capital est de 6652 francs , 20 centimes, au revenu de francs 317, et 46 centimes , qui sont donnés à un seul boursier.

Virl ilhutrec. III, N* S23.— Pittn, 65. — FU- ■va, biiacrlnlioB far Ici bonne* d'élu dr* attachées a l'athénée 4c Lmeaaboarf , X et XVIII, •«;.— Lm livrée de» fe«x; nucrta.-Méaotial léfi.1 tl ad «S.btraUf du Gr.odDuché, 1848 , 667.

LNGESCHUCK, ou Ungtichick , Antoine, greffier du Conseil provincial de Luxembourg , vivait pendant le dix-huitième siècle.

Ce personnage qui avait des connaissances très étendues , s'est beaucoup occupé du nobiliaire et d'art héraldique. La Bibliothèque de Luxembourg possède de lui, eu manuscrit : Seize fardes in-folio, intitulées : Ungescbuck. Antonii Luxemburgensis Dictionnarium heraldicum, collectum a6 1760—1765: C'est un recueil d'armoiries, découpées et réunies par ordre alphabétique , a.nsi que de fragments d'arbres généalogiques. — S0. L'art héraldique ou du blason, 1764, volume in-folio, qui semble avoir été composé en compagnie avec le notaire Pierret (v. son art.) , à en juger par l'écriture, puisque la main de chacun de ces deux personnages y est clairement reconnaissable , tant dans le texte que dans les corrections marginales.

Il est à croire qu'Antoine Ungescbuck était né à Luxembourg j peut-être aussi à Bivnngc près de Hœser. 11 avait des propriétés à Harlange où l'on voit encore un cadran solaire fait par lui, incrusté

dans l'appui d'une fenêtre et portant son anagramme , A et U entrelacés , avec une légende latine, difficile à déchiffrer.

&.*•». Catalogue de la Biblioth. de Luxembourg 864, 464. - nenefenemcnU recacillit.

USELDANGE, Robert ou Robin d', est un de ces seigneurs féodaux oubliés aujourd'hui mais dont la position était importante à l'époque où ils ont vécu. L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui à consacré les trois lignes que nous allons transcrire : « 1304. Robinus seu Robertos « de Unseldingen , ex Esch generatus, se- « neschallus Comitalus Luxemburgensis , « sepultus in Maria? vallc, cujus monasterii « fuudatioocm auxit. »

Ce passage, tel court qu'il est, nous offre une difficulté sérieuse qu'il ne nous est pas donné de résoudre : Nous y lisons en effet que Robin d'Useldange était ex Esch generatus. Ces mots signiQenl-ils simplement que ce personnage serait né dans cette localité ou au château de ce nom ; ou bien , ce qui nous parait plus vraisemblable , qu'il appartenait à la maison noble d'Esch ? Mais dans ce dernier cas

encore, comment serait-il devenu seigneur d'Useldaoge dont il aurait adopté le nom patrouymique, puisqu'il cette époque Useldange avait aussi sa famille seigneuriale dans laquelle nous trouvons encore en 1259 Nicolas d'Useldaoge qui donna sous le sceau de Henri II, comte de Luxembourg, sa dîme d'Encherange au monastère de Bonnevoie. Si donc noire Robert d'Useldange descendait de la famille d'Esc h il faudra bien l'admettre comme fils puîoé d'un autre Robert seigneur d'Escli , et d'irmengarde son épouse , lequel dernier ne parait plus dans les annales après 1265, tandis que son fds aîné , Joffroy se titrait en 1266 de seigneur d'Esch.

Dans ce cas ce personnage portait: de gueules , à cinq fasecs d'argent , qui est d'Esch ancien. Si au contraire il descendait des seigneurs d'Useldange il devait avoir : fascé d'argent et de gueules , de six ou de neuf pièces; et alors il aurait été fds de Nicolas, seigneur d'Useldange, dont il a été question plus haut.

Mais encore la di (Acuité est accrue par un passage de Pierret où il est dit que ce même Robert avait adopté pour armes celles d'Useldange que nous venons de blasonner, plus une bande d'azur, chargée de trois sautoirs abaissés d'or, brochant sur le tout. Cette addition d'armes a une signification, un motif ; et pour nous , nous l'attribuons à la substitution qui aurait été faite d'un cadet d'Esch dans la seigneurie d'Useldange , éteinte dans la personne de Nicolas d'Useldange. Telle est, à notre avis, l'interprétation que l'on d il proposer a défaut de renseignements plus

positifs, pour expliquer le passage des Viri illustres que nous commentons.

Quoiqu'il en soit, Robin ou Robert, seigneur d'Useldange a dû être un personnage très marquant puisque pendant sa longue carrière il est intervenu aux actes les plus importants concernant le Pays, et qu'il a été jugé digne par nos comtes d'occuper les fonctions de sénéchal du Luxembourg. Il avait épousé Aleyde ou Hadelioe de Mersch , vraisemblablement petite-Olle de Thierry, seigneur de Mersch (v. son art.) et fondateur du prieuré des dîmes dominicaines de Marientbal.

Comme ce dernier, Robert contribua à enrichir ce monastère dans lequel lui et sa femme trouvèrent leur sépulture et la courte mention qui suit dans son nécrolog^ : 6. Kal. Junij. obiit Hobinus de Useldingen. — 7. Kal. Junij Obiit Aleydis dna de Uscldingen; sans ultérieure indication d'année.

Robin d'Useldange , dont nous croyons inutile de rapporter les actes particuliers, parait depuis 1263 jusqu'en 1310 : il jura la promesse de nos comtes de garder les privilèges de Luxembourg, apposa son sceau à différents contrats de seigneurs à seigneurs , reprit ses terres des dynastessuzerains de Luxembourg, fut dénommé arbitre pour arranger les difficultés surgi es entre ces derniers et les comtes de Bar, se cautionna pour eux , etc. , etc.

Viri ill»*tr<«. III. N° 184. - Ruthoiit. — PiLiur, III. — y«\t» d'étoile*. - UnGiftcai-ta.

L'Ror.i»; v. DAUN, Urold de.

VALDERODE ou Vallerode, Jean de, dit aussi éTKckenstein, né a St. Vith, est mentionné comme suit par l'auteur du manuscrit des Viri illustres: «Joannes de «Valderode vitensis, appellatus ab Eck>

c stein, a Fernando II eutn nohilitante cui « uti et Fernando III consiliarius aulicus « iir;:ciialis et expeditor latinus référence dariusque in Cousilio Csesaris intimo. » Ce personnage, sur lequel nous n'avons

aucun renseignement ultérieur à noter est mort en 1652.

Vin illoitre», III, N* 3154. - Bimour, Vin, 180, s,.-P«»«T, I, fol. LXXVI.

VALDERODE , ou Vallerode et Waldtrode, Pierre de, est encore, comme le précédent, un de ces personnages luxembourgeois sur lequel nous ne possédons de donnée que la trop courte mention , sans date, que l'auteur du manuscrit des Viri illustres fait de lui : « Petrus Walderode, « vitensis, canonicus Ecclesia? Metropolita- «nas Cameraccnsis, archidiaconus. »

Les archives du Conseil provincial de Luxembourg renferment nne copie de Lettres-patentes du 25 avril 1736, qui confèrent à Jean-Henri Wallerode le grade de chevalier. S'agirait-il ici d'un parent de Pierre? et ce dernier était-il frère de Jean qui précède?

