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Ci.ercm zelavi, discordes pacb beavi.
CiESAR, APEX, GALLB, SlCCLUM, REX ,
[Rbne, scis Itale Palladiis, Trebatih nequiit temerarics
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Gersiako, Pallatiolo lahbasco sepulcro.
Ce prélat, un des plus illustres de son siècle, tant par ses connaissances littéraires que par son habileté diplomatique, n'a cessé de jouer un grand rôle dans les affaires du temps. Réné, duc de Lorraine se l'était attaché en qualité de grand chancelier; l'archevêque de Mayence lui avait aussi confié les fonctions de grand chancelier de l'Empire, attachées à son église, et l'Empereur avait en lui une telle confiance qu'il le mettait au courant de tootes les grandes affaires qui se traitaient en Europe. On l'a vu, comme César, dicter en même temps à ses secrétaires plusieurs lettres différentes sur des objets d'un grave intérêt. 11 aimait les lettres et les protégeait ; son idée de fonder une académie à Trêves, idée que Jean de fiaden (v. son art.), son successeur a eu le bonheur de mettre à exécution , en dit assez pour le prouver. Il a composé des constitutions pour les chanoines de St. Castor à Coblence, et des statuts pour ceux de St. Siméon à Trêves. On y trouve des pensées d'ordre et de réforme monastiques devenues alors bien nécessaires contre les abus dont les maisons religieuses étaient infectées à cette époque. Mais ces qualités se trouvèrent obscurcies chez lui par de grands défauts : il manquait de franchise, s'exprimait ordinairement k mots couverts , aimait l'argent, vendait les emplois plutôt qu'il ne
les donnait au mérite, écrasait ses peuples d'impôts pour subvenir à ses goûts somptueux et aux besoins de sa famille.
B««m, Biographie de la Moselle, IV, 945, m-; et Distoire det science* rie., «tant le pays messin, 510. — Btovrra, Annal. Trcvir. II, 277 ad 900. —
Hoti'caia, Chronique! de Met*, 908 ad 94?; <»esta
Trrrirornm, II, 595 ad 556. — D. dinar, Biblioth. Lorraine; et HUt. de Lorraine, II. 001», 910, 816. -BsaraioLiT, VII, 990, 494 , 496 . 454, 459, 400. — Aa IIoaraKi*. Uistor. Trerir. iliplomaL, II, 597, 575, not. a. 589. not. h. 595. not. a et b. 595, not. a. 506, not. a. 406. 408, 409, not. a. 419. not. a. 491, not a. 498, not. e. 499, not. d.; 111, 959, 996. - Mettait*!, Histoire det crépues de Metz, OlîO. — l.*s DtsioicTias, Histoire générale do Mclx, II, fi'i3. — v. STaanatac, Mosclilroat, 44.
S1ERCK , Jean de, né vers l'année 1250, devint archidiacre de Trêves. Henri de Fenestrange ou Vinslingen, archevêque de Trêves étant mort le 26 avril 1286, les chanoines , pleins de confiance dans les vertus apostoliques de Jean de Sierck voulurent le nommer pour succéder au prélat défunt \ mais il refusa cet honneur par modestie, préférant occuper un rang secondaire plutôt que d'avoir à plaider peut-être avec des compétiteurs.
Elu quarantième évéque d'Utrecbt , en 1288, en remplacement de Jean de Nassau, non d'Assouve comme M. Bégin écrit, lequel avait été déposé en 1287 à cause de son incapacité à diriger les affaires ecclésiastiques, Jean de Sierck lutta avec avantage contre l'aristocratie qui disputait alors au clergé le pouvoir temporel que ce dernier ne cessait de tenter d'usurper. Il fut même obligé de se défendre par la force des armes pour rentrer en possession du domaine et du château de Vredel que Guislebert d'Amstel avait eulevé à son église et montra, dit-on, autant de fermeté que de sagesse dans l'administration épiscopale.
Après huit ans de séjour à Utrecht, c'està-dire en 1297 il fut nommé par le pape à la chaire de Toul et eut pour successeur à Utrecht Guillaume de Malines ou de Bertbout.
Les bourgeois de Toul , entraînés alors
dans le mouvement général qui avait lieu en France pour l'émancipation de la commune, avaient pris les armes pour soutenir leurs prétentions : l'évêque Jean de Sicrck fat obligé de leur permettre de lever dans son diocèse les tailles et les subsides qu'ils jugeraient nécessaires ; et comme pendant Ja vacance du siège épiscopal l'empereur Avait accordé le gouvernement du Tonlois à Frédéric IV, duc de Lorraine, mesure à laquelle les bourgeois s'étaient constamment opposés , Jean de Sierck se rendit à Strasbourg où l'empereur se trouvait par hasard et obtint la révocation de ce décret qui rapportait au duc de Lorraine cent livres de rente.
Il fut envoyé quelque temps après à Rouie pour demander au Pape son consentement à l'élévation d'Albert d'Autriche a l'empire ; mais il ne pat rien obtenir du Souverain-Pontife qui déclara solennellement que : Albert étant un véritable parricide il ne pouvait avoir ni obtenir aucun droit à l'empire.
Jean de Sierck se rendit de nouveau à Rome au jubilé séculaire de l'an 1300.
Il paraît d'un autre côté que ses lumières le Grent appeler différentes fois à des ambassades importantes ; mais l'Histoire ne nous a conservé presqu'aucun détail sur la vie politique de ce prélat. Il ne vécut pas toujours en harmonie avec les Toulois dont les exigences augmentaient sans cesse , sans doute à proportion de l'arbitraire que cet évèqne voulait introduire dans le temporel de son administration. En 1302 les esprits étaient môme tellement irrités que le jour des Rameaux les bourgeois de Toul ayant pénétré de vive force dans la cathédrale, empêchèrent leur évêque de continuer les offices : Jean de Sierck ayant fait une alliance offensive et défensive avec les chanoines, le peuple fut bien obligé de conclure la paix et de reconnaître son autorité temporelle. Cependant il se révolta de nouveau peu de temps après et mit en prison le doyen de Port. L'évêque, fatigué de voir son autorité et môme sa vie compromises de jour
en jour, afferma pour quatre ans les revenus de son évêché à son neveu, Philippe de Sierck, chantre de l'église de Toul et archidiacre de celle de Metz, et alla vivre dans la retraite où il mourut en 1305.
Jean de Sierck, qui était très savant, surtout en droit civil et canonique, a composé un Apparat, ou Commentaire sur le sixième livre des Décrétâtes. Cet ouvrage fut regardé par les jurisconsultes de son siècle comme une œuvre parfaite, renfermant en peu de mots les grandes maximes du droit. L'auteur alla lui-même à Bordeaux auprès du Pape pour lui présenter son ouvrage et pour l'engager a ordonner qu'on s'en servirait en jugement de même que dans les écoles ; mais il parait que le Saint-Père n'octroya pas cette demande.
B*«m, Biographie de la Moselle, IV, 941, sqqq ; et Histoire des sciences daas le Pays Messin, SU 7.
— Mcciim, Histoire des éréqaes de Metz, 493. — Lu BsKioicrm», Histoire: générale de Mets, II, 508.
— D. Caibst , Bibliothèque lorraine. - Bssthoi.it, V, «38 — Bekoist, Histoire de Tout, 485. — Béliees des Pays Bas, IV, 267. — y. Ssasusao, Der MoseUtrom, 45.
Sigbfhoy, le Comte, dit de Luxembourg ; v. LUXEMBOURG, le Comte Sigefroy de Luxembourg.
Sigbr de Grevenmacher ; v. GREVEN- MACHER, Siger de.
SILV1US, Jean, peut-être Dubois, après avoir latinisé son nom suivant l'usage alors reçu, a été curé de Haut-Charage. Nous n'avons découvert sur ce personnage de renseignement autre que le peu de lignes que nous fournit l'auteur de la dissertation sur les bourses d'études attachées à l'ancien séminaire ou pensionnat des Jésuites à Luxembourg. II y est dit que par testament privé, dont nous ignorons la date, le curé Silvius a légué le tiers de sa maison , à l'enseigne de l'ange , située dans la rue de l'eau à Luxembourg, pour l'entretien de deux écoliers au collège ou séminaire des Jésuites de cette ville; plas quatre journeaux de terre à Pétange pour l'entretien de deux écoliers de Haut-Cbarage. Il pria le prévôt de Luxembourg
d'administrer ces biens jusqu'à l'érection du séminaire et de les y appliquer ensuite. Il parait que de cette donation ne ressortît aucun effet puisqu'il n'en est fait aucune mention dans les archives de l'établissement. Seulement la clause de l'érection future du séminaire en question prouve que la libéralité a été faite avant Tannée 1641 ; ainsi Silvius florissait pendant la première moitié du dix-septième
Sicile.
A N»»e« , DUsertatioa sur ]ei boareci , XII et
SILVIUS ou Dubois, Nicolas, fils d'une bonne famille, est né à Marche pendant le premier quart du dix-septième siècle. Après avoir terminé avec grande distinction ses humanités et sa philosophie, il entra en théologie et obtint la prêtrise. U fut ensuite professeur d'Ecrilure-Sainte à l'Université de Louvain et président du collège du Roi. Dans ces fonctions Nicolas Dubois eut occasion de combattre contre les Jansénistes: il s'en tira, paraitil, avec gloire et avec la réputation d'un profond théologien autant que d'un zélé catholique. Il a, dit-on, publié plusieurs ouvrages profondément pensés et savamment exposés contre les erreurs de cette secte qui faisait alors tant de bruit ; mais nous n'avons pu recueillir le titre d'aucune de ces productions qui n'ont vraisemblablement eu qu'une vogue éphémère comme l'objet même dont leur auteur traitait.
Dubois est mort en 1696.
Oc FtiLCt , Dictionnaire historique, litt D. — Neo- ■ Le* ■ulenrs Uiembonrtfeoii, 54, noie 4, 111".
SIMON, Michel, le Père, dit Calen ou Kalen, du nom de sa maison paternelle , ou de Bofferdange , du lieu de sa naissance, florissait vers la fin du dixseptième siècle et la première moitié du dix-huitième.
Il eutra d'abord dans l'ordre des Jésuites, mais il le quitta plus tard, vraisemblablement avant de s'être engagé par aucun vœu à cette société. II était prêtre et passa sa vie à étudier et à arranger des biblio-
thèques de grands seigneurs ainsi qu'à écrire des ouvrages dont aucun cependant n'a été imprimé. U a également copié des manuscrits et rédigé des catalogues de cabinets j c'est ainsi que la Bibliothèque de Luxembourg a, écrits de sa main, douze volumes in-folio d'inventaire des médailles du Baron de Marchant d'Ansembourg , de même que le manuscrit des Viri illustres luxcinburgenses , dont quelques-uns ont même cru , mais bien à tort, qu'il était l'auteur. En effet, pour n'en rapporter ici qu'une preuve, nous dirons que le dernier personnage cité dans cet ouvrage vivait en 1656 : Si le Père Simon en avait été l'auteur il l'aurait bien certainement conduit plus loin.
En 1743 il était gouverneur des pages de l'électeur palatin ; auparavant il l avait été des fils du comte de Harrach , gouverneur-général des provinces belgiques.
Nous ne savons ni l'année ni le lieu de son décès.
D. Calmet lui attribue les ouvrages suivants : 1°. Dictionnaire de l'ancienne Géographie comparée à la nouvelle ; H vol. in-folio. — 2°. Catalogue des Empereurs romains jusqu'aux Palcologues , avec les dates des principales actions de leur règne ; et à la tète de chacun, de sa vie ainsi qu'une liste des Consuls; 24 vol. in-folio. — 5". Catalogue historique et géographique d'un grand allas universel , où les mœurs de chaque peuple se trouvent dépeintes, etc.; 60 volumes in-folio. — 4". Critique de l'Histoire de Luxembourg du P. Bertholet , Jésuite ; dans laquelle on a relevé un grand nombre de fautes où cet historien est tombé : Cette critique , qui était il y ' a une vingtaine d'années en vente chez un bouquiniste d'Epinal où nous avons eu l'occasion de la voir, ne témoigne pas beaucoup en faveur de la logique de son auteur. — 5°. Catalogus iiumisiiialum antiquorum laui grxcorum quam romanoium, cum clencho gemmarom , staluarum , aliarumque id genus autiquitatum quot Lamberlus-Josepbus Liber Baro de Marchant d'Ansembourg congessit ; 16 vol. iu-folio.
— 6". Catalogus numismatum medii sévi usque ad décimant septimum sxculum, variorum priocipura et slatuum, cum notis historicis, ejusdem collectionis Baronis de Marchant d'Anscmbourg ; 2 vol. in-folio.
D. Calnit. Bibliothèque lorraine. — Cum», Catalogne de la Bibliothèque de I.uïcmboorg. 808 - Nnun, Le. «Uur. loioboorgeoi.. 43.
SIMONY, Antoine-Oger , né en Savoie et marchand à Luxembourg, avec Susanne Bronquard, son épouse, fondèrent par testament du 31 décembre 1657, deux bourses au séminaire de Luxembourg, au capital de deux mille écus à 30 sols , ou 4938 frs. , en faveur d'élèves de leurs familles respectives , se destinant h l'état ecclésiastique, et sous la réserve que les fils des époux Jean-Bernard Feller et Anne Ungedullig, leur nièce, de Clémency, auraient la préférence aussi longtemps qu'ils se montreraient aptes aux études.
Siraony étant mort, sa veuve modifia, le 22 novembre 1665 le susdit testament en ce sens, qu'au lieu de deux bourses il n'y en eut qu'une de cent florins de Brabant par an. Les revenus dépassant cette somme devaient servir à l'entretien de deux orphelins de sa parenté , Jean et Antoine Deving, jusqu'à ce qu'ils eussent fait leurs études ou achevé leurs années d'apprentissage dans un métier quelconque. Après cette époque, le surplus devait revenir au séminaire, au profit de la fondation primitive. Dans l'ancienne dénomination de cette bourse on avait substitué au nom du fondateur celui de sa nièce , Susanne Feller, veuve de Pierre Simony, vraisemblablement parce que cette dernière avait versé le capital. Aujourd'hui au revenu de 283 frs. 37 centimes elle est à la collation des Bourgmestre et Echevins de la ville de Luxembourg; précédemment le Père Recteur du collège exerçait ce droit.
A. Na««. Catalogne de» Bonne* , X et XVIII.
S1TTA*RT, Nicolas, savant jurisconsulte originaire du pays de Luxembourg, (tarissait pendant le seizième et le dixseptième siècles: <« 1617. Nicolaus Sittart
« — dit le manuscrit des Viri illustres — « Luxemburgensis, J. U. D. , professor Ju- «ris canonici in universitate Graecensi in «Styriâ, mortuns ibidem, clams doc- « trinfi.»
Viri .lla.trc, III, Tf M9. - hoir, I. fol
SIVILLE , Jean-Pierre-Auguste, né à Bastogne, le 27 juin 1811 , capitaine de lre classe d'infanterie pensionné, chevalier de la légion d'honneur, décédé à Scharbeck, le 11 mai 1857.
Volontaire, lors des événements de 1 830 , Siville fut nommé successivement sous-lieutenant au 5* régiment de ligne belge, le 30 janvier 1831 ; lieutenant au 4* régiment, le 19 octobre 1832; en 1843 il fut désigné pour le régiment d'élite. Nommé capitaine de 2' classe au 9* régiment de ligne, le 1er août de la même année , et capitaine de 1" classe le 9 avril 1850 , il fut rais en non-activité pour infirmités temporaires, le 4 juin 1855, et admis à la pension le 2 novembre 1856.
Le capitaine Siville avait été autorisé par son gouvernement à suivre les opérations de l'armée française en Afrique, pendant la campagne de 1840; sa conduite lui valut la décoration de la légion d'honneur.
Capitaine ac Rmh, Nécrologc des officier» dr J'armée belge.
Slbidan , Jean; v. SCHLEIDAN, Jean.
SOLEUVKE , Alexandre de, avoué de Luxembourg , appartenait à une maison luxembourgeoise qui portait : d'argent, au lion rampant de sable. La famille de Soleuvre était déjà connue en l'année 1135. Alexandre de Soleuvre dont il est question ici , vivait pendant la première moitié du treizième siècle. 11 avait épousé Hedwigc, dont naquit une fille, Gcrtrude , laquelle ayant désiré se consacrer à la religion, son père fonda pour elle , par un acte du mois de mai 1235, le monastère des Dames de Diiîerdange dont elle devint la première abbesse. Pendant le même
— ut
mois , Alexandre de Solcovre a fait son testament, et survécut encore pendant vingt-trois ans à la rédaction de cet acte. II est mort le 13 avant les calendes d'avril 1258, et fut enterré dans l'église de l'abbaye de Differdange, où Bertbolet a encore vn sa tombe qui portait cette épitaphe:
Akko Doxim M.CC.LVIII, XIII. Kalbndas Apbilis obut ALEXANDER DE SOLUBRIO
AnVOCATDS DB LOCBLBUBCU, PCNDATOR BU-
[jUS COSMOBJI.
Requibscat ur pacb.
L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré les trois lignes qui suivent : «1252. Alexander de Solubrio, Zolwer, «advocatus C. L. prœpositus Luxembur- «gensis fundavit Monaslerium virginum «ordinis Sanctcc Clarœ in Diefferdingen. »
Viri illustra, III, N* IBS. — Bumur, IV, 457 ad 443. — A» Honam, Ilistoria TrcTireuaia diplomaticaj ad «on. IS3S. — PuaatT, III, 6S3, «q.
SPIRLET , Dominique-Nicolas, né au village de Soiron dans l'ancien duché de Limbourg, le 11 mai 1715, entra à l'abbaye de St. Hubert où il fit profession le 31 mai 1733. Il obtint la prêtrise le 17 septembre 1739 et fat élu abbé de son monastère le 7 mars 1760, en remplacement de Célestin de Jong (v. son art.). Consacré le 24 mai 1761 à l'abbaye du Val-St.-Lambert , près de Liège , il eut la douleur d'assister à la suppression de sa maison.
Avant son élévation au siège abbatial l'abbé Spirlet avait passé plusieurs années a la cour du gouverneur-général des Pays- Bas à Bruxelles où il avait puisé le goût du luxe , de l'ostentation et des voyages. D'un autre côté, il était instruit, agronome distingué et nourrissait un penchant décidé pour les expériences , les novations et les entreprises industrielles. Il sollicita pendant dix-sept ans auprès des cours d'Allemagne à l'effet d'obtenir que son abbaye fût déclarée indépendante de l'église de Liège. Il établit à St. Hubert un moulin
à écorces, une tannerie, une fabrique de potasse, une scierie, un haut-fourneau, une platinerie , une fenderie , des forges, un établissement de prairies artificielles et de vaches, à l'instar de ceux des Pays- Bas; et dépensa à ces essais infructueux des sommes considérables.
Les difficultés qui depuis plusieurs siècles avaient été pendantes au sujet de la suzeraineté sur la terre de St. Hubert étaient enfin terminées lorsque la révolution brabançonne éclata , et l'abbé Spirlet avait repris la place que ses devanciers avaient jadis occupée aux Etats du Duché de Luxembourg. Sa longue expérience, sa connaissance approfondie des affaires publiques et son crédit auprès des cours de Vienne et de Bruxelles lui donnèrent, pendant les troubles des Pays-Bas, un tel ascendant sur les Etats, qu'on l'accusa de diriger cette assemblée à sa volonté et de lui faire subir l'influence de son attachement au régime autrichien pour comprimer l'esprit révolutionnaire : Ce bruit s'accrédita au point que, passant un jour par Namur il faillit être arrêté et maltraité par la populace mutinée. Cependant il signa les Remontrances des Etats du Luxembourg, lesquelles à la vérité étaient conçues dans des termes beaucoup plus modérés que celles des autres provinces.
La révolution française arriva sur ces entrefaites et vint engloutir la Belgique. Les religieux furent dispersés et l'abbé Spirlet se retira dans un couvent de Franciscains à Enpen où il mourut en 1794, môme avant la suppression de son abbaye en vertu de la loi du 15 fructidor an IV (1" septembre 1796).
Dt ItoDti'r.1 de Soc no y, édition da Cxntatorium Saocti Uuberti, 192 et 1538. — Cobt» »■ Bac-aa- Ltivai, Biographie liégeoise, II, 489. — Publication! de la Société archéologique de Luicmboarg, VI, 33. K" S. - Iten.cignenunt* lourn.. par H. le notaire LcotT, de 8t. Hubert.
STADEN, Don Guillaume, né à Cologne, se fit religieux à l'abbaye de Munster à Luxembourg. Il devint ensuite et successivement curé de Sponheim et de
Bockenaw. Il est connu par les deux ouvrages suivants : i°. Tropbaea Verdugiana pace et bello ab Illustrissimis Verdugiani stemmalis Proceribus immortalitatis cedro appensa, bistoriis vere raemorabilibus , eventibusque miraculosis , rerumque olira et nuperrimè gestarum enarrationibus elucidata. Cologne, 1630, in-4\ — *°. Oratio funebris dicta Guilielmo Verdugo Mecœnali dèfnocto Crucinaci 1629, 25 Januarii.
CuiN, Catalogne de 1* BiblioUe^ae de Laie», bourg, 994.— HtaTxasia, Blbllothcca Colonicnsia, 108»
STAS , Jacques , prêtre séculier et altariste à l'ancienne église de St. Nicolas, à Luxembourg , s'est rendu recommandahle par les soins qu'il a donnés à la direction de l'institut naissant dit hospice ou maison des orphelins dans cette ville. Jean-Maurice Schinbein , seigneur de Maibourg, lui avait confié vers 1727 un capital de mille écus, 4,600 francs , comme première mise dans la fondation de cet établissement philanthropique dont il avait conçu le dessein. L'abbé Stas se mit aussitôt à l'œuvre , réunit quelques orphelins pauvres, fit pour eux des quêtes auprès des personnes charitables, instruisit ses pensionnaires dans la religion , la lecture , le calcul et l'écriture , et finit par colliger des capitaux suffisants pour consolider l'institution qui fut légalement constituée par Lettres-patentes de Marie-Thérèse, le 19 juillet 1755. Voir l'article Schinbein , Jean-Maurice.
Lettres -patentes d'amortissement pour la maison des orphelins.— Registre do. magistrat de Luxembourg, 6 mai 1797. - Notes de M. VVcvaa, secrétaire eommanal.
