JAM POSSB98UM PIGNUS ADD
Tantiqub pabentis mbmobls debitum
[mOBSTI FIL!! P1ETAS HOC MABM0BB TERSOLVIT ,
Anno M.DC.XXVII.
Le marbre qui porte cette inscription avait été transporté avec le reste du monument, de l'ancienne abbaye du Saint- Esprit dans le nouveau monastère qui fut élevé dans la ville-basse du Pfaffenlhal. Aujourd'hui il forme lu devant de l'autel de la chapelle de Ham , commune de Sandweiler : nous ignorons par quelle vicissitude ce marbre a été placé dans cet endroit. Le monument môme représentait le général , armé de toutes pièces , agenouillé devant le Christ et ayaut derrière lui sou Saint patron, de grandeur naturelle.
Nous croyons utile de relever ici et en passant l'erreur littéraire qui s'est glissée dans l'épitaphe que nous venons de transcrire, et dans laquelle, pour donner le litre (VAugusta h la ville de Luxembourg on Ta nommée Augusta Romanduorum.
Cette supposition ridicule se trouve , pour le même motif sans doute, reproduite dans les Lettres-patentes de Baron du général Jean de Beck. D'après les recherches des frères de Wiltheim , l'Augusta-Komanduorum des anciens ne peut être que la ville de St Quintin, nullement celle de Luxembourg.
François de Verdugo avait épousé Dorothée de Mansfelt , fille du Prince-Comte Pierre-Ernest de Mansfelt (v. son art.), Gouverneur du Pays de Luxembourg. Celte dame est morte à Leuwarden, en 1585 et fut ramenée à Luxembourg pour être inhumée au vieux St. -Esprit. Quelques auteurs ont prétendu qu'elle était enfant illégitime ; mais nous avons en main des preuves péremploircs pour établir qu'elle était née du mariage de son père avec Marie de Montmorency, sa seconde femme. François de Verdugo a eu quatre enfants, trois fils et une fille. L'aîné, mort en naissant, n'a pas reçu de nom : il fut inhumé au côté de l'évangile dans le chœur de l'église du vieux St.-Esprit. Un marbre noir portait son épitapbe :
QOO DIB PRIMAI! LUCBM VIDI , ABLUTUS
RVPTISMATE AD COBUUTBM RBDII ORIGINE*
17. Augusti 1580. Franciscus db vbrdugo Et Dorotuea db Mansfelt parentes po-
[SUERE.
Le second fils fut nommé Guillaume.
D a son article dans cet ouvrage, à la suite de celui-ci.
Le troisième, François, comte de Verdugo comme son père, seigneur de Macbau, Touppau et Neprowilz , fut capitaine d'un régiment de S. M. Catholique , du Conseil de guerre, etc. Don Sladen (v. son art.) lui a dédié ses Trophxa Verdugiana.
La tille, Filiberle ou Walburgc, naquit à Lcuwardcn, en Frise. Sa mère est morte en lui donnant le jour, comme cela résulte de l'épitaphe de Filibcrtc qui , à son tour, n'a atteint que l'âge de deux ans. Elle fut inhumée à côté de son frère aîné et a obtenu l'inscription tumulaire que nous répétons ici :
HOC TCMFLO TEGITUR N0BIL1S ET PCD1CA
[VlLlBERTA
De Verdugo , qit.e XVI Octobris anno
NATURiE DEBITUM SOI.VIT , CV1VS ANIMA
[requiescat IN PACE, D. 0. M.
Frise me donna le jour , et la mort a
ma merb;
De la vie ie vins icv accompaignbr mon
[frerb ;
VaLBURG FUS NOMMEE A LA SAINTE FON- TAINE ;
Passant tu vois en nous ce qce c'est la
[vie humainb.
L'an 1587 le 16 octobre F. M. B.
Nous ajouterons enfin le court article que l'auteur du manuscrit des Viri illustres a consacré à François de Verdugo : « Don « Francisco de Verdugo Hispanus quidem «sed per conjugem Mansfeldii nolham « Domicilio Luxemburgensis Gubernator «Frisiae et Principis Parmensis in recuit perando Belgio consors mortuus et se- « pnltus uoa cum coojuge Luxemburgi ad
« Saoctum Spiritum et juxta eum fllius « ejus Notbus. «
Nous pensons qu'il est inutile de relever les deux erreurs qui se sont glissées dans cet article, au sujet de la légitimité de l'épouse de Verdugo et de celle de son Gis ainé : Nous avons déjà dit un mot sur la première , et l'inscription tumulaire du second , qne nous avons rapportée, détruit la seconde.
Mouti, 8applémeat, III, 93*. — Wii.aM.Hot * Wiltbiim, Dlsqalsit. «uli<faar. butor, laieniburj;. II, c. IV. §. S. - Butboikt. IV, 433, »q — Maaaacrtl* de Mcajii, 84. — Vin Maître*, II. N° 148.
— Pnblication* île la Société archéologique de Laxenb^rg, III, «3, N> 1 ; et V, 26.- Notée d'étude*.
— BctTM.*, 103. — Dniy, Extrait* de la Notice du monMtèrc du 8*inl-E«prit ; archive* de I* Société «urebéol. de Lnxembg. — Stade* , Tropbaea comitif Terdago, 1639; Cologne, io.4"; p*»«im.
VERDUGO , Guillaume, ou Don Guilicrmo de , d'où quelques historiens, entre antres Pierret et son plagiaire Bertbolet ont fait un personnage imaginaire de ce dernier nom.
Il parait que Guillaume de Verdugo est né à Luxembourg , si nous en croyons l'assertion du manuscrit des Viri illustres dans lequel nous trouvons la notice suivante qui lui est consacrée : « Don Guilermo Luxem- « burgicus ob ductam primam aciem pra- « gensi in prœlio fractumquc Palatinum a «rege Hispaniarum dictus supremus dux « militiœ sua: in Palatinatu , ejns denique « Gnberaator, scque patremque honeslavit « nobili monumento Luxemburgi ad Sanc- « tum Spiritum. »
Guillaume de Verdugo fit ses premières armes dans les Pays-Bas, sous la conduite de son père, et s'y distingua d'une manière très brillante. En 1618 il alla en Italie où il obtint des commandements très importants et emporta entre autres places celle de Verceil. De là il se rendit en 1619 en Bohême où il contribua le plus an succès de la bataille de Mont-Blanc près de Prague : dans cette action il enleva lui-même un drapeau , se rendit maître de trois pièces de canon qu'il tourna eosuite contre l'ennemi, et fit prisonnier Chris-
tian II , prince d'Anhall , qui lui offrit vingt mille florins pour sa rançon , que Verdugo ue put accepter parce que le prince était à considérer comme prisonnier de l'Empire et appartenait dès lors à l'empereur , qui lui fit cependant cadeau de trois mille cinq cents florins à titre de gratification pour sa prise. Le prince d'Anhalt de son côté lui envoya mille ducats après sa délivrance.
Après la victoire de Prague Guillaume de Verdugo marcha en Moravie pour y rétablir le cardinal de Dietricbstein ; puis contre Bethlem Gabor en Hongrie; ensuite contre Ernest , bâtard de Mansfelt (v. son art.) et le duc de Brunswic qu'il cbassa de l'Alsace. Nommé finalement gouverneur de la Gucldrc et du Bas-Palatinat il mourut à Creuznacb, le 15 janvier 1629, des suites d'une blessure qu'il avait reçu deux ans auparavant au siège de Rheinfels. Il était chevalier de St. Jacques, chambellan du roi d'Espagne, membre de son conseil de guerre, seigneur de Macba, Toubau et Neprowitz.