Viri illMtres, I, N° 115. — ftfç. aux commit- •ion*, 1107, p. 105, aux arckir^a du Cooicil pro- ▼iuciai de Luxembourg.

VALENTINY , Pierre-Jérôme , flls de Henri Valenliny, et de Barbe Kalbusch , est né à Holler, commune de Weiswampach, le 30 mars 1773.

Dès son enfance le jeune Valentiny témoigna une grande propension pour l'état ecclésiastique, et il s'y serait préparé déjà pendant sa jeunesse si ses parents y avaient consenti. Il avait, en effet, atteint sa dix-huitième année lorsqu'il parvint à persuader à son père de le laisser suivre la carrière pour laquelle il se sentait une vocation absolument décidée. Après avoir étudié pendant quelque temps chez le curé d'Ourth , il se rendit à St. Hubert où il acquit beaucoup d'habileté dans la langue latine. Entré au séminaire de Cologne il y obtint la prêtrise en 1796, cinq ans seulement après qu'il eut commencé ses études. Comme on était alors à l'époque de la persécution contre les prêtres qui refusaient de prêter le serment républicain , Valentiny crut prudent de ne point revenir dans son pays où déjà il avait été pour le môme motif exposé à des désagréments, et se

retira dans un village près de Cologne où il demeura cinq ans occupé à l'enseignement des enfants d'un fermier et à compléter pour lui-même ce que la rapidité ou le superficiel de ses propres études pouvait laisser à désirer. Après le concordat il retourna dans ses foyers et fut nommé vicaire à Basbellain, où il s'occupa en outre à instruire des jeunes gens pour les préparer à l'étude des humanités, parce que l'habitude qu'il avait prise de l'enseignement , de 17% à 1801 avait en quelque façon changé cette habitude en une passion. 11 était tranquillement occupé à remplir ses devoirs comme vicaire et à donner le reslc de son temps à ses élèves lorsque, ayant eu un différend avec son curé celui-ci l'accusa avec tant d'insistance que le pauvre vicaire finit par se trouver à la veille d'èlrc arrêté et voir instruire contre lui. Mais, averti à temps il s'esquiva vers le Rhin où il resta jusqu'après le décès de son persécuteur. Revenu dans sa patrie il reprit son vicariat et recommença ses cours qui étaient suivis avec avidité, à tel point qu'il avait quelquefois jusqu'à soixante auditeurs et plus, qui écoutaient ses leçons linguistiques, de Philosophie et de Théologie. Cette vie, foule d'action, il la continua jusqu'en 1822 où il fui nommé curé de la succursale de St. Joseph à Bastogne où quelques uns de ses élèves voulurent le suivre. Transféré en 1828 à la cure de son endroit natal il continua, et jusqu'à la fin de ses jours à occuper tous ses moments à remplir avec zèle, dignité et désintéressement ses devoirs pastoraux, ainsi qu'à former des jeunes gens pour recevoir les ordres. L'institution du collège philosophique de Louvain avait trouvé dans le curé Valenliny un adversaire décidé.

Il avait atteint sa 66* année lorsqu'il est mort, le 25 mai 1838, après avoir fait pour ainsi dire l'éducation entière de plus de quatre cents jeunes gens qui furent tous prêtres, et d'un grand nombre d'autres qui se sont fait une belle carrière dans le monde.

EUt civil. — Ekumc, Die Lu le m barge* GUa. beub.kenner, i«7, «fr

Valfroy, St.; v. WALFROY, St.

VAN DE R NÔOT, Jean-Théodore, appartenait à rancienne famille de ce nom, connue dès Tannée 1339 dans la personne d'Ingelbert qui avait épousé Marie Vele et habitait Bruxelles. Vander Nôot blasonne : d'or à la coquille de sable ; heaume doublé de gueules et liséré d'or; cimier: un buste de carnation habillé d'or. Ingelbert Vander Nôot laissa deux Ois , Wauthier, écuyer et échevin de Bruxelles en 1360, ainsi que Gerelin qui vivait encore en 1387. Wauthier Vander Nôot retint les armes franches de son nom et Gerelin comme cadet y ajouta pour brisure une étoile d'or à six raies placée au centre de la coquille. Cette famille, dont la branche aînée fut titrée de Baron de Carloo , etc., continua à résider en Brabant jusqu'à ce qu'un cadet à la onzième génération vint s'établir dans le Luxembourg, à Ettelbruck d'abord, où elle florissait vers le milieu du dix-septième siècle dans la personne de Henri Vander Nôot, époux de Catherine Pâris, laquelle portait: d'argent à trois merlettes de sable, posées par 2. 1.

Jean-Théodore Vander Nôot est né à Luxembourg, le 6 août 1769, fils de Nicolas Vander Nôot, directeur des fournitures pour l'entretien des fortifications, et de Madelaine Hermann.

Après avoir fait avec distinction ses études préliminaires dans sa ville natale il alla les continuer h l'université de Louvain où il eut l'honneur de passer primus en philosophie. Il obtint les ordres sacrés à Trêves. De retour dans ses foyers il n'accepta d'abord aucun bénéfice et vivait ainsi tranquille, lorsque la conquête du pays par les républicains français vint amener la proscription des cultes autres que celui de la Déesse Raison, figurée tout le monde sait comment. Vander Nôot ayant résolument refusé de prêter le serment prétendu civique , fut déclaré hors de la loi et conséquemment décrété de déporta-

tion. Afin d'échapper aux recherches des sbires il se tenait caché chez ses parents lorsque pendant la nuit du trois ou quatre novembre 1797 les agents du pouvoir exécutif se présentèrent dans la maison où il se trouvait couché. Son frère Jean- Baptiste, qui fut plus tard chirurgien, s'y trouvait également et dans la même chambre. Dans leur précipitation pour s'emparer d'une proie qu'ils croyaient assurée, les gendarmes se saisirent de ce dernier, le confondant avec le prêtre , et le menèrent à la grand'garde pendant que le véritable condamné, qui s'était pendant cette visite inopportune tenu tranquillement blotti dans son lit, saisissant l'occasion propice après leur départ, prenait la fuite, se sauvant à Trêves où il demeura une année entière, au bout de laquelle il revint travesti passer, caché dans la maison paternelle, le reste du temps de la persécution, c'est-à-dire jusqu'au 28 nivôse an VIII, 18 janvier 1800, où il fut déclaré absous de la peine de la déportation.

Après la conclusion du concordat du 18 avril 1802, Jean -Théodore Vander Nôot obtint la cure ditzig, dont l'église avait un autel très simple mais proportionné à l'étendne de l'édifice qui luimême est assez petit. Le nouveau curé crut bien faire en achetant vers 1808 celui que le général Jean Baron de Beck (v.

son art. pour la description de cet autel) avait fait placer dans le temple des récollets de Luxembourg: l'autel en question est assez bien fait, et il a certes de la valeur sous le rapport historique ; mais cette masse est déplacée dans la mignonne église d'Itzig. Il y ajouta également des confessionnaux provenant de la même église des récollets.