STATOR, Pierre, nom latinisé en Statorius, et rendu en polonais par Stoinski, est né à Thionvillc pendant le seizième siècle. Savant sectaire , ardent pour les nouveautés en matière de religion , Stator embrassa d'abord le calvinisme , puis le socianisme à Génève , d'où il se retira en Pologne en 1559. Il y succéda à Orsacius en qualité de recteur du collège de Pincrow.
Les premiers ouvrages publiés par Stator avaient pour but d'attaquer la divinité du Saint-Esprit et même celle de Jésus- Christ. Qu'il l'ait fait par conviction ou seulement pour acquérir une certaine renommée en soutenant des idées hardies, peu conformes aux croyances religieuses généralement ou plutôt universellement admises, c'est ce qu'il serait impossible de pénétrer. Les historiens socioiens prétendent que si Stator abandonna plus tard l'hérésie qu'il avait proclamée d'abord, ce fut moins en raison d'un retour sur lui-même que par la crainte de se mettre en opposition formelle avec ses amis, de perdre ses pensions et tous les avantages qu'on lui faisait en Pologne. Le fait est que dans un synode tenu en 1567, il nia hautement qu'il eût jamais manifesté des sentiments contraires à la Divinité des trois personnes Trinitaires. Cette circonstance justifiera sans doute le sobriquet de Protée de son siècle , qu'un auteur contemporain lui a donné.
Stator avait un esprit vaste ; il parlait avec une rare élégance le latin , le français et le polonais. Tous ses ouvrages foulent sur la théologie et sont contraires au dogme de la Trinité. D. Calmet l'a omis daos sa Bibliothèque lorraine , et l'histoire de Metz , par les Bénédictins , ne >fait que citer sa mort , arrivée en 1570.
Il a laissé un fil* , connu sous le nom de Pierre Stoinski , qui fut ministre Socinien à Cracovie où il mourut en 1605, auteur à son tour de plusieurs ouvrages en faveur de son parti.
On a de Pierre Stator i ° Livre contre le dogme de François Stancar, 1560.— î° Oraison funèbre de Jean de Laska, 1560.-3° Lettre a R. Cbelmius. — 4" Grammaire polonaise.— 5° Il a coopéré pendant six ans avec plusieurs savants à la traduction de la Bible en langue polonaise.
Hommes i II os très des Pays-Bis, II, 182.— Bsm». Biographie de la Moselle. IV, «BD. sqq.-Lrs BajiÉaiciws, Itisloire de Met*, III, 10D. note f.- Tussica, Histoire de Longwy, 321- Dt Fauta. Dictionnaire historique, litt. S.
STEICHEN, Jean-Baptiste, est né vers 1767, à Kayl, près du Moot-St.- Jean , d'une famille honnête et riche.
Jean-Baptiste Steicben , après avoir fait de bonnes études , entra dans les ordres sacrés peu de temps avant la conquête du Pays par les armées de la République française , et fut obligé , comme les autres ecclésiastiques non assermentés de celte époque, de se tenir caché pendant la terreur. Nommé professeur de troisième à l'école départementale , puis à l'athénée de Luxembourg, il se fit remarquer par sa profonde connaissance de la langue latine et par son talent remarquable pour improviser des vers latins le plus souvent heureux et très élégants. A la naissance du Itoi de Rome, en 1811 , Steicben envoya une cantate latine au concours institué pour célébrer cet événement.
En 1821 il se retira de l'enseignement pour accepter la cure primaire de St. Michel à Luxembourg , fonctions qu'il conserva jusqu'à son décès arrivé le 29 août 1832. Il était âgé de 65 ans et fut une des premières victimes de l'épidémie cholérique qui ravageait alors la capitale du Grand-Duché. Sous l'administration spirituelle de l'évêcbé de Metz, l'abbé Steichen avait été examinateur épiscopal; il a de même joui d'une grande confiance sous le régime de l'évéché de Namur.
Note* eo«mo»iqinfe..-SooTenir» contemporain.
STE1L ou Steill, Grégoire-Henri, originaire d'un village de la prévôté de Remich , fut assesseur de la Chambre impériale de Spire, comme l'auteur du manuscrit des Viri illustres nous l'apprend sans plus de détails : « Gregorius «Henricus Steill ex prxlurà Remich du- « catos Luxemburgensis , imperialis Ca- « merae Spirensis assessor Caesareus. »
Viri illwtra, III, N° 842
STEINMETZ, Nicolas, est né en 1723, dans le duché de Luxembourg, à Bivver, chef-lieu d'une commune du canton de
Grevenmacber , non dans une des provinces des Pays-Bas comme l'histoire de l'ordre militaire de Marie-Thérèse l'avance errooément. Après avoir pendant quelques années suivi les leçons du collège de Luxembourg il entra à l'âge de vingt ans comme simple soldat dans l'artillerie ou bien dans le corps du génie de l'armée autrichienne. Par sa bonne conduite comme par ses études continuelles il avait déjà monté de grade en grade jusqu'à celui de capitaine, lorsque la guerre de sept ans éclata. En effet, par les améliorations et les ajoutes aux fortifications d'Olmiltz, Neisse, Glatz et Schweidnilz qu'il avait dirigées , il s'était acquis une réputation honorable tout comme il avait rendu d'importants services à l'état. Aussi en récompense obtint-il en 1760 le rang de major et la suivante celui de lieutenantcolonel du génie avec la décoration de l'ordre de Marie-Thérèse.
Déjà à la défense d'Olmiltz en 1758 il avait été honoré d'une mention de distinction: Ce fot lui qui, aussitôt après la fermeture de la place sur la nouvelle reçue par le commandant que l'ennemi, posté dans le bois derrière le couvent de Hradisch, était occupé à fabriquer les gabions et les fascines nécessaires pour commencer le siège , fit une sortie avec un détachement de Croates et brûla les uns et les autres. Plus tard , lorsque le siège était entrepris et la tranché ouverte, Steinmelz s'étant aperçu d'une faute des assiégeants se hâta de faire élever deux ouvrages qu'il munit de petite artillerie avec laquelle il ravagea tellement les travaux du siège que l'ennemi, après six jours de tentatives inutiles pour entreprendre l'attaque par un autre côté et désespérant de pouvoir se ménager un point pour pouvoir approcher de la forteresse , se vit engagé à décamper. Steinmelz, qui avait pendant ce siège su rendre inutiles les travaux d'attaque par l'établissement de contre-ouvrages et de contremines , sot avec un succès extraordinaire profiter de cette expérience stratégique
devant Schweidnitz où il commandait le génie. Pendant que les Prussiens se préparaient à attaquer cette forteresse , il éleva en très peu de temps sur la hauteur de Neumulil une redoute dont la position avantageuse força l'ennemi de porter son attaque sur un côté moins favorable, entre le jardin et le fort de Jauernik , sous une forte canonade des Autrichiens. Mais le plus grand mérite de Steinmetz fut sans doute la disposition aussi prompte que convenable qu'il prit au fort de Jauernik, lorsque toute cette gorge avec la garnison entière de mille hommes sous le major comte Berthold furent lancées en l'air par l'effet de l'explosion du magasin à poudre. C'était là un chef-d'œuvre de l'art des fortifications ; car les troupes qui y accoururent après le sinistre purent aussitôt se poster et repousser un impétueux assaut des assiégeants. Le roi Frédéric II, qui était témoin de l'événement , ne pouvait pai« se lasser d'admirer la bravoure de ces soldats qui, malgré tant de malheurs ne pouvaient être amenés à la fatigue.
En 1763 Steinmetz obtint des lettres de Baron et fut nommé Colonel en 1773. Pendant la guerre pour la succession en Bavière il rendit de grands services dans la défense des positions principales de la Bohême. Il obtint en 1780 la direction de la construction de la forteresse de Thérésienstadt qu'il acheva à la satisfaction de l'empereur. L'année suivante il obtint le grade de général-major et fut employé pendant la première campagne de Turquie a l'armée de Sirmie où à l'attaque de Schabacs il fit sauter une porte qui permit l'entrée de la place au colonel Sztàray avec le régiment Nicolas-Esterhazy, infanterie , lequel pourchassa les Turcs et les fit réfugier dans le fort supérieur.
Nommé en 1789 Feldmaréchal-Lieutenant et commandant de Thérésienstadt, Steinmetz est mort dans ce poste dans sa soixante-quinzième année (1795).
De» militer Maria-TlieTeaieaOrdcn und «ciné Milglieder NMh aulhentiacbeii Quetleo bearbeitet to»
D' J H.iTt»rii*, I, 169 i et II. 1780. - Notes et lettres de famille. — Reiueigqementi admiautratifa.
STEIS, Jean-Baptiste , né à Grosbous le 13 septembre 1741 , avait d'abord résolu d'entrer en religion dans l'ordre des frères mineurs conventuels. Mais il ne tarda pas, déjà pendant son noviciat , à s'apercevoir que cet ordre ne lui convenait pas. Il quitta donc le monastère et retourna dans sa maison paternelle où il ne pnt pas se plaire davantage.
Il se trouvait dans cette désolante irrésolution lorsqu'il eut l'occasion de faire la connaissance d'un des officiers du régiment de Kaunitz qui se trouvait en garnison dans les provinces belgiques. Celui-ci l'engagea à entrer dans ce corps, lui promettant d'obtenir qu'il fût attaché à l'hôpital militaire de Bruxelles où il pourrait s'adonner à l'étude de la chirurgie pour passer ensuite au service sanitaire de l'armée. Steis accepta la proposition avec empressement et profita si bien des démonstrations du cbirurgien-major que deux ans environ après il put recevoir le brevet de sous-aide, ensuite celui d'aide major , et , pendant la révolution brabançonne , après la mort du chirurgien de régiment, le grade avec l'emploi de celuici : Steis était en effet devenu un opérateur
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Au départ de son régiment pour l'Autriche lorsque la paix fut conclue, il quitta le service militaire et vint se fixer à Grosbous où il se mit à exercer Fart chirurgical , sans diplôme ultérieur , son brevet de chirurgieu-major l'ayant à cette époque dispensé de subir l'épreuve aujourd'hui requise pour se livrer à la pratique civile.
Steis se maria sur ces entrefaites à Marie-Elisabeth Peckels qui mourut le 6 juillet 1803, après l'avoir rendu père de trois fils et d'une fille. Se trouvant veuf, le désir de se faire ordiner lui revint ; et cette fois il eut la persévérance de le réaliser. En effet il écrivit à l'évêque de Metz, au diocèse duquel le Grand -Duché de Luxembourg ressortissait alors, pour loi exposer
qu'une vocation réelle rappelait an sacerdoce , et le supplier do vouloir bien l'y admettre. Le prélat, après avoir pris tous les renseignements préalables nécessaires et avoir soumis le postulant à toutes les épreuves usitées pour s'assurer de la réalité de la vocation particulière dont on l'entretenait, l'accueillit dans son séminaire où les professeurs se convainquirent bientôt que ses éludes préliminaires, y compris celle de la théologie étaient suffisantes pour un aspirant à l'ordination. En conséquence dispense pour la présence aux cours lui fut accordée d'emblée, et les saints ordres loi furent successivement conférés, chaque fois avec les interstices canoniques. Il obtint enfin la préirise en 1805 et célébra ses prémices le 13 octobre de la même année , ayant ses deux fils pour servants et sa fille à ses côtés.
Il fut ensuite nommé chapelain, d'abord à Baschleiden , ensuite à Dcllen , enfin à Eschdorf, et continua également à s'occuper de chirurgie, principalement de la réduction des fractures, ayant un soin constant de se faire aider par ses deux fils, le troisième était mort en 1804, pour leur apprendre la pratique de ces opérations, sans cependant qu'il leur en enseignât la théorie. Toutefois l'un des deux paraît avoir proGté quelque peu de ces démonstrations toutes mécaniques, puisqu'il a pu être admis, le 7 décembre 1812, à la pratique publique des petites opérations chirurgicales, bien que son éducation littéraire eût été entièrement négligée ; tandis que son autre frère, de même que sa sœur se sont contentés , toute leur vie dorant, a exercer cet art d'une manière clandestine.
Vers 1811, l'abbé-cbirurgien Stcis s'était retiré à Grosbous chez son fils cadet, où il est mort à l'âge de 71 ans, le 12 novembre 1812, avec la réputation d'avoir été un prêtre très pieux et d'un chirurgien très instruit comme très habile.
Nrcrologc de J. B. SteU, dan» on regulrc de la parotMe de Groaboot, communiqué par Monsieur le
Professeur Engliag, de la part de U. le cor* Naoert. — Note» communiquées.
Stephancs; v. ETIENNE, dit de Salm.
STOLTZ, Jean, fils de Mathias Stoltz, bon cultivateur, et de Marie Wagner, est né à Steinsel, le 23 juillet 1750. U commença ses études humanitaires au collège de Luxembourg , à l'âge de seize ans, et terminait sa rhétorique en 1772. Entré chez les capucins d'Arlon , il fut envoyé à Alost faire sa philosophie , puis à Tournay où il étudia la théologie en même temps qu'il terminait son noviciat et recevait les ordres en 1774. Ce fut aussi dans la même ville qu'il prononça, en français , son premier sermon qui fut beaucoup goûté des auditeurs et lui fit déjà alors une bonne réputation d'orateur chrétien. Peu de temps après il fut nommé stationnaire à Eupcn où il eut le bonheur de ramener plusieurs dissidents par ses discours sur l'Eucharistie. En 1780 il revint au couvent d'Arlon , toujours avec le titre de prédicateur, et s'acquit, dans presque toute l'Ardenne qu'il parcourut pour prêcher , une immense renommée , tellement que lorsqu'il était annoncé tout le monde accourait d'une et de deux lieues à la ronde , pour l'entendre.
En 1783 le père Michel, c'était son nom de religion , fut appelé à Luxembourg pour prêcher le carême dans l'église du couvent de son ordre, laquelle se trouva souvent être trop petite pour contenir la foule des auditeurs avides de l'écouter. Il demeura trois ans à Luxembourg, parcourant les environs , toujours pour prêcher. Survint sur ces entrefaites la révolution brabançonne puis la française , amenant après elles , comme on disait alors, un déluge de dissolution dans les mœurs. Le père Michel, comme un véritable apôtre chrétien , eut le courage de parler amèrement contre les nouveautés, sans considérer ce que ses discours pouvaient lui susciter de désagréments : il était trop imbu de la vérité de sa foi pour pouvoir reculer , même au péril de sa vie.
Retourné dans son couvent d'Arlon, il y demeura jusqu'à la suppression des monastères. Le 3 décembre 1796 un commissaire du pouvoir exécutif , accompagné d'une brigade de gendarmerie s'étant présenté chez les Pères , dit à ces religieux : nous venons vous mettre en liberté afin que vous puissiez enseigner à l'humanité les droits de l'homme. A ce le Père Michel , qui était alors dans toute la force de l'âge et un des derniers profès , répondit aussitôt : Comment veut-on que nous expliquions au peuple une doctrine que nous ne connaissons pas nous-mêmes ? Et le commissaire de répliquer: on vous l'apprendra. Du reste , ajouta-t-il , inutile de raisonner ; il faut que dans les viogtqnatre heures ce heu soit purgé de la vermine qui y pullule maintenant. Les capucins consternés furent bien obligés de se résoudre à abandonner leur retraite.
Us se hâtèrent de réunir leurs objets les plus précieux , tels que soleils , calices , ciboires, missels, tableaux et se partagèrent le tout entre eux. Le Père Michel obtint pour sou lot les Chartres , registres et manuscrits de la bibliothèque , dont son neveu, Mr J. B. Stoltz , doyen actuel de Betzdorf , a fait cadeau à la société archéologique du Grand-Duché, à Luxembourg.
Les républicains avaient laissé aux religieux l'alternative , ou de renoncer purement et simplement à tout droit sur leur couvent, ou bien d'accepter en échange de leurs prétentions sur ces bâtiments des bons, avec lesquels ils auraient pu acheter des propriétés domaniales. Mais aucun d'eux n'accepta ces bons ; tous préférant la pauvreté plutôt , disaient-ils , que de pactiser avec les usurpateurs du patrimoine du Sauveur.
Père Michel se retira dans sa contrée natale, demeuraul alternativement à Dommeldange , à Eich , à Weimerskirch , à Miihlbach , à Beggen et au Limpertsberg, ne discontinuant pas de remplir en cachette les fonctions sacerdotales malgré que , pour refus du serment révolution-
naire il se vil constamment recherché et comme traqué par les gendarmes. Un jour nommément, comme il était en chemin pour aller célébrer l'office divin, il fut rencontré par deux agents de la force publique qui, ne le reconnaissant pas lui intimèrent l'ordre de se joindre à eux pour rechercher le mandit Père Michel ; ce qu'il fit semblant d'exécuter, jusqu'au moment où il trouva l'occasion d'échapper de leur vue. Une autre fois il se trouvait assis au coin du feu d'une maison de Beggen, affublé d'un vieux sarreau , portant des souliers déchirés et un sâle bonnet de nnit sur la tète , tenant sur ses genoux un enfant de deux ans , lorsque deux gendarmes entrèrent.' Aussitôt l'enfant , saisi de crainte , se mit à pleurer et à crier papa , papa , comme on l'y avait habitué ; et la mère , avec une étonnante présence d'esprit d'envoyer le capucin prendre du bois , afin , dit-elle , que ces messieurs pussent se chauffer par le froid qu'il faisait. Il sortit en effet , grommelant dans sa barbe: l'âge est méprisé de nos jours , et s'éloignant à toutes jambes. Les sbires se mirent bien à visiter tous les réduits de la maison , mais ils ne trouvèrent point le prêtre réfrac taire.
Lorsque la persécution fut finie le P. Michel fut nommé vicaire à Dommeldange où il prêcha de nouveau avec onction et s'adonna avec zèle comme avec dévouement à l'enseignement de la doctrine chrétienne chez les enfants. Plus tard il fut transféré dans la même qualité à la paroisse de St. Jean à Luxembourg où il vint également et puissamment en aide à son curé , tandis que ses heures libres il les consacrait à enseigner les principes de latin et de français à des commençants, parmi lesquels on compta plus tard plusieurs grands hommes. En 1821 il retourna à Weimerskirch où , bien que jouissant de sa pension de retraite, il ne cessa de rendre de grands services par ses touchantes prédications et en visitant les malades auxquels il administrait les derniers secours spirituels et savait inculquer une
entière résignation comme une confiance absolue. Il avait depuis plus d'un demi siècle prêché la passion au jour du vendredi-saint lorsqu'il voulut en 1828 , déjà arrivé à l'âge de 78 ans , monter encore en chaire a ce jour de deuil pour la Chrétienté; et cette fois son discours fut si rempli de pathétique et de sainte inspiration que ses auditeurs, et ils étaient en très-grand nombre, se sont accordés à proclamer que c'était le plus beau de tous les sermons qu'il eût faits.
Le Père Jean Stoltz , dit Père Michel remit doucement son âme au Créateur, le 9 septembre 1829, dans la quatrevingtième année de son âge. Il avait laissé en manuscrit un grand nombre de sermons qui, dit-on, auraient été bien dignes de l'impression pour l'instruction familière du peuple. Il avait en ontre écrit en forme de mémoires la relation de ses tortures pendant la révolution française j mais tous ces écrits ont péri peudant un incendie du presbytère de Clervaux où son neveu , alors doyen de ce canton , les conservait.
Eut civil de Sleintrl et d'Eich. — Souvenirs personnel*.— Renseignements fournis pur H'* J.-B. Stoltz, doyen actuel de Bettdorf, et d'antres personnes.—Encline, Die Lmeroburger Glaubensbekcnner, 193. .qq.
STOLTZ, Mathias, frère du précédent, était comme celui-ci fils de Mathias Stoltz, cultivateur aisé, et de Marie Wagner. 11 est né à Steinscl, le 23 novembre 1766.
Dès son enfance on put remarquer chez Mathias Stoltz une véritable vocation pour l'état ecclésiastique, à laquelle était unie une intelligence très précoce : dans l'école de son village il surpassait toujours tous ses camarades par son zèle comme par ses heureuses dispositions. 11 avait environ 10 ans lorsque le vicaire de l'endroit, qui s'était aperçu de la facilité avec laquelle il avançait , engagea son père à le faire étudier, s'otTrant de lui enseigner lui-méinc les premiers principes des langues allemande, française et latine. Les parents s'empressèrent de consentir à la proposition
et dès ce jour le jeune Stoltz suivit les leçons du vicaire qui ne négligea rien pour former le cœur de son élève suivant les préceptes de la doctrine chrétienne.
A l'âge de quatorze ans il entra au collège de Luxembourg, si célèbre à cette époque par la réputation de ses professeurs qui tous avaient été appelés de Louvain. Mathias Stoltz se distingua bientôt parmi ses condisciples par des capacités extraordinaires et par ses études aussi solides que rapides, au point qu'il ne tarda pas à s'acquérir l'attachement comme l'affection entière de ses maîtres. Aussi tous les ans remporta-t-il les premiers prix de tous les cours qu'il avait suivis : Plus tard môme les livres qu'il avait ainsi obtenus formèrent environ le tiers de sa bibliothèque qui se distinguait autant par le nombre que par le choix des ouvrages dont elle se composait.
Lorsqu'il eut achevé ses humanités il fit encore à Luxembourg deux années de philosophie, avec la résolution bien arrêtée d'aller étudier la théologie à la célèbre université de Louvain. Mais l'empereur Joseph II supprima sur ces entrefaites cette institution dont la renommée était alors répaodue dans le monde entier, et en remplaça la faculté de théologie par deux séminaires dits philosophiques , l'un à Louvain môme, l'autre h Luxembourg.
Stoltz entra daos ce dernier; mais il ne put s'y plaire, tant à cause de l'esprit qui avait présidé à son organisation qu'à celle des professeurs qui presque tous étaient allemands et imbus des principes de ce que l'on nommait alors le Josépliisme. Les décrets des 12 février et 16 mars 1787 ayant révoqué les ordonnances novatrices sur l'enseignement, et l'université de Louvain ayant été réouverte d'après son ancienne organisation, Stoltz se hâta d'y aller entendre les cours encore pendant deux ans , pour la philosophie et les sciences, continuant à y briller comme à Luxembourg : Parmi les cinq cents élèves en philosophie il eut la septième place. Après les deux ans révolus il obtint le grade de
Docteur eo sciences et ès-arts, Scientiarum naturaliumdoctor, artiumque magister, ainsi qu'une bourselau collège dit du Pape, laquelle lui suffit amplement pour son entretien et tous ses autres besoins.