Son corps fut embaumé et ramené à Luxembourg où il fut inhumé à côté de celui de sou père. Sa pierre sépulcrale portait l'inscription que nous allons transcrire :
D*' GUILIELMI VERDUGO qcidquid
[mortalb fuit Hoc saxo tegitcr; ixxortalbm tanti
[hbrois
VlRTLTBM ET GLORIA OrBIS BT PAMA PER-
[loquitur.
TU LBCTOR BBIfB APPRBCARB, BT VICINUM
[marmor PBRLB6E.
(c'est-à-dire l'épitapbe de son père, où il avait lui-même fait inscrire la plupart de ses titres.)
A la suppression du monastère du Saint- Esprit et la profanation du sanctuaire , môme celle des froides tombes , car il faut croire que les restes de Guillaume de Verdugo avaient été rapportés dans le nouveau couvent avec ceux de son père , le cœur du héros, renfermé dans une boîte
en plomb qoi sans doute était placée à côté du corps embaumé , tomba entre les mains du commissaire administrateur des biens de cette abbaye et fut conservé dans sa famille jusqu'à ce que, par l'officieuse entremise de Monsieur Deny, conseiller du Gouvernement du Grand-Duché , chevalier de plusieurs ordres et membre effectif de la société archéologique de Luxembourg, cette relique passa au musée national de cette société.
Guillaume von Staden a écrit la vie de Guillaume de Verdugo , sous le titre de : Trophsea Verdugiana.
DansMa personne de Guillaume de Verdugo cette famille parait s'être éteinte dans le Luxembourg. Nous ne savons pas s'il a été marié.
Les armes de Verdugo sont : d'argent, écartelé j aux 1 et 4 parsemé de croisetles recroisetées sans nombre; sur le tout de sable, au lion d'or. Aux 2 et 3 à l'aigle à double téte de sable, couronnée de même. Cimier : l'aigle de l'écu portant la couronne impériale.
Le musée de la Société archéologique de Luxembourg possède la statue équestre en grès d'un de Verdugo. Cette statue provient sans doute du tombeau de Don Guilermo ou de celui de son père.
Viri illustres, II, N° 140. — Manuscrits de M rajai , 94. — Uiitbolkt, VIII, 101 (c'est a* de* auteur» auxquels «ne étrange étourderie a fait faire de Guillaume de Verdugo un personnage distinct sous le nom de Guilermo). — Pisnacr. I, fol LXV. — Stasb», Trapus» Verdugiana. — Tsiiot, Mémoires manuscrits. - Manuscrits Clohb*. — Gaossa, Adclsleaieon, II, 1207.— Dur, EitraiU de la Notice sur le monastère du Saint-Esprit; ans archives de la Société archéologique du Grand-Duché de Lux.
VERLAINE, Charles, de Laroche, ne nous est connu que par la mention qui est faite de lui sous l'année 1722 sur la liste des pritnxu de l'université de Louvain.
Messager des sciences historiques de Garni: année 1838, P. 361.
VERNULEUSou Vernultz, Nicolas de, est né à Robelmont , commune de Villers-
la-looe , le 10 avril 1583. Son père, Pierre de Ver nulle ou Vernultz , était commandant d'une compagnie de cent hommes dans l'armée de Flandre ; sa mère se nommait Marie de Meriay.
Nicolas Vernuleus fil ses études humanitaires ainsi que sa philosophie à Trêves et à Cologne , et sa théologie à Louvain où il passa licencié, le 1 1 décembre 1608 : Il fut depuis 1608 professeur de rhétorique au collège du Porc, et d'éloquence à l'école des arts de la même ville. Son mérite , qui était reconnu et apprécié par tous , lui fit en outre obtenir un canonicat à la collégiale de St. Pierre, et en 1611 l'emploi de jurisconsulte et d'historien des Princes de Flandre , en remplacement de Jean-Baptiste Grammaye. En 1619 il devint le premier directeur ou principal du collège fondé par Jean Mylius (v. son art.).
Plus tard il fut appelé à Vienne où on lui conGa la chaire d'Histoire. Mais Henri du Puy ou Van de Putt , connu plus particulièrement sous lo nom latinisé de Erycus Putcanus, étant venu à mourir en 1646, il fut désigné pour succéder à ce savant au collège des trois langues à Louvain , où il fnt chargé d'enseigner l'Histoire ainsi que la Politique , et s'acquit une grande vogue à cause de ses connaissances aussi variées que solides. Ce grand homme est mort dans cet emploi , épuisé par le travail et les veilles , le 6 février 1649, dans sa 66* année, et fut inhumé dans l'église de St.-Pierre , à côté de Puteanus qu'il avait si dignement remplacé.
Vernuleus joignait aux titres que nous venons d'énumérer ceux d'historiographe et d'historien de l'Empire et du roi d'Espagne, ainsi que celui de conseiller antique. L'auteur du manuscrit des Viri illustres loi a consacré la phrase que nous transcrivons ici: ('1634. Nicolaus Vernulejus ex pago « Luzeraburgensi Viennae professor His- «toriœ, successor Lypsii ac Erici Puteani «in Universitate Lovaniensi, Seminarii « Myliani praeses , mortuns ibidem. »
Nicolas Vernuleus possédait dans toute leur élégance l'art oratoire ainsi que le»
sciences qu'il était chargé d'enseigner. Il écrivait bien et avec facilité ; mais il parlait plus difficilement, et sa voix n'était pas agréable. Tout ce qu'il a composé, soit en vers soit en prose, — et ses oeuvres sont nombreuses , — coulait bien de sa plume : Non seulement il n'avait jamais besoin de le copier, mais il trouvait même à peine, après l'avoir écrit, le moindre changement à y faire. Il était d'une conduite sage, réglée et très pieux. II fut pendant trente ans président du collège de Mylius, à Louvaio, et trois fois Recteur de l'université.
Voici les titres de ses œuvres : f°. De arte dicendi libri très, avec la pratique de la rhétorique ainsi que ses deux livres des Topiques; in-8°, Louvain, 1619. — 2°. Dissertationum politicarum decas prima. — 5°. Dissertationum politicarum decas altéra. — 4°. Quis inter orbis terrarum Monarchos potentissimus? Discours. — 5°.
Oralio de unâ et verà religione. — 6°. Collectio orationum rhetorum collegii Porcensis Lovanii et orationes propria; ; Louvain , 1631; vol. in-8°. — 7°. Historiae AcademiscLovanicnsis libri 1res; Louvain, 1627. — 8*. Institutionum moralium libri quatuor ; Louvain, 1625, in-8". — 9°. Institutionum politicarum libri quatuor; Louvain, 1624, in-8°. — i 0\ Institutionum œconoraicarum libri duo; Louvain, 1637, in-8°. — ît°. Eloge oratoire de l'Archidnc Albert (latin). — W '. Eloge oratoire de l'infante Isabelle -Claire -Eugénie (latin). — 15°. Tropbœa Cardinalis Ambrosii Spinolae. — 14°. Eloge oratoire du comte de Boucquoy (latin). — 15°. Eloge oratoire de Tilly, avec quelques discours sur différentes matières, eotr'autres sur la reprise de Breda (latin). — 16°. Orationes sacra; XXX; Louvain, 1633. — /7\ Dix tragédies : Conradin , roi de Suède ; Crispe, empereur; Théodoric, roi d'Italie; Ilenri VIII, roi d'Angleterre; Jeanne d'Arc, ou la pucelle d'Orléans (pièce particulièrement remarquable) ; Stanislas , évéqnc de Cracovie; Ottoacre, roi de
Bohême ; Thomas, archevêque de Caotorbéry; Saint Eustache, martyr; les martyrs de Gorcum ; Louvain, 1631; in-8*.