Pendant son séjour à Itzig , le curé Vander Nôot sut s'acquérir la confiance de ses supérieurs qui le nommèrent définiteur , et se conquérir l'amour de tous ses paroissiens sans distinction , au point que , lorsqu'en 1 823 il fut promu à la cure primaire de Bettembourg plusieurs femmes vinrent en pleurs avec leurs nour-

rissons sur les bras, le trouver an presbytère pour le conjurer de rester au milieu d'elles, ajoutant « qu'elles auraient préféré « ne pas devenir mères plutôt que de voir «leur respectable curé les quitter». A Bettemboarg comme à Itzig Vander Nôot sut laisser un précieux souvenir de bonté, de charité , mais surtout de ses efforts à maintenir la pureté dans les mœurs et à catéchiser la jeunesse.

Tant de qualités et tant de vertus flrent jeter les yeux sur lui pour remplacer le digne et vénérable pasteur de Neunheuser (v. son art.) que la cure primaire de St. Pierre à Luxembourg avait eu le malheur de perdre le 26 juillet 1831; et il fut nommé à ce poste éminent, le plus important alors du pays. Il prit possession de cette église en 1832.

Comme depuis les événements politiques de 1830 la ville de Luxembourg se trouvait placée comme une espèce d'oasis au milieu des autres communes du pays dans lesquelles la révolution avait importé le gouvernement belge, tandis que la capitale seule était restée soumise au sceptre du roi des Pays-Bas, ce dernier entama des négociations avec la Cour de Rome à l'effet de distraire cette ville de la jurisdiction spirituelle de l'évêché de Namur dont les . populations s'étaient insurgées. Ces démarches eurent pour résultat de faire nommer en 1833 le curé J.-Th. Vander Nôot vicaire apostolique pour la ville de Luxembourg, et l'année suivante il administra en cette qualité et avec l'agrément du Souverain-Pontife le sacrement de la confirmation à la jeunesse de la ville.

Lorsque la Maison de Nassau-Orange eut repris possession du territoire dit cédé, qui constitue le Grand-Duché actuel, le Pape Grégoire XVI fit expédier sous la date du 2 juin 1840 un bref qui fut agréé par le roi des Pays-Bas le 13 juillet suivant, et par lequel les pouvoirs du vicaire apostolique de la capitale furent étendus sur le pays entier. Vander Nôot publia a cette occasion , sous la date du 30 décembre de la même année, une lettrt

circulaire au clergé, et le 8 janvier suivant une autre au peuple pour annoncer son avènement à cette nouvelle dignité. Ces lettres furent suivies du mandement pour le carême de 1841 (15 février); d'une circulaire contenant interprétation de quelques cat qui avaient paru douteux et sur l'organisation d'un séminaire clérical pour le Grand-Duché (25 mars 1841); d'un mandement ordonnant des prières publiques pour les fruits de la terre (5 août) ; de l'annonce de la nomination d'un professeur de philosophie pour le séminaire et pour l'athénée (10 octobre) ; d'une circulaire ordonnant de chanter tous les ans le Te Deum au jour anniversaire de la naissance du Souverain (28 novembre) ; de lettres pastorales accordant aux habitants du Grand-Duché dispense pour faire gras les samedis de toute l'année, excepté ceux dts quatre-temps , du carême et des vigiles (17 janvier 1842); du mandement de carême pour 1842 dans lequel il engageait les fidèles à aider à créer un convictoire pour les jeunes gens qui se destinent au sacerdoce (26 janvier) ; et finalement de ses adieux comme vicaire apostolique , adressés au clergé et au peuple luxembourgeois , en date du 20 février de la même année.

Ces neuf actes , remplis d'une véritable onction apostolique, font vivement regretter qu'à cause de son âge avancé et de ses infirmités Jean-Théodore Vander Nôot n'ait pas pu continuer à diriger le clergé luxembourgeois, qu'il connaissait si bien de même qu'il savait apprécier la religiosité des habitants en général qui ont su se conserver sans tache la réputation d'être avec sincérité et conviction attachés à la foi catholique que leurs pères leur ont léguée. Hais si les pastorales que nous venons d'énumérer se distinguent entre beaucoup d'autres écrits du même genre par leur style simple et naïf autant que par la profondeur des pensées, les monita ad clerum que te vénérable vicaire apostolique a fait insérer à la suite du Directoire pour 1842, révèlent mieux encore ses talents et sa

science comme ses vertus , par leur netteté ainsi que par la pureté d'intention qui les a dictés. Ces monita , qui comprennent quinze pages in-8° et portent la date du 8 décembre 1841 , sont en effet remarquables et rédigés dans une forme absolument classique , donnant dans uu résumé clair et précis les principales règles suivant lesquelles le pasteur d'âmes a à diriger sa conduite pour marcher suivant le prescrit des canons et pour se rendre en même temps cher à ses paroissiens.

Nous venons de dire que le 20 février 1842 il présenta ses adieux au clergé et au peuple; il venait en effet, sur sa demande plusieurs fois réitérée, d'être remplacé en qualité de vicaire apostolique, ayant manifesté à cause de sa caducité, le désir d'être admis à passer le reste de ses jours en retraite et libre de tout soin pastoral.

Sa Majesté Guillaume II , qui estimait inGnimcnt Vander Nôot à cause de ses émincnles qualités, lui avait conféré l'Ordre du Lion néerlandais, celui de la Couronne de chêne, qui est particulièrement destiné à récompenser le mérite des luxembourgeois n'étant pas encore crée alors.

Admis à la pension après qu'il eut déposé la dignité de vicaire apostolique il ne lui fut pas donné de jouir longtemps du repos qu'il avait tant désiré ; il mourut dès l'année suivante, le 19 avril 1843, à l'âge de soixante-quatorze ans.

Vander Nôot était un homme simple et bon , chez lequel on ne remarqua jamais rien d'astucieux ; ce qui engagea son panégyriste à le représenter comme un modèle des huit béatitudes célestes dont le Sauveur parle dans l'évangile. Nous n'aurions rien à objecter à la comparaison si l'on ne pouvait peut-être y découvrir une je ne sais quelle idée de mépris ou de ridicule peu charitablement déversé sur la tête d'un vieillard qui avait blanchi dans l'exercice des fonctions pastorales, l'étude, la méditation, la pratique des vertus chrétiennes et la prière.

Son portrait est conservé au vicariat apostolique, à Luxembourg.

Ses différent* mandement», ete. — Souvenirs personnel*. -Note* fournies par M' l'abbé Eiclixg, d'aprèt «les renseignement» de Mr P. C. tVùrth. — Directoire pour Tannée 1842.— Généalogie de la famille Vander Noot, authentiquée le 33 août 17i>tt par F.-/. Mostines, Roi et Héraut d'armes, à Bruxelles.

VAN DER STRATEN, Charles-François-Joseph, comte, est né le 3 octobre 1734, pair du comté de Rochefort, seigneur de Waillet , du Mont , Fresnoy, Cerfontaine et de Ponthoz.