Entré en théologie il suivit pendant presque cinq ans toutes les branches de cette faculté , et mérita d'y recevoir le degré de Bachelier. En 1791 il fut ordonné prêtre par l'archevêque de Malines et trois ans après l'université de Louvain le nomma à la cure de Rodenborn ou Kodenbourg, paroisse très petite à la vérité mais très lucrative, à cause des dimes qu'il percevait et d'un douaire très considérable qui y était attaché. Il avait à peine commencé à administrer cette église lorsque la république française, d'exécrable mémoire, comme il avait l'habitude de la nommer , vint conquérir le Luxembourg, exigeant des prêtres le serment de haine à la royauté. Il refusa non seulement de se rendre coupable d'un si criant blasphème, disait-il, mais il exhorta encore tous ses confrères à suivre son exemple. Cette conduite ne pouvait manquer de lui attirer bien des désagréments et des persécutions qu'il souffrit avec calme et une parfaite résignation en la volonté de Dieu. Il ne déserta même pas sa paroisse comme beaucoup d'autres prêtres, et ne quitta pas ses habits d'ecclésiastique. Seulement, lorsque l'arrivée des gendarmes chargés de l'arrêter était dénoncée, il se contentait de se blottir dans une cachette pratiquée dans le presbytère même et y restait pendant des jours entiers, profitant de la nuit pour célébrer l'office divin et administrer les sacrements. Cependant le 7 décembre 1797 , trahi par un de ses domestiques qu'il avait dû renvoyer à cause de sa mauvaise conduite, il fut. découvert par trois sbires qui le garottèrent et se préparèrent à l'emmener dans les prisons à Luxembourg. A la nouvelle de l'arrestation de leur curé, ses paroissiens accoururent dans l'intention de le délivrer de force des mains des agents de l'autorité républicaine ; mais Slollz le leur défendit,
répétant les paroles de Jésus à Pierre: remettez la glaive dans le fourreau, car ceux qui se serviront de cette arme périront par elle. Traîné plutôt que conduit à Luxembourg il fut infermé dans l'abbaye de Munster, en attendant qu'on eût décidé sur son sort ultérieur. Cependant dès le surlendemain un de ses parents, bourgeois de la ville, obtint qu'il fut mis en liberté provisoire, sur cautionnement de sa propre personne. Il eut en conséquence la permission de demeurer eu ville, chez ce parent même qui lui offrit une généreuse hospitalité.
Le 22 novembre 1798 l'heure du départ pour la déportation à file de Ré avait sonné. Conduits de prison en prison, au nombre de trente-deux, en butte à une multitude de mauvais traitements , lui et ses compagnons d'infortune , ils étaient plus de deux cents mêlés tantôt avec des brigands , des assassins , tantôt entassés sur de mauvaises charrettes, tantôt enfin marchant pieds nus et attachés avec des cordes à la queue des chevaux de leurs conducteurs, molestés en outre et tourmentés par la vermine , ils abordèrent le 22 janvier 1799 au lieu de leur exil , exténués par ce terrible voyage de deux mois entiers. A son arrivée Stoltz était pour ainsi dire réduit au marasme ; mais grâce aux soins éclairés qu'un médecin de l'île lui prodigua sa santé se remit peu à peu. Lorsqu'il fut rétabli sa rare intelligence, ses vastes connaissances, ses manières affables mais surtout sa piété aussi sincère qu'elle était exemplaire firent de lui un point de mire pour tous ceux qui eurent l'occasion de se trouver dans sa société : Tantôt il traitait avec ses confrères de hautes questions théologiques, tantôt il avait avec eux des conférences scientifiques , dans lesquelles toutes il brillait comme un météore consolateur sur cette plage qui portait tant de malheureux. La réputation de sa science n'ayant pas tardé à parvenir aux oreilles du gouverneur de l'île , celui-ci s'empressa de le charger de donner à ses enfants des
leçons de mathématiques, lai accordant en échange la permission de se promener librement sur Die et de jouir de plusieurs autres douceurs.
Sur ces entrefaites la rumeur se répandit que les captifs de Ré allaient être transférés en Guyane, terra quœ cUvorat habitat or et tuos, disait Stoltz quand il récitait l'histoire de ses malheurs. En effet une frégate avait déjà été agréée dans ce but, et les prisonniers s'étaient pourvus des choses nécessaires pour ce long et périlleux voyage, lorsque par bonheur pour eux arriva le surlendemain le décret du 1er consul, daté du 18 Brumaire an VIII, qui mit fin à la captivité comme aux souffrances de Stoltz et de ses confrères , confesseurs comme lui de la foi de leurs pères.
Stoltz et ses co-déportés furent relâchés en trois catégories: à la première appartenaient ceux qui n'avaient prêté aucun serment; venaient ensuite ceux qui avaient juré le serment dit mitigé ; enfin ceux qui avaient tout juré. Stoltz qui appartenait à la première classe , retourna avec joie dans sa patrie. Pendant ce voyage on lui tendit partout une main secourable; partout on lui prodigua l'hospitalité : à Niort entr'autres, des chanoinesses lai offrirent vingt Louis d'or pour se défrayer en route ; mais ils les refusa modestement. Après avoir franchi les limites du Luxembourg il se rendit directement dans sa paroisse de Hodenborn où il fut reçu à bras ouverts après deux ans environ d'absence. Ses paroissiens accoururent au-devant de lui, lui adressant des félicitations sur son retour au milieu d'eux et tombant à ses genoux pour obtenir sa bénédiction pastorale. Stoltz continua à administrer sa paroisse comme un digne et zélé pasteur et consacrait en même temps ses moments de loisir à enseigner la théologie à quelques étudiants aspirant à la cléricature. Par son adresse et sa sagesse il parvint à conserver le douaire de son église.
Cependant il échangea quelque temps après , pour des motifs personnels et de
convenance particulière, sa cure de Rodenborn avec l'abbé Hormann , curé de Contera. Le 1" juillet 1804 l'évêque de Metz conûrma cette permutation et depuis cette époque , jusqu'au 1er mars 1834 où il abdiqua en faveur de son neveu , Mr II. Wolff, curé actuel, il géra la succursale de Contern avec le plus louable zèle.
Malhias Stoltz a atteint l'âge de 72 ans, malgré sa faible santé et toutes les persécutions qu'il a eu à endurer entre les années 1796 et 1800. Il est mort le 5 mars 1839 , sans remords et avec la confiance d'avoir fait tout le bien qu'il avait pu faire. Dans son testament en date du 14 juillet 1837, reçu par le notaire Clairquemort de Frisange, il légua tous ses fonds en argent monnayé aux missions étrangères et ses biens meubles et immeubles à son neveu, le S' II. Wolff, son successeur dans la cure de Contern : Pendant sa vie il avait de beaucoup enrichi la fabrique de cette église. Il a été inhumé au cimetière de sa paroisse où sa tombe en pierre , en forme d'une colonne octogone, très-simple et surmontée d'une croix, porte l'inscription suivante, rédigée par l'ancien évêque-vicaire-apostolique du Grand- Duché ; elle résume sa biographie :
Mathias Stoltz
natus in Steinsel 23» 9b,u ,766
pie obiit i«. Coûtera 5 martii 1839.
Lovanii Artium Doctor S. Theologiae Daccalaureus Sacerdos 1791 ordi natus.
Parochus in Rodenborn Per annos novem.
Rccusato in Regiam Majestatcm Juramento proscriptus In insulam Rheam Deportatus.
Id patriam post annnm redux Trigiota per anoos Parochiam in Contero rexit.
Quam docait legem Scmper et ipse fecit.
Scientix divinae non magis quam sacro ministerio addictus.
Bonus animarum
Pastor.
Dévolus Ecclesiœ Filius.
Benfaciendo pertransiit.
Memoriam in Beuedictione reliquit.
Matbias Stollz a, sous tous les rapports mérité le nom de savant. Il parlait avec la plus grande facilité les langues allemande et française, mais il parlait et écrivait mieux encore le latin. II savait presque tous les classiques latins par cœur ; et même pendant ses vieux jours il aimait encore de réciter des odes entières d'Horace , des tirades de Virgile, mais surtout des morceaux eboisis de Cicéron qui était son auteur favori et dont il s'était tellement approprié le style épistolaire et oratoire que ses confrères lui avaient donné le surnom de Cicéron moderne : Jusque dans la rédaction de ses actes paroissiaux de baptême, de mariage et de décès il suivait ce prince de l'élégante latinité ; pas deux de ces actes ne se ressemblent d'ailleurs pour les tours de phrases. Il savait également bien les langues grecque et hébraïque , possédant dans sa mémoire les plus belles odes d'Anacréon et de Piodare,
de même que presque tous les psaume»
de David dans leur langue originale.
11 avait aussi des connaissances trèsétendues en mathématiques, en physique, eo astronomie, en mécanique, en géographie ; mais surtout dans les science» ecclésiastiques et le saint-ministère, discutant d'une manière si claire et si concise les questions les plus difficiles que tout le monde pouvait les comprendre. Mais son plus fort était l'herméneutique sacrée on l'exégèse de l'écriture sainte. Il aimait beaucoup la conversation avec les savants et se plaisait infiniment à raisonner avec eux sur des sujets scientifiques. Toutes les heures que l'administration de sa paroisse lui laissait libres il les mettait à l'étnde et à la lecture : il lisait toujours , même à table et à la promenade, et il mourut presque le livre encore à la main : Aussi nommait-il sa bibliothèque sa compagne chérie. Doué d'une mémoire très vaste et en mémo temps très locale , il retenait tout ce qu'il lisait, connaissait l'histoire ecclésiastique et profane jusque dans leurs moindres détails avec leurs dates et leurs époques les plus minutieuses. Pendant son séjour à Louvain il avait de même acquis quelques notions de pathologie et de médecine légale.
Il possédait en même temps des connaissances très étendues en agronomie, et il fut le premier qui cultiva le tréfile à Rodenborn. Il aimait à faire des expériences en agriculture pour pouvoir donner à ses paroissiens des conseils dans l'art de cultiver leurs champs, car les siens , dit-on , produisaient toujours une récolle double eo comparaison avec ceux de ses voisins.
Lorsqu'il était jeune encore, il suivit la mode très en usage à cette époque, où les prêtres tenaient des élèves auxquels ils enseignaient les principes des humanités. Stoltx forma de cette manière quelques bons sujets. Sa méthode pour apprendre les langues savantes était facile, courte et précise : il avait rédigé un manuel unique pour le latin et le grec, sous forme de
tableau. Sous le premier empire français le Directeur Muuchen (t. son article) lui «Tait offert une chaire de professeur au collège de Luxembourg; et plus tard, Mgr. Pisani de la Gaade, éréque de Narour, lui en proposa une a son séminaire ; mais Stoltz les refusa l'une et l'autre, prétextant la faiblesse de sa santé, tandis que le motif réel de ce refus ne provenait que de sa modestio et de son grand attachement pour ses paroissiens.
Si le curé Stoltz a mérité une place honorable parmi les savants luxembourgeois, il en mérite une non moins belle parmi les ecclésiastiques dévoués à Dieu et à la patrie. Infatigable dans le saintministère, il ne reculait devant aucune peine, aucune démarche pour conserver la concorde et l'amour chrétien parmi ses ouailles, pour leur enseigner les vérités les plus sublimes de l'évangile dans des instructions aussi populaires qu'elles étaient cxquisement raisonuées. Il était surtout l'ami des enfants auxquels il ne se fatiguait pas de donner l'instruction religieuse, tellement que de son temps sa paroisse avait la réputation méritée de posséder la jeunesse la mieux instruite dans tout le pays.
D'un caractère sérieux et grave en même temps que doux et bienveillant, la justice, la probité et la sincérité occupaient seules son âme et la remplissaient; aussi détestait-il l'hypocrisie et la -flatterie avec tout leur cortège. Doué d'une piété très éclairée, il savait éviter les extrêmes et critiquait mémo franchement ses supérieurs lorsqu'ils allaient trop loin , parce qu'à ses yeux lu sentence : justicia tuprema est suprema injusticia doit être vraie en toute chose et pour tout le monde.
II est à regretter que cet homme savant n'ait pas composé d'ouvrage ex professo, car nous n'avons de lui que des livres qu'il a retouchés , corrigés ou complétés. Cependant il avait dans le temps commencé la rédaction d'un abrégé de l'Histoire du Paye d'après l'œuvre de Bertholet; mais ce travail n'a pas été achevé. Il est vraisemblablement conservé par son neveu, M.
le curé actuel de Contera. — J°. L'ancien catéchiane de ScouvilU, qui fut si longtemps en usage dans le Pays malgré tous ses défauts , Stoltz avait également entrepris de le faire passer par le creuset de l'épuration , en retranchant les demandes et les réponses sans but comme sans intérêt et les avait remplacées par des réponses essentielles. Il en avait nommément réformé en entier la doctrine sur le sacrement de la confirmation; etc., etc. Ce travail a été imprimé chez La mort à Luxembourg, à six cents exemplaires, que presque tous il a distribués gratuitement aux enfants de sa paroisse qui fréquentaient l'instruction religieuse qu'il donnait. Son édition ne porte pas de date et n'est point revêtue de l'imprimatur , parce que , dit-on , il n'était destiné qu'à ses propres ouailles et parce qu'il n'avait pas été chargé par l'autorité ecclésiastique de faire cette révision, qui du reste cependant était très bien pensée.— 5°. 11 a rédigé dans un meilleur ordre et adapté à l'usage des écoles primaires, l'opuscule intitulé: Kern der biblitchen Geschichle; Luxembourg , Schmit-Bruck , 1826, 1829 et 1836.— 4". Il a de même refondu et augmenté un autre livre d'école connu sous le titre de: Sittenzucht, das ist tvie die chrisllicue Jugend sich gegen Gott und die lieben Eltern und jeden Menschen und endlicb gegen sich selbst verhalten soll ; par le R. P. Pierre Wiltz ; Schmit-Bruck, 1820. Ce petit ouvrage enseigne aux enfants la manière de remplir leurs devoirs envers Dieu, envers le prochain et envers eux-mêmes. Stoltz y a ajouté des préceptes de bienséance à observer pendant le repas , en société et en présence des gens bien élevées. — Ô°. Il a retouché le Kyriale en usage au chœur et y a ajouté les Missa pontificalis et pont < fie i a (1822. Schmit-Bruck): Stoltz était bon chantre et avait formé un beau chœur à Rodenboru ainsi qu'à Contera. — 6°. H a aussi refait le petit Vespercd auquel il a ajouté plusieurs vêpres et une mélodie pour le psaume Miserere (Schmit- Brnck; 1823). II avait entendu chanter
cette mélodie par des prêtres français étant sur le vaisseau qui le transporta à File de Ré. — T. Enfin il soigna et corrigea très exactement les épreuves de plusieurs ouvrages entr'autres des classiques latins, Virgile, Quinte-Curce, Eutrope, etc., que les imprimeurs Lamort et Schmit- Bruck de Luxembourg, avec lesquels il était lié d'amitié, lui adressaient.
EacuxG, Die Laicmburjjer Glaubrnsbckrnncr, 71, •ç. — IleaseigneaienU obtenue. — Souvenir». — Etat eWU de Steiatel et de Contera. — Note» fournie! par MM. II. AVotr», curé de Contera et S roux, doyen de BeUdorr.
Strassen, Bernard de ; v. BERNARD, dit de Strassen.
STRASSEN , Wauthier de, est cité pour avoir pris part à la première croisade , sous Godefroid de Bouillon.
STRENG, Jean, de Luxembourg, naquit le 14 mai 1601 , et fut greffier du Conseil provincial. Par testament olographe du 14 août 1676, rédigé à l'âge de soixante-quinze aus il a fondé une bourse d'études au capital de mille patacons ou 4609 frs. et 10 c. , annexée au séminaire attaché au collège des Jésuites de Luxembourg . en faveur d'un étudiant de sa famille, et à défaut de parents d'un jeune homme de la ville de Luxembourg.
Dans le principe les héritiers du fondateur nommaient à cette bourse qui fut plus tard à la collation des Bourgmestre et échevins de la ville de Luxembourg. Cependant, depuis une réclamation d'un descendant de cette famille ce droit de collation lui a été restitué par arrêté du Ministre d'Etat en date du 22 mars 1858.
La bourse Strcng ne rapporte plus que cent quarante-sept francs et 75 centimes.
Jean Strcng est mort célibataire, le 4 décembre 1676.
Na>vk, Dissertation «or le» bonnes, X et XVIII. — Mémorial Ha Graod-Ducbé.
STnoMRBB<; , François-Louis Faust de; v. FAUST, François-Louis, de Siromberg.
S1TMPER, Jacques, fils de Pierre Slumper, bon cultivateur, et de Anne -Marie
Echternacb, est né à Steinsel, le 22 mai 1765. Il commença l'étude des principes chez le curé de son endroit natal, puis alla les continuer au collège de Luxembourg et les termina à l'université de Louvain. Après avoir obtenu l'ordre de la prêtrise il fut, en 1792, nommé vicaire à Useldange oh il tenait en même temps l'école du village lorsque la révolution française vint faire irruption dans le pays et introduisit les lois ainsi que les principes de la république. Comme Stumper refusa obstinément de prêter le serment de haine à la royauté qu'on exigeait de lui il fut obligé de se tenir caché dans un trou qu'il s'était pratiqué en terre au bord du ruisseau nommé Attert, ou bien dese réfugier tantôt dans une, tantôt dans une autre maison. Il eut le bonheur d'échapper de dette manière a toutes les recherches, jusqu'au 5 vendémiaire an VIII où il fut absous de la peine de la déportation et rendu à la liberté.
Lorsqu'en 1805 le collège de Luxembourg fut réorganisé sur un pied nouveau, Jacques Stumper y fut nommé professeur de troisième. Dans cette position il sut s'acquérir la réputation d'uno impartialité exemplaire ainsi que celle d'un tact parfait pour exciter l'émulation chez ses élèves. Mais comme il eut en 1811 un différent assez animé avec M. Munchen (v. son art.), alors directeur de l'établissement, il crut devoir donner sa démission comme professeur, au grand regret des étudiants qui l'aimaient tous. La ville d'Echlernacb qui faisait à cette époque de grands efforts pour établir dans son sein une soi-disante école secondaire, se hâta de le faire nommer vicaire et lui conféra en même temps une place de professeur près de celle jeune institution. Il accepta ces offres, dans l'espoir de voir bientôt changer cette école supérieure en un collège communal. Stumper était un homme très instruit et un professeur très habile. Mais malgré ces qualités il lui restait impossible de contenter lui seul tous les besoins d'un établissement de ce genre. Cependant et malgré les inconvénients qui devaient se
présenter en grand sombre , son école comptait, de 1811 à 1814, annueltemeot une quarantaine d'élèves , parce que tes jeunes gens qui étudiaient sous lai, pouvaient être libérés de la conscription comme s'ils fréquentaient un petit séminaire, tu qu'il était agréé par l'université cl par l'évôque. 11 avait partagé ses élèves en trois ou quatre divisions , dans lesquelles il enseignait le latin , le français, l'allemand, l'arithmétique, la géographie , l'histoire et le chant. Plus tard il comptait de 25 à 30 élèves qu'il poussait jusqu'en quatrième.
Lorsqu'en 1814 l'inspecteur Gœrens qui fut pins tard directeur de l'instruction publique, parcourait le pays de Luxembourg, il inspecta dans tons ses détails l'école de Stumper dont il fut tellement satisfait qu'il prit le maître en affection et lui adressa depuis ce jour un exemplaire de toutes ses compositions.
Sous le gouvernement des Pays-Bas Stumper continua à s'occuper de l'instruction des jeunes gens qui lui étaient confies. En 1815 il étendit le plan de son enseignement en ajoutant à son programme la langue grecque qu'il avait apprise entretemps et sans maître.
Jacques Stumper est mort le 23 juin 1821 à l'âge de 65 ans.
Em.li>c, Die Luxrntburfjt-rGlautienibckriincr, 19;i, sqq. — Etat citU d« la commune de Stciiuel.
STURM , Jacques , né à Luxembourg , le 13 mars 1807, était fils de Jean-Baptiste Sturm, modeste perruquier, et de Marguerite Champagne.
Sturm se sentit dès son plus jeune âge des dispositions très- heureuses pour l'art du dessin dont il suivit avec la plus grande exactitude les leçons à l'athénée de sa ville natale. En 1825 il se trouva placé sous M. le professeur Fresez qui , ayant bientôt reconnu chez son élève une rare vocation, le recommanda à Jobard , de Bruxelles, chef d'un des premiers établissements lithographiques. Ce dernier s'empressa de l'accueillir ; et dès son entrée il lui fit déjà
un traitement de soixante francs par mois : c'était beaucoup pour Sturm qui appartenait à une famille très peu favorisée de la fortune. Aussi, pour prouver sa reconnaissance à son patron, travailla-t-il pour ainsi dire nuit et jour à se perfectionner dans cette carrière nouvelle.
L'établissement Jobard ayant été fermé par suite des événements politiques de 1830, et Jacques Sturm se voyant de nouveau livré à lui-même, osa saisir la palette et le pinceau, sous la direction de M. Navez ; et depuis ce temps il se livra exclusivement à la peinture historique. Doué du sentiment de la poésie il se mit avec la plus louable persistance à l'étude des maîtres : c'est ainsi qu'il médita les œuvres de Scbaeckspire, de Gœtbe, de Schiller, du Tasse et du Dante, dont il parvint à saisir les beautés comme les grands caractères si bien décrits par ces auteurs.
Après avoir exposé à Liège un Saint- Paul, une prière du matin, un groupe de trois belles têtes de femme, Faust et Margretha au jardin de la vieille Marthe; et en 1838 ù Bruxelles la tentation du Christ dans le désert, il peignit d'après la Divina Comedia la naïve et touchante ligure de Françoise de Rimini. Mais celte toile éprouva quelques difficultés pour être admise en 1841 à l'exposition de Bruxelles: et le peintre n'acquit que plus de gloire de ce refus. Les obstacles qu'on lui opposait de ce chef irritèrent son esprit à un point tel que sa santé en reçut un choc violent et funeste : il avail alors 33 ans d'âge. Il partit pour Paris; et après être encore une fois retourné à Bruxelles il alla en Italie dans le but de donner une heureuse diversion à l'abattement de son esprit et rétablir sous ce climat bienfaisant ses forces physiques qui s'affaiblissaient tous les jours davantage. Rome l'accueillit dans ses murs ; et il y eût trouvé un adoucissement à ses soucis, à ses peines, si les progrès de la maladie qui le minait n'avaient pas été trop avancés : il mourut dans cette ville, le 10 janvier 1844, âgé seulement de 37 ans.