— 18". Maxime, tragédie; 1630. — 49°.
Fritland , tragédie, 1635. — £0°. Annus austriacus, seu Ephemcris historica rerum Austriœ; Louvain, 1628. — 24°. Apologia pro augustissimà gente austriacâ ; 1 635.
— $29. De virtutibus genlis austriacâ?
libri très; 1610. — 23'. De propagatione fidei christ ian.T in Bclgio, per sauctos Hibernia; viros; 1639. — 24°. Certamen oratorium de militari gloriA inter septem milites, Hispanum, Germanum, Francum, Italum, Polouum, etc.; 1624, in-i°. — 25°. Dissertafio politica de bello féliciter gerendo ; 1630. — 26°. Triumphus Lovaniensium, ob solutam obsidioncm anni 1635 ; in-4°. — 27". Oralio ad studiosam juvenlutem, kal. Julii, cura post solutam obsidioucm ad studia reverterctur ; 1635, in-4°. — 2S". Dissertatio oraloria de causis occupata; a Francis Lotharingie ; 1636 ; Louvain. — 29°. De justilïâ annorum Batavicorum adversus Rcgem Catholicum ; Louvain, 1637. — 50°. Triumphus ob ca?sos ad Colloam Batavos ; Louvain, 1 638 ; in-4°. — 5/°. Laudalio funebris Augusti Ferdinandi II imperatoris ; 1637, in-4°. — 52°. Pancgyricns gratulatorius ad Ferdinandum III imperatorem. — 35°. Laudatio funebris serenissimi Ferdinand! Auslriaci S. R. E. Cardinalis; 1641. — 34\ Munus parentale sacris raanibus Fcrdinandi Auslriaci Cardinalis ; 1641. — 35". Symbola imperatoria ; Ouvrage posthume ; 1 650. — 36°. Observationcs politica; in Tacitum ; Ouvrage posthume; trois volumes in-12°.
Outre ces ouvrages imprimés, Vernule a laissé plusieurs manuscrits : 37°. Observationes rhetoricœ et polilicac in Plinii panegyricum Trajani. — 38°. Commentarius et Quscstiones in Politica m Aristotelis. — 39°. Historia austriacâ. — 40°. Epitome Historiae universa? et omnium anliquitatum.
— 4t*. Cosmographia universa per monarebias distincta. — 42° enfin, quelques traités détachés concernant l'histoire ro-
mai ne : a. De ccnsu romano ; b. de tribus et curiis; c. decomitiis; d. de magislratibus et corum ofliciis; e. de militià roraanâ.
Vin illustre». III, N° 938. — Swistid», Albeo* belgica?, 383, *q. — Xoiiii, Supplément, III, 05(1.
— Cium, Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 441, 844, 391. 413, 434.-Na.oa. C«Ulogue de la Bibliothèque Je Luxembourg, 496, 313.
— La Gaaoc, Notice sur les luxembourgeois célèbres, 83, sq. — Da~ Fblleb, Dictiounaire historique, Htt. V. — D. Caturr, UibliolIir«jue lorraine; et Histoire de la Lorraine, I, col. CVI. — I'aqcit, 04. — I$c»- «ot«r. VIII. 197. - PLaasr, I, fol. LXXVII. -
— Cocanx , Encyclopédie moderne, XXIII, 383. — Diojjrapbie universelle, XLVII1. 839, sqqq. — Nen* sua*, Les auteurs luxembourgeois, 83, sq. — JVtT*. Hitt. du collège de» trois langues, a Lourain, 180 ■qqq.
VEYDER de Malbbrg, François- Charles, baron ide > général-major et chambellan, propriétaire du 58* régiment d'infanterie autrichienne , est mort avec le grade de chef de brigade, le 10 avril 1830, à l'âge de 55 ans, à Mayence au siège de laquelle ville il avait en 1795 répandu son premier sang au service de ses princes et souverains. Il était né au château de Malberg qui appartenait à sa famille , termina ses études à l'université de Cologne et entra en 1794, comme cadet au régiment Manfredini dans les rangs duquel il prit une part héroïque à onze campagnes très sanglantes. Déjà en 1795, nous venons de le dire , il appartenait à la garnison de la forteresse de Mayence pendant le siège ; il avait alors le grade d'enseigne : Il y contribua vaillamment à l'assaut des ouvrages de Hecutsheim ainsi qu'à la prise de 38 cauons de gros calibre et reçut une blessure.
L'enthousiasme qu'il mettait dans son attachement à ses souverains légitimes l'avait engagé à sacrifier jusqu'à son patrimoine , qui était considérable dans le Luxembourg. Il refusa en effet d'obtempérer à l'invitation que lui adressa le préfet La Costc de rentrer dans sa patrie sous peine d'être noté comme émigré.
Cependant de Vcyder avança de grade en grade , que tous il gagna par sa conduite distinguée ; il assista nommément à
soixante-deux actions importantes et batailles décisives , fut pendant six ans adjudant du lieutenant-feldmarécbal Chasteler et employé avec de grands avantages en 1805 et 1809 en Tyrol, dont il fit le théâtre de ses plus belles actions d'éclat.
Déjà en 1801 de Veyder obtint la grande médaille d'honneur en or pour s'être distingué à l'avantage du Tyrol; pour ses actions près do Wœrgl, Schwaz et Volders. Il était major lorsqu'il fut décidé par le chapitre de l'ordre de Marie-Thérèse (1811), qu'il recevrait la croix de chevalier de cet ordre. Présent partout où il y avait du danger pendant ces jours de malheur pour l'Autriche, remplaçant partout le chef que les balles ennemies enlevaient à une division, de Vcyder a été constamment le premier à marcher à la tète des siens contre les Français. Près dinspruck il rassembla jusqu'à 15,000 Tyroliens avec lesquels il occupa le 14 mai 1809 la position près du pont de Volder , alors si importante pour toute la province, défendit par là, combattant toujours , l'entrée de la capitale du Tyrol au maréchal duc de Danzig qui , s'avançant de Salzbourg avait voulu aller s'en emparer, et sauva ainsi les provisions considérables avec les caisses qui y avaient été laissées , et le 3* bataillon de Vaulx (v. son art.) qui était déjà absolument séparé du reste de l'armée ainsi qu'une division Lusignan qui aurait immanquablement été faite prisonnière de guerre. La salutaire influence que ces belles actions exercèrent sur la conservation du Tyrol procura au major Teimer et à André Ilofer les moyens de se livrer aux évolutions décisives qui assurèrent celle conservation.
En beaucoup d'autres occasions encore, comme après de sanglantes batailles, les glorieux exploits de de Veyder ont été rappelés dans les ordres du jour de l'armée avec tous les éloges qu'ils méritaient: Tel en fut-il entr'aulres près de Stara- Wischna en Vollynice (1812), près de Fribourg et de Wettau en Saxe, près de Leipsic, où il fut blessé, et à l'escar-
mouche près de Kœsen, le 21 octobre 1813, où avec son bataillon de chasseurs il rendit les services les plus signalés.
L'empereur d'Autriche lui conféra la croix de l'ordre Léopold, et le roi de Sardaigue celle des SS. Maurice et Lazare, en reconnaissance de ses services ainsi que de sa noble conduite pendant qu'il commandait en Savoye, en 1814.