Ch.-Fr.-Jos. Van der Straten entra au service de l'impératrice Marie-Thérèse en 1749 , dans le régiment du comte de Pueblaj il vint en 1756 rejoindre en Bohème l'armée du maréchal comte Léopold de Daun (v. son art.) qui s'opposait aux envahissements de Frédéric-le-grand, roi de Prusse. A la bataille de Collin , le 18 juin 1757 il fut avec ses troupes au plus fort de la mêlée et partagea les dangers qui justiGèrent la belle renommée que les Belges s'étaient acquise au service d'Autriche ; le 22 juillet il fut détaché au siège de Zittau et le lendemain il se distingua au bombardement de la place. Après les brillants succès de l'armée autrichienne , mentionnés avec les plus petits détails dans son journal , Charles Van der Straten partit pour le siège de Scbweidnitz , une des places les plus importantes de la Silésie. Nous nous croyons en devoir de copier ici un passage des mémoires que nous venons de citer, c'est le rapport des opérations du siège au comte de Ferraris, le 30 octobre et fin de novembre 1757:

«Le 19 octobre le comte de Nadas- « dy donna l'ordre de s'approcher de la « place ; le 20 la première colonne , forte «de quinze bataillons, se mit en route « pour le siège ; le 21 je suis parti avec « la seconde colonne , composée de bâte taillons des régiments de Puebla , de «Molk, de Thurheim, de Hildbonrg- « hausen , de Kolowrat , de Harrach , de

« Browa , de Merey , de Durlacb , de «Wolffenbuttel, de Wit et d'Estcrhazy. «Vous avez appris par M. de Montigny «que c'est pendant la nait du 26 au 27 « que nos troupes ont ouvert la tranchée ; « un chemin creux à la sortie de Schœn- «brunn où se trouvait le quartier-général « du duc d'Aremberg nous a tenu lieu «de première parallèle; on s'approcha « par huit zigzags jusqu'environ cent toises «du chemin couvert où le général or- « donna d'ouvrir la seconde parallèle et « d'établir une batterie pour affaiblir le «feu de l'ennemi qui tirait nuit et jour «sur nos travailleurs.

« Le 29 à midi Stolberg a relevé la «tranchée avec six bataillons, mais aucun «ordre ne fut laissé en cas d'attaque; « le capitaine Kolowrat resta seul avec nous «lorsque l'ennemi fit une sortie et nous «attaqua vigoureusement. Malgré le désordre que cette attaque mit parmi «nos travailleurs nos bataillons reprirent «bientôt leur place dans la tranchée.

« L'ennemi envoya , dit-on, un parle- «mentaire à Nadasdy pour lui deman- «der de capituler; mais les conditions « ayant été repoussées le feu recommen- «ça avec une nouvelle vigueur. Pendant «la nuit du 10 au 11 novembre l'ordre «de l'assaut ayant été donné on appli- «qua les échelles aux murailles de la « forteresse et notre bataillon qui était de «tranchée monta à l'assaut. Le feu de « l'ennemi cessa une demie-heure après et «moi je tombai des échelles dans la « descente qui conduisait a une poterne. « Deux soldats du régiment de Wurtcm- « berg qui s'y étaient réfugiés pendant « que le feu de la place rendait la nuit « aussi belle que le jour me secoururent «et me transportèrent hors de celle re- « traite , mais ils n'empêchèrent pas que «j'eusse la jambe cassée. Quelques heures « plus tard le gouverneur prussien capi- «tula et nos troupes entrèrent le 12 no- « vembre dans Schw eidnitz. »

Après la reddition de cette place et la défaite des Autrichiens à la bataille

de Lissa , Charles Van der Straten suivit l'armée dans sa retraite en Bohême et fut transporté à Neuhaus où il arriva au commencement de 1758. Hors d'état de faire la campagne suivante il obtint sa démission du service avec les témoignages les plus honorables de la chancellerie de la guerre, qui lui furent transmis le 2 mai de la même année par le comte Xavier de Harrach , lieutenanl-colonel du régiment de Puebla.

Charles Van der Straten fut admis au siège des nobles des Pays-Duché de Luxembourg et comté de Chioy.

II épousa le 13 août 1763 sa cousine germaine Marie-Louise-Elisabeth d'Everlange de Witry, famille luxembourgeoise , fdle d'Ernest-Guillaume , baron d'Everlaoge , et de Marie-Anne de Brialmont. Cette dame étant morte le 9 mars 1777, Charles Van der Straten épousa en secondes noces , lo 19 février 1780, Marie-Cécile-Agnès de Maulde , dame héritière des Seigneuries de Cerfontaine , La Deuze et Le Cornet, fille de Jean- Baptiste de Maulde, seigneur de La Deuze , Bois-Sauvage , La Tour ; et de Thérùse-Alexandrine de Haynin.

A son second mariage Charles Van der Straten s'établit au château de Cerfontaine , en France , et fut , par lettres-patentes du roi Louis XVI, en date du 13 octobre 1788 avec le litre de comte admis à l'ordre de la noblesse du Hainaut français. Il assista aux assemblées générales des États en 1788 et 1789 , à titre de seigneur de Cerfontaine , située sous le bailliage de Maubeuge.

Le comte Van der Straten fut appelé à prendre part aux délibérations des États de l'ordre de la noblesse du Haiuaul français sur les questions les plus brûlantes qui préoccupaient la France à celle époque mémorable. Quelquefois son découragement était profond; puis daos son dévouement chevaleresque pour la royauté il espérait encore que l'orage pût être détourné si le monarque, mesurant son courage au danger du pays,

mettait hardiment la main aux sages réformes réclamées par d'impérieuses circonstances.

Les plaintes du comte Van der Straten aux Etats dn Hainaut font connaître parfaitement Tétendue des réformes qu'il croyait nécessaires. 11 repoussait également les innovations des philosophes et celles des encyclopédistes comme devant dévorer la monarchie et rompre le lien religieux , la base de l'unité catholique; toutes ses sympathies étaient acquises aux économistes et au système financier et commercial de l'Angleterre. Il défen- * dit avec talent les plans de réforme de Calonne contre la résistance du clergé et d'une partie de la noblesse ; il prétendait que dès le moment où l'ordre serait rétabli dans les finances , le clergé rappelé aux devoirs de sa haute mission et la dilapidation arrêtée parmi les grands de la cour , les véritables maux de la France seraient détruits sans qu'il devînt nécessaire de modifier les institutions fondamentales de la monarchie.

Donnant l'exemple du plus noble désintéressement, le comte Van der Straten disait aux Étals: « Loin de nous de raécon- « naître les dangers de la France et de « nous renfermer dans nos antiques préro- « gatives décorées du nom de privilèges ; «loin de nous un orgueil dont peut-être « nous avons été trop longtemps enivrés. « La distinction à laquelle la noblesse du « Hainaot doit être fière d'aspirer est «celle de seconder les vues du roi eu « allégeant à la classe la moins fortunée le «pesant fardeau des charges publiques.

« Il ne doit y avoir en France que deux «impôts, le réel et le personnel; plus « de vingtième et même , s'il est possible, «plos de commis aux frontières; liberté « civile et individuelle ; remboursement « des fermiers-généraux et de toutes les « charges vénales qui , pour le bien d'un «petit nombre et le malheur de tous ron- «gent sourdement tous les principes de «vie et la puissance d'un état. Pour toute « distinction en matière d'impôts , la no-

« blesse du Hainaut ne demande qu'a « être imposée ou capitée par ses pairs , « les trois ordres du Hainaut , et non «par les majeurs et les écfaevins, ni en « proportion du produit des terres mais «bien selon le rang, la qualité et les «emplois plus ou moins brillants; dans «ce système, le duc, le marquis, le « comte , le baron payeront plus que le «simple gentilhomme, le seigneur de « paroisse plus que le simple fieffé. C'est «le moyen d'imposer le luxe et la vanité, « et d'acquitter les dettes de l'Etat. »

Mais si d'un côté le comte Van der Straten engageait avec chaleur son ordre et celui du clergé à concéder l'impôt ; si pour calmer des exigences du moment il reconnaissait qu'il était juste que le tiersétat pût parvenir librement aux dignités, aux charges et aux emplois dans le militaire , l'église et la robe , bientôt le gentilhomme reparaissait jaloux de défendre les prérogatives de ses pairs, les droits seigneuriaux , corvée , main-morte , « pro- « priété légitime de la noblesse, disait-il, « à laquelle on ne peut toucher sans injus- « tice , parce qu'elle est fondée dans son « origine sur un contrat réciproque et sur une «possession constante et immémoriale.»