SonTenir» personnel*. — Renseignement» fourni». — Etat cItII de Luxembourg. — W*rr , Hiroir des art» «Uu le* P«y*.Bu.
STURM , ou Sturmius, Jean, est né à Schleiden, le 1" octobre 1507. Son père, qui se nommait Guillaume, était un homme de lettres et receveur des comtes de Manderscheid-Schleiden.
Après avoir fait ses premières études dans son endroit natal, le jeune Sturm alla les continuer en 1523 ou 1524 à Liège où il y avait à cette époque une école florissante tant par la science des professeurs que par le nombre et la qualité des élèves qui la fréquentaient. Plus tard il vint à Louvain où il passa trois années tant à l'étude qu'à renseignement. En 1528 il s'associa dans cette ville avec Rogier Roscius, professeur de grec, pour monter une imprimerie dans laquelle il publia quelques auteurs grecs qu'il apporta en 1529 à Paris où il demeura huit ans, pendant lesquels il entendit les leçons de l'université de cette ville: il y suivait les cours de médecine et enseignait en même temps l'éloquence et la logique. 11 se maria à Paris, et peu de temps après il se déclara pour la doctrine de la réformation, démarche qui n'était pas exempte de danger à celte époque où le culte public des Réformés était interdit. Malgré son changement de confession, il sut s'acquérir et conserver l'amitié de plusieurs savants, surtout celle de Lcfèvre d'Etaples, de Guillaume Bude et du Cardinal de Bellay qui l'estima toute sa vie.
En 1537 Bucer conseilla au sénat de Strasbourg d'attirer Sturm dans celte ville. Il y vint et obtint l'année suivante le rectorat à vie du collège auquel l'empereur Maximilien II accorda en 1568 de grands privilèges, et que plus tard, c'est-à-dire en 1621, Ferdinand II éleva au rang d'une université.
Jamais homme ne fut plus officieux que Jean Sturm ; il trouvait son plus grand plaisir à obliger les autres, à les aider dans leurs études et à contribuer de son mieux au succès de leurs travaux. Sa maison
était comme l'hôtellerie des pauvres et des étrangers, ainsi que l'asile des bannis, surtout de ses coreligionnaires qui avaient fui la France par crainte des persécutions. Il leur faisait de grandes libéralités et s'appauvrit même pour venir à leur secours.
En 1555 l'empereur Charles-Quint lui conféra des lettres de noblesse et Maximilien II lui accorda plusieurs privilèges importants. Il s'acquitta avec succès de diverses légations en Angleterre, en France, en Danemark et vers quelques autres princes: En 1545 il avait été envoyé en ambassade auprès des rois de France et d'Angleterre pour moyenner leur accommodement; et il sut s'acquitter avec tant d'habileté de celte mission que l'un et l'autre de ces deux monarques lui firent de grands honneurs. Il fut aimé de François 1", de Henri II et de Henri III, rois de France, de Christian et de Frédéric, rois de Danemark, de la reine Elisabeth d'Angleterre, des Electeurs et des princes de l'empire , des cardinaux Sardolet et Bembe, d'Erasme, de Melanchton, de Camerarius, de Manuce, de Calvin, de Bèze, de Ramus et de plusieurs autres savants.
Jusque là Jean Sturm devait se croire heureux ; mais des désagréments sérieux vinrent l'atteindre vers 1583 où l'intolérance religieuse d'un ministre protestant chercha et réussit à le faire démettre de son rectorat, parce qu'il était trop tiède adhérant du Luthéranisme et semblait pencher davantage vers la doctrine mitigée de Calvin : son antagoniste, nommé Papus, l'accusa de n'avoir pas, depuis vingt ans, assisté à ses prêches, et en inféra qu'il devait être coupable d'irréligion ! Aujourd'hui les sectes dissidentes puisent leur principale accusation contre les prêtres catholiques dans leur soi-disante intolérance et dans leur rigueur à suivre le précepte : qui non mecum est contra me est; et il y a deux siècles à peine , peu après leur origine, ils étaient cent fois plus intolérants encore. Quoiqu'il en soit, tout en prononçant son renvoi comme Recteur, le magis-
trat de Strasbourg mitigea cet arrêt en vue sans doute du grand âge de l'accusé qui fut déclaré émérite.
Jeao Storm a été marié trois fois ; avec chacune de ses deux premières épouses il vécut vingt ans; et la troisième lui survécut. Aucune de ces trois unions n'a produit postérité. 11 deviut aveugle sur la On de ses jours et mourut le 3 février 1589, à l'âge de 81 ans, 5 mois et 2 jours.
Sturm était un homme très-instruit, mais surtout grand ami de l'instruction. On a de lui un assez grand nombre d'ouvrages de littérature dont plusieurs sont excellents , outre beaucoup de livres de polémique qui ont perdu leur actualité aujourd'hui. Nous allons citer ceux dont les titres nous sont connus: 1°. De litterarum ludis rectè aperiendis. — S°. De amissâ dicendi ratione. — 3°. Partitionom dialecticarum libri IV.— 4*. In Parlitiones oratorias Ciceroois dialogi IV. — 5". Luctusad Joacb. Camerarium , cum epitaphiis J. Sapidi. — 6*. Epistola; de dissidio periculoque Germanise, et de eroendatione Ecclesiae. — 7*. Prafatio in quosdam Platonis dialogos. — 8°. Comment, in orationem Ciceronis , de Aruspicuro responsis. — 9°. Emendationes in Orationes et Rhetoricorum libros omnes Ciceronis. — 40*. De Periodis libellus. — Nobititas lilterata.— i2°. Vita Beati Rhemanî.
— i3°. Oratio funebris in obitum Jacobi Sturmii : Jacques S turm , Bourgmaitre de Strasbourg, était un homme très-instruit et très influent. Quoique homonyme de Jean Sturm, il n'était pas de la même famille. — 14°. Commentarîolus in Aeschinii et Demosthenis Orationes contrarias.
— iS°. De educatione Principum.— Ï6"*.
De nobilitate Anglicanâ.— il*. Scbolia in primum libruro Politicorum Aristotelis. — 18°. Scholia in orationes Ciceronis pro Quintio , pro domo suâ, pro Cn. Plancio, pro C. Rabirio posthqmo, in Divinationem, contra Verrem , in 1 et 2. Philippicam. — 19*. Dialogi in Aristotelis Rhetoricam.— 20*. Resolutio operum Cicero-
nis. — Si* Epistola; duaî de Victoria Cbristianorum ad Echinandas. — îf, Epistola coosolatoria ad Fabricios fratres. — 23*. Epistola de morte Erasmi , Episcopi Argentinensis. —24° Aristotelis Rbetorica in linguam latinam conversa , et scholiis explicata. — 25°. Prolegomena in varies Autores. — 26°. Pnefatio in scripta qnxdam de Cœna Do mi ni. — 27*. Herraogenis partitionum oratoriarum liber illustratus. — 28°. Hermogenis de ratione inveniendi oratoria , libri IV, et libri de dicendi generibus latinitate donati , en m scholiis.— 29°. Disceptationes logiez.— 30°. Lingute latinsc resolvendae ratio. — 51°. De imitatione oratoria libri III , cura scholiis. — 52°. De statibus causarum civiliom. — 33*. Universa doctrina Hermogenis. — 34". Comment, in Ciceronis Tnsculanam I. — 55". Consnltatoria epistola ad Berna rdum Botzeimiuin.'— 56°. Orationes funèbres II. — 37". Palinodia ad Lucam Osianrirum. — 58°. Invectiva contra L. Osiandrum. — 39°. Anti-Pappi III, contra J. Pappura. — 40°. Très parles priores Anti-Pappi quarti : I. Commonitio; II. Anti-Prœmium ; III. Ant. Osiander pro exteris Ecclesiis et pro synodo Ncapoli Palatini. — 41°. Epistola apologelica contra Jac. Andream.— 42*. Epistola Eocharistica ambrosia ad J. Pappum. — 43°. Coufessio augustana Argentinensis. — 44°.
Epistolarum eucharisticarum libri I. Epistola IV. — 45". Epistolarum eucharisticarum libri H , Epistola secunda. — 46°. De cognitione linguarum nostri steculi. — 47°. Physica.— 48°. Philosophia naturalis. — 49'. Themata versibus. — 59°. Epistola; classiae. — 51". Neanisci. — 52°. Leges, ordo et exercitia scbolœ Lavioganœ. — 53°. De universâ ratione elocutionis rhelorica; libri IV. — 54°. In Verrinam orationem Ciceronis sextara. — 55°. Rhelorica.— 56°. TTnQfar^rmu. — 57°.
Commentarii in artem poCticara Horatii.
— 58*. Epistola; et orationes varia;. — 59°. Institutiones littéral».— 69". De bello adversus Turcas perpetuo administrando. — 64*. Une édition des œuvres de
Claude Ga tenus. — 62°. De demonslratione lib. I. qui dialecticarum partition u m est tertius. — 63°. De ratione ioterrogaudi atque collocandi Dialectica. — 64*. Ex Cieeroois epistolis selectis libri très, in usum pnerilem. — 65'. De diceodi generîbus , de ratione gravitatis occulta; , latinitate donati et scholiis explicati. — 66*. De universâ ratione elocutionis Rhetoricx. —
67°. De amissâ ratione elocutionis rhetorics libri IV.
Mduu, VI, tf65.-BiVL«, IV. 994. iw.-Pa- «mr, 61.— De Ftutt, Dlctioao«i*e b»fa>riqac, litt. 8.-BIUCI, EifliaiUiutmU. III. I. i. 199. Covbtih, Encyclopédie moderne, XXI, 3i(8. — D*»rxun, Biblîotheca coloniencu, SOS. — Biographie nivenelle, XLIV, 144, •m-— Ntcw*** , Le» «titrer» luxenbour(;eoi» , 10. — CouT«r«atic-a»-Le«ikon , e'dit 18SI.
Stcrmius, Jean ; f. STURM , Jean,
TANDEL, Charles-Antoine, né à Luxembourg , te 8 prairial an IX (28 mai 1801), était fils de Charles-Nicolas-Damien Tandel et do Anne-Marie-Elisabeth-Josèpbe-Rosalie Couturier.
Après qu'il eut terminé avec distinction ses éludes gymnasiales au collège de Luxembourg il alla suivre à l'université de Liège la philosophie, les mathématiques et les sciences naturelles. Sur ces entrefaites son âge l'appela au service militaire parce qu'il ne possédait pas les moyens de se faire remplacer : cette circonstance fâcheuse interrompit pendant quelque temps sa carrière studieuse. II alla ensuite résider pendant quelque temps à Bruxelles où il s'occupa principalement de littérature et de l'étude des langues modernes , dans la connaissance desquelles il se rendit si habile qu'il écrivait également bien l'anglais, le hollandais, l'allemand et te français
Quelque temps après l'administration urbaine de Bouillon lui confia une chaire de langues anciennes au collège de cette ville ; et en septembre 1 826, la ville d'Echternach voulant réorganiser son collège en y appelant des professeurs capables de faire fleurir cet établissement, fixa ses choix parmi lesquels se trouva Chartes Tandel qui fut chargé de l'enseignement des langues grecque et hollandaise , ainsi
que de l'Histoire dans les trois classes inférieures.
Les tendances du gouvernement d'alors pour centraliser les établissements d'instruction moyenne , de même que tes articles véhéments que le Journal de Luxembourg venait de publier contre te collège d'Echternacb, fournirent à Tandel l'occasion d'écrire deux brochures très intéressantes qu'il avait d'abord destinées à être insérées dans te journal auteur de l'attaque, mais qui furent refusées par la rédaction. La première avait pour but de réfuter deux articles sur l'enseignement, qui avaient paru dans les numéros 22 et 25 (année 1826) de la dite feuille, et dans lesquels la fermeture des collèges des petites villes était formellement demandée. La seconde avait pour titre : Observations sur l'enseignement DANS LES ATHÉNÉES ET COL- LEGES, terminées par des propositions touchant certaines améliorations et des économies à y introduire, de manière à pouvoir annexer, sans sensible dépense nouvelle, une école industrielle à chacun de ces établissements.
Tandel resta attaché au collège d'Echternach jusqu'au mois de février 1828 où il quitta cet établissement qui déclinait de jour en jour, à cause dit-on, du mauvais vouloir de l'administration de la ville ainsi que du Bureau d'administration qui refu-
sait aux professeurs jusqu'aux meubles et appareils les plus nécessaires à l'enseignement.
A son départ d'Echternach Tandel se retira à Luxembourg où il reçut l'année suivante une nomination de Professeur à Fécole militaire de Breda. Il y resta jusqu'aux événements politiques de septembre 1830 qui le forcèrent à aller à Bruxelles. A la réorganisation de l'enseignement en Belgique, il fut nommé inspecteur provincial pour l'instruction primaire dans le Luxembourg belge, parce que la faiblesse de sa santé ne lui permettait plus d'occuper une chaire professorale. Ces fonctions il les remplit avec zèle et intelligence, jusqu'au 11 septembre 1854, où il fut une des victimes de l'épidémie cholérique qui dépeuplait alors la ville d'Arloo.
Charles Tandel a conservé la réputation d'avoir été un homme d'honneur dans toute la force du terme. Consciencieux, ami de la vérité, laborieux, d'une exactitude extrême à remplir ses devoirs comme fonctionnaire et comme citoyen, d'une exquise sociabilité, franc et sincère a l'égard de tous, au point qu'il était admis dans tontes les sociétés et aimé de tous. Comme chef ou comme maître, il savait se faire respecter sans rigueur; un désir unique occupa tous ses instants et ce désir c'était la pensée, la volonté de rechercher les moyens les plus propres à améliorer l'instruction publique en général. Aussi ce désir donna-t-il lieu à plusieurs compositions aussi profondément pensées que clairement exposées. Nous citerons entre autres : 3°. Idées sur l'instruction publique dans les Pays-Bas; Bruxelles, 1829. — 4°. Plan d'une université pour la Belgique ; Bruxelles, 1831 ; etc., etc.
McLtta, Programme de l'école iadmtrielle dEchternacb, 18156; paatim. — Souvenir» contemporains. — Kenaeigaeiaente conoaawquëa. — Niant, Catalogue de la DibUotb. de Luibrg., 10JI «t 710.
TANDEL, Nicolas -Emile, fils de Cbarles-Nicolas-Damien Tandel et de Marie-Elisabetli-Josèphe-Rosalie Couturier , conséquemment frère du précédent, est
né à Luxembourg , le 9 germinal an XII (30 mars 1804). A l'âge de dix ans il entra au collège de sa ville natale où il se trouva être le plus jeune de sa classe, et embrassa avec ardeur l'étude de toutes les branches des connaissances préparatoires qui donnent la clef des sciences d'application. Il figurait invariablement parmi les premiers élèves des cours qu'il avait a suivre.
La mère et la sœur de Tandel allèrent en juin 1819 se fixer à Bruxelles; il les y accompagna sans avoir achevé son cours de rhétorique. II semble qu'il fut depuis lors Uvré à lui-même et obligé de compléter sans maître son éducation classique ; et il le fit avec une merveilleuse facilité. Pour s'initier pratiquement à la carrière professorale vers laquelle il tendait dès sa jeunesse , il se voua pendant plusieurs années à l'enseignement privé, laissant partout de profonds souvenirs d'un savoir mûri et d'une noblesse de sentiments inaltérable.
Ses talents lui assignaient une place dans les établissements de l'Etat : En 1826, à l'âge de 22 ans, il fut appelé à donner un cours approfondi de langue allemande au collège philosophique nouvellement érigé à Louvain, où par ses leçons comme par ses écrits il se concilia autant la sympathie que l'estime du public. Dans sa grammaire allemande, Formenlehre (1829) et Satzlehre (1833), il soumit à un nouvel examen les principes de la grammaire et sut imprimer à ses règles de même qu'à ses raisonnements les caractères qui font le mérite des ouvrages de ce genre : ces deux compositions sont d'ailleurs aussi bien écrites qu'elles sont philosophiquement conçues.
La révolution belge de 1830 avait éclaté sur ces entrefaites ; et l'on sait l'euet qu'elle produisit sur l'enseignement public en Belgique: Par son arrêté du 16 décembre, le Gouvernement provisoire avait profondément altéré la constitution intérieure des trois universités qui s'étaient vu enlever , Tune une , l'autre une
antre (acuité , au point que Liège n'eu conserva que trois et Gand ainsi que Louvain deux seulement. Cet état des choses avait dû sa naissance au renvoi des professeurs hollandais et à la mise à la retraite de plusieurs professeurs allemands.
Après cette tempête nous trouvons Tandel à l'université de Louvain , chargé du cours de statistique et d'économie politique; c'est-à-dire étudiant la pensée dans sa manifestation multiple, comme naguère il l'avait suivie dans son expression individuelle, de même que plus tard il devait l'observer à sa naissance. Il publia en 1834 la Théorie de la statistique, traduite du latin de Mont, avec additions.
En 1835 , lorsque la Belgique réorganisa ses deux universités de l'État, Tandel fut conservé à Liège. Il y continua le cours d'économie politique et de statistique , auquel il joignit celui de géographie physique et ethnographique, cours obligatoire pour le doctorat en philosophie et lettres. L'année suivante le gouvernement lui offrit la chaire de philosophie, qu'il hésita d'abord d'accepter; mais pressé par ses amis il consentit à s'en charger : Il fut promu au rang de professeur extraordinaire, et trois ans plus tard à l'ordinariat.
Dans ces nouvelles fonctions il fut, depuis son entrée jusqu'à sa mort , un modèle de zèle et de bonté. Il ne vivait que pour ses élèves ; pour eux il s'astreignait à un travail incessant : l'affection pour lui était unanime ; l'ascendant qu'il avait acquis sur eux était général. Chéri de ses collègues, estimé du public, il contribuait puissamment à la gloire de l'université et de sa patrie adoptive.
Il préluda à des travaux philosophiques plus étendus par un mémoire qu'il adressa à l'académie de Bruxelles, et qui fut lu dans la séance du 15 décembre 1839. Ce travail a été inséré dans le Tome XV des mémoires couronnés et mémoires des savants étrangers. Il
a pour titre: Nouvel examen d'un phénomène psychologique du somnambulisme.
Son Cours de logique à l'usage de l'en" seignement universitaire parut en 1841.
Par la loi du 27 septembre 1835 , le gouvernement belge dans sa sollicitude pour les études philosophiques vastes et profondes avait remplacé le cours de psychologie par celui d'anthropologie dans les programmes universitaires : cette innovation qui devait asseoir la philosophie sur des fondements plus larges et moins arbitraires avait été accueillie avec faveur. L'anthropologie comprenant , outre la psychologie , la physiologie de l'homme , détermina le zélé professeur à publier son Esquisse d'un cours d'anthropologie, ouvrage conçu dans un esprit éminemment scientiGque et qui provoqua les méditations des penseurs.
En 1843 Tandel commença le Sommaire de philosophie qui ne fut achevé que peu de temps avant sa mort: C'est, dit son panégyriste , le résumé du testament d'un philosophe chrétien.
Outre les écrits que nous venons de mentionner, Tandel a laissé une Analyse de la philosophie morale de de Cock , vice-recteur de l'université catholique de Louvain; plusieurs articles insérés dans la correspondance mathématique de M.
Quetelet; et quelques lettres adressées au Journal historique de M. Kersten.
Depuis longtemps la santé de Tandel était minée par des travaux continus. Ni la science médicale , ni le doux climat de Nice , ni les soins affectueux de sa famille ne purent arrêter les progrès de la maladie dont il était atteint : il lui fallait du repos. Il quitta la bruyante cité de Liège et se retira au petit-séminaire de St.-Trond, chez son ami, M. l'abbé de Lonay, professeur de philosophie. Comme dernier moyen de guérison l'art lut avait conseillé un essai fréquemment tenté aux environs de Paris , et notamment au bois de Boulogne , c'est-à-dire d'aspirer un air imprégné d'odeur de dépendances de ferme. On lui prépara au petit-sémi-
oaire de St. Trond un appartement ditposé dans ce sens ; mais le mal s'opiniùtra contre les ressources et les combinaisons de la médecine; et Tandel mourut le 25 octobre 1850, entouré de sa famille. Il n'était âgé que de 46 ans.
Héritier des mœurs patriarchales de son pays natal, simple à la fois dans son génie et dans sa vertu, Tandel est du nombre des hommes les plus judicieux qui en Belgique aient cultivé l'analyse intellectuelle. Placé dans un Pays el h une époque de civilisation où la prodigieuse complication des intérêts et les tiraillements des partis semblent avoir substitué une nouvelle race d'hommes à ceux qui vivaient à la naissance des sociétés; dans un pays de liberté où aujourd'hui toutes les idées de progrès, pour avoir cours en Europe, paraissent venir se faire naturaliser, mais où souvent la philosophie n'est qu'un plaidoyer en faveur d'un parti, Tandel donna à la science pour sauvegarde, non des hypothèses plus ou moins brillantes, mais cette même philosophie qui repose sur des faits manifestes, sur les besoins invariables de la nature humaine et qui prévaudra toujours dans l'esprit des hommes éclairés. Pour lui la foi est l'anneau suprême des grandes coordinations, elle est cette mystérieuse révélation qui unit le visible à l'invisible, le connu à l'inconnu, l'univers à la pensée.
U était froid au premier abord; son calme était glacial ; son œil bleu el doux intimidait par la fixité du regard ; mais touchait-on une corde sensible, une fibre délicate , à l'instant il s'animait, il se montrait tel qu'il était, passionné pour les idées générales, pour les enchaînements logiques, éloquent quand il traçait le tableau des égarements de l'esprit humain. Aviez- vous sa confiance, il était tout à vous, plein de cœur el d'un dévouement sans bornes. On ne savait pas ce qu'on devait le plus admirer en lui, ou sa modestie ou sa puissance de raisonnement. Comme la généralité des hommes éminents , il fut un
modèle de piété filiale, gardant la plus affectueuse tendresse envers le souvenir de sa mère, morte plusieurs années avant lut.
Tandel avait épousé en 1836, dame Sophie Vanpuyvelde, de Bruxelles, qui lui donna un fils et deux filles.
L'abbé Kuti , Notice imr Emile Tandel; dana i Publication! de la Société archéologique de Luxembourg, XII, 137 a 148. — Lonar, Notice sur N. E. Tandel; danc Revue catholique, nov. 1850. — Journal de l'instruction publique; nov. 1880. — \V*aakobhio, dans: ZeiUchrift fur Philosophie u. Spéculative Kritik, von Fichte; Dalle, T. XXX, K" 401. — LooMaM, Notice sur la vie et les travaux de N. E. Tandel, lue h la séance do Conaeil académique de l'Université de Liège, le 1» janvier 1883.