En 1816 il s'acquit des droits à la reconnaissance du conseil aulique de guerre pour l'organisation du 45* régiment d'infanterie, et l'admiration de l'empereur pour la prudente conduite qu'il fit tenir au 24*. Nommé général-major en 1820 , le monarque lui accorda déjà sept ans plus tard la propriété du 58* régiment. Créé chef de brigade à Karlstadt, de Veyder fut constamment attentif à empêcher autant que possible les attaques de la part de la Bosnie, lesquelles se répétaient si fréquemment qu'on s'y serait presque accoutumé : il cherchait personnellement et partout à empêcher les collisions, Ira- Taillant jonr et nuit à terminer les affaires en litige qui y étaient accumulées en graud nombre. Mais le plus grand de ses services sous ce rapport fut sans doute l'activité qu'il mil un jour à l'occasion d'un pillage commis par une horde de Bosniens : il réunit avec la plus graude célérité toutes les forces dont il pouvait disposer, payant constamment de sa personne sans se ménager contre les fatigues ni les dangers, et marcha contre ces bandits qu'il délit complètement. Cette pénible campagne inocula chez lui le germe de la maladie qui l'enleva peu de mois après son arrivée à Mayence où il venait d'être transféré, comme nous l'avons vu plus haut.
François-Charles baron de Veyder, surnommé de Malberg, appartenait à une famille distinguée qui se titrait de Seigneur de Malberg , Oberesche , Mehr et Betlcnfeld. Les enregistrâtes du Conseil provincial de Luxembourg possèdent les lettres de baron concédées le 10 janvier 1732 par l'empereur Charles VI à François-Maurice de Veyder, écuyer, grand-père du person-
nage qui nous occupe. Nous en copions les considérants historiques et généalogiques : « François-Maurice de Veyder , y « est-il dit, était (ils de Jean-Jacques de «Veyder, écuyer, en son vivant colonel « de la ville et commandant de la forteresse « de Juliers , qui avait été cousin germain « de Jean-Christophe de Veyder , écuyer, « seigneur de Malberg, Mehr et Bettenfeld, «Oberesche, JJolenfeltz et Stcyer, lequel «avait fait reconnaître et recevoir l'an- « cienneté et l'extraction de la noblesse de « la famille de Veyder et les armes de ses « ancêtres tant au corps de la noblesse c> immédiate du Saint-Empire du cercle du «Bas-Bhin, le 9 mars 1706, qu'à celle « du corps noble de l'Etat des pays et v duché de Luxembourg et comté de Chiny, «auxquels Etats il aurait été réellement «admis le 16 janvier 1710; petit-fils de « Christophe de Veyder , vivant seigneur « de Bickendorf, qui a été frère de Jean- « Henri de Veyder, seigneur de Malberg « et arrière pelit-Ols de Corniel de Veyder, « seigneur de Malberg, etc. »
Ce François-Maurice de Veyder a été créé Baron pour lui ainsi que pour ses enfants et leurs descendants.
Nous ajouterons eutin , qu'un frère de François-Charles baron de Veyder s'est également distingué d'une mauière très glorieuse au service d'Autriche ; mais nous n'avons pu obtenir sur lui aucun renseignement précis: il avait, dit-on, obtenu de même le grade de général.
niarcirct». Drr JUilitar-Maria^Tucrrsicn-Ordeo, II, 0»9 cl 1747. — Arcu. Cou. prov.t Itr«|. Cotnra.
N* 1106, p. 1MM>. — Renseignements particulier».
Ncue Mainxcr Zeitunj; , N° iôtt do 13 mai 1850.— Oc»l<rreiel>ische tnililairische Zi-iltcurift, 10* liv. Vienne, 18..0, p. «7.
V1ANDEN, la puissante maison cotntale de, dont l'origine se perd dans la nuit des temps, a déjà laissé des traces historiques dès le huitième siècle , si pas antérieurement. Eteinte vers le milieu du quinzième, elle portait primitivement: de gueules à l'écusson d'argent; et depuis 1288 elle avait adopté les armes de Per-
weys ou de Loovain: de gueules à la fasce d'argent.
La succession généalogique des comtes de Vianden est positivement établie depuis Frédéric , qui vivait vers la fin du premier quart du douzième siècle. Afin de ne pas nous répéter , nous engageons le lecteur à consulter l'histoire de cette dynastie , continuée jusqu'à nos jours par les femmes dans celle de Nassau-Orange, aujourd'hui régnante dans le royaume des Pays-Bas, Histoire que nous avons publiée en 1851 ; 259 plus C pages tn-8°.
VIANDEN , Gérard, comte de, fils puiné de Frédéric Ier , comte régnant de Vianden , se fit religieux au monastère de Saint-Sauveur à Prura dont il devint plus tard le vingt-neuvième abbé. Les historiens ne tarissent pas sur les louanges qu'ils donnent à sa science , à ses vertus, à sa régularité et surtout à sa piété, au point que plusieurs ont prétendu qu'il doit être inscrit au catalogue des saints; et il a en effet été honoré comme tel duus son abbaye de Prum. En 1189 ou 1190, il fonda à Nieder-Prum un monastère de dames nobles auquel il préposa Sophie , sa parente , en qualité de première abbesse et lui céda les corps de St. Gordian et de St. Epimache. Vers la même époque Jean II , abbé de St.liubert en Ardenne ayant résigné son abbaye, l'archevêque de Cologne, primat du diocèse de Liège, tede vacante, dont celte maison dépendait pour le spirituel , conûa à l'abbé Gérard de Vianden la conduite de ce monastère qu'il gouverna conjointement avec celui de Prum jusqu'à l'année 1195. Il est mort en 1212, après avoir porté la crosse abbatiale de Prum pendant 28 ans.
Km Hohtvum, HuUrU Trerircuaif diplomatie*, I, 617, 619, 630. — t. SnAiane, WelropolU Eccleaue Trercr., I, 471. — Nrraa. Hùtoire de la ▼ille de Vianden et de te» conte* , 70; et Prevre*. VII. — Brtiout, IV, 248 »q.; P.J. XXXIX — K«*crr, DeCcniio abbatix prumicDsis, 48. — Piiaarr, III, 665. — D. Calmkt, Notice de la Lorraine. — Da RoaaoLX, édition dn Caatatoriaa, 171.
VIANDEN, Godefroid de, vivait pen-
dant le douzième et le treizième siècle, à cette époque où la succession généalogique de sa maison est encore tellement obscure qu'il n'est donné à personne d'établir la filiation régulière de ses membres. Quoiqu'il en soit il semble que Godefroid de Vianden a été oncle de Frédéric 1", comte de Vianden, le plus ancien dynaste de cette race dont on peut déduire une succession positive et non interrompue.
11 existe une assez grande obscurité au sujet de ce personnage. Berlholet le croit natif de h ville de Liège, tandis que dans ses annales de Trêves le Père Brower le dit originaire du diocèse et principauté de ce nom : ortus e diœceti soloque Leodiensi, nobili apud suos /oco. Mais dans un autre ouvrage , Metropolis Ecclesiae Trevireosis , naguère édité par v. Stramberg d'après le manuscrit de Brower , le même auteur le dit positivement de Vianden : Godefridus de Veianden.
Quant au sentiment de Bertholet nous nous croyons autorisé à n'y avoir aucun égard , tandis que pour ce qui regarde celui de Brower , il s'agira de voir si ce qu'il dit dans sa Metrop. Eccles. Trever. peut se concilier avec les annales du même diocèse éditées par lui. Or, on sait que Vianden ressortissait au diocèse de Liège et que cet endroit pouvait déjà à cette époque reculée être désigné par l'épithète de Nobilis locus, à raison de la puissance de la dynastie qui y dominait. Il n'y a dès lors pas de contradiction et partant il nous sera permis d'admettre que Godefroid, archevêque de Trêves descendait de la famille comtale de Vianden.