« On entend partout réclamer la liberté « de la presse , ajoutait-il , liberté fatale ! « autant vaudrait demander la faculté de « vendre publiquement sans contrôle les « poisons les plus subtils. Au nom de la «religion et de la morale publique, bien «loin d'accueillir cette demande, je supv plie, je conjure Sa Majesté de restreindre «encore une liberté aussi pernicieuse au « bien du pays ; si par malheur elle de- « venait le vœu général de la France, que « du moins S. M. exhorte plus que jamais « les évêques à veiller sérieusement sur ces « publications dangereuses. Je sais que la « plupart de ceux qui réclament cette con- « cession le font dans de bonnes vues ; « ils croient que les honneurs de la périt sécution ne font qu'augmenter la célébrité « des auteurs et de leurs productions au « lieu que sans cette prohibition elle tom-

« berait d'elle-même ; mais c'est une illu- «sioa qui ne peut dissiper mes craintes. « Afin que les dignitaires du haut clergé «puissent plus heureusement que par le « passé s'adonner à leur mission , le roi « daignera exiger d'eux qu'ils résident dans a leurs diocèses; de là naitra pour l'état a un double avantage , l'un de mettre les « ministres de la religion plus près de leurs « administrés , l'autre , de ramener l'ordre « et de prévenir que le traitement du haut « clergé n'aille s'engouffrer dans la capitale «au bénéfice de la corruption. Ce n'est «rien faire que de régénérer un grand «royaume sur l'objet de ses finances si «l'on ne cherche pas à le régénérer au « moral. »

Ce système de réformes était celui d'un honnête homme qui croyait que les maux de la France tenaient à des causes accidentelles et faciles à réparer. Van der Straten pensait aussi que si la noblesse et le clergé abandonnaient une partie de leurs privilèges pécuniaires au lieu de révolter le tiers-état par leur hauteur, le reste de leurs immunités aurait été maintenu et la tranquillité rendue à la France; mais c'était une erreur d'une âme généreuse ! Toujours sous l'empire des souvenirs de l'Allemagne, toujours dévoué à son ordre autant qu'au trône, il ne comprenait pas alors que cette fièvre de nouveauté s'était emparée du cœur de la nation ; le temps et la force des choses avaient opéré une révolution morale incompatible avec la féodalité; chacun marchait en France vers la dissolution du lien social et nulle puissance humaine ne pouvait plus le retenir.

Ayant pris une grande part aux délibérations des Etats et exercé de l'influence sur la rédaction des procès-verbaux, Van der Straten fut élu avec le prince de Lamarck-d'Arenberg, seigneur de Morlagne pour se rendre à Paris aux Etats-généraux et y représenter la noblesse du Hainaut; mais il déclina cet honneur et fut remplacé par le Comte de Sainte-Aldegonde.

Le comte Charles-François-Joseph Van

der Straten est mort au château de Cerfontaine, le 13 juillet 1791. Sa femme quitta bientôt après ses terres en France pour aller chercher en Allemagne la sécurité que les persécutions révolutionnaires enlevaient aux familles de la noblesse française ; elle se tint en Hollande et en Westphalic jusqu'au moment où les décrets de la République la rayèrent de la liste des émigrés et lui permirent de rentrer aux Pays-Bas. Elle est morte au château de Waillet, le 19 février 1800.

Note* extraites Jet archive* de famille. — Biographie tréoirale «le* Belge*. 187.

VAN DER STRATEN, Louis-Marie- Joseph , Baron , chevalier , seigneur de Bodange dans le Luxembourg belge, était fils de Charles-François-Joseph Van der Straten dont l'article précède et de Marie- Elisabeth d'Everlange de Wilry. Il est né à Ponthoz, le 29 septembre 1770, fut reçu le 13 août 1773 chevalier de Justice de l'ordre de Malte pour la vénérable Langue de France, admis par le grandmaître de l'Ordre, François-Ximenès de Texada , en vertu du bref de minorité du pape Clément XIV, du 3 août 1773.

Au mois de mai 1781 Louis-Marie- Joseph Baron Van der Straten fut reçu page des archiducs Albert de Saxe-Teschen et Marie-Christine d'Autriche , gouverneurs-généraux des Pays-Bas. En 1788, ayant quitté la cour de Bruxelles pour entrer au régiment des gardes wallonnes au service d'Espagne, il fut reçu en mai 1789 au régiment de Barcclonne. L'année suivante il se rendit à Malte et fit les caravannes de cette année sur la galère le Capitaine, commandée par le général de La Tour du Pin. De retour en Espagne pour rejoindre son régiment des gardes wallonnes, il fit les campagnes de Roussillon et de Catalogne de 1793 et 1794, contre les généraux de la République française; passa en 1795 à l'armée de Navarre; se rendit en 1797, après la paix de Bàle à Madrid où il sollicita et obtint sa retraite

de Capitaine et revint aux Pays-Bas. Il est mort à Etallc, dans la province de Luxembourg, le 8 juin 1842.

Biograpnie Générale de» Belge*. 187. — ArcbÎTei Je la fanille Van der gtraleo.

VANGLER , ou Wangler, Jean, né dans les environs de Thionville, est rappelé comme suit par l'auteur du manuscrit des

Viri Illustres : « 1631 Vangler, nalus

'» in pago propre Théonisvillam , filius fa- <*bri rotarti , e milite gregario factus Tri- » bunus legionis pcdcslris sub Tillio «pro Ferdinando II, et tandem pne- * feclus supremus vigiliaruro , politus ali- « quot Dominiis in Bohemia duxil Cin- « cendorlianam , primus aperuit Divo Fcr- « dioando II proditionem fricdlandicam.»

Jean Vangler , dit-on , est mort en

Viri Uluitre», II, N° 16». — Paquet, 04. - PicaaftT, I, fol. LXXVII. — MauuscriU Ctoac*. — Bwtdoiet, VIII, 107.

VANNERUS, François-Julien, fils de Simon Vanneras, notaire, et d'Anne- Marie Juttel , est né à Diekirch , le 22 février 1779.

Il fut d'abord reçu arpenteur-géomètre , fonctions qu'il remplit pendant quelques années et jusqu'en 1805 où il obtint une nomination en qualité de notaire , avec les protocoles de dix-huit devanciers. L'année suivante il épousa dame Marie-Thérèse Lamborelle , de Bastogne , qui le laissa veuf en 1823 ; et trois ans plus tard il convola en secondes noces avec une parente de sa première femme , dame Ernestine Siville.