TANDEL , Pierre , né au village de son nom , devint chanoine de la collégiale de N.-D. à Pfalzel.
Par testament en date du 24 mars 1633, après avoir demandé à être inhumé dans le cloître de sa collégiale, fait à chaque membre de sa famille des legs particuliers et institué des anniversaires, il ordonna que mille écus dits du roi, plus quatorze cents autres écus dits à la croix seraient placés à intérêts pour servir à l'entretien de trois bourses d'études au profit des descendants de ses frères et sœurs, savoir : Mathias Tandel de Longsdorf , Elisabeth Tandel de Walsdorf, Catherine Tandel d'Obersgegen , Henri Tandel de Bastendorf et Jean Tandel du dit Tandel.
Depuis plus d'un siècle les capitaux affectés à ces bourses, et dont il ne nous a pas été donné de préciser la valeur nominale d'alors, comparée à notre monnaie moderne , se trouvent partagés en deux parts inégales, dont l'une est administrée dans le Grand-Duché de Luxembourg, l'autre par la commission d'administration du gymnase de Trêves. Chacune des deux a trois bourses distinctes ; celles de Trêves rapportent chacune 18 écus de Prusse ou frs. 67, 50 centimes; celles de Luxembourg au contraire ont chacune un revenu de 120 frs.
En capitalisant les deux sommes nous établirons la fortune respective de ces fon-
dations, ©elle de Trêves par frs. 5366, 25 centimes, et celle do Grand-Duché par 7200 frs.; total 12566 1rs. et 25 cent., chiffre qui dépasse assurément le capital primitivement constitué.
La portion possédée par le Grand-Duché a été régularisée quant à sa râleur et aux conditions de la jouissance par disposition du 22 septembre 1854, de la manière qui suit:
Conformément au désir du fondateur, le droit de collation appartient à une commission composée des descendants les plus âgés des frères et sœurs du dit fondateur, au nombre de cinq, lesquels h chaque vacance sont convoqués à Diekirch : deux des commissaires , en l'absence des autres , peuvent procéder a la désignation du boursier. Pour le cas où aucun des collateurs ne se rendrait à Diekirch au jour fixé, le Directeur-général du département afférant procède à la collation.
Les boursiers doivent étudier les langues anciennes, ensuite la philosophie ou la théologie dans un établissement du Grand- Duché. La jouissance leur est conservée pour les études universitaires.
Les parents du fondateur ont droit à la jouissance, laquelle ne peut être conférée à des étrangers qu'en l'absence de parents postulants et seulement pour aussi longtemps qu'aucun parent n'en réclamera la collation à son profit.
Copie du testament du fondateur. - v.8t»*«»«ic, Dcr MoscWlrom, SU. — Hoirs, Manuel de» fondation» de bonnes d'études, 347, sqqqq. ; et 4SI.
TAURIN , Saint, né pendant le sixième siècle, à Yvois-Carignan , était frère de St.-Géry. L'église a placé ce personnage au catalogue des saints, mais la légende ne rapporte aucun fait positif qu'on puisse lui attribuer.
Le 1 1 août on fête à Evreux un Saint- Taurin qui doit avoir été premier évéque de cette ville; mais tous les critiques s'accordent h soutenir que ce Saint est un autre que le frère de St. Géry: le motif le plus concluant qu'ils rapportent à
cet égard c'est que ces deux Taurin ont vécu pendant des siècles différents ; ce qui du reste est historiquement prouvé.
Liccy et n u Haot, Annales civiles et relifien»es d*Y*oU-Cari(aan , 10, uqq.\ et 148. — Goaucaa», Vies des Pires, dos Martyr» et des saints ; an 11 août.
TELLOT, Jean, vivait vers le milieu du dis-huitième siècle. 11 avait obtenu les ordres et fut longtemps curé de Remich. Ou a de lui un manuscrit en trois volumes, qu'il a composé en coopération avec le Père Booaventure , dans le monde Mirebout Henri-Remi (v. son art.), capucin à Luxembourg. Cet ouvrage qui se trouve aujourd'hui dans la bibliothèque de Monsieur Wurth-Paquet, Président de la Cour supérieure de Justice à Luxembourg, a pour titre : Mémoire» pour servir à l'Histoire civile et ecclésiastique de la Province de Luxembourg.
Paon», vu.
THÉODORIC ou Thierry, religieux de l'abbaye de St. Willibrorde à Eehternach, vivait pendant la seconde moitié du douzième siècle. Théodoric était savant et trèsversé dans la connaissance des antiquités. Elevé dès son bas-âge dans l'étude des belles-lettres , il ne l'avait pas interrompue jusque dans une extrême vieillesse; et comme il avait souvent feuilleté les archives de son monastère il en savait parfaitement toutes les vicissitudes, son origine, ses ravages, ses privilèges.
11 fallait dans ce moment à l'abbaye un tel homme pour déjouer un projet d'engloutissemeot formé contre elle par Jean 1er, archevêque de Trêves. Ce prélat, qui avait été chancelier de l'empereur Henri VI, avait conservé un grand crédit à la cour. Il voulut s'en servir pour obtenir de Henri VI que le monastère d'Echternach dont il convoitait les riches revenus fût annexé h sa maose archiépiscopale: II proposa en conséquence à ce prince de lui céder le château de Nassau en échange de l'abbaye. L'empereur, sans examiner la proposition, accéda à la demande de son
ftvori et loi en fit môme dépêcher les lettres nécessaires dans lesquelles il déliait l'abbé et les religieux de leur serment de fidélité prêté à l'empire et leur ordonnait de recevoir leur maison du dit archevêque et de ses successeurs. Jean fit aussitôt Tenir à Trêves l'abbé Godefroid qui alors tenait la grosse du patrimoine de St. Willibrorde, lui lut le brevet impérial et lui ordonna d'y obéir. Mais l'abbé, comme frappé de la foudre, demanda on délai pour réfléchir. Pendant ce temps il fit, tant par lui-même que par son avoué , le comte de Luxembourg, des démarches sérieuses auprès de l'empereur afin de faire révoquer cette union qu'il présentait comme désastreuse a l'empire. Il fit plus, il donna à son religieux Théodoric commission de rédiger un mémoire historique dans lequel celui-ci , après avoir exposé la chronique de l'abbaye, nommait tous les souverains qui l'avaient gratifiée, soit de biens soit de privilèges; il y citait également les seigneurs qui étaient détenteurs de fiefs relevant du monastère et qui par suite de Técliange seraient devenus vassaux de l'évcque. Lorsqu'il eut terminé son travail il fut député avec un de ses confrères, nommé Hillin, vers l'empereur pour le lui présenter. Henri VI après l'avoir lu fut convaincu qu'on avait voulu surprendre sa religion : Il révoqua en conséquence l'échange projeté et même déjà décrété , par un nouvel édit dans lequel il déclarait que l'abbaye d'Echternach appartiendrait comme par le passé à l'empire, et qu'elle jouirait à toujours des mêmes immunités et de la même protection que sous ses illustres prédécesseurs. Ce diplôme est daté du mois de septembre 1192.
Le même Théodoric transcrivit en un grand livre les Chartres de fondation et de donations de son monastère , les diplômes de nature quelconque, les bulles et indulgences des papes, etc. Il dédia cet ouvrage à son abbé Godefroid, en 1 193, et le continua jusqu'en 1220. Pendant le quinzième siècle il en avait été fait une copie, également écrite sur parchemin , et que nous
possédons. Ce recueil si précieux ponr les religieux fut appelé le livre d'or, Liber aureus, non à cause de ses ornements extérieurs mais bien de sa valeur intrinsèque : 11 avait acquis foi en justice. Nous ne savons ce que l'original peut être devenu j il aura vraisemblablement été enrichir une bibliothèque étrangère où il se trouve peut-être ignoré aujourd'hui, comme tant d'autres trésors littéraires qui ont été dispersés lors de l'émigration des religieux en 1794.
Micact, Catalogue de* abbés d'Lcbtvrnacb, 10, Au IloKTa«iB, 1, passin, et iitf. — BckraoïcT,
IV. 247 ad 908. - Btmu, 107. - Mm... Bescbrelbnog des Sanerlbales, 49. — WtmTn-PsçcaT, Liber avreas de l'abbaye d'Echternaeb ; dans: Publie, de la Soc. archéol. de Lmbrg.: vol. XVI, p. I a 20 de la seconde partie.
Théodoric de Houffalize; v. HOlîF- FALIZE, Théodoric de.
Théodoric de Luxembourg; v. LUXEM- BOURG, Thierry ou Théodoric de.
Thbofrid; v. THIOFKID.
THIBAUT, .V*., Theobaldus, sortait des comtes de Champagne. Il était lils d'Anioul de Champagne et de Guile, petitenièce du grand Thibaut , archevêque de Vienne eu Dauphiué, qui fut aussi inscrit au catalogue des saints.
Thibaut est né à Provins en Brie , en l'année 1017. Il reçut au baptême le nom de son grand-oncle maternel qui, dit-on, avait prédit sa naissance et sa sainteté future.
Dans sa jeunesse il ne s'occupa que d'études sérieuses et faisait tous ses efforts pour progresser dans la connaissance des choses célestes. Plus on leutait de lui inspirer du goût pour les grandeurs du monde [dus il se recueillait eu lui-même et prenait de précautions pour se prémunir contre les séductions. Il faisait une élude constante des vies des Pères du désert et se trouvait singulièrement attaché à la lecture des exemples de perfection qu'il y rencontrait, tout en éprouvant déjà alors le désir le plus ardent d'imiter ces modèles : Les vies de St. Jean-Baptiste,
de St. Paul ermite, de St. Antoine et de St. Arsène ûrent snrtout sur lui une impression profonde. Il soupirait sans cesse après le bonheur que ces religieux personnages devaient avoir eu de goûter les douceurs d'une contemplative solitude où rien ne pouvait les distraire de la prière et de leurs exercices de piété. Il visitait aussi fréquemment un pieux solitaire nommé Burcbard qui vivait sur une petite île de la Seine ; et il s'essayait sous sa conduite à la pratique du jeûne , des veilles et des différentes autres mortifications religieuses.
Son père qui aussi était très pieux était cependant un homme du monde: il ne vit pas sans quelque crainte la tendance de son fils a vouloir se retirer de toute société. Il tenta même à plusieurs reprises, mais toujours inutilement, de lui faire accepter des partis avantageux et des postes brillants, soit à la cour, soit à l'armée. Une guerre s'était allumée sur ces entrefaites entre Eudes II, comte de Champagne , son parent, et l'empereur Couradle-salique, au sujet de la succession au royaume d'Arles ; le père de Thibaut voulut le charger de commander les secours qu'il envoyait au Comte de Champagne ; mais celui-ci, tout en marquant la peine qu'il avait à désobéir, lui représenta l'obligation qu'il avait contractée par un vœu solennel d'abandonner le monde ; et obtint enfin, à force d'instances, la permission qu'il sollicitait de se consacrer entièrement à Dieu.
Peu de temps après il alla h l'abbaye de St.-Remy , de Rheims , avec un de ses amis, nommé Gaulliier. Dès qu'ils y furent arrivés ils renvoyèrent chacun son domestique et partirent (eux-mêmes secrètement. En route ils échangèrent leurs habits contre les haillons de deux mendiants qu'ils rencontrèrent et se rendirent sous ce nouvel accoutrement, à pied et demandant l'aumône , d'abord dans les forêts du comté de Chiny, en un lieu qui fut plus tard appelé Suxy où ils s'occupèrent à aider les charbonniers à faire des charbons. Plus tard Louis, comte de Chiny bfttit en cet endroit et en leur honneur une chapelle
qui acquit de la célébrité et que le comte Evrard de La Marck détruisit en 1430.
La réputation de la sainteté de ces pieux ermites les ayant fait remarquer par le peuple ils crurent prudent de se retirer en un autre lieu où ils fussent moins observés. A cet effet ils dirigèrent leurs pas vers le Pays de Luxembourg, dans un bois près du village de Pittange, non en Souabe comme Godescard et après lui H. le Chanoine de Ram l'ont écrit dans les vies des Pères , des Martyrs et des principaux saints: Ils choisirent cet endroit solitaire pour leur retraite , parce qu'il leur parut plus propre à l'exécutioa de leur dessein de se sanctifier dans la vie érémitique. Ils y construisirent deux cellules et résolurent d'y passer le reste de leurs jours.
Ils avaient appris de Burchard que ht vie ascétique exige le travail des mains et que les anciens solitaires s'étaient occupés a faire des nattes ou des paniers. Pour y suppléer ils allaient dans les villages voisins exercer le métier de manœuvres près des maçons et se joindre aux serviteurs des fermes afin de partager avec eux les travaux les plus pénibles : ils employaient leur salaire à acheter du pain bis qui faisait toute leur nourriture. La nuit venue ils se retiraient dans leur forêt , chantaient ensemble des hymnes et passaient un temps considérable dans l'exercice de la contemplation 5 puis le lendemain de très-grand matin ils retournaient à leur ouvrage.
C'est ainsi qu'ils passaient leur vie lorsque s'étant aperçus qu'on commençait à Pittange comme on l'avait fait à Suxy à les honorer comme des saints leur humilité leur fit à l'instant prendre le parti de quitter encore cette retraite et de faire nu-pieds un pélérinage à St. Jacques de Compostelle.
A leur retour ils vinrent se fixer dans une autre partie du diocèse de Trêves où ils reprirent le train de vie qu'ils avaient mené à Pittange. Thibaut voulait apprendre par cœur les sept psaumes
de la pénitence et ensuite le psautier en entier; mais comme il n'avait pas d'argent ponr en acheter un, son compagnon envoya un clerc à Provins en demander un à son père et à sa mère; mais il lui défendit de leur indiquer le lieu de leur retraite.
Le clerc fut bien reçu et Arnoul a qui le départ furtîf de son fils avait causé bien du chagrin fut transporté de joie en apprenant qu'il vivait. Il voulut accompagner le clerc malgré les protestations de celui-ci et arriva ainsi auprès de Thibaut qui le voyant venir de loin se sauva précipitamment et partit avec son compagnon pour un nouveau pèlerinage. Cette fois ils allèrent à Rome visiter les tombeaux des princes des apôtres et de là ils avaient dessein de se rendre à Jérusalem ; mais ils durent renoncer à ce dernier projet à cause de la cruelle guerre qui s'évissait alors dans les Lieux- Saints. Ils s'arrêtèrent donc en Italie en un endroit appelé Salanigo , près de Viceuce dans le domaine de Vénisc où ils se construisirent deux cellules.
Au bout de deux ans Thibaut cul la douleur de perdre son compagnon Gauthier. Cet événement le porta à redoubler ses austérités : il s'interdit l'usage de la viande et de lu graisse , ne vivant que de pain d'orge et d'eau ; puis quelque temps après , se contentant de fruits et d'herbes , il se retrancha encore le pain et ne se nourissait môme souvent que de racines. Il couchait sur une planche, ayant un tronc d'arbre pour oreiller. Sou sommeil était très court ; et pendant les cinq dernières années de sa vie il n'eut plus d'autre lit que le siège sur lequel il s'asseyait. Ce genre de vie si excessivement austère étant venu à la connaissance de Sindeker éveque de Vicence ce prélat crut devoir conférer à Thibaut les ordres sacrés que celui-ci reçut , diton , par pure obéissance , se croyant encore indigne du sacerdoce.
Le bruit de la saiutelé de notre ermite se répandit bientôt au loin et finit
par arriver jusqu'aux oreilles de son père et de sa mère qui s'empressèrent d'aller le visiter. Ils le trouvèrent tout défiguré par la pénitence et exténué par les jeûnes. Sa mère, touchée à sa vue, se sentit tout-à-coup dégoûtée du monde et voulut finir ses jours dans une cellule placée à côté de celle de son fils.
Deux ans avant sa mort , Thibaut devint paralytique et son corps se couvrit d'ulcères affreux qui lui causèrent de grandes douleurs sans pouvoir lui arracher la moindre plainte et sans même lui faire relâcher de ses pratiques d'austérité. Lorsqu'il sentit que sa fin approchait il fit demander l'abbé de Vagadice, de l'ordre des camaldules , qui lui avait peu auparavant donné l'habit de sa communauté, et lui recommanda sa mère. Il reçut de lui le St. Viatique et expira doucement, le 30 juiu 1066, à l'âge de quarante-neuf ans.
Son corps , inhumé d'abord dans l'église de Notre-Dame à Vicence, a été transporté plus tard dans une chapelle près d'Auxerre , appelée chapelle de Saint Thibaut-au-bois. Le pape Alexandre 111 Ta canonisé et l'Eglise a fixe sa fêle au jour anniversaire de son décès.
Le Saint ermite Thibaut est particulièrement honoré dans le Luxembourg à Harcourt, où l'on a construit une chapelle en son honneur, au lieu même où se trouvait autrefois placé le caslel de Montaigu. Il existe en outre à Luxembourg même la confrérie dite des sept métiers, constituée sous l'invocation de ce saint : c'est celle qui réunit les maçons , les vitriers , etc. Celle confrérie élait autrefois établie dans l'église des Récollets ; de nos jours elle est transférée en celle de Xotre-Dame.
La chapelle de Pittange et l'église de Merscb possèdent de ses reliques.
JtMOTTS. f.r Kfonluiftii d»« Saint-Thibaut. — Bcatiout, III, 141, «qqq. — De IUn, édition Jeu \'ic« de» Vires, de» Martyr* et de* principaux Saint»; IV, 4, sqq.
THIERRY, Louis, est né vers 1753, à Neufcbàtcau, petite ville du Luxembourg
belge. A l'âge de vingt ans il obtint une place de lieutenant dans le 28e régiment d'infanterie autrichienne et monta pendant la guerre contre les Turcs au grade de capitaine; plus tard et successivement, passant par tous les degrés , il parvint en récompense de ses mérites distingués à la place de colonel dans ce môme régiment.
A l'attaque de Valenciennes (du 9 avril au 10 juillet 1793) le colonel Thierry s'offrit avec cent hommes de bonne volonté de son régiment , à conduire la troisième colonne qui était chargée de prendre d'assaut le petit ouvrage h corne situé à droite et près de l'Escaut, à l'extrémité dn chemin couvert. 11 se précipita avec impétuosité dans la redoute et poussa sur l'ennemi a la baïonnette. Cette attaque pleine de résolution coupa la retraite aux français dont le plus grand nombre furent tués. A l'escalade du petit ouvrage à corne qui fut entreprise aussitôt après, Thierry monta le premier avec ses volontaires sur le ravelin dont il s'empara ainsi que des lunettes placées en avant. Beaucoup d'ennemis y perdirent la vie et les neuf canons qui y furent trouvés ont été encloués. Vers minuit le chemin couvert fut couronné et mis en communication avec la troisième parallèle. Thierry défendit les boyaux jusqu'à la remise de la forteresse ; et, bicp que chacun de ses soldats eût combattu avec le même courage que lui, quinze d'entre eux trouvèrent cependant l'occasion de se distinguer particulièrement avec leur commandant, ce qui leur valut, à chacun d'eux, la médaille d'argent et à Thierry l'ordre de Marie-Thérèse.
Thierry avait le grade de major en 1799 où il fut blessé à la bataille de Trebbia. Nommé général-major au commencement de la campagne de 1809, il quitta son régiment daus les rangs duquel il comptait trente-six ans de service. Pendant cette guerre il commanda une brigade du troisième corps d'armée et prit une part honorable aux escarmouches ainsi qu'aux batailles que le Lieutenant- Fcldraaréchal prince de Hoheuzollern eut à soutenir.
L. Thierry est mort à Bruenn , le 1" février 1810, dans la 57* année de son âge.
THIERRY, Saint, est né le 12 novembre 1006 ou 1007, de parents nobles, à Lerne dans le Hainant. Son père, dit -on, se nommait Gonzo.
Thierry entra à l'abbaye de Lobhes où il fit profession dans l'ordre de Saint-Benoit. Il eut pour instructeur le célèbre Richard, abbé de St. Vanne de Verdun. Sous ce maître habile il fit de tels progrès dans les sciences sacrées et profanes qu'il acquit en peu de temps une si grande réputation de savoir et de prudence que de toutes parts on venait le consulter et prendre ses avis dans les cas les plus difficiles. Il s'empressait toujours, avec celle modestie qui sied si bien au véritable talent, de donner les conseils les plus salutaires. La douceur de ses mœurs et l'agrément de sa conversation prévenaient en outre le monde en sa faveur et le faisaient aimer de tous ceux qui lui parlaient.
Lorsqu'il fut parvenu à l'âge canonique, Gérard évêque de Cambray lui conféra la prêtrise et l'envoya enseigner l'Ecriture- Sainte dans plusieurs monastères de son ordre, entr'autres à Stavelot et à Verdun, où son souvenir s'est conservé pendant plusieurs siècles.
Il résolut ensuite de faire un pèlerinage en Tcrrc-Saintc et en obtint la permission de son abbé. Il se mit en route par l'Allemagne } mais arrivé en Hongrie il fut obligé de changer son itinéraire parce que la guerre qui sévissait dans ce pays l'eut exposé à trop de périls : il se dirigea en conséquence vers l'Italie, d'où il voulait passer à Jérusalem. A Rome il rencontra Théoduin évêque de Liège qui désapprouva son projet et l'engagea à retourner dans son pays. Thierry obéit et revint a Lobbes. Peu de temps après l'empereur ayant demandé à Théoduin un régent de théologie pour l'abbaye de Fulde cet ëvêque y destina Thierry qu'il fit venir auprès de lui pour lui auuoncer sa résolution.
Mais Adelard (v. son art.) , abbé de Saint-Hubert étant mort sur ces entrefaites , Théoduin changea de sentiment à l'égard de Thierry: il envoya un autre religieux à Fulde puis il procura l'élection de Thierry pour succéder à l'abbé Adelard. Le modeste religieux refusa d'abord d'accepter, se fondant disait-il, sur son incapacité dans le maniement du temporel, et sur son peu de vertu pour pouvoir espérer de conduire sûrement les âmes à Dieu. Mais ces prétextes ne furent pas jugés suffisants pour le dispenser d'accepter la dignité à laquelle il était appelé , et Théoduin insista d'autant plus fort sur la nécessité de l'obéissance. Forcé enfin de se rendre , le nouvel élu reçut la bénédiction abbatiale le cinq des no lies de février 1055 et prit route pour son abbaye. Lorsqu'il fut eu vue du clocher de St. Hubert il descendit de cheval et fit , malgré le froid de la saison , le reste du chemin nu-pieds , priant Dieu de le bénir dans l'administration qu'il allait entreprendre.