Il avait choisi la carrière ecclésiastique et il était grand archidiacre ou chorévéque de la cathédrale de Trêves lorsque l'archevêque Brunon , né des comtes de Belheim vint à mourir en 1124. Le clergé et le peuple s'étant assemblés pour procéder au choix d'un successeur pour le prélat défunt , toutes les voix se réunirent en faveur de l'archidiacre Godefroid de Vianden; parce que, continue l'anualUte
Brower, ayant remplacé un de ses parents , nommé Aroool dans la dignité d'archidiacre , il avait tellement su s'acqaérir l'estime et la vénération de tous tant par ses belles qualités de l'esprit et du corps , que par son exquise piété et sa vertu exemplaire, qu'il y a eu unanimité pour le juger digne de s'asseoir sur le trône archiépiscopal.
Quelque temps après son élection, Otton comte de Chiny le pria de venir consacrer l'église de l'abbaye dOrval qu'il venait de fonder. Mais le prélat, qui avait pour le moment d'autres affaires sur les bras et qui d'ailleurs n'avait lui-même pas encore reçu l'onction épiscopale, ne put pas s'y rendre. Cependant, afin de ne pas différer cette consécration il envoya à l'évéque de Verdun les pouvoirs nécessaires pour y procéder en son nom : ce qui eut lieu le 30 septembre de la même année 1024.
L'année suivante l'archevêque Godefroid alla à la diète que de concert avec l'empereur le légat du Pape avait convoquée à Worms pour prendre une résolution au sujet de l'intrusion dcGeberhard, évéque de Wnrtzbourg. Les archevêques de Cologne et de Mayence ainsi que l'évéque de Toul s'y étaient également rendus avec d'autres prélats ; et Godefroid profita de cette occasion propice pour se faire sacrer archevêque de Trêves.
Il venait de rentrer dans sa capitale lorsque des esprits remuants commencèrent à cabaler contre lui et à lui susciter des embarras qu'on prétendait motiver sur quelques vices dans son élection. Godefroid, qui était déjà avancé en âge et qui se sentait la conscience pure ; mais qui en même temps n'était pas homme à se soumettre û une injustice aussi flagrante, eut un moment la pensée d'abdiquer pour épargner à son église des troubles et des dissentions dont on n'aurait pu calculer ni les suites ni la durée. Mais après de mûres réflexions faites avec calme, il se décida à soutenir l'orage jusqu'à d'autres temps. Cependant, comme des murmures on en vint bientôt après à des accusations formelles, parce
que l'archevêque n'avait pas voulu répondre aux premières invectives, il finit par se lasser absolument d'un fardeau qu'il n'avait ni recherché ni ambitionné , et il se démit de sa dignité en plein chapitre, la troisième année de son épiscopat, pour aller finir ses jours dans la retraite où il mourut très vieux, le 23 novembre 1028. Meginbère, son successeur, l'inhuma dans sa cathédrale, au côté de l'évangile.
Le lecteur se sera aperçu en lisant cet article , que nous n'avons eu aucun égard aux graves accusations que l'exemplaire des Gestes de Trêves, nommé par les éditeurs de ce précieux ouvrage Codex Guelferbytanus a lancées contre ce prélat. Nous avons été engagé à en agir ainsi parce que les faits articulés ne sont répétés par aucun autre auteur digne de foi, tandis que tout ce que nous avons dit de bien sur notre personnage se trouve exactement reproduit dans un autre exemplaire des mêmes Gestes et également inséré dans l'édition de Muller et Wyttenbach.
Nous nous sommes également tenu au sentiment Brower quant a la famille de l'archevêque Godefroid , qui le dit positivement « de Vianden » tandis que le même exemplaire des Gestes, dit Codex Guelferbytanus avance qu'il est né à Falemagne : « ex vico qui Falemanies dieitur» d'un père nommé Ritfride et de sa femme Fredesinde, son auteur ayant ignoré que Falemanies est le nom du district dît eucore de nos jours Famenne et qu'il ne peut s'agir ici du village de Falmagne, au canton de Beauraing, qui n'a jamais possédé de château , partant pas de famille noble dont on aurait pu faire descendre Godefroid qui, pour pouvoir devenir chanoine a Trêves devait nécessairement être : « de nobili génère ortus et natus. »
Hioun, Annales Trcvimuet, II, 90 nd 91t. — V. Siaustac, Broweri et Maju-nii Melropolii Ecclclim Trever., I. ItW. - Bmt.owt, I, P. J. IV.— G et ta Treriroran. I, 199 ad 908; annot 43, «q.
VIANDEN, Godefroid II, comte de, était fils du comte Philippe I* (v. son art.) et de Marie de Perweys. Il n'entre
pas dans notre objet de discuter s'il succéda directement à son père, mort en 1272, ou bien s'il ne détînt comte régnant qu'après son frère aîné.
Quoiqu'il en soit, Godefroid II intervint à des charlres, même dès l'année 1270, deux ans avant le décès de son père ; et en 1285 il assista aux célèbres tournois de Chauvency où il entra le premier en lice. Outre la terre de Vianden Godefroid possédait dané le duché de Brabant plusieurs seigneuries considérables qui étaient entrées dans les domaines de sa maison du chef de sa mère. Et ce fut nécessairement ce motif qui le décida à s'attacher de préférence au duc de Brabant plutôt qu'au comte de Luxembourg qui était à cette époque bien moins puissant que le premier.
D'un autre côté, il parait que le comte Godefroid II était pour son époque un de ces preux batailleurs qui avait su se faire une belle réputation militaire, puisqu'â la bataille de Wœrringen , le 5 juin 1288, il se distingua dans les rangs brabançons au point que plusieurs historiens ont avancé que pendant cette sanglante journée il avait commandé l'aile gauche de l'année du duc Jean 1" : la baunière de Louvain avait été abattue pendant l'action, et Godefroid 1 1, ne consultant que son courage, brava tous les périls pour la relever au milieu du carnage. Depuis ce jour aussi il substitua , en souvenir de son exploit, cet écusson aux anciennes et primitives armes de Vianden et prit : de gueules, à la fasce d'argent, que ses successeurs ont conservé. Ce ne fut pas seulement à la bataille de Wœrringen que Godefroid II avait pris ouvertement le parti du duc de Brabant contre le comte de Luxembourg, malgré qu'il eût relevé sa terre de Vianden des mains de ce dernier ; pendant toute la durée de la guerre pour la possession du Limhourg il n'avait cessé de guerroyer dans ce parti et. de faire des courses sur les terres luxembourgeoises : dans une de ces escarmouches il fut même fait prisonnier en 1283, et ne dut sa liberté qu'à
la parole qu'il donna de ne plus commettre d'hostilité contre Henri III de Luxembourg tant que celui-ci serait en guerre avec le Brabant ; plusieurs de ses vassaux avaient même été constitués pleiges pour lui; mais sa présence à Wœrringen prouve bien que la foi-jurée ne fut pas observée.
Cependant il parait que malgré ces actes que l'on pouvait nommer félonie, Godefroid rentra en grâce auprès de la cour de Luxembourg lorsque , pour cimenter la paix après la victoire de Wœrringen le duc de Brabant donna sa fille Marguerite en mariage au jeune Henri IV, comte de Luxembourg, puisque depuis cette époque il reparut au nombre des seigneurs luxembourgeois, tant à l'occasion de ce mariage môme que dans plusieurs circonstances solennelles, et que même il alla jusqu'à faire au comte Henri IV des prêts d'argent.
Nous n'entrerons pas dans les détails intérieurs du gouvernement de Godefroid II, parce que ces détails, insignifiants dans une biographie , n'offrent aucune particularité saillante.