Nommé Bourgmestre de Diekirch en 1825, François- Julien Vannerus conserva cette magistrature municipale jusqu'après les événements de 1 830 , où il la résigna par attachement à la Maison de Nassau. Pendant celte administration de six ans il sut exercer une haute et salutaire influence sur les habitants en les portant à faire sortir leur ville de l'ancienne ornière de ces constructions incommodes et sans goût dont elle se composait jusque-

là : il donna l'essor, et bientôt son exemple et ses exhortations ayant été écoulés et suivis, on vit Diekirch se transformer pour ainsi dire en entier pour devenir celte petite ville riante, à édifices dégagés, commodes et salubres, tel qu'on se plait à l'admirer de nos jours.

A la reprise de possession du territoire dit cédé , ou du Grand-Duché de Luxembourg avec ses limites actuelles , en 1839, Vannerus fut nommé provisoirement commissaire du district de Diekirch , et conserva ces fonctions importantes jusqu'à la fin de 1843, ou il fut obligé de les résigner parce qu'elles venaient d'être déclarées incompatibles avec le notariat qu'il voulait conserver.

Pendant les dernières années de sa vie il fut appelé à présider la Chambre des notaires de son arrondissement, honneur qu'il conserva jusqu'à son décès , arrivé le 14 août 1850.

Vannerus a toujours nourri un goût très prononcé pour l'archéologie et l'histoire de la patrie ; aussi avait-il formé des collections nombreuses de médailles , cachets anciens, armes , vases, tableaux, Chartres, manuscrits, etc. ; mais on a lieu de regretter chez lui que ses études préliminaires n'eussent pas été plus solides : on lui reprochera toujours un peu de manque de goût et de critique et on lui a reconnu en mainte circonstance un jugement un peu léger, provenant non du défaut de bonne foi , mais de celui d'une critique assez sévère et assez posée. Chez lui l'imagination a souvent remplacé ce que le raisonnement aurait dû disséquer au préalable. Vannerus avait le cœur excellent; mais il fut souvent trop facile à admettre pour absolument vrai ce que ses correspondants lui présentaient sous la forme de doutes plus ou moins fondés. Sous le rapport littéraire , on lui a reproché aussi d'avoir été excessivement expansif pour ses amis ou ceux qu'il regardait comme tels, tandis qu'il aurait été rétif jusqu'à l'injustice à l'égard de quiconque avait eu le malheur de le désobliger en n'admettant

pas comme positivement vrai ce qnc lai croyait tel. En maintes occasions enQn il s'est approprié indirectement les œuvres d'autrui. C'est ainsi entr'aatres qu'il a publié dans le Diekircher Wochenblatt des notices sur Wiltz, sur Bourscheid , etc., qui avaient été écrites par d'autres. Il a aussi fait imprimer des notes détachées sur la Généalogie des anciens seigneurs de Vianden , que feu le notaire André , alors Bourgmestre de cette ville lui avait adressées administrativemcnt et qu'il n'avait pas destinées à une publication quelconque.

Quoiqu'il en soit, l'Histoire du Luxembourg est redevable à Vanneras de lui avoir conservé un assez grand nombre de pièces intéressantes; et la notice qu'il a publiée en 1837 sur la ville de Diekircb, sous le titre de : Historiseh-Oekonomische taie auch industrielle Handelsstatistick der Stadt Diekireh; brochure in -8°, de 15 pages; J.-A. Scbrœll à Diekireh, mérite d'être lue, avec quelque circonspection cependant, car l'auteur y pèche en plusieurs endroits par bonhomie.

La Notice sur Vianden , qu'il a fait imprimer en français dans le Journal le Courrier du Grand-Duché, ensuite en allemand dans le Waechter an der Sauer, renferme de même d'excellentes notions, mais qui n'ont jamais eu le mérite de la nouveauté par les recherches personnelles de l'auteur.

Nous connaissons en outre de lui quelques notes sur les seigneurs de Beaufort, d'Esch-sur-la-Sûre , de Brandenbourg, etc., extraites des archives de ces familles dont il était le dépositaire. Ces opuscules sont précieux comme nomenclatures. Finalement, Vanneras avait composé une Chronique contemporaine pour Diekircb, et qui n'a pas vu le jour ; elle le mériterait cependant après qu'elle aurait été retouchée avec les ciseaux d'une critique impartiale.

Quant à ses articles de journal: sur l'instruction publique, sur un établissement de maternité pour le Grand-Duché, sur les fondations de bourses d'études, etc., nous ne saurions trop engager sa famille à les

réunir de nouveau pour en former un petit volume ; car les vues que ces articles renferment conservent leur actualité et leur application aux temps présents comme ils les avaient lorsqu'ils ont été écrits; la Chronique de Diekireh pourrait y être jointe si elle était convenablement revue.

Note* cvmraamiquée* . — 8oaveQiri coatcMpomn» et personnels.

VAULX, Charles de, issu d'une ancienne famille noble de Belgique , est né en 1776, à Neufchàteau, chef-lieu d'arrondissement dans le Luxembourg belge.

Entré en 1790 comme volontaire dans le corps des chasseurs Leloup il fit la campagne de cette année contre les belges révoltés. En 1793—1796 il se trouvait en qualité de cadet dans le régiment de Chevaux-légers du prince Windiscbgrxtz où il reçut trois blessures. En 1799 il défendit pendant 9 jours Heidelberg avec soixante hommes de cavalerie contre des forces décuples ; et peu de temps après il se distingua tellement avec les siens pendant une escarmouche près de Rannstadt qu'il fit prisonniers quatorze officiers et soixante soldats : cet exploit fut récompensé a l'égard de ses soldats par cinq médailles pour bravoure. Près de Ilohenlinden de Vaulx reçut plusieurs coups de sabre.

Après la défaite près d'Ulm , en 1805, de Vaulx, qui était alors adjudant, conduisit l'avant -garde de quatre escadrons qui se forcèrent un passage à travers l'armée victorieuse, et contribua le plus à leur salut. Pendant la campagne de 1 809 il fut désigné le 20 avril pour commander l'arrière-garde du quatrième corps d'armée, et mérita que l'ordre du jour général portât la relation des difficultés qu'il éprouva ainsi que de la prudence qu'il mit à défendre avec son corps seul un village attaqué par de la cavalerie et ce jusqu'à l'arrivée des colonnes du troisième corps d'armée : Pour cet exploit l'escadron de Vaulx obtint une médaille de bravoure en or et une en argent.

Pendant la retraite après la bataille de Wagram sa conduite ferme et résolue sauva plusieurs canons et quelques divisions d'infanterie.