Les religieux le reçurent d'abord avec de grandes démonstrations de joie ; mais comme dès les premiers jours il se montra observateur très-slricte de la discipline monastique plusieurs d'entre les moines commencèrent bientôt à murmurer contre sa rigidité. Puis, l'un d'eux nommé Lambert, d'extraction noble et plus revêche que les autres, n'ayant du reste de religieux que l'habit, finit par s'opposer ouvertement. Thierry , loin de se laisser aller à la violence à l'égard du rebelle, n'usa que de douceur envers lui et par- Tint à la fin à le mener au repentir , tellement qu'il demauda avec instance et obtint de sortir de l'abbaye pour aller passer le reste de ses jours en pèlerin-pénitent , couvert de chaînes et mendiant son pain de porte en porte : arrivé dans cet état à l'abbaye de Mouzon , il s'y arrêta et y vécut encore deux ans après lesquels il est mort en vrai repentant.
Lorsque les religieux de Saint-Hubert virent cette conversion inespérée qu'ils at-
tribuèrent à un miracle , ils rentrèrent en eux-mêmes et finirent par obéir de bonne grâce à leur vertueux prélat qui n'eut plus dès lors de peine à mettre ses projets de réforme à exécution.
Thierry fut un constant modèle de piété , de vertn et de religieuse mortification. Il poussa même ses austérités si loin qu'il ne mangeait qu'une fois le jour , et encore n'usa-t-il jamais de viande , ni d'œufs ni de frommage. Il couchait sur la dure, dormait peu et avait coutume d'aller lui-môme éveiller les autres religieux pour chanter les matines. Il assistait à toutes les heures canonicales , aimait ses inférieurs et n'estimait en eux que la régularité jointe à l'innocence des mœurs, sans avoir égard ni à leur naissance ni à leurs talents. Il était tout à tous , se rendait aimable à chacun , entretenait tous les jours neuf pauvres de ses aumônes et s'abaissait jusqu'à leur laver les pieds et les mains , voyant sous leurs haillons la personne du Sauveur du monde.
L'abbé Thierry était aimé des grands et des petits; et les prélats de Liège, de Cologne , de Rheims , de Metz et de Laon avaient conçu une telle estime pour lui qu'ils se faisaient un honneur de prendre ses avis. Arnoux, comte de Montaigu, Albert , comte de Namur et beaucoup d'autres seigneurs de distinction faisaient tant de cas de sa personne qu'ils remirent plus d'une fois leurs querelles particulières à son arbitrage.
Il avait 'quatre-vingts ans lorsqu'il se sentit attaqué de la maladie qui devait l'emporter. Il fit appeler l'évôque Henri de Liège auquel il fit une confession générale et reçut de lui les derniers secours spirituels avec les consolations de la religion.
L'abbé Thierry est mort le 24 août 1086 , après avoir occupé le siège abbatial de St.-Hubert pendant trente-deux ans qui marquèrent infiniment dans les annales de ce monastère: mais ces circonstances ne concernant pas directement
notre ouvrage nous en omettons le récit.
Bitraotir, III, 934 ad 232. — D* Roaactx m 8mmy, Edition: An: Cantatorium 8a art i Huberti. 53, §. 10 ad 83; §. 09. — Paca, Flore* EcclesiK Leodieasis, SOS, saq. — D. Calmst, Bibliothèque Lorraine. — Da Ram, Edition ûett Vies des Pères, des Martyrs et des principaux Saints, IV, 310. — Paris, Légende de 8t. Hubert, 44, sqqq.
Thierry de Luxembourg, v. LUXEM- BOURG , Thierry ou Théodoric de.
THIERRY , Jean , né à Grevenmacher, en 1540, se fit Jésuite à Trêves, le 8 mars 1567 et s'est rendu très célèbre dans cette ville , de même qu'à Cologne, à Fulde , à Aix-la-Chapelle et à Spire où il a enseigné la philosophie et la théologie avec la plus rare distinction et prêché avec éloquence. A Trêves surtout ses sermons à la cathédrale ont puissamment contribué à ramener à la foi catholique beaucoup de personnes ébranlées par la doctrine de Calvin qui était alors en vogue. Il est mort à Trêves, ie 7 janvier 1610, à l'âge de 70 ans et dans une telle opinion de sainteté que bien des personnes ont cru devoir pendant une année entière après son décès , répandre des fleurs sur son tombeau; elles s'estimaient heureuses de posséder de ses cheveux.
Jean Thierry a composé : 1°. Un catéchisme intitulé : Praxis catechistica , et destiné à l'instruction des paroissiens. Cet ouvrage a été publié en 1622 in-8°, par ordre de l'archevêque de Trêves, avec une : Méthode pratique pour l'instruction paroissiale.— 2°. Quis dives sulvus ? Salviani Massiliensis Preshiteri adversus avnritiam sub nomine Timothei ad Ecclesiam Catholicam Epistolares Libri IV, divisés en chapitres et enrichis de notes explicatives marginales renfermant les décisions des saints pères; Trêves, 1609, in-4°.
Nous conseillons au lecteur de comparer cet article avec celui de Jran , dit de Kwnigtmachcr , avec lequel les auteurs confondent notre Jean Thierry.
Il existe encore actuellement à (îreven-
rnacber une famille de Thierry anoblie en 1712 et élevée deux mois plus tard à la chevalerie, dans la personne de Barthélémy Thierry , originaire du dit Greveomacher et Conseiller de Maximilien- Emmanuel, duc de Bavière. Jean Thierry auquel cet article est consacré aurait-il appartenu à cette famille?
Les patentes de noblesse dont nous venons de parler, sont expédiées au nom de Maximilicn-Emmanuel et confèrent à l'impétrant ainsi qu'à ses descendants, enfants et postérité en légal mariage, le port d'armes suivantes : un écusson de gueules, à une fasce d'azur, accompagnée de trois mcrlettes de même , deux en chef et une en pointe ; avec trois fers de moulin de sable sur la dite fasce. Le tout timbré d'un heaume d'argent grillé et liséré d'or, les lambrequins ou feuillage d'argent et de gueules ; et au lieu de bourrelet une couronne d'or, à cinq fleurons. Cimier : une encolure de licorne, prenant son essor du dit heaume. Supports : deux lions léopardés d'or, tenant chacun une banderolle aux armes de l'écu.
Finalement, les Enregistrâmes du Conseil provincial de Luxembourg portent en outre copie d'un brevet nobiliaire en date du 25 mars 1 739 , expédié en faveur d'un Jean Thierry, licencié ès lois, Conseiller et receveur particulier héréditaire des aydes et tailles et autres impositions tant ordinaires qu'extraordinaires au département des forêts (c'est-à-dire de l'administration forestière).
A» Doitiiii, Uirtoria Trerirenris diplomatie», IU, 228. — D. C*t««T, Biblioth. Lorr.-SwsaiiDt, Atbcnx Bclcics»., 477.— Nsomanm, Les autears luseiuboargeoi*, 20. — Enregirtratnrcs do Conseil Provincial) Rca,. ans commutions. K" 1107, p. 237.— Archives de la famille de Thierry.
THIOFRID, Thietfrid ou Thenfrid, vivait pendant le dixième siècle et la première moitié du onzième. On ne connaît ni son extraction ni le lieu de sa naissance, et on n'a aucun détail sur sa vie, antérieurement à son entrée dans la carrière religieuse. Fort jeune encore il fit sa profes-
sion monastique et resta simple religieux pendant trente-neuf ans qu'il passa toutes dans l'étude des lettres sacrées et profanes où il lit des progrès si grands qu'il finit par occuper une des places les plus distinguées parmi les hommes de lettres du pays ainsi que des provinces environnantes.
Regimbert était alors abbé du monastère de St. Willibrorde dans lequel Thiofrid avait choisi sa retraite. Ce prélat, qui était savant lui-même , n'ayant pas tardé ù apprécier les mérites de Tbiofrid l'avait assumé comme coadjuteur en 1076, afin d'assurer après son décès le bâton pastoral au plus digne d'entre ses religieux. L'abbé Regimbert étant mort en 1081, sa dignité était naturellement dévolue au coadjuteur ; mais un autre moine, parait-il, voulut prendre les devants en s'adressant à l'empereur afin de recevoir de ce prince l'investiture du temporel de l'abbaye.
Tbiofrid, sans s'émouvoir de cette intrigue, partit pour Rome et obtint sans peine du Souverain-Pontife les lettres de confirmation nécessaires dans l'occurence ; et à son retour il se fit solennellement sacrer par l'ordinaire.
Homme d'un esprit fin, subtil et délié, Thiofrid possédait pour son temps une érudition très vaste et très variée qui lui attirait l'admiration de ses contemporains. Peu de savants possédaient alors comme lui les langues anciennes, le latin, le grec et le hébreu. Non seulement l'écriture sainte, objet constant et favori de ses méditations, mais encore les auteurs classiques, les pères de l'Eglise, les historiens sacrés et profanes lui étaient très familiers. 11 cultivait avec un succès égal l'art oratoire et la poésie, la théologie, la philosophie et les sciences exactes: mais son style, qui parfois ne manque pas d'abondance, est trop souvent obscurci par une profusion d'allégories, d'antithèses, d'allusions obscures, au point qu'aujourd'hui la lecture de ses ouvrages devient pénible à cause du luxe d'abstractions ascétiques qu'il y étale, mais qui étaient dans le goût de son temps. Enfin, sa prédilection pour
le grec l'a conduit dans des écarts, et nous ne saurions lui faire grâce des nombreux héllénismes nouveaux qu'il a hasardés.
Il a écrit : 1°. La vie de St. LuUvin. — £°. Celle de St. Willibrorde, en prose et en vers. — 5°. Flores Epitaphii Sanctorum, quatuor libris; que le Jésuite Jean Roberti (v. son art.) a publiés en 1619. Le même Roberti a aussi publié la vie de St. Willibrorde qu'il a enrichie de Notes. Thiofrid a en outre composé : 4°. Un sermon pour l'anniversaire de la naissance de St. Willibrorde; et 5°. Un autre pour celui de St. Wilgis, père de Willibrorde. Quelques fragments cités par Coccius nous indiquent qu'il avait encore écrit d'autres ouvrages mais qui ne sont pas parvenus jusqu'à nous ; entr'autres plusieurs discours de cultu et veneratione sanctorum , etc. 11 avait aussi copié en un volume grand in-folio tout le psautier qui a été conservé à l'abbaye jusqu'à sa suppression. La Bibliothèque de Luxembourg possède finalement un manuscrit sur vélin, de Tannée 1276, volume in-8°, intitulé: Thiofrxdi abbatis Breviarium. Serait-ce encore là une copie d'une de ses œuvres.
Un homme d'un si grand mérite devait nécessairement se faire une belle renommée. Aussi voyons-nous qu'il était en relation avec les célébrités contemporaines, Lanfranc, évéque de Cantorbery, St. Bruno, l'instituteur de l'ordre des Chartreux, Ive, évèque de Chartres , Robert, le fondateur de Tordre de Citeaux, Brunon, archevêque de Trêves. Ce dernier avait même pour lui taut d'affection qu'il mettait toute sa confiance dans ses lumières et qu'il en fit son directeur spirituel.
Voilà ce que nous avons à dire du savant. Comme abbé d'Echteroach Thiofrid contribua beaucoup au bien temporel de son monastère en réglant de commun accord avec Henri, frère cadet du comte Guillaume de Luxembourg,- les droits des avoués (1095). En 1096, Gérard de Vianden, non d'Alsace comme quelques auteurs l'ont cru, céda, sous le régime du même abbé, sa terre de Geichlingen à St. Willibrorde,
de même que Gootran sod bien allodial de Burne sur la Sûre.
Nous ne pouvons nous dispenser de rapporter ici un événement assez singulier, qui pourrait paraître apocryphe s'il n'était rapporté parThiofrid lui-même, au chapitre 36 de sa Biographie de St. Willibrorde : «Vers l'année 1085, dit-il, les habitants « de l'île de Walcheren avaient à soutenir « une guerre acharnée contre Robert comte «de Flandre. Ils en sortirent victorieux. « Lorsque la paix n'était plus menacée « par les ennemis du dehors, une guerre « intestine vint armer les citoyens les uns «contre les autres. St. Willibrorde qui, « comme on sait, avait été l'apôtre de ces « contrées, y jouissait encore d'un si haut «degré de vénération qu'on lui rendait « même hommage dans la personne de ses «successeurs abbés d'Echternacb. Les par- « Us convinrent donc de choisir Thiofrid «pour arbitre de leurs discussions. 11 se « rendit à leur prière , débarqua à Mid- « delbourg et réussit à rétablir la paix «parmi les insulaires qui, en reconnais- « sance du service que le saint leur avait « rendu , disaient-ils , par l'intermédiaire « de l'abbé de son monastère , remirent « à ce dernier les drapeaux qu'ils avaient « enlevés aux Flamands , afin d'en orner « l'église de l'abbaye d'Echlernach. »
L'abbé Thiofrid est mort le 4 avril 1 106 ou 1110, pleuré des siens et après un gouvernement de vingt-huit ans. L'archevêque de Trêves lui donna un témoignage public de la considération qu'il lui avait portée, en venant en personne célébrer ses funérailles.
Swunn, Athensc bclgicsr, «02. — Mamiioi», Annale* Ordinii tancti Benedicli, V, 156. — Micnu , Catalogue des abbés d'Eebtcrnnch, 13, s<|. — Ncrex, Histoire de Vianden; PrruTcs, I, «ij. — JVr.Tr.*, Di*aerUtion iutitulée. Henri , AI» du Comte Conrad 1", a t il été Comte-régnant de Luxembourg T 10. sqq. — BctTClS, 100. ■ llK.TBOI.rT. II, P. J. IX; et
III, 288 ad 284. - D. Calbct, Bibliolbrque lorraine; eti Histoire de Lorraine, III, anté tcxtnm , col. CI. — v. STaanacac , Mctropoli* Ecele». Trerer., I, 388 .-Nmm, Catalogne de la Biblioth. dr Loiembonrg. 710. — Clam*. Cotai. Bibl. Luxbrg., S3S, SOI , 204, 335 et BIO. — Liber Aurru» nb-
balise SU. WUlibrordi Epteruacenaia , 85r», «sert, de notre Bibliotb. — Ntosaaa, Lea anttnrs Imxcm-
bourgeois, 6.
THOftLE, Nicolas, est né en 1678, au village d'Àrsdorf, de parents honnêtes mais peu favorisés de la fortune.
H avait terminé ses humanités lorsque les calamités de la guerre lui firent quitter sa patrie en 1 698 , pour se rendre à Cologne au collège des trois couronnés, afin d'achever ses études. En 1701 il avait passé sa philosophie avec une rare distinction et avait commencé le cours de théologie lorsqu'il fut appelé à Ratisbonne pour enseigner le Jatin et l'éloquence aux jeunes barons d'Otren. Cette circonstance lui fit prendre du goût pour la jurisprudence, science dans laquelle il fit bientôt des progrès si marqués que la ville de Cologne le désigna pour son député aux diètes impériales. La manière distinguée avec laquelle il s'acquitta de cette commission fut cause que plusieurs autres villes impériales lui conférèrent également le soin de les représenter dans les mêmes circonstances. Nous ne savons pas la date de son décès.
On a de Nicolas Thoma? : 1*. Sex hydria? in nuptiis Domini Labr et Domina; Eckhagcn ; 1702 ; Cologne. — 3\ L1LI- C1DIVM (1709), Chronicon, seu Eugenii Principis Victoria. Carmen epicum ; Cologne. — 3*. Corona facla ex Epomide Eximio Pâtre Paulo Aler S. J. ltegenti Gymnasii Tricoronati , sacnr Thcologia?
Doctori ; Cologne, 1711. — 4*. Musopolis ex Vitopoli, in promolione RR. DD. Populorum suorum SS. Theologiœ Licenliatorum Nicolai Jouck, Pétri Alcr, Caspari Gilson; Cologne, 1711. — 5°. Arcbiducum fata, seu vaticinium Europœ, sub Carolo III, Hispaniarum Rege; 1711. — 6°. Acadcmia Incarnati Vcrbi aperta; Ratisbonne , 1712. — 7°. Turcicidium orienlis Bosphori; 1716. — 8°. Diloculum orientisSolis Austriaci; Ratisbonne; 1716.
— 0°. Imago Caroli Borroraœi affixa nomini et omini Imperatoris Caroli VI; Ratisbonne, 1720.
UAkrmiH. Bibliothco Colenittiuij. 237. - Jttvun, Le» antcnra luicmbonrgeoi», 37,
THOMAS, Henri, né vers la fia da seizième siècle , a Guenange (haute ou basse), aujourd'hui canton de Metzerwisse, arrondissement de Thion ville, d'un père qui était officier dans l'armée française à ce qu'il parait, a obtenu de l'auteur du manuscrit des Viri illustres un article assez explicite et qui nous dispense d'entrer dans de plus longs détails sur ce personnage qui mourut en 1654 : « Heinricus Thomas « ex Gunningen ad Moscllam supra Theo- « nisvillam pâtre vice capitaneo, S. Theo- « logiae Doctor et ejusdem in universitalc « Friburgensi professor, Cathedralis Eccle- «sia; Basiliensis Canonicus e* vicario spi- » ritualium , et decano istius Episcopatus, « faclus Epis-copus Cbrysopolitanus et Epis- « copi Basiliensis suffragancus , scripsit « Collectanea Moralia ex veteribus pliilo- «sopbis; idem Decanus Ecclesix Cathe- « dralis Basiliensis et prapositus Colma- « riensis, récusa to bis Episcopatu et Prin- « cipatu Basiliensi. »
Viri illustra, I, N» 114. - PiQorr, 68.
THORN, Jean-Baptiste, né à Rcmich, le 7 mars 1783, fils d'un notaire de cette ville, étudia le droit à Paris.
De retour dans sa province il se fit inscrire en 1806 sur le tableau du barreau de Luxembourg où il acquit bientôt une grande réputation d'éloquence et de savoir : il était en effet profond jurisconsulte. Plus tard, à l'organisation des Etats-Provinciaux décrétée par la Loi fondamentale du Royaume des Pays-Bas de 1815, il fut appelé a siéger dans cette assemblée comme représentant de l'ordre des campagnes et il y remplit dignement son mandat ; il a également fait partie de la Députation permanente et il était membre du Bureau d'administration de l'athénée de Luxembourg.
En 1830 la confiance que tout le monde avait en ses lumières, sa vaste érudition et son expérience comme juriste, l'avaient fait adjoindre par Je roi Guillaume I" à
la Commission, chargée d'élaborer les projets de nouveaux codes de lois pour le Royaume des Pays-Bas: il était en Angleterre, dit-on, occupé h étudier la législation de ce Pays lorsque les événements politiques de septembre vinrent bouleverser la Belgique et l'arracher violemment au sceptre de la Maison de Nassau-Orange.
Thorn se bâta d'adopter les principes de la révolution, fit sa soumission au Gouvernement provisoire de Bruxelles et fut nommé le 16 octobre Gouverneur civil de la province de Luxembourg, hors les murs de la capitale que la garnison fédérale empêcha de s'associer à la destinée de la Belgique : Son premier acte administratif porte la date du 22 octobre 1830. Le siège de son gouvernement fut provisoirement fixé à Arlon en attendant, dit l'arrêté, que la capitale naturelle du Pays fut soumise au nouveau régime, par les traités à intervenir.
Bans ces fonctions aussi élevées que délicates, Thorn donna un libre essor à son activité pour le travail : tout était à organiser, tout à créer h Arlon, pour un gouvernement provincial. 11 ne perdit pas courage et au bout de peu de mois les bureaux étaient installes et l'administration marchait aussi régulièrement que possible.
Appelé au congrès de Bruxelles et adjoint a la commission de constitution pour la Belgique, il ne s'y Gt pas remarquer beaucoup ; cependant il vota contre le Décret d'exclusion de la Maison de Nassau-Orange du trône belge ; parce que sans doute il nourrissait encore , comme beaucoup d'autres, l'espoir de la possibilité d'une séparation administrative complète des provinces méridionales d'avec les septentrionales , comme les patriotes belges l'avaient d'abord demandé, séparation qui n'eut pas lieu par suite d'hésitations intempestives qui s'étaient fait jour au palais du Loo, hésitations et temporisations auxquelles seules on doit attribuer la naissance du royaume actuel de Belgique sous le sceptre de S. M. Léopold duc de Saxe-Cobourg , sous lequel ce peuple a
montré depuis 1830 qu'il était tout à fait mûr pour ôlre gouverné par dea lois de liberté et de franchise administrative.
Thorn, ayons-nous dit, avait été nommé gouverneur du Luxembourg dès la naissance du Gouvernement belge ; et il était là parfaitement à sa place parce que ses vastes connaissances législatives et juristiques, jointes à son expérience administrative , expérience qu'il avait puisée dans ses fonctions de membre de la députation des Etats provinciaux , avaient fait de lui l'homme qu'il fallait, en ce moment surtout où la prudence et la fermeté devaient être réunies chez le premier administrateur d'une province qui était à chaque instant exposée a se voir envahir par les contingents de la confédération germanique, en vertu des traités existants. Mais , si comme administrateur il était à la hauteur de la position que la politique venait de lui faire , il n'y était que passablement en raison de ses relations domestiques.
En effet, travaillé pendant toute sa vie par la passion d'acquérir de vastes domaines, il s'était endetté par l'achat successif de quatre châteaux, ceux de Schœnfeltz, de Hollenfeltz, de Munsbach et de Reckange près de Mersch. Ces embarras financiers que, malgré ses énormes bénéfices comme avocat il n'avait pas encore pu éteindre entièrement lorsqu'il alla à Arlon, furent la cause, dit-on, qu'il attira sur sa réputation une tache qui ne lui ferait pas honneur si celte accusation était vraie : comme dès son entrée en fonctions, a-t-on débité méchamment, il avait à nommer à un très grand nombre d'emplois et que d'ailleurs les postulants , tous ou la plupart fugitifs de la forteresse de Luxembourg ne manquaient pas ; que môme par leur nombre ils constituaient une vraie concurrence entre eux, il aurait profité de cette circonstance pour augmenter son pécule. Cette accusation, aussi méchante qu'elle est calomnieuse, n'étant d'ailleurs basée que sur une vague rumeur publique et sur certains actes peut-être un peu équivoques que nous avons eus entre les
mains, étant parvenue au Gouvernement à Bruxelles, celui-ci, malgré le cas qu'il devait faire des lumières de Thorn , ne put pas rester indifférent et son changement fut décidé: Par arrêté royal du 21 septembre 1834, Thorn fut nommé au gouvernement de la province du llainnut.