Comme plusieurs de ses ancêtres , Godefroid II se démit vers la fin de sa vie de l'administration du comté de Vianden en faveur de son fils Philippe, II" du nom, qui parait déjà en 1308 comme autocrate (v. son art.). Le comte Godefroid II fut marié deux fois; d'abord à Adélaïde d'Audenardc, morte en 1308; ensuite à Lutgarde de Ligny qui vivait encore en 1318. Il eut plusieurs enfants de chacune de ces deux unions. Du premier mariage advinrent : Philippe 11 , Godefroid III et Henri II, qui tous trois furent successivement comtes régnants de Vianden , comme nous croyons l'avoir prouvé dans un autre ouvrage.
Du second lit: Louis, chaooiue à Liège et à Munster-Eiffel, qui fut tué par Guillaume I", comte de Namur; Jean, d'abord chanoine de St Lambert , à Liège, puis quarante-deuxième évêque du Therouanne, enfin en 1334 archevêque de Rheims; Marguerite, épouse d'un sei-
gneur de Ninove ou de Pierreforte ; et finalement Lutgarde , mariée à Werner de 061c, ensuite à un Sire de Sombrefie.
Le comte Godefroid II est mort en Brabant, en 1312.
Nim, Histoire de Vianden, 1811 à 132. — ««»• Motir, V. 870, 331, 880, 200; VI. 808 - Botkkk* , I, 038, 048. - Oiiaorrt, Le* tournoi* dcChuuvcncy.— l'rœliamVoringauum, 23; IlibliutK. de M. de la Fontaine, père. — J«»i» van IIeilo, Chronique ri mie, 2B8. — Catalogne Bma, micrit. I, S. — La G «nos. Histoire du Ducbé de Luxembourg, II, 84. — Gcita Trcvirorura, II, Cap. CC, 144. — Aa Uomaiin, Hiitoria Ireviri-nsU diplomatica. I, 887; III, 180. -PisaatT, II, 871, note 8; III. 088. 000.
Vianden, Guillaume j dit de; v. GUIL- LAUME , dit de Vianden.
VIANDEN, Henri I", comte de, était fils aîné de Frédéric II , comte de Vianden et de Matbilde comtesse de Salm en Ardenne. Son père, comme cela semble avoir été en quelque sorte la coutume pendant le douzième et le treizième siècle, voulant vers la fin de sa vie faire un pèlerinage en Terre-Sainte, remit à Henri 1", son fils , les rônes du gouvernement de son comté de Vianden:
Cet événement eut lieu entre les années 1218 et 1220.
Henri I" avait plusieurs frères. Peu après le départ de son père pour la Palestine il eut occasion de mettre son courage à Tépreuve : Walram de Limbourg, second époux de la Comtesse Ermesinde de Luxembourg prétendait à la possession du comté de Namur du chef de sa femme qu'il soutenait en avoir été injustement dépossédée. Henri , comte de Vianden se joignit avec ses frères à Baudouin du Hainaut qui avait obtenu la propriété du comté en litige, et marcha contre Walram qui le défit en 1220 dans une escarmouche et le fit prisonnier avec les siens. Cependant à la paix qui fut conclue très peu de temps après, ils furent relâchés sans rançon.
Ce n'était pas sans motif que Henri de Vianden avait suivi la bannière du
comte de Namur : A cette époque , la terre de Vianden était encore un francalleu , ne relevant que de Dieu et du Saint-Empire , comme on disait alors , et Henri avait épousé Marguerite de Courtcnay, parente de Baudouin du Hainaut, comte de Namur: il devait naturellement à celui-ci son bras et l'appui de ses forces plutôt qu'à Walram qui lui était étranger et dont sa position devait naturellement le rendre rival, puisqu'alors le comté de Luxembourg n'était peut-être pas plus considérable que la terre de Vianden.
Un autre motif encore devait le faire pencher en faveur de Baudouin : il pouvait espérer d'arriver un jour à la possession du comté de Namur du chef de son épouse ; et dans ce cas il avait le plus grand intérêt à chercher à ce qu'au»cune parcelle de cette terre n'en fût détachée. Ce qu'il a pu prévoir ou soupçonner en 1220, se réalisa à certains égards huit à neuf ans plus tard. En effet , Philippe-le-noble , fils et successeur de Baudouin dans le comté de Namur, étant mort vers 1229, le comte Henri de Vianden se mit en possession réelle du Namurois , invoquant pour justifier cette usurpation réelle , des motifs aussi peu fondés en droit qu'en justice ; et il sut s'y maintenir jusqu'en 1237 où Baudouin de Courtenay , frère de la comtesse Marguerite de Vianden vint revendiquer ses droits réels sur le Pays de Namur, droits qu'il appuya de l'entremise de Louis IX , roi de France et de Jeanne, comtesse de Flandre et du Hainaut. Henri , forcé de céder , se retira dans sa terre patrimoniale de Vianden : En 1231 il avait, de concert avec son épouse , fondé l'abbaye de Grandpré dans le pays de Namur.
D'un antre côté le comte Henri paraît s'être attaché depuis cette époque au simple gouvernement de ses peuples. Il s'occupa de plus de fondations pieuses. Pour donner une parfaite intelligence des faits nous nous voyons amené à remonter aux
sources des événements : Nous avons dit au commencement de cet article , que vers Tannée 1218 à 1220 , Frédéric II comte de Vianden et père du comte Henri I avait entrepris un pèlerinage en Palestine. Arrivé dans ce pays il eut le malheur d'être fait prisonnier par les infidèles et enfermé dans un noir cachot d'où il fut tiré par le zèle des frères Trinitaires qui payèrent sa rançon. De retour dans ses foyers ce seigneur projeta de fonder nn monastère de cet ordre bienfaisant dans sa ville de Vianden, et il laissa le soin d'exécuter ce projet ou ce vœu à son fils Henri Ier qui l'accomplit vingt-quatre ans après le décès de son père , c'est-à-dire en 1248. En effet, par un acte du mois de juin de celte année le comte et la comtesse de Vianden cédèrent aux religieux Trinitaires l'hôpital qu'ils avaient fondé quelque temps auparavant au pied de leur château afin d'y établir un monastère. Cette fondation fut dans la suite augmentée par eux de plusieurs libéralités qui ne regardent pas notre sujet ici. Quelques années plus tard , c'est-à-dire vers 1253 , le comte Henri 1" partit à son tour pour la Terre-Sainte où il mourut le 19 novembre.
Outre les faits que nous venons de relater nous aurions à ajouter ici la part d'opposition que ce comte fit a la mise à exécution du projet de sa fille Yolande de s'enfermer dans le monastère de Marientbal. Mais nous préférons renvoyer ce récit à l'article que nous consacrerons à cette religieuse comtesse.
Yolande était la plus jeune des enfants du comte Henri I", qui comptait en outre: Frédéric , mort avant son père et dont le fils Henri fut violemment dépossédé de son patrimoine par son oncle Philippe, qui fut ainsi comte régnant de Vianden après Henri Ier; voir l'art, consacré a Philippe I", comte de Vianden. Puis vinrent Henri, qui fut évêqoe d'Utrecht (v. s. art.) et Pierre qui se voua de môme au sacerdoce. Ce dernier était en 1264 prévôt des collégiales de S' Martin à Liège
et de Cologne ; puis enfin , dégoûté du monde il entra dans l'ordre de S* Dominique et mourut le 5 février, nous ignorons en quelle année , mais dans tons les cas après 1271. Une autre fille nommée Richarde fut unie à un comte de Salm.