Le 28 août 1813 de Vaulx reçut du général-major , comte Hardegg l'ordre de former l'arrière-garde avec sa division et un détachement de chasseurs à la retraite de Dresde. Pendant cette marche il sut par une bonne disposition de ses troupes tenir l'ennemi à distance convenable près de Raeknilz et aider à la conservation du parc d'artillerie russe. Il parvint de même, par ses brusques attaques et sa courageuse persévérance sous un feu très meurtrier, à arrêter l'ennemi qui harcelait la queue des troupes alliées et les colonnes d'artillerie au passage des défdés de Klein-Pestilz, de Notnitz et de Bodcwitz, mettant ainsi pendant leur retraite les alliés et leur artillerie en état de s'éloigner sans être harcelés. Lorsque pendant cette retraite la brigade du général Hardegg atteignit Posscndorf où elle reçut l'ordre de rejoindre sa division, dite Moritz Liechtenstein, de Vaulx devait également avancer avec sa brigade. Pendant qu'il exécutait ce commandement il toucha près de Bodewitz sur un train de 8 à 10 canons autrichiens de douze, sans escorte, et qui se trouvait presque dans l'impossibilité d'avancer à cause de l'épuisement des chevaux. Comme l'ennemi n'en était éloigné que de quelques centaines de pas et que déjà douze escadrons de cavalerie s'étaient rois en marche pour l'attaquer la perte en eût été inévitable si de Vaulx n'avait pas regagné le bois qu'il venait de quitter , distribué les pièces à la lisière, placé ses deux escadrons en ordre de bataille , et , par une attaque aussi vigoureuse que pleine de résolution dispersé la cavalerie ennemie qui, irritée en même temps qu'embarrassée par ce mouvement subit de retour et la hardiesse de la conduite de celte poignée de soldats, marcha au combat avec des forces plus considérables et plusieurs pièces de canon. Mais de Vaulx sut tenir les assaillants, bien plus forts que lui en nombre, à distance pendant

plus d'une heure et jusqu'à ce que le train qu'il voulait sauver fut entièrement en sûreté, bien que son second aide de camp eût été grièvement blessé et beaucoup de ses soldats tués ou mis hors de combat. Lui-même eut un cheval tué sous lui. Alors seulement il se retira sur Possendorf pour rejoindre sa brigade, après avoir, par cet esploit qu'il avait accompli de son propre mouvement, facilité la conservation de l'artillerie d'une colonne prussienne, composée de plus de cinquante pièces arrivant par Rupken , et dont l'arrière-garde était chargée de rejoindre la brigade Hardegg.

Pendant la matinée du 10 octobre il fut commandé pour aller de Stœssen avec trois colonnes renforcer le colonel de Veyder (v. son art.) du 7* Bataillon de chasseurs, qui pendant la nuit précédente avait pris aux Français le village de Wctlau et par là coupé la route sur Weissenfels et Leipsic, après les avoir refoulés jusque sur les hauteurs de Naumbourg. A son arrivée près de Wetlau tout le corps du maréchal Augereau venait de se mettre en marche pour repousser le peu de troupes qui restaient à de Veyder. De Vaulx appuyait les chasseurs sur la route du côté de Stœssen pendant qu'une forte colonne ennemie s'était avancée sur le flanc droit vers Garbitz; ce qui força les deux compagnies de chasseurs postées à Wettau à quitter cet endroit pour se rapprocher de Garbitz qui formait un point de défense plus important. Au même moment de Vaulx remarqua un fort détachement de cavalerie ennemie qui débusquait vers le flanc avec l'intention de couper la retraite aux chasseurs, menaçait de rendre le point principal près de Stœssen très périlleux et avait déjà presqu'enveloppé les chasseurs dans la plaine vers Garbitz. Accourant aussitôt de son propre chef au secours des pelotons menacés, il leur aida partout où le terrain le permettait, attaqua enfin avec ses trois colonnes deux escadrons ennemis qui s'étaient le plus avancés , les sabra résolument et força l'ennemi, bien que supérieure en nombre, à battre en

retraite. Par cette conduite courageuse de Vaulx avait non seulement sauvé la division avec les restes de deux antres compagnies du 7* bataillon de chasseurs, mais encore aidé beaucoup à couvrir le flanc du corps autrichien posté près de Stoessen. Eu récompense de cet exploit il obtint en 1815 la croix de Marie-Thérèse qu'il avait si bien méritée, et en 1820 des lettres de baron , suivant le prescrit des statuts de cet ordre.

Après le passage du Rhin près de Bâle de Vaulx fut détaché avec cent-vingt chevaux pour observer le corps de trois mille Français placés sur le lac de Constance, et, si possible, s'emparer de Neuchàtel. Bien qu'il n'eût pas d'infanterie le brave Major remplit si bien sa commission que la prise de cette ville amena celle de dixhuit canons, trois mille fusils et une caisse militaire considérable. Ayant obtenu une compagnie de chasseurs pour renfort il s'ouvrit le passage du défilé vers Poutardier, prit cette ville et s'y fortifia pendant trois jours malgré la garnison de 600 hommes qui occupait le fort Joux situe à proximité et son éloignement de dix lieues de la brigade du général-major Schcither à laquelle il appartenait.

De Vaulx avait obtenu plusieurs décorations de souverains étrangers. En 1831 il passa colonel dans son régiment et mourut le 12 août 1837, à Radkersburg, en Styrie avec le titre et le rang de Commandant des chevaux-légers prince Windischgraelz, corps dans lequel il avait servi presque sans interruption pendant quarantequatre ans et avec la plus rare distinction.

IIiaTtxrctD, Der Milita^r-Maria Tucrrticn Ortlca, II, 1190 et 1748

VAULX, Remacle de, né h Bastogne, suivant Hartzbeim, à Luxembourg d'après D. Calmet qui ne lui consacre que sept mots de notice, était licencié eu théologie et professait en 1617 cette science au célèbre monastère de Floriunes. Il fut aussi chapelain de Ferdinand de Bavière, archevêque de Cologne, de même que chanoine de la collégiale de Fosses.

Le Père Remacle de Vaulx a composé les ouvrages dont nous allons transcrire les titres: 1°. R. P. Joannis Gonterii S. J. Presbyteri Slimuli efficaces ad peccatricem animam reducendam, in formant roeditationum redacti, quibus consilia prxmittuotur corum praxi pernecessaria ; nunc primùm lalinè e gallico editi studio R. O. Remacli ; Cologne, 1618. — 2°. Harpocrates divinus seu altissimum de fine mundi silentiura, quo falsa vaticinatio, annum 1666 esse mundo futurnm ultirnum redarguitur; Cologne, 1617. — 5°. Methodus Veroniana, sive brevis et perfacilis modus, quo quilibet Calholicus, ctiaui scholis thcologicts non exercitatus, potest solis Bibliis, sive ftenuensia illa sint, sive alia, et confessionc fidei rcligionis prxlcnsa? Ministrum evidrnter reddere mutorn. Authore R. P. Francisco Vcrono Parisiensi, S. J. Theologo, gallicè édita interprète R. D. Remaclo de Vaulx; Wesel , 1619.-4°.

R. P. Joanuis (ionterii S. J. Presbyteri tractatus de prœsentià Dei etc., nunc primùm latine e gallico editus : Cologne,

D. C»t»tT, Bibliothèque lorraine. — ILtaiiacia, Dibliollicca colonie»*» , 280, *q. — Nci*«x», Lca au team luxembotirtftoi», '21.

VAILDE, Gilles, est né en 1596, à Bavay , alors ville du Hainaut, lit ses premières études dans sa patrie et passa ensuite à Louvain où il fut proclamé primiu. En 1614 il obtint le degré de licencié en théologie à la même université et quelque temps après il fut nommé curé et chanoine de St. Ursmar à Binchc. En 1628 il devint archiprétre de son canton et président de l'assemblée synodale des pasteurs teuue dans la même ville.