Il est mort à Hons, en 1841. Il avait été membre du sénat belge, de 1831 à
D'un autre côté, pour rendre cette biographie complète, nous nous voyons engagé à rappeler ici un épisode de la vie de Thorn, comme gouverneur de la province de Luxembourg: Au printemps de 1832 il était allé d'Arlon visiter son château de Schœnfeltz, comme il avait coutume de le faire toutes les semaines ; lorsque le lundi, 18 avril, vers dix heures du matin il se dirigeait sans défiance vers la bergerie placée sur la hauteur. Tout à coup trois individus de la lie du peuple, doublement armés, se ruèrent sur lui ; sept autres suivirent de près. On le renversa sur le dos, on lui ferma la bouche avec violence et on arma sur lui, menaçant de faire feu s'il faisait le moindre mouvement pour se dégager , ou s'il proférait le moindre cri pour appeler des secours. Ainsi on le traîna plutôt qu'on ne le conduisit à travers bois et broussailles et pendant un trajet de plus de trois lieues , jusque sur le territoire de la ville de Luxembourg, où une voiture , escortée de toute la gendarmerie qui se trouvait encore dans la forteresse, vint le prendre et le mena dans la ville. Sur les glacis le général de Gœdecke, gouverneur civil et militaire vint se placer à côté de lui dans la voilure et ils entrèrent ainsi à Luxembourg. Thorn fut déposé à la prison civile, où on le retint pendant plus de sept mois comme prisonnier politique. Seulement on lui accorda, au mois de septembre et pendant l'épidémie cholérique, d'être transféré dans un établissement mieux disposé, dans lequel toujours il était gardé à vue. Le 24 novembre le gouvernement du roi des Pays-Bas, après d'assez longues négocia-
lions diplomatiques, l'échangea enfin contre un personnage important, habitant la forteresse, et que par mesure de représailles le gouvernement belge avait à son tour fait arrêter à son passage à Grevenmacher.
L'arrestation de Thorn ne peut être considérée que comme un acte d'une brutale violence, contraire à tout droit et sans doute parfaitement inutile , exécuté à l'instigation de fonctionnaires subalternes attachés au parti contraire et qui étaient restés dans la ville : le motif politique que l'on aura voulu invoquer pour la justifier était nécessairement mal choisi ; car on ne peut nommer que .sottise la pensée que l'on avait conçue, que la révolution serait immanquablement étouffée dans le Luxembourg du moment où l'on aurait jeté dans les fers celui que l'on supposait, à tort ou à raison, être un des plus forts soutiens des principes proclamés par cette révolution. Elle forme une tache que l'Histoire fera retomber sur le prince même sous le gouvernement duquel le fait a été accompli ; car, en ne désavouant pus cet acte il s'en est rendu complice; et l'on est en quelque sorte fondé à lui eu faire assumer toute la responsabilité. Du reste , nous ajouterons que le chef des sicaires qui arrêtèrent le gouverneur d'Arlon avait été tiré quelques années auparavant d'one fâcheuse position d'accusation par celui-là même que sur de criminelles suggestions il a arrêté si brutalement, pour gaguer une pension de un florin des Pays-Bas par jour , que le gouvernement grand-ducal lui avait allouée pour perpétrer celte arrestation, pension qui lui fut cependant retirée plus tard lorsque la cour d'assises de Luxembourg même eut à le condamner ponr un autre crime. Et à de telles gens on rivait cru pouvoir donner une commission dont les auteurs rougissaient eux-mêmes! L'arrestation de Thorn, nous le répétons, n'a eu aucun motif avouable , comme sa détention n'a eu de résultat politique aucun.
Thorn n'a rien publié, si ce n'est quelques mémoires ou plaidoyers, qui sont
aussi profondément raisonnes que savamment écrits; et comme gouverneur du Luxembourg belge, un Expose' de la Si' t nation de celle province pour l'année 1834: ce dernier ouvrage, grand in-8°, de 131 pages, plus un très grand nombre do tableaux, est un travail remarquable tant sous le rapport de la lucidité que sous celui de la profondeur des vues.
La mémoire de ses talents éminents comme orateur et comme juriste subsistera encore longtemps au tribunal de Luxembourg, près duquel il a instrumenté pendant plus de vingt-cinq ans avec la plus exquise dignité.
Thorn avait épousé une demoiselle Suttor, fille dn Docteur Suttor mort président de la commission sanitaire du Grand-Duché. De ce mariage sont nés une fille, épouse de Monsieur Dubois, actuellement gouverneur civil du Luxembourg belge, et deux fils dont l'un est substitut du Procureur du Roi près le Tribunal de Marc lie.
Note» communiqués. — Souvenirs contemporains. — Archive» «le l'Eut, à Hru»cll<-«. — Biographie générale de» Belge» , 192, »«j.
TflYES, Félix, est né à Luxembourg, le 19 janvier 1830, fils de Joseph-Jean Thyes , ancien militaire du premier empire français. A son retour de l'armée, sou père fut nommé commis à cheval près de l'administration des accises.
Le jeune Félix Thyes avait deux uns à peine lorsque , confié à nue servante cette femme imprudente l'assit un jour sur des dalles froides et humides ; ce qui lui occasionna une paralysie iks membres inférieurs qui demeura toute sa vie complète pour une jambe , de foçou qu'il resta estropié.
Thyes fréquenta d'abord l'école primaire du village de Mersch où le gouvernement belge avait placé son père. Celui-ci ayant été transféré à Yirton amena sa famille avec lui et Félix put fréquenter les cours du collège de cette petite ville où il obtint le prix de français. De Virlon il passa au collège d'Arlon ; mais il n'y resta que peu de temps et retourna avec
son père habiter Lintgen d'où il Tint suivre l'athénée de Luxembourg qu'il ne quitta qu'après avoir achevé la classe de poésie.
En 1852 il alla a Namur passer son examen d'élève universitaire et se fît inscrire encore la même année à la faculté de philosophie de l'université libre de Bruxelles : il avait alors 22 ans. A cette époque déjà le germe de la maladie qui l'enleva quelques années plus tard an milieu des plus flatteuses espérances, commençait à se développer chez lui. À un naturel bon, sensible et studieux il unissait toutes les qualités de l'âme qui rendent l'homme capable de bien sentir et de bien analyser ses pensées ainsi que ses sensations. Tour à tour adonné à l'étude ou accablé par les souffrances de sa maladie, il se trouva en état de subir au mois d'août 1853 son examen de candidature en philosophie et lettres, préparatoire aux études du droit qui étaient pour lui moins un travail qu'une tendance naturelle. Cependant la littérature formait la plus agréable de ses distractions, tandis que la branche qu'il suivait à l'université constituait ce qu'il nommait son gagne-pain futur. Ecrire était pour lui une passion à laquelle il s'abandonnait avec bonheur et dans la satisfaction de laquelle il puisait une volupté véritable ; aussi Thyes posséilait-il un véritable génie d'auteur, un instinct de la forme et du beau que l'on rencontre si rarement réunis aujourd'hui.
En 1854 il publia son Essai sur la poésie luxembourgeoise qui fit non soupçonner mais montra son talent au grand jour. Ce premier ouvrage, si plein de fraîcheur d'imagination , d'originalité de pensées , de réflexions ingénieuses ou profondes , d'enthousiasme sympathique , de verve entraînante , d'images vives et pittoresques , de tournures neuves , hardies , piquantes ou gracieuses, donnait une juste mesure de ce qu'on pouvait attendre de lui. Encore pendant la même année il avait entrepris un roman et une comédie qui restèrent l'un et l'autre inachevés. EnGn au mois de novembre , toujours de la même année et au retour d'un
voyage en Allemagne , il se mit à composer son troisième et dernier ouvrage , intitulé, Mare-Bruno, Profil d'artiste, espèce de roman historique dans lequel il développa une idée que peut-être il avait depuis longtemps méditée. A peine avaitil terminé cette œuvre qui fut publiée en un volume in 18, de 191 pages, que les progrès de la maladie qui le rainait depuis plusieurs années déjà le forcèrent à se mettre au lit pour ne plus se relever: il mourut à Bruxelles, le 8 mai 1855, à l'âge de 25 ans.
Ec«txt v*a BtaaiL, Notice «or Félix Tnye». - Souvenir* conlcmporaio*.
T1LLY , Philippe-Charles de, est indiqué par Berlholet comme originaire du Pays de Luxembourg. Dans ce cas il est vraisemblablement né à Tilly , village et commune du canton aujourd'hui français de Souilly , arrondissement de Verdun.
Philippe-Charles de Tilly devint évêque d'Acerra, dans le royaume de Naples, conseiller et chapelain d'honneur de Charles H, roi d'Espagne, et mourut en 1699.
Banom , VIII, 19».
TINANT, François-Auguste, flls d'un inspecteur des eaux et forêts, est né à Luxembourg, le 3 novembre 1803. Il fit ses études à l'athénée de sa ville natale où il eut occasion de développer de bonne heure son penchant pour la botanique , science dont les éléments lui furent enseignés par l'abbé Maznir qui était alors principal de cette institution. Il se voyait en outre encouragé dans ses premières recherches par son père que ses fonctions appelaient constamment dans les bois et qui plus d'une fois le rendit attentif à une plante rare ou remarquable.
Aussi bientôt ses jours de congé et de vacances furent-ils consacrés à des excursions botaniques dans tout l'ancien Grand- Duché. Peu à peu l'herbier de Tinant se forma et finit par se compléter pour les végétaux indigènes au pays. Dans la
même mesure s'accroissaient ses couuaissances botaniques; car celte science fut jusqu'à son dernier jour l'objet le plus sérieux et le plus favori de ses études.
En 1836 il publia la Flore luxembourgeoise, volume in 8", de 512 pages, fruit de douze années d'un travail inces-* sant. Cet ouvrage consciencieux et d'un mérite immense , contient la description de toutes les plantes phanérogames du Grand-Duché, avec l'indication la plus scrupuleuse de leur floraison et des localités où on les rencontre , et forme un vade-mecum indispensable aux amateurs de botanique dans le Pays.
Plus tard Tinant se voua avec le même zèle à la recherche de nos cryptogames. Les matériaux qu'il avait réunis et coordonnés pour cette partie si difficile de la phytologie devaient faire l'objet d'une nouvelle publication : mais ce travail n'a pas pu voir le jour du vivant de son auteur.
Cependant ces recherches n'avaient, jusqu'en 1839, formé qu'un accessoire des occupations de Tinant qui , depuis 1828, avait accepté des fonctions publiques dans la partie des accises d'abord , puis dans la douane ; et ces fonctions il avait toujours voulu les remplir avec toute l'exactitude requise. Mais le Chef des services civils, par arrêté du 27 août 1839, peu après la reprise de possession du Luxembourg dit partie cédée, l'ayant appelé au poste de gardegénéral des forêts , emploi beaucoup plus en rapport avec sa spécialité , il lui fut enfin permis de donner un libre cours à son goût favori et de vivre pour ainsi dire au milieu de ses plantes chéries.
Plusieurs voyages qu'il fit en Belgique et sur les bords du Rhin Ini fournirent l'occasion d'augmenter son herbier et de nouer de précieuses relations avec les savants de ces pays: en même temps aussi plusieurs sociétés savantes de premier ordre l'inscrivirent sur le tableau de leurs membres et il fut un des fondateurs de celle des sciences naturelles du Grand-Duché de Luxembourg.
Tinant publia dans les Recueils scientifiques des Pays-Bas différents mémoires sur la cryptogamie et fut chargé de réunir au jardin du pavillon royal de Walferdange , que l'on organisait alors , les plus belles plantes indigènes.
Enfin Tinant est mort à Dommeldange, le 26 janvier 1853, à l'âge de 49 ans seulement.
Aoc. Dtrraaox, Notice biographique anr Tuant; daaa; Mémoires de la Société de* icieacea natnrcllea de Luxembourg; année 18253, p. 154, tqqq. — Sou- ▼euin contemporain*. —IVabob, Calai. Bibl. Luxbrg., 880. - Cl»».*, Catal. Biblioth. L»bff., S34 et
TITEUX , Philippe-Joseph-Hyacinthe , est né à Saint-Hubert, en 1744. Entraîné vers l'étude de la sculpture par un penchant irrésistible et sans autre guide que sa propre imagination , il s'avisa d'abord d'imiter quelques-unes des figures qui ornaient l'église du monastère de sa ville natale ; et il y réussit si bien qu'il résolut, à l'âge de 17 ans de quitter sa patrie et d'aller travailler à Paris sous les plus grands maîtres. Leurs leçons jointes à la vue des chefs-d'œuvre de l'art développèrent bientôt ses talents innés et le tirèrent prématurément de la classe où sa jeunesse semblait devoir le retenir encore. La construction de la nouvelle église de S* Généviève , qui fut plus tard le Panthéon, pour être, pendant les dernières années rendue au culte catholique , lui fournit l'occasion d'étendre sa réputation naissante. Il obtint de faire les modèles des sculptures de ce temple magnifique, sous les ordres du sculpteur en chef Desart auquel il succéda plus tard et sous l'inspection de l'architecte de Puisieux. Il entreprit ensuite la sculpture de la salle de spectacle de Bordeaux , de celle des Variétés de Paris , du Palais royal et de l'église de St Eloy de Dunkerquc dont il fit de ses propres mains la chaire à prêcher. Ce fut, de concert avec l'architecte Louis qu'il exécuta la plupart de ces travaux.
Vers les commencements de la révolution française il se trouva assez riche
pour acheter à Frenois , près de Sedan, une belle propriété dans laquelle il se retira. Nommé administrateur du Département dos Ardenoes il fut peu de temps après persécuté et emprisonné par les anarchistes, supportant ces maux avec courage. Depuis il exerça avec honneur plusieurs fonctions administratives gratuites, entr'aulres celles de maire de Frenois. Il était sur le point d'entreprendre de nouveaux travaux à Paris, cl il venait d'assister à deux sessions du collège électoral des Ardcnnes , lorsque de retour à Frenois il fut atteint d'une paralysie qui l'enleva le 9 février 1809, à l'âge de 65 ans.
C*« m Bic - de - Likvib , Biographie liégeoise, II. <Î05. — L» G*«»k, Notice «ur le» luiembour|reota célèbre*, 46, »q. — Biograpbie générale de» Belgei,
TRAPPÉ, Herman-Jean , Baron de, né à Liège vers l'année 1762, était fils de Messire Edmond-Hcrman , Baron de Trappé, chevalier du Saint-Empire, Magnat de Hongrie , seigneur de Boulaide, Schonckvvinckel , Cliacoux , Watrangc, etc. , chambellan de l'empereur Charles VI et de S. A. S. E. Jean-Théodore de Bavière , Prince-Evèque de Liège , et de son épouse dame Marie-Charlotte , Baronne de Monflin-Bondorf , dernière de son nom , dame haule-justicière de Lozange , du ban de Bigonville , Oncux, Jupille , Rilhicr , Obcr-Wampach et Nicder-Wampach en partie. Le baron Hcrman-Jean de Trappé avait une sœur unique, dame Marie-Hermanne-Charlotte, baronne de Trappé, de Lozange et Bigonville , morte à Jehay, près de Liège, en 1808, épouse du Baron Armand- Lambert de Gand-Vilain dit Van den Stccn de Jehay, vicomte de Hardueroont, baron de Jehay et de Saive, dernier haut justicier de Jehay , dernier grand conservateur de la Bulle d'or liégeoise , éehevin de la souveraine haute cour de Justice de la ville et principauté de Liège, membre de l'ordre équestre et des états de la province de Liège, décédé a
même Jehay, en 1824, grand-père des barons Van den Steen modernes, lesquels derniers furent honorés du titre de Comte par le Pape Grégoire XVI , par bref du 25 mai 1846, comme une marque publique d'estime, déconsidération et de satisfaction pour la manière distinguée dont le baron Armand-Charles-Hcrman- Joseph Van den Steen , fils de Armand- Lambert que nous venons de dénommer, s'était acquitté de ses fonctions de ministre plénipotentiaire de Belgique près de la Cour de Rome.
La maison de Trappé , dont le baron Herman-Jean qui nous occupe en ce moment a été le dernier rejeton mâle, est connue depuis le treizième siècle; plusieurs de ses membres ont occupé de» emplois honorables dans la cité de Liège, plusieurs ont été trefonciers de la Cathédrale de St. Lambert de cette ville, etc. Celte famille , qui est entièrement éteinte maintenant et dont les grands biens sont dévolus à celle des Van den Stccn de Jehay , portait : écartelé de sinoplc. Aux 1 et 4 à trois chnusses-lrapes d'or , placées 2.1; l'inférieure surmontée d'une colombe d'argent ; aux 2 et 3, à la couronne fleuronnée d'or. L'écu surmonté d'une couronne de comte. Supports: deux griffons d'or.
Le Baron Herman-Jean de Trappé fut mis au collège de Soissons ou il lit ses humanités avec grande distinction. Il avait dix-sept ans environ , lorsque se trouvant un jour dans un bois pendant un fort or.ige, la foudre est venu tomber à ses pieds. Terrifié, anéanti pour ainsi dire parla commotion électrique, il commença à avoir peur des hommes et voulut rester seul , enfermé dans son habitation ; et celte crainte lui dura toute sa vie , à tel point que ses domestiques , dont plusieurs ont été h son service pendant un grand nombre d'années , ne le virent jamais en face: Lorsqu'il avait besoin d'un service il écrivait ses ordres sur un billet, le déposait sur la table , sonnait son valet et se relirait dans une autre place jus-
qu'à ce qu'on avait apporté la commis- jamais ; et il les chargeait , toujours par sion au lieu indiqué par lui. Il lui arri- billets, de se contrôler mutuellement, Ton vait môme quelquefois d'inviter des per- à l'insu de l'autre, afin que, par les rapsod nages de marque à dîner ; et quand ports qui lui parvenaient de cette manière elles arrivaient sou couvert était mis, il pût s'assurer de l'intégrité de chacun mais il ne paraissait jamais, se contentant d'eux. Il émigra comme le reste de sa de venir k la dérobée, voir et examiner famille pendant la révolution de 1789; la société à travers une fente ou bien un et avant de quitter Lozange il enferma vasisdas qu'il avait fait pratiquer à toutes une somme de sept cent mille francs , les portes de ses appartements. Il craignait plus uue partie de ses archives dans de jusqu'à la clarté du jour, au point que grands pots de grès qu'il enterra lui-même, toujours il y avait des bougies allumées à l'insu de tout le monde dans un coin dans les salles où il se tenait. Il voyageait du jardin et il n'y pensa peut-être plus beaucoup, mais toujours seul dans sa voi- jusque vers 1815 où il écrivit au juge ture, avec son cocher devant et un laquais de paix du canton de Sibret, dans le resderrière: Cependant il n'en descendait sort duquel le château est situé, de se jamais que de la nuit, et il y rentrait rendre à Lozange, d'y convoquer eu même avant le jour , dùt-il y rester une demie temps deux autres messieurs qu'il loi déjournée s'il arrivait au lieu iudiqué avant signait et d'ouvrir alors , tous trois étant le soir. Il lui est arrivé une fois, entre réunis, un petit paquet qui y arriverait autres, pendant un voyage à son château par la poste au jour iudiqué , pour apde Lozange, de casser une roue à sa chaise, prendre ses ordres. Ou y alla ut on trouva le matin lorsqu'il traversait Bastogne ; eh effectivement, remise du malin, une botte bien il n'a pas voulu en sortir et y est bien cachetée, dans laquelle il y avait une resté la journée entière, jusqu'à ce qu'elle lettre portant ces mots: « MM. . . voufut réparée. dront bien se rendre à l'insu de tout le
Si nous avons dit plus haut qu'il avait « monde au jardin du château, à l'angle
peur des hommes , cette crainte n'allait « du parterre et y fouiller la
cependant pas si loin que de les lui faire « terre à une profondeur de trois pieds
fuir absolument ; car, là où il croyait n'être « environ. Ils y trouveront pots en
pas connu il sortait quelquefois , mais « grès, pareils à ceux dans lesquels on
seul et de très grand matin, ou bien pen- « sale le beurre. Us les enlèveront avec
dant la soirée. Il était très curieux et ai- « précaution et les porteront au château :
mait à voir passer le monde, se tenant « Ces pots renferment une certaine somme
derrière un rideau de manière à n'être vu « d'argent en Louis d'or simples et doubles,
de personne : c'est ainsi qu'il avait loué « plus les archives de la seigneurie ; ils
à Bastogne un quartier donnant sur la « compteront exactement l'argent et m'en-
grand'place, et il s'y tenait parfois plusieurs « verront ensuite le tout par une voie sûre
jours, occupé à observer les passants et «à La Plante, près de Namur, avec l'in-
à voir ce qui se faisait dans la rue. Dans « ventaire des espèces. Ces messieurs se-
son château de Lozange, commune arden- « root récompensés des peines qu'ils se
naise de Villers-la-bonne-eau, il avait fait « seront données. » Les fouilles furent
pratiquer une espèce de trou qui com- entreprises et la trouvaille faite; l'argent
muniquait avec la chapelle castrale et il ayant été compté et l'inventaire dressé on
s'y rendait pour entendre la messe. constata qu'il y avait 700,000 francs moins
D'un autre côté , il semble qu'il était un double Louis d'or. Plus tard le Baron,
extrêmement méfiant: il avait toujours, en remerciant ces messieurs pour la régu-
pour chacune de ses propriétés, plusieurs larité de leurs opérations , leur écrivit
hommes d'affaires, mais qui ne le voyaient qu'à son départ pour l'émigration ce double
Louis d'or avait déjà manqué pour faire la somme ronde indiquée. Quant aux titres et parchemins ils étaient absolument adirés par l'humidité qui avait pénétré dans les vases.
Malgré ses excentricités qui tenaient en qnelque façon de la monomanie , le baron de Trappe a été sensible à l'amour : une jeune personne des environs , Elisabeth Collette , qu'il avait vue peut-être à Bastogne , sut le captiver et le rendit successivement père de deux enfants légitimes qui moururent en bas-âge. Après leur perte de Trappé ne reparut plus à Lozange où il avait laissé son épouse qui y mourut.