Le manuscrit des Viri illustres donne sur le comte Henri I. l'article que nous transcrivons ici : « 1213. Heinricus cornes « viaodanus fundavit sua in urbe Monas- « terium Crucigeris de Ordine redemptionis « Captivorum SS"" Trinitatis quod cum « uxore Margarctba et Philippo filio captus «a Saracenis per istius Religiosos fuisset « redemptus. »
Nous avons voulu rendre ce texte tel qu'il est ; mais nous ferons observer qu'il est fautif; car il est évident que ce ne fut pas le comte Henri I qui avait été fait prisonnier par les sarrasins conjointement avec son épouse et son fils mais bien son père, le comte Frédéric II.
Viri llluatrca, III, N° 170. — N«m, Hiatoire de Vianden, 81, aqqq. — D« Ktui, lliatoire da comte de Namur, 845, aqqq. — Albx**»i* a Wiltaeia. Vit» vcnerabilia Yolandx ; paasim. — va» Htssilt . Vianden , de ondtte Beaitting der G rat en tao Nassau in betiïroot-Hcrtogdom Luxembnrg. 10.— PicaacT, III, 088. — Ka^casa, Abadcmiscbe Beitr«ge. II, SS1. - BtaTaotiT , IV, 333 ; V, 9, 10 41, 43. — Mia.cct, Opéra diplomatica. I, 500. — Galliot, lliatoire de Namur, V, 309. — Maim, Epitome Historié Trcrirenaia, 471. — Scsavca, Le* Paja Bai ayant et durant la domination romaine, II, 489.- Kortxer nnd acblecbter Bcricht und Beacbreibung dea Uaus a. gcbloax und Laadtt Luirmburp» aucrt. dont noua ponédona une copie.
VIANDEN , Henri, comte de, troisième fils du comte Henri Ier et de Marguerite de Courtenay, entra dans les ordres sacrés et obtint d'abord une prétende de chanoine avec la dignité de prévôt à la cathédrale de Cologne. Il occupait ce bénéfice lorsque sa sœur Yolande eut à soutenir ces terribles comhats moraux contre l'obstination de sa mère qui voulait l'empêcher d'entrer en religion; et il parvint à fléchir cette femme colère. Nous reviendrons sur cet objet à l'article Yolande de Vianden.
Lorsque Goswin d'Amstel, trente-septième évéque d'Utrecht eut résigné son
évéché en 1250, Henri de Viande o lui fat substitué. Le nouvel évéque s'occupa aussitôt à reconstruire sa cathédrale qui, bâtie vers 630 par le roi Dagobert 1", puis réparée par Adelbode , dix-neuvième éréque Ter» 1009-1024, menaçait ruine.
Son œurre d'édification,
1254, n'a pu être achevée par lui. Il mourut le 3 juin 1267 , regretté pour sa science , son intégrité et sa piété.
Henri de Vianden était évéque d'Utrechl lorsque le jeune Henri , connu plus tard sous le nom de Henri de Schœuecken, son neveu , fils de défunt son frère atné , commença a faire des démarches afin d'entrer en possession du comté de Vianden qui loi revenait comme fils et héritier du premier-né du comte Henri I , et que son oncle Philippe I s'obstinait à retenir malgré que comme frère putné du père du jeune Henri il n'y eût de droit réel que celui de la force. L'évêque Henri prit parti pour son frère Philippe contre son neveu, et, de concert avec Pierre, son autre frère , il négocia avec le comte de Luxembourg afin d'obtenir avec l'aide de ce dernier l'élargissement de ce frère que le neveu tenait enfermé dans la forteresse de Schœneckcn. C'est cette négociation qui amena le vasselage des comtes de Vianden a la maison de Luxembourg , et porta le premier coup à leur indépendance suzeraine : aussi faut-il croire que l'accusation que l'Histoire a lancée contre le comte Philippe 1* d'avoir usurpé l'hérédité légitime de son neveu , fils de son frère aîné, n'est pas fondée, et que dans cette dynastie il existait une loi ou un usage qui établissait que le gouvernement du comté revenait de droit an fils aîné-vivant du dernier dynaste , a l'exclusion même des enfants d'un premier-né qui serait mort avant son père; car, si nous considérons la piété et la science de l'évêque Henri , de même que la vertu du prévôt Pierre de Vianden, qui ont préféré voir descendre les domaines patrimoniaux au second rang féodal plutôt que de permettre qu'ils fussent possédés par leur neveu qui s'en était
emparé par la force, nous serons bien obligé d'admettre qu'à leurs yeux la justice se trouvait placée du côté de leur frère Philippe. Cette loi de succession , pour le dire en passant, trouvait cependant encore une variante lorsqu'il s'agissait de l'héritage par les femmes eu l'absence de rejetons mâles : il parait que ces dernières conservaient l'administration indivisément ou k peu près , comme cela a eu lieu à l'égard des comtesses Marie et Adélaïde, les dernières du nom de Vianden.
L'évêque Henri de Vianden fut inhumé dans sa cathédrale d'Utrecht, où son mausolée portait ces deux distiques:
Qui nova pracelai jccit fundaroina templi, Praesidium Vreland extrait huic populo , Vir placidus, recti custos, virtutis a mat or, Terapore quem nullo laus reticenda manet.
IVnm, Ilîttotre de Vùftdtn, 90 et XX. — Le* Délier, de* P.yt Bm, IV. 2HC, SbG. - Bimour,
v, sa .«,, -p,w..t.
Viande», Jean de; v. JEAN, dit de Vianden.
Viandbn, Marguerite, comtesse de; v.
COURTENAY , Marguerite de,
VIANDEN, Philippe F , comte de, était fils puiné du comte Henri 1" et de Marguerite de Courlenay , et devint l'aîné par la mort de son frère premier-né. Dès l'année 1253 ce seigneur prenait le titre de Comte-régnant de Vianden.
Guerroyeur et dévôt comme les chevaliers l'étaient au treizième sièele, il voulut d'abord essayer ses armes contre la puissante cité de Metz qu'il parvint à enceindre et à bloquer. Il ne quitta même celle entreprise que pour voler au secours de son propre castel que par représailles sans doute, le comte de Luxembourg était venu surprendre. Ces faits se passèrent en 1257. Vers la même époque il avait fondé à Roth, non loin de Vianden , une comroanderie de Templiers avec lesquels il ne tarda pas a avoir bien des démêlés et des contestations , tant pour le spirituel que pour le temporel. Ces querelles, dans lesquelles
les religieux allèrent même jusqu'à essayer des armes ecclésiastiques contre leur fondateur et leur bienfaiteur , ne furent terminées que plusieurs années plus tard et lorsque le comte Philippe eut sur les bras des affaires plus importantes.
En effet, nous avons dit dans quelquesuns des articles qui précèdent que le comte Philippe I" avait eu un frère plus âgé que lui, du nom de Frédéric, mort avant son père et laissant au berceau un fils nommé Henri. Ce fils étant entretemps avancé eu âge, commença vers 1264 à faire à son oncle des représentations pressantes à l'effet d'obtenir l'abandon du comté de Vianden comme son bien patrimonial. Philippe ayant refusé, se fondant pent-étre sur un pacte de famille dont nous ne connaissons pas le texte ni même l'existence, Henri, soit par ambition, soit pour soutenir une cause qu'il aura crue juste , se mit en campagne et vint bloquer son oncle dans le château de Schœnccken où il l'aurait vraisemblablement forcé si le comte de Luxembourg, appelé à son secours par les frères du prisonnier, n'était venu le dégager. Mais celte délivrance coûta à Philippe Ier son rang de suzerain : il fut obligé de faire hommage à son libérateur et se déclarer son vassal (1269). Le jeune Henri obtint ou conserva la terre de Schœnecken et la paix fut faite.