Plus tard il succéda à Charles de Mansfelt (v. son art.) en qualité de doyen d'Yvois- Carignan et obtint en même temps un canouicat à Cambray. Il était aussi censeur de livres dans l'enclave de cet archevêché,, poste qu'il occupait encore en 1648. On ignore l'année et le lieu de son décès.

Gilles Vaulde a publié: 1°. La vie et les miracles de St. Ursmer ou Ursmar,

troisième abbé de Lobbes et évêque régionnaire, mort ea 713 ; et celle de sept autres saints du même monastère, avec la chronique de celte abbaye, rédigée par Folcuio; 1628, in-4". — S0. Harangue funèbre tenue aux obsèques de Madame Isabelle-Claire-Eugénie, infante d'Espagne, célébrées à Bincbe, en 1634 ; Mous, 1664, io-12.

D* la Haut, Annale* ci», et rel. d'Yfois-Carjg nan, 414. — Paqoot, Mémoires littéraire!, IV, 438.— Cutic*, Catalogue de 1» bibliothèque de Luienv bourg. 880.

VECERUS ou Vecerius , d'autres lisent Weber , Conrad, est né à Luxembourg et florissait du temps de Mameranus (t. cet art.). Ce personnage est généralement connu de nos jours sous le nom latinisé par lequel nous le désignons ; cependant son nom véritable semble avoir été Weber. Cette confusion qu'il a créée lui-même en suivant la mode de son époque sur les titres de ses œuvres , a fait faire, de lui deux personnages distincts par les auteurs qui ont parlé de lui; et il a bien fallu toute notre attention pour ne pas tomber dans la même erreur.

Conrad Weber, dans la vie commune et Vecerus ou Vecerius devant le monde savant , avait été d'abord greffier du Conseil provincial à Luxembourg , lorsque ses connaissances aussi étendues que multipliées le firent nommer secrétaire de l'empereur Charles-Quint: il avait un talent particulier pour écrire avec élégance , clarté et netteté. Il occupa ensuite et pendant quinze ans les mêmes fonctions auprès des Souverains-Pontifes et fut même admis à prononcer en 1523 l'oraison funèbre d'Adrien VI, en présence des Cardinaux.

Nous ne connaissons pas la date du décès de Conrad Weber , dit Vecerus , dont nous avons les ouvrages suivants:

1°. Historia de seditionibus Siciliae. — 2\ Historia de rebus gestis Uenrici VII , Iruperatoris; Hanau, 1531; Baie, 1541 et Francfort, 1584; in folio; dans l'é-

dition des écrivains d'Allemagne, publiée par Juste Reuter.— 5°. L'Oraison funèbre du pape Adrien VI ; Cologne , in-4».

WllMLMU* A WlLTBCIW, DisqaUitionet autiquariK luxemburgensi» , II, c. VI, § 5. — Pisasrr , I, fol. LXXVI -D Céum, Bibliotièqu* lorraine. - Neuhamn, Le* auteur* lasemboMigecas , 13.

VENTSCH, Dominique , ne nous est connu que par la notice que le manuscrit des Viri illustres nous a laissée sur lui: «1644. Dominicus Ventsch , Luxem- «burgensis, Ordinis suncti Francisci de « observantia , ob eximiam vite religio- «sœ integritatem et exemplares virtutes «Virginum Sancte Clara: pro Gallo-Bel- « gium Commissarius et Visitalor per ance nos 40, auxit istarum monasterium In- «sulense multis œdificiis ; mortuus Monti- « bus Hanoniae. »

Il existe encore à Luxembourg des Ventsch qui signent aujourd'hui Wuensch.

Dominique Wentsch qui nous occupe ici aurait-il appartenu à cette famille? La chose est possible.

Viri illustra, I, N* 78.

WENTSCH, Hubert, neveu du précédent et comme lui originaire de Luxembourg , est rappelé comme suit dans le manuscrit des Viri illustres : « 1654.

« Hubertus Ventsch , Luxemburgensis , « prioris Oominici ex fratre nepos , itemce que ordinis S" Francisci et monasterii « in Sirck conditor. »

La fondation du couvent des récollets de Sierck dont il est ici parlé , date de l'année 1627. Ce couvent sert aujourd'hui pour le collège ecclésiastique qui y a été installé en 1826.

Viri illuitres, I, N° 88-Vaaaowuaa, Statistique historique du Département de la Moselle , 480. — Faaacm, Précis statistique et historique de la tille de Sierak, an 16 septembre 1834} manuscrit dont non» posiédoas une copie.

VERDUGO , François de, est né a Talavera dans la Vieille-Castille , vers l'année 1531, de parents peu riches mais d'extraction noble et portant le titre de comtes. Dès l'âge de dix-neuf ans il

entra à l'armée , décidé à tenter la fortune dans cette carrière. D'abord simple soldat, sa bravoure le flt monter de grade en grade jusqu'au géaéralat, et son mérite personnel le fit parvenir aux premiers honneurs. Son corps d'armée se trouvait presque constamment dans les Pays-Bas. Dans la suite il devint gouverneur de Harlem et Amiral, après que le comte Bossut eut été fait prisonnier ; raestre-de-camp de l'armée espagnole et général en chef sous le Prince Farnèse lorsque ce dernier marcha contre la France; enûn gouverneur-général de la Frise, de l'Over-Yssel , de Drente , de Truente et de Lingen , pendant quatorze ans. Il s'illustra en outre particulièrement dans plusieurs combats , surtout dans le Luxembourg , et défendit avec succès la ville de ce nom de même que la province contre les incursions des Français qu'il chassa d'Yvois , de La Ferté et de Chauveney.

Cet intrépide guerrier est mort le 20 septembre 1595 , à l'âge de 64 ans, et fut inhumé dans l'église du monastère dit aujourd'hui le vieux Saint-Esprit, où son fils, Guillaume de Verdugo (v. son art.) lui fit ériger un monument en marbre sur lequel on lisait l'épilaphe suivante qui présente un abrégé de sa biographie :

Dbin mamibus Illustrissimi bt invicta vibtute mbmo-

[rabilis D. FRANCISCI VERDUGO.

PBOPBIIS MEB1TIS GRADATIM OMNIBUS MI- [LITLE H0N0B1BU8 INAUGURAT! HaRLEMENSIS ApUD BATAV08 PR4FECTI.

Règle maritim m. classis post captu Bos-

[SUTI COMITE*

Abcbitalassi , TOTIUS BXBBCITUS catholici castbobum

[magistri ,

Et cum Farxesio Parm<e Principb Gal- [lis slppeditatum buntb v1cabi0 1mpeb10

Gbnbbaus pbjbpositc Provinciarum dbniqub Fbislb Tbansissu- [lan.e dominationum Groning* , Tvbnti [bt Lingbn XIV ABUIS

SUPRBMI GUBBBNATOBIS.

volbntb sic ac favbktb phiuppo ii [hlspaniarum rbgb cui cum xl1v c0nti- [nuos annos mult1s Contra pebdubm.es victorus clarus mb-

[bUISSET. AC ROMANDUOS VI GALUCA PBB8-

[sos globiosis Et pbr quam arduis bvbntibus libbbas- [sbt, tandem palmabis miles Post tôt bxanlatos labobbs dbinceps

[bBGI BEGCH COBLO MILITATCBUS , BUDBQUB [nONANBUS, BT 1MM0BTALB LACREA IN HAC AUGUSTA ANIMAIf CORPORIS

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