Après avoir lu ce caractère original, personne ne se douterait peut-être que le personnage qu'il dépeint dût occuper une place dans la Biographie des luxembourgeois distingués : Cependant de Trappé la mérite à juste titre. Frappé par un élément terrible pendant une aventure galante, lorsqu'il n'avait pas encore terminé sa croissance virile, ni achevé ses études, il n'a pas pu continuer ces dernières dans une institution publique; mais il ne persista pas moins pour cela à aimer les lettres et la littérature. Bien au contraire, retiré du commerce du monde qu'il traita constamment comme un étranger puisqu'il n'a voulu avoir aucune relation directe avec lui, l'étude fut son occupation constante; mais cette étude resta chez lui à l'état de germe ou de théorie, parce qu'elle ne pouvait recevoir le complément nécessaire du raisonnement: ce qu'il lisait dans les livres avait pour lui une valeur tout à fait absolue, non cette portée relative ou d'appréciation qui serait née de la discussion. En un mot, de Trappé fut pendant toute sa vie un admirable sujet de dix-sept ans. Sa mémoire était bonne et son cœur excellent ; il éprouvait le besoin irrésistible de communiquer ses pensées, ses vues, ses réflexions , et il n'a jamais eu le courage de le faire de bouche à bouche ; c'est pour ce motif qu'il les a écrites et fait imprimer, avec des redites, des retouches,
en un mol de dix façons diverses. Il a essayé de la philosophie comme un bon collégien, de la politique comme on en fait en rhétorique, des poésies où l'on remarque entre des vers lieux-communs plusieurs tirades admirables. Il a aussi fait de la morale, de même que dans le genre romantique et quelques essais de pièces de théâtre. En un mot, le baron de Trappé serait devenu un auteur de premier ordre si ses études avaient été poussées jusqu'au bout sous les yeux de professeurs habiles, si surtout il avait pu, dans le commerce du monde , apprendre la connaissance si nécessaire du cœur humain : ne connaissant que sa propre personne et n'ayant de relations extérieures que très rarement et comme à la dérobée avec son épouse, que cependant il aimait tendrement mais qui , pour le dire en passant ne pouvait pas suffire a lui donner les leçons nécessaires d'expérience sociale dont il avait si besoin pour apprendre à bien connaître le cœur humain , il est resté stationnaire alors qu'encore il n'était qu'au début de la belle carrière que ses talents innés lui promettaient.
Le baron de Trappé est mort le 4 septembre 1832, à l'âge de 70 ans enviroo, à sa campagne de La Plante près de Namur où il s'était retiré depuis une dixaine d'années. Il était chevalier du Phénix et membre de plusieurs académies et sociétés savantes.
Il a , parait-il , commencé sa carrière d'auteur vers l'année 1790, c'est-à-dire a l'âge de trente-cinq ans, par un Discourt en ters sur l'Athéisme , qui fut publié en l'an X , sous le pseudonyme de Citoyen Epprat (Trappé) ; brochure in-8° , de 8 pages, soi-disant imprimé à Borne, à l'imprimerie du Vatican : cet opuscule a beaucoup de beaux vers. — Portrait fait avant la révolution, formant une réponse à une pieuse épitre d'un Pierlot que je ne nomme nulle part , mais que je nommerai s'il veut ; 4 pages en vers ; in-8 , .sans date. — 5". Lettre impartiale (contre le serment à prêter a la ConsUtu-
lion consulaire). — 4°. Suite à la lettre impartiale , 7 pages io-8". — 5°. Lettre ou petit Calaloge littéraire; 8 pages in-12°: C'est un jugement sur quelques littérateurs liégeois. — 6°. Catalogue de plusieurs auteurs du ci-devant Pays de Liège et de quelques auteurs étrangers qui y ont résidé depuis 1760, pour servir au tableau de sa littérature pendant l'époque citée ; 1 1 pages in-12»; an X : c'est une suite de l'opuscule précédent. Nous nous croyons en devoir d'en extraire les jugements qu'il donne sur l'abbé de Feller et sur soi-même :
« Fbi-Lbr. Cet auteur joint le savoir à « une logique solide et subtile ; il pense « avec énergie ; son style mâle rend bien « ses idées. Il est difficile de ne pas laisser «apercevoir qu'on a été sous les éteu- « dards de St. Ignace. Je ne dis pas que «c'est un mal; mais des ennemis ont pré- « tendu que cet auteur, si recommandable « d'ailleurs par ses talents , son zèle, son « courage , avait quelquefois dépassé les « bornes des systèmes. »
« T. (Tbappk) Celui-là a donné un vo- « lume de Variétés littéraires , dans le- « quel, outre les fautes d'impression il se « trouve des fautes d'incorrection, appar- <• tenantes à l'auteur. Au milieu de ces « taches, on apperçoit des traits, des morte ceaux tout entiers, qui décèlent une por- «tion de talent bieu rare. C'est un mé- « lange : je compare en général les ouvrages « de cette nature à des arbres qui de- « mandent à être élagués. Quelques articles « peu philosophiques de ce mélange pour- « raient attirer à l'auteur des désagréments « de pins d'un genre ; nous l'invitons à y « prendre garde. »
«Epprat (Pseudonyme de Trappé).
« Sans vouloir hasarder mon jugement, je * soupçonne que c'est l'auteur des Variétés. « 11 est possible que je me trompe. Je «connais deux morceaux signé? Epprat.
« Un discours en vers (sur l'Athéisme), « dans lequel il y a du jugement et de «l'imagination, de la logique et de l'esprit; « et nu morceau inséré dans une gazette,
«dont la bouche annonce une profonde « sensibilité. »
7°. Teudimer ou la monarchie espagnole, suivi de Guillaume le conquérant ; d'Agenor et Zélie , drame; d'un essai en trois chants sur la Fronde et de plusieurs autres pièces tant en vers qu'en prose ; par De Gelozan (Pseudonyme de: de Lozange), du département des forêts. Bruxelles, 1805 ; vol. in-8°, de 264 pages : Teudimer et Guillaume le conquérant sont des contes. Le volume est terminé par nn chapitre de Variétés, renfermant des pensées philosophiques ; une imitation du : Super flumina Baby louis, en vers ; une autre de l'épisode de Cacus, de Virgile, en vers; la mort d'Adam, eu vers; le cadran, en vers; une traduction en vers d'un passage du cinquième chant de l'Enéide ; toujours amour, ou l'Amour caméléon, en vers; une imitation en vers de l'épilaplie de Chevrct ; des mélanges littéraires (pensées , réflexions) ; une imitatic: de Calule.
8*. Supplément aux Variétés littéraires du citoyen T., né à Liège. Paris, an X ; vol. in-8", de 81 pages: C'est un recueil de pensées et de bons mots qui quelquefois ne signilient rien. A la (in se trouve une répétition du Discours sur l'athéisme.
9'. Variétés en vers et en prose, par M. de Trappé , membre de la Société de littérature de Bruxelles ; Bruxelles , 1808, in-8°; 191 pages. Ce petit volume renferme d'excellentes pièces de vers, des odes, des contes, des satires, des fables. 11 est terminé par des compositions en prose. Il y a, co><ime dans les œuvres précédentes, plusieurs morceaux qui avaient déjà été imprimés. Nous donnons la nomenclature des nouveaux: Léon-le-grand ; le sac de Troie ; fragment imité du Paradis perdu de Milton ; réponse d'un représentant du peuple à un ami {superbe peinture de la terreur); à Mr N. (1788) ; dialogue entre un européen et un américain ; crainte de Dieu (ode) ; la fin du jour ; retour a sa campagne ; la belle qui n'a pas encore aimé ; le solitaire infortuné ; imita-
tion du débat du poème des jardins de Rapin; morceaux imités de l'Iliade ; sooge ; le vrai poète ; délice* champêtres } le chien d'li)ysse; à un ami partant pour un long voyage; I» paix (rde); à mon médecin; l'abeille; le lion égoïste et la crapaud, fables. Le véritable honnête; à M. Comhaire; Dieu; la vérité; parallèle; qu'estce que le génie? sur Milton; quinze épigrammes; réflexions et pensées en vers; Jérusalem rebâtie, en prose ainsi que les pièces suivantes : Amélie ou les dangers d'une première passion (treize lettres); Trazès; discours sur le duel; de la liberté de la presse; sur la religion naturelle; pensées; réHexions et sentiments (beaucoup de répétitions).
40*. Variantes de Léon-le-Grand et de quelques autres ouvrages ; par H. de Trappé. Bruxelles, 1808, in-8°; 13 pages.
If. Mélanges philosophiques, par de
T ; Paris; 1818, in-8°, 96 pages.
Cette brochure renferme , outre plusieurs morceaux déjà publiés : Constitution de 1815; pensées; parodie de 1791; petit dialogue sur le suicide ; lettre sur le spectacle; le pauvre de Ste. Gudule; promenade; déficit; à un peuple voisin; fragment d'une lettre de Londres; impartialité; Montesquieu; guerres civiles.
Le Baron de Trappé avait en outre composé d'autres manuscrits très nombreux et très volumineux qu'il n'avait pas fait imprimer. Dans son testament il légua une forte somme destinée à rémunérer les peines de trois savants , un ecclésiastique bon théologien , un jurisconsulte expérimenté et un littérateur, qui seraient chargés d'examiner tous ses écrits et de désigner ceux qui seraient dignes de voir le jour, ordonnant à son neveu et son héritier , le Baron Armand - Charles - Menuan - Joseph Van den Slcen de Jcbay , de les faire imprimer sous le titre de ses Oeuvres. De cette compilation vinrent 2 volumes in-12, le premier de 432 pages, le second de 358 , et intitulés : Productions diverses, morales, politiques et littéraires, par le Baron de Trappé ; seconde édition , cor-
rigée et augmentée; Namur, 1829 (cependant cette impression n'a été faite qu'après 1832). Nous allons donner la table des pièces nouvelles. Tome I : Réponse aux doutes d'un philosophe, avec deux suites; lettre de 1789, à M. le comte de M. ; civilisation ; le pour et le contre du même sujet; servitude; paix générale ; la voix du peuple ; révolution française; coup d'oeil sur la révolution de Liège ; esprit du dix-huitième siècle ; esprit du dix-neuvième siècle ; congrès ; l'Amérique à sa découverte ; l'Espagne ; sur les connaissances du peuple ; les jardins ; réflexions sur l'éducation; réflexions sur différentes matières ; traite des nègre* ; l'apocalypse ; cloches ; méditation* diverses ; le songe de 1m vie; réponse supposée à J.-J. Rousseau sur quelques passages de ses confessions ; diverses pensées religieuses ; tolérance ; culte ; vérité dont on doutera ; coup d'oeil sur Rome ancienne ; coup d'œil sur Rome en 1780 ; fragment d'un discours ; nouvelles du plus haut intérêt ; progrès des lumières ; pouvoir de l'opinion; sur Louis XI; liberté d'écrire; puissances humaines ; jury ; dîmes ; conscription ; maires; juges de paix ; chasse, grain ; récolte ; doute et embarras ; mendicité; gouvernement; suppression des couvents ; sur Voltaire ; sur la satire de Roileau ; examen de la Veuve de Malabar; examen de Figaro ; sur Feller ; esprit humain; esprit de l'homme; bons mots; réflexions sur l'apologue ; réflexions sur la littérature ; critique ; musique ; style épistolaire ; automne ; épreuve du talent ; projet de comédie; pensées; réflexions et maximes détachées, anecdotes, etc. — Tome II : Argument des poésies sacrées; la justice éternelle; Dieu; Dieu dans les Alpes; naissance du printemps; le lever de l'aurore ; épitre ; sur la paix de Campo- Formio ; dithyrambe sur ta paix ; strophe à un guerrier pacificateur ; sur la fin d'une guerre ; sur la paix générale ; à Mr M. (1788) ; réponse d'un tyran sur la royauté ; dialogue entre Clylemnestre etOreste ; description d'un combat ; entrée de Henri IV
à Paris; essai sur la Fronde; fragment sur la Fronde; Mahomet, conte allégorique ; vers sur Rome ; stance allégorique ; allégorie sur feu le Dauphin ; l'amitié et la chicane ; l'intérêt et l'envie ; la vérité, son triomphe, sa rareté; définition du génie ; définition de la fausse philosophie ; l'arrière-saison ; le feu du villageois ; à ma retraite ; voyage vers le temple de l'amour ; description d'un jet d'eau; promenade poétique ; le cheval de bataille; le dragon; la mine ; la tempête ; poésies sur divers personnages de la fable ou de l'histoire ; songe; pensées diverses; poésies légères; Sarlange, anecdote sentimentale; réimpression de Tcudimer , sons le titre de : Pélage ou la monarchie espagnole.
Nous ne pouvons terminer cet article sans ajouter le jugement que la Galérie historique des contemporains porte sur ce personnage extraordinaire : «Ses Mélanges, « son jardin anglais et quelques autres ou- « vrages l'avaient déjà fait connaître avan- « tageusement du public , lorsque ses œu- « vres réunies sous le titre de Productions « diverses parurent en 1819, Liège , 3 vol. «in-12, et lui méritèrent l'honneur d'être « mis au nombre des Belges qui cultivent « la littérature française avec le plus de « succès. Une philosophie douce et con- « ciliante , des sentiments exprimés avec « noblesse et souvent avec originalité; «voilà surtout ce qui rend attachante la « lecture des vers et de la prose de cet « auteur. »
Notes communiquée! par Mr u Coffra Xavmn Vu 8raaa m Jour, petit neren do baron de Trappe. — Le mime < Estai hUtoriqne aur l'ancienne cathédrale de 8t. Lambert, a Liège, 997. — Tndltiona.— Galérie dei contemporaini, VIII, 580.— Le» différente* «entres dn Baron de T rappel — Nanoe, Catalogne de 1. BlMlotnoone de LoaenU.onrg. 708.
TRAUSCH, Valentin, né à Fischbach, le 7 novembre 1784, était fils de Philippe Traosch , directeur du haut-fourneau de Fischbach, et d'Angélique Gonneringeo.
Le jeune Trauscu alla faire ses études gymnasiales aux collèges de Munster-Eiffel et de Cologne, puis sa première année
de théologie au séminaire de Trêves et les deux suivantes à celui de Metz où il obtint la prêtrise pendant les quatre-teuips d'avril. Nommé peu de temps après vicaire à Bitsch, puis desservant à Billhourg, il passa ensuite directeur du petit-séminaire de Luxembourg. Au commencement de 1814 il fut désigné curé primaire à Grevenmacher où il se distingua de la manière la plus éminente, ainsi qu'il l'avait déjà fait dans ses positions précédentes, par son esprit de tolérance éclairée , comme par sa science profonde.
En septembre 1817 le Gouvernement appréciant ses grands talents lui conféra la chaire de philosophie attachée aux cours supérieurs de l'Athénée de Luxembourg. C'est là que l'abbé Trausch eut l'occasion de développer ses connaissances transcendantes au point qu'il ne tarda pas à acquérir la réputation d'être un des meilleurs professeurs de cette branche si importante des connaissances spéculatives ; et le nombre des bons élèves qu'il a fournis à la faculté des lettres près des universités du royaume des Pays-Bas est une preuve péremptoire des mérites de l'habile professeur. Comme il n'avait rien plus à cœur que de former des hommes qui pussent faire honneur à l'établissement qui les avait livrés , il résolut de faire imprimer le sommaire de ses différents cours pour servir de guide dans les développements qui, suivant les usages académiques il donnait oralement ou d'après ses cahiers manuscrits, et il publia dès l'année 1818 les quatre manuels dont nous allons copier les titres : 1" Antbropologtx psycologicœ prima initia, ad usum scholarura Athcn&i luxemburgensis. Luxbrg, J. Lamort; 57 pages in-8°. — f. Institutionum metaphysicarura prima initia; Luxbrg, J. Lamort; 105 pages in 8\ — 5*. Theologiae naturalis prima praecepta ; 14 pages in-8*. — 4*. Philosophiez n.oralis prima lineamenta ; Luxbrg; J. Lamort; 77 pages in-8*.
Il professait la philosophie de Kant, et pendant les dernières années de sa
vie il renonça même à ses propres manuels pour suivre ceux de Matins et d'Ascheobrenner , parce qu'il les trouva meilleurs.
Nous devons enfin à M. l'abbé Trausch:
S". Rœser Columbani Institutiones metaphysicœ quas nonnullis mutationibus additionibusque usui auditorum suoruin denuo impriini curavit Trausch ; iu - 8° ; Luxembourg, 1829. — 6*. Une traduction des œuvres de Sncll. — 7°. Un grand nombre de discours. — 8" , enfin , ses adieux comme curé primaire de Grevenmacber. ,
L'abbé Valeatin Trausch était membre correspondant de l'institut royal des Pays- Bas. Il es.» mort à Luxembourg, le 16 mars 1840, et fut suivant ses désirs .»humé au cimetière de Hunsdorf, commune de Lorenzweilcr, endroit qu'il avait choisi pour sa sépulture parce qu'il y avait acquis une petite propriété qu'il avait prise en affection et dans laquelle il allait passer ses vacances.
Heuirigncincntt de («mille.— Souvenir» conl-mpi.raim.-lVi.BO», dialogue de la Bibliothèque de Luxembourg, »U3 cl t-H, «q— Xole» de M. le Professeur Englinç.
TR1TTHE1M ou Trittenheim, Jean de, du nom de son village natal — situé sur une espèce de péninsule , rive gauche de la Moselle, — est né le 1" février 1462, fils de Jean , dit de Hcidenberg et d'Elisabeth de Longuich , non Longwy comme quelques auteurs l'ont avancé en confondant un nom avec l'autre.
Les parents de Jean de Trilthoim étaient très pauvres , ce qui obligea celuici à devenir le fils de se. propres œuvres. Doué de grandes dispositions pour l'étude il employa d'abord toute son application à se faire des amis et des protecteurs capables de le mettre en position de suivre les écoles de Trêves, ensuite les universités de Cologne et de Heidelberg.
Un jour de vacances , c'était au mois de février 1482 , pendant qu'il se rendait chez un de ses oncles à Hcidenberg,
il fut surpris par une averse de neige qui le força à se réfugier à l'abbaye des Bénédictins de Spoohcim près de Creuznach. Comme il prit cet événement pour un avertissement du ciel il se décida pour la vie religieuse et fit dès le jour de la Conception de l'année suivante, 1483, sa profession dans l'ordre de St. Bénoît. Huit mois plus tard , l'abbé Jean III de Kolnhauscn étant mort il fut élu à sa place et prit le nom de Jean IV.
La bibliothèque de son abbaye de Sponheim ne se composait que de quarantehuit volumes à l'époque de son entrée en fonctions ; et il la porta , pendant les vingt-trois ans qu'il gouverna cette maison , jusqu'au chiffre de deux mille volumes , tant imprimés que manuscrits. Les ouvrages dont il l'enrichit, pour ainsi dire exclusivement à ses propres frais, il les choisit tous parmi les plus importants ; et ce qui plus est il eut la patience de les liro tous d'un bout à l'autre.
La grande réputation de science que Jean de Trittheim s'était acquise attira près de lui un grand nombre de savants, de princes et de persounages marquants; et le pieux abbé, tout adonné à l'étude justifia amplement l'intérêt que de toute part on lui donnait , par les savauts ouvrages qui sortaient de sa plume.
En 1503 Joacbiin 1", électeur de Brandenbourg , qui lui-môme était très instruit, l'invita à se rendre à Francfort sur Mein où il avait convoqué une diète, et se montra charmé d'avoir eu l'occasion de faire sa connaissance personnelle. De son côté Pc: ipereur Maximilien 1" l'engagea à venir le voir à Cologne , l'entretint longtemps et lui fit des présents très considérables.
Lorsqu'cn 1505 Jean de Trittheim s'absenta une autre fois de son abbaye, quelques-uns de ses religieux , mécontents de la rigidité avec laquelle il faisait observer la discipline de l'ordre, complottèrent contre lui et donnèrent lieu à une espèce d'émeute dans le monastère. Labbé, qui n'entendait pas gouverner par la violence ,
résolut à la nouvelle de ces attentats, de «e tenir éloigné de sa maison, afin de donner aux moines rebelles le temps de se reconnaître et de réparer leurs Taules. 11 profita de cette circonstance poar se rendre à Berlin où il séjourna pendant neuf mois, s'occupant à donner à l'électeur dos leçons de grec et de latin ainsi que de mathématiques; et il contribua entretemps beaucoup à l'érection de l'université de Francfort-sur-rOdcr. Comme après cette absence le repos n'était pas encore entièrement rétabli dans l'abbaye de Spooheim il se décida à l'abandonner définitivement et accepta la crosse abbatiale de St. Jacques, à Wurtzbourg, qui lui était offerte : il poussa même l'abnégation si loin qu'il laissa sa bibliothèque particulière à Sponheim , comme un souvenir de son attachement à cette abbaye dans laquelle il avait prononcé ses vœux.
Pendant qu'il était à Wurtzbourg l'abbé Jean de Trittbeim ne fut pas oisif. Il continua tes éludes favorites, collecta une nouvelle bibliothèque et composa encore plusieurs ouvrages importants. Il continua en outre une correspondance littéraire suivie avec l'électeur de Brandenbourg et mourut le 3 décembre, d'autres disent le 13 novembre, fête de Sainte Lucie, 1516, à l'âge de 54 ans. On voit encore dans l'église abbatiale de Wurtzbourg la dalle qui porte son épitaphe :
Anno Domini M. D. XVI. ipso die S.
Luciœ obiit Venerabilis Pater Doniinus JOAXXES TRITIIEIMWS, Abbas hujus Cœnobii.
De Honlheim rapporte une autre épitaphe de ce grand homme. Nous la copions également :
HaNC MBBU1T STATUAM GeBMANvE GLORIA
[tERRjE
Abbas TRITHEAIIUS , qlbm tbgit ista
[domls.
qvam fl'bbit utebis simul et p1btatb cb-
[lbiris,
AdMIRA.\DA SUI DANT MONUMENT A STYLI.
ABGUIT HOC BTIAM MULTOBUM G BATI A RB-
[GCM,
Ex qui bus imprimis Maximus Abmilh.s,
MAXIMDS AbMILIUS, ROMAM GLOBU 8CBP-
[THI,
qui fuit austbiac.eclaba propago dom 08.
hujus magnifica fuit accbpt1ss14 's aclaî Et priulm tribuit docta caterva locum.
abs1t susp1cio db diemonis abte magia , contba quam magnum scr ibere c0bp1t