Le comte Philippe 1er avait épousé Marie de Perweis, héritière de la terre de son nom ainsi que de celles de Grimberg , Ninhove, Rurapst, Hobockcn, Eeckeren, Ingen , Havesdonck , etc. , qui restèrent depuis celte époque la propriété de la Maison de Vianden. De ce mariage advinrent trois Gis et une fille : Henri , mort avant son père ; Godefroid II qui devint comte de Vianden ; Philippe qui obtint des possessions en Brabant, et Marguerite qui fut l'épouse d'Arnoul IV , comte de Chioy et de Looz.
Philippe I", comte de Vianden est mort le 23 avril 1272, et sa femme plusieurs années après lui.
Bw»uf, V, 144 ad 140, lOS. 906. 807 j V, 148. - Nitn, Oùtoire de Vianden, 100 à 1B1. et XVII à XXIII. — Auuam * VViltbui , Vite
vcneral.il ii, Yoladd*. 139, iqq — PuaatT. I, 191 }
MI, «80, 688 - A. B«m<., Hletorf. Tre,W ■U diplomatie». I, 73U. Carlulaire awert. de 1S46. MX ArcUrea du G ou *r mené ut du Grand- Dacke — Recueil Gérard; macrl. aax archive» da Boyaaae det Paye -Bat, > La Baye. — Catalagae BtTta, auert.
au> collections de la Socirlë .rehrotoeiunr da Gr.nd-
Duché - Bacia. Histoire de J^rraiae , I, 158. — Borxaae, Trophée» de Brabaat. I, 639. — Ximma, Opéra diplomatie!. I, 441, 64*.— Aeaex, Geaealogie der Grafen ron Viandea.— ». Hajaur, Vianden. etc.
VIANDEN , Philippe II, comte de, fils aîné du comte Godefroid II et d'Adélaïde d'Audenarde. Ce seigneur a mené une vie tranquille et paisible, ne se mêlant pas des querelles de ses voisins et ne s'en créant pas avec eux. Mais il sut s'acquérir une réputaUon bien plus belle que celle qu'obtiennent ces batailleurs ou égorgeurs d'hommes qu'une aberration de l'esprit humain a fait nommer héros : il a cherché de tous ses efforts à améliorer le sort des habitants de sa ville capitale, ou plutôt il leur a formé un sort en les affranchissant de la glèbe où la féodalité les avait jusqu'alors tenus attachés. Il fit même plus, et le premier des dynastes du moyen-âge, en concédant le bienfait de la liberté, il l'a concédé franchement et sans arrièrepensée, puisque dans l'acte qui fut expédié à cetle occasion il fit insérer la clause absolue de permission de la résistance en cas que lui ou ses successeurs seraient tentés de vouloir enfreindre ou restreindre seulement l'émancipation qu'il avait accordée. Et celte clause parut même si importante aux peuples que les Belges la firent insérer dans leur fameux diplôme connu sous le nom de Joyeuse-entrée.
Les bornes de cet ouvrage ne nous permettant pas de nous étendre snr les conséquences directes et morales de cet acte d'affranchissement, nous croyons devoir renvoyer le lecteur à notre Histoire de Vianden, dans laquelle nous en avons déroulé une partie.
Le comte Philippe II est mort vers 1315 ou 1317, sans laisser postérité de
son éponse, Alix d'Aremberg. Il eut pour successeur son frère Godefroid III.
Nirn, Hbtaire dr Viaadea, 133 à 143, XXXII, Pnaaer, I. 378, Ul, «88; V. 88. — Aa Wnnraaia, HhUiia Tratiroala diplomaties, I, 814. — Mumii. Oietiamaire ydoj;r»phiqar 4e la praviaee de Luxembourg , I JJ 7. — Buthiit, V, 807 et 335 ; P. 9. XCV; VII, 348, 490. - Navaen. Notice i«r Vtaadea; daoe. Revee belçe; arpteubre 1830.— taam—t, Hbfatre de* Paya-Bai , II, 886. — Beruat, Trapbéaa de Brabaat, I, 488. — Hm«w, Annales duenra Brabanticarum, I, 330, tq. — Livret de dnatiee de Viaaden. — Mia«t'« , Opéra diplouatita, I, 440.
VIANDEN, Yolande, la vénérable, comtesse de, fille cadette de Henri I*', comte de Vianden, et de Marguerite de Cpurtenay (v. leurs art.), est née vers l'année 1231, vraisemblablement à Natnur, puisque soo père et sa mère étaient à celte époque en possession du comté ou marquisat de ce nom.
Elevée avec soin dans les pratiques religieuses, la jeune Yolande croissait en piété et en vertu : son cœur n'avait, dans le maaoir de sa famille où elle fut ramenée en 1237, alors qu'elle n'avait que six ans à peine , soo cœur , disons-nous, n'avait pu recevoir jusque là d'impressions que celles que lui inspirait son directeur spirituel et la vue des sites borriblement pittoresques que lui offrait l'horizon : celte dernière surtout était bien capable d'éveiller dans celle âme impressionable le goût de ces contemplations méditatives qui portent vers la vie religieuse. Et en effet, la jeune fille n'avait que dix à onze ans lorsque déjà elle prenait la résolution irrévocable de se consacrer à Dieu dans un monastère : le hasard peut-être , ou bien la Providence ne tarda pas à fixer l'Ordre qu'elle devait choisir et la porta vers celui de Saint-Dominique qui venait d'être institué.
Ses parents , qui ignoraient encore la pensée d'Yolande, avaient jeté les yeux sur un jeune seigneur, preux, courtois et de haute extraction, pour la lui donner en mariage. Les préliminaires en étaient même déjà arrangés lorsque la comtesse Margue-
rite informa sa fille des splcndides projets qui venaient d'être arrêtés pour son avenir. Mais Yolande, sans se laisser éblouir par ce qoe le parti qu'on lui offrait avait de brillant, répondit à sa mère avec ce calme glacé que peut seul donner une résolution inébranlable, qu'elle remerciait bien sincèrement ses parents pour les peines qu'ils avaient bien voulu se donner en lui choisissant un époux qu'ils croyaient digne d'elle; mais qu'elle ne pouvait l'accepter. Qu'avant solennellement juré de n'être jamais qu'à Jésus-Christ elle ne reviendrait pas sur sa promesse.
Sa mère, attérée par cette déclaration mais surtout par le ton résolu de sa fille, chercha de toutes les manières à l'ébranler ; elle épuisa successivement toutes les voies de douceur, de ridicule et même de violence afin de briser cette volonté de fer; mais rien ne put réussir, ni les promesses, ni les railleries , ni la prison ; en un mol, Yolande, toujours obéissante et soumise jusque là , se roidissait absolument lorsqu'on entamait le chapitre d'un mariage pour elle.
Ces avanies dont elle était incessamment abreuvée continuaient depuis longtemps déjà, lorsque le frère d'Yolande, qui était évéque d'Utrecht (v. l'art. Vianden , Henri , Comte de) étant venu faire une visite à sa famille , après avoir soigneusement scruté les sentiments de la jeune comtesse et trouvé que chez elle il y avait une vocation réelle pour la vie cénobitique, se joignit à elle pour implorer auprès de leurs parents la permission si ardemment désirée pour aller s'enfermer dans la solitude de Val-Marie ou Marienthal qui n'était pas à cette époque ce somptueux palais que l'on voyait encore naguère , mais qui se réduisait à quelques modestes cellules dans lesquelles la vertu la plus angélique vivait sous les dehors de la pauvreté évangélique. Enfin , après bien des sollicitations les unes plus pressantes que les autres, la permission fut arrachée plutôt qu'accordée ; et la pieuse jeune fille s'empressa de voler dans la re-